Courait-elle dans l’herbe avant qu’on ne l’attrape, Avant qu’on ne lui greffe, au bout de son museau, Un fil qui la rattache au monde des « Fenêtres » ?
La vie longtemps pour elle a marché comme sur des roulettes : Il suffisait, pour que ça roule De ne jamais perdre la boule.
Mais le progrès vous scie les pattes et c’est désormais ventre à terre Qu’elle officie, handicapée mais productive, Se mouvant pas très loin sur le ring comme toute envoyée au tapis.
Nul ne l’attrape par la queue sauf lors des déménagements. Tout le monde lui caresse le dos – c’est pour elle jeu de main chaude – Mais elle ne ronge plus que son frein.
En guise de cerveau elle a un côté gauche dédié à l’action Et une partie droite consacrée à Mémoire Mais bon il faut aimer qu’on vous tape sur la tête.
Le quatorze juillet et tous les autres jours Sa bosse, Monseigneur qu’on touche en permanence, Donne, sans pistolet, départ au défilé.
Tant de cordes à son arc mais une seule flèche ! Qu’elle atteigne la cible et le sablier tourne Tandis que les lumières du kaléidoscope Changent devant nos yeux souvent émerveillés.
Je hais par-dessus tout qu’on la trempe dans l’huile ou dans l’eau : Froid ou chaud, plein d’effroi, peu me chaut l’escargot, Trop lent pour la machine, qui sent l’ail et l’enterrement Des feuilles de papier mortes.
A tout coup désormais importée de la Chine Sans qu’on ne nous fournisse le moindre certificat vétérinaire Elle indiffère le chat qui se désintéresse de cette bête-simulacre.
On n’aimait peu jadis l’avoir dans sa maison Mais les temps ont changé. Monsieur, à l’occasion, L’eût bien mise dans son lit
Mais madame est contente de la voir disparaître. Pour l’adultère virtuel hélas nous serons chocolats Car on passe aux tablettes.
Alors, adieu, souris ! Prends tes clics et tes claques, Merci pour ta magie, chapeau pour le boulot, bravo, petit mulot Et tant pis si Progrès-prestidigitateur Te met dans son chapeau et te pose un lapin sorti du haut-de-forme.
D’un abracadabra de baguette magique Un artiste farceur te repeindra en vert Et te redonnera liberté sur pelouse, pattes, oreilles, moustache…
Allez, souris, souris ! La vie n’est pas si dure Que le disque rayé veut nous le faire accroire !
Quand reviennent les beaux jours dans la ville que j’habite, je me remets à exercer l’improbable métier que j’ai toujours rêvé de faire : critique dramatique ambulant (CDA). Je monte dans le bus avec un pliant de camping à la main et je vais écouter « La Traviata » sur écran géant place de la Mairie à Rennes. Je vais découvrir un quatuor de musiciens inconnus, le Gribi quartet, et faire partie, en fin de leur concert, d’une chorale improvisée qui entonne avec eux des ragas indiens et des chants de griot africain. Bientôt je planterai ma tente au camping de La Flèche (Sarthe) pour retrouver « Les Affranchis ». Dimanche dernier, le CDA que je suis a fait sept kilomètres à bicyclette pour aller voir des spectacles en plein air. Vous auriez pu le reconnaître à son sac à dos d’où dépassait une pompe à vélo et à son casque de cycliste pendouillant par-derrière le sac. Merci en tout cas au journal « le Défi du samedi » de bien vouloir publier ce compte-rendu de randonnée culturelle quelque peu déjantée mais pas trop : « On fait ce qu’on pneu comme disait mon confrère Paul-Louis Mignon à son pote Henri III ».
Tout le temps de la semaine me semble un monde cafardeux, noyé de chagrin, de boulot, de quotidien subi, de peines de prison pour le cœur. Quand on a besoin d’oseille, une vie à gagner, on se trouve trimballé du lundi au samedi sans entrain. Bien meilleur est le dimanche, plein de renouveau, de bonheur charmant, de merveilles, de chansons et d’oiseaux.
Même parmi la foule du festival Robinson à Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine) on revit, seul au monde ou presque, l’aventure de l’île au trésor. Amarrée au bord de l’eau du canal d’Ille-et-Rance la péniche-spectacle de M. Charbonneau sert de point de ralliement. C’est qu’on va cavaler, pendant les heures qui viennent, de la cale Robinson au jardin du moulin, traverser la grande pelouse, emprunter la passerelle pour aller du côté cour au côté jardin.
Que retenir cette année de ce bon vieux festival Robinson ? Tout ou quasiment tout ! Mais puisqu’il faut choisir de vous raconter un seul de ces spectacles de théâtre de rue, avouons le faible éprouvé pour le « Prince à dénuder » de la compagnie Ocus.
Aurais-je été séduit par l’entregent de la comédienne, par les côtés charnels de son désir de prince charmant, par sa voix chaude et sa science de l’escrime ou de la descente de petits verres ? C’est possible : un rien m’émoustille pourvu qu’il soit femme ou fille, violoniste irlandaise, danseuse bretonne ou même cantatrice grecque jouant une fille perdue à cheveux gras dans un opéra italien adapté d’un roman français à flanquer la tuberculose à plus d’un effeuilleur de marguerite.
Mais le prince qui viendra, qui arrive au galop, qui déboule sur le terrain herbeux de la séduction cavalière, il faut bien avouer qu’il n’est pas mal non plus. Comme le dit la notice du spectacle-médic-amant « le prince est charmant, il sent bon, il joue de la guitare comme un dieu, il fait des poèmes sous la lune et il a les dents qui brillent ". Alors pourquoi cela ne marche-t-il pas entre ce clone moyenâgeux de Gatsby le magnifique et cette Blanche-Neige transfigurée par les messages du MLF que les corbeaux du coin ont portés jusqu’en son château de carton-pâte ?
Pourquoi nous ravit-il, ce « spectacle de rue pour une princesse, un prince, une guitare et un cheval moche » ? Parce que c’est du cinéma en vrai, et du grand et que tout y passe ! Dès l’arrivée de l’homme sur son cheval de son on pense aux « Visiteurs du soir » et la guitare électrique semble Garance-tir à qui guette des tonneaux de Satisfaction. Quand elle lui commande une suite de sérénades en les appelant par leur numéro dans la liste, c’est le juke-box d’American graffiti réinventé à sauce troubadour-trouble amour : Mel Brooks revisite le temps à coups d’anachronismes et tout le dernier siècle en chansons défile car on entend Brassens, Renaud, Vassiliu, Bob Marley, Sanseverino et même Gilbert Bécaud.
Mais lesdits bécots attendront car le western a commencé ! Il l’a traitée de tarte et sur le jardin du moulin Laurel et Hardy sont apparus, Mack Sennett macule la saynète, l’entarteur belge frappe encore – Tiens voilà du Godin, du badin, du gadin et la mousse à raser, à défaut d’épinards, jette un froid entre Olive et Popeye. Ca ne va pas toujours de soi, d'aller de conserve !
On fera très vite d’une rapière deux coups et on se retrouvera dans Scaramouche avec des bleus à la lame comme à l’âme avant que d’un épithalame elle ne finisse par avouer son feu (Ocus !) de sorcière de Salem à ce salaud d’homme.
Je passe sur la scène du mariage qui rappelle par trop les malheurs de Marilyn M. Epouser un boxeur, un intellectuel ou un employé de Meetic, c’est toujours découvrir que le prince charmant vous préfère un beau jour la galette-saucisse, la bière devant le foot et le manque de romantisme absolu avant la prière du soir sur la route de Memphis.
Alors, Castafiore castratrice, matriarcale Bretonne de Saint-Germain-sur-Ille, Claire Laurent épingle Benoît Bachus – bravo à tous les deux – parmi les têtes de nœuds papillons qui se castagnent à perdre la raison aux alentours du parc des princes et le finale est beau comme dans le « Docteur Jivaro ». Les comédiens peuvent venir saluer. Tout ça c’était pour rire et on a bien ri. Le public sait bien que dans la vraie vie les gens s’aiment, s’épousent, ils sont heureux longtemps et ils ont beaucoup d’enfants. C’en est au point qu’en lieu et place du bonheur, il faudrait nationaliser le mariage pour tous !
Fasse le ciel que ces parents modèles emmènent encore longtemps leurs moutards - qui me montent parfois au nez – à ce genre de festival. Ces spectacles font mon bonheur et en revenant à Rennes sur le vélo pourri qui me sert de cheval moche, je me suis pris moi aussi à fredonner « Un jour mon prince viendra » puis j’ai pensé que la veille, en centre-ville, 3000 personnes ont défilé pour la marche des fiertés homosexuelles.
On fait de drôles de rapprochement quand on se promène au bord de l’eau !
C’est sans doute qu’en bullant, le critique est parfois dramatique !
1 Du lundi jusqu´au sam´di, Pour gagner des radis, Quand on a fait sans entrain Son p´tit truc quotidien,
Subi le propriétaire, L´percepteur, la boulangère, Et trimballé sa vie d´chien,
Le dimanch´ au parc On monte dans une barque Alors brusquement Tout paraît charmant!...
Refrain 1 Quand on s´promène au fil de l´eau, Comm´ tout est beau... Quel renouveau... On oublie Titi et Madame Yonyon, On a le cœur plein de chansons.
L´odeur des fleurs nous met tout à l´envers Et le bonheur nous saoule pour pas cher.
Chagrins et peines de la semaine, Tout est noyé dans le bleu, dans le vert...
Un seul dimanche au fil de l´eau, Aux trémolos des p´tits oiseaux, Suffit pour que tous les jours semblent beaux Quand on s´promène au fil de l´eau.
2 From Monday to Saturday Just to win some radis When we worked without pleasure Our quotidian labour
Fuck off the propriétaire, Perceptor and boulangère, Drinking like a dromadaire
And Sunday quickly We go to Nogent And then suddenly Everything’s charmant
Refrain 2 When we walk on the river side Always we ride nothing to hide Paris so far seems to be a prison I wanna dance with Jane Manson
Smell of flowers put us in disorder And happiness junk us more than cheapen
Blood, sweat and pain of the semaine, All is noyed in the blue in the green...
Just one Sunday on the river floor With tremolos from p’tits oiseaux It’s just enough to forget tomorrow When we walk on the river floor.
P.S. C'est vrai : la plus grande partie de ce texte est dûe à la plume de MM. Julien Duvivier et Louis Poterat. La musique est signée Maurice Yvain et Jean Sautreuil. Et les paroles en anglais sont de M. Dom Bourgeoizov qui me sert aussi à l'occasion de beau-frère. Mais je vous assure que l'interprétation ci-dessous et les photos sont de moi-même ! Bonne promenade !
- Vous avez reçu un nouveau message ! dit mon ordi.
Je regarde le nom de l’expéditeur ! C’est l’ordi du Défi du samedi qui me dit : - Dis donc, Joe Krapov, il y a longtemps que tu ne nous as pas gratifiés d’une chronique en 23 lignes !
Comme je n’ai rien à refuser aux ordis – ils me permettent de gagner ma croûte ! – et que je suis un peu maso je me suis exécuté. J’ai tiré.
J’ai tiré mon portrait de « dromomane »car, je l’ai appris cet après-midi chez Madame Wikipe, en plus d’être iatrophobe je suis aussi dromomane ! Comme si bercé trop près du mur ne suffisait pas !
DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU ET DE MOI-MÊME
23 lignes pour me transformer en promeneur solitaire et réécrire les Confessions de Jean-Jacques Rousseau en 55 minutes ? Mais on me demande l’impossible, là !
On m’objectera bien sûr que je suis né le même jour que l’amateur de fessées d’Ermenonville. Cependant, du côté de ses artères, il a quand même deux siècles au moins de plus que moi. C’est selon que vous me donnerez vingt-quatre ou quarante-huit ans.
Plus personne n’aime Jean-Jacques Rousseau de nos jours. Chaque fois que Gavroche se casse la gueule par terre, il dit que c’est la faute du philosophe genevois. Jérôme Cahuzac quant à lui reproche à Voltaire d’avoir vendu du saucisson en promotion mais dans ce double dix de chute dans le ruisseau c’est quand même le PS qui glisse sur une andouille, non ? Doit-il revenir à l’Assemblée, le chirurgien capillaire à cause de qui les planqueurs de fric se font des cheveux ? Les avis sont partagés. Il y a 59 millions de gens contre et cinq gars pour. En tout cas, si vous avez le projet de faire des enfants, ne les prénommez pas Jérôme : entre Cahuzac et Kerviel, c’est un prénom qui prédestine à la déchéance. Ou alors faites comme Rousseau, abandonnez-les en chantant du Brel : « Adieu l’Emile, je t’aimais bien, Adieu l’Emile je t’aimais bien, tu sais. C’est dur de mourir au printemps Mais la belle Héloïse m’attend J’espèr’ qu’tu t’trouv’ras une maman ».
(L'image ci-dessus empruntée au talentueux M. Kichka)
Revenons donc à nos promenades solitaires, à mes exercices de botanique et à mes prétendues rêveries hors du monde. Je suis désolé, messieurs Dames mais j’ai beau me moquer à longueur de semaine de Frigide Barjot et Christine Boutin, je ne suis pas pour autant un militant de la cause homo ou autosexuelle. A preuve je viens de célébrer cette semaine un nombre rond d’années de marr(i)age avec une native du bélier ascendant sagittaire. C’est dire si, astrologiquement, je pourrais mettre ma main aux feux de l’amour et parier que je ne suis pas l’ami Zanthrope de Molière et Boby Lapointe.
Simplement, lorsque je marche, j’ai la drôle de démarche du curieux de nature, l’œil de l’observateur et l’esprit du poète-photographe. Cela m’isole des troupeaux de randonneurs-tchatcheurs que l’on croise partout en Bretagne ou sur le chemin de Saint-Jacques à la noix.
Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, qu’il me soit permis d’avouer que j’aime, c’est vrai, la coquille, cette brioche du Nord avec deux têtes de Jésus aux extrémités et aussi cet oubli du typographe qui trouve son paroxysme voire son abyme lorsqu’il s’applique au mot « coquille ». Mais je préfère encore marcher dans l’île d’Yeu de La Croix au port de La Meule en ayant laissé tout le monde derrière moi. Eh bien oui, cela, foi de randonneur bien chaussé, c’est vraiment le pied !
A longer la mer bleue sur le petit chemin en haut de la falaise, à se faufiler entre les bosquets d’ajoncs, à surplomber le petit port où les barques sont endormies, à revoir la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle étaler sa blancheur dans un décor de Côtes d’Armor – du bleu, du blanc, du vert – à découvrir au loin une créature endormie sur le bord du sentier au-dessus des vagues qui se fracassent dans la crique en contrebas, on se sent comme Adam découvrant Eve dans le journal qu’a tenu l’écrivain Mark Twain de cette rencontre des origines.
Remercions ces braves ancêtres et tant pis si, de votre avis, ni Rousseau ni moi-même ne remplissons le contrat social. Si l’ordre des choses établi exige que l’on détienne un compte Facebook, un Ipad, un Iphone, un abonnement à Canal-Plus-de-chaînes-encore-que-tous-les-autres, le goût de faire la queue dans la nuit froide à l’Apple-store ou sous la pluie pendant trois heures pour une expo au Grand Palais, que l’on ait envie de bastonner les supporters de foot de l’équipe d’en face ou celle de frauder le fisc parce que tout le monde le fait, alors oui, tout comme le Jean-Jacques, je suis un dangereux asocial !
Voilà. Tout est dit et je ne puis que plaindre mes enfants : je ne les ai hélas pas abandonnés et il leur faut, parmi leurs gènes, faire le tri entre les côtés « grand tragique breton » du côté familial maternel et l’héritage « imbécile heureux » de la famille de papa !
Ils feront un tri… sélectif, bien sûr ! Pendant ce temps-là je continuerai de le faire de mon côté – en Suisse, comme J.-J.- R. – en chantant du Brassens :
« Tout est bon chez elle, y’a rien à jeter Sur l’île déserte il faut tout emporter ».
Ils étaient prévenus mais je ne sais pas ce qui s’est passé, ils m’ont bercé trop près du mur !
Je sais, c’est un peu indélicat d’accuser ainsi ses parents mais jugez par vous-même : vingt-trois ans plus tard, voici ce que le fruit de leur union écrit ici et là dans les zones de commentaires de son voisin du dessus :
A ne pas confondre avec le pin-pont, une variété de conifères dont les sommets se rejoignent pour faciliter les rencontres (au sommet) d'écureuils dans certaines forêts de Bretagne.
Mais qui a re-tué Pamela Rose ? La réponse à la question est Jack le rêve-entreur ! Et rêventreur sera le néologisme de la semaine prochaine ! Bravo pour cette belle série !
D'où le proverbe : Quand une truande rit dans une buanderie, toutes les truandes rient dans la buanderie !
Léon Zitrone, sors de ce corps, il me fait trop rire ! C'est vrai, on n'arrête pas de se bidet-onner avec toi !
Et alors, du coup, comme dirait Pierre Gripari, chez madame Bébettencourt, ce sont les concomptes de la fofollerire Méméricourt ?
Le tennis-de-Bris ? En Bretagne il y a aussi le ping-pong de Broons qui se joue dans une bassine posée sur la table.
Je me demande quelque fois si tu n'es pas un peu piqué (à l'EPO) ! Mais bon, dans la mesure où tout le monde s'interroge sur ce que je fume, ce n'est sans doute pas à moi de poser cette question ! Peut-être ne sommes-nous rien que des rats déridés échappés du laboratoire du Pr Charles Foulon ?
Tant que j'aurai forces J'appuierai sur les pédales : C'est bon pour le coeur.
Et ça rend la main véloce Pour mettr' les mots à la noce.
Etre souple du guidon Et sensible aux paysages Rend agile du crayon.
Dans la plaine et les vallons Ecrivons et pédalons !
Le crois-tu ? On a Semé les filles et c'étaient De bien belles plantes !
Quelque chose cloche ! Ca grince à ma roue arrière : Vélo mal Grécé ?
Empoigne guidon, Bouge muscles et tendons Pour perdre bedon
Pour perdre bedaine C'est pas des calembredaines Pédale, promène !
Facteur ! Facteur ! Please ! Have you something for me In your besace ? No ?
Ornicar à Vannes Publie six tercets. 4-1 Entrez sans sonnet
(Devinette permettant de savoir où est vraiment M. Ornicar : il tient l'agence Publicis à Vannes au 41 ter. Du coup la question devient "Où est la rue de Jean-Luc) (Ouais, hein ? J'avais vraiment besoin de vacances, hein ? )
L'été, sur les pentes, Indifférents, les cyclistes, A nos agapanthes
Automobilistes En raison du Tour de France Des bouchons à Liège !
Un blogueur fidèle Au Tour est comme un bavard : Jamais ne la boucle !
Cependant si je considère ce qui a fait courir le monde ces jours-ci, à savoir ceci :
je me dis que la planète, elle aussi, a été victime d’un sacré accident de poussette !
Et du coup, Papa, Maman, comme j'en suis assez content de mon petit grain, je vous dis :Merci !
N.B. Les commentaires, bien souvent des haïkus déguisés, ont été récupérés chez Sebarjo où je les avais déposés depuis un an. Je lui ai aussi emprunté les photos de son tour de France en haïkus pour illustrer cette contribution. Joli re-cycl-age, non ?
23 lignes pour souligner ce paradoxe incroyable, à savoir que la Begique est le seul pays au monde à nous faire cadeau d’artistes de talent qui, à l’instar de René Magritte, font consensus autour d'eux partout sur la planète ou au moins dans ma salle de bain ? Mais on me demande l’impossible, là !
Car la liste va être longue des natifs et natives d’outre-Quiévrain que l’on pourrait asseoir dans le fauteuil du peintre surréaliste. Et le jeu risque d’être amusant : quel objet donner en pâture-peinture à l’artiste belge « clairvoyant ».
Nous mettrons hors-jeu d’emblée Verlaine et Rimbaud : déjà ils étaient Français et le voyant, sans doute pas clair, n’a pas vu venir le coup de revolver !
A part cela, qui pourrait avoir une dent contre Jacques Brel ? Son « Ne me quitte pas » n’est-il pas la chanson d’amour par excellence ? Ses « Flamandes » et ses « Bourgeois » nous ravissent toujours alors que ses « Bigotes » sont le portrait le plus prémonitoire qui soit de Christine Boutin et Frigide Barjot en train de participer à la procession du Saint-Sang à Bruges («Nous partîmes Saint-Sang mais par un prompt renfort… ») ?
Asseyons le grand Jacques dans le siège de René et posons sur le guéridon une péniche. Nul doute qu’il peindra sur la toile une potence afin que le canal s’y puisse pendre, c’est là une tradition du plat pays qui est le sien.
A la place d’une péniche, installons une gondole. Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut il nous fera des vues de Bruges, une ville ou moi aussi je retournerais bien volontiers.
Changeons la gondole pour un sifflet et rappelons un peintre et un cinéaste. Paul Delvaux nous peindra une de ses gares magnifiques ou de belles dames hallucinées et dénudées sembleront échappées tout droit du Malpertuis de Jan Ray. Sur le quai B la locomotive et les wagons d’ « Un soir un train » d’André Delvaux s’arrêteront.
Une carte postale de Sète ou de Caen suffira pour que Raymond Devos nous peigne une mer démontée, mais lui est hors compétition : même avec trois fois rien il nous faisait toujours quelque chose de neuf.
Du chapeau melon de Magritte Simenon coiffera Maigret et sur la toile il posera ce moment où tout bascule dans la vie d’un homme. Cela prendra la forme d’un jockey perdu, individu figé dans l’écorce ou la course du temps.
D’une fleur dans un verre on verra naître sous la plume de Franquin le fantastique Gaffophone.
D’un demi de bière – pour la marque on n’aura que l’embarras du choix ! – Annie Cordy en fera des tonnes et des tonneaux pour caricaturer Angela Merkel en Frida Oum Papa.
Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, révélons un dernier secret : lorsque la séduisante Georgette, l’épouse de Magritte, a posé sur la table un almanach Vermot, ni Zigmund, ni Sebarjo ni moi n’avons volé ce livre. C’est bien sûr Jean-Luc Fonck, du groupe Sttellla, qui s’en est emparé pour truffer de bons mots quelques galettes reconstituantes dont, plus que jamais en cette période d’austérité, nous vous recommandons l’usage. Car c’est aussi ainsi, par cette jovialité et cette humanité partagées qui vont du Libellule de Maurice Tillieux au « Vous permettez, monsieur ? » d’Adamo, des « Yeux de ma mère » d’Arno au « Ca plane pour moi » de Plastic Bertrand, de « la longueur tuée dans l’œuf » de notre oncle Walrus au mariage de Mlle Beulemans, du Martini de Mussolini...
...au W comme wagon de train d’Adrienne, des énigmes célestes d’Anémone à la poésie au point de croix de Lorraine, de t'Kliekske à la plus formidable des Belges d'honneur de l'Iowa, du marsupilami au Chat de Gelück, des « Ah que » de Johnny Hallyday aux merveilles de Julos Beaucarne, de Dupond à Dupont en passant par la Castafiore que la ligne est claire, qu’Allah est grand, comme disait Vialatte, et que le pays du Maneken Pis marque son territoire et réjouit ma mémoire. Cela dit, je reprendrais bien encore un Léonidas, ceux avec la noisette étant mes préférés !
P.S. Ce texte, accompagné de ceux que j’ai publiés ici ces dernières semaines, pourrait très bien intégrer un recueil intitulé : « 23 lignes pour chro-niquer mon Alzheimer ! ». Ca me plairait assez ! Et maintenant, chantons du Belge !
23 lignes pour évoquer les chemins et sentiers sur lesquels j’ai marché ? Pour dire toutes les rues que j’ai arpentées ? Mais on me demande carrément l’impossible, là ! Même mon disque dur externe qui sert de mémoire d’appoint à mon unique neurone proteste alors que mes boîtes de photos et de diapos trépignent dans leur placard : « Fais nous prendre l’air, cela fait des années que tu dois faire la liste des endroits où vous êtes allés ! ».
Autre réticence : cette évocation de la marche effrénée du photographe-poète n’est-elle pas un peu trop personnelle ? Ne relève-t-elle pas plutôt de l’épanchement sur un blog que de l’inscription dans un Défi, fût-il aussi peu futile que ne l’est celui du samedi ?
Et puis qui s’intéresse, dans nos cités plus qu’agitées, aux douceurs de la Suisse normande, aux mystères du Yeun Elez, aux joies maritimes du GR 34, aux curiosités touristiques de la Rance vers Pleudihen, aux sentiers des douaniers de Belle-ïle, Jersey, Guernesey, Noirmoutier ? Qui veut encore longer la Loire ou le canal de Nantes à Brest ? Qui veut faire le long parcours austère dans le sable, l’impérissable tour du splendide Marquenterre ? N’ai-je pas déjà montré abondamment les rues de Bruxelles, Nancy, Lyon, Strasbourg, Nantes ou Rennes ?
Non, vraiment, pour causer dans les salons, pour être à la page aujourd’hui, il faut avoir joué les trottins bien puritains, bien purotins, derrière le popotin de la Christine Boutin, avoir marché, sévère et purgatif, derrière le dargif pas forcément jojo ni toujours impavide (d’un pas vide) de Frigide Barjot. Et cela, en vérité, je vous le dis, c’est véritablement impossible pour moi. Sans compter, mais cela nous éloigne de la bonne marche de cette chronique, que je me fiche comme de ma première paire de chaussures de randonnée de la façon dont au mois d’août à Knokke-le-Zoute, Georges et Roger s’empapaoutent. Et de plus les séances de gymnastique au lit (astique, hola, asticot las ! Unique au lit fut Nicolas nous dit Carla) de Véronique et Davina me broutent quelque peu (et pourtant mon rêve secret, quand je serai grand, est d’épouser une lesbienne) surtout quand Véro tique devant Davina tendue et que Claude François me recommande de marcher droit .
Bref chacun est libre de prendre son pied sur les marches ou dans la marge. « Moi je préfère la marche à pied », comme chantait Salvador. Et bien souvent, comme ajoutait Goldman, « Je marche seul » ou alors accompagné de ces fabuleuses Bretonnes qui m’ont converti à cette activité que je trouvais jadis ingrate et que je juge désormais fondamentale.
Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, je dois avouer que j’ai longtemps traîné les pieds en ronchonnant derrière leurs jolies fesses, me demandant à quoi rimait ce genre de messe dont elles raffolent. Marcher dans la campagne, quelquefois sous la pluie, effectuer un circuit, une boucle, me semblait marcher pour marcher et je me demandais souvent, sous ma pèlerine, en nage : « Par Saint-Jacques, que composent-elles ? ».
Maintenant c’est moi qui vais devant, qui mène la marche, le Canon Ixus HS 220 ne quittant plus ma menotte droite, heureux de laisser loin derrière moi tous ceux qui causent dans les salons. Je les préviens ainsi que vous car pour finir cette chronique je vais une fois de plus blasphémer :
« Quand je marche au-dessus des vanités humaines Je me sens comme Dieu arpentant ses domaines ».
23 lignes pour décrire la place que prennent les éléphants dans ma mémoire vive ? Mais on me demande l’impossible, là !
Je sens déjà venir la longue pause de lecture auprès de madame Wikipe – Wikipedia, le cimetière des éléments ! – en vue de vérifier l’itinéraire qui mena le cornac Hannibal de la traversée des Alpes jusqu’aux délices de Capoue. Mais par contre je me souviendrai sans aide de l’éléphant de la Bastille dans lequel logeait Gavroche dont j’appris sur le tard qu’il était fils Thénardier : soit j’avais oublié, soit je n’avais pas vu la « prequel » !
Je ne me souviens pas d’avoir eu un quelconque contact avec Dumbo l’éléphant volant de Tonton Walt, sans doute à cause de mon acrophobie tenace, mais la chanson que je vous interprète à la fin de ce texte vous démontrera que, même élevé en chi-Corée du Nord, on ne sort pas indemne de l’américanisation des esprits qui fait qu’on appelle maintenant « think tank » deux pelés et trois tondus qui se masturbent l’intellect en commun : il n’en sort que de la fumée et rien de comparable à la « Maison à vapeur » de Jules Verne, livre que je possède mais que je n’ai pas encore lu.
23 lignes, c’est effectivement très peu pour lister la série des devinettes niveau Carambar à base de nonsense pachydermique :
- Comment fait-on entrer quatre éléphants dans une 2CV ? - Comment sait-on que des éléphants sont passés dans votre réfrigérateur ? (On ne dit plus frigidaire, non parce que c’est une marque mais parce que ça commence comme « Frigide Barjot et Christine Boutin sont dans un bateau dont je n’aime pas bien la destination. Pétain coup, Joe Krapov, t’es tout pâle ! »)
La solution est dans la chanson et la série presque complète des devinettes est ici.
Les derniers éléphants que j’ai fréquentés sont ceux du groupe Sttellla dont j’ai repris la chanson homonyme mais je vous épargne la réécoute. Quoique…
Bien qu’habitant en Bretagne et natif du Pas-de-Calais, je ne m’arsouille jamais au point d’apercevoir des éléphants roses, sauf quand je prends des nouvelles du Parti socialiste où ils vivent en troupeaux qu’on appelle courants et mettent de l’argent à gauche pour l’avoir devant eux bien que la Suisse et Singapour soient plutôt à droite sur la carte. Pour résumer sur ce point, disons qu’il y a des éléphants d’Asie(bao) et des éléphant à fric et chantons gaiement « Sur la route de Penzac flouze flouze Cahuzac ! ». Cet animal à défenses d’y voir plus avant sert aussi de mascotte au Parti républicain aux Etats-Unis mais j’ai assez causé de politique comme ça cette semaine. A la longue ça risque de rendre cette chronique fort amère, comme on dit dans les cités.
Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, mentionnons en vrac « Un éléphant ça trompe énormément » d’Yves Robert, la comptine « Ah les crocodiles », le roi Babar, Elmer le roi de carreau(x), la couverture des œuvres de Rudyard Kipling dans la collection Bouquins : Toi aussi tu seras un homme avec une PAL ou même des CAL demain : Piles A Lire, Caisses A Lires devant lesquelles pour l’instant je me fais porter PAL. Il y a aussi les joueurs de bowling dans le grenier du Concombre masqué et les musiciens de John Lennon sur l’album Live in New-York city : Elephants memory !
Et maintenant, tous en rang par deux, enfants de la jungle ! Ecoutez sagement « La patrouille des éléphants » par le seul type à Rennes qui ose chanter du Georges Brassens avec la voix de Guy Béart !
P.S. Les éléphanteaux ne se lèvent pas tard alors que les zélés fêtards ne se lèvent pas tôt. C’est ce que semble nous dire la chanson d’Antoine « Un éléphant me regarde » et nous évoquer « Effervescing elephant » de Syd Barrett, membre fondateur du Pink Floyd. Pink ? Du rose du titre au pink de la fin, la boucle est bouclée.