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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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25 juillet 2012

UN TRIO MUSICAL ASSEZ SPATIAL par Joe Krapov

Neil, Buzz et Michael sont dans une toute petite pièce. Ils ont tous les trois un casque sur la tête. Visiblement, c'est Michael qui fait office de chef d'orchestre ou d'ingénieur du son.

- Bon, vous êtes prêts, vous deux ? Je déclenche le magnéto, je compte jusqu'à trois et on y va : Three, two, one, zéro !

Blue moon
You saw me standing alone without a dream in my...

- Allons bon ! Pourquoi tu nous arrêtes, Michael ? On chante faux ?
- Non, Neil. Simplement tu chantes une octave au-dessus de nous !
- Ah bon ? Et il ne faut pas ?
- Déjà que tu as la voix haut perchée et assez nasale, si en plus tu montes...
- C'est vrai que pour ce qui est de monter, on est déjà assez haut déjà !

Buzz et Neil rient de cette saillie, pas Michael. Buzz ajoute :

- Et puis, s'il a la voix NASAle, c'est un peu normal, non ?
- Excellent, Buzz ! Faudra qu'on la replace, celle-là, elle va plaire ! Avec un peu de chance elle va faire le tour de la planète !
- Messieurs, un peu de sérieux ! On replace sa voix, on respire et on recommence. C'est en fa, je vous le rappelle. Un, deux trois !

Blue moon
You saw me standing alone
Without a dream in my heart
Without a love of my...

- Qu'est-ce qu'il y a encore, Michael ?
- Maintenant c'est toi, Buzz ! Tu te prends pour les Everly brothers ou quoi à faire des « harmony vocals » ?
- Ben quoi ? C'est pas joli ?
- Je veux une version simple, sans fioritures. Tous les trois, nous devons chanter exactement la même chose. A l'unisson.
- A l'unisson ?
- Oui, à l'unisson.
- Bon, OK, on y va. Je ne m'étais pas rendu compte qu'on était arrivés.
- Mais... Où est-ce que vous allez ?
- Ben, dans le LEM ! Tu nous as dit « Alunissons ! ». T'arrives, Neil ? T'as préparé ton sermon ?
- Je crois que je vais dire « C'est un petit fa pour l'homme et un grand fa dièse pour l'humanité »
- Enlève le dièse, je crois qu'il ne plaira pas non plus à Michael !

 

 

P.S.

Mr Youtube vous fait cadeau de la version complète de la chanson :

 

 

Je ne sais pas s'ils la chantent à l'unisson mais les frères Jacques m'ont bien inspiré pour ce texte :

Les cosmiques troupiers

 

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22 juillet 2012

SOUVENIR DE FALAISE par Joe Krapov

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- Dans la famille Lificoté je demande le grand père.

- Pioche !

- Dans la famille Demant je demande la grand'mère.

- Pioche !

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- Dans la famille Colateur, je demande le père.


- Pioche !

- Dans la famille Konvoitdanserlelongdesgolfesclairs, je demande la mère.

- Pioche !

- Dans la famille Bourreaufaistonneau, je demande le fils.

- Pioche !

- Dans la famille Delair, je demande la fille.

- Elle est partie sniffer de la poudre d'escampette avec sa cousine Suzy qui à de belles anglaises. Pioche ! A mon tour. Dans la famille Terrassier je demande le père.

- Pioche !

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Photos prises au Musée des automates à Falaise

(Calvados - dans la famille Magloire je voudrais le père)

 

12 juillet 2012

OSS 117 A LA FLECHE AVEC UN PORTABLE POUR DEUX par Joe Krapov

Il y a trois ans, sur le bitume fléchois, on se brûlait les fesses ! Je me souviens d'avoir revu Denis d'Arcangelo dans le rôle de Madame Raymonde sous une chaleur suffocante.

Mais cette année, le bitume était du genre mouillé au festival des Affranchis à la Flèche en Sarthe. Ce sont les aléas du théâtre de rue. A peine avions-nous monté notre tente au camping de la Route d'or d'or que la pluie s'était mise à tomber. Nous avons déjeuné sous la toile d'un traditionnel taboulé maison concocté par Ursula puis nous sommes allés prendre le café au bistrot «L'Entracte » qui est un peu notre QG là-bas.

Je m'appelle Nick Kent et je suis journaliste-espion pour le compte d'un journal en ligne basé aux Etats-Unis. Mon assistante tient un rôle important dans cette affaire : c'est elle qui détient le téléphone portable que nous nous partageons ce week-end. Vous ne saurez pas grand' chose sur elle car nous autres, les journalistes-espions du journal de MIC-KEY, nous sommes très économes en matière de renseignements sur Ursula A. Elle est trop efficace, je n'ai pas envie qu'on me la pique ou que la Rédac'chef l'affecte au service des sports. Pour plus d'efficacité dans la mission du jour, à savoir l'identification et l'interview du mystérieux Docteur Z, ma collaboratrice et moi avons décidé de nous séparer. Tout ce que nous savions, c'est qu'il porterait une veste rouge , un pantalon rouge et une écharpe rouge. 

MIC 2012 07 09 veggies

Ursula a tenté sa chance du côté de la Compagnie Thé à la rue. Le descriptif du spectacle « La succulente histoire de Thomas Farcy » dit ceci : « Prenez une marmite, plongez-y un saucisson. Epluchez délicatement une banane tout en retenant vos larmes lors de l'épluchage de l'oignon. Mangez des choux en abondance et sacrifiez pour l'honneur une courgette. Gardez votre torchon à portée de main ».

 

Elle a bien ri mais n'a aperçu personne qui portât une veste et une écharpe rouges. Ce déguisement "Mélanchonniste" avait été choisi par le docteur Z, fan absolu de François Béranger, pour se signaler à nous. 

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De mon côté je commençai ma recherche du côté de la fanfare Joe Bithume – si, si, cela s'écrit bien avec un « h »- car je savais le docteur Z ami avec ces musiciens. Ce premier jour, en raison de la pluie, leur prestation fut annulée mais je les ai revus à 20 heures : ils étaient vêtus de rouge ! Allez savoir si ce n'est pas le docteur Z, las de nous chercher dans la foule, sur cette photo de ravouilleur endormi ! On reconnaîtrait presque sa canne africaine !

 

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A « Madame Rosa, reine de la pop » donné par l'appréciable duo de la compagnie Crue, je n'ai repéré que cet homme-ci en rouge. Sûr que le docteur Z n'avait pas prévu qu'il pleuvrait tant ce jour. Ce spectacle en fut même interrompu au bout d'un quart d'heure.

A 16 h 30, sur la place Henri IV, alors que le ciel bleu faisait enfin son apparition, j'assistai aux pas de danse de la compagnie K (comme Krapov ?) dans « Ponktuel ». Certes, pour ma part, j'étais ponktuel au rendez-vous fléchois, habillé en rouge et or comme promis, mais mon contact n'était toujours pas là.

 

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A 17 h 30 je suivis la déambulation du SAMU. L'un des comédiens aurait très bien pu être le mystérieux docteur Z. « Et pourquoi pas ? ». Tel était d'ailleurs le titre de leur spectacle consacré aux treizièmes rencontres utopistes : il y avait là des représentants du Parti Communiste américain qui auraient bien sûr pu me reconnaître mais je restai discret et ris comme tout le monde lorsque l'organisateur leur dit : « Je vois que vous êtes deux : vous êtes venus au complet ! ».

Je m'esquivai à la dernière station au parc des Carmes et je gagnai la cour de l'école Descartes. Je dus rester debout à la représentation de « Carmen opéra clown », posté pratiquement derrière Ursula A. assise sur une chaise de métal vert.

 

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Nous assistâmes ensemble aussi en soirée au spectacle suivant « Le Tapis franc fait son cinéma ». Le docteur Z avait promis qu'il y serait mais il avait dû se déguiser en courant d'air ou se faire une gueule d'atmosphère : nous ne le vîmes point ! Nous fûmes du reste assez effarés de constater comme le rouge se portait beaucoup à La Flèche ! Ce n'était visiblement pas le bon signe de ralliement. Au terme de cette première journée, nous avions fait chou blanc !

Le lendemain à midi, je demandai à Ursula d'envoyer un texto au docteur Z. Il avait bien voulu me donner son n° de portable mais ne voulait pas entendre ma voix au bout du fil (je chante si mal que ça, Doc' ?) « sous peine de représailles » ! Comme je n'ai pas d'Assurancetourix, j'obéis. Je restai neutre : « Bonjour – Conseil Nick Kent Carmen opéra clown A+ ».

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Je vous fais grâce de mes recherches et de mes spectacles du dimanche après-midi. A 18 h 30 j'étais de nouveau dans la cour de l'Ecole Descartes, au soleil cette fois, pour une deuxième vision de Carmen, assis au 1er rang un peu sur la gauche face à la scène parmi des petits mioches bien remuants. Je m'esclaffai comme un bossu des pitreries de Don José, Escamillo, Alfredo et des deux Carmen.

A la fin du spectacle je me levai et arborai ostensiblement mon tee-shirt de l'ISU. Mais le docteur Z ne me remarqua pas, pas plus que je ne le vis.

En retournant au camping je croisai sur le pont Ursula qui venait à ma rencontre le téléphone à la main.

- Tu ne l'as pas vu ? demanda-t-elle. Vous étiez assis l'un à côté de l'autre, séparés par une dame et un petit garçon !
- Il s'est éclipsé trop vite, répondis-je. Il est coutumier du fait. Go, Johnny, go ! Telle est sa devise.

 Cette aventure aurait d'ailleurs pu s'intituler « James Bond contre le docteur Go » si nous avions eu des intentions hostiles mais tel n'était pas le cas. Ratée de très peu, cette opération « réunion du French western fan-club de Mrs Super-Joye » était donc à remettre à l'année prochaine. 

MIC 2012 07 09 Charlie 2En conduisant le véhicule vers notre home sweet home j'imaginai déjà la réplique cinglante de ma Rédac'chef préférée en recevant ma carte postale de La Flèche :

- Mon cher Nick Kent, si vous n'êtes pas capable de discerner un homme tout en rouge dans une foule, vous devriez prendre rendez-vous avec un ophtalmologue. Vous êtes peut-être Daltonien ? Tendance Averell, même, comme on dit à Brest ! Ou alors, si c'est une névrose d'échec que vous trimballez, allez donc vous allonger sur le divan d'un disciple de Siegmund !

OK ! OK ! Chef ! Il n'y a pas de réussite facile ni d'échecs définitifs ! L'année prochaine le docteur Z et moi on se déguisera en Charlie de « Mais où est Charlie ?». Ca sera sans doute plus facile pour se reconnaître dans la foule !

 

MIC 2012 07 09 Charlie

 

 

5 juillet 2012

AD VERBUM par Joe Krapov

Si j'ai à cœur d'écrire,
Ce n'est pas que je veuille
M'épandre dans le dire
Ou noircir de la feuille
Obstinément ;

C'est juste qu'un instant
La rose que l'on cueille
Nous rend un peu distant,
Comme un qui se recueille
Aimablement.

A mon jardin j'enlève
Un peu de sa couleur.
Dans la maison, je rêve
Qu'elle y porte chaleur
Pour un moment.

Ainsi la chose écrite
Est pareille à la fleur :
Effeuille Marguerite,
Tu feras mon bonheur
Durablement

Ou celui de quelqu'une
Ou celui de la Lune
Pourvu qu'à ce labeur
Tu y mettes du cœur
Humainement.
 

120701 002


 

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