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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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30 août 2012

UN ECHEC DE ROULETABILLE (Joe Krapov)

 

DDS 209 110820_A_021

 

Il avait tant de charme, alors, le presbytère !
Et le jardin resplendissait d’un tel éclat !
La violette embaumait avec le seringat,
La dame en noir laissait un parfum délétère

 

 

 

DDS 209 verrou

 

 

 

Et dans la chambre jaune au mobilier austère
On fermait le verrou pour de troubles ébats :
Certaines joues souvent s’embrasaient d’incarnat,
Certaines éruptions rougissaient le cratère

 

 

 

 

DDS 209 Rouletabille

De ce chaudron torride où nous tournions en rond
Tandis que s’agitait ce reporter fécond
Désireux de venir à bout de tout mystère.

 

Jamais il ne trouva la clé de cette énigme
Car je l’avais cachée derrière ces trois stères :
« Tout se barre en sucette » était mon paradigme !

 

 

 

  DDS 209 stère réduit (MAP)  DDS 209 stère réduit (MAP)  DDS 209 stère réduit (MAP)

  

P.S. Dans certaines régions de France, trois stères de bois correspondent à une « sucette » et quatre stères à une « pile ».

         Vous serez gentil(le)s de me retirer les miennes en sortant !

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5 juillet 2012

AD VERBUM par Joe Krapov

Si j'ai à cœur d'écrire,
Ce n'est pas que je veuille
M'épandre dans le dire
Ou noircir de la feuille
Obstinément ;

C'est juste qu'un instant
La rose que l'on cueille
Nous rend un peu distant,
Comme un qui se recueille
Aimablement.

A mon jardin j'enlève
Un peu de sa couleur.
Dans la maison, je rêve
Qu'elle y porte chaleur
Pour un moment.

Ainsi la chose écrite
Est pareille à la fleur :
Effeuille Marguerite,
Tu feras mon bonheur
Durablement

Ou celui de quelqu'une
Ou celui de la Lune
Pourvu qu'à ce labeur
Tu y mettes du cœur
Humainement.
 

120701 002


 

2 avril 2012

Univers enf(o)ui

          MIC 2012 04 02 île de la tortue1

Dans l'îl' de la Tortue ça grouille
De gens qu' ont commis des rapines,
D'escrocs, de ladres, de fripouilles,
D'un gros potentiel de vermine.

(Le mond' change peu, en vérité)

Ils sont les rois de la dépouille,
Atteints de fièvres assassines,
Amants d'Entourloupe et Magouille,
Leurs deux redoutables frangines.

(Le Mal n'craint pas la mixité)


          2

Leur sabre qui jamais ne rouille
Lorsqu'il aborde ta sapine
Te liquéfie en ratatouille,
Te caviarde comme aubergine.

(Tu trouveras longue l'éternité !)

Tous ces grands dépendeurs d'andouille
Bientôt la justice divine
Représentée par la patrouille
Viendra les alpaguer, voisine.

(Ouais, c'est comme ça, l'adversité !)


          3

Sur le gibet où l'on dérouille
Roulera la tête mutine
Du pirate qu'on agenouille
Pour lui décoller la rétine

(Et bien plus si affinités)

Et si c'est son corps qui pendouille
Qu'au rythme de la balancine
Sa dernière semence souille
La mandragore des coquines !

(Soucieuses de fertilité)


          4

J'avoue qu'ils me fichent la trouille,
Moi, tous ces gens de la Marine !
Tandis qu'au port mon bateau mouille
Je les oublie et j'imagine,

(Tout empli de sérénité)

Sur un rayonnage tristouille
De littérature enfantine
L'histoire qui nous épastrouille
D'un capitaine qu'on dessine

(Hélas, nous avons perdu pied !)


MIC 2012 04 02 PepitoBottaro_03042005          5

Etions-nous un peu niquedouilles,
Dans cette enfance de feutrine ,
D'imaginer tant de vadrouilles
Autour de cette figurine !

(L'univers était de papier !)

Las Ananas nous voit bredouilles :
La Cacahuète dans la débine,
Ventempoupe fait cuire les nouilles
Et Pepito a une angine

(Lors, difficile de chanter !)

 

11 mai 2012

Il y a douze pieds dans un alexandrin (Joe Krapov)

Evidemment, dès qu'il s'agit de découper un cercle, les Bretons sont là ! Dans le rond de Saint-Vincent, ils découpent quatre-quarts, ils s'en paient une tranche, ils essuient leurs doigts bien gras sur le fond de leur bragoù-bras et ils font glisser par là-dessus un coup d'cid' dont vous m'direz des nouvelles, M'ame Corneille !

Côté kouign-amann, c'est peut-être plus sympa et plus prudent de couper le cercle en huit, rapport à votre taux de cholestérol limite et au fait que, justement, autour de la table, on est huit !

Ce qui est bien aussi, à part couper les cheveux en quatre et se fiche du tiers comme du quart, c'est de couper les tartes en douze. Surtout si on a invité Blanche-Neige, les sept nains et les trois petits cochons pour un buffet disneyatoire. Ou les sept mercenaires et les trois mousquetaires, les ceusses qui s'entendent comme les cinq doigts de la main pour mettre les bouchées doubles.

J'aime bien le chiffre douze. Il y a les douze travaux d'Hercule, le mystère des douze chaises d'Il'f et Petrov, les douze mois de l'année républicaine : Vendéemièvre Brunolemaire Primaire Névrôse Morôse Mixomatôse Terminal Loréal Orignal Labrador Corridor et Fruidor.

Il y a aussi, qui sont si drôles, les douze signes du zodiaque :

Le bélier, qui enfonce toutes les portes même quand elles sont ouvertes ;

Le taureau à qui l'on mène la vache en désarroi et la vie dure dans des arènes ;

Les gémeaux dont je ne sais jamais lequel est Pollux, lequel est Castor, lequel est Simone de Beauvoir et lequel Jean-Paul Sartre ;

Le cancer qui ne s'use que si pile Wonder (Stevie, tu ne devrais pas conduire avec ta vue qui baisse !) ;

Le lion mowim mowim qui dans la jungle terrible jungle est mort ce soir ;

La vierge bien souvent marrie d'échapper à la conception en vue de rester immaculée (surtout, si, ah le coup vache, on lui montre le taureau en action !) ;

La balance que j'ai failli oublier – quelle injustice c'eût été de ne pas la dénoncer à la police comme la championne des hésitantes ! - ;

Le sagittaire avant de s'en servir une rasade supplémentaire, de la potion magique du Sar Rabindranath Duval ;

Le scorpion qui squatte, mais jamais trop longtemps, le dos des grenouilles naïves ;

Le capricorne c'est finicorne et direcorne que c'était la villecorne de mon premier amourcorne ;

Les poissons qui n'ont pas forcément la taille réglementaire et qu'on est obligé de rejeter dans le marais de la maison VIII où leur regard vitreux s'épanouira sans doute, surtout celui des carpes s'il y passe un lapin ;

Le verseau qui gaspille si souvent la flotte – Mademoiselle Zell, sors de la douche, ça fait trois quarts d'heure que j'attends mon tour ! - et dont on ne voit jamais le recteau.

Il y a aussi les douze coups de minuit et surtout, plus scientifiquement, les douze heures d'une demi-journée que mesurent la trotteuse, la grande aiguille et la petite sur la montre ou la pendule en prenant toutes les positions du Time-Kama-soutra avant de se retrouver l'une par-dessus l'autre, comme en pile à midi ou minuit pile et de repartir pour un tour.

Il y a également les douze divinités de l'Olympe, douze hommes en colère et j'espère aussi qu'à me lire quelqu'un(e) se fendra un jour une ou deux de ses douze paires de côtes.

Vous avez remarqué le titre ? « Il y a douze pieds dans un alexandrin », c'en est un !

Mais assez philosophé pour aujourd'hui. Il est temps, grâce à Jacques Grello, Guy Béart, aux Frères Jacques et aux Krapov brothers, de savourer l'histoire d'un cycle * de douze heures dans un monde idéal : il y fait beau ! 


* En parlant de cycle, j'ai tellement pétalé dans le yaourt ailleurs sur la toile que j'ai oublié d'en parler, des pétales de la photo. Pour la peine, en voici d'autres. Des Rennais, cette fois. Et la boucle est bouclée !

DDS 193 120324 045

 

9 mars 2012

Saint Georges et le dragon (Joe Krapov et Mademoiselle Zell)

Ce n'est sans doute pas une pépite mais cet objet-là, complètement hors normes, complètement unique, est si rare qu'il n'en existe qu'un seul exemplaire. Qui plus est, si vous ne l'enregistrez pas sur votre disque dur, il s'autodétruira dans trente jours !

Quant à savoir pourquoi il m'est si cher, pourquoi il n'a pas de prix à mes yeux, eh bien, sachez-le, c'est très... privé ! Disons que c'est aussi une histoire de roi et de princesse !

Pour télécharger et lire ce "zibouque", cliquez sur l'image ci-dessous

120301 009

 http://dl.free.fr/nSZBRxxXm

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14 avril 2011

Noire-Angélique et les huit nains

Quelle famille, mais quelle famille, ces enfants de Cœur !

C’est sûr que Salarna n’est pas très fréquentable. Son jeu de cartes est biseauté, ses dés pipés, son éthique tout à trac truquée. Il a été champion de bonneteau à Bonnétable dans la Sarthe contre l’as Végas mais s’il est assez smart et ressemble quelque peu à Newman ou Redford, il a beau être plein aux as, il ne vous sera d’aucune aide pour descendre la Vilaine depuis Rennes.

101230_A_179Le deuxième est Tumefanl. Il tient une auberge provençale à Bruxelles. Cela s’appelle « Chez Panisse ». C’est qu’on n’a pas choisi non plus les trottoirs de Manille pour inventer les jeux de cartes, qu'elles soient à jouer ou marines, pour découvrir le monde, la terre qui est ronde comme le derrière de Fanny que tu embrasses quand tu perds et que tu accompagnes de sifflage de verres. S’il faut rendre à César ce qui appartient à Jules alors faisons rimer anisade avec pagnolade, camarades.



Faut-il miser plus d'un kopeck sur Jack dit « Boucmé » ? Que valent ces monnaies disparues à Bourges ? On ne tire plus désormais aucun son de la lire, elle n'emplit plus les tirelires des tire-laine ni les bas de laine du gardien du champ de tir. La peseta, la cacahuète, le mark, le franc belge, la roupie, mettez-moi tout ça dans la catapulte et jouez Silver Euro gagnant dans la cinquième !

110326_Foire_internationale_de_Rennes_Argentine_057C'était Bourodet, le chouchou ! Il a tant fait pleurer Maman qui s'appelait Judith mais ne triomphait jamais (son gode de procédure était trop rèche), il a tant fait danser d'Argentines, latines, mutines et accortes qu'il a très vite pris la porte, la tangente et planté là tous les commerces à part celui d'Eros dont il avait la bosse. Gigolo ou proxo, pickpocket à Picpus, il n'y a qu'un saut de puce quand on a le tonus. Il est parti très loin et maman se désole.

A l'opposé, Pronosti ne bouge pas de chez lui. Il parie sur la pluie, il prévoit le beau temps, estime la durée de vie d'une centrale nucléaire, mesure les tsunamis, se tâte pour faire la course, se gratte un peu les bourses, planque des pécules sous l'os et spécule sur le spéculoos, il fait école et encolle des talonnettes sous ses chaussettes, attache sa gondole aux bricoles du pont d'Arcole. Pronosti ne bouge pas de chez lui, il a un bien trop bon appart' !

C'est sûr aussi que Dieu n'aimera pas Merlemo. D'allure trop commune, ce père siffleur est insoucieux de ses trois enfants : Trille, Triolet, Vocalise. Il les lance sur le chemin sachant bien que le lendemain ne chantera pas plus qu'aujourd'hui si on ne se nourrit pas de l'air du temps et de l'instant et si on n'a pas la cerise. Certes, sa chanson est avenante mais peut-elle vous emmener à Nantes ? Y verrez vous Zadig, zadigue, Zadig et Voltaire le revenant ?

100418_074On pourrait, suggère Démoniaque, s'en remettre à Joe qui sourit, qui n'arrête jamais son char, son charre ni son chérir du verbe partir. Lui y va parfois à Nantes, je l'y ai vu au carnaval, l'année des jeux et des jouets. Mais son côté caméléon, qui que vous soyez, combien d'ailleurs ? Peut-on se fier aux feux follets ? Même lorsqu'ils sont encore vivants et no'nt pas prévu de s'éteindre ?

Ne reste plus alors que le Petit-Remord !
C'est donc chez lui qu'Angélique et Démoniaque ont emmené Dieu.

Vous vous souvenez peut-être que nous avons croisé ces poupées bavardes et quasi omniscientes dans la chambre de la fille des Lapsi-Lejolusse. Si elles en savent autant sur la famille Coeur de Rennes, et si vous n'y avez pas coupé, aux huit petits Coeur, c'est que le père Lejolusse bourlingue depuis treize ans déjà dans cette ville  et que les deux souris télépathes tirent leur savoir, sans qu'il le sache, de la substantifique moelle de ses mémoires secrets.

Ce sont deux grosses malines, aussi : puisque Dieu veut rencontrer celle qui les a créées, elles ont mis leurs conditions à la livraison de l'adresse : qu'il les emmène avec lui la rejoindre la Zélinette Lagribouille et qu'il les emmène en bateau !

Voilà pourquoi, ce matin-là, petit-Remords Coeur, le septième des nains magiciens de la famille, qui étudie la  nanotechnobateaulogie à l'Université de Rennes 3, a miniaturisé Augustin Dieu et ses poupées et il a fait monter ce petit monde à bord de la brigantine Lady Avenel. Puis il a fait entrer le bateau dans la bouteille, il l'a posée à la surface du canal d'Ile-Errance, juste devant sa boutique dont l'enseigne porte « Au Bon accueil ».

Bien sûr, je le sens bien, certain(e)s d'entre vous rêvent de profiter de la situation. Alors qu'il n'est  pas très facile de trouver les bons « si » qui permettraient de mettre Paris en bouteille, voilà le Dieu  au bon dos qui s'est enfermé de lui-même dans un flacon à portée de mains ! Qui vous interdit de le repêcher et de le maintenir enfermé là jusqu'à la fin des temps ? Le monde sans divinité retrouvera... retrouvera... retrouvera quoi, au fait ?

avenelDéjà, attrapez-la, la bouteille. Le fait que les deux filles aient cessé de parler, qu'elles ne chantent pas et qu'elles se contentent de s'ébahir du paysage lui donne des ailes à Dieu, des vraies : la bouteille s'est élevée d'un mètre au-dessus de l'eau. Ca lui permet de franchir les écluses, de naviguer sans se mouiller On peut voir les cyclistes, entendre les rires des promeneurs sur le chemin de halage, saluer de la main les pêcheurs qui s'appellent tous Martin. Aucun de tous ceux-ci, aucune de toutes celles-ci ne répond. Voir descendre des bouteilles, on a l'habitude, en Bretagne ! On n'y fait même plus attention. Un cadavre de plus ou de moins, pour l'Ankou ou la poubelle à verres, c'est pareil !

A votre santé, mesdames et messieurs les jolis Coeur !

13 août 2010

Test

Le commissaire Tempête, à peine arrivé sur les lieux, déclara tout à trac sans tambour ni trompette : Yvette, la victime, était un peu pompette. Le coupable est Pierrot, l’hygiéniste à tout crin qui joue à la crapette. Yvette est rousse et a de tout petits roberts dessous sa salopette mais ce n’est pas pour ça que Pierre la rouspète : c’est qu’elle a mangé trop de fayots ce midi et du coup la rousse pète. Pierre, sans alibi (rien qui vaille tripette) n’a même pas songé à prendre sous la carpette la poudre d’escampette ni non plus à planquer l’escopette avec laquelle il a trucidé la pépette ! C’est un meurtre d’arpète !

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Le commissaire Tempête,
A peine arrivé sur les lieux, déclara tout à trac sans tambour ni trompette :
Yvette, la victime, était un peu pompette.
Le coupable est Pierrot, l’hygiéniste à tout crin qui joue à la crapette.
Yvette est rousse et a de tout petits roberts dessous sa salopette
Mais ce n’est pas pour ça que Pierre la rouspète :
C’est qu’elle a mangé trop de fayots ce midi et du coup la rousse pète.
Pierre, sans alibi (rien qui vaille tripette)
N’a même pas songé à prendre sous la carpette
La poudre d’escampette
Ni non plus à planquer l’escopette
Avec laquelle il a trucidé la pépette !
C’est un meurtre d’arpète !

20 avril 2012

99 dragons : exercices de style. XII, Dialogue avec des « si » (Joe Krapov)

DDS 190 120324 162- Ne me dis pas que ce dragon ridicule a besoin, pour assurer sa subsistance, de bouffer deux brebis entière chaque jour que Dieu fait ?
- Si !
- Tu ne vas quand même pas nous faire croire qu'il en arrive ainsi à épuiser toute la production ovine d'un royaume entier ?
- Si ! Ca se passe en Libye. Le royaume est petit et le mouton s'accommode mal au désert.
- Et après, il réclame carrément de bouffer un jeune homme ou une jeune fille du pays ? Tu ne te payes pas un peu ma tête ?
- Si ! Ou plutôt non. Les monstres ne marchandent pas, ils prennent. C'est sans doute là une proposition d'un ministre ou d'un courtisan.
- Mais le roi n'a quand même pas accepté une idée aussi stupide ?
- Si !
- Sans compter qu'il organise un tirage au sort pour désigner le bifteck du dodu ! Ca n'existe pas, mon vieux, des rois démocrates !
- Si mais en général ils sont un peu cons, du genre à se casser une hanche en chassant l'éléphant !
- Et c'est la fille du roi qui est désignée pour être la première victime ! C'est pas un peu énorme, ça ?
- Si ! Mais Corneille raconte-t-il autre chose dans ses tragi-comédies ?
- OK, je te concède ça et je passe sur la suite : tu as l'air d'avoir autant de « si » en réserve qu'un bûcheron canadien ou qu'une chanteuse québécoise ! On l'attache au rocher, la fille, et comme par hasard, au moment où le dragon va la bouffer, un aventurier de passage l'affronte, en vient à bout et délivre la jouvencelle ! Ca n'a pas un petit goût de déjà vu ?
- Si ! Mais à chaque fois que Joe le Bouffi va coincer la pauvre Suzy pour la transformer en purée, Zorro aussi est arrivé !

 


- Ce qui me sidère chez toi, c'est ton goût pour les références bien datées et les fins déjantées ! Parce qu'alors, au bout du conte, ce type qui repart en plantant là la donzelle, c'est une chute morale, ça ? Est-ce que ce genre de légende édifiante n'a pas pour vocation au départ de diffuser le fameux « croître et multiplier » sous forme de « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants » ?
- Si ! Mais on est sept milliards d'individus sur la terre maintenant et il n'y a plus forcément à bouffer pour tout le monde, juste pour les rois du pétrole. Et puis un héros qui pousse le chariot à provisions au supermarché, sort le chien, fait la vaisselle, regarde TF1 3 h 38 tous les jours et emmène sa tribu à Eurodisney aux vacances, excuse-moi mais je ne trouve pas ça très glamour ! Tu imagines Corto Maltese en charentaises ?
- Non, tu as raison. Le plus étonnant, encore une fois, c'est que tu aies réussi à publier la même histoire que d'habitude sur le Défi du samedi sans que personne ne moufte ! Ils ne sont pas un peu trop gentils avec toi, là-bas ?
- Si ! C'est pô juste, hein ?
- Non, c'est pô juste !
- Allez, n'en fais pas un drame ! Sing « C'est la vie » !


12 avril 2012

Rêve de cahot : poème en prose nihiliste par Joe Krapov

Cet âne qu'O'Hara a bâté de manière éhontée, à qui il fait tirer un bahut Henri III dans les rues de Rohan - quel chahut, quel tohu-bohu sur le vieux pavé ! -, cet âne ahane et rêve.

Il rêve d'un cahot qui le libérerait.

Evohé !


Dételé, échappant au maître incohérent avec lequel il supportait mal de cohabiter, le voilà qui se déhanche et file vers Bahia, le Sahara, Mahé, l'Ohio, Soho, l'Oklahoma à la vitesse de Federico Bahamontes laissant loin derrière lui la cohorte de ses poursuivants

Hélas le cahot ne vient pas.

Que font les fées de l'Ihowa dans leur pull en mohair ? Elles se prennent pour Anne Sinclair et chantent l'air de Pocahontas ? Elles chassent le Dahu ?
Il va encore falloir faire appel à Brigitte Bardot ?
Allez va, petit âne ! Va cahin-caha ! Va trottine, chemine !
Le 21 décembre, le monde se termine ! Après, tu l'auras ton « chaos » !

C'est alors que, du bahut, comme Deus ex machina, sortent Ivanhoé et George, la dame de Nohant. Ils avaient dans cette drôle de cahute leur rendez-vous bihebdomadaire de gamahuchage et plus si affinités cigarières de La Havane. Elle est vêtue en vahiné et renifle un gros bouquet de dahlias. Lui chante un air de Lohengrin et lance au sergent O'Hara son tomahawk de l'Idaho. Puis ils détachent l'âne et s'en vont tous ensemble au musée de l'automobile de Lohéac voler une vieille Delahaye.

L'âne monte sur le toit, à la place du bœuf, et ils s'en vont aux Bahamas passer des vacances de rêve.
Moi je referme mon cahier et sors dehors en fredonnant « L'amour est enfant de Bohême ». J'aime bien les visions de rêve que provoque le vin de Cahors !

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22 février 2012

Elégie à Nina la licorne

120212 002- Ayez donc l'obligeance, ma petite reine, au sortir de votre baignoire, d'enfiler vos plus chauds lainages : bas épais, pull angora et, par-dessus, votre caban. Ce n'est pas le moment d'attraper une angine. Après la cène du matin – vous y absorberez moult céréales, bananes ou oranges, on a besoin de calories lorsque l'on a votre énergie, – vous irez chasser le garenne avec le barine Sergeï. La neige a recouvert encore l'arène de vos cabrioles. Vous tâcherez, mon ange, de rester bien droite, bien agencée sur vos cannes en jouant aux jeux de votre âge au grand air. Et remplissez bien la gibecière !

- Pourrai-je faire quelques âneries pour épater la galerie, Nina Stepanovna ?demanda la petite princesse.

- Pour aujourd'hui, oui, mais je vous en prie ne hurlez plus votre rengaine de l'araignée Gipsy qui monte à la gouttière, cela porte sur les nerfs de Sa Majesté la tsarine votre mère. Vous viendrez me retrouver sur les bancs de l'école à dix heures pour me réciter « La cigale et la fourmi ». N'oubliez pas votre abrégé de grammaire ancienne, nous reverrons quelques bricoles en grec.

La préceptrice confia l'enfant à Vassili et puis, comme bille en tête, elle fonça en droite ligne à travers les couloirs vers le recoin du palais d'hiver où elle avait sa chambre. Dans son vieux bagage elle empila tout son linge. Elle glissa entre une jupe noire et une gaine beige le collier de la tsarine qu'elle avait dérobé le matin même.

MIC 2012 02 20 vodkaElle avait décidé de fuir cette famille, ce régime à l'agonie et son pays lui-même. Bientôt, ici, en cette sombre année 1917, ce serait le carnage, des bannières d'un rouge sanglant chargeraient le ciel d'alibis idéologiques pour toutes sortes de crimes à venir. Ca allait se cogner, se corriger ferme. Une force mystérieuse lui en avait fait l'annonce sous forme de visions d'un futur peuplé d'enragés. Raspoutine lui-même, le seul homme qu'elle avait aimé, le seul qui se fut intéressé à elle en ces lieux, celui qui l'honorait en l'appelant « ma nièce » dans un coin du grenier la nuit à la lueur d'un cierge, sous un portrait poussiéreux et l'œil morne du général Koutouzov, le moine assassiné était revenu la relancer dans ses rêves, lui conseillant de se mettre à l'abri, de laisser ces nobles ânes dans leur ignorance du drame à venir, de s'établir à Bâle, Bari, Liège ou Nice.

Elle s'en allait, certes sans élégance, mais il lui fallait bien commettre ce larcin de tire-laine pour assurer ses arrières. Les gages qu'on lui donnait pour être la geôlière de ces quatre princesses et de ce prince de haute lignée, pour faire crisser la craie au tableau et faire des génies de ces cinq écoliers ignares autant qu'incorrigibles, ne lui permettaient certes pas de faire la noce et encore moins d'aller visiter les aborigènes de Bali ou les glaciers du Spitzberg. Et puis ce collier, c'était juste un peu d'arnica pour la récompenser d'avoir tant bossé pour si peu ici.

Elle serra la dernière lanière du sac de voyage, le souleva , prit la direction de la sortie du palais. Une fois dehors, elle traversa la cour et s'élança dans la ville fiévreuse comme un geai dans un ciel pur.
A l'énoncé du vendeur de journaux à la criée - « Le tsar abdique ! Le tsar abdique ! » -, une larme lui vint à l'œil puis coula vers sa narine. Et elle ne put se retenir cependant de sourire, gelée mais soulagée.
- Du balai les Romanov ! pensa-t-elle en prenant de nouveau son élan. Peu me chaut que vos quatre filles attrapent l'onglée ! De même, si vous avez chaud aux fesses cela me laisse de glace ! Le Titanic aussi a heurté l'iceberg ! L'océan engloutit tout ! Sauf celles et ceux qui savent nager !

MIC 2012 02 20 ice puddleQu'y pouvait-elle au fond ? Que pesait-elle face au grand souffle de l'histoire ? Juste le poids d'un peu de neige sur un siège de balançoire ! Armée de cette légèreté et de ces visions de l'avenir, elle marcherait sur la glace fine (« walking on thin ice », leçon 6, alinéa 3 du livre d'anglais) tant que patinerait l'histoire, indifférente à la tourmente, en quête d'une place ailleurs, à l'étranger toujours, en Suisse tout d'abord et puis plus tard, parce qu'il faudrait encore fuir en 1939, vers l' Amérique. Oui, elle marcherait sur la glace, comme tout un chacun, jusqu'à ce que quelque chose craque.

Tout ceci était naturel : quand toutes les voyantes sont au rouge, les oies blanches émigrent au chaud et la licorne s'en va boire une eau toujours plus cristalline.

20 janvier 2012

Horreur, malheur, salsifis du démon !

MIC 2012 01 16 voyanteMadame Irma était dans sa caravane, occupée à lacer ses chaussures de randonnée quand l’escadron de CRS a fait irruption sur le terrain des gens du voyage. Il n’y a pas eu de panique. Ils se sont déployés en cercle, établissant un cordon de sécurité autour du lieu de résidence de la voyante extra-lucide. Peu après une limousine noire s’est avancée lentement, deux mastards baraqués en sont sortis, les yeux aux aguets puis un tout petit homme avec des Ray-Bans a émergé de la voiture de luxe et il est venu toquer à la porte de madame Irma.

Comme elle n’était pas de service, celle-ci, un peu désarçonnée, a commis la gaffe du siècle. Au lieu du traditionnel « Entrez cher(e) ami(e) ! », la voyante a demandé : « Qui est là ? ».

De l’autre côté, le petit homme s’est dit en lui-même : « Ca commence bien ! » et il est entré.

« Oh non, pas lui ! » a pensé madame Irma en écartant vite fait son sac à dos et son Alpenstock de sa table de travail.

- Bonjour madame. Je viens pour que vous me disiez quel sera mon avenir. Vous permettez que je retire mes lunettes noires ?

- Je vous en prie monsieur le…

- C’est joli chez vous. Ils sont mignons ces petits lumignons !

- C’est du style Henri III. Mon fils les a v… mais passons. Désirez-vous que je lise dans la boule de cristal, les lignes de la main… Ou plutôt non, vu que c’est vous, pour plus de sécurité, je vais vous tirer les tarots de Marseille. Je vais vous faire le jeu de la reine. Asseyez-vous. Voici un jeu de cartes. Battez le puis coupez le.

Le petit homme s’exécute, bat le jeu et coupe.


la_maison-diev- Non, pas comme ça. De la main gauche !

Il hausse les épaules, secoue la tête, un sourire aux lèvres.

- Vous êtes impitoyable. Vous êtes peut-être une Pythie louable mais impitoyable !

- Voilà. Maintenant je retourne cinq cartes.

- je suis bien obligé d’y consentir, n’est-ce pas ? Il y a certaines circonstances où les grands de ce monde peuvent très bien se sentir cons et ici dans cette maison au toit pliable je me sens un peu comme une quiche au thon sans kir à l’apéro du nouvel an chez Emmaüs avec l’abbé Pierre !

- Vous remarquerez que vous avez justement retourné la maison Dieu en quatrième position. C’est ce qui symbolise la famille.

- C’est vraiment bien vu. Je viens justement d’être papa d’une petite fille il y a peu. Elle est jolie, cette carte. Les confettis qui tombent du toit, on dirait ces croquembouches que Marie-Antoinette distribuait aux pauvres quand ils n’avaient plus de pain ! Mais par contre ces deux type à terre, on dirait qu’un escroc mal embouché leur a fait un croc-en-jambe ! Ce qui est bizarre, c’est la couronne qui tombe !

- Il s’agit d’un « banco décroché par le bouc » en termes de divinations.

- Ca me va, aucun de mes concurrents d’avril n’est barbu !

- Vous voyez, en haut à droite, c’est le geste auguste du croupier divin. C’est lui qui fait tomber la couronne, les pièces de monnaie du trésor dévalué et les « branques aux couches ».

- Ah bon, ce sont des couches, les deux trucs blancs par terre ?


la_forcela_justice- Oui, des Pampers ! Mais si vous voulez bien, procédons avec ordre et revenons à la première carte, c’est elle qui indique votre situation présente. Vous avez tiré la force. C’est très bon pour vous, ça par contre, la force. Vous avez le pouvoir sur les choses et vous retenez votre chien de garde.

- Ah mais heureusement que je la freine, ma meute ! Ma cellule de riposte est prête à aboyer même connement à la moindre connerie des autres !

- Je sais d’expérience que quand la caravane passe, les chiens policiers aboient !

- S’il n’y avait que les caravanes, mais il y a aussi les bus au colza ! Sans oublier les paquebots et les triple A qui coulent !

- La deuxième carte symbolise votre destin. Ici, c’est la justice.

- Ca veut dire que tout ce qui m’arrive, c’est justice, n’est-ce pas ?

- Ca veut surtout dire que tout le restant de votre vie vous aurez la justice aux fesses !

                                                    - Ah ça c’est la merde, alors !

l_etoilela_lune- C’est sans doute pour cela que vous avez tiré les Pampers en 4. Maintenant, passons à la troisième carte. Elle symbolise l’amour.

- J’ai tiré l’étoile ! j’ai tiré une star !

- Faites attention ! Certaines étoiles sont filantes. Comme dit le proverbe « une fois le Sauvignon bu on est toujours ému des lignes du nylon mais quand la cruche va trop à l’eau, elle se casse. La cinquième carte indique votre position sociale.

- Je suis dans la lune ?

- Non, vous vous êtes dans le marais, symbolisé par l’écrevisse qui en pince pour le status quo. C’est l’électeur qui est dans la lune, tout le monde est au parfum et au bas du phare peint la meute des candidats aux abois se dispute ses feuilles, autrement dit ses bulletins de vote.

- Je me demande si je ne ferais pas mieux de me présenter en Lybie, finalement ?

- Maintenant je distribue quatre cartes sur chacune de ces cinq cartes. La première dira ce qu’il adviendra de votre présent, la deuxième prédira l’avenir, les autres vos amours, votre famille et votre position sociale dans le futur.

 Il jette un œil rapide sur ce qui est sorti, secoue la tête est dit :

 - Je crois qu’on va s’arrêter là, madame Irma. Il vous reste quatre cartes en main, c’est quoi ?

- Elles représentent l’imprévu et la chance. Voulez-vous que je vous les montre ?

- Non merci. Vous adresserez votre facture à cette adresse, je ne peux pas vous régler autrement, je n’ai plus un sou vaillant sur moi. Et il faut que je file, j’ai encore une usine à visiter.

- Pas de problème. C’est vraiment votre dernier mot ? Etes-vous content, Sire ?

- Oui, merci.

- En ce cas, comme disait l’amie de Balzac, j’ai terminé.

MIC 2012 01 16Hanska 

 Une fois que le petit homme est sorti dehors en se demandant ce qu’elle a bien voulu dire avec son amie de Balzac, Mme Irma regarde en douce les deux cartes qui lui restent.

Pour l’imprévu, il a tiré « Le monde ».

Pour la chance, il a tiré « le bateleur ». "Il n’y a pas là de quoi s’affoler ! pense-t-elle. Pantoufler dans le privé avec un carnet d’adresses comme le sien, ça devrait rapporter plus que de tirer plus les cartes aux gogos. Le changement, c'est le constant, le signe de renaissance, l'oeuf du phoenix. Et nous, ça nous fera de l’air."
Ca lui rappelle que ses amis du club de randonnée « Oxygène » l’attendent à 15 heures 30.

le_bateleur

 - Ah enfin Irma te voilà ! Un peu plus et nous randonnions sans toi !

- Randonnions, Rang d’oignons ! Désolé de vous avoir fait poireauter mais j’ai eu un imprévu de dernière minute : j’ai prédit l’avenir à une grosse légume !

7 décembre 2011

ECRIRE SUR DU BEAU PAPIER, C'EST TERRIBLEMENT DATE par Joe Krapov

MIC_2011_12_07_guynemerJe me souviens de Buck Danny, Dan Cooper, Bob Mallard et Puchon, Tanguy et Laverdure « les chevaliers du ciel » et de « Mach 1 pour Steve Warson ».

Je me souviens que Charles Lindbergh a traversé l’Atlantique à bord du « Spirit of St-Louis » et que Nungesser et Coli n’en sont jamais revenus.

 

Je me souviens avoir habité rue Saint-Exupéry à Sablé-sur-Sarthe.

MIC_2011_12_07_petit_princeJe me souviens d’avoir écouté enfant le disque sur lequel Georges Poujouly et Gérard Philipe jouaient ou lisaient "Le Petit prince" du même « Antoine, on a retrouvé ta gourmette ».

Je me souviens de Jean Mermoz, Guynemer, Hélène Boucher, Louis Blériot, les frères Wright et d’avoir écrit une pièce de théâtre intitulée « L’irrésistible ascension de John Kevin Montgolfier ».

Je me souviens aussi du fardier de Cugnot mais il ne volait pas.

MIC_2011_12_07_red_baronJe me souviens du chien Snoopy et de ses aventures sur son Sopwith camel à la poursuite ( ?) du Red Baron : « Maudite soit la guerre, Baron rouge ! ».

Je me souviens de la passion familiale pour « Tombé du ciel » de Jacques Higelin, du « Parachutiste » de Maxime le Forestier, bien avant.

Je me souviens du disque de Ian Matthews « In search of Amelia Earhart », très beau, et de celui, inaudible, de Neil Young « Landing on water ».

Je me souviens qu’il y a une ville nommée Avion dans le Pas-de-Calais. Je me souviens d’être allé attendre mon grand-père à l’aéroport du Bourget. A l’époque, ou un peu plus tôt, Gilbert Bécaud chantait « Je m’en vais dimanche à Orly ». Ce même grand-père avait rebaptisé les moustiques « Stukas ».

Je me souviens du Boeing 707, du Tupolev 144, des caravelles d’Air France et du Concorde piloté par André Turcat.

Je me souviens que Youri Gagarine redevenu pilote d’essai s’est écrasé à bord d’un Mig.

Je me souviens que le bombardement de Pearl Harbor par les Japonais a eu lieu en 1941 mais j’ai oublié la date du bombardement de Pearl de cristal par Yvette Horner, Aimable, Verchuren et compagnie dans les années 50.

Je me souviens que le 11 septembre 2001 je suivais un stage rue Spontini à Paris et qu’on m’a appris la nouvelle new-yorkaise alors que j’étais dans l’île de la Cité.

Je me souviens de « Laurel et Hardy conscrits ».

Je me souviens qu’Isaure Chassériau avait inventé un parcours des aviateurs : elle emmenait les clients de l’Agence de Flânerie Amoureuse de Rennes dans une rue portant le nom d’un aviateur, leurs donnait des moulinets multicolores et, au milieu de la rue transformée en piste d’envol, on courait et on simulait le décollage d’une escadrille de kamikazes illuminés.

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Je me souviens que j’ai longtemps souffert d’aérodromphobie, que j’éprouve toujours ce sentiment et que je n’ai pas l’intention de me soigner.

Ce n’est donc pas la peine de m’offrir ce sac-là à Noël. Il me plaît bien pourtant parce qu’il est terriblement daté, lui aussi, mais s’il faut terminer par un chiffre, évoquons son prix. Hou la la, hein ? Tout dans ce magasin-là laisse à penser que c’est la crise et que tout sera toujours trop cher pour vous. Même et surtout les gadgets superfétostentatoires !

Pour terminer, je me souviens que tous les souvenirs ci-dessus sont complètement inutiles et qu’il faut juste se rappeler le prénom d’Alzheimer : Aloys. Avec ça, on est sauvés !

Ce petit truc mnémotechnique, les Bretons du pays de Vannes appellent ça un parachute d'Auray.

 


27 janvier 2012

37°2 le matin à l’ombre de moi-même (Joe Krapov)


DDS 178 ombre allongée 2Voici qui va plaire aux amoureuses de Moustaki, à celles qui préfèrent rouler dans l’herbe plutôt que de ne jouer les pachas qu’au hamac : mon ombre adore s’allonger !

Voici qui devrait plaire aux marionnettistes qui passent par ici : plus j’expose mon ombre, mes reflets, ma binette et moins j’en sais moi-même sur celui qui, derrière, tire les ficelles de Joe Krapov.


Voici qui devrait plaire au pondeur d’haïku qui joue de la guitare et suit le tour de France avec un braquet de 5-7-5 :

DDS 178 ombre de vélo

Mon ombre est fortiche :
Elle est la seule à pouvoir
Sucer mes deux roues


Voici qui devrait plaire aux amoureux et amoureuses de la Bretagne qui sont aussi fans d’Edith Piaf : « Je ne suis qu’une fille du port, une ombre de la rue ».

DDS 178 ombre de Bretonne

Par contre, si je tombe, je ne sais pas si un ami sort de l’ombre à ma place. Mais je fais tout pour ne pas tomber et je ne me mets pas en travers de la loi de peur de finir ma vie à l’ombre.

Je ne suis pas comme Lucky Luke, non plus : quand il y a du danger  je me tire plus vite que mon ombre.

Enfin voici qui devrait plaire à ma fan d’Iowa (dont je suis fan en retour) : mon ombre joue de la guitare !

DDS 178 ombre de guitariste

Pour illustrer ce dernier point j’aurais pu chanter "L’aventurier" d’Indochine pour évoquer Bob Morane et l’Ombre jaune. J’ai préféré massacrer fort Apache parce que c’est un morceau des... Shadows.


 

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1 septembre 2011

Quand le Maneken Pis reçoit réplique ad hoc (Joe Krapov)

Ordure ! 
Crevure ! Lady gaga en robe d’épluchures !
Inspecteur La Bavure ! Profanateur de sépulture ! 
Râclure de bidet de roulure !

Vieux fox à poil dur de Namur !
Adopteur de postures qui tournent à l’imposture ! 
Saupiquet d’acupuncture !
Caricature de bouffissure ! Espèce de boursouflure ! Gros plein de courbatures !

Epouvantail en déconfiture !
Enflure sans culture ni demi-mesure ! Demi-sel sans envergure !
Paltoquet sans doublure !
Superficiel de l’échancrure !

Eclaboussure de vieux campeur à côté de ses chaussures !
Pourceau d’Epicure ! Sans envergure !

Ratatine-ordures ! Ecorcheur de littérature ! Ignorant de l’écriture ! Rature !

Zakouski en friture !

Riz nature ou cantonais en garniture ! Ambulante injure !
Face d’enluminure ! Végétatif de la luxure ! Hooligan à chevelure !

Rognure d’ongle de la comtesse de Ségur !
Rien sous la toiture ! Abruti de la Côte d’Azur !
Thermomètre à mercure !
Président en miniature ! Ame obscure !

Parjure de nature !
Shooté de la piqûre ! Pourriture de sous-préfecture !

Primogéniture de Saumur sans fémur ! Patate dure ! Perclus de vergetures !

Vicieux de cercle sans quadrature !

Lie de roture ! Rayure ! Retirure ! Point de suture ! Infection qui suppure !
Troncature ! Mononeuronal sous bromure !
Editeur de brochures sans allure !

Pondeur de sous-littérature !
Guérisseur d’engelures ! Résidu d’hydrocarbures !

Leroidec de la forfaiture ! Chiure de gomme ! Messala ennemi de Ben-Hur !

Graffiteur sans imprimatur !

Jean Nouvel obscur ! Bas du front sans couture !
Sang impur ! Enurésique de mauvais augure ! Balayure !

Bachi-bouzouk en robe de bure !
Espèce d’embouchure ! Triste figure !
Flétrissure ! No future ! Gros plein de garbure !

Si d’aventure je te reprends à uriner contre mon mur, tu vas te faire appeler Arthur !
 

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Photo prise à Rennes le 10 avril 2011

8 juillet 2011

Chez le bibliothécaire-cuisinier (Défi du samedi 155) (Joe Krapov)

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- Déjà ton étagère à épices n'est pas rangée par ordre alphabétique. Je comprends pourquoi j'ai autant de mal à retrouver les disques de Cécilia Bartoli !

- M'enfin, mon trésor ! Ils sont à V comme Vivaldi et à M comme Mozart.

- Et celui sur les castrats, il est à E comme Eunuque ? Finalement je sais ce que je vais t'offrir pour ton anniversaire...

- M'enfin, mon trésor, ça ne se dit pas à l'avance !

-... un manuel de bibliothéconomie !

Neil_Young_a_treasure_1- M'enfin, mon trésor ! De toute façon la date est passée et euh.... je me suis offert le dernier disque de Neil Young !

- Ah oui, celui-là, pour une fois, je l'aime bien. Où tu l'as rangé ?

- Il ne quitte pas mon bureau, mon trésor, « A treasure » ! Le type qui joue du violon dessus c'est Rufus Thibodeaux dont parlait jadis Michel Fugain dans sa chanson « Tous les Strauss-Kahniens, toutes les Strauss-Kahniennes vont chanter vont danser sur le violon ». Il y a juste un truc qui me chiffonne.

- Ah oui, et quoi donc ?

- C'est la pochette. Tous ces champs bien ciselés, cette ferme, ce tracteur, cet étang... J'ai l'impression d'avoir déjà vu cela quelque part. A mon avis il manque quelqu'un sur l'image.

- Retourne la pochette, idiot.

- Ah ben oui, tiens, elle est-là, dis donc ! Et elle fait de la planche à voile maintenant !

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- Tu ferais mieux de prendre exemple sur elle et d'un mettre un coup !

- Un coup à quoi ?

- Au rangement de tes tiroirs... et du reste !

- Promis, mon trésor ! Je réécoute encore une fois « Nothing is perfect in God's perfect plans » et je m'y mets ! Ou pas !

1 juin 2011

Lo’eille et La’du ‘ééc’ivent l'histoi’e du Di’ectoi’e

Incroyables_Merveilleuses- Le Di’ectoi’e, mon Lo’eille, ça c'est une pé’iode supe’ ! Déjà, ‘ien que l'idée de confie’ les ‘ênes du pouvoi’ à cinq di’ecteu’s plutôt qu'à un seul dictateu’, ça dev’ait nous fai’e ‘éfléchi’ enco’e aujou’d'hui où il y a tant de ‘oitelets d'opé’ette et de poteaux laids.

- Cinq types, c'est pas un peu t'op ? Le t’iumvi’at suffi'ait, peut-êt’e. Ou le duodenum ? Mais la politique c'est comme le dési’ de pe’d’e du poids : quel que soit le ‘égime, y'a toujou’s quelque chose qu’on ne peut pas empêche’ de g’ossi’ : la conne’ie !

- Justement, c'est ce qu'on chantait sous le Di’ectoi’e et sans p’ononce’ les "‘", s'il te plaît : "Non pas la peine assu’ément de change’ de gouve’nement ».


- Il pa’aît qu’à Pa’is, en, ce temps-là, les femmes étaient assez fo’tes en gueule !


- Pas d’acco’d ! Là tu ne pa’les que d'une poissonniè’e, la mè’e Angot qu’on su’nommait aussi le malot’ou des Halles. Au cont’ai’e, les femmes étaient me’veilleuses à l'époque !


affiche Mme Angot- A pa’ti’ de quand tu c’ois que ça s'est dég’adé les ‘elations hommes-femmes ? Depuis que la fille de madame Angot éc’it des ‘omans autofictionnels ?


- Non, depuis qu'elle éc’it des a’ticles su’ les chamb’es d'hôtel amé’icaines ! Mais nan, eh, je déconne ! Si tu veux, je demande’ai à mon docteu’ qui est aussi gynécologue aux entou’nu’es.


- En tout cas, aux ga’s et aux filles de la halle comme aux me’veilleuses, Ma’celline leu’ a fait des costumes inc’oyables !


- Avec des bâches plastiques ! T’op top ! Et Be’t’and joue t’ès bien du piano !


- Et Sève a t’ès bien mis en scène et son affiche est supe’be.


- Et Béat’ice di’ige ses chanteu’s et ses cho’istes à me’veille.


- Et les act’ices ! Ca’oline en Mlle Lange, l’égé’ie de Ba’’as !


- Bon, tu peux a’’ête’ la p’omo ! Les cinq ‘ep’ésentations de "La fille de Madame Angot" pa’ Vocaline à Mo’delles, Montfo’t-su’-Meu et à l'audito’ium de l'Assomption à ‘ennes sont te’minées !


- Oui mais ils le ‘ejoue’ont au ‘heu le 5 et le 6 novemb’e puis à Béche’el


- C'est v’ai. Malg’é ça, comme on dit chez les masseu’s d’o’teils, quelque chose me tu’lupine.


- Quoi donc ?


- Ca me gêne, quelque pa’t,  cette histoi’e de ne pas p’ononce’ les "‘"


- En quoi est-ce désag’éable ?


- Je me demande si ce n'est pas contagieux, quelque pa’t.


- Comme le concomb’e ? Tu ne vas quand même pas me di’e que tu as des g’iefs cont’e les conspi’ateu’s c’éoles ?


- Moi ? Pas du tout ! C'est juste que je ne veux pas fini’ comme la vigie du bateau des pi’ates.


- Des pi’ates ? Des pi’ates des Ca’aïbes 22 ?


- Non, comme ceux des albums d'Asté’ix. A la fin, tu au’as peut-êt’e ‘ema’qué leu’ bateau coule. Me’gitu’ nec fluctuat !


- Ca p’ouve bien que De gaulle avait enco’e ‘aison !


- De Gaulle ?


- C'est lui qui a dit : "la vieillesse est un nauf’age" !


- Moi, de ce côté-là,  je ne c’ains ‘ien et su’tout pas Alzheime’. Je me souviens t’ès bien, comme disait Geo’ges Pé’ec, que les aventu’es de Ba’be-’ouge étaient signées Cha’lie’ et Hubinon..


- Tu veux que je te dise La’du ? Je suis heu’eux de te connaît’e : je t’ouve que tu es... Inc’oyable !

14 septembre 2011

LA NUIT DU CARREFOUR DE MEGRET EN HOLLANDE par Joe Krapov

La petite voiture est arrêtée dans l’une des nombreuses files à ce grand carrefour de la banlieue de Rotterdam. C’est madame Mégret, l’air soucieux,  qui conduit. Jules, volumineux, rigolard, presque amorphe, chantonnant par moments des bribes de chansons, occupe la place du mort. Normal, avant-hier à Delfzijl il a cassé sa pipe.

carrefour_de_la_nuit_de_m_gret
 

- C’est marrant, Louise, dit-il, rien n'est moins sûr que l'incertain mais c’est le plus souvent à l’arrêt au feu rouge que tu ronges ton frein !

- Jules, tais-toi ! Tu ne dis que des bêtises ! Tu n’aurais jamais dû fumer le troisième de ces rouleaux coniques  dans le dernier coffee-shop où on s’est arrêtés !

- Je n’y peux rien, ça a été plus fort que moi ! J’en ai besoin de ce tabac-là, maintenant ! Je suis en manque sans ma pipe et ce truc-là, j’y ai pris goût. Pour une fois qu’on trouve un pays où on peut fumer dans les cafés !

- Oui, mais pas la pipe !

- Merci du tuyau, j’avais remarqué, dès le premier jour ! Dans le port d’Amsterdam, y’a des marins qui pleurent…

Le feu passe au vert. Madame Mégret démarre mais comme elle n’a son permis que depuis un mois il lui arrive encore de caler. Ce qu’elle fait. On entend un grand « boum » à l’arrière. Elle vient de se faire emboutir… par une voiture de policiers hollandais !

- Toi, tu ne bouges surtout pas, tu ne dis rien, Mégret !

- Ca ne risque pas, je ne parle ni hollandais ni anglais ! Avec la Mer du Nord pour dernier terrain vague… Qui fait ses p’tites affaires avec sa p’tite auto…

Louise sort de la Twingo avec un formulaire de constat à l’amiable. Elle regarde les dégâts, discute avec les deux flics qui semblent très embarrassés. Mégret se ratatine sur son siège, regarde la scène dans le rétroviseur. L’un des deux policiers sort bientôt un portefeuille et remet une grosse liasse de billets à Madame Mégret. Puis, tandis qu’elle reste là un peu interloquée, ils remontent, démarrent, déboîtent à toute vitesse et disparaissent.

Mme Mégret revient, donne la liasse à Jules et remet la voiture en route.

- J’ai gagné ma journée ! Le pare-chocs est complètement défoncé mais pas autant que toi… ni autant qu’eux ! Ils n’ont pas voulu qu’on fasse de constat et m’ont dédommagée en liquide ! Il y a là de quoi acheter trois pare-chocs de Rolls Royce et rembourser en plus l’amende qu’on a ramassée sur le parking de Gouda !

- Mais c’est illégal ! C’est de la corruption de femme de fonctionnaire ! Par peur d’assumer leurs fautes, ils t’arrosent, ils te sucrent !

- Taratata ! Pourquoi tu tousses, Jules ? C’est pas du sucre en poudre, c’est du bakchich ! Autant que ça nous profite à nous. Même, tu pourras t’en racheter un, de rouleau conique, avant qu’on ne rentre en Belgique !

Tout le restant de la route du retour vers la France, Mégret reste silencieux, lorgnant de temps en temps en douce sur sa compagne comme s’il venait de découvrir en elle quelque chose qu'il n'avait encore jamais vu. Puis il hausse les épaules, se dit qu’il n’a pas à juger et il retourne sur son petit nuage. Ca plane pour moi ! La deuxième partie des vacances, où ils sont invités chez le bedeau de Meung sur-Loire, sera sans doute plus reposante que celle-ci. Bientôt il somnole tandis que maintenant, Louise s’est mise à chanter de son côté, faux et presque à tue-tête, son répertoire de chansons de Brassens.

Au moment où la Twingo cabossée passe le semblant de frontière entre le semblant de Belgique et le semblant de République française, elle est rendue à « Je suis de la mauvaise herbe, braves gens, braves gens » et ça la fait bien rire !

20 septembre 2011

LE SECRET DES CHEFS-D’ŒUF-VRE par Joe Krapov

LE SECRET DES CHEFS-D’ŒUF-VRE par Joe Krapov

 

Chaque peintre a son caractère et ses canons de la beauté.

Nul ne le mène à la baguette vers une touche de couleur ou vers une autre

Sinon l’inspiration soudaine qui gîte en son intérieur.

 

S’il a posé sur une plage son chevalet et ses pinceaux

Peindra-t-il des nœuds marins ou bien la brasse des enfants ?

 

Mettra-t-il dans son tableau le ballon rouge qui s’envole

Par-dessus le filet blanc, propulsé par les menottes

De volleyeurs à la noix, vers la jolie top-modèle

Qui expose au grand soleil sa fragilité blanchâtre ?

 

Chaque lieu devient jardin suspendu de Babylone

Où volète, typographe, le papillon du soleil :

Au troublant vase de Sèvres posé près du piano

Il fournit ombre et relief, presse de puissants ovales

Sur le vernis clinquant de l’instrument trapu.

 

Toute peinture ainsi sort de manufacture

Et l’artisan cuisine d’amples tours de Babel

Qui ne veulent rien dire sinon qu’il s’est enfin

Sorti de sa coquille, a exprimé son monde :

Gestation, éclosion, naissance, renaissance.


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René Magritte. - Le retour

 

1 avril 2011

Un quizz à la va-te-faire fish (Joe Krapov)

Une dizaine d'assertions à la sauce Krapov. Lesquelles sont vraies ? Lesquelles sont des poissons d'avril ? A vous de dire !

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 Le château de Chantilly, ruiné à la Révolution fut reconstruit en 1875 dans le style néo-renaissance par le duc d’Aumale, celui-là même dont les troupes prirent la smala d’Abd-el-Kader en 1843 sur le tatovage de monsieur et c’est en couleurs !

 

DDS143_2_collantsLe château de Chantilly est visité régulièrement par (rayer la mention inutile) :

DDS143_9_Berthoise une ménagère affriolante et douée en versiflage de moins de cinquante ans


DDS143_9_Berthoise une étudiante en sociologie des « chorales dirigées par une chef de chœur aux jolies mains mais on ne l’apprend qu’à la fin »


DDS143_9_Berthoise Miss « les plus belles jambes du Vexin 2011 »

qui vient s’y ressourcer en vue de faire sur Internet l’éloge des culottes blanches, des petits Landais sans échasses et du podologue qui prend son pied.


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L’abbé Adolphe-Julien Fouré, devenu sourd et muet, martela pendant 25 ans des rochers près de Saint-Malo pour y sculpter des portraits de pirates et de corsaires.




DDS143_4_Mouret"La faute de l’abbé Mouret" est un roman d’Emile Zola qui raconte tout à fait autre chose que la vie d’un abbé sculpteur de rochers à Rothéneuf. Si tel avait été le cas, Adieu l'Emile aurait intitulé son oeuvre « La motte de l'abbé Fouré ». Le prénom de l’abbé Mouret n’est pas Noël-Athanase. Pourtant abbé N.A. Mouret, ça sonne bien comme aptonyme, non ?




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Sur l'échelle des piments, celui d'Espelette est noté 4 sur 10. Sur l'échelle de Richter, c'est zéro : Sviatoslav s'abstenait d'en consommer avant d'aborder son piano. Et Raymond Oliver ? Pareil !





DDS143_6_La_France_en_365_photosUne bonne partie des assertions ci-dessus est un plagiat éhonté ou plutôt une reproduction partielle des infos du calendrier perpétuel Géo « La France en 365 photos » Editions Play Bac, 2002



DDS143_10_b_lierLes natives du signe du Bélier se posent toujours deux fois trop de questions. Il arrive même parfois qu'elles n'en dorment pas de la nuit. Par contre les natifs du Cancer ont deux fois trop de réponses idiotes aux questions stupides que personne ne leur pose jamais. Du coup ils les écrivent sur Internet et après, la nuit, ils écrasent. Lorsque ces deux personnes arrivent à vivre ensemble longtemps, on dit que « la Nature est bien faite ».


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Deux des Défiants du samedi exercent la même activité professionnelle dans un même bâtiment à Rennes. Non ce n'est pas à l'hôpital (psychiatrique) Guillaume Régnier ! Et l'activité en question ne consiste pas à faire tourner le petit vélo qu'ils ont dans la tête. Quoique...




Il est dommageable que les Défiants du samedi n'aient pas pu communiquer entre eux cette semaine en vue d'accrocher un poisson d'avril dans le dos de MAP et Walrus. Du genre : « personne n'envoie de contribution cette semaine » ou « tout le monde envoie la même ». Ou bien Joye poste la contribution de Mamido, Captaine Lili celle de Végas-sur-Sarthe, etc.


Comment ? C'est ce que vous avez fait ? Quoi, « J'ai vendu la mèche » ? J'ai encore gaffé ? Mais je n'étais pas au courant ! Pourquoi personne ne me dit jamais rien, à moi ?

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27 mai 2011

Quatre sous d'opéra

Malgré un début de lumbago assez douloureux, signe plus qu'évident que je commence à en avoir plein le dos du boulot de fou qui est le mien, je suis allé à Paris le 20 mai dernier. L'objectif était d'assister à une présentation de produits d'un fournisseur de mon entreprise. Dit comme ça, ça en jette un peu plus.

« Ah que bien m'en a pris ! » comme dirait Johnny H. J'avais demandé à Marina B. de mettre le réveil à sonner à 4 h 30, le train démarrant à 6 h 05 et en fait je me suis réveillé de moi-même à 4 h 22. Preuve que je ne voulais pas rater ça !

110520__12Je suis sorti de la maison à 5 h 05 et j'ai traversé à pied Rennes endormie jusqu'à la gare. J'ai même pris quelques photos. J'ai acheté Libé pour avoir de la lecture, même si j'avais emmené Télérama, le Canard enchaîné et « Place au Gang » de Donald Westlake et Brian Garfield.

C'était la première fois que je voyageais avec un e-billet et je peux vous rassurer, ça s'est bien passé. On est tellement conditionnés qu'on a l'impression de brûler le dur quand on n'a pas un vrai billet de carton à composter et qu'on a juste une photocopie pourrie d'un fichier PdF reçu par courriel la veille. En fait, non, le contrôleur regarde votre carte d'identité et passe un coup de douchette sur le petit carré du e-billet et c'est réglo !

C'est comme quand on peut verser un million de dollars de caution pour sortir de prison aux USA. Ah oui, j'ai oublié de vous dire que le titre de Libé ce matin-là était « inculpé libéré ». « Vous êtes libéré de prison », comme on dit chez les monos malpolis ! J'ai lu tout ce qui concernait cette affaire DSK, les conneries du Festival de Cannes et ça m'a énervé de retrouver Libé tel qu'en lui-même il ne change jamais. Je l'ai refermé et j'ai sorti mon Canard enchaîné.

Tout ce que je n'ai pas gagné aujourd'hui ! Déjà, au départ, une journée à l'hôtel Intercontinental grand Paris. Je vous donne l'adresse, pour le cas où vous auriez plus de sous que « los indignados » de la Puerta del Sol. C'est 6, rue Scribe, à côté de l'Opéra. Oui, je confirme, le vrai nom de Scribe, c'était Eugène Numérobis ! Tout au long de mon séjour dans ce palace, j'ai bien pris soin d'éviter la chambre 2806, nombre avec lequel j'ai, personnellement, un lien assez fort. Je ne veux pas d'histoire avec quiconque ni même avec mon épouse qui, j'en suis certain, ne dispose pas d'un million de dollars par-devers elle – ou alors elle le cache bien !

A l'arrivée à l'hôtel, j'ai fait la queue comme tout le monde et on m'a donné un badge à mon nom avec un sac de bienvenue. Le sac servira sans doute à Marina pour aller rendre ses livres à la bibliothèque des Champs libres. Dedans il y avait le programme de la journée, un cahier à carreaux, un stylo et un mug

Ensuite on m'a conseillé d'aller chercher mon ticket pour la visite de l'après-midi. Je vous dirai tout à l'heure à quoi il donnait droit.

110520__66Ce matin déjà on me permet d'accéder à la salle de bal de l'hôtel, le salon Opéra. Au centre on y sert du café, du thé, du jus d'orange ou de pamplemousse et des viennoiseries en pagaille. J'ai pris jus de  pamplemousse et beaucoup de pagaille! Hého ! Il était 9 heures 15 et j'étais debout depuis 4 h 22, si vous avez bonne mémoire ! Et puis un petit déj' gratuit à l'hôtel, il faudrait être drôlement bégueule pour refuser !

A 9 heure et demie je suis descendu aux conférences plénières. Avant d'entrer là, il y avait une longue table avec plein de revues dessus. J'ai fait comme tout le monde : j'ai regardé ce que c'était et j'ai embarqué deux numéros anciens de la revue « Virgule »: un sur Cyrano de Bergerac et un autre sur les Fourberies de Scapin le chaud lapin.

Je suis allé ensuite m'asseoir dans le salon Bizet et j'ai pris des notes tandis que M. Rodolphe, M. Guillaume et M. Matthieu causaient de la société Sco, des Sconettes, des Scohostes, des zoutils de découverte, des zibouks et des choses diverses qu'ils avaient à vendre.

A 10 h 50 on a eu le droit de retourner au buffet reprendre de la pagaille et du café. J'ai ajouté un autre numéro de Virgule et un Vocable english dans mon sac à trésors et j'ai reposé mon lumbago en écoutant des sociologues parler de poissons et de Facebook jusqu'à 12 h 50. Là on nous a nourris, au même endroit et aux frais de la princesse, de champagne, de petits fours salés et sucrés et de boissons diverses. Je retiens surtout une certaine pâtisserie au chocolat et à la crème de menthe dont je suis sûr d'avoir repris cinq fois, et je minore sûrement ! Je me souviens aussi qu'avant le café je suis revenu au salé : c'est qu'on venait de ramener des tartelettes aux olives et des beignets de crevettes !

L'après-midi, Mme Sandrine nous a gratifiés d'un cours sur les zeuhèrémesses et Monsieur Jérôme, un spécialiste de Couperin qui était justement assis sous un tableau représentant Lulli – auquel il ressemble ! - est beaucoup intervenu comme à son habitude !

A 15 h 30, c'était fini. Ne restait plus qu'à attendre la visite promise en lisant un Monde du jour qui était en distribution gratuite dans la boutique.

Pour la suite, je vous laisse avec le diaporama et avec vos interrogations.




Juste un dernier gag : dans le train du retour j'ai regardé les définitions des mots croisés du « Monde » et pour une fois, malgré l'erreur manifeste de disposition des cases noires dans la grille, j'ai tout trouvé. Je n'invente rien :

Horizontalement I. Devrait suivre de plus près sa consommation. II. Sombres et belles Africaines. S'épanouit dans les lieux humides. III. Aide à boucher les trous dans les caisses. Alimente le bétail. Lieu de grève. IV. Mise sous pression. Jeune envie. V. Faire grand tort. Quand le coup fait du bruit. VI. Ouvertes au sommet. Assure la liaison. VII. Liaisons rapides. Légère et sexy. VIII. Le temps de faire relâche. Affluent du Rhin. IX. Stratégie en noir et blanc. Bâtisseur de pyramides. Se redresse au sommet. X. Donne du volume à la suspension.

Verticalement 1. Permet de revenir à l'essentiel. 2. Pas facile à comprendre. Dans l'opposition. 3. Condamne le personnel aux travaux forcés. 4. Dans les dents. Sculpteur et poète. Gonflé en pleine mer. 5. Deux points. Projections en salle. 6. Bien fatiguée. Colorais en douceur. 7. Ouverture matinale. 8. Bien fatigué. Frappées dans leurs intérêts. 9. Pourra être approuvé. Attention quand elle est vide. Martine et ses éléphants. 10. Autrefois. Enveloppe. 11. Opposé à toute évolution. Grecque. 12. Alimenter la descente.

La réponse à toutes ces définitions est : DSK !

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22 octobre 2010

Le bon esprit de l’escalier et de Picasa réunis

Dans un sens ou dans un autre, « meilleur moment de l’amour » ou pas, l’escalier mène au Paradis. Mais avant de philosopher, faisons donc un peu d’histoire.

Tout commence le mercredi 20 octobre 2010 vers huit heures vingt. Le bus n° 56 en provenance de Mordelles me reconduit, sans que je m’en doute, vers le bordel ! Lui déjà s’est pointé avec cinq minutes ou six de retard (c’est normal, c’est un 5-6 !). Sur la place de la République il débarque le plus gros de son troupeau, dont je suis, et je fais quelques pas pour rejoindre le quai d’embarquement où d’habitude m’attendent les 4 et les 40 (je suis très bien accoté aux 4-40 !).

Mais aujourd’hui, m’annonce-t-on, ils sont absents. Ce n’est pas une énième grève des chauffeurs, c’est que le dépôt des bus est bloqué par d’autres manifestants. Allons bon, pas d’autre solution que de marcher vers le beau lieu où je travaille. La perspective n’a du reste rien de déplaisant : le ciel est bleu, le soleil point là-bas au bout, mon appareil photo est dans mon sac et M. Hajtyla, mon vénéré patron, ne m’attend pas depuis l’aurore en buvant café sur café. Il est absent pour trois jours, parti rendre visite à son ami William Blake à Oxford. Well, well, well !

101020_006Je commence donc par longer ma chère Vilaine, ai une pensée émue pour Isaure Chassériau en passant devant le Musée des Beaux-Arts et récolte ma première moisson sur le trottoir d’en face : une pancarte oubliée ou jetée là la veille par un manifestant dont l’humour limite graveleux est quand même supérieur à celui des membres de l’Union pour un Monde Psycho-rigide (j’espère qu’elle n’existe pas, cette union-là !).

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101020_010Je bifurque à gauche au pont Pasteur, passe devant l’ancienne Faculté dentaire et m’enfile dans les jardins du Palais Saint-Georges. Mon « école buissonnière » me permet d'admirer une sculpture de Cyrille André installée là temporairement. Elle doit s’intituler « Tarzan vétérinaire » ou quelque chose comme ça ! Tout cela me rappelle Rennes-en-Délires !

Puis me voilà bientôt face à ces escaliers qui mènent au Paradis. Thabor que jamais je n’abhorre, jardin qui me tends tes gradins, je repars à ta découverte puisque la porte est grande ouverte !

101020_019Des feuilles déjà rouges, couvertes de rosée font avant-plan miraculeux à la volière. Le kiosque à musique plus loin a été démonté pour être révisé. Je délaisse Eurydice encore aux prises avec cet imbécile d’Hermès pour aller trouver (la) grâce aux pieds de Diane chasseresse où des fleurs épanouies se sèchent au soleil.

Par le petit chemin qui longe Palestine je descends à la Roseraie pour y trouver mon deuxième gag : la dame Pensée fume, gratifiée d’un mégot et d’un bouton de rose entre ses doigts de pierre par quelque plaisantin pas plus âgé que moi. Au fur et à mesure que j’avance, je rajeunis.

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Saint-Vincent nous rejoue Florence à volonté. Des fruits rouges s’égouttent comme je m’écoute écrire et le soleil fait tache. Puis c’est l’alignement des rampes transversales et déjà l’escalier qui mène à la bibliothèque où j’ai mes habitudes. Après il y aura le monogramme de Sylvie Vartan : 2 mn 35 de bonheur nous rapprochent des 1 mn 51 que je vous destine en bas de ce billet. Suivront le parc Oberthür, l’école Marcel Pagnol dont les enfants parfois se montrent aussi grossiers que les marins du Guilvinec, le sympathique Diapason où j’ai vu la veille un orchestre d’insectes et une belle exposition de papillons et de fossiles (mais non, madame Chèvrefeuille, je déconne !). J’arrive enfin dans mon enfer, ce rez-de-jardin où je m’occupe de la Gestion Krapovienne des Absurdités pour des boutonneux dans mon genre qui ne savent répondre à mes informations précieuses que « Stop flood merci ».  ;-((

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Car tout cela m’a rajeuni à un point qu’on n’imagine pas. Pour un peu, d’être allé faire un tour d’interdit dans l’Eden, je remonterais bien la rampe à l’envers ! A part la promenade du rêveur solitaire, qu'est-ce qui pourrait nous restituer l’enfantine jovialité liée au rembobinage des films super-8 Kodak (bien caduques) ?

Car dans un sens ou dans un autre, un escalier bien descendu, la plume dans le derrière ou le stylo courant dans des imaginaires, il faudra bien le remonter. C’est ce que semble aussi me dire monsieur Picasa-Film. Ce bonheur matinal d’un paradis négligé livré à un homme seul tandis que tout le monde court vers les pompes à essence, les pompes à phynance ou les pompes de cirque de Constance pendant qu’elle gare, ce bonheur en images, j’ai voulu vous l’offrir sous forme d’une autre soirée diapos sans commentaires du voyageur.

Las ! Le logiciel gratuit, contrariant et pourtant très logique, a lu dans l’ordre inverse mes belles diapositives et il vous fait refaire le chemin à l’envers !

Peut-être croit-il lui aussi que « ce sera mieux hier » ! En tout cas, après le « Chelsea hotel » de Léonard Cohen, le « Natalia » de Georges Moustaki ne le contredit pas vraiment.




Cela dit, le lendemain, pas plus de bus que la veille ! « Les escaliers de la lutte étant durs aux misérables » j’ai pris mon vélo pour aller bosser. Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit mais dans les descentes, j’adore rétropédaler.

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28 octobre 2010

Gazouillidiots échangés autour d’un pot (Joe Krapov)

- Messieurs, quand donc apprendrez-vous
A viser juste en la cuvette ?
- Le plus tôt pot-cible !

***

Xavier de Maistre. – Voyage autour de mon pot de chambre.

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Mais qu'est-ce que tu fiches encore à nous retarder, Félix ? Magne-toi le pot, Potin !

***
Latrines publiques : pour mettre au pot commun.


***

A la Tate gallery de Londre, l’artiste chinois Ou Li Po expose un tas de pommes de terre.
Titres des journaux : « Po : Tate ose ! »

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- J’irai ou mes potes iront ! » dit la carotte.
- Pas de problème ! » répond la cuisinière.
Ils ont tous fini dans le pot-au-feu.

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Vouloir qu’on mette la poule au pot tous les dimanches
N’empêchait pas le roi Henri
D’en mettre une nouvelle au pieu chaque samedi.

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Elle a ramassé un gadin, s’est retrouvée par terre et le lait s’est répandu :
Perrette et le pot, tôlée.


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A la confluence du Pô et du Tage, la mer ressemble à du potage.

***

Le langage, c’est juste une question de générations.
On ne dit plus « en voiture Simone » on dit « Vas y plein pot, Kémon ! ».

***

Ce n’est pas en jouant de l’appeau qu’on rassemble ses potes.
Surtout si on fait des canards !


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- Comment veut-on que je ramasse des échantillons de lave de ce volcan mexicain si on me pique mon matériel ?
- C’est pas pour débiner, mais c’est Popaul qu’a tes pelles !

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N.B. Photos prises à Redon, Rennes, Villandry, Sein. La dernière est empruntée ici

1 octobre 2010

Vieille cérémonie, nouvelle peau ?

Souvenir suraigu dans le Chelsea hotel
Du satin de ta peau et des bruits de New-York,
Mamelons érigés, queues de poisson, sirènes
Et dans mon portefeuille une unique photo
De nous sur le trottoir.

O mon épouse gitane à la sauvagerie
Ardente du brasier des vieilles origines,
Mon absente chassée des fichiers de police,
A ce moment fatal des trois coups à la porte
Quelle révolution !

- Field commander Cohen ? Etat d'arrestation !

Et ta voix grave et suave
Et les trois coups de feu
Et la fuite éperdue dans le couloir livide,
La foule, le départ et la séparation
Pour les siècles des siècles

Souvenir suraigu de la chambre au Chelsea,
Des combats surannés,
Des ébats condamnés.
Ô Chambres anonymes,
Naissance, amour, décès,
Et vos murs, seuls témoins toujours quasi-muets
De notre humble vécu.

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Chelsea Hotel #2

2 juillet 2010

neuf projets

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Battre la campagne

Là où le veau dort
Le coq fier sur ses ergots
Est toujours debout


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Parcourir des territoires vierges

Où il n’y a rien
Quelle joie d’y pouvoir mettre
Du n’importe quoi !




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Rencontrer des illusions (et des appareils dentaires)

Un gros malabar
En overdos' de glucose :
Elvis « King » Presley




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Prendre du bon temps

Ils bavent d’envie
D’aller enterrer un jour
Une feuille morte




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Vivre leur vie


De ses propres ailes
Quitter le nid familial
Pour en refaire un





100626_010Rêver de légendes

Ce chien d’aviateur
A fini cloué au sol
Par le Baron rouge

Loin d’être à tue et à toit
L’autre lui cherchait des niches



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Chercher l’âme sœur

Mascara, noeud pap’,
Haut de forme… Ô doux printemps !
Saison des mariages.




100626_025

S’en prendre plein la gueule


Folle mascarade :
Choisis ton camp, camarade,
Le monde est malade



100626_002Jouer avec Isaure

- Pour cette première étape du parcours des girafes, nous nous sommes arrêtés dans la petite rue qui mène aux Portes mordelaises. Je vous demande donc de lever le nez vers le premier étage de cette maison face à nous. Qu’y voyez-vous de remarquable ?
- Rien !
- Eh bien, si, il y a quelque chose de magique ici. Quel que soit le temps qu’il fait dans d'autres quartiers de Rennes ou bien ailleurs dans le monde, cette façade reçoit en permanence le soleil !
- Et pourtant il tourne ! C’est pas possible !
- Si, c‘est possible : c’est là qu’habite mon amoureux. Quand on aime on a toujours vingt ans et le soleil dans le cœur et en façade. Et toi, la forte tête, pour la peine tu reviendras demain vérifier cela. En attendant, tu vas nous dire combien tu vois de losanges au soleil sur cette façade. Non mais !

(Les photos ont été prises à Rennes les 26 et 27 juin 2010)

14 avril 2017

Un cadeau inattendu

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On avait déjà Momo le morbaque. Il nous chantait « Get back » des Beatles en playback quand il ne nous massacrait pas « Paperback writer », des mêmes, de vive voix.

On avait déjà François Reichenbach qui, dans ses films documentaires, usait plus ou moins du flashback.

On avait aussi toute la famille Bach : Johann Sebastian, au clavecin bien tempéré mais au tempérament bien clivé, qui n’arrêtait pas de faire des enfants à son Anna Magdalena, une nana bien toccata elle aussi, Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich et Johann Christian. Ils ont tous fait des tas de fugues, certains même jusqu’à Forbach (Moselle). Aucun d’eux n’eut jamais son bac.

On connaissait déjà le renard et le corbac.

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Mais franchement, dites-moi… Que va-t-on faire d’un quarterback ?

Où va-t-on le loger ?

Que va-t-on lui donner à manger ?


Vu comme il est bâti, ça va coûter bonbon en Bourbon et barbaque !


A quoi va-t-il servir ?


Est-ce qu’on pourra ranger dans cette armoire à glace le linge de Mémé ?

Est-ce qu’on ne ferait pas mieux de l’prendre par le colback, d’lui faire tourner casaque et de l’envoyer rentrer chez lui ?

Qui se dévoue pour le remettre dans le paquet et renvoyer à l’oncle belge son cadeau à côté de la plaque ?

Sûr, il n’aimera pas trop, le gars, qu’on le cornaque. On risque de passer un sale quarter… un sale quart d’heure. Mais si on s’y met à tous, on numérote ses abatis avec l’abaque, on l’assomme avec une matraque ou bien on le passe à toubac

On descend quand même bien des Cosaques, non ?

Après tout, on n’a rien de moins que les Américains !
On aurait plutôt plus en comptant qu’on est moins ! 


P.S.
On n’a rien de moins que les Américains ?
Ben si : nous, on n’a pas Joye !

Et devant ce fait indéniable
Et notre Iowaqueen,
C’est vrai, il faut que l’on s’incline !

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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