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Le cahier de brouillon de Joe Krapov

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25 août 2019

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 50, Style cocasse

Bien le bonjour, joyeux lecteurs de la chanson de Ricochet ! C’est la toile de Pénélope ici ! On tapisse, on retapisse, on détapisse partout, même dans les toilettes ! Ca a beau être pareil, ça n’est jamais la même chose, ce mythe qui nous vient tout droit des neiges d’antan ! Et tant pis donc si en passant je donne un soufflet à Ronsard ou mets ce bon Vaugelas en pièces !

***

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Ca aurait pu se passer à Dache, à Chquoufougnouze ou à Saint-Profond-du-Lointain. A Perpète-les-Bains, à Pampérigouste ou à Saint-Pisse-qu’en-Coin. Mais non, c’est bien à Trillebardou, chez Jean Guillemette, que le dragon a fait son apparition. C’était un glouton mémorable, du genre qui avale la rue des Lombards.

- Mais quand t’arrêteras-tu de boulotter mon troupeau ? demanda le paysan.

- Mardi s’il fait chaud ! répondit le dragon ! A la venue des coquecigrues ! A la Saint-Glinglin !

Comme les paysans du coin n’étaient pas du genre à jeter les épaules de mouton toutes rôties par les fenêtres, ils appelèrent à l’aide.

- Sire, sire, il a plu sur notre mercerie !

***

Le monarque demanda à ses chevaliers d’aller faire sa fête à ce bestiau bariolé comme la chandelle des rois mais il trouva face à lui des visages de bois.

Ces vassaux-là se croyaient sortis de la côte de Charlemagne mais ils n’étaient en vérité que des carabins de la comète qui, éternellement, tranchaient de l’éléphant sans jamais quitter la table ronde où la chère était si bonne. Bref ils se chauffaient à l’espagnole et se caressaient l’angoulême, ces rodomonts, ces Ramasse-ton-bras, ces dépuceleurs de nourrices !

Ils lui répondirent «Niet !».

***

Ce bon roi était franc comme l’osier et dans cette situation où il apparaissait roulé comme un soleil d’hiver, il lâcha la bonde :

- Jamais je ne fus tant étourdi du bateau ! Ah je suis bien entouré ! Des vendeurs d’épinards sauvages ! Des « Prend-à-gauche toute ! L’autre gauche ! » Des goulafres ! Mais je n’irai pas à travers choux pour ma part. Pas de ça Lisette ! Pas question de jouer de l’épée à deux talons, de faire un trou à la lune ! Je vais la prendre avec les dents !

Il s’en alla trouver le dépanneur du coin, un nommé Larchevêque. Il tenait boutique à l’enseigne de « Crois Robert, c’est un expert ! »

Après avoir encaissé une palanquée de « Tranquille Emile, c’est trop facile », de « A l’aise Blaise on t’le dépèce » et de « Cool Raoul j’lâche le pitbull » le souverain eut droit à sa solution miracle : « Laissez faire Georges, c’est un homme d’âge ! ».

Et de fait Larchevêque semblait de taille à tirer de l’huile d’un mur.

***

Il nous faut faire à présent un détour par les appartements de la princesse.

- Il y a de l’oignon ! s’énervait-elle.

La princesse était toute épaplourdie. Que dans cette version-ci aussi on passât sous silence les exigences sexuelles de la bête, cela l’avait ébarnouflée puis lui avait mis le cœur sur les lèvres. Mais comme à cette époque-là on demandait aux filles de garder les manteaux ou de compter les clous d’une porte, que pouvait-elle faire d’autre que bâtir des châteaux en Asie, rêver d’un hashtag #Superwomanbatledragon, se pimprelocher devant le miroir et rêver qu’un bel homme vînt lui déclamer : « Ma mignonne, ma mie, ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle …» tandis que les ans filaient ?

***

Et donc Larchevêque envoya Georges pour faire rendre gorge au souffleur de la forge.

Le chevalier Georges avait la mine renfrognée d’un soupe-tout-seul, la tête d’un vendeur de vache foireuse : il ne riait jamais.

Il était logé chez Guillot le songeur. Pour un peu c’eût pu être aux petites maisons, c’est à dire qu’il avait un grain, des visions, des rêves. Mais comme il avait la force virile et la science des armes de poing, il était devenu mercenaire mystique, ce qui lui permettait de concilier ses deux extrêmes et d’avoir un rôle social à jouer dans les récits d’édification religieuse de l’époque.

Il avait donc été recruté par un endormeur de mulots de la Sainte Eglise et de la pire espèce, un grand architecte de fourbes qui prenait des airs penchés. Depuis il voyait vaches noires en bois brûlé ! Il avait ses rats, ses hannetons sous le chapeau, qui lui faisaient croire qu’à force de combattre l’hérétique de façon hiératique il deviendrait saint !

Le combat eut lieu et il fut tout sauf silencieux :

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- Tu ne fais que de l’eau claire, mon joli !
- Tu prends ton nez pour tes fesses !
- Je te promets que tu vas rire du bout des dents et même ne plus rire du tout d’ici peu !
- Tu chantes Guillemette, jeune homme !
- Ris t’en Jean ! On t’frit des œufs !
- Ferme ta boîte à camembert ! Tu l’ouvriras pour le dessert !
- Sur quelle herbe as-tu marché ?
- Tiens prends ce cataplasme de Venise ! Et une giroflée à cinq doigts, une !
- Garde ton onguent de miton-mitaine ! Tu me canules !
- Adieu la voiture ! Patatras Monsieur de Nevers ! Passez muscade ! Va te coucher, Basile, tu sens la fièvre !
- Ah qu’est-ce qui se passe ? Le marchand de sable est passé ! Le petit bonhomme me prend ! Je m’endors ! Je me meurs ! Tu vas me le payer Aglaé ! Je n’ai plus d’encre au cornet ! Je vois des anges violets !

Bourouloulou ! Quel choc ! Quelle tempête quand le chevalier frappe la bête avec la clé de l’autre monde, son épée Ascalon ! Et bientôt, c’est cuit de jeudi pour l’animal à quatre pattes !

- Nous mangerons du boudin, la grosse bête est par terre ! O notre bon roi, le dirons-je ? Ca fait hideur quand on y songe !

***

Il est bien évident que dans cette version-ci la rose qui naquit dans le sang du dragon fut de la variété « Cuisse de nymphe émue » !

Cela ne donna pas pour autant l’idée au bon chevalier Georges d’aller désennuyer la petite princesse. Enfin, bon, les personnages font ce qu’ils veulent ! Comme on disait jadis, les volontés sont libres !

Kiki carabi mon histoire est finie pour aujourd’hui !

Inspiré par le très recommandable livre de dame Catherine Guennec . - A Trillebardou chez Jean Guillemette. - Paris : First editions, 2019.

 

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16 août 2019

JUSTE HISTOIRE D’ÊTRE LÀ !

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Voyez comme il va l’ancien
Du côté de Valenciennes
Comme il promène son chien
D’Outre-Quiévrain à Marchiennes !

Non !

Pour notre pain quotidien
Il nous offre une méridienne,
Cadeau d’une immense main
Qui nous occupera la semaine !

Non !

Est-ce que tu y étais, Titien
Au raout d’l’esthéticienne ?
Je n' sais pas si tu t' souviens,
C’était avant que survienne
Ce philosophe kantien
Qui nous sortit son antienne
Et nous avoua combien
Il était fou de Fabienne.

Non plus !

Coiffé d’un bonnet phrygien
Il réclamait de l’hygiène
Jusqu’aux sommets himalayens
Où règne Cosima la hyène.

Non. Je vais peut-être reprendre le début finalement.

Voyez donc comme il va l’ancien,
Un peu plus haut que Valencienne :
Il nous fait cogiter sur du Saint-Sulpicien
Tandis que d’un œil assassin supplie sa chienne
Qu’il l’emmène trotter pour son tour quotidien
Tout le long de la méridienne.

Mouais. Mais je ne peux pas en faire une chanson. En même temps je sens que je tiens quelque chose avec la chienne.

***

Finalement, quelques heures plus tard, René Rivedoux finit par pondre son poème qu’il intitula "Idylle philoménale". Il le mit en musique et entreprit la tournée des interprètes en vogue du moment.

La chanson fut immortalisée par Yves Montand et, après ce petit succès vite effacé des mémoires, l’auteur redisparut dans les limbes de l’oubli. 

30 juillet 2019

VIVE LA FAMILLE !

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Je m’appelle Albert Camus, comme l’autre, mais je n’ai jamais écrit de roman ou de pièce sur Caligula et je ne suis pas philosophe pour un sou. Je suis inventeur de jeux de société.

C’est moi qui ai pris cette photo et je me souviens très bien de cette soirée chez mon oncle Jean-Claude et ma tante Adrienne. Ils habitaient alors avenue Louise à Bruxelles et j’étais de passage par-là pour aller vendre nos derniers jeux sortis au «Brussels game festival» comme on dit en flamand (ou en wallon, je n’ai jamais été doué pour les langues).

Je ne sais plus de laquelle de leur petite fille on fêtait l’anniversaire, justement le soir où ils m’avaient invité. Coumarine ? Pivoine ? Ou Emilie qui est devenue célèbre plus tard en étant la première actrice capable d’interpréter au théâtre le rôle de Madame Chapeau sans que le public ne voie qu’il ne s’agissait pas d’un homme travesti.

Peu importe. La soirée a été très gaie parce qu’après l’indigestion de gâteau au chocolat on a joué au jeu des sept familles modernes dont j‘avais amené un prototype. Qu’est-ce qu’on a pu rire avec ces tirades improbables :

- Papy, dans la famille Minquien, je voudrais le promeneur.
- Pioche !
- Dans la famille Toutélectrique, Coumarine, je te demande « ton kéké en segway ».
- Tiens !
- Dans la même famille je voudrais « ta mère en trottinette »
- Tiens !
- Dans la même famille je voudrais « ton papy en hybride »
- Pioche ! A mon tour. Albert, dans la famille Gravuredemode je voudrais « la pineupe décolletée mais pas touche !»
- Tiens !
- Je voudrais maintenant « Grand-mère Brigitte cougar en string » !
- Tiens ! La peste soit de cette gamine elle va me piquer toutes mes cartes !
- Je voudrais aussi « La mère s’habille en Prada » !
- Alors non, ça ce n’est pas possible ! Aujourd’hui maman est morte ! Pioche ! A mon tour !

A la fin de la partie on est allé coucher les gamines et j’ai terminé la soirée avec tante Adrienne et oncle Jean-Claude à boire de leur excellent vin de Porto et à disserter sur les qualités littéraires inégalables selon eux de Marcel Proust, d’Amélie Nothomb et de Fred Vargas.

***

A la relecture de cette note manuscrite jointe à cette photo dans l’enveloppe quelque chose me semble clocher. C’est pourtant bien mon écriture mais… je suis sûr et certain que je n’ai jamais eu de famille en Belgique.

Qui plus est je ne m’appelle ni Albert ni Camus. Mon prénom est Georges, mon nom est Lesaint et avant de venir dans cet endroit j’étais sous-lieutenant au 99e régiment de dragons à Mourmelon-le-Grand.

- Qu’est-ce que je dois faire, maintenant, Madame ?


DDS 569 124220413- Ouvrez une autre enveloppe, monsieur Krapov ! me répond l’animatrice de l’EHPAD. Et laissez-vous aller pour écrire ce que vous inspire cette photo-ci.

Devant l'image des deux filles avec un gant de vaisselle jaune sur la tête j’ai commencé :

- Je m’appelle Célestine Bongopinot et j’habite Edimburgh. C'est moi qui ai pris cette photo et je me souviens très bien...

5 juillet 2019

La ronde des jurons

Commencer ses vacances en ajoutant une chanson de Georges Brassens dans sa guitare...
Morbleu, il y a pire comme situation !

28 juin 2019

Conseil d'amie

L’amiral ou l’adjoint au maire
Si jamais tu voulais leur plaire… ;

Si tu rêves de les emplir,
L’un ou l’autre de ces malades,
L’un aride et l’autre impala,
Du désir d’être ton mari ;

Si tu souhaites qu’on t’admire,
Si tu désires te faire aimer
Si tu veux te pâmer en prime
- Pardi, c’est humain après tout
Et tout le monde est bien pareil ! -
Change d’allure sans délai !

 

2019 06 28 - Isaure en robe à damier pour DDS 565

Quitte l’ample robe à damier,
Ton plaid à l’allure mariale
De paria de la séduction
Et cette armada de bijoux,
- Palme d’or, violettes de Parme -
Sous lesquels, oiseau de parade,
Prima donna de mardi gras,
Tu sembles un palmier du Mali
Atteint d’une maladie rare !

De ce look « trop » on médira,
Sois en sûre, et rira aux larmes
Et toi cela te déplaira
Tu t’en feras un nouveau drame.

Ton naturel parle pour toi.
Nul besoin d’un cœur en alarme.
Sans ces drapés tu n’es pas laide
Et si tu permets que je t’aide
L’idéal serait que tu sois
Simplement nue sous un imper !

Madre mia ! Qu’on t’aimera !
Comme ton corps seul plaidera
Pour que sur le dernier palier,
Je le parie, rapide raide,
L’élu de ton cœur, en péril,
Accroché la main à la rampe,
Derrière ton look à pâlir
Soit proche de l’apoplexie !

Sûr, la simplicité paiera
Ta beauté seule gagnera
Pour ton triomphe sans péril
En toute gloire.

Et surtout, surtout, c’est plié,
Pas de maquillage outrancier !
C’est la plaie : ça t’ fait ressembler
A un lampadaire de Noël !

 

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17 juin 2019

Tintamarre dans seize mètres carrés !

Tintamarre dans seize mètres carrés !

 

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La troupe de théâtre Tintamarre, partenaire depuis de longues années de la Maison de quartier de Villejean est venue le 15 juin 2019 y présenter sa nouvelle création. Elle s’intitule « 16 m2 ».

Pour bien clôturer la fête de la MQV

Celles et ceux des Villejeannais.es qui avaient survécu, samedi dernier, à l’assemblée générale de l’association «Rencontre et culture», à l’apéro du midi, à la fête du jeu, aux prestations théâtrales des ateliers et de la Troupe d’Improvisation rennaise, à la danse country, aux danses africaines de Synzhoi, à la partie de baby-foot humain, à l’apéro du soir et à d’autres agréables moments ont été bien récompensés de leur endurance. Sur le coup de 20 heures la troupe Tintamarre est venue installer, gratuitement, dans la salle de spectacle, son joyeux… tintamarre !

Un récit de cape et d’épée dans un espace réduit

Après «Arsenic et vieilles dentelles», Tintamarre est retourné plus loin dans le passé et s’est attaqué à une pièce historique de Théophile Gautier, «Regardez mais ne touchez pas !». De cet auteur romantique du XIXe siècle on se souvient surtout du « Capitaine Fracasse ». L’action de cette pièce se déroule en Espagne et c’est un pastiche des drames romantiques historiques nombreux à cette époque où «sévissaient» Alexandre Dumas et Victor Hugo.

16  !

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Pourquoi changer le titre de la pièce en « 16 m²» ? Parce que c’est un sacré défi que de monter un récit de cape et d’épée dans l’espace réduit d’une scène de théâtre.

Le pari est d’autant plus difficile à réaliser que l’argument de la pièce tourne autour d’un cheval lancé au galop et du mystérieux inconnu qui, en l’arrêtant, sauve la vie de la reine d’Espagne.

Le spectacle est hilarant car bâti sur une mise en abyme : les comédiens sont en répétition et leurs personnalités s’affrontent dans la vie sur le plateau comme dans le récit espagnol. Le metteur en scène a modifié « grave » le texte de la pièce sous prétexte qu’on va la jouer pour des élèves d’un lycée d’éducation prioritaire de la ZUP ! La personnalité emportée de Ludovic, l’acteur principal, pourra-t-elle être canalisée sur scène ?

E viva España !

Les petits travers de ces comédiens et des grands d’Espagne qu’ils incarnent, un oncle fêtard, un Don Melchior menteur, dragueur et ambitieux, une Griselda rouée et une Béatrix amoureuse, les quiproquos dus à l’obscurité dans les jardins d’Aranjuez, tout cela nous mène vite du côté de Tex Avery et le délire s’installe bientôt sur la scène.

Mais ne dévoilons rien ! Disons qu’il y a de la vidéo, de la musique, des anachronismes, du délire, une boule à facettes, cinquante nuances de roman-photo, un duel, un mort qui ressuscite et gageons que vous aurez très envie, si vous aimez rire, après avoir vu la bande annonce ci-dessous, d’aller découvrir ce formidable spectacle plein de drôlerie, de rythme et de pétulance.

Ne le ratez sous aucun prétexte. Notez dans votre agenda qu’il sera rejoué au Théâtre de la Parcheminerie, en centre-ville de Rennes, le dimanche 30 juin à 17 heures et que Tintamarre le redonnera en septembre, deux soirs de suite, à la Maison de quartier de Villejean. Olé ! 

14 juin 2019

TIAN’ANMEN, LBD ET TOUTES CES SORTES DE CHOSES

La pierre angulaire
De tout militaire
C’est la jugulaire.

C‘est à elle qu’il incombe
De protéger des bombes
Sa petite calbombe :
Faut pas que son chapeau tombe !

Elle maintient le casque
Sur sa cervelle flasque
Où jamais un pourquoi
Ne reçoit 
De Parc’que

Parce que le « Scrongneugneu »
Le « Jeveuxpasl’savoir »
Le « Silence ou l’mitard ! »
Sont la pierre angulaire
De ce discours vieux jeu
Des hommes de pouvoir 
Qui manient le bâton :

« Jugulons ! Jugulons !
Jugulons les motions, 
Les passions, les pulsions, 
Les questions,
Les revendications
Des jeunes à cheveux longs
Telle est notre chanson !

Si tant est que l’on puisse, 
La jugulaire serrée,
Emettre un son de voix
En tapant sur son fils
Ou en tirant dans le tas
Au nom de la police ! ».

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Photo prise dans la cathédrale de Nantes 
le 8 juin 2019

Eh bien alors, militaire ?
On oublie sa jugulaire ?
Bataillon disciplinaire !


7 juin 2019

Des amours qui ne durent pas

Mon tout beau, mon tout léger, mon volage, mon papillon,

Je brûle d’amour pour toi et je t’attendrai cette nuit encore.

Dès que je suis allumée je me tiens droite, je t’attends, je suis prête.

Je suis dressée par le désir de te séduire et de te plaire et même si parfois, au souffle du vent, mon bout vacille je te le promets : je saurai être ton indécente, ton incandescente, le phare lumineux qui guidera ta descente.

Dépêche-toi, mon tout beau, mon tout léger, mon volage, mon papillon, de venir combler ma flamme. J’ai d’avance la tête en feu rien que d'y penser.

Je te promets la plus superbe des étreintes, un embrasement de tous nos sens. Dépêche-toi de me rejoindre avant que je ne sois devenue un tas de cire molle où flotte un étendard éteint, un amour consumé avant d’être consommé.



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24 mai 2019

J’AI PÔ EU L’TEMPS D’L’INTERPRÉTER MOI-MÊME !

DDS 560 Goualante du pauvre jean

Dans la goualante du pauvre Jean, l’eusses-tu cru, il n’est pas question du chat de la mère Michel. On soupçonne d’ailleurs le matou d’être allé chercher fortune ailleurs que chez cette maritorne, autour du Chat noir très précisément. C’est Pierrot, écrivant au clair de la Lune, qui aurait été le dernier à le voir passer sous sa fenêtre.

Pendant ce temps le meunier dort, son moulin va trop vite, il va s’envoler. Frère Jacques lui aussi roupille déjà : il rêve qu’il se trouve dans le palais de dame Tartine ou qu’il est étendu auprès de sa blonde dans un champ de gentils coquelicots.

Tout un folklore de beautés archaïques se baigne à la claire fontaine, file la laine, danse sur le pont d’Avignon ou sur celui du Nord, trouve son mari trop petit tandis que Malbrough s’en va-t-en guerre, que trois jeunes tambours en reviennent en chantant « Le déserteur » de Boris Vian et que Monsieur Dumollet fait de beaux voyages en passant par la Lorraine.

Aux marches du palais on prétend que le roi Dagobert met sa culotte à l’envers et ne sait pas planter les choux à la mode de chez nous.

Finalement c’est Margoton la jeune bergère qui a trouvé le chat de la mère Michel : elle l’a adopté et lui donne la tétée.

Mais tout ça n’est que chansonnette. Si la goualante est une complainte plus ou moins populaire il nous faut entonner le répertoire piaffant de la môme Edith et évoquer quelques épisodes moins glorieux de la misère humaine. Ici on essuie les verres au fond du café, on essaie de voir la vie en rose avec un légionnaire de passage, un accordéoniste au coin de la rue là-bas, un pauvre clown, un Milord abandonné. Chez Cora Vaucaire on trouve des mendigotes sur la butte et chez Mouloudji les amants sont infidèles. Surtout ceux de Saint-Jean.

Dans la belle province on plume l’alouette et on fait raconter leur vie aux phoques d’Alaska. C’est vraiment n’importe quoi, la chanson francophone !


C’est pourquoi, par solidarité avec Dieu, dont je me souviens qu’il est mélophobe, je n’entamerai pas de goualante aujourd’hui !


Ca vous fera des vacances à vous aussi !
 

22 mai 2019

On n'a pas tous les jours vingt ans (V2.0)

On n’a pas tous les jours vingt ans ! 

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Les résidents ont chanté et dansé le 14 mai 2019. La Maison de retraite Raymond Thomas fêtait ses vingt ans.

 

Tu vas au bal ? qu'y m'dit

J' lui dis : Qui ? Y m'dit : Toi

J' lui dis : Moi ? - Y m'dit : Oui

J' lui dis : Non, je peux pas

C'est trop loin. Y m'dit : Bon.

Et toi, t'y vas ? qu' j'lui dis.

Y m'dit : Qui ? J' lui dis : Toi

Y m'dit : Moi ? J' lui dis : Oui

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Y m'dit : Non, j'y vais pas

J'ai un rhume et j'ai froid,

J'ai cent ans et j’ suis bien content.


J’ suis assis sur un banc


Et j’ regarde les contemporains


C'est dire si j’ contemple rien !


J’ file des coups de canne aux passants


Des coups de pompe aux clébards


Qui m'énervent et je me marre !


On peut rien m’ dire, j’ suis trop vieux


Trop fragile, trop précieux


J'ai cent ans ! Qui dit mieux ?

Voilà deux extraits de chansons de Renaud Séchan que l’étincelant accordéoniste Serge Briand n’a pas interprétées à la fête d’anniversaire à laquelle nous avons assisté le 14 mai 2019. Et pourtant il aurait pu, c’eût été de circonstance.

 Il en a négligé plein d’autres comme « Votre EHPAD a vingt ans » de Georges Moustaki ou le traditionnel

« A Villejean y’a une vieille ouais
A Villejean y’a une vieille ouais
Qui a plus d’quatre-vingts-ans Rantanplan la vieille
Qui a plus d’quatre-vingts-ans Rantanplan ».

Même le petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles du côté de Villejean ne faisait pas partie de son répertoire !

Pas plus que  le grand classique de la plus toute jeune Chantal Goya :

« Voulez-vous danser grand-mère ?
Voulez-vous valser grand-père,
Tout comme au bon vieux temps
Quand vous aviez vingt ans
Sur un air qui vous rappelle
Combien la vie était belle ?»

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Sur le coup de seize heures on a cru que les ténors de la politique locale, départementale et même nationale pallieraient cet oubli fâcheux mais au lieu de pousser la chansonnette, le quatuor Dézélus (François André, Véra Briand, Jean-Luc Chenut, Sylvain Le Moal,)  n’a fait que parler de son propre bon vieux temps, se contentant de fredonner sans la musique les paroles de « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », de « Je ne sais pourquoi j’allais danser à Villejean au musette », de « La Bohème » et de « Je m’voyais déjà ». 

Du coup, une fois les discours terminés, le nombreux public et les résidents frustrés se sont rués sur le grand gâteau d’anniversaire.

On a eu droit pour l’occasion à un pot-pourri de madisons, à une chorégraphie sauvage sur  la musique de «Les pouces en avant (tchic et tchac han han)" de Kris Law et même à la fièvre disco du samedi soir grâce au «Saint-Malo» de Strollad et à « Magic in the air » de Magic System interprétés par l’accordéoniste. Le personnel de l’établissement et les danseuses du groupe « La Ritournelle » ont fait virevolter tout le monde. Les cannes et déambulateurs ont valsé et c’est tout juste si on n’a pas cassé les fauteuils roulants comme aux temps bénis des concerts de Gilbert Bécaud ou Johnny Hallyday à l’Olympia. Dieu merci, la mode féminine d’envoyer sa petite culotte sur la scène pour dire son amour à l’artiste s’est perdue ! Même Madonna ne balance plus la sienne au public !

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Félicitations donc à toutes celles et ceux, personnel, encadrement, médecins et bénévoles qui oeuvrent quotidiennement pour que les 80 personnes âgées, non, pardon, les 80 seniors bien conservé.e.s, dont huit centenaires, qui logent ici puissent chanter ad libitum :

 « Y'a d'la joie bonjour, bonjour les hirondelles
Y'a d'la joie dans le ciel par-dessus les toits
Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles
Y'a d'la joie partout, y'a d'la joie »

Joe Krapov

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