Le cahier de brouillon de Joe Krapov

21 avril 2017

RODOMONTADES


Devant ces rodéos de motards
Au Roudourou, mon stade,
Tandis que redémarre à celui du Moustoir
L’expo de ready-mades pour moutards de Marcel,
Ami(e)s, prenez du champ !

Allez-vous en rôder, matadors, par ailleurs !
Dans les rues de Menton, par exemple,
Où le radis moutarde redemandé partout
Rendra ma tapenade fade.

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Et vous, dotée d’âme, Raymonde,
Redites-moi, tendre, des choses !

Redis-moi ton désir de raide,
O Rudes mots tout doux si cools à mes oreilles
Et raie, Dame, à ton agenda,
Ce rendez-vous de Radamanthe,
Ces radieux manteaux de neige,
Ces radeaux mâtés de hardes,
Ces radomes, taudis mèdes,
Ces rangs de menthe d’été,
Ces rudiments de tadjik,
Redimensionnements de surréel volage !

Rodomontades rimbaldiennes ou cyraniennes,
Rendues tard aux Monts abyssins
Qui vous font une belle jambe
Dans les empires de la Lune ou pas !

Sous le réséda mat qui éclot aux Hébrides
Et la rose de mai qui tarde à refleurir
Mets donc Redon, mon port d’attache,
Entre les reins de Mathilde
Et le rade de mon tonton,
Roi des mantras débiles
Aux rôts de démiurge tordu.

Que par-delà ce ramdam d’outarde en basse-cour à basse-danse
Je rêve au domaine très drôle de la route domaniale n° 66,
Au radium mutant des nuits d’incurie de Marie,
A la radio mutique des régimes pas tendres du dehors
Et aux rideaux mités des rares demeures de Montretout !

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14 avril 2017

Un cadeau inattendu

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On avait déjà Momo le morbaque. Il nous chantait « Get back » des Beatles en playback quand il ne nous massacrait pas « Paperback writer », des mêmes, de vive voix.

On avait déjà François Reichenbach qui, dans ses films documentaires, usait plus ou moins du flashback.

On avait aussi toute la famille Bach : Johann Sebastian, au clavecin bien tempéré mais au tempérament bien clivé, qui n’arrêtait pas de faire des enfants à son Anna Magdalena, une nana bien toccata elle aussi, Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich et Johann Christian. Ils ont tous fait des tas de fugues, certains même jusqu’à Forbach (Moselle). Aucun d’eux n’eut jamais son bac.

On connaissait déjà le renard et le corbac.

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Mais franchement, dites-moi… Que va-t-on faire d’un quarterback ?

Où va-t-on le loger ?

Que va-t-on lui donner à manger ?


Vu comme il est bâti, ça va coûter bonbon en Bourbon et barbaque !


A quoi va-t-il servir ?


Est-ce qu’on pourra ranger dans cette armoire à glace le linge de Mémé ?

Est-ce qu’on ne ferait pas mieux de l’prendre par le colback, d’lui faire tourner casaque et de l’envoyer rentrer chez lui ?

Qui se dévoue pour le remettre dans le paquet et renvoyer à l’oncle belge son cadeau à côté de la plaque ?

Sûr, il n’aimera pas trop, le gars, qu’on le cornaque. On risque de passer un sale quarter… un sale quart d’heure. Mais si on s’y met à tous, on numérote ses abatis avec l’abaque, on l’assomme avec une matraque ou bien on le passe à toubac

On descend quand même bien des Cosaques, non ?

Après tout, on n’a rien de moins que les Américains !
On aurait plutôt plus en comptant qu’on est moins ! 


P.S.
On n’a rien de moins que les Américains ?
Ben si : nous, on n’a pas Joye !

Et devant ce fait indéniable
Et notre Iowaqueen,
C’est vrai, il faut que l’on s’incline !

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07 avril 2017

CHANSON DES AMOURS DE PLATON

1

DDS 449 Gaston aux tortues

Quoi ? On voudrait que je convole
Avec une plus ou moins frivole ?

Que je sois fidèle
A Adèle ?

Que j’aille à la mairie
Pour épouser Marie ?

Que derrière Michelle
Je tire un peu l’échelle ?

Que je trace une bissectrice
Sur ce qui n’est pas Béatrice ?

Que je jure fidélité
A la belle Félicité ?


Refrain

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Mais moi mes bons amis
Je ne fais rien à demi !

Je procrastine
Avec Christine.

Dans l’escalier, au fond d’la cour,
C’est le meilleur moment d’l’amour.

On en est aux préliminaires
Au moins depuis l’année dernière !

On a toute la vie pour conclure :
Plus on attend et plus c’est dur !

Je procrastine
Avec Christine

Et d’temps en temps,
Pour le changement,

Je joue à la bataille navale
Avec Chantal !

2

Pourquoi ferait-on aujourd’hui
Ce qu’on appelait le déduit ?

DDS 449 Aragon-Louis-Le-Con-D-irene

On voudrait que je m’extasie
Des orgasmes d’Anastasie ?

Que je m’étonne
Du con d’Yvonne

Ou de la queue de sirène
D’Irène ?

Qu’a d’exceptionnel
Pimprenelle ?

Pourquoi fonder famille
Avec la belle Camille ?

(au refrain)

[Parlé :]
Est-il bien raisonnable de remettre à deux mains, fussent-elles innocentes, le soin de tirer au sort des plans sur la comète quant à notre avenir ? A quoi bon décider du futur ? « Demain » sera, demain, devenu « aujourd’hui » et « hier » après-demain. Qu’est-ce que cela changera au fait que rien ne change, qu’on ne peut rien changer sans prendre le pouvoir et qu’il faut pour cela être un peu dérangé ou accepter de l’être ?

Voilà pourquoi avec Christine on procrastine. Voilà pourquoi avec Yvonne on s’abandonne. Les bras en croix sur le gazon on se fiche de l’horizon. On regarde le bleu du ciel, on se récite notre missel sous le hamac de Moustaki : " Carpe diem et lapin noctem !", « Vive le droit à la paresse ! »

3

Ainsi est dite notre messe !
On peut discuter de tout cela
Mais croyez-moi :
Y’a rien qui presse !

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06 avril 2017

Une partie d'échecs amusante le 4 avril 2017

Une miniature très amusante jouée le 4 avril 2017, comprenant un sacrifice de cavalier au 5e coup et un autre au 9e !

 

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31 mars 2017

LOREILLE ET LARDU : BAS DU FRONT !

LARDU - On est chez nous ! Ne venez pas nous envahir ! C’est chez nous, ici, on est Français, d’abord ! On a bien le droit de boire notre Coca-Cola et de fêter nos anniversaires chez MacDo si on veut ! Nous, notre culture, c’est le foot, devant la télé avec des pizzas et des Heineken ! On roule en Toyota et en BMW si ça nous plaît !

LOREILLE - Mais, Lardu, toi tu n’as qu’une Opel Kadett toute pourrite !

LARDU - C’est sûr, si j’avais les moyens, je ne cracherais pas sur une Ferrari. Ni sur une montre suisse de luxe. Il n’empêche, l’immigration c’est l’insécurité ! Les Français d’abord ! On est libres et on veut rester libres de prier Jésus-Christ, d’aller voir "Star wars", de regarder « Six feets under », « Derrick », « Maigret », « Sherlock », d’avoir des Ipad, des Iphones, de porter des Nike, de préférer la paella au couscous, d’aimer les nems plus que le kebab, le Sidi Brahim plus que la vodka, la moussaka plus que le saké, les mezze plus que les mezzos…

LOREILLE - J’ai du mal à te suivre aujourd’hui !

LARDU – Ces bachi-bouzouks ne toucheront pas à notre patrimoine millénaire : la merguez qu’on voit griller sur les barbecues clairs, nos méchouis, nos bretzels, nos mokas, nos chips, nos cardigans, nos bermudas, nos paréos et nos ponchos, nos canapés en moleskine, nos tatamis pour le judo, nos jeux de mah-jong, de mikado, nos baby-foots, nos bonzaïs, nos ocarinas. Ce n’est pas pour vous, notre boycott des diktats, notre « non aux ersatz ! », notre goût de la bronca ! Notre nirvana n’est pas pour votre karma ! Les kamikazes à Kalachnikov, au goulag ! Nous avons des charters pour refiler le blues aux cinglés du music-hall !

LOREILLE – Mais enfin, Lardu ! T’entends ce que tu dis ? Tu t’écoutes quand tu parles ? Cesse donc cet ostracisme !

LARDU - On est chez nous ! Les Français d’abord ! Nos artistes nous suffisent, pas besoin des leurs ! Pablo Picasso, Salvador Dali, René Magritte, Modigliani, Stromaé, Jane Birkin, Julio Iglesias, Luis Buñuel, Costa-Gavras, Nana Mouskouri. Même Rika Zaraï avec sa bassine pour bain de siège sans chemise sans pantalon, ils n’arriveront jamais à la hauteur de ses chevilles. Stop à la submersion migratoire ! Etre Français, ça se mérite ! Priorité nationale ! Véhicule prioritaire ! Increvable ! On est les as du volant !

LOREILLE - Je suis à mille bornes de ta pensée, aujourd’hui, Lardu. A qui tu t’adresses, présentement ?

LARDU - Ben à eux ! Aux envahisseurs, là ! Les estrangers ! Les hommes à la peau verte ! Les Martiens ! J’ai les preuves de ce que j’avance !

DDS 448 Les lectures de Lardu


LOREILLE - M’enfin, Lardu ! Il ne faut pas croire tout ce qui se dit ou s’écrit ! Ce ne sont pas des informations avérées, loin de là ! Ce que tu viens de lire ou voir ce sont des œuvres de fiction ! Un genre de « fake » en quelque sorte !

LARDU - Tu dis ça pour me rassurer ! Tu ne ferais pas partie d’un cabinet noir, toi, Loreille ? Tu ne m’aurais pas mis sur écoute ? Je te trouve le teint bien verdâtre, aujourd’hui. Tu participes au complot ?

LOREILLE - Ne sois pas si suspicieux ! Le printemps est arrivé, il fait beau, viens, on va faire un tour dans la campagne, ça te fera du bien, ça va t’aérer le neurone ! Faut pas vivre dans le repli comme tu le fais en ce moment !

LARDU - Bon. Ok, je veux bien ! Mais seulement parce que tu es un bon Français, toi !

LOREILLE - En tout cas une chose est sûre : c’est très bien que tu aies oublié de t’inscrire sur les listes électorales ! Je n’ose imaginer ce que tu aurais pu voter avec de tels discours !

DDS 448 Lefred-Thouron

Image empruntée au "Canard enchaîné" n° 5031 du 29 mars 2017

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24 mars 2017

FORCE-TOI, CAR TU ES BONNE PÂTE !

N     ous les regardons, sidérés, avec l’appétit qui retombe :

O     n dirait un plâtras épais de gélatine anglaise molle,

U     n enchevêtrement pervers d’asticots qui feraient la bombe,

I      gnorant qu’au dos des affiches est destiné le pot de colle.

  es mollassonnes, les nigaudes ne vont pas pointer chez Engie ;

L     es niaises ont leur blancheur de dindes de Bressuire !

E     lles sont le maître étalon, par plats, du manque d’énergie

S     urtout lorsque le maître-queux, distrait, les a laissé trop cuire.

DDS 447 Pauvre-bitos-ou-Le-diner-de-tetes

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16 mars 2017

UNE AVENTURE D’ALOIS ET PÉTULA

- Pétula chérie, n’aurais-tu pas vu mon bazillac ? Je le cherche partout !

- Ca commence à devenir énervant, Alois, ta manie de tout oublier tout le temps ! Un jour tu égares khangelsk, le lendemain tu perds nambouc… As-tu regardé sous ton bouctou ?

- Oui mais il n’y est pas.


- Et dans ta nanarive ?


- Non plus.


- Je ne sais pas, moi ! Où tu le ranges, d’habitude, ton bazillac ?


- Entre mes rignacs et mon télimar. A moins que ce soit entre ma zamet et mon talembert ?


- Ecoute, Alois, c’est à chacun de gérer sa marcande et son derborg, tu ne crois pas ?


- En même temps, si tu ne laissais pas traîner partout tes saloniques, ta rascon et tes gucigalpas, on s’y retrouverait un peu plus, tu ne crois pas ?


- Je t’en prie, ne te mêle pas de ma lakoff, de mes roberts ou de mes idoncanons ! Parce que ton quédec à toi, il faut voir !


- Voyons, Pétula, calmons-nous et réfléchissons posément. Je suis sûr de l’avoir laissé ici hier soir. Est-ce que… Est-ce que tu pourrais te lever un instant ?


(Elle se lève de son siège)


- Mais enfin Pétula ! Tu es assise sur Mon cuq en quercy blanc ! Ca faisait trois jours que je le cherchais !


- Désolé, Aloys, je ne l’avais pas vu. J’espère qu’il n’est pas trop froissé ?


- Lui pas, mais moi si !


(Il sort en claquant la porte)


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***

Un peu plus tard.

- Dis donc, Alois, ton bazillac… C’était bien ce liquide jaune extrait de la pourriture noble du raisin et il se trouvait bien dans une jolie bouteille ?


- Ben… Oui, évidemment !


- Alors je l’ai retrouvé ! Enfin, je sais où il est ! Ou plutôt, où il n’est plus ! On a sifflé le litre hier soir avec ma lataverne et ma licorne pendant que tu étais à ta manrasette !

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09 mars 2017

UNE SOIREE AU HAVANA CLUB

La lambada, pour danser ça, 
Il faut porter un panama
Et un costume en alpaga

Pas besoin de savoir lire le cyrillique ;
Pas besoin de cacher son look de bonobo.
On se trémousse juste au son de la musique
En compagnie d’une bimbo.

DDS 445 Roudoudou 7,5 x 10 - attention l'encre tache

« Roudoudou », « Riquiqui », si tu n’as que cela
Dans ta bibliothèque, tu peux danser quand même.
Elle n’est pas difficile cette contorsion-là :
L’individu lambda danse la lambada.

« Au jeu du mistigri, faut tirer la plus belle
Des cartes ! » disait René.
La lambada se danse avec des jouvencelles
Qui ont des ananas en guise de roploplos
Et des éconocroques assez bien rebondies
Qu’on appelle fessier. Elles cachent cela
Avec un peu de peine comme un petit pactole
Dans un peu de tissu qu’on nomme bikini.

DDS 445 lambada


D’où nous vient la lambada ?

Bien sûr, pas du Sahara !
Du Kamtchatka ? De Tbilissi ?
Du Togo ? Ou de l’Iowa ?
Des Bahamas ? De Virginie ?
Madagascar ? Pleumeur-Bodou ?

Sur les bords du Mississippi la danse-t-on ?
Sur la neige du Canada se secoue-ton
Sur son rythme si répandu (quel matraquage !) ?
Rimbaud la dansait-il déjà
Sur les dance-floors d’Abyssinie ?

On sort de la piste hébété,
Ensorcelé par Barbara,
Son mascara, ses mascarades,
Ses manières de bonne camarade,
De reine du bal de l’ambassade
Qui vous enivre d’embrassades.

Un petit coup de ratafia
Pimenté de pili-pili
Et la danseuse vous embarque
Pour une nuit dans l’infini
Et plus si pas d’inimitié
(Visite de son intimité,
Chute de la timidité,
Ecart de la frigidité,
Interdiction d’être inhibé
Car elle va tout exhiber…
Bref, une invite au radada !)

***

Au petit matin, raplapla,
Vous vous réveillez seul au lit,
Ronchonchon sur le polochon,
Le cabochon endolori.

La Mata-Hari est partie
Emportant vos liquidités
Vers le pays d’Iphigénie :
Aulide ou Tauride en bolide
Car vous ne trouvez plus non plus
Les clés de la Lamborghini !

Comment ? Cet été, vous dansiez ?
Eh bien, déchantez, maintenant !

***

La lambada, on n’aime pas ça !
Nous on préfère la java !

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24 février 2017

LE PLUS JOBASTRE DES TROIS N’EST PAS CELUI QU’ON PENSE !

Avec autant de 51 dans le cornet, ils étaient complètement ganares, Marius et Olive ! De la pièce à côté, moi qu’ils traitaient de jobastre parce que je savais remplir des grilles de Sudoku, je les entendais divaguer par-dessus le flot déjà bien bruyant du programme de la télé.

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- Si j’étais toi, je lui confierais pas le boulot, à ce piacampi !

- Tu me l’as déjà dit. Arrête de faire le rababéou !

- Je comprends pas comment on peut faire un truc pareil. Il a vraiment pas de rate ! J’ai jamais pu saquer les gonzes qui font les mias !

- Vé le, celui-là qui fait le caque avec ses rébannes !

- Fais le bouger, ton tafanari, la bombasse !

- Mais jette les, tes boules ! Tu fais que des naris ! Oh les oncles, mettez-vous un peu de côté ! Si ça c’est une équipe de champions, alors mingui ! Ces types, c’est des vrais jobastres !

- Vise-moi ce gars-là, c’est un mange-merde. Il vendrait même sa mère ! A Paris, c’est plein de mafalous ! Mais c’est pas le tout de faire le James, après il faut assurer ! Oh fifre que t’y es ! Qu’est-ce que tu veux me faire accroire ? Arrête de faire le gandin ! Degun te calcule !

- Fan de chichourle ! Oh tronche d’esque, qu’est-ce que tu fais ? Regarde-moi cet estassi qui court à contresens ! Allez zou, faï tira, que sinon demain on y est encore !

- Il va nous embistrouiller avec ses plans foireux ! Je suis sûr qu’y a un engambi !

- Va caguer à Endoume, toi ! On va pas se laisser emboucaner par cet idiot quand même ?
Qué couillosti, ce Marcel ! Embraille-toi que tu as le chichibelli ! Si c'est tout ce que tu as à montrer, tu peux te la claver !

- Regarde-moi ce cataplasme qui connaît même pas sa droite de sa gauche. Je capte pas la moitié de son plan ! Il a les cacarinettes, lui ! C'est une sacré bande de cakes, ces minots !

DDS 442marius_et_olive_a_paris- Oh, celui-là, peuchère, c'est pas sa faute. Il est bien brave mais je lui confierais pas le chantier si j'étais toi. C'est une broque !

- C'est une sacrée équipe de bras cassés, oui ! Ils ont que des bouscarles dans la tête. T'ias des bougnettes sur la chemise ! Va te changer ! Celui-la, depuis qu'il a acheté la villa à Cary Grant, qué boudenfle ! C'est qu'une bouche !

- On peut plus s'en débarrasser, de ce type. C'est un vrai boucan ! Casse-toi, bordille ! Qu'est ce que tu nous regardes, toi, avec tes yeux de bogue ? Tu veux ma photo ? Mais t'ies un vrai bestiari ! Mangiapan !

- Tais-toi, banaste, tu m'escagasses ! Regarde l’autre qui nous suit partout ! C'est une vraie arapède ! Regarde-le, cette tronche d'api !

- Un coup de genou dans les alibofis, ça calme !

- Dis, espèce de viole, t’ias pas fini de nous soûler ? J’y comprend queutchi à ce micmac !

***

Je n’ai jamais su ce qu’ils regardaient ce soir-là parce que j’avais entamé une partie d’échecs avec Manu entre temps. On avait le choix, dans nos suppositions, entre un match de foot PSG-OM, la minute quarante de défilé matrimonial au sein duquel on aperçoit Marcel Proust ou le début de la campagne officielle des élections présidentielles !

Ce qui est important c’est que moi j’ai encore gagné ma partie même avec e5 contre e4..

Allez, adessias, collègues, et à la semaine prochaine ! Il est sympa quand même notre asile de fous, non ?


P.S. Cette semaine je me suis fait aider par (j’ai pillé, oui !) Richard-David Roux. Merci à lui !


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14 février 2017

CINQ NOUVELLES INJURES «HADDOCKIENNES»

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On fait généralement la connaissance du mot «iconoclaste» et de la Belgique réunis lorsque, enfant, on lit les aventures de Tintin. C’est en arrivant à la page 37 du «Crabe aux pinces d’or» qu’on découvre ce mot tonitruant dans la bouche du capitaine Haddock balançant une de ses premières bordées d’injures.

C’est pourquoi, de manière, je l’avoue, parfaitement iconoclaste, je me permets d’ajouter ce jour cinq injures belges à son répertoire déjà très fourni et de les traduire ou expliquer. Cela grâce à l'aide très précieuse de ce livre iconoclaste de Philippe Genion dont je vous recommande la lecture. 


ESSUIE D’APRÈS DUCASSE  ! 

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La  fête foraine (ducasse) est arrivée. Les barakis ont installé les carrousels, les manèges d’autos-tamponneuses, les loteries, les baraques à frites. On mangera ces dernières – les frites, pas les baraques – bien grasses, bien charnues, façon Jacques Brel chez Eugène, avec les doigts, à même le cornet en papier.

Dans la cuisine familiale on a préparé force carbonnades, tartes au sucre – en fait c’est de la cassonade -, cramiques ou craquelins.


La cuisinière a fait sa vaisselle et l’essuie est tout imbibée d’avoir séché assiettes, plats et couverts.


Le soir, quand l’homme rentre de la ducasse, il est imbibé lui aussi : il a bu quelques chopes, des demis et son penchant pour la Gueuze l’a même fait tomber à un moment dans la gadoue (berdouille). C’est pourquoi il se fait agonir par Madame, l’essuie d’après ducasse !


PETITE TCHOLLE ! 

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C’est la nouvelle année. On se la souhaite « bonne et heureuse » et, en souriant sous cape, entre hommes, « longue et vigoureuse », référence à la tcholle qu’on a entre les jambes.

C’est là oublier que parfois, tout comme les plaisanteries, « les plus courtes sont les meilleures » : celle du Manneken Pis est un modèle de régularité et d’efficacité dans l’irrigation des fontaines et le gonflement de sa propre renommée.

Mais il y a un effet « testostérone » ou une légende urbaine qui incite l’être humain de sexe masculin à rêver toujours de posséder la plus grosse : la plus grosse voiture, fortune, muraille, envie réformatrice ou bitte d’amarrage dans le port de Trébeurden. Petites tcholles, va !





CRAPULEUX DE MA STROTJE !

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Si vous allez chez Maman, rue du Midi à Bruxelles, et que pour cela vous enfilez des bas, des talons aiguilles et mettez une robe et un chapeau alors que vous êtes détenteur d’une tcholle, vous êtes en droit de traiter de « crapuleux de ma strotje » tout Hercule rencontré en chemin qui se permettrait de lancer à votre endroit – ou à votre envers - le mot «travelo».

Qu’il s’appelle Bossemans ou Coppenolle ne change rien à l’affaire.




TCHESSE PÉLETTE !

«Tchesse pélette qui peut» ne fait rire personne en Belgique où l’on se fiche comme de sa première fricadelle d’appliquer l’épithète (pelée) «crâne d’œuf» à Valéry Giscard d’Estaing ou à Laurent Fabius. Aucun roi de Belgique ne s’appela jamais Charles le Chauve. Notons que bien souvent le tchesse pélette enfant était doué d’une crolle spectaculaire. Entre nous, ou presque, on a même vu sur Internet de surprenantes photos d’un crolé aussi notoire qu’iconoclaste qui fréquenterait même, paraît-il, cette strotje-ci !


FOUCHNIN DE JARDIN !

DDS 442 Injures Haddock 2Genre d’épluchure de légume ou de fond de paquet de chips invendable… quoique !

Résidu de fausse ou vraie couche de mulch qui ne vaut cependant pas grand-chose.

Attention : si vous avez affaire à quelqu’un du genre «Va donc, eh, patate !» il ne faut pas dire «fouchnin de jardin» mais «kikitte».

Ce nom-là viendrait du chanteur Jacques Brel qui exigeait toudi (toujours) qu’on lui servît des frites bien longues et surtout très parallélépipédiques. Il le répétait souvent à sa compagne du moment, Suzanne Gabriello :

- Ne me kikitte pas !

Ca l’énervait trop d’entendre ça tout le temps alors elle a pris le tram 33 et elle est partie manger des madeleines chez Marcel, au grand dam de Jean-Claude (Van Damme) qui en pinçait aussi pour elle.

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