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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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3 janvier 2013

Une vie de – bâton de – chaise ? (Joe Krapov)

Aujourd’hui, j’ai passé une bonne nuit. Le petit cabinet que l’on m’a octroyé dans l’aile gauche du château est décoré d’estampes représentant des scènes de chasse. La fenêtre donne sur la cour et le doux clapotis de l’eau dans les bassins a bercé mon sommeil de sa musique régulière.

Mais le soleil est arrivé et il va falloir que j’aille au travail. Ou plutôt qu’on m’emmène au travail. On n’a pas encore l’habitude par ici d’équiper tout un chacun de roulettes. Le skateboard et le patin en ligne attendront quelques siècles encore.

On me prend donc par les bras et l’on m’emporte avec aisance car je suis assez légère vers le lieu de spectacle où je vais faire mon office. Ma participation au show est à vrai dire assez minime car je suis du genre statique.

C’est l’autre emperlousé qui fait tout avec le petit Chose et les deux orphelines. A peine a-t-il paru que l’on se presse autour de lui, qu’on s’empresse de savoir s’il a bien dormi, si les bijoux de la famille sont toujours bien conservés, s’il va bien.

Ca, pour aller, il va. Il y a même des jours où il va tellement bien que j’ai envie de crier pouce. Et quand il ne va pas, ce sont ses coaches qui crient "pouce" mais avec deux esses. A la fin du spectacle tout le monde l’applaudit. Il n’y a pas de cérémonie de remise des prix. Ma participation au show me vaut une médaille de bronze mais j’aimerais bien qu’on me la remette avec un peu plus de respect.

Je ne demande pas la Lune, quand même ! Je l’ai déjà. Simplement, comme Diogène en son tonneau, je rêve que les plus grands s’ôtent de mon soleil. Vouloir s’élever, dans la vie, vouloir aspirer à la pureté des cîmes, à la grandeur des pins des Landes plutôt qu'à celle des rupins de Versailles, ça n’est pas un crime d'alèse-Majesté ? Si ? Le quotidien est parfois si ennuyeux et trivial pour les magistrates du siège ! La poule au pot tous les dimanches, ça c’est un programme qui m’aurait plu, bien davantage que ce « les tas, c’est moi » auquel je suis condamnée, percée jusques au fond du cœur d’une atteinte imprévue aussi bien que mortellement pestilentielle.

DDS 227 Louis XIV

 

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10 février 2012

Déguisé de toute éternité (Joe Krapov)

Si je farfouillais dans mes photos, je pourrais faire la liste de moult déguisements que j'enfilai naguère : un enfant mousquetaire, un musicien méchamment punk, un militaire (mais ça c'était pour de vrai !).

jpa mousquetaire

Je me suis costumé en pirate, en drapeau belge, en prisonnier du Village de Patrick McGoohan, en fou de jeu d'échecs, en bouffon, en clown, en poireau, en Oliver Hardy, en mineur de fond, en ténor des steppes russes, en Mary Poppins...

Mais le travestissement que je préfère, c'est quand je deviens Joe Krapov ! Coiffé comme Riquet à la Houppe, je monte sur une chaise, j'annonce que je vais m'envoler, et je ne décolle pas !

Cela dit, il faudra bien un jour que je me pose cette question à propos de mon amour du cinéma, des festivals de théâtre de rue, des blogs, des cafés-slam, du music-hall ancien et surtout des derniers carnavals que je photographie à tour de bras. Pourquoi donc suis-je attiré par ces endroits et ces situations dans lesquels on devient, on se montre un(e) autre que soi-même ?

Qu'est-ce qui ne me plaît pas dans la réalité, dans ma réalité ? Y aurait-t-il quelqu'un en moi qui serait prêt à déclarer des horreurs comme celle-ci : « Toutes les civilisations ne se valent pas ! Et par-dessus toutes les autres, il faut placer la civilisation Vénitienne à qui nous devons Vivaldi, Canaletto, Guardi, les gondoles à Venise de Sheila et Ringo, l'invention du ghetto, des lettres de dénonciation anonymes, du touriste pigeon et surtout celle du carnaval qui dure six mois » ?

Ou serais-je prêt, quitte à m'auto-fustiger, à chanter cette méchanceté des VRP ? 

On dirait que la réponse est « oui » ! Tant pis pour vous ! Bon carnaval quand même !
 

JPL 1976 militaire

9 février 2012

CECI N'EST PAS UN PIP ! par Joe Krapov

Pour Santoline d'après une idée de Joye

Pa Gritte et Ma Gritte
Ont une petite
- Une sacrée pépette ! -
Nommée Margareth,
Marguerite,
Mais on dit Grete.
 

MIC 2012 02 06 âneUn jour qu'ils partaient
En pèlerinage,
Avec leurs lainages
Parce qu'il caillait,
Ils croisèrent en route
Une drôle de troupe :
Démocrite portant ses tripes,
Hérodote revenant d' Saint-Trop,
Hippocrate allant à Trappes
Et l'âne des démocrates
A qui tous filaient des trempes
Parce qu'il avait des crampes,
Ahanait, n'avançait plus
Ne se secouait pas les puces.
 

MIC 2012 02 06 Pipe- Hannibal qui manque de peps ! »
Martelait Hérodote qui l'avait confondu avec un éléphant.
- Ane bâté ! Mule du pape ! »
Ajoutait Démocrite allant Daudet-linant.
- Ceci n'est pas une pipe !
Commentait Hippocrate,
J'en ferais le serment
Si je ne rêvais tant, ô soif,
D'un jus de pomme. »

Alors Grete lui tendit sa gourde.
Quand il l'ouvrit cela fit « pop ! »
Car c'était de la limonade.

- Tu vas en prendre pour ton grade
Si tu nous laisses encore en rade ! »
Décrétèrent les camarades
Rassasiés par l'eau gazeuse.

- Tu ne reverras plus ton God
D'ici à Nijni-Novgorod !
Si tu joues au gastéropode
On te confisquera ton Ipod !
Parce qu'enfin, vraiment, c'est raide
Qu'on doive appeler Grete à l'aide
Sous prétexte que c'est
L'âne doux qu' a bu l'eau
Et le veau qu'a bu l'air ! »

Ils burent une autre rasade
Puis les étranges philosophes
S'allongèrent dans les salades
Et s'endormirent en fin de strophe.
Ils s'assoupirent où le meilleur
Est, dans le cœur
(« Car l'étau de l'Etat
N'atteint pas
Les laitues de l'été qui patine »
Comme a dit Lamartine)

Et puis après cet épisode
Pa Gritte et Ma Gritte
Et Grete arrivèrent à Lourdes

Ils entrent dans la Grotte
Et là, ça ne rate pas,
Grete rote selon le rite
Puis soudain s'écrie :« Crotte !
Pa Gritte Ma Gritte,
Le crûtes vous ?
L'âne avait une crête
Et savait la recette
De la poule aux œuf d'or
Qui dure.
Dare Dare
Il faut que l'on retourne
Voir cette vieille carne :
C'était une licorne !

Contée par un russkoff imbibé de vodka
Qui taquinait sa gratte
L'histoire des Gritt s'arrête là.
C'est plus frustrant qu'un tweet
Fût-il signé Schubert :
C'est une chose écrite
Par un pondeur de vers
Qui se moque du monde !

MIC 2012 02 06 flammesMais il y a quand même une moralité :
« Si Pa Gritte est muet,
Si Grete à gars beaux
Comme l'amas Delon donne à boire,
Si l'âne est la licorne,
Ma Gritte est un phénix :
Elle René de ses cendres !

12 septembre 2011

HEY HO HEY HO ON RENTRE DU ROULEAU ! par Joe Krapov

Sur le papyrus
Chanter la fin de l’hiver :
Rouleau de printemps.


A Mimizan-Plage

Surfer sur la vague et choir
Au bout du rouleau.


Jamais ne s’arrêtent

Les doigts fébriles des Parques :
Roule, oh, con ! Presse heure !


Femmes aplaties

Sous l’Espagnol en-chanteur
Rouleau Iglesias !


Pour que nous gazions

Sur celui de Wimbledon
Passez le rouleau !


Profession usée

Par « métro rouleau dodo » :
Peintre en bâtiment.


Le seize décembre

Schroeder joue du rock’n’roll :
Rouleau vers Beethoven !
 

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25 mars 2011

Monsieur William, vous manquez de tenue, qu'alliez vous faire dans la petite rue ? (Joe Krapov)

Avec ce qui restait de Waterman dans son encrier et le peu de discernement qui est le sien, mon frère aîné, William Krapov, qui aime bien parler de lui à la troisième personne, comme Alain Delon, a rédigé non pas une mais neuf lettres ! Ce sont celles de son « Abécédaire du printemps qui passe » ou plutôt de son «Dictionnaire personnel» : il n'a rien à envier au blog de la plus célèbre admiratrice Italianophile de Fernand Raynaud (Adrienne) ni non plus au fameux « Dictionnaire de la rousse » de Pierre Kovboï. Cliquez sur les chiffres de 1 à 9 ci-dessous pour lire son dico en forme de polar.

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DDS142_menu_3_jogging

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DDS142_menu_4_quai_des_orf_vres

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DDS142_menu_5_Qui_vrain

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DDS142_menu_7_nestor

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DDS142_menu_8_Thabor

 


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Z comme Zorro
Pour ce qui est de l'ordre alphabétique, William en fait toujours ou trop ou pas assez. Sans doute, en matière de syndrome sécuritaire, les instit’s de cette école sont ils pareils ? C’est pourquoi j’ajouterai volontiers la lettre Z comme Zorro à son dictionnaire personnel : Marina Bourgeoizovna qui sait toujours tout sur tout et a ses antennes partout – mieux que Dieu ! - m’a expliqué que dans cette école-là, les gamins ont prétendu aux enseignants qu’un homme « leur avait tiré dessus » plusieurs fois. Et personne n’a rien entendu ? Pas de douilles ? Pas d’impact de balles ? J’ose espérer qu’ils fabulent et dans ce cas je pense qu’ils  regardent trop ce feuilleton de Walt Disney ou les films de cowboys à la télévision. A moins qu’il ne s’agisse d’abus de jeux vidéo « avec des gros guns » comme dit Mlle Zell ?
Merci en tout cas à « Monsieur William » d’avoir fait en sorte que l’équipe Krapov puisse encore bien faire rire qui le voudra avec ses incroyables mésaventures !

P comme parapluie
P.S. Le « coupable » a été retrouvé. Les enfants fabulaient bien et l' « arme » n'était... qu'un vulgaire parapluie comme celui de M. William dans la chanson des Frères Jacques ! A la décharge des mômes, il faut bien préciser qu'ils n'en avaient jamais vu de leur vie : c'est normal, il ne pleut jamais en Bretagne et encore moins qu'ailleurs à Rennes. Par contre, si M. Claude Guéant met davantage de policiers dans les rues, le parcours qui mène au parc Oberthür va peut-être bien finir par ressembler à un labyrinthe ! Pauvre William ! S'il doit rester enfermé dans son bureau à barreaux, j'irai lui porter des oranges ou une pièce montée des grands jours !

D comme Dieu
Et Dieu dans tout ça ? Bonté Ludivine, je l'ai oublié ! Je ne sais pas comment il fait, lui, pour s'ennuyer le dimanche et s'emmerder les autres jours ! Moi je n'ai pas bien le temps !

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9 décembre 2010

Mirliton amoureux d’Ekila (Joe Krapov)

Qu’on me coupe la tête si je mens
Mais mon amante est carrément
La plus belle des triangulaires
Avec qui s’envoyer en l’air

(Ceci n’est qu’une hypothé(nu)se :
Depuis le temps qu’elle se refuse,
Pour Dieu seul sait quelle raison,
Le « non » semble sa religion)

Mais ce soir, dans mon escarcelle
Je compterai cette isocèle !
Derrière l’église, contre un mur,
Elle m’a promis de conclure.

A l’avance je me régale
D’entendre, ô Ekila, tes râles !
Je ferai preuve d’endurance
Quitte à bramer dans le silence
Que c’est là le rût(e) finale.

Dans mes plus fous espoirs je rêve
Que tu demandes « Bisse ! », actrice.
Jusqu’à c’ que le soleil se lève
Je te comblerai o mon Eve
Et puis après bien sûr, je trisse !


N.B. Cliquez sur le triangle pour voir la photo d’Ekila

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20 août 2010

La liste de courses d’un désordonné (Joe Krapov)

Chez Nature et découvertes :
- un coffret de santal et un collier de griffes
- un nuage en pantalon
- des illuminations

A la librairie du Furet du Nord :
- un roman inachevé, des histoires de jadis, des paroles de naguère, et, parallèlement, des cantilènes en gelée
- du papier à lettres de mon moulin

Chez le fleuriste :
- un bouquet de fleurs du mal
- des roses pour aller voir si les mignonnes ont point perdu cette vesprée leur teint de légende des siècles et de dames du temps jadis en balade

A la jardinerie :
- un peu du bonheur d’Adrienne pour le mettre dans le pré

A l’agence de voyage :
- un ticket d’entrée dans un rêve étrange et pénétrant

A la droguerie :
- de la Soupline de Paris
- des paradis artificiels
- des alcools et des calligrammes
- des lés pour les reines qui font tapisserie pendant que les murènes chantent des hymnes d’esclaves

A la maison de la presse, acheter les « Dernières nouvelles des étoiles »

Chez le taxidermiste :
- une cigale, une fourmi, un rat des villes et un rat des chants (deux mâles) d’aurore
- un raton laveur.

A la pharmacie : faire prendre ma scansion pour savoir dans quelle étagère.

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30 décembre 2011

MEDITATIONS DE PEAUX-ROUGES (Joe Krapov)

DDS174_indiens_1- Hiawatha le petit Indien !

- Petit Caniche, l’ami de Chick Bill et des ineffables Dog Bull et Kid Ordinn de Tibet !

- Moins connus, L’Apache dans Teddy Ted de Lecureux et Forton et Loup Noir de Kline qui dessina auparavant « Davy Crockett contre les hommes-loutres ».

- Dans le Journal de Tintin il y avait Yakari de Derib et aussi la Tribu terrible mais j’ai oublié le nom de l’auteur. 

- Gordon Bess. Il y a aussi Géronimo. Pas l’opération, le chef.

- Aigle noir ? Cochise ? Sitting Bull ? Taureau assis ? Pocahontas ? Oum Pah Pah ?

- "Le dernier des Mohicans" de James Fenimore Cooper.

- C’est quand même relativement maigre à côté de cet héritage-là : Buffalo Bill, Billy the Kid, Wyatt Earp, Jessie James, le général Custer, Tom Mix, Hopalong Cassidy, Pecos Bill, Jerry Spring, le lieutenant Blueberry, les frères Dalton, Calamity Jane, Lucky Luke, Les Tuniques bleues et tous les personnages interprétés par John Wayne et Gary Cooper au cinéma.

- Que du beau monde ! Une belle bande de fripouilles, en fait ! On ne leur avait rien demandé à tous ces chercheurs d’aventure de la vieille Europe. C’était chez nous ici, on vivait tranquilles, de pêche et de chasse.

- C’est bien la preuve : celui qui gagne la guerre réécrit l’histoire à sa sauce. Il réinvente le récit, il le ressasse et le ressert  jusqu’à ce qu’on  en perde le sens.

- Il y a une théorie qui dit que l’homme rouge n’est pas assez entré dans l’histoire mais on a le droit de n’être pas Dakar avec cela.

- On s’en fichait, nous de l’histoire. On vivait des produits de la nature.

- Mais eux, chasse le naturel, il revient au mégalo ! Nous sommes des gens réservés et c’est dur désormais de sortir de notre réserve. Surtout depuis que Freud a décrété que le totem est à bout.

- Freud ? Cet homme-médecine-là n’a jamais réussi à faire tomber la pluie !

- Ou alors notre erreur c’est de n’avoir rien compris au show business. C’est ce que dit l’aphorisme de Zizi Jeanmaire : « La place des plumes n’est certainement pas sur la tête du chef indien. Imaginerait-on un président de la République ayant pour couvre-chef un suppositoire ?

- Dis donc…

- Oui ?

- Le type, là, près du banc. Regarde un peu ce qu’il fait !

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Le spectacle peut effectivement sembler déroutant. Profitant du fait qu’il n’y a personne dans ce jardin public, Augustin Dieu a posé sa cape, sa canne et s’on chapeau et il s’est allongé sur le sol de l’allée. Il a posé l’oreille contre le bitume et écouté toute la conversation des deux statues rouges. Cette évocation du paradis perdu et du choc des cultures l’a ému et laissé sans voix. Se voyant découvert, il s’est remis sur pied d’un bond et il lance aux deux emplumés :

- Ne vous inquiétez pas ! Maintenant que le billet vert ne vaut plus rien et que tout est fabriqué en Chine les visages pâles vont rire jaune ! Déjà  le Qatar a racheté le PSG et les œuvres complètes de Paul Féval : Lagardère, Cocardasse et Passepoil.  On peut rire comme des bossus, si on veut, et ça, ça n’a pas de prix !

Le peau-rouge et sa squaw ne mouftent pas. Dieu reprend :

- Dites-moi... Vous ne savez pas où je pourrais me procurer-brochurer un plan de Nancy. Je cherche l’entrée du MAP-monde.

- Fais cent mètre dans cette direction, Créateur, répond la femme. Tu y rencontreras Bison futé, notre cousin. C’est le seul d’entre nous qui a vraiment réussi.

- Il faut dire qu’il n’a pas son pareil, avec ses ruses de Sioux, pour sortir son monde du Fort-Apache des embouteillages. Mais je ne suis pas certain qu’il connaisse l’adresse exacte de Miss MAP.

- J’ai peut-être tort mais je ne suis pas désireux de rencontrer cette divinité. Je veux juste qu’elle me balade dans ses paysages. Il y en aura bien un dans le tas qui sera doté de… Vous savez ce que je cherche puisque vous lisez dans mes pensées.

- C’est drôle… Vous qui avez, comme nous, l’éternité devant vous, on vous sent impatient. Vous savez, ll y a un proverbe Cherokee qui dit : « Quand l’ascenseur est en dérangement, prends l’escalier ! »

- Ce qui signifie, en clair ?

- Si tu n’as pas trouvé le MAP-monde, reviens ici la semaine prochaine. Le paysage aura changé mais le banc sera toujours-là. Assieds-toi correctement pour écouter celles et ceux qui te parleront. Tu risqueras moins d’avoir des ennuis avec tous ceux qui ont une dent contre les prières de rue.

- Et avec les opposants à la Christianophobie.

- Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle a encore fait, Christiane ?

Laquelle ?


 DDS_174_christianophobie

31 juillet 2026

Oceano nox (Défi du samedi n° 934)

 

 

C’est plus qu’évident : à partir d’une image de pierre tombale on ne peut guère parler d’autre chose que de la mort.

 

Or ce sujet est plus plombant qu’un cercueil ! Déjà que l’actualité est chauffée à blanc par les guerres et les incendies de forêt ! Mais soyons courageux et résistons aux injonctions sado-masochistes de notre oncle préféré ! Pour rafraîchir l’atmosphère j’ai décidé de vous proposer un petit jeu des vacances dont vous me direz des nouvelles !

 

« Ô combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines

Et se sont vu cinq mille en arrivant au port

N’ont rencontré sur mer que Madame la Mort ? »

 

C’est pour répondre à cette question angoissante et pour honorer tou·te·s les noyés·e·s de différentes périodes de l’histoire que les autorités municipales de Larmor-Baden (Morbihan) ont décidé de créer, au centre de l’île Berder, un cimetière commémoratif empli de cénotaphes. L’originalité de ces monuments et de ces stèles tient à ce qu’aucun corps n’a été enseveli dessous – "Et pourtant c’est nos tafs de les y mettre !" disent les fossoyeurs en colère – mais aussi à ce que les noms des personnes disparues figurent juste sous forme d’initiales accompagnées de la profondeur maritime à laquelle ils ou elles reposent.

 

Sur cette mystérieuse image de départ il faut donc lire « Éric Tabarly » 1914 mètres ».

 

Saurez-vous de votre côté identifier les autres célébrités honorées dans ce cimetière bercé par le bruit de la marée montante et le cri des mouettes qui ne cessent jamais de chanter leur De profundis ?

 

Pour vous aider, car ce n’est pas facile, j’ai ajouté dans le tableau, avec les initiales et la profondeur, deux colonnes avec la date de la noyade et la profession de la personne.

 

Bon amusement à vous !

 

 

P.S. J’ai ajouté une colonne pour la réponse. Inutile de l’inscrire au Tipp-Ex sur votre écran. Par contre vous pouvez imprimer ce billet si vous désirez faire ce jeu à tête – éternellement – reposée.

 

 

Intiales

Profondeur

Date du décès

profession

Réponse

B. J.

2,50 m

3-07-1969

Musicien

 

Brian Jones, guitariste des Rolling Stones

J.-P. M.

0,80 m.

13-07-1793

Homme politique

Jean-Paul Marat

E.J. S.

3821 m.

15-04-1912

Capitaine de paquebot

Edward John Smith, capitaine du Titanic

M.-F. P.

2,30 m

24-04 2011

Actrice

Marie-France Pisier

W. H.

0,69 m

11-02-2012

Chanteuse

Whitney Houston

J.-F. De L. P.

421 m.

Juin 1788

Capitaine de vaisseau

Jean-François de La Pérouse

C. F.

0,70 m.

11-03-1978

Chanteur bien entouré

Claude François

F. de R.

25 m.

21-11-1975

Compositeur de musiques de films

François de Roubaix

J. ? M.

12 m.

1893

Professeur, Napoléon du crime

Pr (James ?) Moriarty

J. M.

0,60

3-07-1971

Chanteur

Jim Morrison, chanteur des Doors

N. W.

20 m.

29 11 1981

Actrice

Natalie Wood

V. W.

3 m.

28-03 -1941

Autrice effrayante

Virginia Woolf

G. R.

3, 50 m

30-12-1916

1er mage du Kremlin

Grigori Raspoutine

R. B.

0,15 cm

30-10-1979

Homme politique

Robert Boulin

 

26 mars 2021

Au charbon, Joe Krapov !

Je suis prescient ou quoi ? Dans mon insomnie du 19 mars, vers les 4 heures ou 6 heures du matin, j’ai écrit cette krapoverie-ci, qui peut se chanter sur l’air de cette publicité :


L’HOMME D’AUJOURD’HUI, CE RENÉGAT !

On oublie vite comme hier
On vécut d’industrie charbonnière

On a oublié pour de bon
Qu’il y eut une bataille du charbon

On passe le chiffon du malheur
Sur le destin de Jean l’mineur

Qui descendait chaque jour au fond
Pour qu’vous vous chauffassiez au charbon

Songez-y donc la prochaine fois
Que vous irez au cinéma !

Le lendemain, sur le Défi du samedi, qu’est-ce qui sort du dictionnaire Walrussien ? «Houille» !

Une occasion en or de rendre hommage à mes ancêtres mineurs avec cette chanson accentuée «comme là-bas, dis !».

23 avril 2021

Bombinette ou chansonnette ? (Défi du samedi n° 660)

Oui, je sais, je ne me renouvelle pas !

Dans mon laboratoire rennais, vous ne voudriez tout de même pas que j'y fabrique des bombes atomiques, tout de même ? 
Ne vous inquiétez pas, d'autres s'en chargent ailleurs.

Non. Moi, je préfère pousser la chansonnette que de moccuper de l'élevage de champignons nucléaires !

Et donc, en compagnie de Boris Vian, celle-ci est en guise de remerciements  à ce cher oncle Walrus, notre tenancier  de boutique préféré !

 

2 novembre 2018

VITE EXPÉDIÉ !

Le daguerréotype est un peu l’ancêtre du selfie. C’est un procédé primitif de capture d' images de vieilles badernes alors que le selfie est un procédé moderne de capture d’images de primitifs par eux-mêmes.

Le stéréotype n’a rien à voir avec la capture du son par les oreilles gauche et droite ni avec la monogamie. Celle-ci n’engendre pas forcément la monotonie - voyez donc Vegas et Germaine ! - alors que la polygamie provoque très souvent la polyphonie surtout en Corse. Pour monter gaiement au septième ciel, le meilleur moyen reste bien sûrle funnyculaire. Pour dormir sur vos deux oreilles, éloignez les coucous, surtout les Suisses. Ils ont tendance à sonner toutes les heures et à pondre en stéréo faux-nids chez les autres.

Quant à la linotype elle n’a pas de rapport avec le linoléum ni avec Lino Ventura. Elle aussi est assez âgée et n’imprime plus guère.

Il faudrait parler aussi du préfet Poubelle qui laissa son nom à une boîte à ordures alors qu’il était toujours propre sur lui et moralement irréprochable.

Donc ce monsieur Daguerre est l’inventeur d’un procédé photographique grâce auquel une image était captée sur une plaque d’argent polie. Aujourd'hui, l'argent, sonnant et trébuchant, jure pis qu'un charretier.

Janis et Daguerre ne sont pas des adverbes de temps. On ne peut pas écrire : « Janis, j’écoutais des 78 tours de Scott Joplin » ni « Daguerre on disait « oncques » pour parler de l’ancien temps ou pour saluer le frère de sa mère ou de son père ».

Par contre « Jadis et naguère » est le titre d’un recueil de poèmes de Paul Verlaine datant de 1884.

Mais même s’il s’intéressa à la photographie, je ne vais pas vous reparler de Rimbaud. Fabrice Luchini fait ça mieux que moi ! 

8 novembre 2019

TÉ VEUX PAS UN CÔ D'RAMON, NON PUS ? (Défi du samedi n° 584)

Euch chus d'accord, eum'n onque ! Ch'est à mi, cheul wassingue !
Pas la pein' eud nous coller un coup d'torchon pour cha !


Et puisque cours de linguistique il y a, ajoutons en un autre : 

Putain, putain, nous sommes quand même tous des Européens, non, comme chantait Arno du temps de TC Matic ? Je dois avouer que ces revendications communautaristico-linguistiques me fatiguent un petit peu ! Et comme je me suis accroché gentiment déjà l'autre semaine avec un défenseur du gallo, je ne vais pas en rajouter dans la nostalgie - que je n'ai pas - des Boyaux rouches ou des Ch'tis et de leur "parlache". Et donc je ne vous chanterai pas la chanson mentionnée par Guy Dubois, "Té peux rev'nir, Alphonse" de Line Dariel.

D'une je ne la connaissais pas, de deux je manque cruellement de temps pour la mettre dans ma guitare ou même pour en transcrire-traduire les paroles : j'ai mon ménage à faire, il faut que je passe la wassingue... euh la serpillère dans l'escalier ! 

12 mai 2023

La Faute à Eve (Défi du samedi N° 767)

Un enchaînement plus que suffisant pour passer de « Watt » à « xénopathie » : juste citer l’expression connue « C’est pas moi, c’est ma sœur qui a cassé la machine à vapeur » !

Mais je ne vais pas botter en touche deux semaines d’affilée. Si Gavroche est tombé par terre, est-ce bien la faute à Voltaire ? Et ce serait à cause de Rousseau qu’il a fini le nez dans le ruisseau ?

Le fait est que nous avons tous sans doute, comme on disait chez moi, le diable dans le ventre ,« eul diab’ dins l’vint’ ».

De là à jouer la musique de « L’Exorciste » en boucle, faut pas déconner, non plus ! Encore que l’ami Mike Oldfield ait osé pondre une quatrième refonte de son « Tubular bells » de 1973.

Il est vrai aussi que, souvent, je commente certains billets de blog d’un « Sors de ce corps, Marcel Proust !».

Donc, même si nous ne sommes pas coupables ou psychotiques, nous sommes bel et bien habités et ce n’est pas notre faute si nous avons développé un goût certain pour la littérature, la religion, la déconnade, si nous avons laissé entrer dans nos esprits des croyances folles selon lesquelles la terre serait ronde, les hommes auraient marché sur la Lune et d’autres stupides fadaises.

N’ayant pas eu la chance pour ma part d’entendre des voix divines comme Jeanne d’Arc, je me suis contenté d’écouter celles de gens plus ou moins sérieux comme Georges Brassens, Pierre Dac, Alphonse Allais et des tas d’autres. J’en découvre même encore aujourd’hui d’excellentes comme cette merveilleuse Anne Sylvestre qui a découvert la coupable idéale, celle à qui nous devons d’avoir perdu le paradis, celle qui a croqué la pomme et qui est à l’origine de tous nos pépins.

Tout ça, c’est la faute à Ève ! 

16 avril 2021

Le parti pris du klaxon : Défi du samedi N° 659

A mi-chemin de la poire et du fromage, la langue française à «klaxon», mot qui claque et qui sonne et qui rapporte au moins 24 points au jeu de Scrabble.

Agencé de façon qu’il se fixe au guidon du vélo de l’enfant comme on fait d’une sonnette, il n’a pas fait d’émules dans le monde animal. Ainsi nous reste-t-il des serpents à sonnettes mais aucun reptile, même subrepticement, n’a muté au point d’être appelé « serpent à klaxon ».

A tous les coins de rues je me pose la question : pourquoi dans l’expression «entre la poire et le fromage» a-t-on choisi la poire plutôt que l’ananas ou la pomme ? Je ne sais, ça reste un clystère.

Dans une automobile, autrefois actionné par appui sur une tige à droite du volant il est aujourd’hui intégré à celui-ci et actionné avec la paume paume paume de la main. Le klaxon fait toujours sursauter le compositeur presque sourd dont le destin n’est pas de mourir, composant symphonie, sur un passage ardu et clouté, écrasé par un nain siphonné au volant d’un camion. Ce serait par trop, comme la mort de Coluche et la sixième de Tchaïkovski, pathétique.

Le klaxon !

Actionné en saccades et en signe de joie malgré l’interdiction municipale lors des mariages gays ou hétérosexuels il prouve que la sexualité n’a absolument rien à voir avec l’intelligence. « Quand on est con on est con » a dit Brassens et encore plus quand on a décidé de l’être ou de jouer au.

En ce sens on comprend mieux ici la présence du fromage dans l’expression du début. Le klaxon relevant quelque peu des farces et attrapes ne peut que s’associer… au camembert à musique.

Quod erat demonstrandum… de Vire !

Place à celle-ci (la musique, pas l’andouille… quoique…) !

6 septembre 2019

Breakfast in America ?

- Its too dark to put the key in my ignition… 
- Not in my backyard : i let the sunshine in !

- I think I’ll roll another number for the road…
- Not in my backyard : we only smoke gouda !

Happiness is a warm gun, Mama !
- Not in my backyard : i don’t shot the sherif and the only bad thing I do is to hang the portrait of Macron upside down.

Baby you can drive my car !
- Not in my backyard : it’s smaller than my uncle’s hat.

See the sky about to rain
- Not in my backyard : it never rains in Rennes !

Why don't we do it in the Road ?
- Do it in the road if you want but not in my backyard : it’s not a baisodrome !

Where have all the flowers gone ?
- In my backyard !

 

7 octobre 2016

SAM'DI TOUT L'MONDE REVIENT POUR LA SUPER-SOIREE DIAPOS !

 

Il suffit de dire « Sésame »
Et la porte de la caverne
S’ouvre sur les trésors cachés.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et de vieux ponts sur la rivière
Posent la question du parcours.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et tu fais six au jeu de l’oie :
Tu rejoues tes pas au hasard.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et par trente-huit degrés tu trempes,
Tu siestes, tu lis, tu farnientes.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et la pie t’apporte la clé
qu’elle a volée à Rossini.

Les rubis de la Castafiore
Liquéfiés dans le Bergerac,
Tu ne rebiffes aucune cave.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et les kayaks se précipitent,
En régime, des bananiers.

Il suffit de dire « Brantôme »
Et l’on perd Igor en chemin
Dans ce massacre du printemps

Que joue l’été dans les sous-bois,
Enguirlandant le cœur des feuilles
Et promenant les hippocampes.

Il suffit de dire « balade »
Et tu pénètres des châteaux
Où trônent des curiosités.

Il suffit de dire « Bourdeille »
Et tu flânes, en d’autres jardins,
Parmi des fleurs d’âge moyen.

Il suffit de dire « vacances » :
Tout est changé par la magie
De la "prestigivacation".

Il suffit de dire « Brantôme » :
Toutes les dames sont galantes
Et le Périgord est plus vert.

Il suffit de dire « Brantôme ».
Ce philtre a des côtés puissants
Et j’en reprendrais bien un verre !

Mais je sais aussi être sage
Et archiver ces mille images
Pour les longues soirées d’hiver !

5 septembre 2014

La douane des souvenirs du Bassin d'Arcachon (Joe Krapov)

 

J'ai rapporté dans ma valise
Un peu de la lumière grise
Qui baignait le port de Parros
Où l'on ne roule pas carrosse
Mais où, bien à l'abri des tuiles
On dit que tout baigne dans l'huile

Je vous offre quelques bricoles
Venues des ports ostréicoles :
Des hippocampes, des pinasses.
Près de Notre-Dame des passes
Des prix qui sont loin d'être en baisse
M'ont laissé tout nu à la caisse.

Dans le fond de ma Samsonite
J'ai déposé pour ma pituite
L'étiquette et quelques bouchons
De vins du bassin d'Arcachon
Et d'une ou deux autres potions
Auxquelles je fis dévotion

Dans un' poch' de mon sac à dos
J'ai mis la ville de Bordeaux,
Les grands chevaux de sa fontaine,
Montaigne le croquemitaine,
Deux têtes coupées, médusées
Et le Picasso du musée.

J'n'ai pas déclaré à la douane,
De peur qu'on me mette en cabane,
Le grand pyjama à rayures
Qu'à Biganos, port d'envergure,
j'ai volé avec la manière
Et planqué dans l'fond d'ma glacière

J'ai glissé dans mon réticule
Le pénis amputé d'Hercule
Qu'un iconoclaste nocturne,
Sorti cagoulé de sa turne,
Fit tomber d'un coup de massue
Au sein de la cité cossue.

J'n'ai rien pris d'autre au Parc mauresque
Bien qu'je sois kleptomane ou presque
Et j'ai même oublié, crétin
De m'acheter un sacristain,
Pâtisserie comblant les creux
De tout voyageur religieux.

On trouvera dans mon baise-en-ville
- Oh Sympathy for the devil ! -
La pierre qui roule sa bosse
Sur la route de Biscarosse
Et la dune qui m'ensabla
Quand j'escaladai le Pilat.

J'ai ramené dans mon bagage
Une impression de fort tangage
(Les bas ? Les hauts du cap-Ferret
Qui ne m'ont pas fait trop marrer ?),
De séjour teinté d'hérésie
Au pays de Grand'bourgeoisie.

J'ai ramené dans ma besace
Une magnifique rosace
Prise au bout de la jetée Thiers
Dans le plancher devant la mer,
Rose des vents de la Gironde
Qui invite à rêver le monde.

Et j'ai mis dans mon havresac
Le clapotis et le ressac
De la mer immortalisée,
De la mariée irisée
Dont le voile volait dans l'air
Un soir sur la plage Pereire.

Dans la grande malle d'osier
J'ai mis le soleil, ce brasier
Qui incendia nos soirs d'été
Et dispensa sérénité
Aux marcheurs rêvant d'aventure
En pays de villégiature

Mais je mens comme je respire :
Dans ma besace du bas-Empire
N'étaient que batteries vidées,
Saturations de cartes SD,
Livres lus, chaussettes salies,
(Et billets de mono poli ?)

Car dans mon vieux sac à malices
Chacun sait quels sont les délices
Que je rapporte des voyages :
Des palanquées "tchanquées" d'images !
Faites en votre miel ou pas :
Je butinerai jusqu'au trépas !

20 décembre 2019

ROCKING CHAIR

1
Sur la cathèdre ou sur le trône
Sous tiare, chasuble ou couronne,
Evêque, roi ou président,
Monarque plus ou moins puissant,
Tu n’es assis que sur ton cul.

2
Qu’on te promène en palanquin
Ou bien dans la chaise à porteur,
Pape, sultan, vizir faquin
Ou maharadjah joli cœur,
Tu n’es assis que sur ton cul.

3
Sur le canapé, en tailleur,
Sur la bergère, en ramoneur,
Empereur, Kaiser ou seigneur,
Ecoute le merle moqueur :
Tu n’es assis que sur ton cul.

4
Sur tabouret, en caquetoire,
Ou sur le bord du faldistoire
Tu peux raconter tes histoires
Pharaon, autocrate ou tsar !
Tu n’es assis que sur ton cul.

5
Pouf, banc, fauteuil, transat, cosy,
Sofa, chauffeuse ou pied du lit,
Divan, fauteuil ou strapontin,
Nabab, Potentat levantin,
T’es posé sur ton popotin !

6
Despote, khan, magnat ou ponte,
N’en éprouve surtout pas honte :
Mêm’ sur le siège des toilettes,
Le pantalon sur les chaussettes
Tu n’es assis que sur ton cul !

 

4 juin 2021

Non-participation (Défi du samedi n° 646)

- Pourquoi tu refuses de participer au Défi de ce samedi ? T’es fâché avec quelqu’un ? On t’a traité de paltoquai la dernière fois ?

- Pas du tout !

- Tu te mets à toi-même une ceinture de pachasteté ?

- Pas le moins du monde !

- Personne ne te lance plus d’oeillade assassine quand tu délires par trop ?

- Sont très tolérant·e·s, les gars et les filles, là-bas !

- On s’est moqué de ton slip trop grand pour toi quand tu as parlé de nébuleuse ?

- J’assume complètement d’avoir été habillé à la mode vintage !

- On t’a taxé de misogynie ?

- Certainement pas ! Je ne suis pas contre les femmes, tout contre, et je le regrette bien parfois !

- Alors pourquoi tu ne participes pas ? Pourquoi tu te rebelles aujourd’hui ?

- Ben parce que c’est ce qu’on me demande ! C’est la consigne de la semaine, « rebelle » !
 

16 novembre 2018

Mille fanfreluches !


 
- OK, je ne suis pas un orfèvre, comme disait Henri-Georges Clouzot, mais pour pouvoir porter pareilles fanfreluches il faut appartenir à un certain genre de greluche : une nature un peu riche, pas moche, avec un tralala de derrière les fagots, genre Suzy Delair. Jolie paire de loches et de miches, bouche en cul de poule et elle-même poule de luxe à vous en boucher plus d’un coin tant elle est fraîche et franche quand elle guinche ou aguiche. Elevée par des Apaches à soulever l’artiche d’un vieil aristoloche à brioche et postiches. Le contraire d’une godiche, une pouliche qui s’affiche et dit « chiche » et se pourlèche dès qu’il s’agit de bamboche et de vous faire les poches. Le genre de Miss Fischer, chapeau cloche et belle broche qui flaire les anicroches avec sa tête de pioche, qu’en a dans la caboche, qui jamais ne trébuche et approche sans embûche de l’anguille sous la roche. Le genre pas pressé d’avoir une belle-doche ou d’élever des mioches. Guêpière et longs jupons, patchouli Chinchilla, bas résilles et boa, truc en plumes à la Zizi Jeanmaire. Qui pourrait correspondre à ça dans l’agenda du notaire à cravate qu’on a retrouvé noyé dans le Rhône ?

- Il se rendait tous les mercredis place Bellecour à Lyon, commissaire ! Chez une horizontale pour une heure de débauche. Genre « taloches, cravache, tu m’attaches pour que je m’amourache. S.M. moi non plus ! Sacher Masoch plein la sacoche ! »

- Le nom de la pimbêche, inspecteur Coluche ?

- Une nommée Amélie Méluche.

- Allez on se dépêche ! Avec un peu de chance on la pêche dans sa crèche. Mandat de perquisition, menottes et tout le toutime. Gyrophare et fourgon. Direction Lugdunum, non d’un petit bonhomme !

Après tout va très vite. La bignole, une vieille chouette chevêche (pie grièche ?) qui pitanche, est revêche et nous fait la tronche. Elle ouvre l’appartement car on a carte blanche et surtout bleu blanc rouge. Amélie Méluche a fait ses valoches. Dans le tiroir du bas on trouve le bas résille, frère jumeau de celui avec lequel, tout étranglé, le notaire passa l’arme à gauche. Mandat d’arrêt, portrait-robot de la petite biche, police des gares et des frontières. De plumes d’autruche à billet pour l’Autriche, il y si peu de lettres à changer ! Ca s’agite comme dans une ruche, de Perrache jusqu’à Pantruche

- Trop fastoche, cette affaire ! se dit le commissaire. Pourquoi ai-je l’impression, mille fanfreluches, nom d’un Caldoche, qu’on me prend pour un fantoche ? Qu’on me fait des niches ? Que l’on m’emmanche ?

La réponse est ici (et ce depuis dimanche !).

16 juin 2017

DRÔLE DE ZIG !

Les zygomatiques ! Ah ! Ah ! Ah ! Laissez moi rire !

J’ai tellement souffert autrefois sur «L’eau et les rêves» de Gaston Bachelard et sur «Le rire» d’Henri Bergson que je n’en conseillerais même pas la lecture à mon pire ennemi. A vrai dire, de pire ennemi, je n’en ai pas, ou alors, si j’en ai, c’est sans le savoir et il n’a sans doute pas survécu à la vague de dégagisme qui vient de déferler sur la France cette année. Le général de Gaulle a tort : les Français ne sont pas des veaux car ils viennent de voter comme un seul mouton pour le chien du berger !

Mais revenons à cette histoire de muscle. A la bibliothèque des Champs libres, tout à l’heure, j’ai trouvé dans le rayon «humour», 847 chez M. Dewey qui classalsifie tout, le «Que sais-je ?» sur l’humour juif. Je me suis bien gardé de l’emprunter. Mieux vaut relire «Plumard de cheval» de Groucho Marx ou regarder une énième fois «La Soupe au canard» du même avec ses frères pour savoir ce que c’est.

Et donc je crains fort qu’une dissertation sur les zygomatiques ne fasse rien d’autre que de vous extirper des bâillements. C’est pourquoi, quitte à être hors sujet, je vous livre une chanson sur le bâillement qui vous décoincera peut-être les zygomatiques ! Allez savoir !

Et j’en ajoute une deuxième inspirée par Joye et son «Witloof frommi tuyau» un peu adapté pour la cirque-constance !

Il y a de drôles de zigs, quand même, sur ce Défi du samedi ! ;-)
 



 

27 octobre 2023

Castor et Mollux (Le Défi du samedi n° 791)

Comme je n'avais pas droit au bernard l'ermite qui est un custacé, je suis allé repêcher Bernard Lelou et Ricet Barrier qui connaissent hyper-bien les fonds sous-marins vu qu'ils sont responsables aussi de "La Java des hommes-grenouilles". J'ai donc enregistré "La Moule", une chanson que je connais depuis longtemps, que j'ai réentendue interprétée par "Les Voyous" le 21 juin dernier et qui est aussi au répertoire de mes beaux-frères musiciens.

Mais je ne suis pas ici pour raconter ma vie et je m'étonne juste que ce titre, interprété par les Frères Jacques, soit devenu "La Marchande de poissons". Tout le monde s'en fout, Joe Krapov ! Ils font ce qu'ils veulent !

A part ça, je regrette bien, pris par le temps, de n'avoir rien pu écrire sur les jumeaux célestes, Castor et Mollux. OK, je sors !

29 décembre 2022

De l’opérette à la supérette : appel aux dons (Défi du samedi N° 748)

Polonaises, Polonais !

Il nous faut de l’amour ! Il nous faut de l’amour ! (Air connu)

Exigez de l’amour qu’il soit inexorable, exagéré, axiomatique et à proximité plutôt qu’approximatif !

Fi des fauteuils relax et des luxures molles à Dax ou à Louxor d’où partit l’obélisque !

Foin du laxisme toxique et des désirs perplexes nécessitant lexique ou excipients pour conjuguer les auxiliaires !

Il nous faut du Mexique, l’exil aux galaxies, pas la crucifixion ou les génuflexions par trop anxiogènes !

Nos locaux sont exigus, le boxon administratif par trop complexe et prolixe ! Nous devons investir dans le dur, dans le pur, dans un sexe de silex, dans une taxinomie marxiste-léniniste excitante plutôt que dans une taxidermie marxiste-lénifiante ex-titiste pour trouver un remède à notre vexillologie érotique en berne !

Polonaises, Polonais, soyez généreux ! Pour aider au maximum à la recherche d’un élixir d’amour, donnez zƚotys !

Adressez vos dons à :

Professeur Wƚadysƚaw R.P. Gaucher
3 rue Calixte Pixar
50-001Wrocƚaw
POLOGNE 

8 mai 2020

Le Slam du wigwam (Défi du samedi n° 610)

Je veux dire le slam du wigwam,
Déclamer le blues du papoose,
Crier les mots des maux des squaws
Et jeter l’anathème du totem
Sur l’oncle Sam, c’est-à-dire nous,
Colons d’Europe, Espagnols gnols,
Irlandais affamés de la ruée vers l’or,
Anglais bouffis de l’eau de feu,
Français trafiquants d’armes,
Saxons envahisseurs,
Le fusil toujours prêt
A saisir des terres nouvelles.

Peu importe l’amer Indien !
L’histoire l’appellera « sauvage »,
Nous lui amènerons la civilisation,
Qu’il le désire ou non,
S’il le faut au son du canon !

Nous avons dérobé toutes les ruses des Sioux,
Anéanti les Mohicans jusqu’au dernier
Car nous n’étions Pawnees de la dernière pluie.

Nous avons semé le tonnerre à l’ouest,
Nous les avons poussés sur le sentier des larmes
Et sur le territoire de leurs tribus fantômes
Nous avons avancé le grand cheval de fer,
La caravane, la diligence, le fil qui chante,
Posé des barbelés sur la prairie
Dicté la loi du 20e de cavalerie.

La ville se construit en dur,
C’est le progrès ;
Il faut savoir tourner, l’Apache,
Les westerns d’Hollywood
Où tu tombes du cheval,
Pagaies en canoë vers ton destin fatal
D’anéantissement total.

Je voulais crier le slam du wigwam
Déclamer le blues du papoose
Dire les mots des maux des squaws
Et jeter l’anathème du totem
Sur l’oncle Sam
Mais mon souffle tourne court,
Ma fièvre redescend :
Le postillon de mon discours
N’est absolument pas viral
Et ne peut pas grand-chose contre l’état dictatorial
Du mouvement capital
A part ceci, très dérisoire,
Que j’applaudis tous les soirs
Son arrêt provisoire à la station « Bazar »
Et que je rêve de planter
Un jour ou l’autre, en Normandie,
Mon tipi !

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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