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Le cahier de brouillon de Joe Krapov

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3 juin 2022

Balzac 00-01, l’illusion genre mineur qui touche le fond ! (Défi du samedi n° 718)

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Je m’appelle Lucien et je crois que j’ai perdu toutes mes illusions.

Je n’étais pourtant pas ce qu’on appelle un grand rêveur, j’avais les pieds sur terre mais maintenant que je ne suis plus un perdreau de l’année je dois avouer que le bilan n’est pas terrible. Dressons-le en même temps que le couvert pour le dîner – ce soir j’attends Madeleine - :

Parfois votre cousine est plus bête qu’on ne croit.

Parfois votre cousine est moins bête qu’on ne croit : pendant que le cousin ponce elle s’envoie Pylade qui ne demande pas mieux au reste. Pylade, mais pas vous ! Et vous ne dites rien au cousin pour préserver la paix du ménage.

Ce qui mirouëte dans le miroir d’Ursule n’est pas forcément votre beau minois de minet. Dans la maison du chat-qui-pelote il se peut qu’habite une fausse maîtresse à qui peu chaut votre animal : Ursule est la vieille fille-type qui range tous les soirs sa virginité dans le cabinet des antiques. Accident notoire : vous avez encore une fois envoyé une passion dans le désert !

Toutes les menteries, les hypocrisies, les carambouilles, les entourloupettes de la vie, il arrive qu’on les gobe sec. Et il y en a ! Le modeste mignon cache parfois un vaniteux m’as-tu vu moche.

Si vous êtes victime d’un jaloux, d’un maître-chanteur, d’un huissier, si vous poursuit une vendetta, vendez tout et barrez-vous par la porte de derrière !

Si vous allez au bal de Sceaux et que tout le monde y semble intelligent, méfiez vous : c’est peut-être vous qu’on a invité pour le dîner de cons.

La splendeur des thés chez Madame Verdurin lorsqu’on est en cour débouche quelquefois sur la misère des tisanes de Tante Léonie où l’on n’a même pas le droit de tremper sa madeleine pour cause d’hygiène :
– Ca va pas non, Marcel, t’as un bol, trempe dedans, arrête de me chauffer !

A la bourse les actions de tante Yolande montent et descendent. Quel sera le montant de son héritage à Tata Yoyo ?

La princesse de Cadignan garde ses secrets pour elle. C’est d’autant plus égoïste qu’elle gagne au loto chaque semaine ! Je lui ai demandé si elle avait un truc pour abolir le hasard. Elle m’a répondu : « Pas un truc, un coup de main mais vous, Lucien, pour que vous ayez le génie, il faudrait un grand dé ». Je n’ai rien compris et je suis retourné danser avec Catherine, la duchesse de Langeais.

Ne tombez jamais amoureux de la fille aux yeux d’or, Marie Laforêt : il y a toujours un arbre qui la cache !

J’y suis allé dans la Vallée des larmes : y’a pas de lys hélas, c’est là qu’est l’os.

On veut rendre Esther heureuse, on croit savoir comment aiment les filles et paf, on se retrouve toujours là où mènent les mauvais chemins !

Même l’élixir de longue vie n’a plus les mérites qu’on lui prête. Ceux qui se croient immortels – j’en suis - voient, du fait des désillusions accumulées, leur optimisme se réduire comme de la peau de chagrin. Woody Allen n’a-t-il pas déclaré lui-même que « l’éternité, c’est long, surtout sur la fin » ?

Voilà, tout ça me déprime d’autant plus qu’on m’a toujours dit « Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, il va filer ». Quand j’y suis allé, moi, Lucien, dans le pré, je n’y ai trouvé que deux rubans.

Ce soir j’attends Madeleine pour les lui offrir mais j’ai l’impression qu’elle ne viendra pas. 

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27 mai 2022

99 dragons : exercices de style. 71, Hyperbole (Défi du samedi n° 717)

C’était le plus innocent, le plus candide, le plus immaculé, le plus inoffensif, le plus affectueux, le plus caressant, le plus doux des êtres que portait la terre. Un véritable agneau. D’ailleurs c’était un agneau, magnifique, prometteur, blanc comme neige, très vivace, étonnamment déluré, plein d’appétit. Certes il ne pesait pas bien lourd encore mais le cours du temps arrangerait les choses. A paître dans les herbages de notre beau pays, la Lybie, dont la publicité de Sa Majesté disait qu’on n’avait rien vu de plus vert en ce bas monde à part peut-être les grivoiseries du trouvère espagnol Don Diego de Las Vegas de La Sarthe que, du reste, personne ici ne connaissait, il deviendrait, l’agneau, pas le poète, une belle et grasse brebis dont la viande tendrissime donnerait son pesant de côtelettes, de gigot, de collier et d’épaule et rapporterait, au marché d’un de ces samedi, au propriétaire éleveur, le sidi Mathurin Lepopeille, un pactole mirifique, une hyper plus-value, un rendement maximum, un retour sur investissement comac, de quoi arrondir sa pelote qui était déjà conséquente vu qu’il possédait le plus gros troupeau du canton.

Seulement… Seulement, d’un coup de son lance-flamme incorporé, un dragon, surgi de la nuit à la rencontre de l’aventure au triple galop, ou plutôt au trot ou même à son allure d’animal dandinant, l’avait grillé sur son super-barbeuc en kit de chez Ikéa-drive et n’en avait fait qu’une seule bouchée.

La suite, vous la connaissez, ou vous croyez la connaître parce que vous l’avez lue dans les journaux.

Dites-vous bien que tout est faux ! Qu’on vous ment éhontément ! On vous fait prendre des méga-vessies pour des big lanternes au point de vous brûler l’entendement ! Cette histoire de chevalier Saint-Georges, c’est calembredaines et compagnie ! Coquecigrues de chantier, carabistouilles d’estaminet minable, supermenteries guignolesques, inventions de moinillons, manipulation, pire, défèque-niouzes ! Elucubrations d’Oulipiste ! Bourrage de crâne pour embrigadement dans une secte dont on nous fait croire qu’elle a réussi ! Si cette conversion massive à la foi en un Christ rédempteur avait réellement eu lieu, comment expliquer l’absence de toute cathédrale, de tout calvaire aux carrefours, de tout pèlerinage pour remercier un quelconque saint-guérisseur du panaris douloureuxissime sur le majeur en Libye ? De nos jours, 97 % de la population libyenne est musulmane, l’Islam est religion d’état et la charia a valeur légale. On nous aurait menti à l’insu de notre plein gré ? Il y aurait eu un grand remplacement ou quoi depuis ?

Et puis cette histoire de roi débonnaire – oxymore de rire on est, tous les rois sont sanguinairissimes à l’époque, les empereurs hyper-sadiques ou complètement barjots, il n’y a qu’à lire Suétone pour s’en convaincre, les triumvirs sont bien souvent une andouille, une andouille et un assassin – ce monarque tout sauf shakespeakrine, pardon, shakespearien, c’est du pipeau, magnifiquement joué, certes, mais pareil au concerto pour piccolo de Vivaldi : c’est joli pour l’oreille mais pas crédible en tant que « grande musique ». 

Que dire de cette armée déliquescente, composée de gros lâches qui font dans leur froc alors qu’on leur demande juste de rejouer Pierre et le loup ? C’est Pagnol à Hollywood, pas crédible, incroyable, merveilleux. Dès qu’il s’agit de trancher dans le lard, de casser du sauvage, de plumer de l’Indien, de buter du gars d’en face, de démonter la gueule à qui ne nous revient pas, tout le monde se précipite comme un gorille en rût à l’assaut des gendarmes de Brive-la-Gaillarde et croyez-moi, on s’en souvient, chez Dame Yvanne, de cette hécatombe-là. Pas de dérogation ici, on sait tous être sévèrement burnés, éparpiller façon puzzle, balancer la purée, les gnons et les mandales aux vandales. Toute castagne est bonne à l’homme des cavernes qui sommeille à peine en nous dès qu’il s’agit de fuir l’ennui du casernement. A quoi ça servirait sinon que les trouvères, les aèdes, les bardes se cassent le tronc à composer des chansons de geste, des épopées de plus de mille vers, des Iliades, des Odyssées, des chansons de Roland qu’on accompagne au synthé ? Autant faire accroire que Poutine est fou et que c’est à reculons qu’il envahit un pays voisin qui, tiens donc, est leader en exportation de blé et autres denrées nécessaires. Elle est verte, elle est verte, l’herbe du voisin !

Qui y croirait un seul instant au pacifisme effréné des militaires, au « Tu ne tueras point » des mercenaires, au « Je peux pas j’ai poney » de légionnaires devenus soudain pleutrissimes ? « Du sang, du sang, du sang ! » crie-t-on peut-être encore à la moindre bagarre dans les cours des collèges et lycées de notre république ! Comment, en primaire aussi ?

Jules Claude Ziegler - Saint-Georges (MBA Nancy)

Jules Claude Ziegler - Saint-Georges (Musée des Beaux-Arts de Nancy)

Nous ne perdrons pas notre temps non plus à discuter de ce fameux Saint-Georges. Vous avez vu les représentations de ce freluquet dont on se demande ce qu’il est dans le bouquet LGBTQIA+ que moi-même je sais même pas traduire ce signe ? Pratiquement toujours androgynissime, propre comme un sou neuf alors qu’il vient de se farcir, déserteur en cavale, un Nicomédie – Mazaca sous une pluie digne d’un Paris-Roubaix de légende – nous avons retrouvé les bulletin météo de mars 303 : c’était pis qu’à Waterloo, la flotte, ça tombait comme à Gravelotte, ca pissait aussi dru que la jument de Gargantua pendant les guerres picrocholines – et le gars arrive, hyper-smart, gravure de mode, il nous la joue façon Georges Clooney sortant du pressing et s’en va dessouder d’un seul coup de cure-dent un monstre gros comme un lézard ? Trop fastoche !

Laissez tomber ce fatras d’incongruités, cette hagiographie stupide dont ni Netflix ni Disney + ne voudraient comme intermède entre deux pubs. La vérité est bien celle qu’ont rapportée les seuls courageux journalistes de « Libye détective » : quand il a vu le crime, Mathurin Lepopeille est rentré chez lui hors de lui (?), il a empoigné sa carabine 22 long rifle et il a descendu d’un coup le dinosaure carnivore. Ensuite sa femme Olive en a fait des conserves pour l’hiver. Chez nous rien ne se perd.

Oeil pour oeil, dent pour dent ! Faut pas emmerder les paysans sur leurs terres, surtout s’ils sont affiliés à la NRA* de l’époque.

*National Rifle Association. En fait c’étaient les mêmes initiales que portaient à l’époque les ceusses qui ne voulaient pas qu’on dérobât leur Darmanin de jardin : « Nardinamouk ! Recule, Affreux ! ».

20 mai 2022

Français langue étrangère (Défi du samedi n° 716)

« Au diable la varice ! » comme disait cette dame qui n’avait pas la veine d’avoir de jolies jambes. Dès lors elle ne s’épargna pas, elle se dépensa sans compter, elle jeta tout sur le tapis et eut une collection d’amants tout ce qu’il y a de plus honorable - la collection, pas les amants bien qu’ils l’eussent couverte de cadeaux fort mérités du reste parce qu’il n’y a pas que les guibolles dans la vie.

Après tout la beauté ne se mange pas en salade et je connais plein de dames à qui ça fait une belle jambe de savoir que moi-même ai de beaux mollets.

DDS 716 Picsou

Tandis que ce vieux grigou d’Onc’ Picsou, je ne suis pas certain du tout qu’il y ait eu une tante Picsou dans l’histoire. Je ne puis cependant pas l’assurer car j’ai toujours été plus Tintin que Mickey, plus Belge qu’Américain sans parler des aspects plus russophiles de mon environnement, car c’est de très mauvais ton de les évoquer aujourd’hui. Du reste, qui connaît encore Pif le chien de nos jours ?

De la même manière, je n’ai jamais vraiment entendu parler de grigoute mais je suis certain que le « biloute » des Ch’tis n’a pas de masculin. Un bilou, ce serait quoi ? Pareil pour choucroute alors que le masculin de La Redoute c’est le redoux.

Un homme soûl dans la soute, un homme roux sur la route et des zazous à Knokke-Le Zoute. C’est quoi le féminin de Knokke, docteur ? Et celui de zoute ?

Ah ça je sais, c’est « zout ». Ne dit on pas "j’ai un poêle à mazout" ?

C’est vraiment compliqué, la langue française ! Je plains les étrangers !

13 mai 2022

Aphorismes et périls ! (Défi du samedi n° 715)

C'est vrai : plus on avance en âge moins on utilise le verbe "pogoter"

- La Femme est l'avenir de l'Homme ! C'est elle qui l'illumine parce qu'elle lui apporte la lumière (lux en latin)
- Et donc, Joe Krapov ?
- Vive la lux-ure !
- Sors d'ici immédiatement !

Il faut définitivement préférer "Lettre et le néon" de Vegas-sur-Sarthe à tous les écrits sartriens. D'ailleurs Camus lui-même les fuyait comme la peste car ils lui restaient étrangers.

Quand on lui a posé la question "De quelle couleur sont les souvenirs ?" Alois Alzheimer a répondu : "Je l'ai su mais je ne m'en souviens plus."

Le Cupidon de la Saint-Valentin a tiré une volée de flèches : quatorze fées vrillées ! Ok, je sors !

C'est rageant de ne pas trouver ce qu'on cherche sur Internet quand on voit tout ce qu'on trouve et qu'on ne cherchait pas !

La musique et la poésie sont le contrepoint de la folie des hommes. Mais cette derrière court toujours, telle une dératée sourde ou un canard sans cou !

Sur le confinement : « Les vieux sortent parce qu'ils en ont marre de respecter la chanson de geste d'Alain Barrière, les faits et gestes du garde-barrière et même les jardins du casino Barrière !
Les vieux sortent parce qu'ils ne se mouchent pas du coude à usage unique ! ».
Je n'ai encore une fois pas tout compris ?

- De quoi nous plaignons-nous ? Nous ne sommes pas confinés sous la cendre, nous !
- Oui mais nous dansons sur un volcan, Joe Krapov.
- Exact ! Comme une patate en ce qui me concerne !
- Sous la cendre ?

Merci de ton invitation mais n'oublie pas que je suis vegan !
- Et moi végétalienne !
- Moi je suis abstème !
- Et moi allergique au gluten !
- Moi simplement flexitarienne.
- Vous êtes chiant·e·s, surtout, oui !

Il faut tout ce questionneMENT
Pour démêler bon grain d’iVRAIe !

Il y a encore des gens qui essaient de construire le meilleur des mondes sans voir que 1984 est déjà derrière nous ! Ou que les deux sont déjà là !

De Michel Onfray j'ai lu récemment "Les Avalanches de Sils-Maria" : toute la pensée de Nietzsche résumée en cinq phrases, ça fait faire de sacrées économies de lecture. Dommage que j'ai déjà oublié les cinq phrases depuis !

Sic transit Gloria Lasso ! Copyright opera mundi !

Il y a des gens qui cherchent fortune autour du Chat noir et qui ne rencontrent... que Ninib peau d'chien ! ;-)

On devrait les jeter du haut d'un avion avec leur parachute doré : je suis sûr qu'il ne marche même pas, ce truc, et qu'ils s'écraseraient au sol !

Finalement un blog entretenu quotidiennement avec de l'écriture et des images montrant des moments de vie humaine, c'est un concept qui mêle bouteille à la mer et pochette-surprise. Et pourtant nous ne sommes ni naufragés sur une île déserte, ni à la fête foraine tous les jours !

Vivent les décroissants au beurre !

On commence par se disputer pour une dinde puis après on échange des marrons. C’est classique, non ? Surtout à Noël ?

Faire flèche de tout bois contre Amazon, quelque part, c'est normal, non ?

C'est ça le drame : on n'est plus que des internautes, des auditeurs au bout du fil, une part de pourcentage dans un camembert qui sera oublié dès après lecture du sondage. Des asticots, quoi !

L'insouciance des passagers du Titanic n'a d'égale que la solidité des icebergs. Heureusement que le réchauffement climatique de la planète va les faire fondre et que nous pourrons vivre bientôt dans un monde sans danger !

"Polenta et tartiflette", on dirait un titre d'Exbrayat ! Alors que "What a Wonderbra world !" ça évoque plus San Antonio que Louis Armstrong !

Ah oui, c'est vrai, Le Catalogue des Trois cuisses où ces dames se déshelvêtent et celui de la Redoute nous ont bien ad-r-oubés !

"Tous les Défis du samedi sont difficiles" commente l'éléphant qui habite un magasin de porcelaines et à qui on vient d'offrir un yoyo !

Quelle coïncidence ! Il y a quatre ailes dans le mot libellule ! ;-)

La cuisine c'est comme le bonheur ! S'il y avait une recette infaillible tout le monde serait heureux sur terre. Il faut ajouter des larmichettes, des suppléments d'âme, une touche personnelle, laisser mijoter, retirer du feu, saisir au bon moment, créer l'ambiance adéquate... C'est un boulot de navigation où l'on est seul sur le pont ! Et ça explique pourquoi parfois, le cuisinier, quand il est à l'abri des regards, s'ouvre et se réchauffe une boîte de cassoulet industriel pour souffler ! ;-)

Tant que l'oeil n'est pas dans la tombe à regarder Caïn, on peut dire que tout va bien !

« La Lorelei, malgré son bon coup de Rhin
N’a pas le pied marin »

« C’est après avoir choisi le métier d’en-seignant qu’on s’aperçoit de l’utilité du sparadrap d’Archibald (Haddock of curse) »

Le tatouage est une façon silencieuse de faire du tintouin au Congo ! ;-)

On ne s'attendait pas à se retrouver dans le port d'Amsterdam mais pourquoi pas ? Tant qu'on ne nous tranche pas le cou avec la francisque à Brel, je n'ai rien contre la poésie voyageuse !
OK, je sors, il est vraiment mauvais, cestuy calembour-là, reine !

- Un maître du barreau, c'est celui qui t'évite de te retrouver derrière !
- Derrière quoi ?
- Derrière les barreaux. Ou Gros Jean comme devant si tu préfères !"

La tradition du comique troupier est restée vive en France : ils viennent défiler sur les écrans tous les cinq ans. On appelle ça les élections présidentielles. Mais ils sont de moins en moins drôles ! ;-)

On mène sa barque comme on le peut, les vagues sont fortes, les récifs dangereux...
Quelle lutte est-ce ! C'est, au fond, un pari : fluctuat nec mergitur !

La société demande qu'on sache bien écrire et bien parler "comme tout le monde" alors que l'essentiel dans la vie c'est le silence qui suit l'interprétation d'une oeuvre de Mozart ou accompagne un coucher de soleil !

Quand les gens vous font visiter leur maison ou leur appartement, ils ne vous font jamais entrer dans la chambre. Soit parce que c'est un lieu où ils font des choses pas très catholiques dans un silence parfois religieux ou pas, soit parce que le lit n'est pas fait et que la pile à lire menace de s'écrouler.

Morale entendue sur le GR 34 (le sentier des douaniers bretons) : God save the kouign amann !

***

C’est fou ! Quand je transforme mes fulgurances en liste d’aphorismes, elles ne me font plus rire ! Alors que sous forme de commentaires de billets de blogs elles me font me bidonner comme jamais !

6 mai 2022

Indignez-vous ! (comme disait l’autre) (Défi du samdi n° 714)

Bien souvent je me dis que tout cela a un sens. On ne peut décemment pas, semaine après semaine, proposer à la réflexion d’autrui un mot de la langue française et récolter sur un site appelé « Le Défi du samedi » les définitions farfelues que rédigent des gens des quatre coins de l’hexagone, du fin fond du royaume d’Iowa ou des hauteurs incommensurables de l’Olympe belge, sans qu’il y ait de concertation entre eux ni de synthèse finale pour inscription dans le marbre d’un dictionnaire académique, et n’avoir pas en vue un objectif, caché aux autres participants, peut-être inatteignable mais forcément antiproustien comme ne le laisse pas supposer cette phrase à rallonges dans laquelle je me suis à nouveau embarqué (comment vraiment, je peux m’arrêter ici ? Ah oui, ça tient debout à la relecture même si j’aurais mieux fait d’écrire « sans avoir en vue » mais ça faisait une répétition pas claire).

Non, c’est vrai. Ça cache forcément quelque chose. Il y a anguille sous roche, entourloupette ou vieille magouille de derrière les fagots si pas complète arnaque.

Et voyez-vous, cette semaine, en listant les sujets sur lesquels nous avons planché ces quatre dernières années, j’ai trouvé !

Ça m’est venu en constatant la présence dans la liste des mots « bachi-bouzouk », « ectoplasme », « rastaquouère » et « sagouin » clairement désignés parfois comme éléments de langage du capitaine Haddock (Archibald pour les dames).

Les mots sur lesquels nous planchons sont des insultes ad hoc pour ce projet à long terme de notre oncle préféré : scénariser, dès que l’oeuvre d’Hergé sera tombée dans le domaine public, à partir de nos élucubrations hebdomadaires, de nouvelles aventures de Tintin et Milou.

Vous me direz certes, comme le personnage de Fernand Raynaud avec son fût du canon, qu’il va se passer un certain temps avant que les éditions M**lins*rt ne lâchent leur emprise sur la machine à cash. Mais ce serait oublier que l’oncle Walrus et moi-même faisons partie de la même famille aux caractéristiques très spéciales : nous sommes immortels. De plus « Patience et longueur de temps font plus que force et que rage » est la devise des chauffeurs de taxi bruxellois dont notre éditeur-entourloupetteur est le maître incontesté.

Des preuves de ce que j’avance ? Tout de suite, avec ce document tombé de sa poche alors qu’il promenait son chien qui est une chienne et que m’a transmis un voisin ramasseur de détritus (!) rencontré sur son trajet dans le domaine des Trois fontaines :

DDS 714 Haddock

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29 avril 2022

Raconte pas ta vie ! (Défi du samedi N° 713)

Ils ou elles se posent un peu   : il existe des gens pour qui le mot « diapason » n’évoque rien du tout. D’ailleurs, la plupart du temps, les mots que distribue l’oncle Walrus, chaque samedi que Dieu le mélophobe nous attribue encore, ils n’y entendent rien. Souvenez-vous du capodastre !

Du coup ils s’en vont voir chez Madame Wikipe et découvrent la note "la majeur", mètre étalon des violonistes, et les différentes formes que peut prendre l’instrument qui la fait résonner.

J’ai l’air de médire, comme ça, mais je suis de la même espèce que vous ! Chaque semaine, j’apprends des tas de mots et de choses grâce au Défi du samedi mais il se trouve que désormais pour moi, « diapason » a un autre sens et évoque d’autres moments d’accordage, aussi techniques sans doute mais bien plus plaisants.

Le Diapason est le nom d’un lieu de plaisirs divers installé sur le campus de Beaulieu à Rennes. On trouve là une cafétéria tenue par de sympathiques jeunes femmes, une salle de sport pour étudiant·e·s athlétiques, une salle de spectacle, un hall d’exposition, des salles de réunion et les bureaux du service culturel de l’Université de Rennes 1.

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Je vais là tous les jeudi après-midi. J’arrive à 13 h 45, je sors deux ou trois jeux d’échecs du placard et j’installe les pièces sur les plateaux. A 14 heures mes acolytes me rejoignent et, après quelques échanges, autour d’un café, de plaisanteries à propos du Stade Rennnais football club, nous disputons des parties endiablées… auxquelles personne ne comprend rien ! C’est normal, nous poussons du bois, c’est-à-dire que diapason 440, intervalle d’octave, zugzwang, défense Philidor ou Italienne (Sylvana Mangano, a dit Maurice hier !) mes partenaires se fichent de la technique ou du nom des ouvertures comme de leur premier slip aéré. Ce qui explique pourquoi, bien plus souvent qu’à mon tour, je gagne les parties que je joue ! Je ne dédaigne pas pour ma part de lire Europe-échecs ou Ludek Pachman ni de suivre les conseils de Monsieur Quénéhen sur sa chaîne Youtube !

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Mais revenons à nos boutons d’accordéon ! Un mardi matin tous les quinze jours je reviens au Diapason avec ma guitare sur le dos et mon chariot bourré d’un pupitre, d’une boîte d’harmonicas et de cahiers de partitions pour jouer de la musique avec un violoniste, un accordéoniste et une dizaine de chanteurs et chanteuses. Ici aussi, c’est moi le chef, même si cela m’occasionne beaucoup de travail à la maison ! Nous répétons de 10 heures à 11 heures 30 dans la salle du Refuge du Diapason, à l’étage.

DDS 713 m'A2R1 d'O douce

Avant cette ténébreuse affaire de Covid 19, nous avions l’habitude, trois fois dans l’année, de monter sur la scène du Diapason pour faire entendre nos bêtises chantées aux autres membres de l’association réunis pour l’Assemblée générale ou la galette des rois. D’ailleurs, nous avons récidivé récemment et rejouerons le 31 mai à l’A.G. de l’A2R1.

Quand arrivent ces trois jours de prestation publique nous avons pris l’habitude de rester ensemble à la cafétéria le midi et de prendre le repas en commun.

Et c’est là où je remercie l’oncle Walrus de m’avoir fait plancher sur le « diapason » qui permet aux musiciens de s’accorder et sur le Diapason qui permet au loup solitaire que je suis d’être plus en harmonie avec ses contemporains (beaucoup plus que pendant un spectacle au TNB, un concert de rap ou une campagne électorale, par exemple). Car je vais enfin pouvoir raconter cette anecdote ahurissante que je n’ai relatée qu’à Marina Bourgeoizovna qui supporte depuis longtemps mon répertoire de chants de marins et de chansons de marrants.

Un jour que nous étions à table pour ce fameux repas trimestriel, quelqu’un a posé la question de nos origines diverses. Nous avons fait un tour de table : il y avait un Ch’ti, une Mayennaise, des Rennaises, une Parisienne, des Malouins…

Vous le croirez ou non mais je vous jure que c’est vrai : les natifs-natives de Bretagne étaient d’un côté de la table, les autres, de l’autre !

Mélangez-vous, qu’ils disaient !

22 avril 2022

Irresponsabilité (Défi du samedi n° 712)

- Sept milliards de colocataires ! Dans quel état vont-ils laisser la Terre ?

- T’occupe ! Chantons et dansons sous la pluie !

- Sur « Jésus que ma joie demeure » ? T’es vraiment un drôle de farceur !

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Image emprunteé à Dame Licorne sur son site-atelier Filigrane

15 avril 2022

Mais pourquoi tu parles petit nègre ? (Défi du samedi n° 711)

2022-04-12 - Nikon 159 réduiteLOREILLE - J’y suis 'etou'né au pays de Miss MAP, la cha'mante dame qui nous g'atifia un temps de consignes colo'ées su' cet atelie' d’éc'itu'e ! Je pa'le assu'ément de la Lo''aine, plus p'écisément de la Meu'the-et-Moselle dont la p'éfectu'e, la ville p'incipale, a pou' nom Nancy.

LARDU - Nan ?

LOREILLE - Si ! J’y étais déjà venu avant 2007 pou' assiste' à un cong'ès de l’association Coupe'in puis en 2012 pou' un colloque du CA'IST.

LARDU - Ah oui ! Du temps de ta vie professionnelle !

LOREILLE - Oui mais cette fois, en 2022, c’étaient de v'aies vacances. Les p'emiè'es depuis not'e pèle'inage à Sète chez B'assens.

LARDU - Et alors ? C’est comment, Nancy ?

LOREILLE - La place Stanislas est toujou's aussi plaisante avec ses te''asses bondées et son 'oi de Pologne qui tend l’index pou' di'e aux 'usses de 'ent'e' chez eux !

LARDU - ???

LOREILLE - Le ma'di 12 av'il la statue de Stanislas Leczinski s’est t'ouvée 'evêtue d’un joli d'apeau uk'ainien !

LARDU - Et sinon ?

LOREILLE - Ce jou'-là on a ma'ché comme des malades le long des quat'e ci'cuits « a't nouveau ». le me'c'edi on a visité le musée des beaux-a'ts. On y a vu de magnifiques peintu'es du XIXe siècle et une collection d’objets d’a't de la manufactu'e Daum dont je ne te dis que ça ! L’ap'ès-midi on s’est fa'ci le musée-aqua'ium avec sa gale'ie d’histoi'e natu'elle. On était entou'és pa' un 'égiment de mômes piailleu's tu'bulents et b'uyants et ça nous a fait tout d'ôle de so'ti' ensuite nous balade' au calme le long du « b'as ve't » où sont ama''ées de g'osses péniches. Le jeudi on est allés au musée de l’Ecole de Nancy puis à la villa Majo'elle. Le vend'edi on a fait le g'and ci'cuit de 'andonnée su' les 'ives de la Meu'the, photog'aphié des cygnes et des hé'ons…

LARDU - Bon, ça va ! Arrête de nous bassiner avec ton baratin de touriste. Tu peux nous expliquer pourquoi, depuis le début, tu baragouines en petit nègre ?

LOREILLE - Moi, je ba'atine ? Moi je ba'agouine ? En petit nèg'e ? Et tu veux savoi' pou'quoi ? Eh bien à v'ai di'e, La'du… Je Nancéien !

2022-04-11 - Nikon 277 réduite

8 avril 2022

Asymptote ! 'Défi du samedi n° 710)

Asymptote !

On n’imagine pas la quantité de temps précieux que l’oncle Walrus me fait perdre avec son dictionnaire de mots tordus ! Est-il bien conscient des lectures abominables auxquelles la volonté de comprendre « de quoi-t-est-ce qu’il cause encore » nous conduit les un·e·s et les autres ?

Une chose est sûre : ce n’est pas la page dédiée par Madame Wikipe à ce vocable étrange, "asymptote", qui va me réconcilier avec les mathématiques !

Et maintenant, si, en retour, j’applique ce vocabulaire à une trame bien connue de la maison, est ce que ça rend l’un ou l’autre des deux textes mélangés plus lisible ?

« Longtemps, je me suis courbé de bonne heure. Parfois, à peine mon hyperbole éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’envole. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher l’infinitésimal m’éveillait ; je voulais poser le paramètre que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage : une asymptote, un infini, la branche parabolique de François Ier et de Charles Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma tangente mais pesait comme des équations sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le trident n’était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d’une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j’étais libre de m’y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j’étais bien étonné de trouver autour de moi une droite d’équation x=a, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j’entendais le sifflement des nombres qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d’un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l’étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la fonction f prochaine ; et le petit chemin qu’il suit va être gravé dans son souvenir par l’excitation qu’il doit à des courbes représentatives de la fonction inverse, à des actes asymptotiques, à la causerie récente et aux adieux sous la parallèle étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour de y(t) – ax(t). Par mesure de précaution j’entourais complètement ma tête de mon oreiller avant de retourner dans le monde des spirales logarithmiques ».

On ne sait pas mais au moins, j’ai rendu la monnaie de la pièce en forçant mon oncle préféré à relire cet abscons de Marcel ! Un partout, la balle au centre !

PhotoFunia - Proust parachutiste

1 avril 2022

Zythologie (Défi du samedi n° 709)

2022-03-25 - Nikon 1

C’est un type vêtu de noir qui entre dans un café. Le patron lui demande :

- Et pour Monsieur, qu’est-ce que ce sera ?

- Une bière !

- De quelle marque ?

- Je ne suis pas trop fixé. C’est pour faire suite à une mort subite.

- Delirium tremens ?

- Non, plutôt cirrhose du foie.

- Je ne la connais pas celle-là. Je peux vous proposer un cercueil, si vous voulez. Avec mandarin et grenadine.

- Ben oui, c’est ce que je viens chercher mais ça ne résout pas la question de la marque.

- Je peux vous servir un Monaco, si vous préférez. Ou un velours. C’est le champagne de la bière brune !

- Mes moyens sont modestes, vous savez !

- Bon alors je vois : un galopin plutôt qu’une Blanche hermine !

- Ce n’est pas trop petit ? Papa mesurait 1,70 m, quand même ! J’ai regardé sur votre site web, j’ai relevé ces références : Pantone, Tanagra, Cressent, Planol, Tournac, Talcé, Paraphe, Terroir, simple…

- Connais pas ! Vous savez, avec toutes ces micro-brasseries, on est dépassés ! Et je ne comprends pas : c’est pour vous ou pour votre père, la bière ?

- Ben c’est pour Papa. Et des cercueils en carton, vous en avez ?

- Des sous-bocks ? Vous êtes  cervalobélophile ?

- Soyez poli, s’il vous plaît ! Il paraît que c’est écologique et que pour une crémation c’est mieux.

- Dites Monsieur, je me demande si vous ne marchez pas à côté de vos pompes, depuis tout à l’heure. Vous êtes là à me mettre la pression… Vous êtes sûr que vous ne vous êtes pas gouré d’adresse ?

- Vous voulez dire… Ce n’est pas un magasin de pompes funèbres ici ?

- Ah non, ici c’est le bistrot « Mieux vaut boire ici qu’en face ». En face c’est un cimetière !

- Ah désolé ! Au temps pour moi, je me suis trompé de boutique mais tant qu’à faire d’être là, servez-moi donc une Affligem… et un allongé !

DDS 709 Mieux ici qu'en face

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