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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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27 septembre 2013

99 dragons : exercices de style. 16, Notice de montage

Hola !
El théatriculo de marionetas « El caballero St-Georges y la dragounne » es oun kit à montar soi-même composito de :

- Ouna castelleta
- Oun caballero St-Georges
- Su bidette
- Ouna pétassa figlia del rey pleutro
- La dragounne qué péta le fuego por de vrai
- Six moutonos de sexo femino
- Oun rey pleutro
- Ouna tourniquéta por fare la vinaigrette
- Et oun raton lavor

 

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1) Montaje della castelleta

- Posar le donjon al centro de la scene
- Encastrar il « chemin de ronde » con la échauguette en la partie supérior de las cuatros murailles
- Clipar les tours de guet alle murailles con un tornevisso
- Fixar la chevillette et la bobinette al pont-levis
- Disposar el raton lavor sulla sommeta del donjon.

Vuestra attencion please ! Si chiquitos de -36 mois à la casa, ne pas utilisar la huile bouillante in case of sonic or sarrasinic attack. Just « Faites chier la vache !» comme dans « Sacré Graal ».

 

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2) Montage della pétassa figlia del rey pleutro

- La Princess Barbie e livrada con la garderoba di l’época e accessori alla moda la piu recente di aujourd’hui. Elle être looking like i’d fell in love with the actress althought même si she is not Isabelle Huppert.
- Habillar Princess Barbie con el string, short, porte-jarretelles, bas résilles, wonderbra and tutti quanti.
- Ajoutar fluo make-up, piercing, tattoo, blue or red hair and more if affinities.
- Posar le hennin pointu avec voile flottant comme dernière too much touché su la cabessa della pupetta Arielle Dombasle
- Do not oubliar to put the holy high tech smartphone in her revolver pocket. No revolver pocket ? Agitar a la mano in permanence like in real life !

 

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3) Montaje del bidette di St-Georges

- Fixar la caparaçon sul dosso del bidette con la sangla n° 9 y con delicatesa.
- Por que le bidette possere hennissar, prière d’insérer deux piles LR6 dans la loggia prévue à Santa Fé.
- Sceller la selle et les étriers d’un coup

ACHTUNG : Bidette Stewball pas aimer rivière des tribunes. Fragilum guibollam. Trotteur, not sautare.

 

 

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4) Montaje del caballero St-Georges

- Faire entrer el caballero St-Georges en la armura : petites poulaines pour l’hiver et les petons, cotte de maille qui m’aille, cuirasse Potemkine, hauts de chuasse Randall, épaulière, cubitière, mentonnière, braconnière, plus que genouillère et bien moins que deux mains.
- Attachar scutum-bouclier bras gauche
- Affutar tranchant Durandal sed Dal
- Tailler la lance crayon con le taille lance-crayon.
- Chargear batterie GPS por evitar los aléas de l’épisode 15 : réminiscence égaracion, creva il bidette, Zorro arriva, soulever Princesse, pique-nique, et Georges gros Jean comme devant au last moment
- Posar sur tête du héros-homme sweet heaume.

 

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5) Montaje della dragounne

- La dragounne crachar real fire de fuego y invectivas inflamadas. Functionar con la cartouche campingaz C 206.

Attention : babies -36 mois pas avalar écailles dorsure la dragounne pas comemstibles. Et urgences hospital attente pas top par chez vous.

6) Montage dellos moutonos

- Cuatro pattas solemento ! Non existar el mouton à cinque pattas
- Se mefiar della brebis galeusse inside le troupeau : vache folle, grippe aviaire, mouton marteau y alors bêle bêle, bêle comme tout le jour le téléfono pleure dans port Alexandrie Alexandra et ouah ouah bark sur le Nil et raton lavor papillonne jeunesse.

***

Cuando el théâtriculo de marionetas « El caballero St-Georges y la dragounna » e presto per l’utilisazione, los chiquitos debere scenarii en el libretto junto “99 dragons : exercices de style / por Joe Krapov” lesen und appliquar. Alternatively, la invencion de su storyboards personales e permisa et recommendata. E possibile caballero St-Georges y princess Barbie to play doctor, main chaude or bataille navale Rhaa lovely si volare (if they want). Dans limites raisonnables mais pas aspirateurs sites web ni téléchargements massifs.

But simply not utilisar la dragounne y su lance-flammes por playing at « el petite pyromano amousante » porqué sinon la mamma pas content.

Rappel : This toy was fabricado en la peninsula Isterica ! Olé ! Viva Espana, viva el velosolex y viva el raton-lavor !

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6 octobre 2023

Igor et Irma (Défi du samedi n° 788)

A part le fait qu’il le trouvait difficilement lisible, surtout à raison de quatre à cinq pages d’affilée, Igor Wagner appréciait Marcel Proust « pour le concept ».

- Nous sommes tous à la recherche du temps perdu, confiait-il parfois à Irma, la camériste de Madame Bianca. A l’arrière des berlines, dans l’ombre des vedettes qui attirent les projecteurs, nous vivons nos petites vies qui ne sont pas moins précieuses que les leurs. Les seconds couteaux sont aussi utiles que l’argenterie. J’accompagne l’Air des bijoux sans aucun accroc mais je ne prends pas autant mon pied que quand je fais le bœuf avec mes camarades.

- Le bœuf ? demandait Irma qui songeait justement à devenir végétarienne.

- C’est le nom qu’on donne aux jam-sessions. Des musiciens se retrouvent et jouent ensemble sans partition. On improvise chacun à son tour sur des accords.

- Ah oui, j’ai déjà entendu des choses comme ça en jazz. C’est trop long, ça me soûle. Chacun y va de son solo, le public applaudit l’artiste, aussitôt il y en a un autre qui se lève pour avoir sa part d'applaus et ça recommence de plus belle.

2023-06-11 Nikon 6

- C’est mieux sans public. Les jam-sessions c’est pour le plaisir de jouer entre musiciens. Je me souviens très bien, l’été dernier, j’étais allé dans une ferme en Bretagne car mon épouse connaissait l’agricultrice qui organisait une fête avec des conteuses et des groupes musicaux. Je me suis retrouvé dans une jam-session de joueurs de cora.

- Le supermarché ?

- La cora est un instrument africain, Irma ! 22 cordes ! Je ne te raconte pas la séance d’accordage. Les deux musiciens ne se connaissaient pas mais ils avaient eu le même prof. Ils ont joué dans le potager de la ferme, c’était le mois de juin, il faisait beau. C’était une musique lascive, formidablement calmante. Sont venus s’ajouter un musicien africain avec sa guitare folk, un accordéoniste breton et un joueur de trombone à coulisse. Magique ! J’ai tout enregistré mais quand moi-même je me suis lancé dans « Général à vendre » les piles de la machine sont arrivés en bout de course et on n’entend que le premier couplet.

- Vous n’êtes pas doué pour la technique ! On voit bien que vous avez juste cultivé un don.

- Un don paisible. Si tout le monde jouait de la musique, le monde irait peut-être mieux. J’ai quand même sauvé ensuite une espèce de bossa-nova sur laquelle on entend bien mes contrechants. Il faut dire que je suis un timide et que je ne fais pas d’esbroufe dans ce genre d’exercice. Par contre je n’ai pas raté la séance guitare et mandoline à la Fête de la musique, quelques jours plus tard. L’enregistrement est très bien ! Et ce Christophe, quelle pointure !

Irma l’écoutait d’une oreille distraite. Que Christophe chaussât du 45, elle s'en fichait bien. Elle, son truc, c’était le saut à l’élastique. La Proustitude et les jam-sessions de rattrapage de ce personnage plus que falot, vues du haut de la grue, c’était de la gnognotte ! 

21 septembre 2023

Le Retour du capitaine

DDS 786 hêtraieQue le professeur Tawhid, spécialiste de la langue arabe, habitât dans les Ardennes et que j’eusse à le rencontrer dans la ville-même où je m'étais marié jadis - et d'où je m'étais tiré vite fait ! - était une drôle de coïncidence. Mais les linguistes et les connaisseurs triés sur le volet, très rares en ce XIXe siècle, du Coran que j'avais entrepris de traduire en français, s'il eut fallut les poursuivre jusque dans leur retraite au bout du monde, dans le plus retiré des trous à rats qui fût, j’y fusse allé !

Pour la fin de ce voyage j'avais pris l'omnibus. Comme nous traversions la hêtraie Bois-en-Val je ne me sentis plus brisé par les chaleurs. Tandis que le cocher maltraitait son cheval je me remémorai les anciennes erreurs que j'avais commise par ici autrefois. J'étais alors un jeune reître, un soldat, et j'avais atterri sur les terres d'ici au gré d'affectations militaires qui me mèneraient plus tard en Algérie et en Crimée, sur le théâtre des opérations ou bien en tant que gestionnaire du maintien de l'ordre.

DDS 786 kiosque CharlevilleLa Meuse s'étendait au pied du mont Olympe. Là c'était Charleville et là c'était Mézières, ville d'amours tranquilles, de grâces roturières et de folles jeunesses. C'était hier encore, c'était l'été indien et ce jour-là j'avais été attiré par la musique jouée au kiosque près de la gare. Un peu en retrait de la foule, assise sur un banc vert devant une haie de thuyas, une jeune fille solitaire coiffée d’une tiare de cheveux roux me fixait du regard avec l'air de me dire « Si tu me dis oui, je ne dirai pas non ». Cette fille du coin n'était pas une hétaÏre. Plus tard je la surnommerais ainsi :

DDS 786 13328- Vitalie, ma belle hétaïre ! Toi ma Hittite folie ! Mon petit train de fantaisie !

- Qu'est-ce que ça veut dire, "hétaïre", Frédo ? demanderait-elle.

- Ça signifie « Ma cocotte » en grec ! Viens te faire voir et m’en faire voir ! Viens donc là, ma poulette, qu'on se plume au plume !

J'entends encore son rire séduit. Elle était épatée par toutes mes connaissances.

Ce premier jour je l'avais abordée sans hâte, la jouant détaché, distant, hautain. Je maîtrisais très bien cet art de prendre les façons d’un nobliau, d’un aristo solaire ou d’un disciple zélé du dieu égyptien Râ alors que je n'étais qu'un pauvre hère, fils d’un tailleur du Jura, jeune engagé dans l'armée.

Je lui avais demandé :

- Vous aimez ces airs ?

Pour une raison que je n'ai pas comprise elle avait pouffé de rire.

DDS 786 Morisot_Jeune_fille_dans_un_parc_(RO_708)

***

Ceux qui se pencheraient sur notre histoire plus tard, si cela arrivait, auraient tort de penser que Vitalie, jeune paysanne qui avait hérité d'une ferme dans le hameau de Roche, manquait d'attraits physiques. Sa conquête se fit sans difficulté. Après avoir sacrifié aux rites nécessaires – fiançailles, mariage, lecture du code civil et repas de famille enquillés d'une seule traite, nos têtes s'étaient retrouvés à reposer après l'effort sur les taies d'oreiller voisines d'un lit large dans lequel fut conçu notre premier héritier. Ça n'a pas raté, ce fut un garçon, on l'appela Frédéric qui était également mon prénom.

Évidemment je ne peux pas taire le changement apporté pour le père aussi par la naissance d'un enfant : nous étions désormais deux à téter les seins de Vitalie ! Un jour pour Jupiter la nymphe devient Héra et, ça ne rate pas, le brave Dieu atterré découvre que l'amante est aussi une mère et que gérer une famille ça n’est pas sa tasse de thé (ou de nectar, plutôt) à lui.

Je n'eus pas le temps d’en prendre ombrage et de devenir amer car l'armée, autre nourricière guerrière à la mamelle jamais tarie, m’appela sur une autre aire de jeux : je fus envoyé en Algérie.

DDS 786 Soldat du 147e regiment d'infanterie-1887-1890-_img

Je ne revis plus Vitalie qu’a mes rares permissions. Mon absence prolongée n’irritait pas plus que cela ma solide et patiente épouse. Les feux d'un bel amour couvaient toujours dans l'âtre et ils furent suivis de quatre autres naissances d'enfançons ou d'enfantiaux comme on dit en Suisse. L’un, l’une plutôt, ne survécut pas mais il n'y eut pas d'arrêt pour autant dans notre production de nouveaux êtres en ce siècle de conquêtes et de révolution industrielle et industrieuse.

Et puis aux colonies j’ai rencontré Rita qui fut l’arête dans le bifteck de notre couple. Vitalie se sentit trahie - elle l'était ! -, elle me traita de taré, tira un trait sur nos amours et, comment on dit à Rouen, « On les mit sous le tapis à l’aître Saint-Maclou ». Après la naissance de notre dernière, « Isabelle la Catholique », elle se fit passer pour veuve puis, à ce qu'on m'a dit, serra beaucoup sa haire avec sa discipline. Après le sabre, le goupillon ! Hare Krishna à mort !

Je ne puis la haïr de m'avoir mis dehors. C'est le destin du traître et le destin est traître lui aussi. La suite est un peu tarte : je me suis terré quelques temps avec Rita en Algérie mais comme elle en avait un peu plus dans la théière elle m'a laissé tomber vite fait pour un pêcheur de raies de la ria d’Etel : il s'appelait Modiano et prenait de l'éther si je me rappelle bien. Bizarre pour un Breton !

Puis j’ai fait la Crimée et je me suis mué, la retraite venue, en vieux savant décoré de la Légion d'honneur cherchant quelques rais de lumière sur la langue des Arabes, sur la pensée d’Orient, les autres religions dont, notamment, l’Islam.

DDS 786 Omnibus_a_chevaux_vers_1890_CGO_ParisMais ite missa est ! Fin des confidences ! La patache s'arrête, nous voici arrivés sur la place ducale. Le grand cocher bourru maltraiteur de chevaux décharge nos bagages. Cet imbécile me dévisage avec intensité avec l’air de se demander si « hêtre ou ne pas hêtre ? » est la question que se pose certain loup-bûcheron qui sortirait du bois ! Drôle d'accueil, drôle de paroissien !

J'espère que le hasard qui fait si mal le tri parfois ne mettra pas Vitalie sur mon chemin.

Aïe ! Aïe ! Aïe ! Je me sentirais sans doute obligé de lui demander : « Ces enfants que je t'avais faits, que sont-ils donc devenus ? » alors que franchement, maintenant que j'arrive au terme de mon âge, je m'en fous, des enfants Rimbaud-Cuif ! 

3 décembre 2021

IMPACT AVEC LE DIABLE ?

DDS 691 Lucky Luke

La police scientifique lorsqu’elle constate qu’un projectile a perforé une boîte crânienne, une portière de véhicule, l’ombre de Lucky Luke (?) ou un président des Etats-Unis utilise le mot « impact ».

Le policier de base parlera quant à lui plus volontiers de « trou de balle ».

Il ne faut pas confondre le trou de balle avec le trouduc qui est une personne peu recommandable, détestable, dont la particularité est, plus souvent encore en période électorale, de venir faire des promesses dont la suite nous démontre qu’elles ne sont que du vent et surtout de souffler la haine - en général des étrangers, voire simplement de l’autre – pour troubler nos paix intérieures pourtant déjà bien fragiles.

On pourrait légitimement se dire qu’avec les progrès du progrès ce genre de bonhomme ou de bonne femme serait amené·e à disparaître du paysage médiatique. Comme il ne manque pas d’air, il pourrait très bien s’envoler hors de notre vue ?

Eh bien non. Au contraire la Science a démontré que les imbéciles heureux qui sont nés quelque part continuent de se balader dans la nature avec aplomb.

Le Temps n’a aucun impact sur ce genre de situations ! Craignons pour le futur, mes ami·e·s ! Et même pour le présent ! Comme si ce virus à la con ne suffisait pas !

Cliquez donc un peu sur l'image ci-dessous ou sur le lien en- dessous pour entendre une belle chanson de Georges Brassens interprétée par Joe Krapov, Manu le Bichon et Loïc le Voyou

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Krapov et_Le_Bichon chantent "Le_Temps_ne_fait_rien à l'affaire" de Georges Brassens en_public

21 février 2022

Ils étaient dix - Joe Krapov (Jeu n° 73 de Filigrane)

Filigrane jeu 73 Ils étaient dix

Le dimanche 11 août 1961 un jeune homme belge nommé Jason Butternot se trouvait en vacances chez son correspondant anglais dans l'île de Jersey. Tous deux étaient alors âgé de 18 ans.

Le hasard permit ce jour-là à Jason d'accomplir un de ses rêves de gosses et de se découvrir une vocation pour plus tard. En effet on était rendu à la date, annuelle et rituelle, du critérium cycliste de Saint-Helier.

Cette épreuve sportive consiste en un circuit en boucle de 13 kilomètres autour de la ville portuaire que les coureurs doivent accomplir treize fois.

Parmi les participants à cette course il y avait Rik Van Looy, un champion cycliste populaire pour lequel Jason avait une adoration certaine. Il allait enfin le voir courir "en vrai".

Le correspondant de Jason s'appelait Justin Podium mais cela n’a pas d'importance dans notre récit. Greg Lestrade eût pu convenir aussi. Justin et Jason avaient pris place sur le trottoir parmi d’autre amateurs de vélo afin de voir passer le peloton et d'encourager les rois de la petite reine. Jason n'avait d’yeux que pour Rik Van Looy et Justin, quant à lui, en véritable looser, encourageait l'équipe locale, les Jersey black devils, dont le maillot était de couleur noire.

Filigrane jeu 73Voiture-balai

Dès le premier tour il y eut une échappée. L'espagnol Federico Bahamontes, cherchant la montagne – il ne la trouverait jamais, Jersey étant une île relativement plate par rapport aux Pyrénées -, avait pris quelques 200 mètres d'avance au peloton.

Au deuxième passage Justin remarqua l'absence, dans le peloton ou à l’arrière de celui-ci, du coureur Wargrave, le capitaine  des Blacks devils. Peut-être avait-il été victime d'une crevaison et été distancé ? Parfois ont fait ce qu'on peut et le pneu peut peu. Mais bientôt un motard précédent la voiture-balai laissa planer un premier mystère sur la course. Wargrave aurait abandonné au bout de même pas 20 kilomètres et serait monté à l'intérieur du véhicule de ramassage des lâchés en perdition ? Quand même pas ?

Au troisième tour le peloton passa groupé, Bahamontès, déçu par la morne plaine, ayant été repris après une chasse terrible d'André Darrigade. Mais cette fois chez les Black devils c’est Claythorne qui manquait à l'appel.

Au quatrième tour, Brent était aux abonnés absents.

Au cinquième, plus de nouvelles de Mc Arthur. Où avait on mis son corps ? Justin attira l'attention de Jason sur ce phénomène d'évaporation, sans doute irrégulière bien que régulière, de l'équipe de Jersey.

- Oui, c’est bizarre, convint Jason, mais en attendant l'équipe belge est aux avants-postes. M'étonnerait pas qu'elle tue la course pour que ça se termine en victoire au sprint de Rik Van Looy !

Au sixième tour du circuit exit le nommé Lombard. Arrêté dans une pizzeria ?
Au septième tour plus d'Armstrong ! Expédié dans la Lune ?
Au huitième, plus de nouvelles de Marston.
Au neuvième tour on déplorait la perte de Blore.
Au dixième ce fut au tour de Roy Rogers de disparaître.
Au 11e son frangin John pointait absent du peloton et de ce fait il n'y avait plus aucun représentant des Jersey black devils dans la course.

Ils étaient dix à avoir disparu sans que ça n'inquiète ou n'intéresse personne d'autre que nos deux jeunes gens.

Comme pronostiqué par Jason, Van Looy gagna l'épreuve au sprint mais Justin attendit que le dernier coureur, la lanterne rouge comme on dit dans ce sport, eût passé la ligne pour en avoir le coeur net sur les disparitions des cyclistes. Se pouvait-il que toute l'équipe locale se fût retrouvée dans la voiture-balai ?

Mais justement, comme par un fait de sorcellerie, la voiture-balai ne franchit jamais la ligne d'arrivée. On ne la revit plus de l’après-midi.

Les deux amis se rendirent au commissariat et y racontèrent leur histoire.

- Vous les connaissez ? Vous faites partie de leur famille ? leur demanda-t-on. Le véhicule est à vous ? Ou le balai ?

- Non.

- Vous savez, jeunes gens, chacun est libre d'aller et venir comme il le souhaite ici. Ils vous ont volé quelque chose ?

- Non plus !

- Alors, s'il vous plaît, mêlez-vous de vos British fesses et de votre Belge postérieur, les kids ! Caltez, maintenant !

Filigrane jeu 73 Rick Van LooyLes deux jeunes gens retournèrent auprès du car-podium où une charmante Jerseyan lady claquait deux bises à Rik en lui remettant un énorme bouquet de fleurs.

Ils avisèrent un officiel auquel ils demandèrent le nom du chauffeur de la voiture-balai.

- Quelle voiture-balai ? Personne n'abandonne jamais dans cette course. Il y a les voitures des directeurs techniques en cas de pépin mais c’est tout !

- Mais on l'a vue ! Elle a tourné derrière les coureurs. Sauf au dernier tour !

- Je ne vois pas vraiment de quoi vous voulez parler. Vous avez trop arrosé de cherry votre repas de ce midi ?

Avaient-ils eu la berlue ? L'équipe des Jersey black devils existait-elle seulement ? Ils en venaient à douter de leurs sens. Quand soudain Jason Butternot se tripota le bout relevé de moustaches imaginaires et eut une illumination dans ses petites cellules grises.

- Cela ne peut pas être l’adjudant Chanal ou un autre de ces pervers détraqués qui conduisait le véhicule ! Comment un homme seul pourrait-il en violer dix autres sans que ceux-ci n’opposent de résistance ? Trouvons le nom du chauffeur et nous saurons quel louche trafic se cache derrière la disparition de ces dix hommes. Quand tu m'a parlé de ce phénomène la première fois, j’ai pris soin de noter le numéro de la plaque minéralogique de la camionnette : 3745 ES 40. Retournons au commissariat.

Le même préposé digne, courtois mais un chouïa vulgaire sur la fin les reçut à nouveau avec flegme.

- Nous aimerions savoir à qui appartient ce véhicule.

L'agent Bobby, ébaubi, regarda le numéro puis il appela un autre service. Quelques temps après il obtenait la réponse.

- Cette camionnette Peugeot est immatriculée en France. Elle appartient à un dénommé Auguste Maquet.

- J'ai tout compris ! dit Jason à Justin. On peut rentrer chez tes parents prendre le thé !

***

Lorsque le soir fut venu, Jason Butternot demanda à Justin Podium de réunir tous ses neurones dans la bibliothèque du château de ses parents. Ce fut vite fait car le correspondant n’en avait pas beaucoup.

Filigrane jeu 73 Agatha

- Il existe quelque part sur le continent une clinique médicale tenue par un docteur très malin. Nommons-le Alexandre Dumas arrière-petits-fils car c'est bien de là que tout est parti. C'est essentiellement une maison de repos, située à la campagne ou à la montagne, voire à la mer, va savoir ! La clientèle est principalement constituée d'écrivains ou d’écrivaines en mal d'inspiration ou en dépression ainsi que de scénaristes excédés ou vidés. Le docteur Dumas a mis en place une espèce de commerce triangulaire. Avec l'argent que les éditeurs ou producteurs lui confient pour soigner leurs poulains ou leurs pouliches il va acheter un peu partout des rédacteurs remplaçants, des gens qui vont écrire des romans ou des scenarii à la place des auteurs en déprime. Je pense qu’ils sont logés pour cela dans un centre de vacances à Mimizan-plage, dans les Landes. J’en ai vaguement entendu parler par ma copine Josiane qui passe ses étés et a beaucoup flirté par là-bas. Lorsque le rédacteur-vacancier a terminé son manuscrit, il l’envoie au docteur qui le remet à l'auteur. Celui-ci le retouche et repart un peu guéri pour un temps vers de nouvelles aventures. Il va enfin pouvoir à nouveau passer à la télé ou causer dans le poste.

- Mais alors il n'y a rien d'illégal dans la course cycliste ? s'étonna Justin.

- Tout ce qui se trafique dans un paradis fiscal est parfaitement légal même si c'est parfois immoral et Rik Van Looy est bien le meilleur. Il n'a pas besoin d'une quelconque tricherie pour le prouver.

***

Filigrane jeu 73 Quel petit véloLes vacances de Butternot étaient terminées. Le lendemain matin Jason retourna sur le continent. En montant à bord de l'hydroglisseur de la Brittany-ferries il ne fut nullement surpris de renifler l'odeur caractéristique du ragoût de mouton aux haricots de l’English breakfast qui l’avait étonné à l’aller ni d’apercevoir, assemblés autour de deux grandes tables, dix jeunes hommes habillés de costumes noir, portant lunettes noires et chapeaux et occupés à taper sur des machines à écrire portatives.

Jason se dirigea vers eux et dans son anglais faiblard mâtiné de surréalisme belge, de visions Carrolliennes et de précognition de Georges Perec, il demanda aux men in black :

- J'ai tout compris à la disparition mais... Pourquoi des coureurs cyclistes à guidon chromé au fond de la cour ?

C'est le capitaine de l'équipe, Wargrave, qui lui répondit :

- Parce que pour écrire autant d’inepties à la chaîne sans dérailler complètement il faut soit en avoir sous la pédale soit être complètement piqué !

- Et nous on en a et on l’est ! ajouta Claythorne, ce qui déclencha un éclat de rire général de la part des dix nouveaux petits nègres.


Ecrit à l’insu de son plein gré pour Agatha Christie le 20 février 2022 par Joe Krapov.

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25 février 2022

99 dragons : exercices de style. 69, Jupitérien (Défi du samedi n° 704)

Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps, rien n’est pire que l’incertitude et l’impression d’une morosité sans fin qui s’échappe des cailloux, des sables et du ventre qui gargouille.

Aussi quand le dragon Antivax pénètre dans cette riante contrée, la Libye, le 2 février de l’an 303 de notre ère, il s’en donne à coeur joie et à estomac bonheur en bouffant des brebis qui ne lui appartiennent pas.

***

Voici l’enchaînement des faits consécutifs à cette invasion inopinée, tels qu’ils ont été rapportés par l’Agence Lybienne de Presse dans ses dépêches pieusement conservées à la bibliothèque apostolique du Vatican à Rome.

3 février

16 h Communiqué de la FLSEA (Fédération libyenne des syndicats d'exploitants agricoles) :

Quelles que soient les circonstances, chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l’abri de toute violence et de toute pression. La Libye est un pays d’ordre et de liberté, pas de violence gratuite et d’arbitraire. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. La quasi-totalité des gens, plus de 90 %, ont adhéré au contrat social et c’est une toute petite minorité qui est réfractaire. L’immense faute morale d’Antivax est de saper ce qu’est la solidité d’une nation.

Nous attendons du roi et de sa police qu’ils nous débarrassent de cette calamité imprévue.

4 février

10 h Communiqué du grand chambellan, son excellence Passibeth Keuça :

Il n’y a pas de fatalité. Les crises peuvent être, à la fin, des accélérateurs de progrès. Nous devons être au rendez-vous de l’histoire. Et la Libye a tous les atouts pour l’être. Nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les jours heureux. J’en ai la conviction. Prenez soin de vous, prenez soin les uns des autres, et nous tiendrons. Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte. Soyez en assuré·e·s.

1234567304038_111 h Communiqué de l’ALP

Les paysans sont venus brandir leurs fourches sous les fenêtres du palais en lançant des slogans revendicatifs.

- C’est du blabla tout ça ! On n'est quand même pas venus pour beurrer les sandwichs ! Qu’il envoie sa soldatesque filer un coup de seringue au boulotteur ! C’est qu’il a de l’appétit, le dragon réfractaire !


15 h 
Communiqué de l’ASPTT (Association des Soldats Pacifistes Tendance Tranquillou)

Notre monde est, si nous le voulons, à l'aube d'une époque nouvelle, d'une civilisation portant au plus haut les ambitions et les facultés de l'homme. Ruiner cet espoir par fascination pour le repli, la violence et la domination serait une erreur dont les générations futures nous feraient, à juste titre, porter la responsabilité historique. Que notre majesté ait très envie ou pas « d’emmerder » l’Antivax nous chaut peu. Nous restons quant à nous opposés à l’exécution des êtres vivants. L'abolition de la peine de mort est un progrès des droits de la personne qui s'est incorporé à la tradition nationale. Notre responsabilité est de le protéger et de le transmettre. C'est un combat de conquête aussi : il y a un trop grand nombre, certainement sous-évalué, d'exécutions perpétrées dans le monde par des régimes politiques qui ont, pour la plupart, un goût partagé pour le despotisme et le rejet de l'universalité des droits de l'homme. Si le roi désire trouver un liquidateur, qu’il traverse la rue et il en trouvera.

5 février 

Verbatim de la conversation entre Padh-Man Umilhitari, roi de Libye, et son grand chambellan Passibeth Keusah.

P.M.U. - Un royaume, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c’est un lieu où on passe. Parce que c’est un lieu qu’on partage.

PK - Il faut osciller entre humilité et arrogance. Si vous tombez d'un côté, vous devenez soit inefficace soit dangereux.

P.M.U. - J'ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s'ancrer dans de l'immanence complète, de la matérialité. Je pense qu'il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. Les valeurs que porte la foi chrétienne sont, j'en suis convaincu, celles qui permettent de relever nos défis contemporains. Oui je crois en une nouvelle alliance entre l'Afrique et l'Europe.

PK – Vous n’allez quand même pas faire appel à une agence de mercenaires ? Laquelle du reste ? Pfizer ? Moderna ? Ces gens-là, c'est l'amicale des boulistes. Mais sans l'amitié et sans les boules.

P.M.U. - Quelle autre solution avons-nous ? Avec les religions, je le sais bien, dans les prochaines semaines, le port du masque, du voile, du tchador, de la jupe plissée avec collier de perles sera obligatoire dans tous les lieux publics ! Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Mais la femme étant l’avenir de l’homme, dans le futur elles évolueront et porteront une certaine idée de l’Homme, militeront pour la liberté de chacun. Leur cause sera l'universalisme, l’unité du genre humain. L’égalité de tous avant l’identité de chacun. Et ce jour-là mon cher Passibeth, ni vous ni moi, nous ne vaudrons plus une peseta.

P.K. - Forcément, on sera passés à l’euro !

P.M.U. - Nous devons aujourd’hui éviter deux écueils. D’une part, le repli nationaliste. Ce dragon il n’a pas de passeport. Il nous faut unir nos forces, coordonner nos réponses, coopérer. La coordination européenne est essentielle et j’y veillerai.

PK - Et le deuxième écueil ?

P.M.U. - La débandade générale. La reine Birgit ne le supporterait pas.


6 février 

9 h Revendication émise par Antivax, dragon « qu’en a rien à taper du hashtag #balanceton » :

C'est dur d'avoir 20 ans en 303 parce que ce sont ceux qui vivent un sacrifice terrible. Quand on est jeune, on fait la fête, on a des amis. Je ne culpabiliserai personne mais j’ai la dalle et y’a plus de côtelettes d’agneau pour mon breakfeast. Alors désormais on change le menu ! Ce sera une jolie poulette chaque matin ! Et vite, j’ai la dalle !


10 février

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L’ex-légionnaire romain devenu mercenaire, Georges de Lydda, qui a lancé récemment sa start-up baptisée « ARN messenger », est arrivé dans nos murs. Il a fait ses premières déclarations à nos confrères de Radio Tripoli :

- Je crois que ce qui constitue, d'ailleurs, l'esprit religieux, c'est une aspiration constante à l'universel, c'est-à-dire cette tension entre ce qui a été et la part d'identité, qui est cette ipséité stricte, et l'aspiration à un universel, c'est-à-dire à ce qui nous échappe. Ce que révèle cette arrivée de dragon, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer votre alimentation, votre protection, votre capacité à soigner, votre cadre de vie, au fond à d’autres, est une folie.

- Ce qui signifie, en clair ?

- Ça va vous coûter bonbon. Nous devons convertir le plus rapidement possible. Nous sommes une nation de sciences, de lumières. Quand la science nous offre les moyens de nous protéger, nous devons les utiliser avec confiance dans la raison et dans le progrès. Nous devons viser la conversion de tous les Libyens. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent, mais retenons ça. Le jour d'après, quand nous aurons gagné, nous ne reviendrons pas au jour d'avant.

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11 février

Georges de Lydda a affronté le dragon.

- Il y en a beaucoup qui ont essayé de m'intimider, a déclaré Antivax . Comme dirait Michel Audiard, il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes, .

- Je ne suis pas là pour verser le sang ou pour castagner, a répondu Saint-Georges. Faire pousser des roses, ce n’est pas mon truc et puis « thaumaturge », c’était le défi de la semaine dernière, on n’y revient pas. La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je vous signale juste que, sur mes conseils, la roi a fait empoisonner le dernier troupeau de jeunes filles dont vous vous êtes nourri ces derniers jours. Une fois que la viande est ingérée, des puces dites « 5G » pour « Gag : Gérard Gavé = Gogol Gaga» se diffusent dans le corps de l’avaleur sans attendre des années et s’en vont lui détruire les cellules du cerveau.

- C’est des craques ! Je ne sens rien ! a répondu le dragon. Et puis d’abord, comment tu sais que je me prénomme Gérard ?

- Même si vous n'avez aucun symptôme, vous êtes peut-être contaminé et vous pouvez contaminer les autres.

- C’est pas de jeu ! C’est de la triche ! Qu’est-ce que je dois faire ?

- Retournez au désert médical. Voici l’adresse d’un excellent guérisseur qui habite bien loin à l’Est. Il vous faudra marcher longtemps, longtemps, mais vous verrez, ce sont aussi des pays qui valent le déplacement. Allez zou ! En marche !

Le dragon s’est mis en route. Peut-être est-il encore en train de chercher ce fameux Docteur Raspoutine, là-bas, très loin au-delà de l’Hourraloural.

Off the record :

En attendant, la vie a repris comme avant ici. Enfin presque. D’abord il y a ces maudites cloches qui nous rappellent toutes les heures que la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler.

Au palais le grand chambellan les maudit lui aussi, les nouvelles mœurs de la très sainte Eglise, en jurant à travers les couloirs qu’un roi qui ne fait rien n'obtient rien, que « le kwassa-kwassa pêche peu. Il amène du Comorien ». C’est un proverbe ancien qui se moque de Saint-Georges le Romain qui nous a tenu des discours du type « We all share the same responsibility : make our planet great again ! » et qui n’a pas été foutu de rester plus de six mois en vie après son bel exploit sur nos terres !

14 janvier 2022

King Kong comme un ballet ?

Rennes, le 14 janvier 2022

Ça ne va pas ! Ça ne va pas ! Ça ne va pas !

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Qu’est-ce que c’est donc que je ne digère pas ? Récapitulons ! Hier j’ai mangé un opéra. Un gâteau sympa. Dans cette ville-ci sa façade est semi-circulaire. Sur le sommet on a posé neuf muses en pâte d’amande et un Apollon en chocolat. A l’intérieur, ce n’est que du bon : fauteuils de velours rouge, superbe décor, tutus roses, lustre de sucre cristal, perles dorées, spectatrices de choix et jolis messieurs en habit de fête, ce n’est quand même pas ça qui m’a rendu patraque ? Alors ?

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Peut-être la petite fontaine à côté avec sa cerise en forme de tête de femme sur le sucre glace italien ? Je n’en ai fait qu’une bouchée, j’ai à peine senti le goût. Et c’est justement ça qui a commencé à m’inquiéter.




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J’ai passé l’après-midi à chercher une maison close. Oui, je sais,depuis que je sème la terreur dans les parages, toutes les maisons sont fermées, les gens se confinent chez eux en se disant qu’avec un peu de chance je ne les dévorerai pas. Mais il y a une différence entre « fermée » et « close ». Papa m’a toujours parlé des bordels – c’est là leur autre nom – comme d’un mets succulent, un régal composé à parts égales de stupre, de fornication, volupté, luxe, calme et beauté. « C’est fondant à souhait ! » disait-il en levant les yeux au ciel.








3_Im3Il a fini par y partir au ciel et je n’ai pas très envie de l’y rejoindre. Outre qu’il m’a toujours élevé à la dure, je suis sûr qu’il ne me laissera jamais, là-bas, toucher à sa réserve de planètes en sucre d’orge. L’outremangeur n’est pas prêteur, c’est là son moindre défaut. Déjà qu’il a toujours gardé pour lui le palais de Dame Tartine et la maison d’Hänsel et Gretel, ce cochon d’égoiste !

Sinon, qu’est-ce que j’ai pris qui pourrait m’avoir donné ces symptômes à la con ? Je tousse, je ne sens plus les odeurs et ce que je mange a de moins en moins de goût !

Voyons, cherchons. Avant l’opéra j’avais boulotté un EHPAD. D’accord, la barbaque était un poil vieille mais les fauteuils roulants et les déambulateurs qui croquent sous la dent, ça compense bien le petit côté faisandé.

Et puis j’ai bouffé l’école d’à côté. C’est peut-être là que j’ai chopé le virus. Déjà il y avait moins de marmots que d’habitude sur les bancs. Beaucoup parmi eux jouaient à Zorro ou à « Haut les mains, peau d’lapin ! Ceci est un hold-up !» avec un masque sur le nez. Je ne sais pas non plus ce qu’ils trafiquaient avec tous ces coton-tiges. On leur nettoie les oreilles aux minots pour être sûr que le savoir pénètre bien dedans ?

Ouille ! Ouille ! Ouille ! Je douille ! Si ça continue comme ça je vais devoir aller manger une pharmacie. Je sais les repérer, elles ont toutes une croix verte clignotante sur leur façade.Bien sûr, ça n’est pas très bio, c’est plein de produits chimiques mais les jardins de plantes médicinales comme du temps de Papy Gargante, même dans les villes minérales-socialistes, ça ne court pas les rues.

Bon ce sera tout pour aujourd’hui, cher journal. Je vais aller passer la nuit au jardin du Thabor. J’ai l’habitude là-bas de m’étendre sur un espace en pente et j’y ai un sommeil d’Enfer !

Et si jamais je ne vais pas mieux demain au réveil, vaille que vaille j’irai à Pontchaille m’envoyer l’hôpital même si maman m’a toujours dit que c’était un endroit dangereux. A cause des seringues.

N.B. Les deux images sont empruntées au jeu "Dixit" de Jean-Louis Roubira illustré par Marie Cardouat.

19 mars 2021

Projet d'architecte (Défi du samedi n° 655)

G      rossièrement taillé dans la pierre, noirci
A      force de toujours représenter le mal,
R      egardez tout là haut cet étrange animal :
G      argouille ! C’est le nom du monstre par ici.
O      n aurait pu bien sûr représenter aussi
U      n enfançon joufflu urinant sur la foule.
I      l convient avant tout que l’eau de pluie s’écoule.
L      a gouttière choisie eût été plus jolie.
    ’archevêque écarta cette idée trop nouvelle.
E      lle revint, plus tard, moins grandiose, à Bruxelles !

 

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Gargouilles photographiées à Nantes, Loc-Envel, Barcelone et Arques-la-Bataille.

24 avril 2020

Le Jeu d'Émile Uro (Le Défi du samedi n° 608)

Questions bleues de Mme Leprieur d’Agon-Coutainville (Manche)

1) Dans une comptine célèbre, quels sont les deux types d’animaux qu’on arrose lorsqu’on fait pipi sur le gazon ?

2) Que se passe-t-il quand on prend sa vessie pour une lanterne ?

3) A part la transformation des urinoirs en objets d’art, Marcel Duchamp avait une autre passion. Laquelle ?

4) Dans quel pays d’Europe le ciel est-il si gris qu’un canal de l’urètre s’est pendu ?

5) Quel est le nom de la fontaine qui représente un enfant en train d’uriner ?

6) Quel est le chanteur qui pisse comme je pleure sur les femmes infidèles ?


Questions blanches de MM. Serge Lama et Alain Delon de Niort (Deux Sèvres)

7) Quel est le coureur cycliste positif qui urine dans une éprouvette à l’insu de son plein gré ?

8) Est-ce qu’un pisse-froid peut attraper la chaude-pisse ?

9) Dans les pays où il pleut comme vache qui pisse, existe-t-il des tonneaux en forme d’urinoir pour recueillir l’eau de pluie ?

10) Quel réalisateur de cinéma français a été à deux doigts d’intituler son film « Laisse pisser, c’est une valse ! »

 
Questions rouges deM. Giuseppe Bottazzi, dit Peppone, à Bruscello (Italie)

11) Quel est le nom du photographe qui a pris cette photo ?

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12) Quel est le nom du photographe qui a pris cette photo ?

DDS 608 170226 Nikon A 220

13) Dans quelle ville chère à Bongopinot a été prise cette photo ?

DDS 608 pissotiere

14) Dans quel album de ses aventures le pilote automobile Michel Vaillant est-il obligé de consulter un auto-urino-laryngaragiste ?

15) Quel est le nom de cet installateur de sanisettes dont l’associé était M. André Castelot ?


Questions Banco et Superbanco de M. Alexis Raneau, de Bergerac

16) Dans quel film un petit garçon tout nu exhibe-t-il son zizi en déclarant « Si j’aurais su j’aurais pas v’nu !» ?

17) Question super banco attenante : ce film est tiré d’un roman. Quel en est l’auteur ?

18) Quel est le titre de ce roman dans lequel les habitants d’un village du Beaujolais se déchirent à propos de l’emplacement d’une pissotière ? (Pour vous aider ça commence comme par une querelle de clocher et ça se termine en nom d’oiseau).

19) Question super-super banco attenante : qui a écrit ce roman ?

20) Quel écrivain a dit « Je ne connais rien de plus agréable que pisser. Si j'étais riche, je pisserais tout le temps. »


Réponses

1 Les coccinelles et les limaçons.   2 On se brûle.   3 Le jeu d’échecs.   4 La Belgique.   5 Le Manneken-Pis.   6 Jacques Brel (Amsterdam).   7 Richard Virenque.   8 Oui s’il n’a pas froid aux yeux et ne craint pas de fréquenter les quartiers chauds.   9 Je ne sais pas car j'habite en Bretagne où il ne pleut jamais mais ailleurs tout est possible, tout est réalisable.   10 Georges Lautner.   11 Robert Doisneau.   12 Joe Krapov.   13 Sablé-sur-Sarthe.   14 De l’huile sur la piste.   15 JC Decaux (Eh non, ce n’est pas Alain !).   16 La Guerre des boutons.   17 Louis Pergaud.   18 Clochemerle.   19 Gabriel Chevallier.   20 Alphonse Allais.


Un QCM de rattrapage pour les candidats malheureux qui auront marqué moins de huit points ? 

Quel personnage célèbre s’est préoccupé de dispenser avec bonheur des édicules destinés au soulagement vésical de la gent masculine ? 

q  Le directeur du cirque Mérinos

q  Le pape Pie VII

q  L’empereur romain Vespasien

20 mars 2020

Écrire et rire à Villejean… mais pas seulement !

Écrire et rire à Villejean… mais pas seulement !

 

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En ces temps de confinement, l’Atelier d’écriture de Villejean propose les colonnes de son blog pour lire, rire et même écrire.

Joyeux anniversaire, l’Atelier !

25 ans ! S’il n’était pas aussi discret, voire invisible, au sein de la Maison de quartier, l’Atelier d’écriture de Villejean pourrait fêter cette année ses vingt-cinq années d’existence.

Cela fait en effet un quart de siècle que des gens comme vous et moi se réunissent une fois par semaine, le mardi de 18 h 30 à 20 h 30, en salle Mandoline, pour découvrir ou retrouver le plaisir d’aligner les mots d’une drôle de «rédaction» hebdomadaire… mais pas seulement !

Car ici il n’y a pas d’instituteur qui corrige les copies, pas de notes, pas de jugement de valeur. On a même le droit de rendre copie blanche si le petit jeu proposé par l’animateur n’a pas inspiré l’écrivant ou l’écrivante. On a le droit d’être hors sujet, de délirer, de se lâcher, de raconter des tranches de vie, de composer des poèmes, d’inventer des chansons… mais pas seulement !

Vous voulez des exemples de ces consignes d’écritures données par Jean-Paul Legrand, l’animateur, ces derniers temps ? En voici :

- Cours, Kennedy, tout un monde est derrière toi !
Les Etats-Unis nous ont apporté plein de choses : le rock’n’roll, le chewing-gum, Walt Disney, la Harley-Davidson. Dressez-en la liste et classez les en trois colonnes (positif, négatif, indifférent puis racontez en détail votre relation personnelle avec un ou plusieurs de ces éléments (votre accoutumance au MacDo, votre détestation de Donald Trump, etc.)

- La généalogie tintinesque
Sur les pages de garde des albums de Tintin figure une impressionnante galerie de portraits. Imaginez un instant qu’il s’agit de votre propre arbre généalogique. Racontez-nous votre oncle Albert, votre tante Marguerite qui se prenait pour une cantatrice d’opéra. Qui sont ces jumeaux à moustaches, ce marin barbu et tous les autres ?

- Encyclopédie farfelue des compagnons de votre enfance
Expliquez aux plus jeunes qui étaient Zorro, Mary Poppins, François, Claude, Annie, Mick, Dagobert et les autres !

- Le jeu du post-it
Posez des questions pour deviner l’identité dont on vous a gratifié.e

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- Racontez la fin du monde avec humour !
Comment vivez-vous avec cette « attestation de déplacement dérogatoire » ?


Pas si secret que cela !

On imagine bien que de plancher sur de tels sujets n’engendre pas la mélancolie. Malgré sa discrétion qui relève plus de la timidité que d’autre chose l’atelier rend accessibles ses travaux de divagation littéraire.

Par le passé des expositions de textes joliment illustrés ont été présentées dans le hall de la MQV. Depuis 1993 le blog de l'atelier permet de consulter les thèmes d’écriture et certains des textes écrits par les participants. En 2018, à l’occasion des dix ans de Mediapart à Rennes, l’atelier a même réalisé un journal consacré à certains aspects amusants du quartier de Villejean. On peut découvrir dans « Mon amant.e de Villejean » à qui appartiennent les baskets géantes du parc du Berry. On y apprend pourquoi les salles de la Maison de quartier sont désignées par des prénoms. Mais pas seulement !

Lauréat et lauréates du concours Encres d’automne

A force de pratiquer le logorallye, le cadavre exquis ou le lipogramme, les écrivant.e.s ont acquis une aisance d’expression et une maîtrise du récit court qui ont trouvé leur récompense à la bibliothèque de L’Hermitage. Depuis douze ans maintenant la médiathèque de cette commune à l’Ouest de Rennes organise le concours «Encres d’automne». Les membres de l’atelier y participent. Ils doivent rédiger un texte d’une page dans lequel ils insèrent quinze titres de romans récents acquis par la bibliothèque.

Jean-Paul a gagné un prix spécial du jury, Eliane a remporté ensuite le 1er prix, puis ce fut le tour de Dominique l’année suivante. Elle a ensuite gagné le deuxième prix. En 2018 le titre est revenu à Anne-Marie.

En 2019 Maryvonne a été sélectionnée parmi les douze textes retenus par le jury. Elle a eu droit à une belle lecture de son texte par le comédien Michel Monestes lors de la cérémonie de remise des prix.

Tout le monde attend avec impatience le palmarès 2020 !


Temporairement ouvert à toutes et à tous sur Internet !

Nous terminerons ce tour d’horizon en signalant que l’atelier ne recrute que peu de nouveaux membres. Ce monsieur et ces dames sont déjà une bonne douzaine, ce qui est le nombre idéal pour ce genre de rendez-vous. Mais pas seulement ! Cela permet aussi de couper en parts égales un gâteau d’anniversaire qu’on leur souhaite bon !

Compte-tenu du confinement généralisé, l’atelier ouvre temporairement les colonnes de son blog à qui veut bien tenter l’expérience par Internet. Une consigne paraît le mardi soir et vous avez une semaine pour pondre un texte, le taper et l’envoyer à jeanpaul.legrand [arobase] free.fr

Pour plus de précisions, voyez ici : http://aevillejean.canalblog.com/archives/consigne_d_ecriture/index.html

Joe Krapov


Ecrit pour le blog Histoires ordinaire/Villejean le vendredi 20 mars 2020.

19 janvier 2018

LES BELLES HISTOIRES D’ONCLE FRIEDRICH. 2, Wagon de train.

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Dans le train de 8 h 24, les banquettes étaient en bois, les voyageurs étaient face à face ou dos à dos et il y avait une étroite allée centrale. Dans celui de 7 h 14 on accédait et descendait par des portes très étroites qui ne laissaient le passage qu’à une seule personne à la fois.

Mais dans celui pour Paris il y avait un long couloir et des compartiments. A l’intérieur de ceux-ci il y avait quelquefois, au-dessus des sièges, des photos en noir et blanc – en sépia ? – qui représentaient des paysages de France. Un célèbre dessin de Jean-Jacques Sempé représente un de ces wagons-là et le paysage qu’on aperçoit par la fenêtre est exactement celui qu’on voit dans un des cadres.

***

Le jeune homme s’appelait Arthur R. Il était âgé de seize ans et n'avait pas un rond sur lui. Peu avant l’arrivée du convoi pour Paris il avait contourné la gare et sauté par–dessus la barrière en ciment ajouré. Il s’était retrouvé sur le quai. C’est qu’à l’époque encore un contrôleur vérifiait au départ et à l’arrivée des trains que chaque voyageur possédait bien un billet lui permettant d’effectuer ce voyage-là et pas un autre.

Pour Arthur R ce voyage-là était LE voyage. Il jouait sa vie à quitte ou double. C’était sa première fugue qu’il espérait bien définitive. Marre de la ville de C., suprêmement idiote parmi les bourgades provinciales. Marre de la Mother qui ne comprenait rien à son art, à son amour de la composition, à son ambition de devenir un artiste. Pour percer, pour être reconnu, il fallait qu’il monte à Paris. C’est là que tout avait lieu, dans toutes ces salles prestigieuses, sous les lumières électrisantes des cafés où la vie intellectuelle était trépidante. Même si elle n’avait été qu’un peu pidante ça aurait quand même arrangé Arthur R. Il pourrait montrer ici ce qu’il valait alors qu’à C. personne ne comprenait. Et voilà pourquoi votre fils Arthur « brûle le dur », Madame R.

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Hop ! Hop ! Ni vu ni connu… Caché derrière un voyageur à chapeau melon Arthur échappa à la surveillance du chef de gare et monta dans le wagon. Quand le coup de sifflet retentit et que la vapeur de la locomotive s’éleva dans le ciel, le train s’ébranla lentement. Arthur ressentit alors la joie d’avoir pour ainsi dire cocufié l’agent des chemins de fer.

Il s’installa dans un compartiment où il restait une place libre. Les bourgeois qui montaient à la capitale observèrent d’un sale œil son regard effronté et gaulois, sa tignasse abondante et mal peignée et ses croquenots de campagnard qui renardaient quelque peu. « Je n’ai pas pris le temps de changer de chaussettes » songea-t-il et il reconnut dans cette phrase un alexandrin parfait.

DDS 490 controleur-tierce-OrdnerSeule âme apparemment bienveillante dans le compartiment, une jeune femme à chapeau fleuri semblait être tombée en extase, le regard fixé sur les mains fines et les longs doigts d’Arthur, signes d’une hypothétique et toute musicienne délicatesse. Peut-être y aurait-il eu ici une idylle à nouer, peut-être que tout aurait tourné autrement s’il n’y avait pas eu à l’époque des employés qui se nommaient « contrôleurs » et qui faisaient la chasse aux fraudeurs, aux resquilleurs, aux migrants économiques sans titre de transport. Il paraît qu’ils existent encore aujourd’hui et qu’ils sont beaucoup mieux armés que jadis : la douchette à flashcode plutôt que la pince à tiercé ou la poinçonneuse de couleur lilas.

Si moi-même je suis terrifié lors de leur passage dans les TGV que j’emprunte – et que je rends (et pourtant je vous fiche mon billet que je le paye toujours) ! – on imagine la frayeur du jeune Arthur R. lorsqu’il entendit à l’autre bout du couloir le cri de guerre du chef indien à casquette : « Contrôle des billets Sioux plaît M’sieu Dames !».

Ni une ni deux, Arthur plongea sous la banquette. Son admiratrice au chapeau à cerises épandit ses jupes le plus largement possible pour qu’il échappât aux regards. Mais les messieurs sérieux renâclèrent. Il y a même fort à penser que l’un de ces citoyens fit preuve d’un respect particulièrement putassier de l’ordre républicain et des règlements établis par le voyagiste. Plus faux-cul que la crinoline « cache-cache » de Mademoiselle Lelongbec il indiqua au représentant de la police des trains, par force grimaces et mimiques, la présence au sol d’un contrevenant.

***

Je vous la fais brève, comme disait Manuel De Falla en parlant de la vie. "On ne va pas y passer la nuit, mon chauve !" comme disait Moussorgsky à Borodine dans les steppes de l’Asie centrale.

Comme ça ne rigolait pas plus que maintenant en ce temps-là du côté de la maison Poulaga, Arthur R. fut alpagué brutalement, menotté à l’arrivée à Paris, embarqué dans un panier à salade et conduit à la prison Mazas. Il y connut l’horreur de la promiscuité, des sales odeurs de la tinette, du délire des pochards avinés, du mépris des putes grossières, de l’inhumanité des flics pas commodes et des matons blasés.

Bref il passa une semaine au violon et en sortit dégoûté à jamais de cet instrument. Quand un ami de ses parents l’eut ramené dans sa famille il se fit une raison et reprit ses études de piano et de Chopin.

A force de travail et de persévérance Arthur Rubinstein devint un très grand artiste dont l’immense talent fut reconnu dans le monde entier.

***

Comme quoi, mes chers neveux et mes chères nièces, il importe toujours de suivre le droit chemin et de ne jamais dévier de la consigne quand on veut faire fructifier son bagage.

Extrait de « Par-delà le bien et le noch ein Mal » de Friedrich Nichts.

22 février 2020

Que sont mes ami·e·s devenu·e·s ? (Défi du samedi n° 600)

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Mimosa ! J’ai été très content que Marina B. me réponde, à l’énoncé de ce nom-là : « Il n’y avait pas un personnage de bande dessinée qui s’appelait comme ça ? ».

Bien sûr que si ! C’est à lui que j’ai tout de suite pensé quand j’ai lu ce mot, samedi dernier, sur le site du Défi. Mimosa ! Le fils adoptif de Popeye et d’Olive Oyl !

Il faut dire que la bande dessinée est devenue un passe-temps quasi-quotidien chez moi. J’ai toujours eu un caractère à aimer bien les phylactères et certain·e·s d’entre vous ne manqueront pas l’occase d’ajouter qu’il me manque une case et que j’aime à coincer la bulle plutôt qu’à me mêler des conciliabules du pape ou de Slavons.

Mimosa ! Pourtant on ne lisait pas Popeye, chez nous. Où cela paraissait-il d’ailleurs vers 1964 ? Il y avait bien quelques dessins animés grappillés à la télé chez le fils du pâtissier le jeudi après-midi mais en bédé, sur papier ? C’était chez Suzanne Ambert, en fascicules de la SFPI à trois francs ?

Au secours, Madame Wikipe !

Swee’ Pea (P’tit pois) apparaît le 28 juillet 1933. Enfant abandonné devant la porte de Popeye, il est adopté par le marin, véritable papa poule, et Olive, plus distante. Il se déplace toujours à quatre pattes dans sa longue chemise de nuit et arbore une casquette de marin. Malgré son âge, il est très intelligent. Si au début, il ne dit que « Glop », son langage s'étoffe peu à peu. C'est un des personnages principaux du comic strip post-Segar.

Passons sur ces questions de spécialistes. Interrogeons-nous plutôt, à partir de ce souvenir de pop-culture, sur le fait que les héros de papier ne vieillissent pas, contrairement à nous qui nous prenons un an dans les dents et tout ce qui va avec à chaque date anniversaire de notre naissance.

Et si, d’un seul coup d’un seul, comme dans l’invraisemblable saison 2 des aventures de Michel Vaillant, les héros de notre enfance revenaient, dotés d’un fils et d’un neveu de dix-huit ans, avec les mêmes syndromes de vieillissement que ces gamins ou que nous-mêmes, voudrait-on encore d’eux pour conduire des bolides sur les circuits de course automobile ? Oui, je sais, il n’est plus question de retraite pour quiconque depuis que le président Bérézina est au pouvoir.

Mais creusons l’idée quand même. A votre avis, que sont-ils devenus, une fois devenus grands, Mimosa, Soupalognon y Crouton, Fantômette, les gamins du Club des cinq ou du Clan des sept ?

On joue ? On joue ! Je lance quelques suggestions, vous complèterez avec vos propres références livresques, cinéphiliques ou Tintinophiles dans la zone de commentaires.

Boule et Bill : le petit garçon est devenu vétérinaire, le chien est enterré au cimetière d’Asnières. C’est ça aussi, le désavantage de vieillir, c’est qu’il faut un jour se départir un peu.

Sylvain et Sylvette : ont fait fortune en devenant designers pour une maison de bonnets de nuits

Soupalognon y Crouton : est devenu sportif de haut niveau. A remporté la médaille d’or d’apnée juvénile aux jeux olympiques de Barcelone en 38 avant Jésus-Christ

DDS 600 TintinAbdallah (dans Tintin © M**lins*rt-les-Gommettes) : Agent des services secrets d’une contrée pétrolifère. Occasionnellement découpeur de journalistes en consulat.


Le Petit Nicolas
: a fait partie du Big bazar de Michel Fugain, a cherché à se faire élire président de la République en 2012 puis est devenu producteur musical (Notre Dame de Paris, Kids United) sans sombrer dans la mégalomanie ni dans la colombophilie.
 

DDS 600 Le Club des cinq arrête-l-alcoolLe Club des cinq : leurs aventures à l’âge adulte sont désormais relatées par Bruno Vincent mais je n’achète plus que des livres sur le jeu d’échecs. Je télécharge aussi des e-books gratuits mais pas pour les lire, juste pour les posséder. C’est mon petit côté Onc’ Picsou. J’adore plonger et nager dans le bonheur de ma bibliothèque-piscine virtuelle !

Le petit garçon de la chanson de Claude François « Le Téléphone pleure » : sa maman s’est mariée sept fois et vient d’entrer à l’Epahd du Lundi au soleil à Lay-les-roses. Ce n’est pas pratique pour lui de passer la voir régulièrement vu qu’il est archéologue et qu’en ce moment il fait des fouilles à Alexandrie avec son épouse Alexandra. Heureusement il y a ses demi-frères et demi-soeurs un peu marteaux qui s'occupent ferme de son bonheur.


Charlie Brown des Peanuts
: a fini par épouser la petite fille rousse. Il tient un magasin de cerfs-volants à Montélimar mais il paraît que la vie là-bas n’est pas toujours du nougat.


Riri, Fifi et Loulou ont été transformés en pâté de canard périgourdin, médaille d’or au concours général de Paris 1998.

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Et, pour boucler, Mimosa, justement ? Il est devenu ingénieur agronome à l’INRA et travaille à l’Agrocampus de Rennes au sein de l’équipe Spinach+. Késaco, Spinach+ ? L’objectif de ces chercheurs et chercheuses est d’obtenir des épinards qui soient d’une teinte rose ou jaune citron afin que nos bambins à nous mangent d’avantage de ces légumes-là qui sont si bons pour le corpore sano de notre mens sana grâce au fer qu’ils ne contiennent pas.


Thats’s all folks !

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28 décembre 2018

Au pied de six troènes

Ne lycoperdons pas de temps
Appuyons sur le champignon !
Allumons tous nos lumignons
Suivons la route en cahotant
Amis 6 basidiomycètes !

Champions de spore automobile
Au bruit des vesses de loup qui pètent
Affrontons l’énorme tempête
Du futur qui nous obnubile
En passant gaiement nos vitesses !

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Il n’y a d’amanite qu’amère
Et le bolet rote au ravin
Avec des bruits de chanterelles !
Entends ces chants de collybie
Et ces concertos de Coprin !

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Le clitocybe nébuleux,
Prends donc pied velouté, voisine,
Lorsque l’entolome est brillant
Et le gymnopile pénétrant !
O le délicieux lactaire !

L’inocybe de patouillard
Lorsque la nonnette est voilée
Russule émétique et fétide
Et pleurote du panicaut
Sur la xylaire polymorphe.

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Ne lycoperdons pas de temps
Appuyons sur le champignon !
Fuyons le vain haineux !
De ce rallye nocturne
Devenons les champions !

Giro Girock’n’roll !

16 avril 2019

Les petites leçons d’égalité d’Elise Gravel

Les petites leçons d’égalité d’Élise Gravel

 

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Comparativement au flot d’informations qui sortent des téléviseurs, des radios et des ordinateurs voisins, les trois petites affiches apposées sur la vitre de la Bibliothèque municipale de Villejean font figure de petits coquillages lancés dans l’océan.

Elise Gravel

Et c’est bien dommage car les petits dessins d’Elise Gravel constituent de petites leçons d’égalité et de liberté fortement appréciables. Ce discours humaniste et humoristique en images enfantines nous vient du Québec. L’auteure, Elise Gravel, est une graphiste qui vit à Montréal et a déjà publié une trentaine de livres pour enfants.

Les affiches exposées à la Bibliothèque parlent des stéréotypes de genre («Les filles peuvent être bruyantes, grognonnes, puantes, ridicules, fortes, meneuses, fâchées, sales, drôles… et ne laisse personne te dire le contraire !») et de la liberté  («Tout le monde peut aimer les licornes, la lutte, la lecture, la planche à roulettes, les blagues de pet et la cuisine !»).

Une bonne partie de son travail est en accès libre sur son blog http://elisegravel.com/. On y trouve plein d'animaux aux couleurs superbes et de petits bonshommes rigolos. Si vous êtes parent.e.s de jeunes enfants vous pouvez même imprimer des affiches et des dessins à colorier http://elisegravel.com/livres/dessins-a-colorier/ pour vos petiot.e.s.

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Il ne manque qu’une chose à Elise Gravel, c’est d’être décrétée d’utilité publique mais elle est très contente de voir son travail utilisé dans les écoles et les bibliothèques. C’est pourquoi, pour terminer, en la remerciant, elle, ainsi que les bibliothécaires de Villejean qui nous la font découvrir, nous lancerons à nouveau ce cri d’un grand ancien : « Vive le Québec libre ! ».

Joe Krapov

12 octobre 2018

En bateau, Chassériau !

Vous voulez vraiment que je vous arnaque en vous parlant d’arnaque ? 
Pas de problème !

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- Non mais tu te rends compte, Kiki ? Ce type qui monte dans la voiture, c’est le présentateur de la météo à la télé ! Il nous a prévu un temps superbe pour toute la semaine et lui il se balade avec un imper et un parapluie ! Quelle arnaque !

- Wharf ! Wharf ! [Traduction : Pauvre Isaure Chassériau ! Qu’est-ce que tu peux être crédule !]

23 juin 2017

QUATRE AUTEUR(E)S SUR LA HAUTEUR

1
Forcément
Retors
Et
Décalé

Voici
Adamsberg de
Retour.
Gare à l’
Araignée
Sournoise !

2

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Mortifèrement
Affalé,
Reclus,
Cherchant l’
Endormissement
Libérateur, ce

Plumitif
Refile à notre
Oncle
Une allergie au
Snobisme
Terrifiante !

3
Joie
Baroque !

Médecin
Origénial !
L’
Ironie
Est
Royalement
Envoyée !

4
C’est
Hebdomadaire,
Eblouissant,
Roboratif,
Eclatant !

J’
Ouïs son
Yoddle
Enthousiasmant,

Drôlissime,

Issu
Orgasthmatiquement du Middle-
West
Américain

1 juin 2018

SORTIR DE SA BULLE

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En aurai-je vu défiler, des phylactères !

Et qu’est-ce que je pourrais vous soûler avec cet itinéraire qui va de Placid et Muzo à Fabcaro en passant par les héros de Vaillant, Pif-Gadget, Tintin, Spirou, Pilote, Charlie Mensuel, A suivre, Fluide glacial…

Comme j’ai décidé de faire court je vous livre juste un petit jeu très facile. Saurez-vous trouver quel personnage de bande dessinée a prononcé ces paroles dans un phylactère si mémorable que je m’en souviens encore ?

1 Bretzel liquide !
2 Je suis mon cher ami très heureux de te voir !
3 C’est un Alexandrin !
4 Je veux être calife à la place du calife !
5 I’m a poor lonesome cow-boy far away from home
6 Et combien de sucres dans thé à toi, subséquemment mille tonnerres ?
7 Ne négligeons pas le fait que je suis peut-être génial !
8 Pas glop ! Pas glop !
9 Ils sont fous ces Romains !
10 Je ris de me voir si belle en ce miroir
11 Venise sera ma fin
12 Je dirais même plus
13 M’enfin ?!

A Bianca Castafiore
B Corto Maltese
C Dupond (ou Dupont ?)
D Iznogoud
E Le Concombre masqué
F Lucky Luke
G Numérobis
H Obélix
I Panoramix
J Pifou
K Snoopy
L Tempête rose (dans un album de Chick Bill)
M Gaston Lagaffe

Finalement, je suis bien content ! Mon intention première sur ce défi était de coincer la bulle !
Comme quoi je peux encore en sortir, de ma bulle !

Pour avoir la solution de l'énigme, retournez l'écran de votre ordinateur ! ;-)

sOLUTION DU JEU 509

18 mai 2018

Si Louis dort, est-ce bien utile de l’éveiller ?

DDS 507 Pistoles en stock Arthur

LE NUMISMATE - "Hé ! Ho ! On n’est pas aux pièces !" comme dit le numismate ! Et qu’est-ce qui vous prend, d'abord, d’entrer sans sonner dans l’arrière-boutique où je roupi(ll)e ? J’ai quand même bien le droit de piquer un som de temps en temps, non ? Vous n’allez pas en faire un dram d’avoir dû attendre cinq minutes ?

LOREILLE - Désolé, Monsieur, mais il s’agit d’une urgence ! Nous avons absolument besoin de vos talents d’expert !

LE NUMISMATE, les ramenant dans la boutique - Aboulez la monnaie ! C’est cinquante euros !

LARDU (à voix basse à Loreille) - Boudjou ! C’est cher ! Il pratique des tarifs de yen, ce charognard !

LOREILLE – Pendant que mon collègue vous fait un chèque, je vous expose notre problème. Hier après-midi M. Lardu et moi nous déchiffrions le terrain dans le petit bois derrière chez moi.

LARDU – Celui où il y a un peuneu.

LE NUMISMATE – Je pense que vous défrichiez, plutôt !

LOREILLE – En déterrant une souche avec une pioche on a entendu « Klong !».

LARDU – Et on a trouvé ce coffre métallique. Il est rempli de pièces bizarres.

Le Numismate examine les pièces une par une et reste silencieux. Puis :

LE NUMISMATE – Messieurs, c’est un grand jour à Mark-er d’une pierre blanche ! Je crois que vous avez mis la main sur le trésor de Monsieur Sequin, le célèbre curé éleveur de chèvres du midi de la France !

LOREILLE – Ah ? Et en tant qu’inventeurs ça va nous rapporter beaucoup ?

LE NUMISMATE – Pas une peseta ! Ce sont là des oboles versées pour le denier du culte ou lors des quêtes effectuées pendant la messe ! Il n’y a ici que des monnaies d’avant l’euro ! Elles ne valent pas un peso ! Des centimes, des sous, des couronnes tchèques, des escudos portugais, des lires italiennes, rien que des monnaies qui n’ont plus cours !

LARDU – Et on vous a payé cinquante euros juste pour entendre ça ?

LE NUMISMATE – Attendez, attendez, je n’ai pas fini ! Les pièces ne valent rien mais pas contre, comme je suis collectionneur, je vous rachète tous les boutons de culotte que les drôles de paroissiens ont donnés à la quête.

LOREILLE – Combien ça nous rapporterait ?

LE NUMISMATE - Trente euros.

LARDU – Attendez, ils sont vachement jolis, ces boutons. Ca vaut certainement plus, non ?

LE NUMISMATE – Allez, vous m’êtes sympathiques, je monte jusqu’à cinquante mais c'est mon dernier prix. Et du coup, comme la transaction est blanche, je déchire votre chèque et on est quittes !

Loreille et Lardu statère du regard et décidèrent d’accepter. Ils sortirent les boutons de la malle au «trésor», les laissèrent sur le comptoir, saluèrent le numismate et quittèrent la boutique avec leur coffret sans valeur sous le bras.

LE NUMISMATE, resté seul – Baht d’affaire ! Ah les gourdes ! On dirham ce qu’on voudra mais c’est quand même un sacré coup de bol que ces deux idiots-là aient mis la main sur ce coffre ! Il contenait la collection de boutons pour habits royaux dont le curé avait hérité après le décès de la marquise de Maravédis de Piastre-Pistole ! Et quelle chance qu’ils soient venus me trouver, moi, Louis Bienloti, qui connaissais cette histoire ! Allez ! J’ai gagné ma journée ! Je me sers un petit birr, je ferme la boutique, je contacte le musée Carnavalet pour leur vendre les boutons et après je retourne roupi-er !

28 juillet 2017

ECRIRE A RIMBAUD ? 1, Tulipes

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Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

«En avant Fanfan la Tulipe
En avant, La Tulipe, en avant !»

Comment puis-je nommer autrement que «Poésie» ce dérèglement de tous mes sens qui va me faire écrire, partant d’une photo de tulipes, sur Gérard Philipe, les Choeurs de l’Armée rouge et le cimetière marin de Sète ?

«Alchimie du verbe » ? Le Défi du samedi, depuis de nombreuses années déjà, nous incite à mélanger les nôtres avec des adjectifs et des noms propres (ou pas), ce sous la houlette d’un chimiste en chef promu depuis peu expert en «éprouvettes» (ou alors c’est moi qui fatigue !).

DDS 465 affiche Fanfan la tulipe

«Yoyotage de la touffe» ou «Alzheimer précoce» ? Peut-être ! Ces résurgences de  «pop culture» qui me taraudent et qui m’occupent te feront, sans doute aucun, une belle jambe à toi qui dors sans l’une et même sans étoiles sous la terre de Charleville.

C’est donc bien l’interprète du «Fanfan la Tulipe» de Christian-Jacque, le sieur Gérard Philipe, que cette photo de tulipes m’évoque en passant par le biais de la chansonnette introductive d’Emile Debraux, pondue en 1819.

J’ai dû voir ce film quand j’étais enfant et cela ne rajeunit personne. La télé était en noir et blanc, le film aussi et la vie en sépia ou, au mieux, en couleurs de Polaroïd. Pour les gens de ma famille ce Gérard Philipe était déjà une icône de la même manière que toi, mon Arthur sans saisons ni châteaux, tu en es une pour moi.

Il y avait à la maison le disque 33 tours du «Petit prince» sur lequel le plus admirable des acteurs prénommés Gérard prêtait sa voix à l’avia-narra-teur tombé en panne dans le désert et à qui Georges Poujouly demandait : «S’il vous plaît, dessine-moi un mouton ?».

DDS 465 Le Cid

Quelques années plus tard nous l’avons retrouvé en Cid campeador dans le Petit classique Larousse de la classe de 6e ou 5e et son portrait dans ce costume positionnait beaucoup plus haut dans nos esprits, par-dessus la guerre froide et les «Ôte-moi d’un doute », la grandeur de la littérature et du théâtre classiques.

On aurait sans doute pu nous donner encore à voir «Le Rouge et le noir» et «Le Diable au corps» mais entre-temps la musique yéyé, les duels Anquetil-Poulidor, la rivalité Stones-Beatles, Astérix et les héros de«Pilote mâtin quel journal» étaient arrivés et ça nous intéressait aussi. C’est ça, la pop culture : c’est ce qui te détourne de la littérature et de la réflexiture.

Chez nous Gérard Philipe était surtout «un camarade». Un des «copains» de mon grand-père à l’instar d’Aragon, Picasso et Jean Ferrat et de ceux qui ont suivi, comme tu le fis toi-même pendant la Commune de Paris, le rêve d’un Homme résolument moderne voire nouveau. Pour ma part je ne mets pas de majuscule à «homme» et j’ai toujours préféré l’antique !

J’ai bien repensé à cette époque-là l’autre jour en cherchant sur Internet les paroles forcément bretonnes et les accords heureusement simples du premier tube d’Alan Stivell, «Tri Martolod yaouank». C’est que je suis tombé alors sur cette vidéo-ci et je me suis trouvé très heureux de ce partage inattendu de langues, de musiques et de culture populaire entre ces Russes et ces Bretons-là, réunis pour le plus grand plaisir de mon seul et unique neurone. 

 

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De la même manière ce sont des camarades roumains qui m’ont permis de remettre la main sur cette bande dessinée-là, qui paraissait dans un journal de la même famille d’utopistes, où Gaty et Nortier avaient redonné à Fanfan la Tulipe les traits de Gérard Philipe.

Comme je pense tout à coup à Claude Rich qui vient de disparaître et que j’aimais bien aussi depuis «Je t’aime, je t’aime» d’Alain Resnais, et en me rappelant également une autre icône de ce temps-là, le cosmonaute Youri Gagarine, j’en viens à me demander comment il se fait que certaines personnes ont cette aura si particulière, cette humanité sans fanfaronnade, ce sourire charmant et ce pétillement dans le regard qui nous les rendent si proches de nous et, à jamais, aimables ?

Je suis retourné récemment dans le village où tous ces souvenirs d’enfance avaient, autrefois, statut de réalité ambiante. Comme je m’y adonnais à des travaux de peinture de porte et que dans la pièce à côté un reportage télévisé sur la ville de Sète était diffusé, je me suis interrompu pour aller admirer des images paisibles du cimetière marin de cette cité. Je me suis dit que j’irai un jour saluer l’oncle Georges qui chantait à l’époque de «Fanfan» et de «Lorenzaccio» ses gaudrioles uniques, poétiques et essentielles.

Si je passe un jour à Ramatuelle, j’irai saluer Gérard Philipe. Je déposerai peut-être une tulipe sur sa tombe ? Pas sûr. C’est que je ne suis pas très doué en matière de recueillement mélancolique. A ce propos d’ailleurs, mon cher Arthur, je suis désolé de n’avoir pas fleuri ta demeure dernière. Je ne suis pas du genre à jeter des fleurs aux gens qui sont toujours vivants en moi.

Mais le cœur y est !

DDS 465 gerard-philipe-le-cid-1305Bon vent à toi !

 

P.S. 1 : Réponse supposée d’Arthur :

- Et la tombe de Gina Lollobrigida, Joe Krapov, elle sent la mozzarella ?
- Désolé, Arthur, cette dame est toujours vivante !

P.S. 2 :

Dérèglement de tous les sens ? Dérèglement de tous les sens ? En consultant Wikipédia je découvre un autre lien surprenant entre Arthur Rimbaud et Gérard Philipe : tous les deux sont décédés à l’âge de 37 ans !

24 mars 2017

FORCE-TOI, CAR TU ES BONNE PÂTE !

N     ous les regardons, sidérés, avec l’appétit qui retombe :

O     n dirait un plâtras épais de gélatine anglaise molle,

U     n enchevêtrement pervers d’asticots qui feraient la bombe,

I      gnorant qu’au dos des affiches est destiné le pot de colle.

  es mollassonnes, les nigaudes ne vont pas pointer chez Engie ;

L     es niaises ont leur blancheur de dindes de Bressuire !

E     lles sont le maître étalon, par plats, du manque d’énergie

S     urtout lorsque le maître-queux, distrait, les a laissé trop cuire.

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24 juillet 2016

Devinette d'été

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Chers Défiant(e)s du samedi, un animal incongru est caché dans cette image. Saurez-vous le découvrir ? Si oui vous comprendrez pourquoi les carreaux sont cassés !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Eh oui, il s'agissait bien d'un kangourou !

(T'es pas le mauvais cheval, Joe Krapov, mais de temps en temps ce serait bien que tu retournes dans ton box(e) !)

7 novembre 2014

FAIRE SON CIRQUE

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 Dans mon costume de couleur
J'attends qu'ait fini l'écuyère
Pour m'élancer dans la lumière,
Dans le cercle du projecteur.

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Voilà qu'on lance la musique
Et que déboule Triboulet.
Le clown travaille sans filet
Son numéro tragi-comique.

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Le défilé des éléphants,
Une fois qu'ont barri leurs trompes
N'est rien à côté de ses pompes
Qui font bien rire les enfants.

 

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 Nez rouge, cheveux en bataille, 
Visage blanc, sourcils charbon,
Il cabriole, il fait des bonds,
Il se fait courser, il se taille

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Puis il grimpe sur une échelle,
Annonce qu'il va s'envoler.
Tout un chacun de rigoler
Mais soudain, scène exceptionnelle,

Joe Krapov pour timbre

Il devient la femme canon,
Il traverse le pavillon
Et se transforme en papillon !
Quel magicien, crénom de nom !

***

Oui, la prestation est truquée !
Il y a forcément un complice
Malle, rideau, autre artifice,
Substitution alambiquée.

Afin de lever le mystère
Visitez la ménagerie,
Découvrez la supercherie :
Une cage à lépidoptères !

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28 février 2014

LE DOIGT ET LA POUDRE

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La pirogue glissait rapidement sur l'eau. Ils entrèrent dans un canal qui débouchait de l'autre côté de la rivière. Il était très étroit et l'embarcation y passait de justesse. Ils pointèrent la pirogue vers le canal. Ils avançaient lentement, tête baissée, à cause des branches qui pendaient au-dessus de l'eau. Après avoir fait une centaine de mètres, ils aperçurent le fleuve, négocièrent le virage et prirent la direction de Davenport où ils avaient l’intention de faire escale.


Il y avait là, sur la rive droite du Mississippi, l’auberge de Big John Crosby et l’habitation de Scott Young le trappeur à qui ils livraient eux aussi à l’occasion le produit de leur chasse. Big John n’était plus le même depuis que la rivière avait emporté sa petite Emmylou. Il s’adonnait à l’eau de feu plus que de raison pour y noyer son chagrin. Scott Young était un homme honnête mais les trois Cherokees se demandaient si ses deux fils seraient à la hauteur pour reprendre l’affaire de leur père. Le deuxième surtout n’avait rien de guerrier, frêle, souvent malade lorsqu’il était enfant, avec un regard noir et torturé, toujours fourré dans les bouquins, à lire tout ce qui lui tombait sous la main.


- Qu’est-ce que tu fous, Dragging Canoe ? Tu as failli nous faire chavirer !

- Désolé ! On vire à droite, Sequoyah ! Il y a un bateau en face !
- Qu’est-ce que c’est que cet engin ? Une canonnière ?
- Mettons-nous à couvert sous les lianes et observons.

Regarde m’man, il y a un bateau blanc sur la rivière ! Il a une cheminée rouge, il arbore un drapeau,et il y a un homme sur le pont. Tu f’rais bien d’appeler Big John ! Je n’pense pas que ce raffiot-là vienne pour nous distribuer des lettres ! Il est à moins d’un mile maintenant. J’espère qu’il ne va pas s’arrêter ! Il a des numéros inscrits sur sa coque. Il porte un grand canon et il déplace de grosses vagues !

 

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C’était effectivement un grand bateau blanc, avec une cheminée rouge et un long canon à l’avant. Il remontait silencieusement le fleuve et d’ici trois ou quatre minutes il serait à hauteur des deux bâtiments en rondins de bois de Davenport. Sur le quai, le deuxième fils de Scott avait aperçu lui aussi le navire. Il semblait hésiter sur ce qu’il devait faire. Il cria en direction de quelqu’un à l’intérieur de la maison mais ni son père, ni son grand frère ne sortirent pour le rejoindre. Sans doute étaient-ils partis chasser ou relever leurs pièges ?

Papa est parti et mon frère chasse dans la montagne.

Big John serait-il de bon secours ? Il boit trop depuis qu’Emmylou s’est noyée dans la rivière. Du coup c’est moi qui représente l’autorité mais j’ai bien trop souvent tendance à tergiverser. Je viens juste d’avoir 22 ans. Je me demande bien quoi faire face à ce truc. Et plus elle se rapproche, cette canonnière, plus l’hésitation en moi augmente !

Le gamin entra dans sa demeure et en sortit avec une carabine presque aussi grande que lui. Il demeura en retrait du quai de débarquement, posté derrière un tonneau.

Avec le fusil de mon père entre les mains, je me sens plus rassuré. Papa m’a toujours dit : «Si tu vois rouge mets-toi à courir ! Ne te soucie pas des chiffres ! ». Qu’est-ce qu’il a bien pu vouloir dire ? Quand le premier coup de feu a frappé le quai, j’ai vu arriver mon destin en même temps que la réponse ! J’ai ajusté le fusil tout en me demandant pourquoi je faisais cela, pourquoi ils nous tiraient dessus. Et puis il y a eu un grand trou noir, mon visage a éclaboussé le ciel, et je suis tombé à la renverse.

Il dut y avoir une mésentente de part et d’autre. Ou alors les occupants du navire n’étaient pas des représentants des autorités américaines. Toujours est-il qu’un type en maillot rayé et en casquette tira deux coups de fusil en direction de Davenport. Ses balles ricochèrent sur le quai de débarquement. Qu’est-ce qui se passa dans la tête du gamin ? Il épaula son fusil, mit son doigt sur la gâchette mais avant que la poudre ne parle, une balle mortelle l’atteignit.
Le bateau ne s’est pas arrêté. Quand il est passé près de nous notre canoë s’est soulevé comme poussé par un raz-de-marée puis le fleuve s’est calmé et le troisième d’entre nous, un vieux chaman qui avait pour nom Cheval fou se mit à psalmodier dans notre langue quelque chose qui signifiait :

Eloigne de moi la poudre à fusil, le doigt trop leste ! Empêche-moi d’appuyer sur la gâchette du bâton de feu ! Pense à moi comme à quelqu’un dont tu n’aurais jamais cru qu’il se serait effacé si jeune avec tant de choses non finies, non vécues. Rappelle-toi de mon amour pour toi car déjà tu me manques.

Nous avons traversé le fleuve redevenu calme et nous sommes allés consoler la mère du jeune Neil et Big John qui était enfin sorti de sa taverne en claudiquant. Puis nous avons repris notre route. Ce n’étaient pas nos affaires. Depuis que les visages pâles ont envahi nos vallées et nos prairies, ils sèment la violence, la mort et la désolation autour d’eux. Quelque chose de grand en naîtra, sans soute aucun, mais comme dit Cheval fou : « De transformation en transformation, de paysage en paysage, nul ne sait où conduit le chemin des humains ni ce que nous récolterons sous la lune des moissons. De l’homme mort naîtra la poésie de l’homme qui rêve. Pour celui-là, il faudra simplement qu’il troque son fusil contre une guitare dans sa prochaine vie».

Librement adapté du texte de la chanson "Powderfinger"de Neil Young :

17 janvier 2014

Cérémonie soit qui mal y pense (Joe Krapov)

- Mesdames et messieurs, il nous faut prendre le problème à bras le corps.

Le journaliste, Averell Krapov, se penche vers son collègue et dit à voix basse, à propos du discoureur qui n'a jamais si bien porté ce nom :

- Déjà quand j'entends des phrases comme celle-là, j'ai envie de prendre mes jambes à mon cou !

- Nous devons faire rendre gorge à certaines rumeurs...


- A tous les coups, il va demander qu'on lui file un coup de main !


- ...car enfin j'ai le droit de prendre mon pied où je veux, quand je veux et avec qui je veux !


- Et dans n'importe quel pied-à-terre ! J'ai comme l'impression qu'il traite le problème par-dess(o)us la jambe !


- Ou alors il essaie de nous endormir, répond le journaliste n° 2, Harry Ksaparov. On va se retrouver d'ici peu dans les bras de Morphée !

- D'autres que moi, dans cette équipe de bras cassés, ont été pris la main dans le sac. Déjà, pour parvenir ici, il nous a fallu longtemps jouer des coudes, faire des pieds et des mains. Si je vous demande de m'épauler ce jour, c'est que nous manquons de bras pour éteindre l'incendie. Mais je vais répondre à la question posée par Miss MAP dans le journal « Le Défi du samedi ». En général, les gens qui ont le bras long ne se mouchent pas du coude. On ne leur cherche pas souvent querelle car leurs amis et protections ont vite fait de vous tomber dessus à bras raccourcis. Qu'elle se souvienne du proverbe latin : « Humerus radius cubitus » qui signifie : « Petite mère, tu ne vas pas rester radieuse très longtemps si tu te mêles comme ça des histoires de clavicule des puissants ». Et donc, Mesdames et Messieurs les membres des corps constitués, en vous présentant tous mes vœux de bonheur pour l'année 2014, je vous le confirme, «avoir le bras long» n'a et n'aura jamais qu'un seul sens à mes yeux. Cela signifie et signifiera longtemps encore «avoir de l'entrejambe».

Silence consterné de la salle.

Le discoureur constate l'émoi dans lequel sa conclusion a plongé ses auditeurs puis il corrige :

- Je voulais dire « avoir de l'entregent ».

- Trop tard pour rectifier le lapsus, mon pote ! C'est plié ! Viens, on se casse !

- Tu vas titrer quoi ? » demande Ksaparov à Krapov à la sortie.

- Après le mariage pour tous, l'origami pour tous !

- Ah ouais, pas mal ! En même temps, tu ne te foules pas !

- Normal ! Comme a dit le poète, "l'important c'est l'arthrose" !

Hamster jovial

17 novembre 2023

La Parenthèse (Défi du samedi n° 794)

Il est vraiment dommage que je ne sois pas ici pour raconter ma vie !

Parce qu’aujourd’hui, j’aurais pu ouvrir une parenthèse dans mon récit pour vous relater l’épisode de notre parenthèse.

D 93 11 16 Pénichette à Sablé

Notre parenthèse à nous est constituée des années que nous avons passées à Samfou-les-Boules, une localité du Sud de la Sarthe, un petit royaume (la Sabolie !) tout à fait à part dans notre grande République française. Dans notre trajet d’Est en Ouest, de Paris à Rennes, ce séjour a duré de janvier 1985 à août 1997.

Une parenthèse de douze ans quand même, donc conséquente. Dans ce jardin extraordinaire qu’est le département n° 72, j’ai mené la vie de château et, soit dit entre parenthèses, j’ai planté deux petites graines qui ont bien poussé depuis et sont toujours chères à mon coeur, même si je n’en parle pas souvent et pour ainsi dire jamais par ici.

C’est ça, la vie privée, ça ne regarde que nous. Par contre je n’ai aucun scrupule à vous conter ma vie de château, d’autant plus que je viens de décider cette semaine de mettre mon blog entre parenthèses et de m’en servir pour partager « les Trésors de papier » que j’ai empruntés à la Bibliothèque nationale.

Cet établissement possédait (possède toujours mais plus pour longtemps), dans cette ville de Samfou-les-Boules, un « hôpital pour livres » où l’on envoie les documents en péril des collections parisiennes afin qu’ils y soient photographiés, chimiquement traités, thermocollés puis reliés ou mis sous pochette de papier permanent. Mon travail s’inscrivait dans cette chaîne de traitement. Cela a eu pour effet que j’ai vu passer pendant tout ce temps des documents pour le moins inattendus : le fonds 8° Y2 de littérature romanesque du XIXe siècle avec les premiers ouvrages de la Bibliothèque rose, « Télémaque » de Fénelon qui semble avoir eu à l’époque le même succès que "Harry Potter" de nos jours, la palanquée de prénoms de Madame Gyp (Sibylle-Gabrielle-Marie-Antoinette de Riquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville), les œuvres complètes du chanoine Schmid (totalement oubliées depuis leur parution !), la totalité des ouvrages publiés en Indochine de 1922 à 1954, le fonds Ln27 consacré aux pamphlets divers et variés parus avant et pendant la Révolution française, des cartes géographiques, des affiches électorales…

Tangram à 29 pièces réduit

Tout ce travail de sauvegarde et de microfilmage a été récupéré plus tard sur la plate-forme en ligne Gallica mais je n’y ai pas retrouvé l’ouvrage « Cach dung khai tri ban » de M. Nguyen Ba Xuong paru en 1933 dont j’avais photocopié (ce n’est pas bien du tout, je l’avoue), pour usage personnel ou plutôt pour mémoire, deux pages très intéressantes. On trouve là en effet le plan d’un jeu de tangram à 29 pièces que je me fais fort de reconstituer en cartonnette ce week-end pour occuper le temps libre dont je dispose désormais (mais en quantité plus que réduite) à imaginer de nouvelles formes graphiques (les puzzles de mille pièce avec « que du ciel » ne me suffisent plus!).

Comment ? J’ai déjà rempli une page ? Alors je vais arrêter là (je ne suis pas ici pour raconter ma vie !) et vous faire cadeau de deux objets relatifs à la Belgique : une carte ancienne du royaume et une publicité surréaliste et magrittéenne avant l’heure (c’est le cas de le dire !).

Léo Belgicus (ensemble) réduit

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P.S. Merci à l’oncle Walrus de ne pas nous proposer « Quoc ngu » la semaine prochaine, je viens de donner dans le genre aujourd’hui et je n’ai pas envie de recopier les accents à la main ( comme je l'ai fait pendant deux ans ! Je ne l’ai pas fait, du reste sur le titre mentionné dans ce texte !).

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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