- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je. La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison. - Non, je ne vous reconnais pas. » - Je suis la fille de Mme Sanva-Tanguerre. » - Ca alors ! Babette ! »
- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je. La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison. - Non, je ne vous reconnais pas. » - Je suis la fille de Mme Sticket-Toride. » - Ca alors ! Sophie ! »
- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je. La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison. - Non, je ne vous reconnais pas. » - Je suis la fille de Mme Sirdamour de Doni-Zetti. » - Ca alors ! Angélique ! »
- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je. La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison. - Non, je ne vous reconnais pas. » - Je suis la fille de Mme Stick. » - Ca alors ! Joy ! » - Ah non, vous me confondez avec ma jumelle. Moi je suis Ella ! »
- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je. La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison. - Non, je ne vous reconnais pas. » - Je suis la fille de Mme Sbylema-Nific. » - Ca alors ! Agathe ! »
- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je. La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison. - Non, je ne vous reconnais pas. » - Je suis la fille de Mme Sétélèque-Oron. » - Ca alors ! Eléonore ! »
- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je. La femme me lança un regard scrutateur ; elle avait entrouvert la porte d'entrée. Je m'approchai et montai la marche devant la maison. - Non, je ne vous reconnais pas. » - Je suis la fille de Mme Sadudémon ! » - Horreur ! Malheur ! Larissa ! »
Gageons qu’en Gaspésie, le geai à l’initiale envoie dès le matin la gutturalité de son gazouillis grave au-dessus des gabares.
A l’amarre, celle-ci, barque aimable, aspire à l’ample promenade au fil de l’eau.
Se mouvoir au fleuve-serpent, dans le silence des sapins, tandis que les érables sèvent et que le soleil en sirop sourit mi-suave mi sorcier, cela peut nous séduire.
Par-dessus le ponton, le pêcheur pansu passe. Il pose ses panards sur le plancher pas net de ce petit bateau qui partira bientôt.
En émérite scribe on note à l’impromptu que le vocable Québec sonne comme un palindrome et que l’aigu précède le grave dans les accents du « e » n’en déplaise au voisin Pérec.
Sur la rive mouillée, des touristes s’arrêtent, sourient, sortent soudain un appareil photo, saisissent la seconde et sa sérénité.
Il n’y aura personne sur cet instantané. Entre l’intemporel et l’ineffable s’insinuent l’impossible, l’improbable voyage d’une image et le partage d’un paysage.
Etrange voyageuse qui rêvasse immobile, elle emplit d’une musique toujours énigmatique mon esprit étourdi par l’élucubration.
1 Basketchup : sport américain particulièrement débile qui consiste à se disputer la propriété d’un bol empli de ketchup qu’on doit aller déposer à l’autre bout du terrain dans un panier déjà empli de galette et de petits pots de beurre.
2 Cassoulèvement : phénomène de geyser qu’on trouve dans les marmites des cuisines toulousaines lorsqu’on y plonge des saucisses cueillies sur un caoutchoucroutier (voir ce mot en 4 dans la liste).
3 Brahmanite : culte rendu à une divinité hindoue dont les six bras sont prolongés non pas par des mains mais par des champignons. Sur certaines représentations iconoclastes les champignons sont remplacés par des sexes masculins il s’agit alors d’un culte déviant dénommé brahmanite phalloïde.
4 Caoutchoucroutier : variété d’arbre qu’on ne trouve qu’en Alsace et sur lesquels poussent des saucisses particulièrement élastiques.
5 Barquadrumane : ancien gorille de boîte de nuit promu préparateur de milk-shakes à la banane.
6 Fissaturne : chambre vite dégotée dans laquelle on se rend pour y exécuter un coït généralement furtif.
7 Déshabtitiller : déshabiller quelqu’un(e) en prenant soin de stimuler dans le même temps ses zones érogènes.
8 Convoittiser : désirer quelqu’un et l’allumer suffisamment pour être payé de sa flamme en retour.
9 Gourgamandiner : promettre tant de friandises aux amandes ou de plaisir charnel à une jeune femme qu’elle en perd tout sens moral, toute retenue et tout porte-jarretelles par la même occasion.
10 Byzanthrope : qualifie un individu chanceux qui n’est jamais content de son sort et se plaint toujours que ça ne soit pas Byzance en parlant de sa villa à Saint-Trop’.
P.S. Il s’agit ici d’extraits d’une liste de 28 mots-valises pondus dans une séance d’atelier d’écriture « en vrai » en mai 2006.
Je tire ma langue en permanence Vers le classique du sonnet, Vers les almanachs du nonsense Ou pour l'entendre résonner A partir de réminiscences De ce que j'emmagasinai En fréquentant, depuis l'enfance, Les livres, disques et le ciné.
Je tire ma langue en permanence Et c'est une belle aventure D'aller, au p'tit bonheur la chance, Faire ces travaux d'écriture.
Je manque parfois d'assurance Car je n'ai pas de couverture. C'est toujours ainsi quand on danse Sur le sommet de la toiture Comme le font les somnambules. Les nuits de cogitation dense, Les mots me sortent de la bulle, Mon stylo se meut en silence.
Poète-espion, mouton, balance, A deux doigts de la forfaiture J'envoie valser mon innocence Dans un bal de littérature. Je tire ma langue en permanence ! Je résiste à l'envahisseur En multipliant l'assonance ; Tant pis si pauvre est mon tailleur !
Il y a tant de richesse en France Dans les mots de plusieurs syllabes D' "asticoter" à "transcendance", De "zigomar" en "astrolabe". Je « ballade » mon libertin Dans le vocable en insouciance, Je m'assois sur des bouts de prose Pour emmusiquer ma jactance.
Le soir, le midi, le matin J'arpente la langue en tous sens. Il va y perdre son latin, Le pion qui tient la permanence ! Loin des usages fonctionnels, Tandis que tout l'univers tangue Dans un délire ascensionnel, Dans son dos, je tire la langue.
En passant par la Lorraine J’ai rencontré Karl Marx à la fête foraine ! Il n’a pas fait de chichis et m’en a payé un cornet Puis m’a raconté ces sornettes Avec des rimes un peu bébêtes Trop nombreuses pour un sonnet :
Un gars un peu marteau m’a filé une faucille Pour qu’on s’offre un mano a mano à Manille. J’ai fauché les jonquilles et vu les jonques d’Hong Kong, J’ai été en bisbille avec de vieux barbon s Et j’ai pris la Bastille : ce fut une belle baston. J’ai dansé la chenille près de Château-Chinon, Embrassé une belle fille plus sourde que Tryphon (2) : Dépourvue d’écoutilles elle avait l’air tout con.
Fine comme une brindille, elle s’appelait Jeanneton Elle était écuyère Elle avait des béquilles et habitait Bécon- -Les-Bruyères Elle ouvrit grand ses billes quand je lui fis cadeau d’un flacon de sent-bon, Me dit : - On danse gambille ? Une partie de jambons ? »
Tout près de la charmille j’ai garé mon camion.
- Tu as de jolies chevilles… - Achevons ! Achevons !* Viens que je te mordille pendant le rigodon, Sors donc de ta coquille et viens dans mon cocon ! - Veux-tu qu’j’te déshabille ? Quoi ? Moi d’abord ? Ah bon !
Voilà que j’écarquille les yeux, drôle de garcon (Nous vous le concédons, j’oubliai la cédille !). La mouflette m’émoustille, s’empare de mes roustons, V’la Popaul qui frétille et lors nous affrétons Une gentille flottille amoureuse vers Boston, Chargée de pacotille et nous empaquetons Des sachets de vanille dans de très grands cartons. La voilà qui croustille et qui érige ses tétons. Elle glisse comme une anguille. Dans l’herbe, exsangues, nous tanguons.
Face à cette Blanche de Castille il ne faut pas qu’tu flanches, Gaston (3) Faut pas être de la courtille, il ne faut pas qu’nous écourtions Faut pas se bousiller la ch’ville comme ce moscoutaire de Fillon. Lorsque tu ne touches pas ta bille, pour le banc des has been, t’es bon ! Shoote-toi à la Camomille comme le font tous les mormons !
L’Escadrille de nos caresses met en marche tout l’escadron De nos papilles et tous nos sens volètent comme papillons. Bientôt voilà qu’on s’entortille dans d’innombrables contorsions, L’heure de joie du méchant drille a sonné sur le carillon.
- Sens-tu ? J’ai le cœur qui frétille de ces estimables pressions Dis donc ! Comme ça se goupille ! Que de trésors nous grapillons ! Qui se cachaient sous ta Mantille. Je leur accorde une mention ! ».
Puis l’on se suce la pastille et chante l’air du postillon (4) Encore, encore, je te fusille et je mets nos corps en fusion Et voilà qu’elle s’égosille, qu’explose au plaisir l’oisillon ; La jouissance s’éparpille de l’occiput jusqu’aux arpions ! On ne peut pas dire qu’ell’ roupille, la Jeanneton au beau croupion !
Puis après ces quelques vétilles, il faut que nous nous revêtions. C’est là que je me recroqueville devant sa proposition De revenir pour un quadrille demain avec le chaperon Rouge et le barbier de Séville qu’elle dit monté comme étalon !
Voyez mes gens comme on gaspille une idylle digne de Cupidon ! Ce ne sont pas des peccadilles, je ne cache pas ma répulsion : J’l’ai mal vécu, je dégobille mon pop-corn et mes croustillons ! Ses capacités sont trop grandes et mes besoins peu importants.
Ce récit d’un amour naissant, mort dans l’œuf en un rien de temps, Qu’il vous apprenne qu’on décille et qu’il vous serve de leçon : Il se peut, de fil en aiguille que l’on tombe sur un aiglon : Cet oiseau de passage, polisson qui torpille, peut même porter jupon !
Là-dessus il partit jouer aux quilles et d’vint l’ami des néo-con !
Quant à moi mes ami(e)s voici Ce que je pense de ce récit : J’n’irai plus jamais en Lorraine entendre pareilles inepties ! Je préfère de loin la Vilaine où l’on n’entend qu’des Krapoveries !
1) uchronie soit qui mal y pense ! 2) Tournesol, bien sûr 3) Gaston est le deuxième prénom de Karl-Gaston-Enavant Marx 4) De Longjumeau !
Il avait tant de charme, alors, le presbytère ! Et le jardin resplendissait d’un tel éclat ! La violette embaumait avec le seringat, La dame en noir laissait un parfum délétère
Et dans la chambre jaune au mobilier austère On fermait le verrou pour de troubles ébats : Certaines joues souvent s’embrasaient d’incarnat, Certaines éruptions rougissaient le cratère
De ce chaudron torride où nous tournions en rond Tandis que s’agitait ce reporter fécond Désireux de venir à bout de tout mystère.
Jamais il ne trouva la clé de cette énigme Car je l’avais cachée derrière ces trois stères : « Tout se barre en sucette » était mon paradigme !
P.S. Dans certaines régions de France, trois stères de bois correspondent à une « sucette » et quatre stères à une « pile ».
Vous serez gentil(le)s de me retirer les miennes en sortant !
Je l'admets volontiers, la langue française est difficile, même pour ceux qui sont nés en France, qui ont été bercés de ses règles et nourris de sa musique depuis leur petite enfance.
Comme je fais partie de ces récipiendaires, je vais vous en donner l'illustration en prenant pour exemples quelques récipients d'eau.
On peut dire ainsi, pour commencer : « Le Bol d'or n'est pas ma tasse de thé ». Il faut déjà une certaine imagination, voire une certaine culture, pour comprendre que le sens de cette phrase est, grosso modo : « Je ne suivrai plus le vieux motard que j'aimais avec magnificence au Castellet à Magny-Cours. Mieux vaut tard que jamais, j'ai fini par l'admettre : notre amour est à bout de course, mon endurance aux épreuves a des limites : j'en ai eu Raz le bol jusqu'au bout des Seins, comme on dit dans le Finistère, de l'enduro du Touquet et des 24 heures que je supportais indûment. Qu'on ait des mots tôt ou qu'on ait des maux tard, il y a toujours un moment ou Honda assez. « Les histoires d'amour finissent mal en général et les sentiments s'usent » ; Uki, poète japonais, a écrit ceci au Xe siècle avant Kawasaki.
On remarquera aussi , lorsqu'on dit « Le Bol d'or n'est pas ma tasse de thé », que le bol en question ne contient aucune matière aurifère ni somnifère (bol, dors !) et que la notion de tasse de thé, chère à Marcel Proust, ma chère, peut ne représenter rien de précieux pour celui qui serait à l'instar de Balzac amateur de café et consommateur exclusif de ce breuvage !
Mais prenons un deuxième exemple. On peut dire également en effet, comme Seurat : « J'ai bu la tasse en me baignant à la Grande Jatte".
Il sied alors à l'homme d'esprit de répondre finement : « C'est pas de bol ! ». Cela ne nous donne pas pour autant la capacité de la tasse, puisque dans la rivière celle-ci n'a pas d'anse, ni celle de la grande jatte, ni celle du bol. Quand à celle du bassin où avaient lieu les jeux Olympiques de Londres cet été, notre envoyée spéciale, Mlle Laure Manaudou, personne pourtant réservée d'habitude, s'y est noyée, ainsi que dans le ridicule en éprouvant publiquement un orgasme de toute beauté lorsque son petit frère a remporté l'épreuve du 50 mètres. Ok, Laure, c'est l'or mais quand même, retiens-toi ! Un peu de contenance, si je puis dire.
A part cela et pour en finir avec le bol et la tasse, sachez cher(e)s ami(e)s étranger(e)s que la phrase suivante est tout à fait correcte : « J'aime lire Le Tasse à la Baule ».
Ajoutons encore qu'en cas de scène de ménage le fait de s'envoyer les pièces du service à café à la figure s'appelle par chez nous « jeu des soucoupes violentes ». Oui, je sais, ce genre de choses, UFO y penser !
Apprenez qu'il existe des services spéciaux pour gauchers pour lesquels l'anse se situe à gauche de la tasse. Ils sont fabriqués par M. Allais, négociant d'Honfleur. Prévenez vos enfants également. S'ils décident de fabriquer une grande roue avec le service de tante Madeleine, ils ont intérêt à être bons architectes. Si tout s'écroule, si la nacelle chancelle, si la tasse casse cela va être une autre chanson. Si "chanter c'est honorer l'oxygène", comme dit Björk, ils vont se faire souffler dans les bronches !
Le temps me manque pour vous parler du mug et du mazagran. Je ne me sens pas trop dans mon assiette en ce moment et la dame qui m'offre le gîte, le couvert et des affinités en plus attend que je m'attelle à la vaisselle. Et ce n'est pas ici, pour une fois, une façon de souligner les ambigüités de notre langue : on s'attelle à une tâche essentiellement lorsqu'on est « charrette » et avec la canicule, à force de boire mon thé et descendre des limonades, les verres s'empilent et le tas de vaisselle augmente à la vitesse d'un cheval au galop.
Du coup vous n'apprendrez pas aujourd'hui ce qui différencie le bassin de la bassine, le jars de la jarre, le seau du lasso, mon whisky de ton eau et mon baril de poudre de ton tonneau de bière. De même j'ai oublié de vous raconter l'histoire de l'espion du KGB qui rétrécissait au lavage (1). Tant pis. Ce sera pour une autre fois.