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Le cahier de brouillon de Joe Krapov

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29 novembre 2010

« Coupez leur l’électricité et leur vie en sera changée ! » Ludivine Dieu (Joe Krapov)

Si j’avais le temps, je jouerais à l’historien : j’irais chercher sur le web et dans ma boîte aux lettres à quelle date Val, Janeczka, Papistache, Walrus, MAP, Joye et toutes celles et ceux qui figurent dans la liste à droite de ce texte sont entrés dans ma vie.

Si j’avais le temps je jouerais au bibliothécaire : je ferais le tri dans les cartes de visite que je dépose assez régulièrement chez la plus célèbre des Iowaniennes francophiles de la blogosphère. Cette longue liste de métiers farfelus ou de qualificatifs inquiétants, je la donnerais à l’atelier d’écriture du mardi soir où, de plus en plus souvent, par manque de temps, j’arrive avec des consignes volées sur le net. En voici le début :
dds126_080920_212Joe Krapov, fan de Stone et Charden au 2e degré - Averell Krapov, fabricant de QCM - Joe Krapov, ménestrel hésitant - Joe Krapov, y'a de la triture sur la ligne ! - Joe Krapov, merle moqueur - Joe Krapov, décroissant au beurre ! - Joe Krapov, revisiteur, Okkkkayyyy ? - Joe "Moderne" Krapov - Joe Krapov, fidèle au poste de bouffon - Joe Krapov, ensorcelé, mélange tout ! - Joe Krapov, cruciverbiste parfois pontécrucien - Joe Krapov, tête d'hilare ! - Joe Krapov, poète anagrammatique - Joe Krapov, chauffe Marcel ! - Joe Krapov, dépassé par les événements  - Joe Krapov, ajouteur d'une pincée d'idiotie au dernier moment - Joe Krapov, frère jumeau d'Adrienne aussi - Joe Krapov, futurs vieux os - Joe Krapov, plus près de toi Seigneur ! - Joe Krapov, ancien gardien d'animalerie - Joe Krapov, nul en charades - Joe Krapov, fan des Papous et du Volatile - Joe Krapov, ne peut pas écrire partout mais le regrette bien ! - Joe Krapov, en panne de naissance et ndépourvu de njerrican - Joe Krapov, épi-gone jamais sérieux

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Si j’avais le temps, je jouerais sur deux tableaux : et vous ami(e)s Défiant(e)s, que feriez-vous avec ces neuf prénoms : Josiane, Eliane, Maryvonne, Marie-France, Arlette, Dominique (la femme), Anne-Françoise, Henry et Dominique (l’homme), sachant que ces personne se réunissent hedomadairement dans une salle nommée « Mandoline » ?

Si j’avais le temps, je jouerais aux échecs et je deviendrais fou : depuis que je m’y suis remis le logiciel « Kasparov » de Mindscape ne résiste pas, avec ses variantes pourries, à ma maîtrise de la Défense Nimzovitch du pion roi et du gambit Morra ! Faut pas prendre le pion en d5, idiot ! Kilékon, mais Kilékon !
- Akitukoz, Joe Krapov ?
- A personne, Marina chérie !



dds126_portrait_de_Ludivine_Dieu_par_ZellSi j’avais le temps, je jouerais au romancier-archiviste schizophrène : je continuerais de dépouiller la valise à Scherzos tout en écrivant ce roman fou de la cohabitation de quatre personnages dans une résidence d’été à Mimizan-plage où je n’ai jamais mis les pieds. La plus impatiente de la bande, une nommée Ludivine D. semble même avoir traversé le miroir et se manifeste parfois dans la vie réelle pour me rappeler à l’ordre.

Si j’avais le temps, je jouerais au Défiant discipliné et j’écrirais mes contributions le dimanche après-midi : j’imagine la surprise de Walrus ou de MAP en voyant tomber un courriel de joekrapov3 dès le lundi alors que je déboule d’habitude le vendredi soir à pas d’heure avec des machins pas possibles !

Si j’avais le temps, je vous en raconterais une bien bonne. Allez, soyons fous, prenons-le, nous l’avons ! Le lundi 29 novembre 2010, j’étais en train de me débattre avec vingt-deux factures en javanais (urpp efesa urps ered ffpdag uresa-HS, etc.) tout en songeant à ce que j’allais pouvoir écrire sur le thème « Si j’avais le temps » quand tout à coup PLOP ! Sur le coup d’11 heures 45 ma bécane s’est éteinte : panne générale d’électricité ! Vous je ne sais pas mais quand je n’ai plus de machine dans mon job je ne peux plus rien faire. Je suis allé discuter de la situation avec ma charmante nouvelle voisine et sur le coup de midi, comme rien n’avait bougé je suis allé à la cuisine pour manger mes pâtes au saumon. Sans four à micro-ondes, je les ai mangées froides, c’est bon aussi, quoique… Pendant ce temps-là la Dream team des électriciens est passée : impossible pour eux de réparer le transformateur avant plusieurs heures. « Vous feriez mieux de fermer le bousin !» ont-ils, grosso modo, conseillé.

Quand il est revenu de déjeuner M. Hajtyla a pris la sage décision de nous renvoyer chez nous, Mumu Danaïde et moi. (Tsss Tsss n’imaginez rien ! Mumu et moi n’habitons pas ensemble et je suis fidèle à Stella Monétoile, Isaure Chassériau, Eva Longoria et à toutes ces autres dames qui acceptent ma polygamie virtuelle et de me partager avec Marina Bourgeoizovna !). Comme M. Hajtyla a de l’humour il a dit :
- Tu as sans doute aussi du repassage à terminer, Joe Krapov ?

On ne se l’est pas fait dire deux fois ! Tous les goûts et plaisirs étant dans la nature, lui est resté au bureau car il est doté d’un ordi portable avec batterie et d’une clé 3G. L’heureux homme qui ne craint pas les « pannes d’électrique » !

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Vous vous rendez compte ? La consigne du Défi est « si j’avais le temps » et voilà que trois heures de liberté me sont octroyées pour que je puisse envoyer ma contribution au Défi dès le lundi ! Quelle veine de cocu j’ai !

Du coup, si j’avais le temps et l’audace, je demanderais bien à MAP et à Walrus de nous concocter pour la semaine prochaine la consigne sœur : « Si j’avais de l’argent… »

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27 novembre 2010

On a gagné !

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26 novembre 2010

Cocorico forever, people ! / par François-Régis Mutin (Joe Krapov)

Voilà qui va sans doute désespérer plus d’une femme au foyer, refroidir plus d’un metteur de main au panier, émouvoir plus d’une lectrice de Voici :  Eva Longoria et Tony Parker ont décidé de divorcer.

J’ai moi-même beaucoup de peine à retenir mes larmes devant tant d’incompréhension et de méconnaissance de la mentalité masculine française de la part de l’American actress. Hé quoi ! Madame Longoria ne connaît donc rien aux feux de l’amour ? Elle ne sait pas que le mâle français est polygame par nature et que l’exemple nous vient d’en haut ? C’est bien la peine d’avoir tourné dans « Carlita’s secret » et d’être venue se faire marier en France par Bertrand Delanoë !

Faut-il parfaire la culture de cette dame en lui parlant d’Agnès Sorel, la plus belle fille au pair de Loches, la première maîtresse d’un roi de France à avoir été enterrée dans une église ? Ne sait-elle donc rien de la pyrénéenne et insatiable marquise de Pompe-Adour, du bien-aimé Louis XV, des sept femmes de Barbe-Bleue, des six femmes d’Heny VIII (?), de Blanche-Neige à qui il fallait sept nains alors que les chanteuses italiennes à voix faiblichonne se contentent d’un seul ?

Certes la France est la fille aînée de l’Eglise, le chanoine de Latran baise, entre autres, l’anneau papal mais au moins, par ici, on ne met pas le préservatif à l’index ! Et pour ce con d’homme - je reviens à Tony l’truand -, si la chair est faible, c’est par tradition : depuis Heni IV on met la poule de luxe au menu du potlatch dominical. On sait chez nous rendre hommage aux agace-pissette d’un soir, fût-il de match bien arrosé. Il n’y a pas que le président des adorateurs de la pasta pour aimer faire bonga bonga avec la lapine Duracell, vois-tu !

Certes, ma bonne Eva, on peut croire au prince charmant et aux princes consorts mais ça, c’est juste assez bon pour les roturières d’Angleterre. Nous on a les madame Steinheil qui rentrent dans l’histoire par l’escalier de service quand le président n’a plus sa connaissance, sais-tu ? Du coup, ce n’est pas pour dire mais je me sens empli de compassion pour ce basketteur millionnaire – j’aurai vraiment tout fait dans ma vie ! -. Pour une amourette qui passait par-là, il perdit la tête et puis le voilà, et alors quoi ?

La faute est dans ton camp, Miss Corpus Christi ! Comment peux-tu tout ignorer de l’œuvre de Gérard Cailleux, arbitre de la Fédération Internationale de Codification des Ruptures ? Il y a une faute impardonnable de ta part et le penalty est plus que mérité : on ne quitte jamais un homme lors d’une période où il n’y a aucune compétition sportive d’envergure mondiale en cours ! Ca fait trop mal, sinon !

Que faut-il pour que tu comprennes ton erreur, Eva ? Que le juge de touche Joe Krapov te chante ce point du règlement ? Eh bien soit, tu l’auras voulu ! Il te la chante la goualante à Gégé, l’affreux Joe-Joe. Prends-en de la graine pour la prochaine fois où tu épouseras un sportif français !

« Quitte-moi pendant la coupe du monde » / Gérard Cailleux ;
interprétée par Joe Krapov
.

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P.S. C’est quand même de drôles de cocos, ces gens-là ! Le dénommé Tony Parker, il est né en Belgique ! Ca fait penser du coup à la chanson de Sttellla : « On n’a rien de moins que les Américains ! On aurait même plus en comptant qu’on est moins ! » C’est vrai que même la femme de notre Président, par exemple, a une plus grosse, euh une plus grande collection de conquêtes masculines que cette Eva qui pérore loin de Péronne !

11 novembre 2010

Métacarpe où j’ai mon doigt ! / par Claudius Lelapin (Joe Krapov)

Un matin où j’étais d’humeur mutine07041_220
Agrippine a jeté sur moi son grappin.
Ce fut un mariage de carpe et de lapin
Car c’était – c’est toujours – une femme-poissons
Et je n’ai jamais su dire non aux sirènes.

Seulement voyez-vous,
Je ne sais pas pourquoi,
Lorsque je la lutine
Elle reste muette.


C’est à y perdre son latin :
Elle n’aime que ma cuisine
Et c’est rarement qu’elle opine
A mes désirs de diablotin.


080713_682Alors, étant un chaud lapin
Je vais farcir ailleurs
Pour calmer mes ardeurs
L’ablette, sa cousine,
Plus fine,
La morue
Plus dessalée,
La sole plus dissolue
Cette coquine de requine qui me requinque
Et les divines petites sardines avec lesquelles je danse en boîte.



Je vais draguer070422_51
La cabillaude qui est chaude,
La castagnole qui est drôle,
L’espadonne qui se donne,
La brochette que j’embroche,
La chabotte qui me botte,
La courbine qui lambine,
La rascasse que j’embrasse.

Je fais des galipettes avec la galinette,
On s’arrange avec la femme du hareng :
Je vais lui tenir des harangues quand lui sort.

J’aime la limande bien qu’elle soit plate,
Et la lompe bien qu’elle me pompe.

100214_011J’adore toutes ces greluches
Comme la merluche,
La mandoule,
La pageotte,
L’amour blanc,
La tanche,
La turbotte.


Parfois je me cantonne à la vaudoise.
Ou bien, en sortant du bordel
De la mère maquerelle,
Quelquefois je m’époumone :
« En voiture, saumone ! »


Quand je rentre à la maison,100516A_040
A moitié en pâmoison,
Je redis à celle que j’aime :
- Carpe diem ! Carpe diem !
Donnons-nous du bon temps
Tant qu’il est encore temps,
Avant que Dieu ne mette de l’ordre
Dans ce désordre,
Avant qu’il n’invente la moutarde
Le chasseur, les aromates
Le pêcheur, le hameçon,
Le fusil, le tire-bouchon,
La bombe à fragmentation
La politique, les tyrans
Et l’interdicti-on de la polygamie ! ».



Alors elle prend un air contrit
Et me regarde toute saisie
Avec ses yeux de merlan frit.

J’ai bien souvent comme un vieux soupçon :
Pendant que je baise à foison
J’ai l’impression qu’à la maison
Agrippine élève Néron
Et que ces deux muets-là complotent
De me faire devenir gibelotte !

N.B. S’il est bon d’invoquer ce brave La Fontaine
Et ses quadru-mânes
Pour conter aux enfants l’histoire des Romaines,
- Fussent-elles assassines ou même érotomanes ! -
Confions la tâche à ceux dont c’est le seul domaine !

Ancien gardien du zoo des universitaires,
Celui qui écrivit cette krapoverie
Où la zoophilie le dispute aux conneries,
Celui-là eût mieux fait sans doute de se taire !

11 novembre 2010

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4 novembre 2010

No Futurisme (Joe Krapov)

1008229_048bisLe nuage en pantalon
N’aura pas vu venir
Le coup de revolver
Qui mit Maïakovsky
Echec et mat.



Rien n’est plus silencieux090122_001
Ni plus indifférent
Que ces moutons informes
Qui passent en silence
Au-dessus de nos têtes
Et cachent le soleil,


100514_003Témoins muets et neutres
D’un cycle permanent
De romans policiers
Où l’homme rivalise
Avec la main de Dieu.


La fumée des canons,070805_145
La cendre des volcans,
Les cheminées d’usines,
Rien n’atteint jamais
Ces coursiers hautains.



100716_022Seul parfois quelque pic
Transperce leur secret
Mais le berger se perd
Dans leur brouillard intime,
Dans leur cercueil ouaté.


Moi qui marche dans la plaine101029_011
Je les aime rosés par-dessus la Vilaine
Et j’apprécie qu’ils y noient
Leur peu de poids,
Leur peu de foi


Car après tout
Ils sont fragiles comme nous :
Un peu de dépression
Et les nuages en pantalon…
Trois petits tours… et pluie s’en vont !


28 octobre 2010

Gazouillidiots échangés autour d’un pot (Joe Krapov)

- Messieurs, quand donc apprendrez-vous
A viser juste en la cuvette ?
- Le plus tôt pot-cible !

***

Xavier de Maistre. – Voyage autour de mon pot de chambre.

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Mais qu'est-ce que tu fiches encore à nous retarder, Félix ? Magne-toi le pot, Potin !

***
Latrines publiques : pour mettre au pot commun.


***

A la Tate gallery de Londre, l’artiste chinois Ou Li Po expose un tas de pommes de terre.
Titres des journaux : « Po : Tate ose ! »

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- J’irai ou mes potes iront ! » dit la carotte.
- Pas de problème ! » répond la cuisinière.
Ils ont tous fini dans le pot-au-feu.

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Vouloir qu’on mette la poule au pot tous les dimanches
N’empêchait pas le roi Henri
D’en mettre une nouvelle au pieu chaque samedi.

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Elle a ramassé un gadin, s’est retrouvée par terre et le lait s’est répandu :
Perrette et le pot, tôlée.


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A la confluence du Pô et du Tage, la mer ressemble à du potage.

***

Le langage, c’est juste une question de générations.
On ne dit plus « en voiture Simone » on dit « Vas y plein pot, Kémon ! ».

***

Ce n’est pas en jouant de l’appeau qu’on rassemble ses potes.
Surtout si on fait des canards !


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- Comment veut-on que je ramasse des échantillons de lave de ce volcan mexicain si on me pique mon matériel ?
- C’est pas pour débiner, mais c’est Popaul qu’a tes pelles !

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N.B. Photos prises à Redon, Rennes, Villandry, Sein. La dernière est empruntée ici

22 octobre 2010

Le bon esprit de l’escalier et de Picasa réunis

Dans un sens ou dans un autre, « meilleur moment de l’amour » ou pas, l’escalier mène au Paradis. Mais avant de philosopher, faisons donc un peu d’histoire.

Tout commence le mercredi 20 octobre 2010 vers huit heures vingt. Le bus n° 56 en provenance de Mordelles me reconduit, sans que je m’en doute, vers le bordel ! Lui déjà s’est pointé avec cinq minutes ou six de retard (c’est normal, c’est un 5-6 !). Sur la place de la République il débarque le plus gros de son troupeau, dont je suis, et je fais quelques pas pour rejoindre le quai d’embarquement où d’habitude m’attendent les 4 et les 40 (je suis très bien accoté aux 4-40 !).

Mais aujourd’hui, m’annonce-t-on, ils sont absents. Ce n’est pas une énième grève des chauffeurs, c’est que le dépôt des bus est bloqué par d’autres manifestants. Allons bon, pas d’autre solution que de marcher vers le beau lieu où je travaille. La perspective n’a du reste rien de déplaisant : le ciel est bleu, le soleil point là-bas au bout, mon appareil photo est dans mon sac et M. Hajtyla, mon vénéré patron, ne m’attend pas depuis l’aurore en buvant café sur café. Il est absent pour trois jours, parti rendre visite à son ami William Blake à Oxford. Well, well, well !

101020_006Je commence donc par longer ma chère Vilaine, ai une pensée émue pour Isaure Chassériau en passant devant le Musée des Beaux-Arts et récolte ma première moisson sur le trottoir d’en face : une pancarte oubliée ou jetée là la veille par un manifestant dont l’humour limite graveleux est quand même supérieur à celui des membres de l’Union pour un Monde Psycho-rigide (j’espère qu’elle n’existe pas, cette union-là !).

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101020_010Je bifurque à gauche au pont Pasteur, passe devant l’ancienne Faculté dentaire et m’enfile dans les jardins du Palais Saint-Georges. Mon « école buissonnière » me permet d'admirer une sculpture de Cyrille André installée là temporairement. Elle doit s’intituler « Tarzan vétérinaire » ou quelque chose comme ça ! Tout cela me rappelle Rennes-en-Délires !

Puis me voilà bientôt face à ces escaliers qui mènent au Paradis. Thabor que jamais je n’abhorre, jardin qui me tends tes gradins, je repars à ta découverte puisque la porte est grande ouverte !

101020_019Des feuilles déjà rouges, couvertes de rosée font avant-plan miraculeux à la volière. Le kiosque à musique plus loin a été démonté pour être révisé. Je délaisse Eurydice encore aux prises avec cet imbécile d’Hermès pour aller trouver (la) grâce aux pieds de Diane chasseresse où des fleurs épanouies se sèchent au soleil.

Par le petit chemin qui longe Palestine je descends à la Roseraie pour y trouver mon deuxième gag : la dame Pensée fume, gratifiée d’un mégot et d’un bouton de rose entre ses doigts de pierre par quelque plaisantin pas plus âgé que moi. Au fur et à mesure que j’avance, je rajeunis.

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Saint-Vincent nous rejoue Florence à volonté. Des fruits rouges s’égouttent comme je m’écoute écrire et le soleil fait tache. Puis c’est l’alignement des rampes transversales et déjà l’escalier qui mène à la bibliothèque où j’ai mes habitudes. Après il y aura le monogramme de Sylvie Vartan : 2 mn 35 de bonheur nous rapprochent des 1 mn 51 que je vous destine en bas de ce billet. Suivront le parc Oberthür, l’école Marcel Pagnol dont les enfants parfois se montrent aussi grossiers que les marins du Guilvinec, le sympathique Diapason où j’ai vu la veille un orchestre d’insectes et une belle exposition de papillons et de fossiles (mais non, madame Chèvrefeuille, je déconne !). J’arrive enfin dans mon enfer, ce rez-de-jardin où je m’occupe de la Gestion Krapovienne des Absurdités pour des boutonneux dans mon genre qui ne savent répondre à mes informations précieuses que « Stop flood merci ».  ;-((

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Car tout cela m’a rajeuni à un point qu’on n’imagine pas. Pour un peu, d’être allé faire un tour d’interdit dans l’Eden, je remonterais bien la rampe à l’envers ! A part la promenade du rêveur solitaire, qu'est-ce qui pourrait nous restituer l’enfantine jovialité liée au rembobinage des films super-8 Kodak (bien caduques) ?

Car dans un sens ou dans un autre, un escalier bien descendu, la plume dans le derrière ou le stylo courant dans des imaginaires, il faudra bien le remonter. C’est ce que semble aussi me dire monsieur Picasa-Film. Ce bonheur matinal d’un paradis négligé livré à un homme seul tandis que tout le monde court vers les pompes à essence, les pompes à phynance ou les pompes de cirque de Constance pendant qu’elle gare, ce bonheur en images, j’ai voulu vous l’offrir sous forme d’une autre soirée diapos sans commentaires du voyageur.

Las ! Le logiciel gratuit, contrariant et pourtant très logique, a lu dans l’ordre inverse mes belles diapositives et il vous fait refaire le chemin à l’envers !

Peut-être croit-il lui aussi que « ce sera mieux hier » ! En tout cas, après le « Chelsea hotel » de Léonard Cohen, le « Natalia » de Georges Moustaki ne le contredit pas vraiment.




Cela dit, le lendemain, pas plus de bus que la veille ! « Les escaliers de la lutte étant durs aux misérables » j’ai pris mon vélo pour aller bosser. Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit mais dans les descentes, j’adore rétropédaler.

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15 octobre 2010

Les choses secrètes qu’on ne fait qu’en vacances et dont on n’a pas forcément envie de parler après (Joe Krapov)

1)    Apprécier les journées qui commencent mieux que les autres.

La baguette de pain est commandée pour arriver à huit heures et, ça tombe bien, à 7 heures 20 ce bouffon de Joe Krapov est réveillé. Quand il met le nez dehors de la tente, l’examen des conditions météorologiques met en joie la moitié masculine du ménage cyclotouriste : le vent est tombé, le ciel est bleu, bien que chargé de nuages blancs dont on sait très bien, à Pont-Coblant, Finistère, que cela ne veut rien dire tant ils peuvent, dans la demi-heure qui suit, devenir gris ou noirs. A 9 h 25, le petit déjeuner absorbé, on met en route nos bicyclettes en direction de Châteaulin. La première borne kilométrique rencontrée le long du canal de Nantes à Brest porte le n° 338 et nous indique que cette petite ville se trouve à 21 km d’ici. A la première écluse, chacun de nous donne un coup de pompe à sa roue arrière. Ce n’est pas que nous aurions abusé du taboulé la veille au soir. C’est juste qu’il faut bien expliquer pourquoi on se retrouvera, un peu plus tard, rendu au point n° 5 de ce récit.

2)    Entendre une détonation qui vous fait changer vos plans

A l’écluse suivante, nouvel arrêt. Mon vélo fait un drôle de bruit. Ce n’est pas le cadenas qui cogne contre le cadre, c’est plutôt comme si la roue était voilée et que ça frottait quelque part. L’œil sagace de Marina Bourgeoizovna repère que c’est au niveau du frein que se situe le problème. Le pneu arrière commence à se déchirer et le coup de pompe a fait enfler la chambre à air qui cherche à se faufiler par la brèche. Je sors la clé miracle, desserre le frein et reprends la route sans être plus gêné mais sans plus avoir non plus trop de freins à l’arrière. Le temps reste beau et variable jusque Châteaulin avec à nouveau du vent dans le nez à l’arrivée. Nous pique-niquons au pied du pont et puis finalement, Marina décide de m’accompagner jusque Port-Launay et au-delà. Nous prenons un café dans un restaurant routier près du viaduc de Guilly Vraz. Auparavant Epouse-qui-pense-à-tout-et-même-à-sa-gourmandise a acheté deux parts de pommé dont nous décidons de concert qu’elles constitueront notre « quatre heures après l’effort le réconfort ». Au retour de Guilly Vraz, je photographie les bateaux de Port-Launay. A Châteaulin, nouvel arrêt pour acheter « Télérama » et « Le Canard enchaîné ». Puis c’est à nouveau la route qui longe l’Aulne avec une tout autre lumière qu’au matin, beaucoup plus variable. Cette fois-ci nous avons le vent dans le dos et je suis tout heureux de filer deux fois plus vite qu'à l'aller. Une écluse, deux écluses sauf que d’un seul coup je sens à nouveau que ça coince à l’arrière. Je me retourne et je vois quoi ? Une montgolfière ! Non je déconne : il y a un type à l’intérieur de mon pneu qui est en train de mâcher un Malabar et fait de splendides bulles, vous savez de ces gros ballons qui finissent par vous claquer au nez et justement… BANG ! Un vrai coup de fusil ! Qu’est-ce qu’on s'éclate ! On est à dix-neuf kilomètres du camp de base. Vous aimez la marche, Joe Krapov ?

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3) Marcher en poussant son vélo

J’ai crié deux fois et Marina qui était devant s’est arrêtée pour m’attendre. J’ai encore dans l’idée de changer la chambre à air mais quand j’arrive à sa hauteur force nous est de constater que le pneu est foutu, déchiré sur à peu près dix à vingt centimètres. Nous convenons que je vais marcher jusqu’à l’écluse suivante, qu’elle va retourner au camping et venir me rechercher avec la voiture.

4) Vérifier qu’un gag de Woody Allen est toujours prêt à se répéter dès qu’il le peut


Me voilà donc à pousser mon vélo crevé sur le chemin de hâlage (je mets un accent circonflexe sur halage car même avec le soleil sous nuages nous sommes revenus très bronzés de ce séjour en Finistère). Un peu déçu de ne pouvoir inscrire 55 kilomètres à mon compteur ce jour, je m’interroge. J’ai de la lecture pour attendre, il doit bien exister une route qui mène à chaque écluse, la prochaine est, au pire, à deux ou trois kilomètres. Que voulez-vous qu’il m’arrive de fâcheux après cet incident ?
Qu’il pleuve ? Oui, bien sûr. A 14 heurs 43, lorsque j’arrive à l’écluse, il se met à pleuvoir à verse ! La dame de l’écluse me suggère de m’abriter sous son hangar un peu plus loin.

5) Attendre la voiture-balai en compagnie d’un vieux boxer sous le hangar à voitures de l’écluse de Prat-Hir (Prat-Hir, c’est pourrir un peu !)

Bon, ben là, j’ai tout dit et j’ai même pris la photo. Marina arrivera deux heures après. D’où je déduis que la lecture du « Canard enchaîné » de la page 1 à la page 8 en mode linéaire et en lisant pratiquement tout (sauf l’ours parce que le boxer veut bien supporter un Ch’ti rennais qui sent le chien mouillé près de sa niche mais a une dent contre les Pyrénéens), c’est deux heures. Voilà un euro et vingt centimes bien placés, même si ce qu’on lit là à propos du monde est parfois assez déprimant. Inutile de vous dire combien la douche et le pommé à l’arrivée ont été bien appréciés !



Quant au rapport de ce récit avec la consigne Papistachienne, à part le secret éventé d’une journée Krapovienne ridicule, le voici : si vous avez un jour un pneu crevé à Pleyben, faites comme moi, prenez votre mal en patience : le Midas du coin n'est pas facile à trouver !

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7 octobre 2010

Souliko

Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
De jeunes mélodies
Et tu vas saluer le jour renouvelé.

Mais connais-tu aussi cette chanson de Géorgie
Que j'adaptai hier
En français ?

Même si je n'ai pas la voix appropriée
D'un rossignol milanais
Laisse-moi te la chanter :

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1

Dans le cimetière de province
Où n’est enterré aucun prince
Mes pas font crisser les graviers de l’allée
Et dessous la voûte étoilée

2
Un rossignol chante sa chanson
Pour accompagner à l’unisson
Mes sanglots muets et ma douleur profonde
D’être resté seul en ce bas-monde

3
Oh ma Souliko où donc es-tu ?
Mais le rossignol soudain s’est tu
Une rose rouge pousse au pied d’un arbre
Souliko est là sous le marbre

4
Ici gisent nos amours mortes
Nos bonheurs que le vent emporte
Et ce que souligne la petite rose
La fragilité de toute chose

5
Chante rossignol chante encore
Peut-être que tu n’as pas tort
Joins ta mélodie au bruit sourd de mes pleurs
Ton grain de folie à ma douleur

Pour entendre la chanson en français par Joe Krapov, cliquez ici



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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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