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Le cahier de brouillon de Joe Krapov

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1 octobre 2010

Vieille cérémonie, nouvelle peau ?

Souvenir suraigu dans le Chelsea hotel
Du satin de ta peau et des bruits de New-York,
Mamelons érigés, queues de poisson, sirènes
Et dans mon portefeuille une unique photo
De nous sur le trottoir.

O mon épouse gitane à la sauvagerie
Ardente du brasier des vieilles origines,
Mon absente chassée des fichiers de police,
A ce moment fatal des trois coups à la porte
Quelle révolution !

- Field commander Cohen ? Etat d'arrestation !

Et ta voix grave et suave
Et les trois coups de feu
Et la fuite éperdue dans le couloir livide,
La foule, le départ et la séparation
Pour les siècles des siècles

Souvenir suraigu de la chambre au Chelsea,
Des combats surannés,
Des ébats condamnés.
Ô Chambres anonymes,
Naissance, amour, décès,
Et vos murs, seuls témoins toujours quasi-muets
De notre humble vécu.

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Chelsea Hotel #2

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28 septembre 2010

Toto veut voir tomber les feuilles

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Toto veut voir tomber les feuilles

23 septembre 2010

Quand l’Agrippine aviaire contrarie un héron, faites la liaison !

DDS116_heron03- Dis donc, vieille tare puante gluante, ta nullasse de copine va se faire avoiner la gueule si elle persiste à rouler des gades à tous les gnolguis qui la matent !
- Sais, tu, ma chère amie, que ta copine antipathique va s’attirer de gros ennuis si elle continue d’embrasser tous les garçons qui la regardent ?


- Je m’en bas les yeux grave, N‘héron ! Miss Cuckoo, c’est une pouffe qu’a rien sous L’oréal ! Elle a des plans canons pour se taper des grumeaux bouffis. C’est sûr qu’elle va se prendre un pain dans lague un de ces quatre mais toi, bloc d’agglo, tu m’esclaves avec tes scoops crevés sur cette morue à gros nibards !
- Je m’en fiche impérialement, N’héron ! Miss Cuckoo fait partie de ces filles pas forcément très intelligentes qui caressent toujours des projets très intéressants et ont des vues sur des garçons sans grand intérêt. C’est certain qu’un jour ou l’autre elle se prendra une belle claque ! Mais toi, espèce de grand niais, qu’as-tu donc à faire de ces ragots nauséabonds à propos d’une fille vulgaire au corsage bien rempli ?

- Ca me prend vapeur qu’elle vienne baby-sitter si souvent. Quand on n’a pas une goutte, c’est pas avec des jobs comme ça qu’on va faire une montagne de jus !
- Ca m’énerve un peu, à vrai dire, qu’elle vienne si souvent garder les enfants. Sans compter qu’elle n’y gagne pas beaucoup d’argent…

- Ca me plie les bronches de t’entendre dire ça alors que j’ai plus rien à me griffer sur leuque ! Sans kidde, tu crois que ça cascade un max, ton job de poète du dimanche ? Quand est-ce que tu nous ponds ta sedan du narca avec ses œufs d’or, ma poule ? Tu devrais gratter des scénars, ça, au moins,  ça ramène du flot !
- Ca m’insupporte que tu dises cela alors que je n’ai plus rien à me mettre sur le dos. Sérieusement, tu crois que ça rapporte beaucoup d’argent ton métier d’oiseau-poète ? Et quand est-ce que tu nous concoctes l’équivalent de la « Danse des canards » ? Tu devrais écrire des scénarios de films, ça au moins ça rapporte de l’argent !

- Tu parles sous toi ! J’en ai peanuts à traire si ça n’a pas été le don avec les producteurs ! Au moins j’ai libéré l’aura. Mon opéra-rock pour oiseau-lyre, ciel incendiaire et orchestre, je labeure dessus night and day. Tu vas collapser raide quand il sera donné ! Ca va trouer tes biomanes !
- Tu dis n’importe quoi ! Je m’en fiche, du pognon ! Ce qui m’intéresse c’est d’exprimer mon tempérament. Mon opéra pour oiseau-lyre, ciel incendiaire et orchestre, je travaille dessus jour et nuit et tu vas tomber raide de saisissement le jour où il sera joué ! Tes parents vont être bien étonnés !

- Overdose, le momac ! Tu fais vraimench’ ! T’es pas assez polyglotte comme obsédé ! Je suis au courant  depuis trois mille ans que t’es pas performe ! J’ai beau être très prude comme pouffe, ca me plie de voir que t’es un raymond à gerber. D’ailleurs, autant que tu le saches, je me casse away !
- Tu m’ennuies, bonhomme ! Tu ne connais pas suffisamment bien les langues étrangères et moi je sais depuis longtemps que tu n’es performant dans aucun domaine. J’ai beau être une jeune fille discrète et rangée, ça me sidère toujours de te voir aussi passif en tout. D’ailleurs, autant te prévenir tout de suite, j’ai décidé de te quitter.

Elle s’envole.
Elle s’envole.

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Resté seul, N’héron cogite :
Resté seul, N’héron réfléchit :


DDS116_heron01- Ca va être farineux si je le prends douleur comme break ! Ca faisait trop longtemps qu’on se foutait sur lague ! Phoque la morue ! Le vieux joke ! Comment j’ai grugé le pigeon ! Maintenant je peux conclure avec Miss Cuckoo ! La famille one mariage, c’est trop galère ! Sur ce coup là, t’as été giga, N’héron !
- Cela ne sera pas très gratifiant si je prends à cœur cette séparation et si de surcroît je me mets à en souffrir. En même temps, ça faisait tellement longtemps qu’on se plumait, elle et moi ! Allons, quelle galéjade ! Je vois que je l’ai bien arnaquée. Je peux aller vivre maintenant le parfait amour avec Miss Cuckoo. Il est temps que je goûte moi aussi aux plaisirs de la famille recomposée ! Soyons modernes, que diable !

P.S. Merci à Mme Claire Bretécher pour son inventivité !

















16 septembre 2010

Mais qu’est-ce que t’as, doudou, dis donc ?

Le doudou de Robin Hood
Est retourné à Sherwood
En chantant « Johnny, be good !
Retire donc le Hollywood
Ch’wing-gum collé sous mon coude !”

Le doudou de Oum Khalsoum
S’en est allé à Khartoum
Manger des rahat loukoums
En écoutant des pantoums.
Là, il prospère. Youp la boum !

La baleine en peluche
Au pelage si doux
De cette foutue greluche,
Miss Laure Manaudou,
S’est égarée dans le mois d’août
Sur les chemins de Katmandou.

Le doudou de Poupoune
A fait du grabuge au saloon.
Dans la cellule de sa prisoon,
Il regarde au dehors la moon
Et tout en tapant le cartoon
Il prépare son évasioon,
Rêvant d’attaquer un fast-food
Pour répandre à nouveau le blood

Le doudou de Justin Bridou
Maïté
L’a boulotté
D’un seul coup !
Avait-on idée, mon garçon,
D’avoir comme doudou un si long saucisson ?

Et ma doudou à moé ?

Li k’a pa’ti ! Hélas ! Hélas ! C’est pou’ toujou !
Doudou a moé li k’a pa’ti ! Hélas ! Hélas ! C’est pou’ la vie !

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9 septembre 2010

UNE RETRAITE (A 62 ANS ?) A SOLESMES

Solesmes_1Allons, enfant de la patrie
Tirer parti du patrimoine !

Porte tes pas, minot,
Vers l’abbaye pointue
Qui se mire dans l’eau.

Le moine t’y accueille
Avec sa bonne poire,
Son air de timonier,
Ses nippes de pirate
Et intime silence
A tout ce qui se trame au plus profond de toi :



- Le moment est venuSolesmes_2
De respecter le rite,
De passer à la trappe
La peine qui ramone
Ton âme en peine,
Ton cœur qui trime,
Tes tripes moites de trop plein.

Sois donc pour un petit temps
Le fidèle témoin
Et dis honnêtement
La part que t’ont laissée
Les pères précédents.
Montre-nous que tu sais
Faire le tri parfois. »


Solesmes_3- Ils m’ont donné les mots,
Le statut de poète
Et le goût pour la rime
Plus que pour la raison.

Ils m’ont transmis le rire
Et l’amour des chansons,
L’envie de plaisanter,
Le plaisir des satires.

Et puis, mine de rien,
Ont montré le chemin,
Les routes de la vie.

Alors je suis parti
Chercher Cléo,
Faire le pâtre ;
Faire le pitre,
Faire la pâte du pain pita
Et j’ai suivi la pente
Qui mène à l’amitié
Et aux affinités.


Et même su, peut-être,Solesmes_4
Par manipe ou sagesse,
Tripoter l’émotion
Jusqu’à, modérément,
Supporter leur pure perte.

Voici, bons pères, mon patrimoine
Mais…

Mais j’ai toujours en moi
L’amour des abbayes
Où se retirent du monde
Celles et ceux qui prient pour lui
Avec des mots et des poèmes
Comme celui-ci auquel
Je suis forcé de mettre
Un point final. (1)


Solesmes_5

(1) En effet j'avais utilisé toute la liste des mots composés avec les lettres de "patrimoine" !
(2) Les aquarelles datent du temps déjà ancien où j'habitais dans le même coin que Végas-sur-Sarthe !

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2 septembre 2010

Le porteur n’est pas commode, il préfère le bonheur-du-jour (Défi #3) (Joe Krapov)

7 h : 7 heures ? Oser me réveiller à 7 heures du mat’ un dimanche de vacances ? Ca va pas, non ?

8 h : Rasé de frais, l’esprit un peu plus clair, le Dimanche-Ouest-France dans le sac à dos et le croissant au beurre rendu au bout des orteils, j’admets qu’on l’avait bien prévue, cette équipée sauvage dans Nantes.

8 h 05 : La petite Peugeot est pleine à craquer. Assis à la place du mort bien qu'ignorant tout du bridge over troubled water, je suis même obligé de poser mes pieds sur un carton plat. J’espère que ce n’est pas un truc fragile, à l’intérieur !

1008229_0329 h 30 : La cliente, Mlle Fifille, est chez elle, rue Dumoulin, en compagnie de M. Fiston, venu prêter main forte. Il arbore un tee-shirt de geek qui lui va bien au teint.

9 h 45 : Evidemment, dans la rue des Kébabs, il n’y a pas de place pour stationner ! Heureusement, à gauche un peu plus loin on en trouve une dans la rue du Gus maffieux.

10 h : On a fini de crapahuter là-haut le premier chargement. 4 étages sans ascenseur ! On retourne rue Dumoulin en laissant des tréteaux sur la place de stationnement « pour ne pas qu’on nous la pique » dixit Madame Epouse. Moi je crains plutôt qu’on ne nous embarque les tréteaux !

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10 h 15 : Mais c’est quoi ces cartons ? Elle a jamais déménagé ou quoi l'étudiante ? La mini-chaîne avec ses deux baffles dans un carton même pas scotché au fond, elle a vraiment pas peur ! Faiche, comme on dit chez Claire Bretécher ! (Madame Wiki m’apprendra plus tard que cette native du bélier est née… à Nantes !).

10 h 30 : 1er étage : 10 marches, un coude, 10 marches ; 2e étage : 13 marches, un coude, 11 marches ; 3e étage : 6 marches, un coude, 7 marches ; 4e étage : 6 marches, un coude, 9 marches plus étroites et plus raides que les autres ! Ils ont vraiment tout fait pour qu’on se casse la gueule, les architectes nantais ! Mais les Rennais résistent !

11 h : Comme il n’y a que deux places dans la voiture, je laisse madame Epouse et M. Fiston faire la navette en caisse ( !) et je marche du studio à l’ex-piaule. Sur mon chemin, je trouve moyen de repérer une voiture décorée d’un fer à cheval et une boutique de coiffure qui s’appelle « Je reviens de suite » !

11 h 30 : Arrêt des hostilités pour cause d’estomac dans les talons. Les clients m’emmènent dans un « Routiers » où on avait bien tortoré la dernière fois qu’on avait fait du transbordement à Nantes.

12 h : En général les Routiers sont sympas mais plus celui-ci ! Le Gasthaus a changé de nom, de cuistot, de carte et de tarifs ! Je n’ai pas retrouvé ma pizza « Pescatore » et la « Rosa » tiédasse avec ses feuilles d’épinards crus décorées de trois gouttes de crème fraîche, c’est limite du foutage de gueule bobo, non ?

13 h : C’est aussi une drôle d’idée que d’installer la terrasse entre la piste cyclable et les rails du tramway : chaque fois que le bestiau passe, on n’entend plus ce qu’on mange !

13 h 30 : Le café gourmand est très bien ! A 6,50 euros, il peut ! Si je reviens ici, je ne commanderai que1008229_034 ça et un verre d’eau du robico parce que la carafe de rosé de Provence de 50 cl à 16 euros, ça donne envie d’aller faire bouffer au bistrotier sa baisse de TVA à 5,5% non répercutée au client !

13 h 45 : Comment ça, « L'addition est pour toi » ? Elle se paie ma tronche, la cliente, ou quoi ? Madame Epouse me fait valoir que le Bon Dieu me le rendra. Je me vois, tiens, en train de demander des comptes ou des contes à Ludivine ! Soit disant que Mlle Fifille et moi on serait parents à la mode de Bretagne ! Mais à ce tarif-là, on deviendra jamais riches non plus ! Déjà qu’on paie le loyer !

1008229_035bis14 h : On retourne au turbin, ce malgré l’ambiance « Millionnaires du dimanche ». En route on croise le Maneken pis, des bateaux sur l’Erdre, des orchestres qui font leur balance. Car non seulement on bosse un dimanche mais en plus on rate la Fête de la musique locale ! Consolons-nous : Favet Neptunus Eunti ! Neptune favorise ceux qui marchent !

15 h : Un transporteur au prénom espagnol est venu renforcer l’équipe avec sa Citroën Saxo. Il ne reste plus que le canapé, heureusement démonté, et le futon en trois morceaux. 2 voyages seront suffisants.

16 h : C’est fini. Après un peu de nettoyage dans l’ancien gourbi, on rentre à Rennes sous ce soleil radieux qui vient toujours narguer le monde l’avant-veille du retour au boulot !

17 h 30 : Je vide une demi-bouteille de limonade !

18 h : Pourquoi j’ai une soudaine envie de m’endormir dans mon bain, moi ?

19 h 30 : Pour le dîner, une bière blanche me suffit. Je suis encore en train de digérer la pizza et le verre de rosé bio de luxe ! (Le lendemain, je retrouverai dans ma poche de veste le ticket de la brasserie Paul à Rouen où la même prestation nous a été facturée 7,80 €, soit moitié moins cher !)

21 h : Bonheur-du-jour ! Seul devant mon ordinateur, j’ai enfin réfuté le coup. 6… f5 dans le gambit Morra de la défense sicilienne ! Je le savais que c’était un coup foireux  mais je me cassais les dents depuis vendredi sur cette partie d’échecs au niveau 6. Je vous donne la solution, elle vaut le jus, je trouve !

dds_2010_ete_9_gambit_morra1. e4  c5 2. d4  cxd4 3. c3  dxc3 4. Nxc3  e6 5. Bc4  f5 6. exf5  exf5 7. Qb3  Nf6 8. Bf7+  Ke7 9. Nf3  Nc6 10. o-o  d6 11. Re1+  Kd7 12. Nb5  Qb6 13. Be3  Qa6 14. Bc5  Na5 15. Qe6+  Kd8 16. Qe2  Ne4 17. Rad1  Nc6 18. Bc4  Qa4 19. Bxd6  Bxd6 20. Nxd6  Nxd6 21. Rxd6+  Kc7 22. Bb5  Qxa2 23. Red1  f4 24. Qc2  Kb8 25. Bxc6  bxc6 26. Ne5  Bb7 27. Nxc6+  Bxc6 28. Qxc6  Qa5 29. R6d5  Qb6 30. Rb5  Qxb5 31. Qxb5+  Kc7 32. Rd7+  Kc8 33. Qb7+

Comment ? Ca ne parle à personne, ici, ce charabia ? Même pas le sacrifice de fou au 14e coup ? Tant pis, je jubile quand même !


22 h : Finalement j’ai bien fait de poser le lundi 30 comme jour de congé avant de reprendre le travail mardi. Peut-être, par un coup de chance insoupçonné m’arrivera-t-il demain une espèce de miracle qui me fera sortir de la catégorie « Fous contemplaintifs de la 44e D.B.D.B.* » ?

*dds_2010_ete_9_dbdb

27 août 2010

REFUS DE S’INTEGRER ?

elephant_1- Regarde, il cligne des yeux ! Et avec sa trompe, il peut arroser le public. On te l’offre. On est revenus du XXIe siècle jusqu’en 1832 uniquement pour t’en faire cadeau. »
- J’en veux pas de votre éléphant mécanique ! Je préfère le mien. Et puis avec vous, je me méfie. Ca pue la magouille, votre histoire de voyage dans le temps ! Pas crédible ! »
- Puisqu’on te dit qu’on a gagné au loto là-bas  ! On a de quoi le racheter l’éléphant et aussi le manège d’Andréa et même la galerie des machines ! Et même le cirque Amar à côté !»
- Si vous êtes devenus si propres sur vous, expliquez-moi donc comment vous y êtes allés honnêtement au XXIe siècle ? »
- C’est du passé, n’en parlons plus ! » répond l’homme qui a plus la gueule d’un baroudeur de Saint-Etienne que d’un amant de Saint-Jean. C’était avant qu’on ne gagne ces millions d’euros et qu’on décide de rentrer dans le rang. A c’t’époque-là, fallait bien qu’on se débrouille comme on peuve ! »
- Peuve ? tique le mioche . C’est pas « pouvait » plutôt ? »
- Attendez, dit la mère en sortant son Bescherelle. Je pense que la formule est « Il fallait qu’on se elephant_2débrouillât comme on pût ».
- Justement, ça sent mauvais votre scénario à deux balles. Je veux pas aller avec vous devenir exploitant de manège forain. Qui plus est à Nantes, où c’est qu’il pleut tout le temps ! »
- Comment tu connais la chanson de Barbara, toi ? » demande le père étonné.
- Je connais pas de Barbara mais Nantes, c’est bien en Bretagne, non ? »
- Ben… oui » dit le père.
- Ca se discute, reprend la mère. Mais rappelle-toi, chéri, Barbara… C’est sur Brest qu’il pleuvait ce jour-là ! »
- Bon, tranche le gamin en fourrageant dans ses poches pour en tirer une montre à gousset volée. C’est pas bientôt fini votre cirque, les vioques ? C’est que j’ai rendez-vous à Montparnasse avec Montparnasse, moi ! »
- Franchement, tu me déçois, mon fils ! Tu en es encore à fricoter avec tous ces pouilleux qui jouent petit bras pour ne pas dire bras cassés alors que là, on t’amène la fortune sur un plateau. En plus, tu pourras le conduire, l’éléphant, je suis sûr que tu aimerais ça ! »
elephant_3- Je préfère le mien, même s’il ne bouge pas. Il est en bois et en plâtre,  je cohabite avec les rats mais personne ne m’emmerde là-dedans. Je suis libre, je dois rien à personne. »
- Mais quelle tête de pioche, celui-là alors ! Espèce de sale mioche ! Crois-moi, tu finiras mal, Gavroche ! »
- Le nez dans le ruisseau, si ça se trouve ! Allez, viens, Thénardier, laisse tomber. On va essayer de retrouver la petite qu’on avait recueillie. Elle, je suis sûre que le seau en plastique, la pelle, le râteau et les tongs qui laissent des lettres dans le sable, elle les acceptera !
- OK, la mère, mais alors c’est toi qui lui feras le brin de causette à la gamine parce qu’avec celui-là, moi, que nibe ! Et puis en même temps ces problèmes de culpabilité ou de gibier de repentance, je les ai pas, pour ma part. La malhonnêteté, ça m’a toujours réussi, moi ! »
- Je ne sais vraiment pas pourquoi je reste avec toi, maintenant que je suis riche, Thénardier ! A mes yeux, tu resteras toujours un misérable !

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Il faut croire qu’il y a une justice divine.

En effet, quand ils réapparurent par le trou dans la palissade chancelante qui occupait un coin de la place de la Bastille, Tornado avait disparu ! Le véhicule qui servait à l’exploration féministe du continuum spatio-temporel par l’équipe ad hoc de l’Université de Rennes 3, les frères Park et Montparnasse avaient enfin remis la main dessus. Cela n’avait pas été trop difficile pour Isaure Chassériau de se repérer dans le Paris de 1832. Elle le connaissait comme sa poche car elle y avait eu 12 ans dans une vie antérieure. Et, du reste, elle avait une mémoire d’éléphant.

26 août 2010

Strip

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20 août 2010

La liste de courses d’un désordonné (Joe Krapov)

Chez Nature et découvertes :
- un coffret de santal et un collier de griffes
- un nuage en pantalon
- des illuminations

A la librairie du Furet du Nord :
- un roman inachevé, des histoires de jadis, des paroles de naguère, et, parallèlement, des cantilènes en gelée
- du papier à lettres de mon moulin

Chez le fleuriste :
- un bouquet de fleurs du mal
- des roses pour aller voir si les mignonnes ont point perdu cette vesprée leur teint de légende des siècles et de dames du temps jadis en balade

A la jardinerie :
- un peu du bonheur d’Adrienne pour le mettre dans le pré

A l’agence de voyage :
- un ticket d’entrée dans un rêve étrange et pénétrant

A la droguerie :
- de la Soupline de Paris
- des paradis artificiels
- des alcools et des calligrammes
- des lés pour les reines qui font tapisserie pendant que les murènes chantent des hymnes d’esclaves

A la maison de la presse, acheter les « Dernières nouvelles des étoiles »

Chez le taxidermiste :
- une cigale, une fourmi, un rat des villes et un rat des chants (deux mâles) d’aurore
- un raton laveur.

A la pharmacie : faire prendre ma scansion pour savoir dans quelle étagère.

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13 août 2010

Test

Le commissaire Tempête, à peine arrivé sur les lieux, déclara tout à trac sans tambour ni trompette : Yvette, la victime, était un peu pompette. Le coupable est Pierrot, l’hygiéniste à tout crin qui joue à la crapette. Yvette est rousse et a de tout petits roberts dessous sa salopette mais ce n’est pas pour ça que Pierre la rouspète : c’est qu’elle a mangé trop de fayots ce midi et du coup la rousse pète. Pierre, sans alibi (rien qui vaille tripette) n’a même pas songé à prendre sous la carpette la poudre d’escampette ni non plus à planquer l’escopette avec laquelle il a trucidé la pépette ! C’est un meurtre d’arpète !

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Le commissaire Tempête,
A peine arrivé sur les lieux, déclara tout à trac sans tambour ni trompette :
Yvette, la victime, était un peu pompette.
Le coupable est Pierrot, l’hygiéniste à tout crin qui joue à la crapette.
Yvette est rousse et a de tout petits roberts dessous sa salopette
Mais ce n’est pas pour ça que Pierre la rouspète :
C’est qu’elle a mangé trop de fayots ce midi et du coup la rousse pète.
Pierre, sans alibi (rien qui vaille tripette)
N’a même pas songé à prendre sous la carpette
La poudre d’escampette
Ni non plus à planquer l’escopette
Avec laquelle il a trucidé la pépette !
C’est un meurtre d’arpète !

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