Répondez par A, B ou C et comptabilisez vos réponses A, B et C. La solution est à la fin du billet avec votre profil psychologique établi en fonction du nombre de A, de B et de C que vous aurez cochés.
A. Zozo
B. Maurice Carême
C. Le chevalier Bayard
A. Nancy Klopédik
B. Eliane de Twitter-Douze
C. Aline-Diana Djones
A. Karl I. Capeline
B. Alfred de Musset qui a écrit "On ne patine pas avec l'amour"
C. Charles O. Guthrie
A. Mlle Beulemans
B. Léontine Coppenolle
C. Amélie Nothomb
A. Le capitaine Achab
B. Archibald O. Maccione
C. Le père Bugeaud
A. Mary Hopkin
B. Elsa Poppins
C. La reine d'Angleterre
A. Le fou du premier étage, celui qui se prend pour Jules César.
B. Chapeauléon Bonnet-de-Martre
3. Le Musée des Invalides
A. L'oncle Sam
B. Onc' Walrus
C. Emmanuel Macron
A. Le docteur Watson
B. Le commissaire Maigret
C. Ce dear Bram Stalker
A. Robin Williams
B. Rachel Desbois
C. Iznog Hood
A. Des agents très spéciaux
B. Hercule Poirot et Miss Marple
C. Le morse et le charpentier
A. Pierre Loti
B. Mamadou Banania
C. Le zouave du Pont de l'Alma
A. Le professeur Tourneboule
B. Le petit chimiste amusant
C. Tryphon de Lairéfrais
Si vous avez répondu A, B ou C à une seule des propositions qui vous étaient faites sous ces images, dites-vous bien que vous avez tout faux : ces chapeaux appartiennent à nos admins préférés !
Ils supportent et mettent en ligne depuis si longtemps mes élucubrations - et les vôtres - que cela valait bien, à l'occasion de ce défi, un grand coup de chapeau !
C’est devan sette porte que tout a comancé à foarer !
Déjà Madame Rochet (c’est Manman) avait perdu la clé du garage. Monsieur Durand (c’est Papa) a sorti son paspartou, il a crochté la cérure en disant « Sézame ouvre-toi » et la porte s’est ouverte. Mon papa, il pourait être un roi de la kambriole si qu’il voudrait !
Ensuite la berline était pas très belle. Une caisse verte avec des roues jaunes citron. Hiper kitsch, super esbrouffe.
- C’est quand même une six-chevaus, a dit M. Durand (c’est papa). Avec ça on devrait trasser.
Mais le pire c’est quand on a sorti du cofre une robe de Marie-Thérèse (c’est ma sœur) et qu’on a comandé que je l’enfile. Alors j’ai pleuré. Un garson sa s’habille pas en fille quand mème ! Mème pour partir en vacances ! Madame Rochet (Manman) qui fait gouvernante maintenant a dit :
- Un garson sa pleure pas, non plus !
Elle m’a filé deux tartes et j’ai arété de pleuré. J’avais compris qu’il ne fallait pas « tiscuté ».
- A partir de maintenant tu t’apèles Delfine et tu te tais, jawohl ?
Alors j’ai obéi et j’ai fait du boudin pendan tout le voyage vers chez Tonton Léopold.
Quand on part en vacances, dans la famille, on voyage de nuit parce que… « Parce qu’on fa loin et que les enfants torme tans la foiture. Ca fatike moins le cocher et on n’est pas oplichés t’infenter tes cheux à la con pour les okupper ».
Pourtant sette année, même en partant de nuit, Papa et Manman ont mis le paqué, kestion distractions. C’est carément le carnaval !
Louise-Elisabeth, notre gouvernante, c’est déguisé en barone russe ! Madame de Korff qu’on doit l’apelé ! Elle s’y croit un maksimum ! Elle a pris un air pinsé, mis sa plus belle robe et elle a exijé d’avoir la place du milieu dans le sens de la marche « sinon je vomi » ! Bonjour l’anbianse !
Marie-Thérèse et moi nous sommes les filles de la barone. Monsieur Durand (c’est papa) est son valet de chanbre. Tante Elisabète, qu’il faut apeler Rosalie, est la dame de companie de la barone Russkoff. Manman, qu’il faut apeler Madame Rochet, est notre gouvernante. C’est d’un drole, ce jeu !
- On est inconito, nous a espliqué Papa, enfin, M. Durand. Persone doit savoir qu’on va chez Tonton Léopold alors on dit qu’on retourne chez nous à Franquefort. - C’est quoi alors notre nom ? Korff ou Inconito ? j’ai demender. - Inconito, sa veut dire ni vu ni connu je t’embrouille » a répondu Marie-Thérèse qui a bien voulu, elle, qu’on la rebatise Marinette. - Et pourquoi nos domestics ont une livrée jaune aujourd’hui ? - Ca fait aussi partie de l’inconito. - C’est très voyant, je trouve, l’inconito. - Arète de jacacer, Delfine. Il est deux heures du matin. Vous avez le droi de dormire, les enfans.
J’ai fermé les zyeux et j’ai fait çamblan de roupiller. Mais j'ai pas dormi. Trop eksité ! Il y a eu un long silence et puis papa a dit :
- Nous avons déjà une heure et demi de retar sur l’orair prévu. Qu’avé-vous fichu entre minuit dix et 0 h 35 ? On s’est inkiétés ! - J’ai cherché tu pin pour faire tes santouiches aux petits. Pas troufé un poulancher t’oufer. Ils font quoi la nuit ? Des patars ? - Des patars ? Ah, des bâtards ! A 5 heures, pas à deux. Quand Paris s’éveille. - Che n’ai que te la prioche racisse. - Comme moi ! a plaizanté Papa en tapant sur sa beudène.
Après j’ai dormi vraiment. J’ai levé un œuil à Bondy à 2 h 30. Manman est allé dehor embracer Monsieur Aksel qui nous avait acompaniés à coté et devait retourné à Paris.
A quatre heures le cabriolaid des femmes de chanbre nous a rejoint à Claye-Sully. Elles sont folles de roulé tête au vent !
A dix heures du matin on s’est arétés à Viels-Maison, à l’Auberge du Surgelé, tenue par François Picard depuis trois générations.
Après Chantrix, à 14 h 30, la voiture a failli vercé par deux fois car les chevaus se sont afalés. A l’intérieur de la berline je me suis mis du verni sur les ongles et Marinette m’a mis du rouge aux lèvres. Puis j’ai comancé un journal intime dans lequel je raconte le voyage des Inconito chez Tonton Léopold qui est devenu la barone de Korff et qui habite le pays des saucices de Franquefort où les markizes porte des choucroutes.
A 16 heures, à Châlons-en-Champagne, M. Durand (c’est papa) n’arétait pas de pesté :
- Quatre heures de retard ! Quatre heures de retard !
Mme Rochet (Manman) a dit :
- Fous les hommes, en foyache il n’y a que la moyenne qui conte !
A 19 h 55 on s’est arétés pour manger à Sainte-Ménehould. Après je sais pus. J’ai dormi beaucou. On n’est pas allés plus loin que La Varenne où nous avons trouvé le pont de l’Aire baré par des gardes fransaises. Ils nous ont dit qu’on ne pouvé pas prendre la fille de l’Aire alors on a fait demi-tour.
***
Tant pis pour Tonton Léopold mais moi je suis contan quand même : depuis qu’elle n’est plus Marinette, Marie-Thérèse m’a prêté des poupées et je m’amuse bocou à les habillé et les déshabillé.
Papa lui n’est pas contan. Il n’a pas apressié qu’on l’assignat de nouveau à rézidance.
- Quand on hapite les Tuileris, il n’arife que tes tuiles ! » a dit Manman.
Papa a jeté le journal du matin à la poubèle. J’ai eu le temps quand même de lire le gros titre : « Une fuite d’huiles ! ».
Pourquoi il a mis un s à « huile » ? Il est nul en ortograffe, ce Jean-Paul Marat !
A la fortune du pot-aux-roses, la lumerotte est allumée. Un vent de vérité est venu en tap-tap. De vigousses chafouins lèvent les coins du tapis. Quelques lanceurs d’alerte complètement fadas fouillent dans les placards, y cherchent des cadavres, ignorant qu’on en vend à la pelle chez le dépanneur le plus proche. C’est trop fort de ristrette ce temps de poudrerie ! Il drache du scandale, en veux-tu en voilà ! Plus aucun champagné ne se sent à l’abri ! Où donc a disparu l’épineuse protection de ces jardins secrets où nous cachions le pire de nos activités sous des pétales embaumants ?
A la fortune du pot-de-vin j’arrose les notables, je soudoie le chafouin, corromps le champagné. Je joue le dépanneur en larges dessous de table, je fricote à tout va dans l’arrière-cuisine à la lueur des lumerottes, je fais dracher, et dru, les rétro-commissions, je suis à moi tout seul le lobby des ristrettes, il faudrait être fou pour répondre autre chose que noir à la question « What else ? ». Je roule dans la farine et dans mon vieux tap-tap les plus vigousses des enquêteurs du clan sceptique. Magie blanche, illusionnisme, rideau de fumée, poudre aux yeux, coke en stock et poudrerie : tout l’arsenal du marchand d’armes, je le destine à qui s’alarme. Nous avons les moyens de vous faire taire, cimenté six pieds sous terre. Même un sing think tank ne nous fait pas peur.
A la fortune du pot d’échappement le tap-tap s’en va, peu vigousse, entame un tour du monde magique et mystérieux. Le chauffeur a bu son ristrette, a allumé ses lumerottes, le moteur tourne rond. Tous les fadas du bled sont montés à l’arrière. Pas un seul chafouin dans la bande. On a dévalisé Jojo le dépanneur et mis les victuailles en paniers sur le toit. On se sent plus puissants que le plus riche des champagnés du pays. Le bonheur en poudrerie étincelle sur tous les visages. C’est si bon de quitter le pays de la drache ou celui de la terre qui tremble pour gagner la contrée des rêves éveillés.
A la fortune du polochon volent les plumes du langage, une poudrerie de mots blancs semés au-delà du sommeil par des locuteurs si vigousses que mes oreilles résonnent encore. Il drache des carabistouilles dans les rues de Bruges-la-Morte. La Provence a fourni des félibres fadas, débordants de fadaises : le sous-préfet aux champs, couché dans le chafouin, s’entiche des dentelles du chapeau de Mireille. Aucun dépanneur québécois ne pourra jamais rien pour le tap-tap en panne de Dany Laferrière. Dans ce lit cot-conneux où je coince la bulle, si je suis le rêveur, je n’ai pas pour autant l’âme d’un champagné. Lorsque le réveil sonne, cette statue de sel de la francophonie s’effondre en poudrerie. Je me lève, m’habille et vais me consoler de cette nuit presque blanche en buvant le plus noir des ristrettes.
A la fortune du poème j’emprunte un rond de poudrerie, un dollar bien vigousse de rimaille, une armada de billets « vers plus que fadas ». Je lui carotte des lumerottes, je le tape d’un ticket de tap-tap, je lui soustrais de quoi laper une ristrette à la buvette. La poésie n’est pas chafouine, elle se fait un honneur de jouer au dépanneur et s’il drache du rythme, si la musique me soûle et fait danser la foule je serai champagné, serpentin, cotillon, roi vaudou, fou du slam, danseur d’épithalame. Et je rembourserai le poème en liquide. Sur vos têtes étonnées drachera la plus humble et la plus envoûtante de mes forfanteries : assaut de fantaisie, char de corso fleuri, grosses tête en carton-pâte, carnaval de mots choisis, sonnets emplis de confettis, chapelet de krapoveries. Car j’aime, à la fin du poème, qu’il pleuve parfois des saucisses.
P.S. Si vous avez besoin d'un petit lexique pour les dix mots de la francophonie 2016, c'est ici !
Le guignolet-kirsch, c’est kitsch ! Les matches de catch, c’est kitsch ! Refaire le match avec sa tchatche, c’est kitsch ! Lire un vieux Marie-Splatch (ou le dernier Paris-Match), c’est kitsch !
Les guitares Gretsch à demi-caisse, c’est kitsch (mais si on m’en offre une je ne la refuserai pas) !
Les montres Swatch, c’est kitsch ! Se prénommer Vladimir Il’itch, c’est kitsch ! Certains potlatchs sont kitsch ! Le pèlerinage à Latché, c’est kitsch ! La datcha de Gorbatchev, c’est kitsch ! Porter un patch, c’est kitsch ! Le Thatchérisme, c’est kitsch ! La pochette de l’album de Neil Young « On the beach » est kitsch !
Se faire le look de Robert Mitchum, c’est kitsch ! Une journée d’Ivan Denissovitch, c’est kitsch ! Se souvenir de Leonid Pliouchtch, c’est kitsch ! Dénigrer Nietzsche, c’est kitsch ! Raconter le pitch, c’est kitsch. Surtout si Olive spoile Popeye. La quiche lorraine, c’est kitsch ! Richie Furay c’est kitsch mais j’adore quand même Buffalo Springfield.
“Hey teachers leave that kids alone”, c’est kitsch !
Manger des tartines aux îles Sandwich, c’est kitsch ! Butch Cassidy et le Kid, c’est kitsch ! Le kitsch , c’est kitsch ! Se soûler au scotch en ayant un slip sous son kilt, c’est kitsch ! Ne pas avoir de coach, c’est kitsch !
La plage de Sotchi, c’est kitsch !
Blutch, c’est kitsch ! Ne pas connaître Blutch ni les Tuniques bleues, c’est kitsch !
"Adios muchachos" et "Buenas noches" sont des formules de politesse. La politesse, c’est kitsch !
Sprechen Deutsch, c’est kitsch !
Donner des zotches ailleurs qu’à Dunkerque, c’est kitsch ! Le générique de Starsky et Hutch en français, c’est kitsch ! Rêver de rétablir le tsarévitch sur le trône russe, c’est kitsch ! S’appeler tovarichtch, c’est kitsch !
Tenter un putsch pour devenir duce, c’est kitsch !
Manger du bortsch en compagnie de Robert Hirsch en écoutant du Bratsch tout en parlant sotto voce, c’est kitsch ! Hitchcock en Hotchkiss et Atchoum en smoking, c’est kitsch ! Beloved witch, ma sorcière bien-aimée, c’est kitsch !
CEPENDANT, n’allez pas rire s’il vous plaît après avoir vu cette incroyable accumulation de tableaux hyperréalistes, de peintures de genre, de tableaux pompiers, de couvercles de boîtes de chocolat.
En effet, nulle part dans le texte qui précède je n’ai écrit que j’avais quelque chose contre le kitsch.
Et pour cause : je me prénomme Iosif Ilarionovitch et je suis donc moi-même hyper-kitsch !