Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le cahier de brouillon de Joe Krapov

Publicité
11 juillet 2014

Blog en pause

Le camarade Krapov et ses deux comparses du voyage à Barcelone sont partis ce week-end assister au festival des Affranchis à La Flèche. Il y aura peut-être des photos lundi, mardi, ou mercredi, ensuite vacances !

Trouvailles et vidéos drôles

Elles sont paraît-il revenues sur Arte ! Mais on peut les voir à tout moment ici ! Allez-y, vous n'en reviendrez pas !
Je n'ai pas honte d'avouer qu'elles me font mourir de rire, les dames de "La minute vieille" ! 

Publicité
8 juillet 2014

Les lectures de plage du critique littéraire bruxellois / par Joe Krapov

Ce "timbre" se chante sur l'air du chant de marin traditionnel "Encore et hop" 
  
   
  
Refrain 1
  
  
Encor' et hop et lire
Encor' et hop et lire
Encor' 
Et hop et lire lire encore un coup.

     
1
Hardi les gars l'encre a fait des bons
Hardi les gars bouquins par millions
Hardi les gars
Vive la plage les gars où nous lirons

  
   2
Chez Cook & Book place du temps libre
Chez Cook & book empli le bide
Il a ach'té
Pour les lire sur la plag’ des tas de livres

  

  cookbook-bookshop-bruxelles

   3
A Knokke-le-Zoute traînant son fardeau
A Knokke-le Zoute jusqu’au bord de l’eau
Le pauv’ critique
Chargé de son gros sac sue sang et eau

  4
C'est pas l'moment mon gars d'être saoûl
C'est pas l'moment d'avoir les bras mous
C'est pas l'moment
D'plier les g'noux mon gars faut les lire tous.

  
5
L'encre aime pas l’eau la mer a monté
L'encre aime pas l’eau il va décamper
Le sac de livres
Des mains, des pieds mon gars il faut l’tirer

  
Refrain 2
Encor' et hop et tire
Encor' et hop et tire
Encor'
Et hop et tire tire encore un coup.

  6
Encore un gros c'est dur le retour
Encor un gros enlèv' le plus lourd
Encore trop lourd
Vire le Goncourt ! Les gars, lisez toujours.

  
7
L’année prochaine pour les vacances
L’année prochaine par impatience
Il emmènera
Des magazines parc’que c’est plus léger !

   

97402709

 

   Image empruntée au blog du sieur Walrus

  

6 juillet 2014

JOURNAL IN-DREAM-TIME D'UN KIOSQUIER JALOUX (Version 2)

Ma vie privée ne regarde que moi !

Passez votre chemin avec votre appareil photo, votre curiosité malsaine et votre prétendu détachement ! Vous êtes sans doute encore une de celles qui pissent de la copie à la tonne pour tous les lecteurs de journaux ! Une fouille-merde, oui !


 
MIC 2014 06 30 Kiosquier par Vivian Maier

 Ma vie privée ne regarde que moi ! Je le sais bien que sans vous, je ne serais rien ! Et d’ailleurs je ne suis rien. Rien qu’un marchand de journaux, un kiosquier, un ouvrier anonyme, quasi-sédentaire, quelqu’un sur qui on ne pose même pas le regard. A qui on demande rapidement « Le Livarot », « le Livarot magazine », « Transes soir », »Le Mouroir du cyclisme », « Le Chiasseur français », « Le Panard déchaîné », « Points de vue et images de l’immonde », « L’Aberration », « L’inanité » ou « L’Inanité-dimanche ». Ah non, celui-là, ce sont les heureux qui comme Ulysse qui le vendent eux-mêmes le dimanche quand j’ai fermé ma boutique et que je vaque à mes occupations. Mais cela ne vous regarde pas.

 

Robert-Doisneau-Le-Peintre-du-Pont-des-Arts-1953-e-Un-Regard-Oblique-1948

 

C’est ma vie privée et elle ne regarde que moi. Et puis d’abord c’est quoi, cette nouvelle mode d’aller coller un Leica sous le nez des braves gens ? Les concierges, les bouchers, les agents, les prostituées ? De la photographie humaniste ? Parce que vous pensez que ce monde-là va disparaître et que vous cherchez à en conserver la beauté qui est toujours poignante parce qu’éphémère ? Mais je suis désolé, ma petite dame, il y en aura toujours des putes à l’entrée des hôtels de passe, des poinçonneurs aux Lilas, des gens qui fument dans les bistrots, des agents à pèlerine et bâton blanc, des petits épiciers, des librairies et des disquaires ! Comment vous le voyez, le monde de demain ? Chacun derrière un écran, qui ne sort plus de chez lui, se fait livrer des pizzas, commande tout par téléphone, ne lit plus, passe ses journées à regarder la télé, échange avec des machines grâce à des machines, est surveillé par des machines ? Mais vous rêvez éveillée, ma petite dame ! Ou vous lisez trop de science-fiction !

En quoi ma vie privée vous concerne-t-elle ? Vous croyez que je suis un serial killer ? Vous travaillez pour la police ? Vous êtes sociologue ? J’ai bien le droit, une fois les volets baissés, une fois les quotidiens repartis, d'aller m’envoyer en l’air avec qui je veux, non ? La mère Michel qui a perdu son chat, la fleuriste du coin de la rue, la boulangère qui a des écus, même si celle-ci a un mari, mon dieu quel homme, quel petit homme ? Se pourrait-il… ? Travaillez-vous pour celui-ci ? Détective privée ?

Peu importe ! Ma vie privée ne regarde que moi. Et d’ailleurs c’est bien simple. Si un jour ma vie privée regarde quelqu’un d’autre, je l’étrangle, je lui tords le cou à ma vie privée et j’en étale des bribes au grand jour. Un morceau chaque jour. Il y a des gens que ça intéressera, j’en suis sûr. C’est que je n’aime pas les infidèles, moi, Madame ! Et tant pis si ce meurtre-là s’étale à la une des journaux ! Ou pas !

 

6 juillet 2014

JOURNAL IN-DREAM-TIME D’UN KIOSQUIER JALOUX ?

Ma vie privée ne regarde que moi !

Passez votre chemin avec votre appareil photo, votre curiosité malsaine et votre prétendu détachement ! Vous êtes sans doute encore une de celles qui pissent de la copie à la tonne pour tous les lecteurs de journaux ! Une fouille-merde, oui !

 

MIC 2014 06 30 Kiosquier par Vivian Maier

 

 

Ma vie privée ne regarde que moi ! Je le sais bien que sans vous, je ne serais rien ! Et d’ailleurs je ne suis rien. Rien qu’un marchand de journaux, un kiosquier, un ouvrier anonyme, quasi-sédentaire, quelqu’un sur qui on ne pose même pas le regard. A qui on demande rapidement « Le Livarot », « le Livarot magazine », « Transes soir », »Le Mouroir du cyclisme », « Le Chiasseur français », « Le Panard déchaîné », « Points de vue et images de l’immonde », « L’Aberration », « L’inanité » ou « L’Inanité-dimanche ». Ah non, celui-là, ce sont les heureux qui comme Ulysse qui le vendent eux-mêmes le dimanche quand j’ai fermé ma boutique et que je vaque à mes occupations. Mais cela ne vous regarde pas.

 

Robert-Doisneau-Le-Peintre-du-Pont-des-Arts-1953-e-Un-Regard-Oblique-1948

 

 

C’est ma vie privée et elle ne regarde que moi. Et puis d’abord c’est quoi, cette nouvelle mode d’aller coller un Leica sous le nez des braves gens ? Les concierges, les bouchers, les agents, les prostituées ? De la photographie humaniste ? Parce que vous pensez que ce monde-là va disparaître et que vous cherchez à en conserver la beauté qui est toujours poignante parce qu’éphémère ? Mais je suis désolé, ma petite dame, il y en aura toujours des putes à l’entrée des hôtels de passe, des poinçonneurs aux Lilas, des gens qui fument dans les bistrots, des agents à pèlerine et bâton blanc, des petits épiciers, des librairies et des disquaires ! Comment vous le voyez, le monde de demain ? Chacun derrière un écran, qui ne sort plus de chez lui, se fait livrer des pizzas, commande tout par téléphone, ne lit plus, passe ses journées à regarder la télé, échange avec des machines grâce à des machines, est surveillé par des machines ? Mais vous rêvez éveillée, ma petite dame ! Ou vous lisez trop de science-fiction !

En quoi ma vie privée vous concerne-t-elle ? Vous croyez que je suis un serial killer ? Vous travaillez pour la police ? Vous êtes sociologue ? J’ai bien le droit, une fois les volets baissés, une fois les quotidiens repartis, d'aller m’envoyer en l’air avec qui je veux, non ? La mère Michel qui a perdu son chat, la fleuriste du coin de la rue, la boulangère qui a des écus, même si celle-ci a un mari, mon dieu quel homme, quel petit homme ? Se pourrait-il… ? Travaillez-vous pour celui-ci ? Détective privée ?

Peu importe ! Ma vie privée ne regarde que moi. Et d’ailleurs c’est bien simple. Si un jour ma vie privée regarde quelqu’un d’autre, je l’étrangle, je lui tords le cou à ma vie privée et j’en étale des bribes au grand jour. Un morceau chaque jour. Il y a des gens que ça intéressera, j’en suis sûr. C’est que je n’aime pas les infidèles, moi, Madame ! Et tant pis si ce meurtre-là s’étale à la une des journaux ! Ou pas !

 

4 juillet 2014

Céleste est mal barrée ! (Joe Krapov)

(E-specially dedicated to my dear uncle Walrus)

Quand il commençait à se battre avec son oreiller, à constater qu’il s’était mis au lit trop tôt, à décortiquer les phases de son endormissement et ses impressions de rêve éveillé ou pas, elle arrivait pour le soutenir, pour l’abrutir, l’embrouiller, l’embrumer mais elle faisait pis que tout car malgré son homosexualité, elle voyait bien qu’il ne voulait pas se laisser aller dans les bras de Morphée et c’est donc elle qui, hachée de points-virgules, souillée de subjonctifs plus que parfaits mais fortement chargés en miasmes et en chiasmes, étirée jusqu'à plus soif en vue de perturber la compréhension du lecteur éventuel, récupérait les symptômes de l’écrivain asthmatique et se trouvait comme aspirée dans le tourbillon de la douche mémorielle projetée à jet continu sur les parois du souvenir et la nostalgie crasse se détachait par bribes, l’encalminait au point que tout un univers de jeunes filles en fleurs, de barons, de causeurs, d’aristocrates, de salonnards et de gloseurs, avec un art certain de ventiler le snobisme et la pseudo-modernité au sein d’un classicisme verbeux et pédantesque l’envahissait, lui donnait le tournis, lui faisait oublier sa justification première, à savoir la joie de communiquer simplement une idée, une émotion, une douleur, une banalité, un échange de politesses, du genre « Si le nez de Cléopâtre avait été plus long on n'en s'rait pas là !», « Tiens tiens tiens c’est le printemps qui vient !» « Et l’on dit merde en se pinçant les doigts », « Tout va très bien madame la marquise », «Vous permettez que j’déballe mes outils ? Oui mais faites vite qu’on lui a dit» et c’en était au point qu’elle avait des velléités grossières de soulager son maître, son auteur, de lui suggérer les mêmes pratiques physiques que celles qu’il faisait subir à l’intellect patient de ses lecteurs intellectuels et elle riait sous cape en imaginant que le petit Marcel eût pu, plutôt que de perdre son temps à s’agiter les neurones dans le noir, étrangler frénétiquement le borgne, recourir à la veuve Poignet, dessiner dans ses draps fins une carte de France animée sur laquelle le hasard lui eût fait disposer, d’un jet ou de plusieurs, Jouy-en-Josas, Gif-sur-Yvette, Bourg-la-Reine et Tremblay-les-Gonzesses dans un même alignement géographique surréaliste mais elle savait bien que chez ces gens-là, monsieur, ça ne se fait pas et que cet humour de garçon boucher ou de troisième mi-temps de match de rugby qu’elle tenait de son mari chauffeur de taxi, s’il avait eu sur l’insomniaque l’effet d’endormissement béat souhaité, n’eût pas été goûté de la postérité admirative pour qui elle-même, tirant à la ligne, usant de ficelles grosses comme celles qui soutiennent au-dessus de la rue populeuse le funambule somnambule, faisait tout son cirque ce soir, bien qu’elle ne fût qu’une modeste servante dévouée à l’accomplissement de l’œuvre majeur, se fatiguant au bout du compte de ce qu’on pût passer ainsi sa vie à causer, gloser, dégoiser sur un monde si étriqué alors que l’on sortait d’une énorme boucherie, 14-18 qui eût dû logiquement faire agir, réagir et lutter contre le même système qui avait permis cela, et rêvant du moment où, à la phrase alambiquée, tortueuse et finalement très amusante qu’elle était, Marcel, malgré qu’il en ait, consentirait à mettre un terme en posant, à l’issue d’une dernière aspiration d’air frais à la fenêtre ou au terme d’une énième relecture, son stylo et un point final qui lui eût permis à elle-même, pauvre phrase céleste égarée dans un océan de papier prétentieux comme une humble prolétaire ne comptant que pour beurre dans un magma de sept milliards d’individus, de se terminer à sa façon, ou plutôt à celle de Charles Trénet qui chantait que « Les jours de repassage, Dans la maison qui dort, La bonne n'est pas sage Mais on la garde encore : On l'a trouvée hier soir, Derrière la porte de bois, Avec une passoire Se donnant de la joie".

DDS305 Céleste Albaret

Céleste Albaret par Jean Claude Fourneau (1957)

Publicité
29 juin 2014

L'Olympia (c') est difficile !

Je n’aime pas quand Halévy arrive avec des sujets comme ça ! Est-ce que c’est bien sérieux de me demander à moi, Henry Meilhac, librettiste pas triste, d’écrire des chansons, drôles ou pas, à partir d’éléments biographiques aussi insipides ? D’abord, où a-t-il dégoté cette pièce de Jules Barbier ? Qui c’est ce mec inconnu au bataillon ? Et qu’est-ce que c’est que cette histoire de pimbêche à qui les hommes amoureux d’elle ne plaisent jamais ? Pourquoi pas, tant qu’à faire, les aventures d’une prostituée tuberculeuse ? Je ne sais pas s’il se rend compte, Ludovic, que je ne vais pas pouvoir pondre d’un seul jet des couplets qui plairont à Offenbach pour ses « Comptes d’Ophwoman » à partir de cette matière-là. Jugez par vous-même :

17e0133a

- Le premier soupirant d’Olympia fut un aspirant de marine qui avait besoin d’aspirine car, trop porté sur la bouteille, il trouvait bien souvent duraille de devoir faire des merveilles pour être à la hauteur des désirs du bas-bleu dont il visait les épousailles. Peu enclin aux trouvailles et mal armé pour la rimaille il passait par le soupirail pour aller dans la cave boire le jus de la treille conservé en flacons. Le beau-père potentiel apprécia peu cette intrusion par passion et ces penchants pour la boisson. La jeune fille non plus. On rompit les fiançailles.

1024px-In_the_Conservatory_-_edited

Au suivant ! Le deuxième plut beaucoup à Madame Coquatrix. Elle le trouvait au poil et il s’en fallut d’un cheveu que ce prétendant fût le bon. Mais Olympia ne goûta pas l’idée de devenir épouse d’un botaniste hyper-barbu qui menait au Museum d’histoire naturelle des recherches sur les plantes carnivores. Il rêvait de devenir le singe de son service mais comme seul argument de cette ambition-là il n’avait à offrir qu’une pilosité abondante et sa propension à ramener du travail à la maison. Les plantes qui prennent la mouche, faut aimer.Qui plus est, tout comme Henri IV, l’homme embaumait l’ail à trois pas. Rien de tel pour déboulonner l’idole. La jeune fille mit fin à l’’idylle.

le_baiser

Jamais deux sans trois. Il y eut ensuite le peintre de Toulouse, petit, mal embouché et chameau sur les bords. Un bosseur bossu et iconoclaste. On découvrit d’après certains cancans qu’il était fort goulu de femmes de mauvaise vie et qu’il avait vécu autrefois à Montmartre dans une maison close. San compter qu’il commit maintes folies avec plusieurs bergères. La famille Coquatrix ne tenait pas à ce qu’Olympia s’acoquinquinât avec ce pratiquant forcené du jeu de la bête à deux dos. Il devint, le rapin de Toulouse, l’autre ex.

Le balcon de Manet-Magritte

Avec le quatrième de ses prétendants, on faillit acquérir des quartiers de noblesse. Il s’agissait en effet de Pierre-Igor de Talleyrand, marquis de Confitdoie et apparenté à la mode de Bretagne avec Charles-Maurice le très connu ministre de Napoléon 1er. Malheureusement, tout comme son parent, Pierre-Igor était né avec une jambe de bois et ainsi que lui traitait toute la gent féminine de « mère d’en bas de soi ». Cet appariement avec un boiteux à langage peu châtié partait d’un trop mauvais pied pour qu’on pût cheminer longtemps ensemble. "De toute façon, commenta Olympia, vos velléités de mariage, ça commence à me faire une belle jambe, espèce de bande de casse-pieds !"

 

edouard-manet-prune

 

Là-dessus, comble du désespoir pour les parents de la jeune fille incasable, la jeune demoiselle s’enfuit avec un musicien pour aller élever des chèvres au Larzac, poser nue pour des peintres de passage et même déjeuner sur l’herbe en petite tenue parmi des messieurs habillés. Quel scandale ! Mais c’est qu’on est rendu en mai 1868, voyez-vous ? Vois-tu Henry ce qu’on peut tirer de couplets pour ces « Comptes d’Ophwoman » ?

manet-krapov

Olympia

Edouard_Manet_024

Je me suis mis au travail dès le lendemain et j’ai d’abord pondu une gwerz, une espèce de lamentation bretonne sur la douleur des familles bourgeoise qui ont du mal à caser leur progéniture ou voient leurs valeurs voler en éclats avec le développement de la société industrielle et la montée de l’Impressionisme. Et puis le soir j’ai dit Basta ! Offenbach trouvera bien quelqu’un d’autre pour adapter cette histoire stupide. Je renonce. Pour ne pas perdre complètement ma journée d’écriture, j’ai torché à la va-vite un chant de marin à ma façon sur le sujet. C’est évidemment incasable, personne n’en fera jamais rien mais bon je ne sais pas si vous avez remarqué mais Halévy et moi, on a besoin de vacances !

 

a7a15e0a

N.B. Effectivement, c’est Jules Barbier qui adapta lui-même sa pièce pour donner naissance, en modifiant le titre et l’intrigue, à l’opéra le plus fantastique qu’on connaisse d’Offenbach : « Les contes d’Hoffmann ».

Quant à la chansonnette non signée d’Henri Meilhac, elle connut elle aussi une certaine postérité. La preuve : elle est encore aujourd’hui inscrite au répertoire ! Au répertoire du Club des 5 !

 

27 juin 2014

Légende urbaine de la campagne et java bleue avec chapeaux (Joe Krapov)

Edinburgh, le 24 juin 2014, de notre envoyé spécial :

DDS 304 Monstre du lac

Un drame affreux a failli se dérouler tout au fond du Loch Ness où une équipe de scientifiques de l’Université de Rennes 3 opérait des recherches autour du soi-disant « monstre » qui sévirait ou aurait sévi par ici.

Deux hommes-grenouilles se sont en effet violemment querellés en cours de mission sous-marine. D’après les premiers éléments recueillis auprès du commissariat de Drumnadrochit il s’agirait – Ah, ces Froggies ! - d’une rivalité amoureuse qui aurait pu très mal tourner si le professeur Denis D'Eglise-Trouée, responsable de l’expédition, n’avait pas fait appel à la brigade internautique locale commandée par Mlle Imogène Mc Carthery.

Nos agents ont fourré les deux Frenchies au bloc au motif d’envoi de pêches en eau trouble. On peut donc affirmer sans aucune Nessie-tation que le « monstre du lac » court toujours mais que l’aura négative qu’il projette sur notre pays a encore fait des victimes.

Il n’y aurait pas là de quoi en faire tout un plat si quelques membres facétieux de cette université de Rennes 3 n’avaient tiré de cet incident une chanson qui tourne sur les campus et fait un carton (-pâte) monstre sur Youtube. 

N.B. "La Java des hommes-grenouilles" est une oeuvre du formidable Ricet Barrier.

22 juin 2014

Gasp ! par Joe Krapov

Les idées fausses sont toutes mauvaises pour l’estomac mais pas pour l’imagination ni pour le rire.

MIC 2014 06 16 Livia, 1948 by Frederick Sommer

On s’est dit qu’on ne risquait rien à accepter les trois éclairs au chocolat que la gamine a posés comme enjeu de la partie. Comme on est soi-même féru des « Chiffres et des lettres » depuis de longues années, au point d’avoir correspondu un temps avec les animateurs de l’émission, et qu’on pratique encore, ici et là, des jeux d’écriture littéraire et des additions de factures à la pelle, on pense qu’on ne fera qu’une bouchée de la pitchounette à tresses blondes et qu’on lui offrira un cachou et un verre de limonade en guise de lot de consolation. La victoire servie d’avance sur un plateau quoi !

 

D’ailleurs, bien qu’elle se soit bien défendue, celui-ci est presque rempli par les mots croisés et on a 32 points d’avance.

 

C’est alors que Livia prend les quatre derniers petits bouts de plastiques sur son présentoir et, couvrant la dernière case rouge du quadrillage elle pose « KIWI ». 22 x 3 = 66 !

 

Et le sac est vide ! Je suis obligé de déduire de mon total le G, le A, le S et le P que je n’ai pas pu poser sur le plateau de Scrabble ! Direction la pâtisserie !

 

Quand je pense que d’ici quelques années de jeunes godelureaux de la cité universitaire, séduits par le bleu profond de ses yeux et la blondeur de sa chevelure, lui proposeront des parties de strip poker, je ris d’avance ! Avec Livia, vous allez vite vous retrouver à poil dans un tonneau, les gars !

 

MIC 2014 06 16 le_tonneau_de_tequila

 

13 juin 2014

Hallucination auditive (Joe Krapov)

J'hallucine ou quoi ? Je le croate pas, ça !!!

Voilà que je chante en serbo-croate ? en bosniaque ?  en yougoslave !

Et ces bâtiments aux formes bizarres qui m'entourent ? Où suis-je ? 

Qu'est-ce qu'on a renversé sur ma moquette ? Au secours, j'hallucine !

 

11 juin 2014

Bienvenue à New-York, Marcel S. !

J’ai passé une excellente soirée mais ce n’était pas celle-ci. Et pour cause !


Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Je vais vous dire : c’était que du bonheur ! C’était comme de gagner un match à la maison. En effet, parfois, à peine ma bougie éteinte, - merci infiniment, Mââm Bougie ! - mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de rebondir et de me dire : « On vient de l’apprendre, les paupières du petit Marcel étaient lourdes, j’ai le sentiment que ça vient de tomber et même que, trop fort, ne bougez pas, le voilà qui s’endort ! ».


Et, une demi-heure après, vraiment du grand n’importe quoi, la pensée improbable qu'il était temps de chercher le sommeil, ou pas, m'éveillait. Surréaliste de chez surréaliste.


Je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et j’étais plutôt d’accord pour souffler ma lumière. Voilà, quoi. Mais c’était énorme comme je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, trop de la balle, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier, tout à fait même. Enfin un vrai couac, le fameux truc décalé qui permet de revisiter grave le difficile quotidien, ou pas.


J’hallucinais. Il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : le très attendu jeune loup de la politique qui viendrait à bout du vieux lion, ou pas, l’église incontournable qui nécessitait l’arrêt sur la route des vacances car c’est dans l’ADN du photographe, c’est clair, de ne pas respecter la moyenne, le dernier des grands quatuors d’Arnold Schönberg, la rivalité au bras de fer de François Ier et de Charles-Quint. Fallait-il avoir peur de ce coup de calcaire ?


Cette croyance improbable survivait pendant quelques secondes à mon réveil. Elle était comme une jeune femme pleine de fraîcheur qui donnait le la aux musiciens et au chef d’orchestre du très attendu sommeil. Elle ne choquait pas ma raison, mais voilà, quoi : elle pesait comme des écailles sur mes yeux. C’était trop too much. Elle les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé. Puis dans l’entourage du metteur en scène de « Revoir sa copie » elle commençait à me devenir tout à fait inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d'une existence antérieure se posent là où j’ai mon doigt, ou pas.


Au chevet de Bouddha où une foule anonyme, on vient de l’apprendre, se pressait, le sujet du livre se détachait de moi, j'étais libre de m'y appliquer ou non, ou pas. J’adorais ce côté décalé et en même temps je sentais monter la grogne au créneau. Aussitôt je recouvrais la vue et j'étais bien étonné de trouver autour de moi la fameuse obscurité qui reprenait la main, douce et reposante, c’est clair, pour mes yeux, mais voilà quoi, peut-être plus encore, j’ai envie de vous demander si vous vous en doutiez, pour mon esprit.


Faut-il avoir peur de l’écrire ? L’obscurité apparaissait pianissimo comme une chose sans cause, incompréhensible, surréaliste, du grand n’importe quoi, voilà, en effet, comme une chose vraiment obscure. Bref, un vrai no man’s land.

Je me demandais quelle heure il pouvait être, ou pas. J'entendais grave le sifflement des trains – Merci infiniment, le sifflement ! - qui, plus ou moins éloigné, - c’est dans son ADN, ne bougez pas ! - comme le chant d'un oiseau dans une forêt tout à fait revisitée à la maison, relevant les distances, me décrivait l'étendue incontournable de la campagne trop déserte de chez Yapersonne où le très attendu voyageur se hâte comme le dernier des grands explorateurs vers la station prochaine, pleine de fraîcheur et le petit chemin qu'il suit va être gravé grave dans son souvenir par l'excitation qu'il doit, comme vous le savez, à des lieux nouveaux – enfin un vrai endroit qui me botte depuis Sète !- , à des actes, voilà quoi, c’est clair, inaccoutumés, j’ai envie de dire aussi à la causerie récente et aux adieux trop glauques sous la fameuse lampe étrangère qui le suivent encore dans l’entourage de la lune et dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du très attendu retour qui, on vient de l’apprendre, est éternel, ou pas.

J'appuyais tendrement mes joues incontournables contre les belles joues improbables de l'oreiller qui, pleines et fraîches, que du bonheur, sont comme les joues de notre enfance, c’est énorme, à la maison. J’avais envie de demander l’heure, mais j’avais le sentiment que vous n’étiez pas là alors voilà quoi, je frottais une allumette pour reprendre la main et regarder ma montre.

Ne bougez-pas ! Trop nul ! Gravosse de chez gravosse ! J’hallucinais béton ! C’était bientôt juste minuit.

MIC 2014 06 09 New-York

C'était l'instant où le dernier des grands malades, qui a été tout à fait obligé de partir en voyage sur un coup de tête et a dû coucher dans un hôtel inconnu de New-York, réveillé par une crise, se réjouit en apercevant sous la porte une raie de jour. C’est trop de la balle ! Que du bonheur ! C'est déjà, merci infiniment, énorme, le matin !

Dans un moment les domestiques seront levés, c’est clair et il a le sentiment qu’il pourra sonner, et qu’une jeune femme noire viendra lui porter secours. L'espérance d'être soulagé fait qu’il va reprendre la main, lui sauter dessus, ce sera du grand n’importe quoi mais c’est dans son ADN, un coup de sang incontournable.

Faut-il avoir peur de l’improbable ? Bien sûr que non sinon on reverrait tout le temps sa copie et on ne monterait jamais au créneau, c’est clair. Après que j’ai eu rêvé, ou pas, cela, les flics m’ont arrêté à l’aéroport. Trop énorme !

J’ai passé une excellente soirée mais ce n’était pas celle-ci. Là c’est trop un cauchemar sur toute la ligne, foi de Marcel Stroskane ! Proust alors !

Publicité
Le cahier de brouillon de Joe Krapov
Publicité
Publicité
Archives
Publicité