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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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20 novembre 2014

Cahier de correspondance 2

Technologie (M. SUCAT)

 

DDS 325 professeur

On a l’impression que Thierry ne suit plus les cours que de très loin ! S’ennuierait-il en classe ? Pourquoi ne comprend-il plus rien à des énoncés aussi simplistes que :

1. Pourquoi le $P01 devient un $6z01 à l'export ?

2. Pourquoi ce qui correspond à l'export format RDA :

181 ‎$6z01‎$ctxt‎$2rdacontent
182 ‎$6z01‎$cn‎$2rdamedi

est mieux compris par nos SIGB que ce qui correspond à l'export format ISBD ?

181 1‎$6z01‎$ai#‎$bxxxe##
182 1‎$6z01‎$an

Des modifications de paramétrage sont-elles à faire dans nos SIGB ?

3. Comment un 181 ##$P01$ctxt dans le Sudoc devient-il un 181 1‎$6z01‎$ai#‎$bxxxe## en format ISBD ?

Comme l’année dernière, je propose le redoublement.

 

Grec moderne (Mme COLNOT)

 

DDS 325 The-Teacher-Was-Teaching-Coloring-Pages

On a l’impression que Thierry ne suit plus les cours que de très loin ! S’ennuierait-il en classe ? Pourquoi ne sait-il plus traduire ce texte du philosophe enflammé Sergicos Quintinos dans un français compréhensible ?

xœ₯]έ³d•Q―ΰ]g³NyΉŽ―? Ξ^' {&xŽΎ₯@ μ  ¨}‹y
U©2Uα� [:Rw¬υ™Ή Ό/Χ3ηH-©?~ύ₯ωΣΓΊ ϋ°βΏώΗ-Ύ}Ύ>όχσ?=Ο‹Γ�κ‡όο?|ϋπυλη_ώ{z€7^�Χσu)₯xSΏ3 &εΕϋ‡”ά’ύΓλoŸ�ώτ³±KL>ώ �Jf5§•Ξ γ g}8=9Η%ζδNOΟaΙ!•pz Ύ΅ψ-₯oΏ{ΎψΕΈόιΩω οš Νι{g pυV|�Ν�ΐϋ‹uqΝπ@Ÿς ψ0,Φδrϊ>ΎeΓ9ρ-ŸJ<}σΏη‹]¬O0« Φ-Ρ'“Nοβχ)ϋ ΰS 5¬&ž^œ/ 6'†xϊKx)šh
§εnL γ§% xŸΟJ3=i«*Ω R— λ‚ i~Zί{ψΎ]“|ώ¬Τύ‹k:½Oγ³ωοω¦[άU Ε Ύ
TΓ D ͺYΐ±ϊ¨b)au�ρϊwΟαμΧΥ™‡‹ρ°u ―� ˜ΰ x#-!ΪΣ‡•Žu•ϋΔVO3~Ώ.Ξ&ά…K‚—LL§πΓ`c9}LοΌsφK*6'ώ$ν� iΞΏ „|@-ώ5žτΚΦfY=qφj7Φπb|HΞ.knœύΙω ΟΨδ" — ƒ/ΐδx`f-u έβawΆSΔ ŸœaWŠΟ

C’est pourtant simple, non ? Comme l’année dernière, et bien qu’il soit beaucoup plus âgé que ses petits camarades, je propose le redoublement.

 

Conduite (Mme Liard)

 

DDS 325 670px-Be-a-Popular-Teacher-Step-1

Hello!
pour moi il faut créer une notice autorité au pseudo collectif et c'est cette autorité là qu'il faut lier en 700 dans la notice bibliographique (-> respecter leur choix de publier sous un pseudo et non en leur nom propre). La notice d'autorité fera, elle, le lien vers les autorités de chacun des auteurs puisqu'ils sont connus. (Mais je n'y mettrais pas ma main au feu.)
Plusieurs pistes si tu n'obtiens pas de réponse plus formelle/précise : le GM sur la zone 200 et sur le $5
Ils citent quelques cas identiques (eg Marie et Joseph PPN 026940353), et on voit que pour une publication du pseudo Mammette (PPN 067283942) le catalogueur a trouvé utile de préciser en note : 304 ##‎$aA. Mammette : pseudonyme collectif d'un groupe d'enseignants de microbiologie des facultés de médecine, auxquels se sont joints des spécialistes des facultés de pharmacie et des grands organismes de recherche (cf. 4e de couv.)
Je ne saurais dire si c'est une bonne idée de le faire redoubler encore. Agé de 25 ans en CM2, ça fait beaucoup, non ? La législation interdit qu’on l’expulse avant la date de péremption. Alors on fait avec !

 

DDS 325 professeur SUCAT

Commission interdisciplinaire (la directrice, Madame Lakène-Vienne)

Thierry Lafronde est un excellent élément. Il accomplit trois fois plus de travail que tous ses camarades, rend ses devoirs en temps et en heure, travaille chez lui le soir et le dimanche, c’est propre, net, carré et je ne comprends pas pourquoi le cours naturel des choses voudrait qu’on se sépare d’agents aussi dynamiques et efficaces dans un établissement comme le nôtre. Sans compter qu’il forme un excellent duo musical avec son collègue de l’étage du-dessus lors des fêtes de fin d’année de la maison. Quand il ne fait pas sa mauvaise tête, c’est un excellent arrondisseur d’angles. C’est pourquoi je préconise son redoublement.


Réponse des parents :

Thierry redoublera d’efforts encore l’année prochaine mais après, on ne répond plus de rien !

Post-scriptum 1 de Joe Krapov :

DDS 325 tweet

 

Post-scriptum 2 de Joe Krapov :

Merci aux collègues qui ont déposé dans ma boîte à lettres électronique les parties de couleur Bordeaux dont je me suis servi pour fabriquer ce cahier de... correspondance !

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13 décembre 2013

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 19, Rythme poétique dit "Pacific 238"

DDS 276 Claude Ponti dragon télérama

Là-bas
En Libye
Il y avait un dragon cruel.

Fort las
Des brebis
Il exigea des demoiselles.

Survint
A cheval
Un croisé dénommé Saint-Georges.

En vingt,
Trente mandales,
A la bête il fit rendre gorge.

C’est de-
Puis ce temps
Que dans tous les livres d’enfants

Des preux
Etonnants
Vienn'nt à bout de tous les tourments

Le feu
Et le sang
Ont envahi tous les romans

Même que
Sur l’écran
Des blockbusters sanguinolents

Nous font
Regretter
La philosophie des Lumière

(Auguste
Et Louis
Et non pas Rousseau et Voltaire)

Qui nous
Amusaient
A coups d’ « Arroseur arrosé »

 

3 août 2013

Dans la roue de Sebarjo (Joe Krapov)

 

vélo 1

1
Sur son triporteur
Pédalant allègrement
Darry fait écowl !

http://www.youtube.com/watch?v=jh81YHMBfos

 

vélo 2

2
Corsica nostra !
Pourquoi donc mon pneu avant
A-t-il éclaté ?

 

vélo 3

3
En Corse et partout
Le port... d'armes est prohibé.
Oui mais... la seringue ?

 

vélo 4

4
Marius et Olive
Sont arrivés détachés
Les mollets en pièces !

 

 

vélo 5 88031309_p

5

Son côté fleur bleue
La bonne soeur le cultive
Sur son cycle. Amen !

vélo 6 88031773_p

 

6
En Camargue on voit,
Belge, vainqueur du Giro,
Un grand Flamand rose !

 

 

vélo 7 88077162_p

7
Les filles des Forges
Leur livre préféré c'est
La bicyclett' bleue !

 

 

 

vélo 8

8
La star du vélo
De Brest à Besançon
Brille dans l'été

 

 

 

 

 

vélo 9 88084583_p

9
Passer la muraille
Et foncer droit dans le mur
Ca, Marcel aimait !

 

 

vélo 10 88159100_p

10
Portant nom de fleurs
Les bateaux s'en vont, vainqueurs,
Fleurir l'océan.

Delphine en Bata
S'en vient près de l'océan
Fleurir le vainqueur

Delphine Batho
N'a pas convaincu céans :
Se trouve un peu fleur.

Près de Saint-Malo
Ce qu'assène Malaussène
Me fait mal aux seins

La bouche (bo) bée
Daniel Pennac croire
Au Vélo breton

 

vélo 11 88185235_o

11

Tour de France
Odyssée de mon enfance
Gardée dans mon coeur !

Même si mal entraînés,
Chantons tous avec Trénet !

 

 

vélo 12 88191160_p

12
Toi et moi, là-haut
Nous chantons André Bourvil

(http://www.youtube.com/watch?v=WizGTZtjgvo)

Un boeuf sur le toit !

 

 

vélo 13 88185357_p

13
Un air plein d'entrain
Retentit joyeusement
Dans la rue d'Antrain

Tout cela se passe à Rennes
Où l'on aim' la petit' reine !

 

 

vélo 14 88215898_p

14
Pierre de rosette
Pour gagner la Tête d'or
Prends du champ, beau lion !

Echappé hier aux griffes
Dans l'ascension d'Aubier l'X

(N'importe quoi !)

 

 

vélo 15

15
Franck Pinard, caviste
En possédera peut-être ?
C'est là son rayon !

http://joekrapov.free.fr/public/0711/070114_39.jpg

 

 

vélo 16

16
On soupçonnerait
De survol à la roulotte
L'aigle du Ventoux !

 

 

 

vélo 17

17
The tea on the bike
Is it run against the clock ?
(or the five o'clock ?)

Amazing ! This is my first English haïkaï !

 

 

vélo 18

18
Elephantastique,
Le vélo-caméléon
Devenu Elmer !

 

 

vélo 19 88232224_p

19
Foncer dans le mur,
Finir en cyclorameur
Sur la barque bleue !

 

 

vélo 20 88232412_p

20
Comble de malchance :
Attraper l'avarie-selle
Sur le tour de France !

 

 

vélo 21

21
Pour nous mettre au vert
Faisons flèche de tout bois
Avec Sebarjo !

 

N.B. Le tour de France en haïkus 2013 a été remporté par les Petits-Bretons de Rennes, M. Sebarjo premier devant M. Joe Krapov, mesdames les championnes de Belgique (Adrienne Merckx) et d'Iowa (Joye Armstrong) ayant renoncé à concourir cette année. Le parcours du vainqueur, avec les crédits photographiques, se trouve ici : 

http://sebarjo.canalblog.com/archives/haikus_de_mon_tour_de_france/index.html

30 novembre 2013

Rencontres insolites (Joe Krapov)

 

DDS 275 réveil

Quand le réveil sonna ce matin-là, M. Plumpsack eut bien du mal à émerger de son sommeil mais il finit par sortir du lit avec un désir de passage à l’acte bien ancré : à partir de ce jour, comme son épouse, promis-juré, il noterait tous ses rêves.


 

DDS 275 pull

Celui qu’il venait de faire était fort troublant : il se trouvait dans un endroit improbable et il grelottait de froid, complètement nu dans une vaste étendue de neige quand un personnage étrange surgit du ciel, juché sur un nuage et lui tendit un pull en mohair. Il remercia le donateur et revêtit le pull.

 

 

 

dds 275 carotte

Puis le froid lui creusa l’estomac, le mit en appétit et il imagina une bonne soupe de carottes, pareille à celle que savait si bien cuisiner sa grand’mère.



DDS 275 étoile

La nuit précédente, il avait rêvé qu’il était sur une plage, à la recherche d’étoiles de mer qu’il faisait ensuite sécher pour les offrir à Mme Plumpsack qui en faisait collection.



 

DDS 275 bretzel

Madame Plumpsack notait ses rêves chaque matin. Quand c’était fait, elle partait cuisiner des bretzels.




DDS 275 nounours

Ce matin-là, elle avait noté dans son cahier rose qu’elle avait retrouvé le nounours à noeud rouge que sa sœur avait égaré lorsqu’elle avait trois ans.




DDS 275 marteau

Au petit-déjeuner, en échangeant autour de leurs rêves, M. et Mme Plumpsack avaient conclu qu’ils étaient complètement marteaux et que c’était sans doute grande perte de temps que de noter toutes ces âneries : la nuit n’était pas la revanche du jour.



DDS 275 bougie

- Oui, bien sûr, admit M. Plumpsack, mais il n’y a pas de mal à se faire du bien. Et ton carnet de rêves prend moins de place que ta collection d’étoiles de mer et de moules à gâteaux.
- Il me semble que tu en profites bien de mes moules à gâteaux, enfin, des gâteaux qui viennent se nicher dedans !
- C’est vrai, mais même si je ne continue pas par la suite, il faut que je note ce rêve-là !
- Qu’est-ce que c’était ?
- Au début, on était à une vente à la bougie.

 

DDS 275 champignon

- Ca existe encore des choses comme ça, à l’heure d’Internet, des smartphones et des cartes 12 G ? Ils organisent des ventes à la bougie virtuelles sur E-bay ?
- Dans mon rêve, oui, sauf que le commissaire-priseur n’avait pas de marteau. Il brandissait un énorme champignon et au lieu de dire « Adjugé ! » il gueulait « Amanite » !
- Ca ne m’étonne pas de toi que tu rêves de symboles aussi visiblement phalloïdes !


DDS 275 pot de chambre

- Je crois qu’on dit phalliques. A un moment il y a eu tout un lot de pot de chambres anciens et parmi ceux-ci s’en trouvait un de couleur rouge. J’ai voulu enchérir mais aucun son ne sortait plus de ma gorge.

 

dds 275 soulier

Alors, sans voix, j’ai ôté mon soulier et j’ai tapé sur mon pupitre. « Vipère lubrique ! Vipère lubrique ! » a hurlé mon voisin qui avait un rouge-gorge vivant en guise de chapeau sur la tête.

 

 



DDS 275 ciseaux

Mais une main géante armée d’une paire de de ciseaux est venue le couper en deux. Ce n’était qu’un militaire de papier et l’entité géante a protesté : « Alors, on ne salue plus ? ». « Non, on ne salue plus ! » a répondu le rouge-gorge. « On est là pour acheter un pot de chambre afin d’y ranger des étoiles de mer ». « C’est tout à fait ça » ai-je commenté et alors, à ce moment-là...


DDS 275 rouge-gorge

- Je le lirai dans ton cahier quand tu seras parti mais dépêche-toi de finir ton café, car sinon tu vas encore être en retard au boulot !

M. Plumpsack se leva, passa dans le sas de décompression, enleva son pull en mohair et le reste de ses vêtements. Une fois qu’il fut tout nu, il ouvrit la porte du blockhaus et sortit dehors où il faisait une température étouffante sous un ciel uniformément gris où ne perçait aucun soleil. Il alla sonner à la porte de M. et Mme Gummibärchen. Hans, son collègue de travail, sortit avec un rouge-gorge sur la tête et son pot de chambre rouge à la main.

Ils s’enfoncèrent dans le désert en chantant :
« A la chasse au vieux nounours
Je ne veux plus aller Lorelei
Et pourquoi j’irais tuer
Une bête qui ne m’a rien fait ?
Et pourquoi, milliard de malheurs,
Je ferais plaisir à ma belle-sœur ? ».

Quand ils eurent terminé les trois couplets, Hans demanda :
- Qu’est-ce que t’as dans ta gamelle pour ce midi, Ludwig ?
- De la soupe aux carottes du temps de ma grand-mère. Et puis une bonne surprise pour toi !
- Ah oui ? Qu’est-ce que c’est ?
- Greta nous a trouvé des champignons séchés !
- Ah chouette ! On va pouvoir fumer !
- Ah ouais, c’est pas trop tôt ! Et pis ça va nous changer du gouda !

14 novembre 2013

YANNICK NOIX ?

DDS 272 noix

23 lignes pour dire ce qu’il y a à l’intérieur d’une noix ? Mais on me demande l’impossible, là ! Et ce n’est pas parce qu’à la ligne 3, ayant répondu « un cerneau », je poserai un point final et mon stylo, loin de là !

C’est plutôt qu’à jouer sur les mots, ou avec eux ou même ici avec leurs lettres on risque d’aller se planter bien plus loin que sous le noyer !

Car dans NOIX il y a ION, ce petit truc dont je ne sais rien mais qui intéressa tellement Etienne Klein, le physicien de France-Culture, qu’il en fit sa professION et nous régale d’anagrammes si bien troussées que je ne rate plus jamais la conneXION sur sa chronique du jeudi matin.

En parlant de trousser, il y a un X dans NOIX et c’est l’occasion d’évoquer Marcel Stroskane, un personnage de fiction qui se fait des films X dans sa tête. L’outil dressé droit comme un I en permanence, les deux NOIX pleines comme des O de spermatozOÏdes prêts à hurler Banzaï, scout toujours prêt pour le cOÏt, il est aussi nul que neuneu mais pas aussi nuirisible que son modèle dans le réel qui chercha des NOIses à la NOIre Nafissatou. Marcel préfère Sophie Tell, la fille au gars Guillaume qui sous l'arbre halète.

DDS 272 Argus

Il y a aussi dans la NOIX la vache la plus connue de la mythologie et des cruciverbistes. En un mot et en deux lettres, c’est IO qui nous fait penser à Argus, un type qui avait cent yeux tout autour de la tête mais qu’Hermès parvint à endormir pour lui subtiliser la génisse à lui confiée par Héra pour la rendre à Zeus. Pour le punir Héra lui vola ses yeux afin d’en parer la queue du paon et en plus elle lui supprima son bonnet rouge, sa carte professionnelle de bouvier et sa subvention de Politique Agricole Commune, d’où l’expression « PAC ôtée à l’Argus » (je vous l’avais bien dit qu’on s’en éloignerait, du noyer ).

neil-young-vs-neil-old

Enfin dans NOIX il y a INOX, abréviation sans doute aucun d’INOXydable et je ne connais pas plus INOXydable que ce vieux Young, l’uncle Neil qui chante que la rouille ne dort jamais, que cette nuit (NOX en latin) c’est la nuit et qu’il vaut mieux brûler d’un seul coup que de se délaver. Je ne comprends pas trop cette philosophie à la noix parce que brûlé ou délavé, ton jean est foutu ! Encore que maintenant, on les porte déchirés. Avant on était entourés de locdus, maintenant on est cernés par des loqueteux !

DDS 272 Xoxo

 

Et puis dans sa coquille de NOIX, dans son bateau d’amour, il y a aussi XOXO qui écrit sur les murs qu’elle aime son Max un max !

 


Avant que je n’atteigne ou ne dépasse la 23e ligne, qu’il me soit permis de mentionner, plutôt que la chanson de Charles Trénet, le sketch de Chanson Plus Bifluorée car pour ma part je ne peux jamais entendre parler de noix sans fredonner « Casser la (les ?) noix » sur un air de Patrick Bruel ni penser à Marie-Hélène Arotine, au stage folk, aux tables de la MJC, au dulcimer, au grand-père de Bernard Lavilliers et aux châtaignes bouillies dans les narines !
 

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8 novembre 2013

Dans les déboires éternels (Joe Krapov)

DDS 271 train 1

Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant. Il l’abandonna à cause d’affaires urgentes et l’ouvrit de nouveau dans le train en retournant à sa propriété. Il se laissait lentement intéresser par l’intrigue et le caractère des personnages. Ce soir-là, rentré chez lui, il prit après le repas une feuille de papier et entreprit de noter ce qui lui semblait, dans les dialogues, relever de la folie douce. Du chapitre 1 au chapitre 26 – le roman en comptait 67 – cela donnait ceci :

- Celui-là, pas de plomb dans la tête, pas de plomb dans les mains. Il va sur son âne en suivant sa boussole, comme ça l’arrange.
- Eh bien laisse-le !

- Elle n’est pas bien réglée, votre radio. Vous voulez que je vous l’arrange ?
- Non, hombre. Je ne veux pas entendre leurs âneries. A mon âge on a le droit de ne pas se laisser faire.

- Et si on meurt avant d’avoir fini de vivre, c’est pareil. Les assassins continuent à tourner dans le vide, des engeances qui viennent nous démanger sans cesse

- Eh bien quel est le problème ?
- C’est moi le problème.

- Tu n’as pas remis tes chaussures ?
- C’est bien comme cela : les idées peuvent circuler par la plante des pieds.

- Mais qu’est-ce qu’on peut faire, si c’est la mort ?
- On va voir, on va s’arranger.

Il est évident que le chat avait un tempérament d’alcoolique, à surveiller.

- On ne peut vivre en homme en restant sur les berges
Et celui qui s’y tient dans le néant s’immerge.

Arrivé à ce stade, Jean-Baptiste, bien que cela ne fût pas dans ses habitudes, tapa du poing sur la table et il vociféra : « Elle va trop loin ! Ca ne peut plus durer ! ».

Il traversa plusieurs salles du château et pénétra dans son bureau. Il ouvrit son agenda de cuir rouge et consacra le reste de la soirée à passer une bonne dizaine de coups de téléphone. Ses interlocuteurs habitaient des pays différents dans le monde et cela lui prit un certain temps. Cela aurait été plus pratique de lancer un « Doodle » sur Internet mais il n’était pas au fait de ces technologies modernes et eux non plus sans doute aucun. Le stage de génétique qu’Elle lui avait fait effectuer au Québec lui avait laissé trop de mauvais souvenirs pour qu’il s’y mette un jour vraiment.


***

Quinze jours après cet énervement, les véhicules les plus divers franchirent, sur le coup de 18 heures, la grille de sa propriété de Saint-André-Goule-d’Oie. Les gens du village, étonnés, virent passer un coupé 504 Peugeot, une 4 CV Renault conduite par une ménagère de plus de cinquante ans accompagnée d’un passager lourd et massif , un cabriolet 403 Peugeot immatriculé aux USA, trois véhicules anciens immatriculés en Belgique, une Torpédo 1925 et même un cab anglais avec cocher, entouré d’une nappe de brouillard et tiré par deux chevaux blancs.

DDS 271 Rouletabille

Tous ces gens portaient des couvre-chefs aussi bizarres que démodés, des casquettes, des melons, des chapeaux mous, même un deerstalker et bien qu’il ne plût pas, certains semblaient n’avoir jamais quitté l’imperméable beige qu’ils portaient sur le dos sauf peut-être pour dormir. Un autre, par pléonasme ou plaisanterie, était vêtu d'un costume en tissu à pied-de-poule.


La nombreuse domesticité du château mena les invités dans les différentes chambres à eux destinées puis sur le coup de 20 heures tous ces messieurs, fumant la pipe ou pas, la dame en tailleur anglais, l’Ecossaise en kilt, le couple de semi-retraités où la femme portait la culotte et l’homme le kilt se retrouvèrent dans le grand salon, pour une fois fin prêts à passer à table pour ce repas de « retrouvailles confraternelles ».

Quand Jean-Baptiste descendit l’escalier, des applaudissements furent émis mais il fut bien le seul à ne pas sentir qu’ils étaient simplement polis. Il serra des mains, fit des bises aux dames, balançant du « cher collègue » par-ci, du « Comment vas-tu depuis le temps ? » par là.

On servit du Champagne à l’apéritif et puis on s’assit devant les empilements d’assiettes qui laissaient présager de nombreux services.

L’hôte réclama le silence et dit :

DDS 271 Maigret

- Mes chers amis, je vous ai réunis ici pour que tous ensemble nous prenions la défense de notre profession et nous libérions de ces semi-divinités qui font de nous des jouets ridicules du destin et nous infligent un sort que nous n’avons pas mérité. ..»
- Il y a sans doute plus grand malheur que d’habiter dans un château, même tout seul, tu ne crois pas, Jules ? » glissa tout bas Mme Maigret à l’oreille de son mari.
- Ou alors il veut parler des adaptations cinématographiques ! répondit le commissaire retraité.
- Celles dans lesquelles on nous remplace par des duos comiques. On m'a parlé de Lampion et Larosière ! Il fallait bien qu'ils se mettent à deux pour égaler mes petites cellules grises !" plastronna Hercule Poirot.



- Moi qui vous parle, je dois vous avouer que ma créatrice ne m’a pas ménagé au long de ses récits. J’ai failli attraper la peste, être accusé de meurtre par des policiers québécois, être acculé au suicide par un serial killer octogénaire… Franchement, est-ce bien crédible ?
- Nous aussi, on se moque de nous ! lança Dupondet. 
- Je dirai même plus, on se fout de notre gueule ! ajouta Dupontet
- Ne vous fâchez pas ! conseilla Imogene.

- Je n’ai dû mon salut qu’en me dissimulant tout nu dans le peignoir de mon lieutenant, accroché comme un ouistiti dans le dos de Violette Retancourt ! Y a-t-il plus ridicule comme situation ?
- Ce type n’a pas d’humour » glissa San-A. à l’hénaurme Béru.
- Ni de tempérament ! rétorqua celui-ci.

DDS 271 Burma

- Je ne vous parlerai pas de ma brigade ! 27 personnalités atypiques dont certains hystériques avec lesquels je suis à deux doigts de m’affronter violemment à coups de tessons de bouteille. 
- En parlant de bouteille, quand est-ce qu’on reboit ? demanda Marlowe à Burma qui était en train de bourrer sa pipe à tête de taureau.
- J’espère que ce mec va mettre son mystère KO un peu plus vite que ça ! Sa jactance m’ennuie ! As-tu remarqué, mon cher Philip, comme Miss Marple a des roberts choucards ?

- Et ma vie affective ? De quoi j’ai l’air avec cette paternité assumée en toute camaraderie avec une artiste-plombière qui est toujours barrée aux quatre coins du monde et qui couche avec mes adjoints ?
- Ah si nos enfants pouvaient partir se balader plus souvent avec leurs horribles mioches, confia Tuppence « the bag » Beresford à son mari Tommy.

DDS 271 Sherlock

- C’est pourquoi je vous ai réunis ici ce soir. Ras le bol de mon passé pyrénéen qu'elle me renvoie dans la figure ! Marre de ces dialogues ridicules, de toutes ces moqueries sur mon manque de vocabulaire et mon peu de mémoire ! Je pense qu’avec toute notre science en matière criminelle, nous pouvons ensemble traverser le miroir et aller mettre fin définitivement aux agissements de cette femme qui dénature le roman policier et le transforme en roman-photos pour midinettes amoureuses de psychologie de salle d'attente médicale  et de cinéma fantastique pour adotes !
- Décrochez-moi ces gousses d’ail qui déshonorent mon portail ! » higelinisa Rouletabille.
- Si je comprends bien, Adamsberg, vous nous proposez d’aller tous ensemble commettre un meurtre ? s’étonna Hercule Poirot.
- Oui, le crime parfait, même ! Qui irait soupçonner un héros de fiction d’avoir assassiné son créateur ?
- Vaste fumisterie, protesta Sherlock Holmes. Rebellion de potache ! Mauvais fils ! Parvenu nihiliste ! Ingrat double !».

Et, de l’autre bout de la table, il balança sa loupe à la tête du commissaire. Celui-ci, atteint au front par ce boomerang sans retour, s’écroula et resta immobile.
Nick Charles s’approcha de lui et dit à Nora en lui prenant le pouls :
- Comme aurait dit Groucho Marx : soit ma montre est arrêtée, soit cet homme est mort !

Asta, leur chien, vint lécher l’oreille d’Adamsberg puis s’en retourna aux cuisines où flottaient de meilleures odeurs.

- Bon ! L’enquête va pouvoir commencer, m'sieur-dames ! déclara Columbo.
- Ah non, on bouffe d’abord ! protesta Bérurier. On se débarrassera du corps après. On n'a qu'à le mettre dans un lieu incertain en attendant. De toute façon on a bien vu que c'est Holmes qui a fait le coup. Devait être encore shooté, à mon avis, ce sacré Rosbif !
- Je ne comprends pas pourquoi ce gars détestait tant les zoologues ! s’étonna Wenceslas Vorobeïtchik.
- Moi c’est les archéologues, avoua Miss Marple.
- Et moi c’est les prologues ! plaisanta Ferdinand Flure.

***

DDS 271 train

Le train s’arrêta. La jeune fille au pantalon vert éteignit sa tablette. Sa voisine lui demanda :

- C’était quoi, le nibouque que tu lisais ?
- C’était une Krapoverie !
- En html ?
- Ouais, il a pas eu le temps de faire des Acrobaties autour de sa daube, cette semaine ! Ni de faire intervenir Arthur le fantôme justicier pour faire disparaître le corps de la victime, ni de chanter « Arthur où t’as mis le corps ».
- Ah ben tu t’es fait voler alors, côté multimédia !
- Ouais ! Je vais me remettre au livre en papier ! Et toi tu lisais quoi ?
- J’peux pas t’le dire ! Des trucs salaces !
- J’ai d’viné ! Vargas-sur-Sarthe !

 DDS 271 Sherlock 2

 

7 avril 2013

LE DRAGON DE SAINT-GEORGES EXISTA-T-IL JAMAIS ? par Joe Krapov

 

MIC 2013 0401 coeurs volants

Pour peu que votre cœur vous porte vers les cieux
On vous fait chevalier, on vous donne une épée.
Votre croisade aura des grandeurs d’épopée,
Vous combattrez pour votre Dieu ou pour vos Dieux.

Là où quelque dragon a dévasté les lieux,
Rançonné, et mangé la brebis étripée,
Le malheur par-dessus chante sa mélopée :
Le courage des hommes est demeuré vœu pieux.

130324 142

A force d’illusion, vous devenez héros.
Le feu flamboie en vous comme en un brasero
Mais les dragons jamais eurent-ils existence ?

Au printemps des croyances en l’avenir meilleur,
A mains nues, dans la paix, loin des guerrières stances
Il faudrait travailler, ensemble, de tout cœur.

 

N.B. Ceci doit être le treizième texte de « 99 dragons : exercices de style » mais je ne sais déjà plus où j’ai publié les autres ! Celui-ci à été écrit pour "Un mot, une image, une citation" du 1er avril 2013. 

 

25 janvier 2013

Le culte de Paros (Guirec !) (Joe Krapov)

Département de Seine-Maritime
Ville de Vascoeuil
Service de police municipale
N° 67/2012

Le 14 juillet 2012

Rapport d'intervention

Le brigadier-chef Gadoon
A Monsieur le Maire
Sous couvert de la voie hiérarchique

Objet : Arrestation de trois jeunes mineures pour attentat à la pudeur

Le 13 juillet, exécutant notre ronde de surveillance de la localité afin d'empêcher les débordements liés à la célébration de la prise de la Bastille et de quelques libations subséquentes, l'agent Gweltaz de Santrèze et moi-même le brigadier-chef Brice Gadoon avons interpellé trois gamines court-vêtues. Très courts-vêtues. A vrai dire il y avait même attentat à la pudeur vu que lesdites demoiselles étaient toutes nues.

Les avons sommées de nous présenter leurs papiers. Elles n'en possédaient pas présentement. Leur avons demandé de décliner leur identité, rogntudju.

L'aînée des trois a dit s'appeler Euphrozyne Kharitès, être la fille de Mathurin-Joséphin Zeus et d'Eurynomée-Aude Issava.

La seconde des sœurs, car il s'agit de sœurs a dit que pas du tout, leur papa s'appelait Hélios Iliaque et leur maman Eglé-Eglé Hellèdénôutre. Elle-même s'appelait Thalie et accusait son aînée de cacher son vrai prénom Charis.


La troisième a prétendu que les deux autres avaient bu et fumé et racontaient n'importe quoi. Leur père était Archibald Dyonisos et leur mère Coronis Corona, que c'était pas de la petite bière et qu'elle-même s'appelait Aglagla Aglaé.

- Pas du tout, à rétorqué l'aînée. Tu t'appelles Pasithée et tu es promise en mariage à Hypnos, l'opticien du village.
- Et toi , par Pausanias, tu t'appelles Cléta et je ne dirai pas les bruits qui courent sur toi, comme quoi tu es la spécialiste de la la sexualité en dehors du mariage !
- Arrête, Auxo, a dit la seconde. Si tu crois qu'on t'a attendue pour croquer la pomme et mener la danse !

Hégémone les a interrompues.

- En tant qu'aînée, si vous ne cessez pas de proférer des insanités, je vais faire appel à Antéros, Pothos et Thémis
- Parce qu'à titre grâcieux et avec constance mademoiselle joue les Bonacieux pour ces trois mousquetaires ? Laisse-moi rire, Phaenna !

L'agent de Santrèze et moi-même avons-mis fin à la diatribe des hétaïres en leur passant les menottes et en les poussant dans le fourgon où elles ont continué à raconter leurs salades.

Les avons mises en cellule de dégrisement puis avons tapé ce compte-rendu. Comme elles en étaient rendues à protester bruyamment et à nous dire d'aller nous faire voir chez les Grecs pour un motif que nous avons oublié, nous sommes allés ensuite terminer de surveiller la fête nationale qui est bien sympa aussi chez les Normands. Le Calvados vaut le détour et les gisquettes sont bien girondes.

Nos respects à vous-même et bien le bonjour à votre dame, Monsieur le maire !

***

- Bonjour. Ce serait pour déposer une plainte.
- Bien sûr, Monsieur. De quoi s'agit-il ?
- Je suis Monsieur Carzou, le conservateur du château-musée de Vascoeuil. Des individus malveillants ont profité de la fête nationale pour dérober dans le parc un groupe sculpté représentant les Trois Grâces.
- Les trois Grâces ? Vous savez leur nom ?
- Eh bien... A vrai dire, non.
- Nous non plus mais je pense que mes hommes les ont coffrées hier. Venez-voir.

Il entraîne le visiteur vers la cellule.

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- Ce sont elles ? Vous reconnaissez les faits ? Euh, les fesses ?
- Miracle ! Dieu soit loué ! En me présentant ces fesses, vous me tirez une belle épine du pied !
- C'est à mon corps défendant. Je vous prie d'accepter mes excuses au nom de mes troupes. On a arrosé un départ en retraite hier soir. Je pense qu'ils se sont livrés ensuite, un peu imbibés, à un enlèvement de statue. Ca arrive souvent à Rennes aux statues des baigneuses de la place de Bretagne.
- Mais... nous ne sommes pas en Bretagne ?
- Nous non mais Brice Gadoon et Gwen.. Gwerlt... l'agent de Santrèze viennent d'être mutés ici par sanction disciplinaire. Le chouchen tape dur là-bas, plus que le soleil dans le ciel et je ne sais pas si c'est une bonne idée, pour leur reconversion, de les avoir envoyés en Normandie. Je vous ferai livrer la statue au château cet après-midi par ces deux idiots, ça leur fera les pieds.
- Merci infiniment à vous commissaire. Commissaire... ?
- Gérard Mancinque !
- Mille grâces à vous, commissaire Mancinque !

***

Après le départ de l'homme de l'art, le commissaire se replonge dans la lecture de « C'est un métier d'homme » et il pense :
- C'est bizarre que plus personne ne connaisse les noms des trois Grâces. Il me semble que DeMonac, Amazing et Gunther, c'est pourtant facile à retenir, non ? »

 

 

19 juin 2013

La magicienne a disparu ! (Joe Krapov)

Courait-elle dans l’herbe avant qu’on ne l’attrape,
Avant qu’on ne lui greffe, au bout de son museau,
Un fil qui la rattache au monde des « Fenêtres » ?

La vie longtemps pour elle a marché comme sur des roulettes :
Il suffisait, pour que ça roule
De ne jamais perdre la boule.

Mais le progrès vous scie les pattes et c’est désormais ventre à terre
Qu’elle officie, handicapée mais productive,
Se mouvant pas très loin sur le ring comme toute envoyée au tapis.

Nul ne l’attrape par la queue sauf lors des déménagements.
Tout le monde lui caresse le dos – c’est pour elle jeu de main chaude –
Mais elle ne ronge plus que son frein.

En guise de cerveau elle a un côté gauche dédié à l’action
Et une partie droite consacrée à Mémoire
Mais bon il faut aimer qu’on vous tape sur la tête.

Le quatorze juillet et tous les autres jours
Sa bosse, Monseigneur qu’on touche en permanence,
Donne, sans pistolet, départ au défilé.

Tant de cordes à son arc mais une seule flèche !
Qu’elle atteigne la cible et le sablier tourne
Tandis que les lumières du kaléidoscope
Changent devant nos yeux souvent émerveillés.

Je hais par-dessus tout qu’on la trempe dans l’huile ou dans l’eau :
Froid ou chaud, plein d’effroi, peu me chaut l’escargot,
Trop lent pour la machine, qui sent l’ail et l’enterrement
Des feuilles de papier mortes.

A tout coup désormais importée de la Chine
Sans qu’on ne nous fournisse le moindre certificat vétérinaire
Elle indiffère le chat qui se désintéresse de cette bête-simulacre.

On n’aimait peu jadis l’avoir dans sa maison
Mais les temps ont changé. Monsieur, à l’occasion,
L’eût bien mise dans son lit

Mais madame est contente de la voir disparaître.
Pour l’adultère virtuel hélas nous serons chocolats
Car on passe aux tablettes.

Alors, adieu, souris ! Prends tes clics et tes claques,
Merci pour ta magie, chapeau pour le boulot, bravo, petit mulot
Et tant pis si Progrès-prestidigitateur
Te met dans son chapeau et te pose un lapin sorti du haut-de-forme.

D’un abracadabra de baguette magique
Un artiste farceur te repeindra en vert
Et te redonnera liberté sur pelouse, pattes, oreilles, moustache…

Allez, souris, souris !
La vie n’est pas si dure
Que le disque rayé veut nous le faire accroire !

 

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1 mars 2013

EST-CE AINSI QUE LES HOMMES ET LES FEMMES VIVENT ? (Joe Krapov)

- Vous venez souvent ici, chère Madame ?
- Chaque fois qu’il y a un karaoké, mon beau monsieur. C’est une bonne occasion de sortir mon mari. Le médecin a dit qu’il doit bouger. Sinon il est toujours fourré sur son ordinateur ou dans ses cahiers à écrire comme un malade. Qu’il est, du reste.
- Votre mari écrit ? Des romans ? Des essais ? Des articles ?
- Ne le répétez à personne : il fait de la poésie !
- De la p… ? Non ? Vous plaisantez, j’espère ? De nos jours ! Ce doit être illisible ?
- Ca l’est d’autant plus que Louis écrit en alexandrins ou en vers qui riment. Avant qu’il ne devienne ce grand corps malade il allait même déclamer sa production dans les cafés-slam !
- Il a une maladie ? Il semble bien conservé pourtant. Bonjour, monsieur le poète !

Le mari de la dame à l’accent étranger ne répond pas. Il a les yeux fixés sur l’écran de télé géant où défilent les paroles des «Feuilles mortes» de Prévert et Kosma qu’une Lara Fabian d’occasion est en train de massacrer, au grand dam d'un ancien scientifique belge qui se bouche les oreilles. Ca ne semble pas le gêner, lui, le poète : déjà que les aveugles sont parfois sourds à ce qu’on leur braille, il ne faut pas s’étonner si les émules de Verlaine trouvent un peu longs les sanglots des violons dans leur sonotone.

- Excusez-le, il a des absences. Le plus terrible c’est quand il redevient lucide. Il m’accuse de lui avoir fait perdre la boule. Un jour il m’a dit : « Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire !". Vous vous rendez compte ?
- C’est vrai que vos yeux sont très beaux. Vous avez dû faire des ravages quand vous étiez jeune. J’espère que je ne vous vexe pas en vous disant cela. Vous devez d’ailleurs encore en faire beaucoup.
- C’est vrai, monsieur très cher. Ma sœur Lili et moi, autrefois, nous avons vu défiler toute la Russie chez nous. Si je puis vous confier un secret, cher monsieur… Quel est votre prénom ?
- Marcel. Marcel Stroskane, pour vous servir.
- Eh bien mon cher Marcel, il n’y a que le transsibérien à ne pas nous être passé dessus ! Ces succès amoureux étaient d’autant plus surprenants que nous avions la réputation d’avoir un cœur de pierre.
- Des jaloux, des médisants, sans doute ?

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- Non, des plaisantins : notre nom de famille était Brique ! Et du coup, après avoir écumé toute l’URSS, j’ai fait le mur et je suis allée en Italie où j’ai changé de nom et de prénom. C’est à Venise que j’ai rencontré cet idiot : il voulait s’y suicider. Se suicider à Venise, il y a de quoi se gondoler, non ?
- Vous exagérez certainement. Vous n’avez pas l’air d’avoir été malheureuse ?
- Pas autant que ma sœur en tout cas. Elle aussi a épousé un poète mais il n’a pas survécu.
- Ce sont des êtres fragiles, paraît-il ?
- Fragiles ? Vous rigolez ? Mon Louis a été très résistant.

Le Louis en question, fantôme un peu hagard, vient de se lever en entendant les premières mesures du « Chiffon rouge » de Michel Fugain. C’est une institutrice en combinaison de ski qui le chante en levant le poing. Louis la fixe d’un regard quasi amoureux et on voit ses lèvres trembloter comme s’il prononçait les paroles de la chanson mais en fait un lecteur averti décélerait qu’il prononce tout bas celles de « L’Internationale ».

Marcella le fait rasseoir puis elle dit à Marcel :

- Vous avez quelque chose de prévu après ce karaoké ? Vous pourriez venir à la maison faire plus ample connaissance ? Nous habitons à deux pas d'ici.

Comme ça fait déjà dix minutes qu’elle lui fait du pied et que, dessous la table, elle a posé la main sur le haut de sa cuisse, vraiment tout en haut, Marcel lui répond :

- Volontiers !

Puis il ajoute :


- C’est moi qui chante la prochaine !


Effectivement on l’appelle et il entame avec élégance et suavité « Sous les jupes des filles » de Souchon.

- Toi, mon cochon, pense Marcella, tu n’es pas la moitié d’un ! On va s’en donner, toi et moi ! Dès que je t’aurai chanté «Déshabillez-moi», je vais te faire perdre ton latin exactement comme Juliette a fait perdre son Gréco-romain à Roméo : de haute lutte !

Puis elle s’adresse à Louis :

- Tu vas avoir du spectacle, ce soir Louis ! Du comme tu l’aimes ! Et puis comme ça m’ennuie d’avoir laissé notre roman inachevé, je crois qu’avec mes aventures post-Aloys, avec ce type-là et les autres qui l'ont précédé et le suivront, je tiens un bon sujet de best-seller ! Allez, chauffe, Marcel !

Mais cette promesse vient trop tard. Affalé dans son fauteuil sous le portrait de Blanche de Castille – la déco du salon où a lieu le karaoké est manifestement assez surréaliste – Louis s’est oublié, il a oublié Blanche, Marcella, Nancy et les autres : il s’est endormi. Riche de toutes ces musiques, heureux de cette humanité chantante, n’ayant plus à se soucier de la ligne puisqu’il est parti, tranquille comme un roi sous sa crinière d’argent, voilà que Louis dort.

Et dans son rêve du moment, dans un autre univers un peu plus chatoyant, un homme et une femme, à l’unisson, chantent sans trop la massacrer une des chansons qu’il a écrites.

7 mars 2013

L'EMPORTER AU PARADIS ? par Joe Krapov

Vêtue de probité candide et de lin blanc
Voici qu’on m’a collé des ailes dans le dos
Et mis une auréole en guise de chapeau !
C’est quoi ce carnaval dont je me bats le flanc ?

Pourquoi m’expédier là ? Je n’ai rien fait de mal ?
Et pourquoi m’habiller de cette camisole ?
Dès le premier abord, c’est sûr, il me désole
Ce monde aseptisé comme un grand hôpital !

Que l’on me débarrasse, enfin, de ces atours !
Permettez-moi, mon Dieu, de faire demi-tour :
J’avais tout ce qu’il faut pour faire une diablesse !

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S’il est vrai qu’on retombe en enfance en enfer,
Laissez-moi avouer mon rêve et ma faiblesse :
Je veux chauffer mes fesses auprès de Lucifer !

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18 janvier 2013

Meilleurs vieux ! (Joe Krapov)

Tap tap tap Chers défoants Tap tap tap du samedo Schpong Vroum Vroum Cling

Tap tap tap Je vius présente tap tap tap Schpong Vroum Vroum Cling

Tap tap tap mes meolleurs vieux ! * Smac ! Smac ! Smac ! Schpong Vroum Vroum Cling

 

Jeanne et Paul

 

Tap tap tap Ah ! Ah ! Ah ! Schpong Vroum Vroum Cling

Tap tap tap Binne année 2013 à vius ! Schpong Vroum Vroum Cling

 

Underwood

 


P.S.

Tap tap tap Je ne saos pas ce qu’elle a Schpong Vroum Vroum Cling

Tap tap tap cette voeolle machone à écrore Underwiid. Schpong Vroum Vroum Cling

Tap tap tap M’est avos qu’elle cinfind deux lettres. Schpong Vroum Vroum Cling

Tap tap tap Je pense qu’ol va fallior que j’onvestosse Schpong Vroum Vroum Cling

Tap tap tap dans une plus miderne Schpong Vroum Vroum Cling

Tap tap tap viore, carrément, dans un irdonateur !
Gasp !


*Mes meolleurs vœux, c’est quand ols étaoent jeunes !

Pas vrao, M’man ? Bosius ! Smac ! Smac ! Smac !

 

10 janvier 2013

Après le mariage de Charlotte et Capucine à Audrix (24) (Joe Krapov)

Il était sur le point de s'endormir quand, soudain, il vit briller dans la nuit la petite lucarne de sa radio qu'il avait oublié de fermer. Il l’avait installée là, dans la chambre de l’hôtel, en attendant l’heure de la cérémonie et il ne se souvenait même plus, tant il était bourré au retour de la fête, de l’avoir rallumée. Pour écouter quoi, du reste ?

Deux types causaient dans le poste :

- Pourquoi est-ce qu’on a un problème avec le pluriel de pet-de-nonne alors que personne ne se pose de question sur celui de prout de mammouth ?
- Y’en a plus des mammouths !
- Et des nonnes, plus beaucoup non plus.
(Rires)

Il étendit le bras pour éteindre mais n’eut pas la force d’atteindre le bouton.

- Le curé mordille le bas de la religieuse. Ca ne pose de problème à personne !
- Ben quoi, il faut bien prendre des forces avant d’aller à la manif contre le mariage pour tous !
(Rires)

C’était quoi, ce talk show débile ? Il roula, étendit à nouveau le bras et éteignit. Pas la peine qu’on lui prenne la tête, il avait déjà une migraine carabinée. Trop bu, trop mangé. Un beau mariage bien arrosé. Trop !

- Aucun problème non plus si l’évêque se tape des cuisses de grenouilles !
- Du moment qu’elles ne sont pas de bénitier !
(Rires)

Allons bon ! La radio éteinte, ça continuait. Etait-ce dans sa tête ?

- Deux escargots de Bourgogne qui vont à l’enterrement d’une feuille morte au pays du kouign-amann, ils ne sont pas rendus, crois-moi !
- Eh, je le connais ce poème-là, c’est de Prévert ! Je ne suis pas Douarnenez de la dernière pluie, tout de même !
(Rires)

Ou alors, il rêvait déjà et dans son rêve il assistait à l’enregistrement de l’émission de radio.

- Faire le coup de la panne aux frangines, autrefois, c’était royal.
- Aujourd’hui ce sont elles qui tirent les rois et vous barbouillent de frangipane !
(Rires)

Etait-ce parce qu’il avait repris deux fois des quenelles de sabre à la sauce aux lardons que ces deux idiots n’arrêtaient pas de parler de bouffe ?

- Quand on est fondu de bœuf bourguignon il faut veiller à ne pas se laisser embrocher !
- En effet, l’huile est déjà chaude et les anthropophages sont affamés !
(Rires)
- Tu connais le bruit que font les cloches de l’abbaye de Westminster ?
- Non ? Dis voir ?
- Plum pudding puddong ! Plum pudding puddong !
(Rires)

Il avait maintenant les yeux grands ouverts. Ce n’était pas un rêve. C’était dans la chambre d’à côté.

- Quand Charlotte ramène sa fraise certains trouvent qu’elle est chou, d’autres trouvent qu’elle est tarte. Mais tous la dévorent des yeux car elle est mignonne à croquer.
- Même avec sa fraise qui la fait ressembler, à n’importe quelle heure du jour, à Marie de midi six.
(Rires)

Mais combien ils sont dans la chambre voisine ? Les deux qui causent déjà et combien qui rient ? Tout tangue autour de lui, la pièce tourne, il est à deux doigts de perdre connaissance.

- A la maison, on ne faisait jamais de pissaladière. Rien que le nom du plat nous coupait l’appétit ! Du coup on mangeait des tartes à l’oignon.
- C’est pas plus appétissant si tu vas par là !
(Rires gras)
- Dans la Forêt noire, le voyageur qui est égaré depuis huit jours, s’il est vraiment en manque, il n’a rien contre le boudin blanc.
(Rires encore plus gras)

Il n’en peut plus il se lève.

- Mille feuilles dans la Pléiade, si elles sont signées Proust ou Houellebecq, je les ramène à la pâtisserie et je me fais rembourser sous prétexte que c’est avarié.

Il allume dans la salle de bains, se penche sur la cuvette et vomit. Quand c’est calmé, il reconnaît le canard à l’orange et sa mousse de carottes, la tarte aux noix de pécan et cerises amarena et le trop plein de champagne absorbé. Il tire la châsse, boit encore un grand verre d’eau au robinet et va se recoucher.

On n’entend plus rien dans la chambre d’à côté. Il s’endort comme une merde.

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Le lendemain, il se réveille tôt, aussi dégagé que le ciel. Il prend une douche, s’habille et descend prendre le petit déjeuner.

Outre le serveur il y a déjà deux types assis à une table. Il remplit son plateau de croissants, de pain, beurre et confiture, d’un grand bol de café chaud et va s’asseoir à une des tables.

Il arrache une corne à son croissant, la trempe dans le café, la porte à sa bouche et à ce moment-là il entend le premier type dire à l’autre :

- Dans la voiture-bar du Paris-Bordeaux, ils ne vendent pas de Saint-Emilion, Loreille !
- C’est comme dans le Paris-Brest. On n’en trouve pas non plus, Lardu.
- Du Saint-Emilion ?
- Non, des Paris-Brest !

Il reconnaît les voix. Ce sont ses voisins de chambre. De chambrée, presque.

- Ce que j’aime par-dessus tout c’est enfiler mes pieds dans des charentaises et grignoter des chaussons aux pommes !
- Dans le Poitou, ils préfèrent faire l’inverse !

Puis les deux types se lèvent et sortent. Loreille et Lardu !

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Un peu plus tard dans la matinée, il règle sa note à la réception.
- Les deux types, dans la chambre à côté de la mienne, ils font de la radio ?
- Oui, monsieur. Ce sont Loreille et Lardu, les animateurs de l’émission culinaire de notre radio libre locale « Radio Marmiton Périgord ».
- Une radio libre ? En 2016 ? Ca existe encore ?
- Plus que jamais. Ils viennent ici pour enregistrer en direct live. En morte saison, on rentabilise les chambres de l’hôtel comme on peut. Vous n’allez pas vous plaindre du manque d’épaisseur des murs ? Les rires enregistrés ne vous ont pas empêché de dormir ?
- Non, pas du tout.
- Si vous l’aviez fait, je vous aurais répondu qu’au prix où vous avez payé la chambre il ne fallait quand même pas vous attendre au Carlton de Lille !
- Jacques Sternberg n’aurait pas coupé plus court.
- Jacques qui ?
- Laissez tomber, je ne me suis plaint de rien, Charlotte et Capucine sont mariées, la vie est belle et c’est tant mieux. Vous ferez mes amitiés à Loreille et Lardu !

Il sort au grand soleil, met la valise dans le coffre de la voiture, admire le ciel bleu, écoute les oiseaux et se prend à penser :
« Quand elle n’est pas signée de Stravinsky, la musique du Périgord est vraiment agréable ! ».

19 février 2013

Un ami d’autrefois (Joe Krapov)

Très longtemps la musique a été mon issue de secours. Oh bien sûr, il n’y avait pas le feu à l’hôtel, non. Juste le besoin, comme pour tout adolescent, de s’ouvrir au monde. Et c’est justement à ce moment-là que j’ai découvert « Kevin Ayers and the Whole world », un voisin d’Angleterre avec une voix grave et des musiques sucrées.

Le premier album de lui que j’ai écouté est en fait le deuxième de ses opera (je savais le latin à l’époque : un opus, des opera !). Il s’intitule « Shooting at the moon ». C’est peut-être important pour la suite. Il contient le rigolo « May i ? » aux paroles chantées en français :


« J’étais perdu dans la rue
Fatigué et mal au cul
J’ai vu un petit café avec une fille dedans
Et je lui disai [sic] (c’est ainsi, je savais toujours le latin !) :
Puis-je
M’asseoir auprès de toi, te regarder ?
J’aimerais bien la compagnie de ton sourire ».

 

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Kevin Ayers a été le premier bassiste du groupe Soft Machine. Le premier de ses albums solo a pour nom « Joy of a toy ». Maintenant que je suis devenu un peu le « toy of a Joye » (LOL ! LOL Coxhill, même !) ce titre me fait bien rire, tout comme certaines de ses chansons : « Oleh Oleh Bandu Bandong » « Stop this train» et les très jolies « The lady Rachel » et « Girl on a swing ».

Si l’escalier de secours de MAP peut être utilisé en tant que piédestal, on y positionnera bien volontiers l’imperturbable guitariste Mike Oldfield qui, avant de pondre son célèbre « Tubular bells », fit ses débuts au sein du Whole world. On entend sur le troisième album de Kevin, « Whatevershebringswesing » un très beau solo de guitare sur le titre homonyme. D’autres n’ont pas démérité par la suite : Steve Hillage et Ollie Halsall n'étaient pas rien non plus !

Enfin nous arrivons au chef-d’œuvre de l’homme, là où l’escalier mène au ciel (comme les monte-en-l’air, j’ai tendance à emprunter les issues de secours à l’envers !). Le 4e album est sorti en 1973 et s’intitule « Bananamour » !

 

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Rien que la photo à l’intérieur de la pochette vaut le déplacement et certaines des paroles de ces hymnes m’accompagnent toujours : extrayons par exemple ceci de « Shouting in a bucket blues » :

"Lovers come and lovers go
but friends are hard to find
Yes I can count all mine
on one finger"

« Les amours vont, les amours viennent
Mais pour trouver l’ami on a bien plus de peine
Moi je peux compter les miens
Sur un seul doigt de ma main »

et cela de "Interview" : 


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"I have been called a down
Yes you may write that down
And for a little money
I am extremely funny.

You ask me how I do my act
This is my reply
I climb up on a ladder
And announce that I will fly."

"On dit de moi qu’je suis un clown
C’est vrai qu’pour épater Poupoune
Et gagner des comm’s sympathiques
Je suis extrêmement comique

Vous m’demandez de vous dire quelle
Est ma r’cette pour faire rigoler ?
C’est simple : je grimpe sur une échelle
Et j’annonce que j’vais m’envoler !"

La traduction est un peu stupé-samedidé-fiante mais l’image est bien vue. Moi aussi chaque semaine je monte sur l’échelle et… j’en redescends tout de suite à cause de mon acrophobie !
Si « je m’voyais déjà en haut de l’affiche : en dix fois plus gros que n’importe qui mon nom s’étalerait », ben c’est raté ! C'est moi qui m'étale ! Escabeauté le désir de gloriole !

Pour terminer, et pour revenir à « tirer dans la lune » révélons la véritable nature de cet escalier de secours : c’est en fait un observatoire pour admirer, depuis la région de Nancy, « la lune des Caraïbes qui brille toute la nuit » !

Merci à toi, Kevin Ayers, qui nous as soutenus et nous accompagnes encore pendant que l’hôtel brûle. Yes, we have no mañanas mais… Vive la banane !

 

21 novembre 2012

LE PLAISIR AVANT LE TRAVAIL par Joe Krapov

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Ma destinée est un tantinet mutine. Elle se saisit du moindre des hasards pour me créer des amusements qui me laissent parfois médusé. C’est ainsi que je me suis retrouvé la semaine dernière obligé de passer deux nuitées à Nancy.

Nancy est une ville un peu éteinte si j’en crois M. Oldelaf, un chanteur médisant qui a peu d’estime pour elle. C’est une cité pourtant bien séduisante avec une âme et des diamants intimidants qu’il faut savoir tailler, comme la route pour l’âne, à même la place et les monuments.

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On a donc envoyé ce semi-dément de Joe Krapov se livrer à des activités quasi estudiantines dans un amphi empli de rats de bibliothèque, d’éminents documentalistes de l’INIST et de chercheurs initiés dont certains pas encore édentés. Parmi eux notre nain muet a joué les timides du dessin animé et s’est contenté d’écouter, dans un mutisme complet, deux matinées et deux après-midis d’affilée, des palabres sur l’univers quelque peu démâté de ceux qui méditent et testent en labo toute l’année puis éditent en revue leurs idées les plus folles, qui publient les minutes de leurs cogitations intimes au sein d’une unité mixte sur les conséquences de la consommation d’huile d’amande douce par les Suisses et les Suissesses ou font le compte-rendu de leurs expériences de reconstitution du combat de la nudité par le port de la mini-jupe à Dinan au XIVe siècle (cette antienne ancienne a bien entendu fait l’objet d’une soutenance de thèse à l’Université de Haute Bretagne dite aussi Université de Rennes 2).

Vu à ma sauce, Joe Krapov dans un colloque scientifique c’est Tintin et Milou au pays des mutants ! A ce stade, à cet instant, la situation est minée. Je garderai le silence, par décence, sur le fait que c’est la crise, que les ressources de l’Etat s’amenuisent et que, nul ne pouvant nier les ennuis à venir, il n’y aura plus rien demain pour empêcher, amis chercheurs, que vos salaires ne diminuent : les éditeurs auront piqué tout le pognon à vos tutelles. Pas de sentiment ! Tudieu ! La Finance est une satanée tueuse, une ennemie damnée et non une sainte aux mains généreuses. Que je sois maudit, madame Amandine, si je mens ou si vous êtes par ma faute « enduite avec de l’erreur ».

Mais je vois qu’il est temps de parler du musée-aquarium de Nancy où eut lieu, comme dit M. Hajtyla, une « méga chouille » (une fête bien plus agréable que le repas de midi au RU !). Parmi les animaux empaillés, daims, ibis, hérons, ours et morses, notre Joe le taxidermiste a pris quelques instantanés amusants autant qu’inédits.

   

 

 

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Il est resté muet devant les carpes, a immortalisé les manteaux des collègues, intimé mais en vain l’immobilité aux anémones de mer, aimé les pendouillis de queues à la sauce Musée d’art contemporain, payé sa dîme à l’alcoolisme mondain en levant par trois fois le coude. « A la tienne, Etienne-Etienne ! » comme chantait dame Guesch Patti sans laisser d’adresse !

 

MIC 2012 11 19 éclipse

Ensuite Joe Krapov, lui aussi, avant même l’arrivée du dessert, a disparu dans la nuit. Il s’est éclipsé.

Car c’est bien gentil Nancy mais « même si le cœur ne parle pas, il faut savoir l’écouter » : on est quand même mieux auprès de sa mie ou de sa muse quand on est quelque peu midinette et finalement mieux tout court à Rennes! C’est une cité plus aimante ou plus aimantée où l’on est plus ému par les minettes que par Dieu, le roi et son beau-père Stanislas sur la place du même nom, même si elle est très belle aussi !

 

121116 010

 

9 octobre 2012

BELLE PROVENCE OU BELLE PROVINCE ? par Joe Krapov

Lorsqu’arrive le temps du grand Apaisement
S’en vient le désir fou d’aller Baguenauder.

Ils posent sur le lit, comme à Califourchon par-dessus les tourments,
La valise et l’on voit, tandis qu’elle s’emplit, le quotidien Dodeliner.

Partir ! Laver son corps de tous les Embarras !
Laisser derrière soi pour un temps, hélas court, les habitudes Foudroyées.

Vers les moulins à vent qui battent la Garrigue
Comme il serait plaisant de tracer d’un seul trait un printemps d’Hirondelle !

Vers cette France des lettrés, vers ces amis d’Imaginaire
Comme ce serait bon de s’envoler Joyeux !

Safari d’émotions au pays des émeus, kangourous et Kiwis,
Tout dépaysement apparaît plus jouissif qu’une Liposuccion.

Ils voyageraient bien, calés dans un avion, vers la Magnificence
Du tapis de coton qu’au royaume des cieux fabriquent les Nuages

Mais bon, Calice, Ostie ! Ciboire ! Tabernacle !
Le Portail de l’hôtel dans la ville voisine crie aussi « Aventure » !

Je me souviens, tu te souviens qu’on devise gaiement au pays de Québec,
Que les rochers percés nichés dans le brouillard font naître de grands Rires.

C’est toujours en beauté avec sérénité que le Soleil se couche
Et la langue française avec art et manière à creusé par ici sa Tanière.

Alors… Que le portier de l’hôtel Clarendon dans son bel Uniforme
Ouvre sa Vaste porte aux amis d’Iowa !

MIC 2012 10 08 Hôtel Clarendon

 

 

6 octobre 2012

SINGULARITE DU SIGLE par Joe Krapov

MIC 2012 10 01 Flaubert

Aux alcooliques acronymes
Nous nous rendions chaque mardi
Et ce dès la rentrée des classes.

Bien que n’allant plus à l’école
Nous nous étions fait un devoir
D’écouter résister le son
Des phrases que nous inventions
- Tels des Flaubert dans leur gueuloir ! –
D’après des règles fantaisistes
Rarement tristes.

Pestant contre l’automne
Nous en faisions des tonnes :
« Quand tout bogue autour de nous,
Nous nous marrons
Pour pas un rond ! »
Comme dit le proverbe de Redon.

Flaubert à la veille d'enterrer le mot "coeur"

En témoignent ci-dessous,
Inventés par nous,
Ces sigles de partis dissous :

MONOTONE : Mouvement des Oublieux de la Nuit, des Oublieux de la Tristesse et des Oublieux des Nymphes Eplorées

AUTOMNE : Association des Unanimistes à Tombeau Ouvert de la Multiplication des Noubas d’Enfer

AMOUR : Association des Mélanchochonihilistes Obstinément Unis par la Rigolade

CREPUSCULE : Cénacle Régulièrement Enthousiasmé par la Poésie Urluberlue, le Syndrome Comique, l’Umour et la Légèreté Existentielle

PLOMBAGE : Parti Lourdement Obnubilé par le Mariage du Beau avec l’Amitié, la Galéjade et l’Elucubration (Vivent les ménages à trois, voire à quatre !)

SPLEEN : Syndicat Prolétarien de Lutte contre l’Emberlificotage des Emois Narratifs

MOURIR : Mouvement Organisateur de l’Union des Rigolos Individualistes et Rêveurs

Quels que fussent nos jeux,
Nos joies et nos bonheurs d’inventer tous ces sigles

Nous nous heurtions toujours au finale
A ce comble troublant :

Aux Alcooliques acronymes
Quand on voulait siffler un vers
Et lui donner un petit frère
On ne pouvait pas :

Il n’y avait pas de rime à « sigle » ! *

*A part « aigle » pour l’œil ou alors « bigle » mais un poème avec ce mot-là, on aurait trouvé ça louche !

MIC 2012 10 01 Clarence

 

 

3 octobre 2012

PEINDRE-DEPEINDRE par Joe Krapov

A   ux feuillages des arbres, aux nuages du ciel

U   n automne joueur accroche des couleurs.

T   out est paré de rouge et s’illumine d’or,

O   n voit le feu s’en prendre à toute la forêt

M   ais rien ne se calcine et tout pâlit en fait :

N   ous savons que l’automne est un peintre à l’envers

E   t qu’il ramène tout au vélin de l’hiver.


MIC 2012 10 01 automne

 

21 septembre 2012

Smoking - No smoking (Joe Krapov)

DDS 212 Babette

- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je.
La femme me lança un regard scrutateur ; 
elle avait entrouvert la porte d'entrée. 
Je m'approchai et montai la marche devant la maison.
- Non, je ne vous reconnais pas. »
- Je suis la fille de Mme Sanva-Tanguerre. »
- Ca alors ! Babette ! »

 

 

DDS 212 Beatles

- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je.
La femme me lança un regard scrutateur ;
elle avait entrouvert la porte d'entrée.
Je m'approchai et montai la marche devant la maison.
- Non, je ne vous reconnais pas. »
- Je suis la fille de Mme Sticket-Toride. »
- Ca alors ! Sophie ! »

 

DDS 212 Donizetti

- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je.
La femme me lança un regard scrutateur ;
elle avait entrouvert la porte d'entrée.
Je m'approchai et montai la marche devant la maison.
- Non, je ne vous reconnais pas. »
- Je suis la fille de Mme Sirdamour de Doni-Zetti. »
- Ca alors ! Angélique ! »

 

 

DDS 212 Joystick

- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je.
La femme me lança un regard scrutateur ; 
elle avait entrouvert la porte d'entrée. 
Je m'approchai et montai la marche devant la maison.
- Non, je ne vous reconnais pas. »
- Je suis la fille de Mme Stick. »
- Ca alors ! Joy ! »
- Ah non, vous me confondez avec ma jumelle. Moi je suis Ella ! »

 

DDS 212 Gatsby

- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je.
La femme me lança un regard scrutateur ;
elle avait entrouvert la porte d'entrée.
Je m'approchai et montai la marche devant la maison.
- Non, je ne vous reconnais pas. »
- Je suis la fille de Mme Sbylema-Nific. »
- Ca alors ! Agathe ! »

 

 

DDS 212 Corons

- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je.
La femme me lança un regard scrutateur ;
elle avait entrouvert la porte d'entrée.
Je m'approchai et montai la marche devant la maison.
- Non, je ne vous reconnais pas. »
- Je suis la fille de Mme Sétélèque-Oron. »
- Ca alors ! Eléonore ! »



DDS 212 salsa

- Vous ne me reconnaissez pas ? » demandai-je.
La femme me lança un regard scrutateur ;
elle avait entrouvert la porte d'entrée.
Je m'approchai et montai la marche devant la maison.
- Non, je ne vous reconnais pas. »
- Je suis la fille de Mme Sadudémon ! »
- Horreur ! Malheur ! Larissa ! »

 

 

22 septembre 2012

ARLEQUIN DANS SA BOUTIQUE

Arlequin à la friperie a déniché quelques guenilles, quelques hardes d’épouvantail

Qui ne sont même pas à sa taille.

 

Retroussant les manches salies il a enfilé le veston qu’a légué mon oncle Gaston

A son trop vigoureux fiston.
Comme il lui va ! » dit Margoton .

 

Le chapeau de tante Zozo était bien plus défoncé qu’elle à l’époque où cette maquerelle

Etait tenancière d’un bordel »
M’a dit Estelle ;


E
nfoncé de façon étrange sur la tête de l’homme aux losanges il le rend fier comme Artaban

"Sans doute à cause des plumes de paon"
Commente Fanfan.


Quelques chiffons noués ensemble lui ont fait, à ce qu’il nous semble, une écharpe multicolore

Qu’Isadora souhaite indolore.
Et toi, qu’en penses-tu, Isaure ?


Une couverture en patchwork est devenue, d’humble trésor,

La cape d’un toréador.
Cela a plu à Léonore.


Il a payé ces frusques étrusques quelques sequins et puis, emportant son bousin,

Il est sorti du magasin.


Nippé de toutes ces guenilles Arlequin est allé au bal afin de danser la Chenille comme un couillon

Mais les filles, émerveillées, l’ont pris pour un grand papillon,
L’ont attrapé dans leur filet 
Et l’ont cloué
Dans une petite boîte en carton.

 

 

MIC 2012 09 17 Arlequin épinglé


P.S. L'image de droite est empruntée ici.

27 avril 2012

Le grimoire d'Uriah Heep

DDS 191 UH Very eavyNous aurons des mots audacieux,
Le coeur humble et l'armure lourde
Pour chasser le démon du dogme
Et les discours de haine lente.






DDS 191 UH Demons And Wizards

Alchimistes du verbe
Et des hymnes d'amour,
Dans l'antre des sorciers
Nous prendrons le meilleur.


 
 

DDS 191 UH MagicianLa femme aux cheveux noirs
Montrera le chemin de la fête des mots
Et nous célébrerons le verbe magicien
A chaque anniversaire de soleil et de pluie





DDS 191 UH Look at yourselfLe regard en nous-mêmes,

La douce liberté,
Les merveilles du monde
Seront notre fortune.




DDS 191 UH FireflyNous aurons des mots fiers
Et des vies de lucioles
Et rien n'empêchera
Le grimoire achevé de notre vie tracée,





DDS 191 Hensley 73 frntPosé à tout jamais dans la bibliothèque

Sur une étagère poussiéreuse,
De faire entendre à l'avenir
Notre aventure musicale.

7 juin 2012

Monkey sur la commode par Joe Krapov


l_armee_des_12_singes,4- Tu sais, Loreille, Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, mais il y a aussi tout un tas de vieux trucs que nous ignorons. Par exemple nous pouvons faire signe avec un singe. 

- Avec un singe ? A quoi tu songes ?

- C’est une anagramme parfaite. Singe, signe. Le film de Terry Gillam peut donc être rebaptisé « Le zodiaque ».

- Ding ? Dong ????

MIC 2012 06 04 niagara-poster- Ben oui, le zodiaque, c’est l’armée des douze signes ! On ignore aussi que « macaque sent toujours me hareng » et que « Y’a gibbon, gibBanania ». De plus moi j’ai toujours cru, à cause de la chanson de Pierre Vassiliu, « Il était tard ce samedi soir », que Cheetah était une guenon. Or quand elle est morte en 2012 on m’a révélé que c’était un mâle. Est-ce qu’on a le droit de recommencer sa vie quand c’est comme ça ? Quand on a vécu plein d’années en prononçant Niagara « Nyagara » à la place de « Nayagara », on devrait avoir le droit de revenir au début, non ? On appellerait ça le parachute du Niagara, un truc doré qui t’empêcherait de tomber de trop haut. Revenir dans sa peau de vingt ans avec ce qu’on a dans la tête à cinquante.

- Ping ? Pong???

MIC 2012 06 04 voiture assiégée par les singes- Oui, je sais, ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces. Ce serait comme sur la photo où une bande de singes a dévalisé la galerie d’une jeune femme coincée dans son auto et éparpillé le linge autour de la voiture. La première chose qu’on irait (re) faire ce serait de coller notre nez dans les dessous des filles. On y peut quelque chose si ce qu’elles se mettent dessus nous mettent au trente-sixième dessous ?


MIC 2012 06 04 un_singe_en_hiver,1- String strong ! Est-ce que l’amour du linge descend du singe en hiver, Lardu ? Qu’est-ce qu’on y peut si le Mongol aime les vases Ming et Tinguely porte des tongs ? Why is Sing Sing the name of the song ? Claude Nougaro is in the jailhouse now ! Things are so ! Is that wrong ?

- Ça, je l’ignore. Tu reprends un verre de cabernet, c’est de l’Anjou !

- Le cépage de l’Anjou réjouit le sapajou ! Gin ! Gong ! Et l’avion tourne comme un fou en rogne sur le ring. T’as trouvé le dernier ?


MIC 2012 06 04 Le gorille vous salue bien- Le dernier ? Wings ? Yi-king ? Hong Kong ?

- Non, King Kong, Lardu !

- Tu me fais un drôle de cinéma avec ton dictionnaire de rimes toi aujourd’hui !

- C’est un dictionnaire du diable cinéphile ! Le gorille vous salue bien !

- Avec Bing Crosby ?

- Bong !

Devant tant d’inculture, Loreille préfère s’évanouir.

25 mai 2012

Galets-jade

A chaque marée montante, la mer arrivait avec une nouvelle vague de plaisanteries stupides, de devinettes et d’attrape-couillons dont elle faisait cadeau aux galets :

- Pincemi et Pincenous sont dans un bateau. Pincemi tombe à l’eau. Qui est-ce qui reste ?
- Pincenous ?

Et la mer pinçait les galets et rigolait bien.
 

DDS 195 100803E 054La fois suivante, elle leur demandait :

- Est-ce que vous avez déjà glissé dans la piscine ?
- Non, répondaient les galets.
- Et manié le béton à la tonne ?
- Non plus.

Et la mer s’écroulait de rire.

- Pourquoi tu ris ?
- Ce sont des contrepets. Si vous changez deux lettres de place ça prend un tout autre sens.
- Manier le tét… Ah oui, tu nous as bien eus, disaient les galets !


Douze heures après elle disait :


- Il fait beau et chaud aujourd’hui
- Oui ?
- Allez je vous aide, c’est aussi un contrepet !
- Il fait chaud et beau ? Mais ce n’est pas drôle ?
- C’est parce que c’est un contrepet belge !
- Ah ?

Et la mer se pliait de rire de plus belle.


La fois suivante :


- Savez-vous pourquoi les paquebots belges ont trois cheminées ?
- Non . C'est un contrepet ?
- C'est parce que les transatlantiques !
- ???
- C'est une devinette absurde que j'ai piquée à Gotlib !

Et la mer se couvrait de rides sur toute sa surface à force de rire.


Et toutes les douze heures, la même situation se répétait sur la plage de Saint-Jean-Cap-Ferrat.
La mer sans arrêt roulait ses galets.

 

24 mai 2012

COMMENT CA S'ARTICULE par Joe Krapov

- En préambule, ça gesticule, ça s'accumule, la revendication pullule et c'est à ce moment-là que tu modules avant que ça ne bascule et que ça brûle sous la canicule. Après quelques conciliabules, tu fais croire que tu capitules et tu proposes de monter un vague comité Théodule. L'air de rien tu les manipules, tous ces crédules ! Tu prends le truc sous ta férule, tu charges la mule, tu repars dans ton véhicule. Dans ton vestibule, rue de la Vistule, tu fais venir un expert en chimie de la molécule. Mets-toi bien ça dans l'auricule : il t'explique, cellule par cellule, de celui qui se démantibule la clavicule quand on le stimule à celle qui hulule pour dissimuler qu'elle simule, du spermato jusqu'à l'ovule, comment ça se passe quand on copule.

- Mais les canards, ça pond des œufs ?

MIC 2012 05 21 091227 1199- Les canes, petite ridicule ! A la virgule près tu notes les formules de l'émule de Curie, tu les récapitules au sein d'un fascicule. Tu le mets dans le circuit des Eurocrates. Tous ces jeunes animalcules sortis de l'ENA et qui postulent pour un poste de ministricule– ça pullule comme des pustules, c't'une maladie qu'ils s'inoculent ! – vont se faire les mandibules sur tes feuillets minuscules même s'ils sont nuls. Pas besoin qu'on les bouscule pour qu'ils s'activent le pédoncule et te maculent du papier ! Pendant ce temps, toi, sans scrupules, tu prends du recul, tu t'en vas dans la péninsule te faire dorer la pilule, tu spécules, tu joues les noctambules au casino, tu y amasses des monticules, bref tu arrondis ton pécule. Savant calcul ! Heureux cumul ! Au retour les jeunes somnambules à particule t'auront pondu une bulle majuscule digne des douze travaux d'Hercule. Tu le signes, l'opuscule, tu l'intitules, tu l'immatricules, tu l'encapsules pour qu'il circule. Et voilà comment s'articule, mon Ursule, une directive européenne qui stipule « la taille réglementaire des testicules de fuligules ». Y'a pas de quoi en faire une pendule ! Qu'est-ce que t'en dis, ma libellule que j'adule ?

- Rien. Tu m'as mise sur les rotules ! J'ai la vésicule qui ondule quand tu régules !

- Alors là, tu m'impressionnes, ma pellicule !

9 novembre 2011

Siffle, Chaix and sun (pantoum ferroviaire tournant au roman-fleuve sur la fin) (Joe Krapov)

 

DDS167_070707_fanfare_St_CoinPersonne n’est heureux comme le chef de gare :
Au pays du bonheur, tout train arrive à l’heure,
Tout départ s’effectue avec fifre et fanfare.
Lui gère tout cela dans son ample demeure.

 

 

Au pays du bonheur, tout train arrive à l’heure.
Le soir venu un grand appétit le tenaille.
Lui gère tout cela dans son ample demeure.
Son épouse, elle, attend avec « La vie du rail ».

 

 

DDS167_femme_du_chef_de_gare

 

Le soir venu un grand appétit le tenaille.
Elle s’appelle Jade, elle est jeune et jolie,
Son épouse. Elle attend avec « La vie du rail ».
Dans leur chambre bientôt ils feront des folies.

 

 

Elle s’appelle Jade, elle est jeune et jolie
Et tant pis pour tous ceux qui sortent de leurs gonds !
Dans leur chambre bientôt ils feront des folies :
Ils se tamponneront des trains et des wagons !

 

 

Et tant pis pour tous ceux qui sortent de leurs gonds :
Fi des chansons d’hier, elle lui est fidèle !
Ils se tamponneront des trains et des wagons !
Leur amour est plus beau que ne l’est l’asphodèle.

 

Fi des chansons d’hier, elle lui est fidèle !
Point de cornes en vue au front de notre chef,
Leur amour est plus beau que ne l’est l’asphodèle
Et nous le redirons, s’il le faut, derechef :

DDS167_070725_319

 

Point de cornes en vue au front de notre chef !
Eros les mènera sur les bords de la Loire
Et nous le redirons, s’il le faut, derechef :
Pour les vacances ils ont loué une gabare.

 

DDS167_070725_331


Eros les mènera sur les bords de la Loire :
Le soleil et le vin leur donneront chaleur.
Pour les vacances ils ont loué une gabare :
Pas de ticket à présenter au contrôleur !

 

 

Le soleil et le vin leur donneront chaleur.
Il ne leur reste plus qu’à larguer les amarres !
Pas de ticket à présenter au contrôleur !
Personne n’est heureux comme le chef de gare !


N.B. Les photos de l'harmonie "L'Espérance de Saint-Coin" (37 ?) ont été prises au Festival des Affranchis de La Flèche (72).
        Celles des gabares ont été prises à La Ménitré (49)

 

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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