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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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16 juin 2023

Plus près Delaporte, Roger, que de l’augmentation ! (Défi du samedi n° 772)

Moi, vous ne me connaissez pas mais je peux vous affirmer que je suis le plus doux des perdreaux de l’année qui viennent de naître. Je ne frappe jamais une fleur, même avec une femme !

Et donc si j’avais pu prévoir que de poser une question à joye sur ses récriminations récurrentes à propos des mots choisis par Walrus déclencherait une telle ire de sa part je me serais bien gardé de suggérer qu’on a le droit, lorsque l’alphabet arrive à sa fin et ne propose plus que des mots d’un usage peu courant, de botter en touche ou de passer son tour sans prendre à partie systématiquement l’animateur de cet atelier d’écriture qui n’en peut mais si les xiphophores ne viennent jamais à bout de la ziggourat, même en usant d’un yatagan.

C’est vrai, quoi : je ne l’ai pas écrit mais je l’ai pensé, chercher des poux dans la tête d’un presque chauve, c’est trop facile !

Mais voilà-t-il pas, - Noméo ! - que l’oncle W. nous propose de régler tout ça cette semaine sur un ring de catch ! Ça va pas, la tête, lui ?

Est-ce bien raisonnable de susciter/ressusciter des combats homériques entre l’Ange blanc et le Bourreau de Béthune ? D’appeler à la castagne, d’attendre des clés, des prises, des empoignades, des muscles, de la testostérone, des mandales au sparring partner, du lourd, du balourd, du punch et pourquoi pas du lancer de punching-balls à l’adversaire ?

Et puis d’où il sort encore tout ce vocabulaire ? Je ne l’ai pas trouvé dans le Gaffiot alors qu’il s’agit bien d’un genre de lutte gréco-romaine, non ? Est-il labellisé « made in France » quelque part ?

Tu as raison de protester, joye ! L’oncle W. n’est qu’un vil agitateur (d’éprouvettes) qui se paie notre fiole et ne fait rien qu’à nous provoquer en allumant le feu, comme l’autre Belge célèbre : après bachi-bouzouk, mousquetaire, hoqueton, kung fu, trophée (de chasse), xiphos, manifestation, Knock Out, polochon (bataille de), baston, rebelle, misogyne, imbroglio, joute, dynamite, etc. tu vas voir qu’il va nous proposer défourailler, étendard, fumerolles, guerre, horions, incendie et autres joyeusetés bellicistes dont il a le sac à malice plein.

J’en suis soufflé ! Hè quoi ? Jamais l’homme n’est las du pugilat ?

La femme non plus, du reste si j’en crois cette chanson de Dame Fréhel que je viens de mettre dans ma guitare.

P.S. Merci quand même, cher oncle ! Grâce à ce mot j’ai découvert qu’il y avait un troisième couplet, jamais entendu auparavant, à cette chanson drôle. 

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11 juillet 2014

Blog en pause

Le camarade Krapov et ses deux comparses du voyage à Barcelone sont partis ce week-end assister au festival des Affranchis à La Flèche. Il y aura peut-être des photos lundi, mardi, ou mercredi, ensuite vacances !

Trouvailles et vidéos drôles

Elles sont paraît-il revenues sur Arte ! Mais on peut les voir à tout moment ici ! Allez-y, vous n'en reviendrez pas !
Je n'ai pas honte d'avouer qu'elles me font mourir de rire, les dames de "La minute vieille" ! 

28 juin 2013

Quatre variations vacancières (Joe Krapov)

La valise acquise à Valence
Où donc l’emmener en vacances ?
A Venise ? A Saint-Paul-de-Vence ?
Pleine de devises à Trévise ?
Pleine de pétulance à Lens ?
Même si toi tu t’en balances
Je crois que je penche pour Pise !

***

Celui qui oublie ses valoches
A l’avant du train
Mérite une paire de taloches
Ou qu’on lui botte l’arrière-train.

***

Sur le cannevas des vacances
Je tire un fil qui va
De Paris où l’on danse
Le french-cancan
Jusqu’à Cannes
Ou à Vannes
En passant
Par Trifouilly-les-Oies
Où la cane cancane
A propos des noces de Cana
Vanessa trouva
Son petit paradis

***

C’est si compliqué de savoir
S’il faut aller passer ses vacances en Vallonie
Ou ses ouacances en Ouallonie
Que la plupart des Belges préfèrent
Partir les passer en Espagne.

 

Bonnes vacances à toutes et à tous !

14 mars 2013

Drôles de numéros (Joe Krapov)

20 000 a peur des profondeurs et craint les capitaines comme personne.

69 ne prend jamais le volant quand il y a du verglas : il n’aime pas l’idée du tête à queue.

666 a peur qu’on l’envoie se faire voir chez les Grecs. Il aime bien Aphrodite mais pas trop ses enfants.

813 a peur qu’on le cambriole pendant que sonnent les huit coups de l’horloge dans l’ile aux trente cercueils.

747 souffre d’aérodromphobie et 714 ne veut pas s’envoler pour Sydney.

3,1416 est hypocondriaque : il peur que ça ne tourne pas rond dans sa p’tite tête ou pis encore.

6,35, 7,65 et 12,7 ont peur des armes à feu.

5000 craint de tomber du quai en arrivant au port.

22 a en horreur les bavures policières et 36 craint de voir des étoiles au même n° du quai des Orfèvres.

404 n’aime pas les erreurs.

732 se met martel en tête à cause des migrations internationales.

421 a du mal à entrer en piste : il se sent mal armé face aux coups du hasard.

451 a peur pour sa bibliothèque quand il fait chaud.

33 est comme moi : il traîne les pieds et tire la langue chaque fois qu’il est nécessaire d’aller chez le médecin !

5 mai 2010

Ils s'en vont par trois Les mousquetaires du roi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils s'en vont par trois
  Les mousquetaires du roi
  Louis 1 et 3

Celle qu'on préfère
        Car elle n'aura pas lieu :
La guerre de Troie

 

Le roi de Pologne
          Et du mignon bilboquet :
          Sacré Henri III !

                

 

Quand ce n'est pas large,
Ample, évasé, boulevard,
Alors 7 et 3

Le mari, la femme
Et le placard pour l'amant :
Théâtr' de boul'vard

Trois vers japonais
Emplis de saké et de
Douce poésie

(Quand il (haï)kaï dehors,

J'aime boire un (haï)ku !)



Trois ours dans leurs lits
Qui rêvent en boucle d'or
Et de poupées blondes


One ! Two ! Three ! Mommy,
Can i bring my friends to tea ?
Ringo ! John ! Paul ! George !



En état de grâce,
Acceptèrent que je les
Immortalisasse



Les trois vieilles cloches
Dans le fond de la vallée
Sont un peu fêlées

Trois petits cochons
Bouyg-Bouygues, Bwag-Bouagues et Boug-Bougues
Construisent maisons

Trois jeunes tambours !
(La masturbation rend sourd !)
Jetez vos baguettes :

Il n'y a, à la fenêtre,

Plus que des républicaines !


   

Serge a trois oranges
Mais elle n'a que deux amours :
Joséphine Baker



Trois chevaux dans l'ordre !
Pour arroser la victoire
Bois un triple sec !

Joye, Marotte et moi
Il fallait bien qu'on soit trois
Pour chanter Poupoune !

Qui sont Croquignol,
Ribouldingue et Filochard ?
Les Pieds-nickelés !


Ne le cherche pas,
Gibraltar, sur ton vieux plan :
Il est en D3


Dans ses intestins
Il sent bien que ça remu(gl)e
Le cheval de Troie !



A fond les manettes !
Descendre tout Belleville
A fond les triplettes !


1 : labour en Bresse ;
2 : et pourquoi tant de Aisne ?
3 : Fou à(l)lier ?



Tante Pim, Pam, Poum,
Capitaine, l'astronome :
Lectures d'enfance


Dans mon vieux grenier,
Un roman de Paul d'Ivoi :
Corsaire Triplex !



Metz, Toul et Verdun
Les trois évêchés étaient
Fermés du dedans



Les connaissez-vous
Riri, Fifi et Loulou ?
Un peu, mon neveu !



Quand reviendra-t-il
Ce bon Monsieur de Malbrough ?
A la Trinité  ?



Quand on nous entend
Un rideau rouge se lève :
Trois coups au théâtre !


Goncourt historique :
Valérie, Janeczka, MAP !
Trois femmes puissantes !


Trois points, deux tirets !
Qui n'a envoyé que ça ?
Walrus, forcément

(…-- signifie « trois » en morse !)


Suivants d'une étoile
Au désert, avec présents :
Trois rois bienveillants



En haut du podium
On a mis un drôle d'homme
Haut comme trois pommes !


Les cornards descendent
A la station « Trois cocus » !
Gros blues à Toulouse !


Tissent le Destin
Pour que tout se barre en qu'nouille :
Trois Parques rouées

Petit poucet : six frères.
Les Finistériens : qu'un père !
Tchekhov : les trois sœurs.

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24 janvier 2018

Joe Krapov – Faire le tour de soi

Joe Krapov – Faire le tour de soi

 

FAIRE LE TOUR DE SOI EN DIX PICTOGRAMMES

Bon, OK ! Toutes les personnes assises autour de ces tables mises en carré ont des $.
On peut supposer que si elles viennent à l’atelier d’?, c’est qu’elles se sont abimé les N

en lisant plein de ¨ sans images !

Certaines écrivent dans un cahier et d’autres sur des 4 volantes.

Une fois que l’animateur a donné et explicité sa consigne on n’y " jamais : un silence de N

s’abat sur la salle Mandoline. On n’entend plus que le bruit des ! qui courent sur le 2.

 Tout le monde dans cette assemblée doit posséder un ( portable mais on entend rarement

sonner ceux-ci. Ils doivent avoir été mis en mode Q.

 Remarquez que l’animateur n’exige pas le silence et qu’il est le premier à tendre l’ Odès qu’une occasion se présente d’échanger à propos de la consigne qui, c’est vrai, bien souvent n’est pas

un e !

 C’est le cas ce soir avec le jeu des dix pictogrammes. Ca a rappelé des méthodes d’enseignement de la lecture aux deux institutrices du groupe. Mais si, des institutrices ! Des professeures des écoles, comme on dit maintenant. Des dames qu’on ne peut interrompre

qu’en levant haut la Gavec l’index tendu au bout.

 - Oui ? Qu’y a-t-il, Laure Manaudou ? Tu connais la réponse à la question que j’ai posée ?

 - Non, je veux juste demander la permission d’aller faire pipi !

 - Ah, désolée ! Il n’y a pas de pictogramme représentant le Manneken Pis, tu attendras l’heure de la récréation pour y aller !

 Cela fait plus de quinze ans "que l’animateur vient proposer chaque mardi des jeux d’écriture

cons comme la à. On devrait lui décerner une & pour cette fidélité assumée.

 Surtout qu’une fois sorti de là il va participer à des ateliers d’? en ligne où on lui donne comme

consigne : « Echoué sur une J déserte avec ma vache ».

 M’est avis que ces gens de la salle Mandoline, ils ont une ! dans le plafond !

 Où lire Joe Krapov

5 mai 2010

33 fois 3 ver(re)s et tu ne marches pas de travers ?

<p><p>Document sans nom</p></p>

 

 

          

 

      


      

 

      

 

              

 

      

 

            

 

     

 

   

 

   


           


       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

     

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

     

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

     

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

     

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

     

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

     

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

     

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

     

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

       

 

   

 

   

 

       

 

   

 

     

 

       

 

   

 

   

 

 
       

Ils s'en vont par trois
  Les mousquetaires du roi
  Louis 1 et 3

Celle qu'on préfère
        Car elle n'aura pas lieu :
      La guerre de Troie

       

Le roi de Pologne
          Et du mignon bilboquet :
          Sacré Henri III !

Quand ce n'est pas large,
        Ample, évasé, boulevard,
        Alors 7 et 3

Le mari, la femme
      Et le placard pour l'amant :
      Théâtr' de boul'vard

   

Trois vers japonais
      Emplis de saké et de
      Douce poésie
      
      (Quand il (haï)kaï dehors,

      J'aime boire un (haï)ku !)

Trois ours dans leurs lits
        Qui rêvent en boucle d'or
        Et de poupées blondes
       

       
   

One ! Two ! Three ! Mommy,
      Can i bring my friends to tea ?
      Ringo ! John ! Paul ! George !

      
      
   

En état de grâce,
      Acceptèrent que je les
      Immortalisasse

      
      
   

Les trois vieilles cloches
        Dans le fond de la vallée
        Sont un peu fêlées

Trois petits cochons
      Bouyg-Bouygues, Bwag-Bouagues et Boug-Bougues
      Construisent maisons

   

Trois jeunes tambours !
              (La masturbation rend sourd !)
      Jetez vos baguettes :
      
      Il n'y a, à la fenêtre,

      Plus que des républicaines !

      
   

Serge a trois oranges
        Mais elle n'a que deux amours :
        Joséphine Baker

       
       
   

Trois chevaux dans l'ordre !
      Pour arroser la victoire
      Bois un triple sec !

Joye, Marotte et moi
      Il fallait bien qu'on soit trois
      Pour chanter Poupoune !

   

Qui sont Croquignol,
        Ribouldingue et Filochard ?
        Les Pieds-nickelés !
       

       
   

Ne le cherche pas,
      Gibraltar, sur ton vieux plan :
      Il est en D3
       

       
   

Dans ses intestins
      Il sent bien que ça remu(gl)e
      Le cheval de Troie !

      
      
   

A fond les manettes !
        Descendre tout Belleville
        A fond les triplettes !
       
       
   

1 : labour en Bresse ;
      2 : et pourquoi tant de Aisne ?
      3 : Fou à(l)lier ?

      
      
   

Tante Pim, Pam, Poum,
      Capitaine, l'astronome :
      Lectures d'enfance
       

       
   

Dans mon vieux grenier,
        Un roman de Paul d'Ivoi :
        Corsaire Triplex !

       
       
   

Metz, Toul et Verdun
      Les trois évêchés étaient
      Fermés du dedans

      
      
   

Les connaissez-vous
      Riri, Fifi et Loulou ?
      Un peu, mon neveu !

      
      
   

Quand reviendra-t-il
        Ce bon Monsieur de Malbrough ?
        A la Trinité  ?

       
       
   

Quand on nous entend
      Un rideau rouge se lève :
      Trois coups au théâtre !
       

       
   

Goncourt historique :
      Valérie, Janeczka, MAP !
      Trois femmes puissantes !
       

       
   

Trois points, deux tirets !
        Qui n'a envoyé que ça ?
        Walrus, forcément
       
        (…-- signifie « trois » en morse !)

       
   

Suivants d'une étoile
      Au désert, avec présents :
      Trois rois bienveillants

      
      
   

En haut du podium
      On a mis un drôle d'homme
      Haut comme trois pommes !
       

       
   

Les cornards descendent
        A la station « Trois cocus » !
        Gros blues à Toulouse !

       
   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

             

 

   

 

       

 

   

 

 

Tissent le Destin
  Pour que tout se barre en qu'nouille :
  Trois Parques rouées

Petit poucet : six frères.
Les Finistériens : qu'un père !
Tchekhov : les trois sœurs.

 

26 juillet 2010

Biographie fromagère sifflée sur la colline (défi #12) (Joe Krapov)

    On a fini par aller le voir, «Bienvenue chez les Ch’tis ». On a préféré, de loin, « Quand la mer monte ». Il y a comme un ratage dans le film de Dany Boon et il est lié à cette séquence dont on a fait ensuite tout un fromage, celle de la tartine de Maroilles trempée dans le bol de café noir. Est-il bien raisonnable, en ce début de XXIe siècle de se gausser de traditions régionales qui n’existent pour ainsi dire plus ? Et puis c’est quoi ces Parisiens sans goût à force d’avoir tellement bu, tellement fumé et qui nous balancent en échange de nos couleurs et odeurs provinciales un cinéma aussi aseptisé qu’un plateau de TF1 ? Est-ce obligatoirement faux-mages ou désert , maintenant ?

    Allez bon, on ne va pas s’énerver les nerfs sous prétexte que la vie se chante, la vie se pleure et qu’il faut naître à Monaco si on veut avoir une chance de voir monter Carlo au festival de Cannes - attention à la marche et au contrepet, SVP ! - ou, pour les filles, de séduire un lord Anglais en promenade sur la même à Nice.

    Odeur mise à part, les fromages, c’est bien pratique pour raconter sa vie ! A chacun sa chanson, à chaque voyage son fromage. Alors revenons au Maroilles car moi aussi je suis né au pays de la bière du Ch’ti. Allez, roulez, mes souvenirs et ma musique, c’est ma tournée ! A l’Abbaye du Mont-des-Cats, au pays de la tulipe noire, une belle des champs séduisit mes seize ans dans les rues du vieux Lille. A la santé d’hier et des amours défuntes, je bois un verre de Chimay bleue. Est-ce un  caprice des Dieux qui m’a faît naître au Nord, sous des cieux si lourdauds que les canaux s’y pendent, là où les briques rouges des maisons virent très vite au noir de charbon. En tout cas, j’en suis parti.

    A l’abondance des bleus sur les bras du grand-père, mineur, qu’il appelait « coups de veine », j’ai préféré ma chance à moi, ma bonne étoile. Elle m’a emmené, à vingt ans, sur les Champs-Elysées, dans le jardin du Luxembourg, sur le marché aux puces de Saint-Ouen, en un mot : à Paris. A Paname, c’était mon « happy birthday » tous les jours : les joies de la cuisine, le temps des œufs au plat et des films par douzaines, des concerts, des bouquins et  de la guitare. Un peu de paradis pour un coureur échappé de l’Enfer du Nord puis, quelques années plus tard  l’amour qui s’en vient là-dessus amener dans la brume du matin la fille du shérif, la première femme de ma vie, mon Saint-Just de l’Esrabonjour ! Et voilà mon brin d’amour corsé qui emmène le roi du blues que j’étais vers les plus belles années de sa vie, le sourire aux lèvres et la fleur aux dents.

    Oh la la ! On s’en va, comme dans le poème de Rimbaud, pas sérieux vers le château de sable aux accents très aigus de cette ville de la Sarthe où je jouerai parfois le chanteur des rues, le joueur d’échecs ou l’un des comédiens de « Sous terre et se taire ». Et je revois encore la boule des moines de Solesmes, le ciel bleu du Haut-Jura de nos vacances et les « Viens voir le loup » de ma Marie-Madeleine qui vont changer nos vies !

    Et bientôt, comme tout bébé a besoin d’une maman, voici qu’un cadeau de papa s’installe pour un été indien de neuf mois à l’intérieur de celle-ci. Ainsi ouis-je en février de l’an suivant sa complainte de l’heure de pointe à la maternité de Château-du-Loir sous la neige :
- Attention, mesdames et messieurs, tagada tagada voilà Benjamin le Dalton, le grand Condé en personne ! »

    Or l’amour c’est « Plus je te vois, plus je te veux » ! Ainsi, deux ans plus tard, c’est un peu de paradis en plus sur le chemin de papa.
- Alors, qu’est-ce que c’est ? »
    Au bout des rails qui vont au Mans, il y a un autre bébé, fille cette fois : elle s’appelle Elsa et a des yeux à rendre fou de saint-amour plus d’un poète communiste.

    Oui mais la mer est toujours bleue et toujours loin. Une Bretonne partie de chez elle n’est réellement heureuse qu’une fois de retour en Bretagne. Est-ce pour cela ou pour le plaisir de partir à nouveau quand la chance passe qu’un poste pour moi se libère chez Dédé le kid ? Enfin, quoi qu’il en soit, nous mutons encore et voilà que nous atterrissons dans mon village du bout du monde : Rennes ! Ici personne ne fabrique de trou du cru ! Ici personne n’aspire à une AOC de cervelle de canut, bien que certains prétendent parfois vivre plus en intelligence qu’ailleurs. Alors, j’ai craqué : j’ai posé mes valises, je me suis installé dans mes fromages, je suis devenu un Rennais et peut-être même désormais qu’il n’y a pas de pis Rennais que moi !

    Eh non, tout ça, ça ne va pas changer le monde ! Oui, ce n’est rien que du vent, la vie : on va de trou en trou comme la dent du chat qui explore le gruyère !

P.S. 19  noms de fromages et 46 titres de chansons de Joe Dassin, est-ce que ça vous ira ? Faut-il vous emballer tout ça dans du papier journal ? Moi je dis ça, c’est rapport au voyage… et à l’odeur surtout !

19 septembre 2013

Vendredi 13

Chères amies et chers amis du Défi du samedi,
la rédaction de votre e-journal préféré
est heureuse de vous offrir une longue nouvelle inédite
de notre collaboratrice Isaure Chassériau.

 Rappelons qu’Isaure vient de recevoir le prix Alphonse Allais 
pour l’ensemble de son œuvre
et que ses « Aventures éclatées de l’ineffable Joe Krapov »
égaient nos e-colonnes déjà pourtant pleines
de chansons, de saillies, de poésie et de génie
depuis maintenant plus de 5 ans !

Le récit inédit s’intitule « Vendredi 13 » et il est consultable ci-dessous
sous forme d'un ibouque 
ou téléchargeable en pdf ici. 

Bonne lecture à vous ! N'oubliez pas de sélectionner le mode plein écran !
C'est la petite flèche en haut à droite. Pensez aussi à utiliser le zoom de la liseuse  !

13 avril 2012

RETURN TO FANTASY (Joe Krapov)

- Vous n'auriez pas dû mettre cette robe-là, Rebecca !
- Je ne m'appelle pas Rebecca ! Mon prénom est Alice ! Et vous, qui êtes vous ?
- Moi je suis Daphné du mûrier.
- Vous m'avez l'air d'être un drôle d'animal en tout cas !
- Je ne peux pas dire mon nom. Je suis comme le silence. Dès qu'on prononce mon nom, je n'existe plus.
- Allez, ne me laissez pas sur ma faim !
- Je suis une bombyx !

La drôle de bête explosa, Alice fut projetée sur la case départ, elle relança les dés et fit encore un double six.


- C'est stupéfiant ! Quand je pense qu'on a transformé la cigarette de Lucky Luke en brin d'herbe et que vous vous êtes toujours là sans que personne ne cherche à contrôler ce qu'il y a exactement dans votre narghilé...
- Tss... Tss... Allez y doucement, fillette ! Au cas où vous ne le sauriez pas, le champignon que vous allez croquer après mon départ pour grandir ou rapetisser à volonté... Il n'est pas qu'un peu hallucinogène !

Le vent ! Il entraîna Alice de l'autre côté du miroir et là Twiddledum et Twiddledee lui chantèrent une chanson de leur façon.



N.B. Pour la petite histoire, dans mon pays de Merveilles à moi, M. Jibhaine est le frère aîné de Mademoiselle Zell.

1 novembre 2012

Le folklore armoricain (Joe Krapov)

Après l'exécution d'un morceau de Mozart, le silence qui suit est aussi de Mozart.

Tandis qu'après l'exécution d'un morceau par Joe Krapov, ce qu'on n'entend pas, c'est la petite voix intérieure qui lui demande :
"Mais quand donc feras-tu silence ? Tais-toi, donc !".


P.S. Pour respecter la consigne, je vous fais grâce des paroles qui figurent ci-dessous en blanc, tels une minute de silence : amis masochistes, c'est le moment d'utiliser votre clic droit !

Le folklore armoricain /
Joe Krapov-Sheila

1
Je ne sais pas si vous êtes comme moi
Mais chaque fois ça me met en joie
D'écouter jouer sur un crin-crin
Un vieil air du folklore armoricain

Aussitôt je cours je saute
Je danse l’an dro et la gavotte
Je prends par l’auriculaire
La grand-mère de Fanch Quéméner

Refrain
Woh………
Ring ding ding car j'aime bien
Le folklore armoricain
Ring ding ding car j'aime bien
Le folklore armoricain

2
L'Armorique ça me fait rêver
Mais faut que’j bosse et j’ai pas l’temps d’y aller
Pourtant j’ connais tous les refrains
Tous les airs du folklore armoricain

Et je sais qu'un jour prochain
Je visiterai les Briochins
Pour pouvoir écouter l’biniou
Du bagad de Pleumeur Bodou

3
Si un jour un garçon me plaît
Les premiers temps je lui demanderai
Si comme moi il aime bien
Les vieux airs du folklore armoricain

S'il dit oui c'est merveilleux
Nous pourrons danser tous les deux
Le plinn et la danse fizel
En écoutant Alan Stivell

4
Et plus tard si nous nous marions
C’n'est pas Venise que nous choisirons
Car les gondoles ça ne vaut rien
Pour les airs du folklore armoricain

Je voudrais tellement qu'il soit
Aussi écologiste que moi
A Bénodet ou Concarneau
Nous protègerons les bigorneaux

5 janvier 2011

Le Monomalpoly des Papous (Joe Krapov)

Le Monomalpoly des Papous est un jeu inspiré d'une émission dominicale de France-Culture. Il est tout à fait possible que vous ne connaissiez pas France-Culture car c'est la radio officielle du FBI (le FaceBook des Intellos) et c'est vrai que ça n'a pas grand chose à voir avec les émissions de téléréalité ni avec la presse « people ». Par contre, en tant que futur étudiant(e) en économie des périodes de crise, il est essentiel pour vous de connaître les règles du Monomalpoly.

Le jeu est composé d'un plateau circulaire où sont représentés, vus de dessus, différents studios de la maison ronde qui abrite l'ORTF, 116, avenue du président Kennedy, Paris 16e, de quatre pions de couleurs différentes et de deux séries de cartes. Le dos des cartes « Malchance » représente un cyclope qui se met le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Le verso des cartes « Caisse de singularité » représente un masque de Venise en blazer. Au recto les cartes « Malchance » indiquent une épreuve à réaliser et les cartes « Caisse de singularité » proposent deux mots qui n'ont rien à voir ensemble comme, par exemple, « Moloch » et « pistache ».

Le premier joueur lance les dés, compte les points et avance son pion d'autant de cases qu'il veut sur le plateau. Il tire une carte « Malchance » et une carte « Caisse de singularité ». Les second, troisième et quatrième joueurs font pareil. Quand chacun est doté de deux cartes il prend une feuille de papier et un crayon et essaie de réaliser  ce qui lui est demandé par les deux cartes. On a un quart d'heure devant soi et on sent bien, derrière, la pression du désir de qualité littéraire.

A titre d'exemple voici quelques unes des épreuves que l'on peut être amené à réaliser pendant l'heure et quart que dure le jeu. Toutes les parties durent en effet une heure et quinze minutes.

Ecrire des bouts rimés à partir des mots qui riment avec « atlante » et « suspension ». Ca peut donner:

« LE CANCRE MOU »

Sur les cariatides, en la ville de Nantes,
On voit le grand balcon de l'ancienne pension
Où Jules Verne rêvait d'épopées exaltantes
Dans des mondes lointains, toujours en expansion.

Sa copie d'SVE, oeuvre de dilettante,
Restait pendant ce temps un peu en suspension,
Bloquée sur cette idée à vrai dire navrante :
« Si mon oncle n'en avait pas, on l'appellerait Atlante »


Ecrire, à l'exemple de Raymond Roussel, une homophonie approximative de « otage des fortifications ». Il y a par exemple « potage des mortifications » ou « Cottage des nidifications ». Imaginer l'histoire qui mène de l'une mise au début du texte à l'autre mise à la fin.

Exercices de style : écrire sous forme de dialogue de théâtre, de nouvelle policière, de fable de La Fontaine ou de tout autre chose la scène suivante : une dame dont le mascara coule quand elle rit ou quand elle pleure reçoit un coup de téléphone. Sa correspondante lui demande ce que c'est que « l'autobus S ». Plus tard elle est à la caisse du supermarché et engage la conversation avec un historien belge qui lui fait du rentre-dedans avec son caddie.

Du côté de chez Signe : faire le portrait d'une personne dont le signe astral est « rez-de-chaussée » et dont l'ascendant est « autobus ».

Etat de chose : vous êtes une suspension et ça fait des lustres que personne ne vous a écoutée. Racontez votre vie en y glissant les mots « Iowa » et « Lorraine ».

Les grands airs des aires de repos : sur l'autoroute des vacances, vous vous êtes arrêtés sur l'aire de Moloch. Expliquez pourquoi on appelle ainsi ce lieu. Racontez ce qui s'est passé ici de remarquable.  Résumez ensuite votre histoire sous la forme d'une chanson sur un air connu.

Experts contre faussaires : pour les faussaires, réécrivez les phrases de début et de fin d'un roman peu connu d'un auteur célèbre. On mélange vos tentatives avec l'original et les experts doivent retrouver qui a écrit quoi.

Diagnostic littéraire à l'aveugle : en vous aidant de votre intuition, essayez de deviner quel auteur célèbre a écrit ce texte méconnu :

«  La jeune femme avait franchi les fortifications. Après les portes mordelaises, le pavé de la ville devenait glissant. Au coin de la rue du Chapitre et de celle de la Psallette un Arlequin aux yeux bleus derrière son masque noir invitait à entrer dans une pizzeria au rez-de-chaussée d'une maison à pans de bois. L'inconnue se souvint qu'ici, jadis, un étudiant avait été pris en otage par une serveuse de crêperie que l'on disait plus belle que la reine des Atlantes. Quand elle arriva en vue de la place du Calvaire elle eut l'intuition que quelque chose de bizarre allait se produire... (Ici, des points de suspension).
A l'entrée de l'ancien cinéma Gaumont un cerbère borgne filtrait les entrées. Le Cyclope ouvrait l'oeil et le bon. Il eut soudain l'air effaré en voyant devant lui la jeune femme vêtue de rose et coiffée de macarons.
- Isaure Chassériau ? Vous ici ? Alors comme ça vous aussi vous aimez la musique d'Ivan Le Moloch et de ses potes les gitans ? »


Sans oublier les lettres inattendues : imaginez la lettre que pourrait écrire le Cyclope de l'Odyssée à Jean-Marie Le Pen en y insérant les mots « borgnes » et « rois ».

Vous l'aurez compris, le Monopoly des Papous peut se jouer tout seul comme à huit ou à dix ou à plus, cela même sans pions, sans dés ni plateau de jeu. Quand c'est comme cela, on l'appelle « atelier d'écriture ». Personnellement, ça fait plus de douze ans que j'y joue toutes les semaines et je ne m'en lasse pas. Je pousse même le vice jusqu'à écouter l'émission originale «Des Papous dans la tête» chaque dimanche à 12 h 45 sur France-Culture, la radio du FBI. Amusez-vous bien vous aussi ! Comme dit le poète Charles Trénet, "Il suffit pour ça d'un peu d'imagination !".

P.S. Tout ce texte était en fait une Publipapoucité ! Y a de la mise en abyme au château !

27 mai 2010

Allume un cierge ! chanson écolo-baba-cool (Joe Krapov)

1
Au lieu de ruminer dans le noir,
Essaie donc un peu de voir
Si quelque chose devant vaut qu’on se batte !

Par-delà les éclats du temps, chacun promène avec soi
Une flamme intérieure qui lui est propre.

A chaque pas que nous posons tout peut prendre un autre sens.
Pour sortir de la caverne allume un cierge !

2

Lorsque l’aube viendra sur nous,
Nous saurons que devenir ;
L'ancien monde s'effacera en musique.

Dans la rosace des âges, sur la route de l’Histoire,
Ce que nous choisissons ce jour fera Demain.

A chaque pas que nous faisons tout peut prendre un autre sens.
Pour sortir de la caverne allume un cierge !

3
Au lieu de ruminer dans le noir
Allumez une bougie !
Quelque chose devant nous s’appelle l’Espoir :

Sa lueur tremblante nous dit
Que notre moment est venu
Et que nous avons en charge la planète.

Allume un briquet dans le soir
Pour que d'autres puissent voir,
Le chemin le plus humain vers Demain

Instrumental

Allume un flambeau dans le vent
Pour que d'autres aillent de l’avant !
Allume un grand ciel d’azur pour le Futur !

(libre adaptation de la chanson de Neil Young « Light a candle »
qu’on peut écouter ici et voir )


9 septembre 2017

GNU CHESS CONTRE GNUCHESS : UN MAT EN 44 COUPS !

Après une heure trente de jeu, mes voisins du mardi ont décidé d'annuler cette partie . Ils ont eu raison, il n'y a pas que le jeu d'échecs dans la vie ! J'ai quand même noté la position et proposé à GNU Chess de finir leur partie en jouant contre lui même. Le croirez-vous ? A la fin c'est GNU Chess qui gagne ! ;-)

 

9 novembre 2012

FABLE AFRICAINE (Joe Krapov)

En son for intérieur, quand le marabout
Bout, son épouse en boubou a les nerfs en pelote de ficelle.

Fi ! Celle de leurs deux filles qui connaît la grammaire
Amère à l'écurie va seller deux chevals (1).

Un pâle freux niais kényan, champion de course à pied
Sans papiers ni cale-pieds lui met la main aux fesses.

Elle le traite de cochon, de laid
Et lui de vache en s'enfuyant

- Cheval dire à ma mère ! » entend-il dans son dos
Car la bravache de ferme
Ouvrant sa grande boîte lui a rivé son clou.

Mais aciérie comme ça ! C'est l'heure, à la cuisine,
De préparer le riz pilaf pour l'affligeant
Père marabout qui bout
Et la mother aux nerfs en pelote de ficelle
Qui se met à gronder :

- J'en ai marre marabout bout de ficelle selle de cheval cheval de course course à pied pied de cochon cochon de lait lait de vache vache de ferme ferme ta boîte boîte à clous clous d'acier aciérie riz pilaf affligeant j'en ai marre marabout ! (2)

En son for intérieur, et même fort à l'extérieur

Quand la marabunta gronde
Il vaut mieux se sentir des fourmis dans les jambes
Et les prendre à son cou de revolver du starter
Pour aller voir ailleurs ou dans le pré du voisin si le bonheur y est
Ou si l'herbe est plus verte.

(1) : « L'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire pour savoir que chez Citroën on dit maintenant deux chevaux » - Henri Sarkoguaino

(2) :  Mon système D à moi s'appelle "l'Agenda du presque poète" de Bernard Friot. J'y ai trouvé la consigne d'écriture, que j'ai mal respectée mais c'est comme ça, du poème dont la première syllabe (ou le premier mot) est la même que la dernière du vers précédent.

10 janvier 2013

SOUVENIRS, SOUVENIRS ? OU REMORDS ? par Joe Krapov

Marie-Geneviève nous rendait chèvres,
Gaston était souvent bougon,
René pas toujours réveillé,
Eric était très laconique,
Emmanuelle était cruelle.
Dans cette bande, assurément,
Le seul qui était vraiment charmant,
C’est désarmant, c’était Armand.

Y’avait pas plus drôle que Jean-Paul,
Pas plus jolie que Nathalie,
Pas plus belle que Marie-Noëlle,
Pas plus irréelle que Muriel,
Pas plus divine qu’Alexandrine
Ni plus mutine que Jacqueline
Et il n’y avait, décidément,
Pas plus charmant qu’Armand.

Véronique était ironique
Voire fort amère
Et Françoise quelque peu matoise.
Est-ce que Ghyslaine était vilaine ?
Valérie victime d’hystérie ?
Marc se croyait-il un monarque ?
Et Pierre, n’était-il pas trop fier ?
Une seule chose était sûre, vraiment :
C’est qu’Armand était bien charmant.

Dans ce récit de fantaisie
S’il arrive crénom de nom
Que j’ai commis quelque hérésie
En affublant votre prénom
D’un qualificatif passable
Ne me tombez pas sur le râble :
Je vous aime comme j’aimais ces gens
Mais, je le redis sans façon
Et je vous demande pardon :
Il n’y avait qu’Armand d’honorable.

7 mars 2013

Allez ouvrir, Florence ! (Joe Krapov)

 

Qui a sonné ? Qui sonne ?

Les musiciens sonnent :

Doc et Mère l’Oye te sonnent
Grace Slick et Jeff R. sonnent
George « While my guitar gently weeps » Guétary sonne
Paul Simon et Art Garfunkel et Mrs Robin sonnent
L’oncle George Bens sonne

Les scientifiques sonnent :

Thomas et Eddy sonnent
L.M. Enter-Moncherwat sonne

Les militaires sonnent :
L’amiral Neil sonne

Les motards sonnent :
Quand ils n’ont besoin de personne, Jean, Karl et David Sonnent

Les animateurs de télé sonnent :
Bertrand Renard, voyelle, voyelle et con sonnent

Les évadés sonnent
Les frères Dalton, Averell, William, Joe, Jack sonnent

Les clowns sonnent :
Kiri et Hélène I. sonnent

Tous les autres utilisent le heurtoir.

 

22 novembre 2013

Réécrire "L'Automne"


J’entends marcher dehors.
Tout est clos. Il est tard.
Ma lampe seule veille.

J’entends gueuler dehors.
Sans doute est-ce un fêtard
A la trogne vermeille,

Arsouillé au Cahors
Pour noyer son cafard,
Ayant bu deux bouteilles ?

Ou bien, jouant Milord
Allé au bobinard
Où son or appareille,

Jean-François à tribord
Hurle un hymne paillard
Aux charmes de Mireille ?

A Nantes, mill’ sabords,
Pourquoi tant de gueulards
Nous cassent les oreilles ?

Puis tout se tait dehors,
S’éloigne le braillard,
La ville s’ensommeille.

Moi je choisis mes ors,
Les dispose avec art
Sur ces musiques vieilles.

Tous ces oripeaux morts
Le soleil, ce roublard,
En fait lande à merveille.

Vivaldi en ressort,
Allume le brouillard
Prend saveur de groseille.

Puis je couche mon corps
Au lit, un peu plus tard,
Et Morphée appareille.

L’âme en paix on s’endort,
Exempt des traquenards,
Vers la nuit sans pareille.

 

31 mai 2013

Quand on s'promène au fil de l'eau (Joe Krapov)

1
Du lundi jusqu´au sam´di,
Pour gagner des radis,
Quand on a fait sans entrain
Son p´tit truc quotidien,

Subi le propriétaire,
L´percepteur, la boulangère,
Et trimballé sa vie d´chien,

Le dimanch´ au parc
On monte dans une barque
Alors brusquement
Tout paraît charmant!...


Refrain 1
Quand on s´promène au fil de l´eau,
Comm´ tout est beau... Quel renouveau...
On oublie Titi et Madame Yonyon,
On a le cœur plein de chansons.

L´odeur des fleurs nous met tout à l´envers
Et le bonheur nous saoule pour pas cher.

Chagrins et peines de la semaine,
Tout est noyé dans le bleu, dans le vert...

Un seul dimanche au fil de l´eau,
Aux trémolos des p´tits oiseaux,
Suffit pour que tous les jours semblent beaux
Quand on s´promène au fil de l´eau.

2
From Monday to Saturday
Just to win some radis
When we worked without pleasure
Our quotidian labour

Fuck off the propriétaire,
Perceptor and boulangère,
Drinking like a dromadaire

And Sunday quickly
We go to Nogent
And then suddenly
Everything’s charmant


Refrain 2
When we walk on the river side
Always we ride nothing to hide
Paris so far seems to be a prison
I wanna dance with Jane Manson

Smell of flowers put us in disorder
And happiness junk us more than cheapen

Blood, sweat and pain of the semaine,
All is noyed in the blue in the green...

Just one Sunday on the river floor
With tremolos from p’tits oiseaux
It’s just enough to forget tomorrow
When we walk on the river floor.

 P.S. C'est vrai : la plus grande partie de ce texte est dûe à la plume de MM. Julien Duvivier et Louis Poterat.
La musique est signée Maurice Yvain et Jean Sautreuil. Et les paroles en anglais sont de M. Dom Bourgeoizov qui me sert aussi à l'occasion de beau-frère. Mais je vous assure que l'interprétation ci-dessous et les photos sont de moi-même ! Bonne promenade !

 

14 septembre 2012

SOUVENIRS DE MA VIE D’AVANT LE DEFI (Joe Krapov)

1 Basketchup : sport américain particulièrement débile qui consiste à se disputer la propriété d’un bol empli de ketchup qu’on doit aller déposer à l’autre bout du terrain dans un panier déjà empli de galette et de petits pots de beurre.

2 Cassoulèvement : phénomène de geyser qu’on trouve dans les marmites des cuisines toulousaines lorsqu’on y plonge des saucisses cueillies sur un caoutchoucroutier (voir ce mot en 4 dans la liste).

3 Brahmanite : culte rendu à une divinité hindoue dont les six bras sont prolongés non pas par des mains mais par des champignons. Sur certaines représentations iconoclastes les champignons sont remplacés par des sexes masculins il s’agit alors d’un culte déviant dénommé brahmanite phalloïde.

4 Caoutchoucroutier : variété d’arbre qu’on ne trouve qu’en Alsace et sur lesquels poussent des saucisses particulièrement élastiques.

5 Barquadrumane : ancien gorille de boîte de nuit promu préparateur de milk-shakes à la banane.

6 Fissaturne : chambre vite dégotée dans laquelle on se rend pour y exécuter un coït généralement furtif.

7 Déshabtitiller : déshabiller quelqu’un(e) en prenant soin de stimuler dans le même temps ses zones érogènes.

8 Convoittiser : désirer quelqu’un et l’allumer suffisamment pour être payé de sa flamme en retour.

9 Gourgamandiner : promettre tant de friandises aux amandes ou de plaisir charnel à une jeune femme qu’elle en perd tout sens moral, toute retenue et tout porte-jarretelles par la même occasion.

10 Byzanthrope : qualifie un individu chanceux qui n’est jamais content de son sort et se plaint toujours que ça ne soit pas Byzance en parlant de sa villa à Saint-Trop’.

 

P.S. Il s’agit ici d’extraits d’une liste de 28 mots-valises pondus dans une séance d’atelier d’écriture « en vrai » en mai 2006.

7 septembre 2012

Rue de l'étuve (Joe Krapov)

En toute impunité j’ai volé des images,

Braqué mon appareil sur un monde inconnu

Et je dois avouer que j’ai été ému

De les voir poser tous devant le personnage

 

Innocent qui s’épand sans cesse devant tous.

Nul ne s’est étonné de mon long mitraillage.

Prenant la pose ou pas devant le noir grillage,

Ils avaient l’air très sage et peu faisaient les fous.

 

Et je repense encore au rituel étrange

Du portrait à l’endroit où l’on fait la vidange,

De la joie éprouvée à œuvrer au grand jour.

 

Photographe de rue, j’ai dans mon escarcelle

Des visages humains qui font grandir l’amour

Que j’avais déjà pour les amants de Bruxelles !

  

31 juillet 2010

20 coups de fil inattendus (Défi #1) (Joe Krapov)

Allôpital ? Icinovie, j’ai un besoin urgent de m’épancher !

Allorange ? Icitron !

Allorraine ? Icidérurgie. On s’est un peu perdus de vue, depuis le temps, non ?

Allolisbos ? Iciffredi. C’est quoi, cette histoire de concurrence déloyale ?

Alloto-rhino ? Icinusite !

Allostère ? Icibarite !

Allostensoir ? Iciboire ! Ca serait bien, Cââlice, qu’on arrête de dire des gros mots, non ? !

Alloseille ? Iciboulette !

Allociput ? Iciboulot !

Allopération ? Icicatrice !

Allobéissant ? Icicérone !

Allostrogoth ? Icimeterre !

Allossuaire ? Icimetière !

Allogarithme ? Icirconférence !

Allocution ? Icilence !

Allogique ? Icinoque !

Allobèse ? Icilphide !

Allohengrin ? Icigfried !

Alloklahoma où s’attache Ulysse ? Icirène du Mississipi !

Alloween ? Icitrouille !


18 novembre 2011

CHANTER DU SARDOU ? OUI MAIS DU FERNAND par Joe Krapov

CHANTER DU SARDOU ? OUI MAIS DU FERNAND par Joe Krapov

- Il y a certains jours où je n’aspire qu’à cela, Lardu : retrouver toute ma liberté de mouvement, tout mon temps pour pouvoir aller tranquillement, à pied, contempler les racines pneumatophores de cet arbre gigantesque dans le parc Oberthür. Retrouver le héron qui s’était laissé photographier. Les couleurs de l’automne dans les feuilles, la sérénité de tous ces gens qui viennent casser la croûte sur les bancs le midi. J’y lirais, déchaîné,  le « Canard enchaîné » en jetant du vieux pain aux canards et aux cygnes.

- C’est un drôle d’objectif ! Plus ça ira et plus on sera vieux quand on partira en retraite, Loreille ! Ne me dis pas que tu as envie d’avoir des cheveux blancs et de marcher avec une canne ?

- Peut-être même qu’on ne partira jamais, finalement ! Que pour conserver leur triple A les gouvernements vont supprimer le concept de retraite ?

- Ce serait triplement con ! Et ce serait déjà mieux plutôt qu’ils suppriment le concept de chômage !

- En vérité, je ne sais pas si je ne me mens pas un peu. Finalement je me suis bien habitué aux technocrates qui me polluent la vie dans ma boîte. Peut-être que si ça m’arrive un jour de pouvoir partir, ça me manquera de ne plus entrer dans l’ERE les prix de CNRC, IOP, ACS, AIP-APS, AEF, BMJ, BSC, ISSN, JCR, JSTOR, NEJM, RCADI, ORS, RSC, PNAS… De ne plus consulter la BIMPE, remplir l’ESGBU, répondre dans UBIB, m’adapter à la LRU.

- Et d’envoyer le PV du CD à GDV, ça te manquera ? Est-ce que tu auras vraiment la nostalgie d’hier demain après avoir rêvé hier que demain chanterait plus qu’aujourd’hui ? La vérité, Loreille, c’est qu’il n’y a pas de vérité ailleurs que dans la musique. Elle nous accompagne depuis toujours, elle nous soutient en toute circonstance, elle est le langage qui traverse toutes les frontières alors arrête de gamberger et reprends ta guitare, veux-tu ?

- Allez, t’as raison, on recommence. Le premier accord du refrain est un La 7e.

- Aujourd’hui peut-être… ou alors demain… 

 

http://www.ina.fr/divertissement/chansons/video/I05124064/fernand-sardou-aujourd-hui-peut-etre.fr.html

11 mars 2011

Dieu est imperméable à tout, y compris à la pluie bretonne, ça t'étonne ?

 

Tu leur diras les temps anciens
Tu leur diras l’effort des pères

Tu leur diras les autres mœurs
Tu leur diras les éphémères
Productions des humains

Tu leur diras la rouille qui jamais ne sommeille
Tu leur diras bibliothèques rose et verte et rouge et or

Tu leur diras vieilles poupées
Tu leur diras enfance enfuie
Ou métamorphosée

Tu leur diras Limoges avec ses jours de porcelaine
Tu leur diras le Dakota avec ses plaques de voiture

Tu leur diras l’eau d’Annecy avec la croûte détrempée
Tu leur diras le jour où ils ont vu le jour
Grâce au calendrier des PTT

Tu leur diras, valses, tangos et pasos dobles
Tu leur diras Mickey, Pokémon, Betty Boop

Tu leur diras le ciel par-dessus les misères
Tu leur diras tout le déluge de la mort sur les greniers

Et la pluie s’abattra
Sur les bradeurs surpris

Pour souligner le dérisoire
De nos fragilités.


4 juin 2010

Une collection de gazouillidiots

Quand on a décidé qu’on ne s’interdisait rien, on peut entreprendre, à n’importe quel âge, une collection de gazouillidiots.

Le gazouillidiot est né chez Twitter. Les 140 caractères qu’on y produit s’appellent un « tweet » (gazouillis). Quasi-gnorant de la shakespearienne langue ainsi que du québécois courant, j’ai écrit cela « twit ». Joye m’a dit que ça voulait dire « imbécile » ou « minable ». Depuis je collectionne les « tweet-twits » (gazouillidiots) que je produis :


Il ne faut pas confondre Vezin-le-Coquet et Vezet-le-Coquin !

Participer à un monde sans folie en s'abstenant d'y amener sa propre folie, ce serait de la folie !

Les ajoncs poussent en avril et les genêts plus tard. Il suffit donc de venir en Bretagne uniquement en avril si vous voulez, ainsi que moi, distinguer les ajêts des genoncs. Non ? Ce moyen mnémotechnique ne marche pas non plus ?

Est-ce que le ministre de l’immigration a un directeur de niqabinet ?

Comment appelle-ton un voile intégral dont on a élargi la fente des yeux en vue de n’être pas gêné au volant ?
-Un niqabriolet.

Est-ce que Dark Vador était polygame ?

Ce n’est qu’en affirmant sa singularité qu’on peut appartenir à la communauté des citoyens du monde.

Dans l’opéra-bouffe, parfois, il y a à boire et à manger !

Ah flûte ! J'ai encore oublié le nom de cet objet qui sert à amarrer les bateaux !

Demain le temps sera pluvieux de 24 heures par rapport à hier.

Se peut-il que Sapho mente ? Un qu’on pelote à posé cette question.

De la même manière qu’une tartine de confiture tombe toujours face tartinée contre le sol, un chat qui souhaite bronzer des coussinets arrières retombe toujours sur celles de ses pattes qui sont beurrées de crème solaire.

Si on pense, comme M. D.S.K que chacun de nous va vivre cent ans et qu’il convient en conséquence de reculer l’âge du départ en retraite, on peut aussi réclamer le rallongement de l’âge de sortie de l’enfance et de l’adolescence afin que les jeunes d’aujourd’hui profitent mieux de leur jeunesse. Pourquoi pas d’ailleurs ne rien faire de 0 à 50 ans et travailler de 51 à 100 ?

Patrick Modiano écrit tellement sur rien et sur des univers disparus qu’on se demande même s’il existe ou s’il fait partie du même monde que nous. D’ailleurs, une fois sorti de l’écriture, il a un mal fou à aligner deux mots !

M. et Mme Bruti ont prénommé leur fille Carla. Ils sont vraiment cons, eux, hein !

« Un conte de Noël » d’Arnaud Depléchin, c’est un peu la version édulcorée de « Bienvenue chez les Ch’tis », non ?

OK, Lequesnoy plutôt que Groseille !

De l’obligation de posséder un gilet fluo en voiture ou à vélo : tout le monde est maillot jaune mais personne n’a droit à la bise de Miss Aquitaine (ni au QI de Miss Limousin).

Le cinéma, c’est chouette ! En plus du pop-corn et du Coca, ils te projettent des images sur l’écran !

« La femme coupée en deux », de Chabrol, c’est pas la moitié d’un navet !

Il y a pire que le péremptoire : la mère Emptoire !

Twitter, finalement, est-ce qu’il ne faudrait pas appeler ça plutôt « la cage aux serins » ? Ben non, ils vont en liberté !

On peut dire tout ce qu’on veut sur les imbéciles. Il n’empêche, certains sont heureux !

On jouait au jeu des Mille bornes. La Mort m'a posé une "crevaison". Manque de bol pour elle, j'avais la carte "increvable" !

Vous pouvez commencer votre propre collection mais je vous préviens : c'est aphorismes et périls !

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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