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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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19 octobre 2018

Des manières un peu cavalières !

 "Un bachi-bouzouk ou bachibouzouk (du turc başıbozuk, littéralement «sa tête ne fonctionne pas ») est un cavalier mercenaire, de l'armée de l'Empire ottoman, avec un armement non standardisé et en pratique très léger, et une discipline faible. Ils sont comparables à ce qu'étaient les hussards au XVIIe siècle dans l'armée autrichienne, ou à d'autres corps de guerriers irréguliers ou supplétifs."

Ailleurs on trouve la traduction « cavalier irrégulier »."


Ca n’est vraiment pas gentil, ô grand Turc !

Au regard de ce combat-là, vous nous devez pourtant une fière chandelle ! En quoi était-il utile d’échanger votre évêque contre le bachi-bouzouk blanc que vous aviez acculé à la bande ? Etait-ce bien prudent d’établir vos fortifications à l’aile roi avant même que l’adversaire n’ait choisi où installer son siège ?

Vous avez vu mes manœuvres, mon cheminement ? De c8 à d7 pour prendre le relais de mon pareil en f6 et puis finalement, tout le travail en e4, menace sur f2, contrôle du château royal, capture de la dame en d2 puis dégagement en b1 et dernier échec fatal en c3 avant écrasement du roi adverse par la tour et les deux fantassins avancés ! Joli travail, non ?

Alors dire de moi que ma tête ne fonctionne pas, c’est quand même fort de café turc !



Cliquez ici pour voir la bataille !
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3 juin 2016

Souvenirs, souvenirs

J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien…
Où sont passées mes pantoufles ?
Qu'est-ce que j'ai fait de mes clés, mes lunettes et mes papiers, mon veston, mon lorgnon, mon étui d'accordéon ?
Oui je sais, je perds tout mais c'que j'veux pas c'est qu'on se moque de moi !
Oh ! Hé ! Hein ! Bon !

Et d’abord
Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ?
Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ?
Que reste-t-il de nos amours ?
Où sont les femmes ?
Z’avez pas vu Mirza ?
Où sont tous mes amants ?
Qui suis-je ?
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Mais qu’est-ce que t’as mis dans le café ?
Où vas-tu, Basile ?
Dis, quand reviendras-tu ?

Et d’abord
C’est quand qu’on va où ?
Où c’est que j’ai mis mon flingue ?
Qui a tué Devy Moore ?
Qui a le droit ?
As-tu vu la casquette, la casquette, la casquette du père Bugeaud ?
Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ?
Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?
Quoi, ma gueule ? Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
Comment te dire adieu ?

***

Mémoire, que serais-je sans toi ? Heureusement que tu es là ! Je me souviens encore, fort heureusement, d’un tas de choses fort utiles :

"Vercingétorix, né sous Louis-Philippe, battit les Chinois un soir à Roncevaux. C’est lui qui lança la mode des slips et pour ça mourut sur un échafaud. Il faisait "Zip" quand il roulait, "Bap" quand il tournait, "Brrr" quand il marchait. Je ne sais pas ce que c'était et je crois que je ne le saurai jamais. Il n’y a plus d’après à Saint-Germain des Prés !"

Et je m’en fous ! Parce qu’à part ces interrogations non-existentielles, tout va très bien madame la Marquise ! Je me rappelle très bien que le prénom d’Alzheimer était Marcel et que mon oncle Walrus n’aime pas les œuvres d’Alois Proust !
 

27 mai 2016

MOI AUSSI J’AI CONNU DES PÉPINS AMOUREUX ET CARDIAQUES

Le fait que je sois noir de peau n’a jamais été gênant, en quoi que ce soit, dans ma vie affective. Au contraire. J’étais grand, baraqué, jovial et surtout protecteur. Je plaisais énormément aux filles… et aux gars !

Il fallait juste, pour mes partenaires, accepter que je sorte beaucoup, que je passe ma vie au-dehors par tous les temps et y compris la nuit. Par manque d’exubérance, par trop de repli sur soi, l’amour né au printemps périt.

Au début, j’ai été gâté. Denise avait un travail de nuit dans une boîte du boulevard Saint-Marcel. Un hôtel. En fait elle travaillait devant l’hôtel. Le Stendhal était un de ces établissements dans lequel on commet un impair quand on est en manque. Un hôtel de passe. Elle était fille de joie pour hommes de peine ou hommes en peine.

Mais un jour elle est partie avec un de ses clients. Et elle m’a oublié là.

J’ai pu alors assumer pleinement ma bisexualité. J’ai d’abord vécu à la colle avec un avaleur de sabre. Cette période-là, quel cirque ça a été ! D’ailleurs, c’était dans un cirque. La preuve : je me suis acoquiné ensuite avec l’acrobate.

Et puis les affaires du chapiteau ambulant sont allées à vau l’eau. J’ai préféré jouer la sécurité en m’associant avec un vendeur de cravates qui m’a mis la tête à l’envers.

Ensuite il y a eu Barbara et Nantes ! Ah ! Nantes ! Rappelle-toi, Barbara ! Une ville faite pour moi vraiment ! On allait beaucoup place Graslin, place Royale, quai de la Fosse. J’aimais moins la Cigale et le passage Pommeraye où je m’étiolais à Demy, en fin, à demie. Nantes ! C’est incroyable comme il y a de Lola, enfin, de l’eau-là : la Loire, l’Erdre, l’île de Versailles.

Puis quand Barbara est morte je me suis replié sur Paris pour vivre avec Mary. « Paris est une fête » a dit Hemingway. Même en habitant près du cimetière le plus célèbre de la capitale, celui où sont enterrés Pierre Desproges, Frédéric Chopin et Jim Morrison, j’y ai vécu une vie de bâton de chaise. On allait même danser sur les toits avec Mary.

Seulement Mary est partie travailler à Londres et c’est à ce moment-là que tout a lâché, le cœur, la carcasse et le reste. Ce soir d’orage où je suis sorti noyer mon chagrin dans l’alcool, j’ai fini comme la lune de Goodis et Beineix, dans le caniveau. Con, cassé, concassé, désossé, tordu, déchiré grave.

Heureusement Marguerite m’a récupéré. C’était une vieille amie dont la silhouette se découpait dans la nuit depuis très longtemps sans que je la voie ou puisse la voir. Marguerite est une cantatrice roumaine. Elle ne chante pas très bien l’air de la reine de la nuit parce qu’il y a des jours où elle marche au radar. Mais Marguerite m’aime depuis toujours, secrètement, fidèlement, généreusement. Comment ai-je fait mon compte pour ne pas m’en apercevoir ? Comment n’ai-je pas deviné que cette souris était pour moi ? J’ai dû m’y prendre comme un manche ! Dieu merci, grâce à elle, j’ai le cœur rafistolé.

Et comble de chance, elle aussi est du genre qui sort la nuit, mène sa vie sens dessus-dessous et se marre comme une baleine.

Si vous voulez nous rencontrer, venez donc un de ces soirs dans cette boîte sélect où nous avons nos habitudes, « Le Grenier de la Mairie ». Demandez-nous au patron, Monsieur Fersen, mais de fait vous nous reconnaîtrez aisément : Marguerite est la chauve-souris et moi le grand parapluie noir. 

28 novembre 2016

SOUK AU GYNÉCÉE !

Acte III, Scène 3

La scène représente une plage : parasols, 1 cabine de bain, serviettes, transats de « Transat en ville » empruntés à la ville de Rennes. Les dames du harem, les disparues, les évadées en fait, sont assises ici et là, en maillot ou peignoir de bain, se passent de la crème solaire sur les bras, lisent "Biba", font des mots fléchés, papotent ou glandent comme on le fait tous dans ce genre d’endroit.

RUADE – Alors ? Bonne baignade, chère Daurade ?

DAURADE – L’eau était excellente ! Quelle merveille ! Quelle lumière ! Quand je pense qu’il y a trois jours encore, nous étions confinées dans l’ombre du harem !

ORANGEADE – C’est une honte ! La pire des brimades ! Le sultan devrait savoir que la beauté ne se mange pas en salade ! Mais que nous avons besoin d’autant de soins et de lumières qu’elles ! Nous sommes faites pour resplendir au soleil, nous, pas pour moisir dans le bac à légumes de son réfrigérateur !

MASCARADE – Et puis quelle façon riquiqui de nous rendre hommage ! On enferme 365 femmes dans le gynécée et elles n’ont droit qu’à une seule sortie dans l’année. Et quelle sortie : juste une nuit de roucoulade avec ce gros cochon de Haroun Zeclock !

CANTONADE – Il paraît que le changement d’herbage réjouit les veaux ! Il y avait là de quoi pousser des jérémiades ! Les 365 autres jours, en attendant, on devait se farcir la chanson de l’eunuque. Tu parles d’une sérénade, toi !

SERENADE – Hého, doucement, les filles ! Je n’y suis pour rien, moi ! C’est vrai que je m’appelle sérénade mais ce n’est pas moi qui les ai chantés ni pondu, les couplets de l’Hannibal !

Elles entament La chanson de l’Eunuque :

Croé moé, croé moé pas
Quèqu’part en Alaska
Un sal’ jour qu’y neigeait des glaçons

J’ai eu comme une envie
D’soulager ma vessie
Comme un con j’ai baissé mon caleçon

Ca m’a mis en peine
De quitter mes gégènes
Mes jolis génitoires
Ah vraiment quelle histoire !

Ca n’dure jamais longtemps
Quand il gèle à pierre fendre
Tu vois tes gosses descendre
Tu deviens un transgenre

Quel beau dommage ! Tu t’retrouves au chômage !

AILLEPADE – N’empêche on a bien rigolé ! le pauvre n’a jamais su qu’on l’avait surnommé Débandade !

BALADE – En tout cas, c’est un vrai plaisir d’avoir mis les voiles ! Enfin, de les avoir enlevés ! On est quand même mieux à poil au soleil que sous ces épaisseurs de tissu cossu qu’on ne pouvait enlever qu’une seule fois dans l’année !

EMBRASSADE – Et encore ! Si vous saviez ! Moi je m’appelle Embrassade et je suis celle qui officiait le dernier jour de l’année. Eh bien il y a des années où il était tellement gavé de loukoums et de liqueurs qu’il ne me déshabillait même pas !

CAVALCADE – C’est ce qu’on appelle « p’endre à la hussa’de » !

EMBRASSADE – Attends, Cavalcade ! Il y a même une année où il ne m’a même pas honorée !

CAVALCADE – C’est ce qu’on appelle être « Schokolade » !

COUILLONNADE (sortant de la cabine de bains en combinaison d’homme-grenouille) – Eh dites donc les filles ? Comment vous trouvez mon nouveau maillot de bains !

TOUTES – Nul à chier, Couillonnade ! C’est quoi ce truc ?

COUILLONNADE – Ca s’appelle un burkini ! Je laisse tomber, alors ?

TOUTES – Oui ! Ôte le haut et demain tu enlèveras le bas !

Entrent Shéhérazade et ses suivantes. Toutes l’applaudissent et la saluent de « hip hip hip hourra »

SHEHERAZADE – Mes chères amies, un peu de calme, je vous prie. Je sais bien que vous me devez la liberté. Mes servantes ont soudoyé les gardiens du palais pour qu’ils vous laissent partir petit à petit. Mais vous savez que j’ai un objectif beaucoup plus important. Je veux vous apprendre à devenir maîtresses de vos destins. Je veux que vous sachiez désormais tenir les hommes à distance, les faire tourner en bourrique pour finalement les mener par le bout du nez… Ou par le bout du bout !

Elles éclatent de rire.

SOUTIFDAUBADE – Oui, camarade Shéhérazade ! Conte-nous tes odes et tes méthodes ! C’est pour t’entendre conter que nous avons fui ce palais où nous étions réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Apprends nous à faire languir l’émir, à serrer la haire du janissaire, à mettre le souk chez le mamelouk, à enfiler le caoutchouc au bachi-bouzouk, à tenir à distance son éminence, à mettre en chaleur sa sérénissime splendeur, à rendre flamboyant le commandeur des croyants. Dis-nous comment on fait enfler leur désir, comment on leur flanque le tracsir, comment on renverse la vapeur, il faut que ce soient eux qui aient peur de ne pas être à la hauteur, il faut que nous soyons actrices et qu’ils cèdent à tous nos caprices. Comment emberlificoter, bécoter, fricoter tripoter et faire que nous soyons maîtresses de leurs altesses ?

SHEHERAZADE – C’est simple ma chère Soutifdaubade ! Pour commencer, interrogation orale. Vous allez me chanter la chanson que je vous ai apprise hier !

Elles se regroupent comme une chorale et entonnent « Déshabillez-moi » de Juliette Gréco.

 

 

1 juillet 2011

Et Vlan ! Passe-moi les Ponge, Bob (Joe Krapov)

La table (mode Poupounesque)

C'est par elle, et sur elle, que se multiplient les pains.
Avant de les distribuer l'inspecteur intime au suspect l'ordre de s'y mettre, à table.

- Tu vas déguster jusqu'à ce que tu t'allonges !"

L'autre fait comme s'il était de bois mais en son formica intérieur il n'en mène pas largemica. C'est que le délit est peut être grave. Dans ce cas on passe très vite des tables de la loi au lit de justice et cela peut vous mener à la chaise électrique.

Pendant ce temps-là, nous autre, nous avons du mal à trouver des mots pour meubler la conversation.

- Chef, il a fait un malaise, son coeur va lâcher !
- Fallait pas lui cogner si fort dans le buffet ! J'avais bien vu qu'il n'était pas dans son assiette, le vieux !"

En deux coups de cuillère à pot on l'emmène à l'hôpital. Sur la table d'opération on découvre qu'il n'a pas voulu payer l'addition et on constate bientôt sa soustraction effective à l'effectif des vivants.
Sur la table de dissection on peut enfin savoir combien de divisions représente le pape.


Les lunettes (mode Zigmundien)

Quand on n'a pas la vue nette, on doit porter des lunettes.
Elles donnent un air austère à Paul et un nerf optique à Patrick.
On les porte sur le nez depuis si longtemps qu'on peut bien les appeler « vieilles branches ». Mais comment fait celui qui n'a pas d'oreilles pour en porter ?
- Mêle-toi de tes lorgnons, Joe Krapov, et arrête de taper comme un sourd !
Celle qui sert à regarder les planètes ou les éclipses de soleil coûte un prix astronomique.
En même temps, on n'a plus rien à l'oeil aujourd'hui.
Tout ceci n'est pas grave. Ce que je crains par-dessus tout, c'est qu'on nous oblige un jour à porter des lunettes 3D au cinéma pour voir « Mon ocle » de Jacques Tati.
- C'est pas de Claude Chabrol, plutôt, le mon ocle rit jaune ?
- Ne discutez pas de cinéma à table (voir ce mot), les interrompt la mère, toujours pleine de tact et au contact. Finissez vos lentilles.


Le piano (mode Joyeux, avec Christian Clavier qui joue le concerto en sous-sol de Ravel)

Le piano est un gros comique noir qui rit de toutes ses dents des beignes qu'on lui donne et d'y voir, au pianiste, cet homme un peu ridicule qui porte queue de pie pour jouer Rossini ou bien l'air des bijoux, un air de ressemblance avec un vieux pingouin qu'on a mis sur la touche.
Son ratelier, c'est un clavier bien tempéré : qu'on le caresse ou qu'on le frappe il ne bouge pas d'un iota alors que ma guitare est pleine de coups et l'âme du violon pleine de blessures chantantes. Perché sur ses trois pieds, plus lourd qu'un bahut breton, il n'aime rien tant , comme ce dernier, que faire chier le déménageur normand. Je crois qu'à l'intérieur il est un peu marteau.
Mais toute cette vieille musique déversée à Gaveau comme une vieille gavotte ou qui sort de la Pléiade pour plaider à Pleyel, vous ne trouvez pas que ça sent un peu le réchauffé ?
Les moins romantiques d'entre nous préfèrent d'ailleurs celui de ses cousins qui officie dans la cuisine du restaurant.
Et, bientôt, ceux-là passeront à table (voir ce mot).
Parmi les pianistes les plus célèbres rappelons l'existence de Jelly Roll Mops Morton, Elton « Lieu » John, Frantz « La truite » Schubert.
Après le concert, tandis que Frédéric Chopin sec et à l'eau se restaure le boyau, Wolfgang Amadeus Mozart dîne à l'huile.
Bon, OK, j'exagère dans le genre Vermot. C'est d'accord, Keith, j'arrête.


La Chaussure (Mode Mapien, Charleville n'étant guère éloignée de Nancy)

De quoi se mêle la chaussure ?
Lui demande-t-on autre chose que d'enfermer les pieds et protéger leurs plantes de la dureté des sols bien souvent caillouteux ?
Qui lui a suggéré de se hausser du col à coups de talonnettes ?
Sous prétexte qu'au sable elle marque le pas la voilà qui hurle au sandale et voudrait faire de la littérature, marcher sur l'eau là où elle n'a pas pied.
Que d'ambition, vraiment, et quelle poésie, Miss Tong et Miss Tatane !
Et vous messieurs Souliers qu'on trouve dans la neige du côté Guy Béart et voyagez beaucoup près de Félix Leclerc ?
A quoi rêvent les godasses en pleurs ? Que serais-je santiag qui vins à ma rencontre lorsque, le pied contre son coeur, le poète tire les élastiques de ses ballerines blessées ? De quoi se mêlent les chaussures, les Bata ou les Bateaux ivres ?
De vent !


La brièveté (A la Walrusse)

Elle évite bien des pépins tout comme la visite régulière du château de Chantilly permet à Berthe de vivre sur un grand pied en attendant de chanter « Sacré Charlemagne, l'école est finie ! ».

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18 octobre 2019

Chanson bleue de troubadour ? (Joe Krapov)

Je suis allé lire les élucubrations de Madame Wikipe et j’ai encore appris des choses aujourd’hui.

Si j’écris des conneries en langue d’oc au Sud de la Loire et que je les fais chanter par d’autres, je suis un troubadour.

Si j’écris des conneries en langue d’oïl au Nord de la Loire et que je les fais chanter par d’autres, je suis un trouvère.

Si je chante les conneries des autres je suis un ménestrel.

Si je prétends être un baladin, madame Wikipe m’affirme que je suis un saltimbanque.

Je crois que je vais en rester à la définition du groupe Malicorne : « Nous sommes chanteu-eurs de sornettes c’est pour diverti-ir les passants et les fainénants ».

Voici donc spécialement pour vous une petite évocation médiévale signée Robert Marcy (Grand marcy, Robert !) chantée et jouée un peu plus sobrement qu’à l’accoutumée par Joe Krapov le trou… le bal… le mén… votre serviteur !

P.S. Les illustrations ont été recherchées chez M. Google-Images avec les mots-clé  "style troubadour' et "troubadour".

9 juin 2017

Jeter l'éponge

Yaka planquer Yoko Tsuno dans le yucca !

Yaka consulter le Yi King !

Yaka demander à Yukong de déplacer les montagnes !

Yaka faire cuire le yack en sukiyaki dans un wok !

Yaka chanter “Yankee doodle”!

Yaka promener le Youki !

Yaka dire que Zola était un yakuza !

Yaka ri chez le dentiste, s’il y a carie !

Yaka tre marins sur la mer, loin de leurs amitiés !

Yaka tre filles du Docteur Marsh sinon crève !

Yaka ry Grant qui pose des charades à Audrey Hepburn !

Yaka lifornie !

Yaka diens, toutes les yakadiennes vont chanter vont danser sur le violon, la faute à qui donc ? La faute à Napoléon !

Yaka pulco !

Yaka faire comme si Yoko Ono se mettait sous un drap et hululait sur scène à Totonto !

Yaka rien !

Yaka Seltzer !

 

Yaka blement terrible et soudain !

Yaka dire qu’après Z et après Keith j’arrête !

 

23 décembre 2022

Réveillon(s)-nous, voyons ! Joyeux Noël quand même !

Vive le boudin blanc, le foie gras, le champagne,
Le gros tas de cadeaux comme un mât de Cocagne ! 
Vivent les serpentins, les cotillons idiots
Et, au pied du sapin, l’amas de croquenots !

Vive le gros barbu, son coffre sur le dos
Débordant de jouets pour les petits enfants !
Vivent tous ces lutins emballeurs de cadeaux
Et les rennes chargés de l’acheminement !

Hourra pour le caviar, le saumon, le chapon,
Les vins fins, les flacons ! Bravo pour le sapin,
Pour le couvert dressé, le faste du salon
Qui se trouve surpris de faire aussi « rupin ».

Louangeons ces migrants d’il y a deux mille ans
Et cet accouchement entre l’âne et le bœuf
Un soir que l’hôpital manquait un peu d’allant
Mais c’est mieux maintenant ! Basta ! Au gui l’an neuf !

Dommage que leur gamin n’ait pas fait de vieux os !
C’est quand même grâce à lui qu’on se remplit la panse
Qu’on se goberge à bloc, qu’on écoute Tino,
Qu’à tire-larigot on s’embrasse et on danse !

25 novembre 2022

Zapette de joie ! (Défi du samedi n° 743)

J'ai zappé Zoroastre mais pas zappé Zorro qui signait son nom à la pointe de l’épée le jeudi après-midi chez les enfants du voisin.

J'ai zappé Zarathoustra le bouquin dont ainsi parlait Friedrich Nietzsche, mais pas la musique de Richard Strauss qui introduisait les Dossiers de l'écran sur la télé de mon arrière-grand-mère.

Pas non plus zappé Zébulon qui n'a jamais manqué de ressort pour animer les abords du Manège enchanté.

J'ai zappé le général Alcazar. Pas les albums de Tintin, bien sûr, je les ai tous sauf « chez les soviets », pas le militaire – je les aime peu en général et même en adjudant-chef - mais le lanceur de couteaux : je déteste les jeux et spectacles dangereux.

J'ai zappé la grande Zoa et son boa, la chanteuse Zazie, Zizi Jeanmaire et son truc à plume mais pas zappé Bernard Dimey dont j'adore justement la plume, les poèmes et les chansons.

J'ai zappé la zarzuela, le zouk et le kazatchok car je suis un piètre danseur.

J’ai zappé « Zaïde » car je n’ai aimé Mozart qu’après avoir vu « Amadeus » de Milos Forman.

J'ai zappé Zatopek, Émil parce que mon maximum quand je cours c'est 7 km.

J'ai zappé le Zaïre, la Zambie, le Zambèze, la Tanzanie, Zanzibar, les Zoulous, les pays où survivent les zèbres et les zébus, parce que Giscard ne m'a jamais invité à un de ses safaris. Je n'y serai pas allé de toute façon. Pourquoi est-ce que j'irais tuer des bêtes qui ne m'ont rien fait ?

Plus encore que le Kazakhstan, le Baloutchistan et le balourd qui se détend j'ai zappé les zakouski, les Frères Karamazov, Zamiatine et Zinoviev mais pas Michael Zochtchenko et ses contes de la vie de tous les jours que je vous recommande.

J’ai zappé « Bajazet » de Racine et « L’Emile » de Rousseau mais j'ai lu tout Zola, enfin, tous les volumes de la série des Rougon-Macquart.

J'ai zappé ZZ Top, Léon Zitrone car pas turfiste, Zeffirelli (lui ai préféré Bertolucci), Zoltan Kodaly, Zurbaran (mais pas « la vie c'est pas tous les zurbaran »), Led Zeppelin, Frank Zappa. Je n'ai jamais crié « Viva Zapata ! ». Zazie dans le métro ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, je ne suis jamais allé à Knokke-le-Zoute, je n'habite pas dans la ZUP même si je sème parfois la zone. Je n'ai pas encore lu « Zorglub », pas vu « Zardoz » ni de film de Werner Herzog. Je ne roule pas en zigzag quand je prends le volant. Je ne suis jamais entré chez Zadig et Voltaire, je n'emploie jamais le mot « zob » mais je sais qu'il existe des gens zarbis, des zadistes, des zazous, des zozos, de drôles de zigotos et des plombiers zingueurs qui font leur turbin dans les salles de bain notamment chez Pierre Perret dont j'ai parfois chanté « Le Zizi » et « Les Baisers » surtout celui de Zézette (épouse X ?) le plus salé, le plus sucré, c'est le plus chouette.

Je me souviens de « Avec son tra la la » de Suzy Delair, des crêpes Suzette, de Zénaïde Fleuriot mais pas de ce qu'elle a écrit et je n'ai pas zappé que la fille des Thénardier qui ne s'appelle pas Eponine se prénomme Azelma. Je me souviens du duc de Gonzague dans « Le Bossu ».

J'ai zappé le zona, « Le Diable amoureux » de Cazotte, le général Koutouzov, Mona Ozouf, Zabou Breitman mais j’adore Sabine Azéma. J'ai dit zut au zirconium, je n’ai pas fait le zouave à Mazingarbe, pas croisé de zombis à Anzin, pas promené Azor sur la Côte d'Azur, jamais pris le zinc pour aller aux Zuhesses, pas applaudi Joop Zootemelk par grand zéphyr.

Quand Daniel bat l’avoine, je ne suis pas un zéro. Manquerait plus que ça, nom de Zeus, mais j'adore les zeugmas et les œufs en omelette et je joue du kazoo. Quand je chante « Le Chapeau de Zozo » j'essaie de ne pas zézayer. J'ai bu du café dans un mazagran et je ne me suis pas servi d'une fronde pour cabosser Mazarin. J'essaie toujours de rester zen.

J'ai visité le zoo de La Flèche mais pas le site d’Azincourt. J'ai acheté plein de magazines et j'ai troué la couche d'ozone comme tout le monde mais j'ai zappé Sarkozy et Zemmour les dernières fois où j'ai voté. Je ne sais pas si Zinedine Zidane entraîne le club de Ouarzazate mais je m'en fiche comme de mon premier slip en zibeline aéré.

Je n'ai jamais passé de week-end à Zuydcoote et je ne sais pas où se trouve Mazamet (j’ai vérifié depuis : c’est dans le Tarn ta g... à la récré !)

Cette énumération ne vous harrasse t-elle pas, ami Bidasse ? Parce que certaines personnes prétendent que Zarastro et que la reine de la nuit pas assez. Ze n'ai pas d'avis précis sur le suzet.

J'ai pris des photos avec un appareil Zénit mais je ne porte aucune marque au pinacle, surtout quand le soleil est au Zénith.

Bizarre ? Moi j'aurais dit « bizarre » ? Comme c'est bizarre, tout ce bazar !

Je me souviens qu'il y a un barrage à Donzère-Mondragon et des pêcheurs de perles chez Saint Georges Bizet.

Je n'ai bizuté personne à Uzès ou à Béziers. Je pense qu'il n'y a pas eu de duo Laurent Voulzy Marcel Zanini ni de Zucchero-Panzani.

Au bout du décompte je crois que j'ai zappé Mazeppa, Frazetta, Buzzelli, entre le zist et le zest (de citron), les zonzons (les moustiques), le passage du rouleau compresseur des Zan, Zachary Richard, Zelda Fitzgerald et son jeu vidéo, l'album « Zuma » de Neil Young, Hervé Bazin, Bazouges-la-Pérouse, Mézidon, Bozo le clown, Marcel Bozzuffi, Dizzy Gillepsie, Michel Jazy, les zygomatiques, Zigomar et Palomar de Delfeil de ton, les zigouigouis, les Gazaouis, Zénon, Marcel Azzola (Chauffe, Marcel!), la couleur zinzolin mais si je n'avais rien zappé on m'aurait accusé de faire de l'excès zèle ou d'être azimuté !

Il y avait encore l’illustrateur Caza, le Congo-Brazzaville, Zaza Fournier, Melchior et Balthazar, les jazzeux, les lazzis qui n'épargnent pas la mezzo-soprano, les pizzicati du pizzaïolo, Astor Piazzolla, « Razzia sur la chnouf », les petits rhizomes qui font les grandes rizières, Henri Krasucki sur sa Suzuki, le bouzouki de Zorba le grec, l’azalée c'est une valse ou une mazurka que dansent Arthur et Zoé.

Par Belzébuth j'ai failli oublier aussi Razibus Zouzou, le compagnon noir de Bibi Fricotin !

J’ai aussi zappé Zsa Zsa Gabor mais j'étais trop petit pour lui déclarer ma flamme . Elle est morte, feu Zsa Zsa gabor, paix à ses cendres. J'ai zappé le Zippo car je suis non-fumeur et puisqu'on parle de ça, d'allumer plutôt que de zapper, je ne zapperai pas pour finir Zavatta le clown dont j'ai découvert récemment cette géniale chansonnette dans laquelle il n'y a pas un seul « z ». Quelle belle zappette, le lipogramme ! 

11 février 2022

... Sauf quand ils oublient leur mot de passe ! (Défi du samedi n° 702)

- Amalia ! Amalia ! Qu’est che qué ch’est tou as fichou avec lé carnet des mots dé pache ? Yé né lé trouvo plous !

- Ch’ai pas touché tes affaires, Pablito !

- Et ch’est quoi lé mot dé pache dé l’ordinator ? Ché mé souviens plous !

- Tou mé l’as chamais dite, qué tou dis cha doit rechter oune chécrète, même por bibi. Qué tou n’as pas bisouane del controule parentale. Qué yé té soupchonne dou coup d’aller chour des chites cochonnes !

- Qué cha commence par oune « sch » et qué cha ché manche, yé mé rappelle !

- Chauchiche ? Choucroute ? Chalchifi ?

- Qué ch’est vert auchi !

- Flageolets ? Espinaches ? La chalate ?

- Oui ! Qué ch’est les pétites cherbes qué tou mets dans la chalate !

- Yé vois pas ?

- Qué ch’est auchi lé titre d’oune opérette avec trois hommes nous chour la schène ? Qué ch’est lé compliche dé Marchel Proucht qui a écrit la mousique dé ché trouc ! Reynaldo Hahn !

- Hé Pablito, cha chouffit ton yeu des mille euros ! Qué y’ai ma couichine à préparar !

- Qu’est-che tou fais de bon ?

- Des « accras de morue à la ciboulette » !

- Shibboleth ! Lé voilà lé mot dé pache que yo cherchais ! D’ailleurs y’ai rétrouvé moun carnette.

- ...

- Qu’il était tellement bien ranché à cha plache qué yé lé voyais plous !
 

13 décembre 2018

JARGON ÉCHIQUÉEN

Bon, ben si ça ce n'est pas du jargon, je veux bien être couronné pape de la biographie rimbaldienne ou de l'incipit proustien !

[Event "Partie amicale"]
[Site "Diapason"]
[Date "2018.12.13"]
[Round "2"]
[White "JK"]
[Black "MR"]
[Result "1-0"]
[EventDate "2018.12.13"] 

1.e4 e5 2.Nf3 d6 {Retour à la défense Philidor !} 3.d4 exd4 4.Nxd4 Nf6 5.Nc3 a6 {5... c5 était peut-être meilleur.} 6.a4 Bd7 {Et ici je pense qu'il fallait jouer 6... Fe7 suivi de 7... 0-0.} 7.Bc4 Nc6 8.O-O Qe7? 9.Bg5 h6 10.Bxf6 gxf6 {Bien vu ! La colonne g est ouverte face au roi pour la tour. Encore faudra-t-il avoir le temps de la positionner en g8 !} 11.Nd5 {Menace la dame et la case c7 avec une belle fourchette.} 11...Qd8 12.Nxc6 Bxc6 13.Qf3 Bg7! {Je m'attendais plutôt à 13... Fxd5 14. exd5 et les blancs prennent la colonne e.} 14.Rad1? {Donne le pion a4 par gaffe mais en fait après 14... Fxa4 15. b3 ca devient une espèce de gambit !} 14...Bd7 {Le fou se replie pour viser h3. Il faut encore jouer Tg8 et Fh8 pour que l'attaque noire prenne corps.} 15.Rfe1 c6 16.Ne3 Qe7? {OK, les noirs vont pouvoir faire le grand roque mais les blancs ont maintenant toutes leurs pièces qui jouent !} 17.Nf5 Qf8 18.Nxd6+ Kd8?? {Autre gaffe. Il fallait jouer 18... Re7 et seul le pion b7 (ou f7) tombait.} 19.Nxf7+ Kc8 20.Nxh8 {Abandon. Après 20... Fxh8 les noirs ont perdu une qualité et deux pions et leur tour est enfermée} 1-0

 Pour la traduction en clair (????) cliquez ici 

puis faites avancer les pièces ci-dessous en appuyant sur la flèche orientée vers la droite.

1 septembre 2013

LES HEUREUX ET LES DAMNES

LES HEUREUX ET LES DAMNÉS

- C’est l’histoire d’un mec qui est né dans un bled nommé Ascalon. On va l’appeler H. pour faire court. Il est le fils d’Antipater, le bras droit d’un gangster nommé Hyrcan II qui détient le pouvoir sur tout un territoire de l’empire des jeux. A l’époque où commence le périple, H a déjà du sang sur les mains. Il s’est débarrassé d’un concurrent nommé Ezéchias mais grâce à l’intervention de son avocat, Maître Saméas, H. a été relaxé au bénéfice du doute par le juge Sanédrin.

- C’est le scénario du remake du « Parrain » que tu nous amènes-là ? Ou une resucée des « Soprano » ?

- Au début du film, il vient d’être recruté par le boss de la Mafia, Sextus Caesar qui a besoin d’un stratège en Samarie. Mais Sextus Caesar est assassiné.

- D’où la réplique un peu brute « Tu quoque mi fili ! ». Tu nous proposes un péplum ou quoi, là ? Je te signale qu’on n’aura pas le budget de « Cléopâtre » pour ce film !

- Antipater et H. se rallient alors à Cécilien Bass dont la spécialité est le racket des potentats locaux mais Antipater est assassiné par Terence Malik, un notable qui rechignait à casquer et qui rêvait de prendre sa place. H. nommé intendant de Syracuse par Cassius Clay venge son père en faisant assassiner Malik près de Tyr.

- Je rêve ou j’ai enfin entendu le mot « tire » ? Ça manquait cruellement de moyens de locomotion, jusque-là, pour un road-movie !

- Puis il y a une guerre des gangs entre H., son frère Phasaël, Antigonos et Marion. H. soudoie le grand Tonio qui est devenu le patron de la Mafia entre temps. Comme il a versé bonbon, il est nommé tétrarque.

- « Touchez pas au grisbi » ? « L’argent de la vieille » ? Ah non, je confonds avec l’or et Pétrarque !

- Mais bientôt le clan des Siciliens envahit le secteur. Phasaël, Antigonos et Hyrcan II sont pris en otages par leur chef, Balthazar Farnese. H. s’enfuit de Jérusalem avec 9000 hommes.

- 9000 hommes !? Bonjour la facture des figurants ! Tu prends Canal + pour Cecil B. de Mille, le facteur Crésus ou l’abbé Gomme ou quoi ? Et Jérusalem, maintenant ? Tu crois qu’on va pouvoir aller là-bas tourner les lamentations de ton héros qui va droit dans le mur ?

- J’y peux, rien, c’est inspiré de faits réels ! Ils tombent dans une embuscade mais il parvient à mettre sa famille en sécurité à Massada et à aller chercher du renfort à Pétra. Mais le succès des Siciliens est sans lendemain et finalement H. devient le patron de toute la Mafia. Il consolide son pouvoir, fait exécuter 45 notables, il s'allie à la Mafia russe par son mariage avec Mariamne, fait nommer Aristobule III, son beau-frère de 17 ans comme bras droit puis, le jugeant trop populaire, le fait noyer sans tambour ni trompettes dans une piscine près de Jéricho. Plus tard, il fait exécuter son beau-frère Joseph, sa belle-mère, et même sa propre femme à la demande de sa sœur Salomé qui accusait celle-ci d’infidélité. Il devient à moitié fou et la caméra le suit alors qu’il a entrepris de massacrer tous les mômes de moins de deux ans sous prétexte que son successeur à son poste est parmi eux.

- Eh ben ! « Massacre à la tronçonneuse dans la maison Shakespeare», maintenant ! T’as des réductions chez un marchand de ketchup pour l’hémoglobine ? Tu me prends pour Tarantino ? Ecoute, je t’aime bien, Francis Scott, mais il y a un truc qui ne va pas dans ton pitch. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression que tout est vieux, qu’on a déjà vu ça quelque part, que ça sent le réchauffé. Et il me semble qu’on t’avait demandé un scénario de road movie.

- Mais ça se passe en Syrie, en Judée, à Rome. Ca s’appelle justement « Herod’s movie ». C’est un concept intellectuel post-moderne : j’ai tout plagié sur Wikipédia, juste changé quelques noms, transposé de nos jours…

- Un film historique ! N’importe quoi ! Je crois qu’il vaut mieux que tu renonces. Tiens, je te rends ton dossier.

- Tu refuses de le tourner ? Alors là, tu me déçois. Je ne te reconnais plus, Francis Ford. Et puis on va passer pour des cons : j’avais pressenti Gérard pour le rôle principal et il avait accepté.

- Gérard ? Quel Gérard ?

- Ben, Depardieu, pardi !

- Tu as l’accord de Depardieu pour tourner ça ?

- Il a dit que si c’était toi qui réalisais, il se libérait tout de suite.

- Pourquoi tu ne m’as pas dit ça plus tôt, imbécile d’alcoolique ? Qu’est-ce que tu nous fais perdre comme temps, toi alors ! Rends-moi ce dossier, j’appelle le producteur. Je lui demande un à-valoir maousse pour que tu puisses continuer à te soûler la gueule comme un putain d’Irlandais génial que tu es et on le met en route dès demain.

- Ca roule !

Où lire Joe Krapov

Ecrit pour les Impromptuis littéraires du 26-08-13

26 novembre 2021

Eclaté !

Octave l’antiquaire a quitté sa Kathy pour faire l’inventaire de ses stocks ce jour d’hui. Voici ce qu’il nota dans un Excel pourri :

"Un Pépé la jactance
Et une femme d’Hector
Amoureux qui s’bécotent,
Des Ektas du XXe
Empaquetées en vrac
Lesquelles représentent
Un Indien Dakota,
Un navire accosté,
Un Dreyfus acquitté,
Une Isaure échotière,
Un acteur décati

Et un hoqueton loqueteux taché de ricotta ;

Un paquet de biscottes,
Une liquette en coton,
Une litote,
Trois B.D. de Jacques Tardi,
Une table d’« Ecoute écoute » ayant appartenu à Roger Nicolas,
Un maillot d’Anquetil,
Un catadioptre inactinique

Et un hoqueton loqueteux taché de ricotta ; 

Un inactif catastrophique (initiales G.L.) doté d’un flic hyperactif au long tarin,
Une haquenée turque,
Un jockey torve,
Un climat continental,
Un serpentin, des cotillons,
Un factotum dépourvu de tabous mais chargé de totems,
Un vireur de cuti et des catéchumènes,
Un Taka Takata,
Une hécatombe corrézienne (un maréchal des logis déchiqueté, la halle Georges Brassens qui s’écroule!)

Et un hoqueton loqueteux taché de ricotta

Un Paul Claudel en extase sous un pilier de Nore-Dame,
Des millions de bactéries,
Des ictères, des phylactères, des rictus,
Des cactus dans un slip,
Deux mectons humectés aux actualités,
Une tablette tactile aux ferments lactiques,
Un pactole de pistoles en stock,
Un diplôme d’entrée à l’Actors studio
Une inquiétude abyssale,
Un enquêteur opiomane à casquette (Sherlock toltèque?)

Et un hoqueton loqueteux taché de ricotta

Un indicateur de chemins de fer branché sexe
(Ne cherchez pas de contrepet il n’y en a pas !),
Une accoutumance au latex,
Un raton laveur au cou tordu,
Une Catarinetta bella tchi tchi,
Une limace émaciée condamnée par contumace et par une cour d’escargots proustiens (ectoplasmatiques!),
Une décoction de verveine de cocu,
Une coquetterie dans l’oeil-de-boeuf,
Un caquetage de picoreuses

Et un hoqueton loqueteux taché de ricotta".

Puis Octave hoqueta, victime d’un infarctus, et rendit l’âme à Dieu.

Pour moi, si elle veut bien, la Mort, attendre un peu… Le plus hoquetard sera le mieux !

Car je trouve ce monde assez inéquitable et pourtant… pas quittable !

J’aime trop ma Riquita jolie fleur de Java !

30 avril 2021

La Dure vie des acteurs (Défi du samedi n° 661)

Si tu t’imagines – Juliette Gréco
(Raymond Queneau ; Joseph Kosma) 

1 Pont
Si tu t'imajine Fiyète fiyète
Si tu t'imajine Se ke tu te goure
Fiyète fiyète  
Si tu t'imajine Lé bo jour s'en von
  Lé bo jour de fète
K’ sa va k’sa va k’sa Soley z’et planète
Va duré toujour Tourne tous en ron
La sézon dé z’a  
La sézon dé z’a Mais twa ma petite
  Tu marche tou drwa
Sézon dé z’amour Vèr s’ ke tu n’vwa pas
Se ke tu te goure  
Fiyète fiyète Trè
Se ke tu te goure Sournwa s'aproche
  La ride vélose
2 La pezante grèsee
Si tu krwa petite Le menton triplé
Si tu krwa a a Le muskl avachi
Ke ton tin de rose  
Ta taye de guèpe 3
  Alon keuye keuy
Té minyon bisèps Lé roze lé roze
Tes ongle d'émay Roze de la vie
Ta kuise de ninfe Roze de la vie
Et ton pié léjé  
  Et que leurs pétals
Si tu krwa petite Soi la mer étale
K’ sa va k’sa va k’sa De tou les boneurs
Va duré toujour De tou les boneurs
Se ke tu te goure  
  Alon keuye keuy
  Si tu le fè pa
  Se ke tu te goure
  Fiyète fiyète
  Se ke tu te goure

- Mais qu'est-ce qu'elle t'a fait, Joe Krapov, l'orthographe, pour que tu la maltraites comme ça aujourd'hui ? T'es devenu misogyne ou quoi ?

- A moi rien ! Je la maîtrise très bien, je suis très correct avec elle, je respecte ses règles, je pense avec Aragon que la femme est l'avenir de l'homme et avec Renaud que l'homme n'est l'avenir de rien.

- Alors ?

- Alors les temps sont durs ! Avec le confinement ça fait un an que je n'ai pas tourné alors j'ai accepté le premier scénario qu'on m'a proposé, même si c'est un rôle de composition et que je suis, c'est vrai, à contre-emploi.


- C'est qui le producteur de ce film ?


- Harvey W. !


- Ho ? Ils l'ont libéré ?


- Non, celui-là c'est Harvey Walrus ! Lui il court toujours ! Plus vaillant et provocateur que jamais !

16 octobre 2020

1, 2, 3, couvre-feu, partez !

Fermeture des écoles, des bars, des restaurants, des lieux de culture, des salles de sport, des stades.

Port du masque obligatoire.

Gestes (d’Alain) barrières.

Fin des embrassades et du serrage de paluches.

Ausweis ! (la délirante Autorisation Dérogatoire de Déplacement !)

Confinement généralisé avec juste une heure de sortie autorisée par jour.

Déconfinement.

Rebelote.

Couvre-feu !

On le sent bien, la prochaine étape va être l’obligation de garder le kimono lorsqu’on s’adonnera aux joies du kama-soutra !

Moi, à ce sujet, ce que j’attends depuis longtemps, c’est qu’une au moins de mes amies chanteuses se lance dans l’interprétation, même en collectif, je suis toujours prêt à aider, des « Nuits d’une demoiselle » de Colette Renard.

Je crois que je peux attendre longtemps. Toutes des dégonflées ! Preuve qu’il y a encore à débattre, n’en déplaise à l’abbé Attaignant,  du mot et de la chose.

Alors, tant qu’à faire, je m’y colle. Bouchez-vous les oreilles avec la ceinture noire de votre kimono ! Il n’y a pourtant pas là de quoi fouetter un chat comme aurait dit le marquis de Sade que je n’ai pas plus lu que le Kama-soutra ou Cattleya d’la joie Proust !

 

31 janvier 2018

Quid sur l'échiquier voisin, le 30 janvier 2018 ?

Après un début Ponziani bien timide on aboutit à une position quasi égale et bien fermée des deux côtés. J'ai terminé ma partie et suivi celle-ci au moment où tout explose grâce à une attaque des tours noires sur la colonne h. Les blancs auraient pu mieux résister mais avec des si on mettrait Lutèce en amphores !

7 décembre 2017

Le tennis barbu / Joe Krapov

C’est un jeu oublié, je crois. On s’asseyait sur un banc, on regardait chacun d’un côté, scrutant les gens qui passaient et quand il y avait parmi eux un barbu on marquait quinze point puis trente, comme au tennis. Jeu, set et match.

Je ne sais pas d’où ça sortait. Peut-être bien de cet entre-deux guerres si mystérieux ou de ces années folles voire des années cinquante avec ces gens et ces romans bizarres, complètement oubliés aujourd’hui : Jules Romains et ses « Copains », Paul Guth et son « Naïf », René Fallet, Gabriel Chevallier et son « Clochemerle ». Noël Roquevert, Noël-Noël, Michel Simon, Jean-Louis Barrault.

On y a joué beaucoup, nous autres, à l’époque, au tennis barbu. C’était un jeu au poil, comme celui qu'on avait dans la main ! Anne-Marie Pascal qui faisait partie de notre bande a arrêté d’y jouer quand elle rencontré son Désiré. Un beau type barbu ! Elle a marqué quinze points, elle est partie avec lui, elle a dû décrocher la coupe Davis ou la coupe Desvertus parce qu’on ne l’a jamais revue. Il faut dire que son Désiré s’appelait Landru.

Nous aussi, très récemment, on a stoppé le jeu du tennis barbu. On a arrêté d'y jouer quand ce sont les barbus qui ont marqué les points.

29 novembre 2012

La chanson des optimistes (Joe Krapov)

Mais c’est rien, la fin du monde ! C’est rien du tout !

Et puis vous n’allez pas tout de même pas croire des charlatans qui n’ont même pas été fichus de prévoir l’écroulement des deux tours du World Trade Center ni le tsunami au Japon ni Tchernobyl ni Fukushima ni le Pen au deuxième tour en 2002 ni la défaite de Sarkozy en 2012 ni l’éclatement de l’UMP ni la chute du mur de Berlin ?

Quoi ? Vous continuez de porter du Paco Rabanne ? Vous non plus vous ne croyiez pas à l’efficacité de la ligne Maginot contre l’avancée des chars russes après l’élection de Mitterrand en 1981 ?
Puisque je vous dis que ce n’est rien, la fin du monde !

L’Empire romain s’est écroulé mais ça n’a pas empêché Mussolini ni Berlusconi de manger des macaronis entre deux séances de bunga-bunga ?
On a connu le sac de Rome mais Gucci en vend de très beaux et ceux d’Hermès ne sentent pas le pâté non plus ! (J’espère qu’ils vont me verser quelque chose pour leur avoir fait de la publicité par ici !).
Pompéi a disparu mais Pont-Péan  est toujours debout !

Tout le monde est rivé devant l’écran, fiché sur Facebook, abêti par la téléréalité et les journaux gratuits mais personne ne m’empêche de lire « Le Canard enchaîné », l’hilarante autobiographie de Neil Young, de chanter du Brassens et de déblatérer sur le Défi du samedi ! Alors ? Il ne va pas bien, le monde ? Il arrive à sa fin ? Il y aurait un terme à ce paradis ? Allons donc ! C’est comme si un stupide médecin voulait me faire croire que je ne suis pas immortel ! J’en ris d’avance !

La Bérézina ne fut pas une mince affaire et Waterloo a été une morne plaine mais même si tout empire chaque jour, vous buvez toujours autant de fine Napoléon qu’avant, non ? C’est la crise depuis 2008 mais le code civil est toujours debout et les institutions comme le mariage n’ont jamais fait autant florès, non ? C’est bien simple, le fait de se passer la corde au cou rend tout le monde gay ! Rions, mes frères, marions, mon maire, parions, mes pairs que le 21 décembre au soir mon cher oncle Walrus me maudira encore et toujours d’avoir posté si tard mon billet de tocard (je mériterais un sceptre !) pour le Défi du lendemain !

La fin du monde ! Vous me faites rire !

Par contre, vous imaginez ? Si vous attrapiez « cette maladie infectieuse due à la bactérie Streptococcus pyogenes, un streptocoque du groupe A, grandes colonies » (et pas de vacances !) et que ça vous flanque plein de boutons sur la peau ?
Un truc « complètement toxinique, c'est-à-dire que les streptocoques sécrètent des toxines dites érythrogènes encore appelées exotoxines pyrogènes : A, B, C, D. » Qu’en plus « ces toxines sont immunogènes, elles sont responsables d'une vasodilatation, associée à un œdème dermique et à un infiltrat lymphocytaire. » Hein ? Vous voyez d’ici le tableau ? Vous vous imaginez avec « la coloration rouge-lilas caractéristique de la peau que confère cette affection, provoquée par les toxines érythrogènes secrétées par les streptocoques » (oui je sais je l’ai déjà écrit mais comme j’imite Houellebecq – une fin du monde à lui tout seul, ce mec-là ! - et que je recopie le descriptif de Wikipédia pour tirer à la ligne, ce n’est pas moi, ce sont eux qui se répètent !). Je vous entends gémir d’ici, le jour où vous aurez chopé la deuxième maladie ! (« Le nom « deuxième maladie » provient du fait qu'à l'époque où l'on a voulu établir une liste des maladies provoquant un exanthème infantile, elle a été la deuxième à être énumérée »).

Non, non, en vérité, je vous le dis, croyez en ma longue expérience, la fin du monde, ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine ! 

13 mai 2022

Aphorismes et périls ! (Défi du samedi n° 715)

C'est vrai : plus on avance en âge moins on utilise le verbe "pogoter"

- La Femme est l'avenir de l'Homme ! C'est elle qui l'illumine parce qu'elle lui apporte la lumière (lux en latin)
- Et donc, Joe Krapov ?
- Vive la lux-ure !
- Sors d'ici immédiatement !

Il faut définitivement préférer "Lettre et le néon" de Vegas-sur-Sarthe à tous les écrits sartriens. D'ailleurs Camus lui-même les fuyait comme la peste car ils lui restaient étrangers.

Quand on lui a posé la question "De quelle couleur sont les souvenirs ?" Alois Alzheimer a répondu : "Je l'ai su mais je ne m'en souviens plus."

Le Cupidon de la Saint-Valentin a tiré une volée de flèches : quatorze fées vrillées ! Ok, je sors !

C'est rageant de ne pas trouver ce qu'on cherche sur Internet quand on voit tout ce qu'on trouve et qu'on ne cherchait pas !

La musique et la poésie sont le contrepoint de la folie des hommes. Mais cette derrière court toujours, telle une dératée sourde ou un canard sans cou !

Sur le confinement : « Les vieux sortent parce qu'ils en ont marre de respecter la chanson de geste d'Alain Barrière, les faits et gestes du garde-barrière et même les jardins du casino Barrière !
Les vieux sortent parce qu'ils ne se mouchent pas du coude à usage unique ! ».
Je n'ai encore une fois pas tout compris ?

- De quoi nous plaignons-nous ? Nous ne sommes pas confinés sous la cendre, nous !
- Oui mais nous dansons sur un volcan, Joe Krapov.
- Exact ! Comme une patate en ce qui me concerne !
- Sous la cendre ?

Merci de ton invitation mais n'oublie pas que je suis vegan !
- Et moi végétalienne !
- Moi je suis abstème !
- Et moi allergique au gluten !
- Moi simplement flexitarienne.
- Vous êtes chiant·e·s, surtout, oui !

Il faut tout ce questionneMENT
Pour démêler bon grain d’iVRAIe !

Il y a encore des gens qui essaient de construire le meilleur des mondes sans voir que 1984 est déjà derrière nous ! Ou que les deux sont déjà là !

De Michel Onfray j'ai lu récemment "Les Avalanches de Sils-Maria" : toute la pensée de Nietzsche résumée en cinq phrases, ça fait faire de sacrées économies de lecture. Dommage que j'ai déjà oublié les cinq phrases depuis !

Sic transit Gloria Lasso ! Copyright opera mundi !

Il y a des gens qui cherchent fortune autour du Chat noir et qui ne rencontrent... que Ninib peau d'chien ! ;-)

On devrait les jeter du haut d'un avion avec leur parachute doré : je suis sûr qu'il ne marche même pas, ce truc, et qu'ils s'écraseraient au sol !

Finalement un blog entretenu quotidiennement avec de l'écriture et des images montrant des moments de vie humaine, c'est un concept qui mêle bouteille à la mer et pochette-surprise. Et pourtant nous ne sommes ni naufragés sur une île déserte, ni à la fête foraine tous les jours !

Vivent les décroissants au beurre !

On commence par se disputer pour une dinde puis après on échange des marrons. C’est classique, non ? Surtout à Noël ?

Faire flèche de tout bois contre Amazon, quelque part, c'est normal, non ?

C'est ça le drame : on n'est plus que des internautes, des auditeurs au bout du fil, une part de pourcentage dans un camembert qui sera oublié dès après lecture du sondage. Des asticots, quoi !

L'insouciance des passagers du Titanic n'a d'égale que la solidité des icebergs. Heureusement que le réchauffement climatique de la planète va les faire fondre et que nous pourrons vivre bientôt dans un monde sans danger !

"Polenta et tartiflette", on dirait un titre d'Exbrayat ! Alors que "What a Wonderbra world !" ça évoque plus San Antonio que Louis Armstrong !

Ah oui, c'est vrai, Le Catalogue des Trois cuisses où ces dames se déshelvêtent et celui de la Redoute nous ont bien ad-r-oubés !

"Tous les Défis du samedi sont difficiles" commente l'éléphant qui habite un magasin de porcelaines et à qui on vient d'offrir un yoyo !

Quelle coïncidence ! Il y a quatre ailes dans le mot libellule ! ;-)

La cuisine c'est comme le bonheur ! S'il y avait une recette infaillible tout le monde serait heureux sur terre. Il faut ajouter des larmichettes, des suppléments d'âme, une touche personnelle, laisser mijoter, retirer du feu, saisir au bon moment, créer l'ambiance adéquate... C'est un boulot de navigation où l'on est seul sur le pont ! Et ça explique pourquoi parfois, le cuisinier, quand il est à l'abri des regards, s'ouvre et se réchauffe une boîte de cassoulet industriel pour souffler ! ;-)

Tant que l'oeil n'est pas dans la tombe à regarder Caïn, on peut dire que tout va bien !

« La Lorelei, malgré son bon coup de Rhin
N’a pas le pied marin »

« C’est après avoir choisi le métier d’en-seignant qu’on s’aperçoit de l’utilité du sparadrap d’Archibald (Haddock of curse) »

Le tatouage est une façon silencieuse de faire du tintouin au Congo ! ;-)

On ne s'attendait pas à se retrouver dans le port d'Amsterdam mais pourquoi pas ? Tant qu'on ne nous tranche pas le cou avec la francisque à Brel, je n'ai rien contre la poésie voyageuse !
OK, je sors, il est vraiment mauvais, cestuy calembour-là, reine !

- Un maître du barreau, c'est celui qui t'évite de te retrouver derrière !
- Derrière quoi ?
- Derrière les barreaux. Ou Gros Jean comme devant si tu préfères !"

La tradition du comique troupier est restée vive en France : ils viennent défiler sur les écrans tous les cinq ans. On appelle ça les élections présidentielles. Mais ils sont de moins en moins drôles ! ;-)

On mène sa barque comme on le peut, les vagues sont fortes, les récifs dangereux...
Quelle lutte est-ce ! C'est, au fond, un pari : fluctuat nec mergitur !

La société demande qu'on sache bien écrire et bien parler "comme tout le monde" alors que l'essentiel dans la vie c'est le silence qui suit l'interprétation d'une oeuvre de Mozart ou accompagne un coucher de soleil !

Quand les gens vous font visiter leur maison ou leur appartement, ils ne vous font jamais entrer dans la chambre. Soit parce que c'est un lieu où ils font des choses pas très catholiques dans un silence parfois religieux ou pas, soit parce que le lit n'est pas fait et que la pile à lire menace de s'écrouler.

Morale entendue sur le GR 34 (le sentier des douaniers bretons) : God save the kouign amann !

***

C’est fou ! Quand je transforme mes fulgurances en liste d’aphorismes, elles ne me font plus rire ! Alors que sous forme de commentaires de billets de blogs elles me font me bidonner comme jamais !

25 mars 2022

Fable du capitaine Zouglouglou (Défi du samedi n° 708)

Ce récit en vers est inspiré d'un conte de Coline Promeyrat (La Grande oreille; 78)

C’était un guerrier zoulou
Qui allait à Tombouctou
Sur son tout petit youyou
Pour danser dans une guinguette
Appelée « La cabane Bambou ».

Comme il avait toujours peur de tout
Il avait emmené sa nounou

V’là que deux jolies doudous
Dans de somptueux boubous
De la rive firent « Coucou !
Nous prends tu dans ta barquette ?
On va à Tizi Ouzou ! »

Comme il était débonnaire
Les deux belles doudous montèrent.

Plus loin une jolie louloute
Qui s’appelait Poupoune Pidou
Leur cria : « Vas-y Poupou !
Puis-je me joindre à la fête ?
Je vous ferai des poutous ! »

Il n’était pas mauvais gars
Et Poupoune Pidou monta

Puis ce furent un kangourou,
Bruce Lee, le roi du kung-fu,
Riri, Fifi et Loulou,
Koutouzov et Mobutu,
Maréchaux un poil zazous,
Mouloudji, Toulouse-Lautrec,
Fu Manchu et son coupe-choux,
Riquiqui et Roudoudou
Qui se mirent à faire les fous.

Tout le monde fut en courroux
On leur dit d’y aller tout doux :

- Le youyou a le souglou ! *
Il y a de l’eau là-dessous
Et des piranhas voyous
Qui apprécieraient beaucoup
D’agrémenter leur choucroute
D’un tourlourou en goguette,
De ses toutes récentes conquêtes
Et d’animaux un peu bêtes ! ».

Tant bien qu’mal on continua
En chantant de Mouskouri (Nana)
Coucouroucoucou
Paloma

Vint une dernière voyageuse,
Une libellule baladeuse
Qui, sans même rien demander,
Se posa sur la chéchia
Du zoulou du pont de l’Alama !
Lors ce fut Fukushima !

A cause de l’excès de poids
Le petit youyou coula
Et tout le monde fit « glouglou » !
« Miam ! Miam ! » dirent les piranhas.

***

MORALITÉ :

Faut de la légèreté, certes,
Mais point trop n’en faut, parfois !


* Souglou : hoquet en patois du Nord de la France

23 mars 2020

L’ Fermieu de Saint-Juva

Un fermieu d’ Saint-Juva s'en allit cez un vaesin et toquit à l’husset . (1)

Eune garçaille de 9 ans d'âge li ouvrit.

- Tô pére est-i là ?
- Nona Monsieu, j'sommes le 27 et il est à la fouére de Dinan.
- Ta mére, ielle ?
- Nanni Monsieu, elle est quant o lu.
- Et ton frangin, li, est-i d'vers ci ?
- Nenna Monsieu, il est alleu cri d'la trémaine o l' tracteur.

L' fermieu juvatien restit chomeu là quieuques (2) minutes à mâroner (3)

- Si c'te-t-i pou emprunteu quieuq'chose , Monsieu, je sé o you les outils t'aent... ou ventiers qu'je devras li dire?
- Bin, qu'li dit l' fermieu, j'auras hardi voulu l'va. C'te à caose que ton frangin a engrosseu ma fille."

L' gars réfléchit, pei i dit :

- Il va censément fallouère que vous veiyez ç'la d'o lu. Je sé qu'i prenat 500 euros pour le toret et 50 euros pour le biqhon * (4). Mei pou le freur, je ne sé poin combin qu'ela coûte."

Alain Erhel. 2017.

1 ( = cognit à la porte).
2 (= qhiéqes ou thiéqes ou thieuqes ou thioqes)
3 (= grougner= grognasser).
4 (= le p'tit bouc).

Traduction :


Un fermier de Saint-Juvat.

Un fermier s' en va chez un de ses voisins et frappe à la porte.

Un garçon d'environ 9 ans ouvre la porte.

- Est-ce que ton père est là ?

- Non Monsieur, nous sommes le 27 et il est parti à la foire de Dinan.

- Est-ce que ta mère est là ?

- Non Monsieur, elle est avec mon père.

- Et ton frère, lui, est-il ici ?

- Non Monsieur, il est allé ramasser du trèfle avec le tracteur.

Le fermier juvatien resta planté là pendant quelques minutes maugréant entre ses dents.

- Si c'est pour emprunter quelque chose, Monsieur, je sais où sont les outils ou je peux transmettre un message si ça peut vous aider.

- Bon, dit le fermier, j'aurais vraiment voulu parler à ton père à propos du fait que ton grand frère a mis ma fille Suzie enceinte.

Le garçon réfléchit un moment et dit :

- Il va effectivement falloir que vous voyiez ça avec mon père. Je sais qu'il prend 500 euros pour le taureau et 50 euros pour le bouc. Mais pour mon frère, je ne connais pas le tarif. 

8 juin 2018

Tête de série en quête de mystère ?

A quatre pattes sur la moquette, je m’étais mis en quête de ma paire de chaussettes.

Houla le mal de tête ! Quelle tempête sur le faîte de mon crâne ! Mes aïeux, quelle casquette ! Tout tournoie ! Faut que j’arrête la piquette ! Pourtant je n’avais rien bu la veille. Juste un peu d’anisette. Et aussi plus bas, quel besoin de balles neuves, quelque part !

Quand je soulevai la couette tombée dans nos ébats de cette nuit de fête, je trouvai ma conquête dans une posture fort peu coquette. Sûr qu’elle avait une drôle de binette, toute violacée sur la moquette, étranglée qu’elle était avec les cordes d’une raquette. Finies les galipettes, ma minette !

Pas de doute, comme disait le maître de requêtes Samuel Beckett, il allait bien falloir que j’échappe à l’enquête.

Et tant pis si j’étais le principal suspect.

Ah non : y avait aussi cet aviateur français, Roland Garros, à qui Phryne balançait sans cesse « Roland, arrête, t’es bête ! ».

Et l’écrivain également, un nommé Dashiell Hammett, qui ne m’avait pas semblé très honnête quand il jouait à la roulette.

Tout partait en sucette ! Mauvaise pêche ! En levant Miss Fisher, cette drôle de midinette, j’avais fait une boulette et perdu le premier set !

Je remis mes baskets, ma liquette, ajustai le toutime et je pris la poudre d’escampette. Par la sortie de service, bien entendu ! Pas question que je tombe dans les filets du brigadier Collins et de l’inspecteur Robinson, ces enquêteurs à la noah !
 

11 février 2011

Parfois Médée lyre près Tahrir, parfois non

- Alors ces vacances en Egypte, Raymond et Simone ?

- Le pied, Daniel et Renée, le pied !

-
Les pyramides, les pharaons, tout ça ? Tout en car ou tout en camion ?

-
Tout en avion, maintenant ! Depuis les événements de début 2011 ils ont une très bonne compagnie qui s'appelle Air Mou-Barack ou un nom comme ça.

-
Ils n'aiment toujours pas les Américains, c'est ça ?

- Pas du tout ! Quelle que soit leur nationalité les touristes sont traités comme des rois !

-
N'exagère pas, Raymond. Disons plutôt comme des ministres qui ont un savoir faire en matière de police dans la vallée.

- ...Des rois ! Des rois, je te dis, Simone !

-
Alors les avions tu vois, Renée, magnifique ! Des jolis petits coucous, très colorés, très maniables avec des noms très rigolos. Nous on a volé avec « La Mère Michel ».

- Les Durand se sont retrouvés du coup avec « Le Père François ».

-
Il y avait aussi « Le Grand Saint-Nicolas » « Le roi des cons » « L'Auvergnat ».

- Mais pas "La mauvaise réputation" !

-
Et alors, vos impressions sur l'Egypte ?

- Le Caire, qu'est-ce que c'est bien ! Surtout la formule « Reconstitutions » !

-
C'est cher mais c'est génial ! Un nouveau concept : la révolution permanente. Tu payes un droit d'entrée et tu peux rejoindre les manifestants sur la place Tahrir pour te défouler !

-
Mais... Ca ne castagne pas une révolution ?

- Pas du tout ! C'est des gens civilisés ! Ils jettent juste du jasmin sur des groupes de soldats qui se contentent de sourire.


- Et puis vous verriez ! On peut jouer au chamboule-tout avec de vrais sosies d'hommes politiques. En fait ce sont des comédiens attachés dans un carcan et tu leur balances des tartes à la crème.

-
Comme l'entarteur des Belges mais en les injuriant. Prends ça dans les arpions, ça te fera les pieds, dictateur !

- Dégage, vieux loukoum !

-
Casse toi, pauv'con !

- Ah, Simone ! Qu'est-ce qu'on a ri avec tes pieds-de-nez au sosie de Saddam Hussein !

-
Et au sosie de Georges W. Bush, Raymond a lancé des savates ! Mais bon, il l'a raté parce que lui est posté un peu plus loin. On n'est pas des sauvages, non plus !

-
Vous avez lancé des pavés comme en 68 ?

-
Ah ben non, quand même ! Mais on a pu gueuler « CRS=gonzesses ! » « Ben Ali p'tit zizi ! »

- C'est dommage, il n' y avait pas de dictateur avec un nom en "ite".

-
Tiens, en parlant du Maneken Pis, tu veux un p'tit Martini, Mussolini ? Qu'est-ce que je vous sers, Daniel et Renée ?

- Tout ça on l'a photographié et mis sur Picasa, on va vous montrer après l'apéro.

-
Mais les pyramides, qu'en avez-vous pensé  ? Le Nil ? Le sphinx ?

- Gizeh celui-là ? Nous on n'est pas descendus de l'avion. Pour se prendre les pieds dans le tapis ? Non merci !

-
On est toujours restés au parc d'attraction du centre ville, on était à pied d'oeuvre dès l'ouverture. Trop bien ! Le deuxième jour ils l'avaient transformée en place Tian'anmen. On vous montrera sur Flickr les photos de Raymond qui arrête une colonne de chars ! C'est trop trop, voilà, quoi !

- Comme en 89, dis donc ! Ils m'obéissaient au doigt et à l'oeil, les bidasses en folie !

-
Et justement, en parlant de 89 le troisième jour c'était la Révolution française en 1789 secondes. Par une compagnie théâtrale française en tournée. Ca c'est sur Youtube.

- Trop bien joué ! Trop drôle ! On était dedans à plein !

-
Et alors, du coup, c'est quoi votre prochain voyage ?

- ...

- Lourdes.

-
Vous allez... faire la révolution à Lourdes ?

-
Non, on ne va pas faire de tourisme cette fois. Lourdes, on y va rapport à la tendinite à Raymond. Elle ne guérit pas. Faut dire, il passe tellement de temps sur Internet à poster nos photos et raconter notre vie...

- Ah ben oui, Simone, mais que veux-tu, je suis un colosse aux pieds d'argile,  moi, même si c'est à l'épaule que je souffre ! C'est les risques du métier, tout ça ! C'est comme ça quand on est blog-trotter.


P.S. Que la Compagnie CIA me pardonne de l'avoir associée pour un petit temps à ce texte satirique. Leur prestation au festival des Affranchis (!) de La Flèche était totalement envoûtante et reste un de mes meilleurs souvenirs de l'édition 2010. Ne manquez pas d'aller les voir s'ils passent chez vous. Pour qui apprécierait ou voudrait en savoir plus, il y a des vidéos ici.

4 février 2011

Immortélophobie (Joe Krapov)

Le Ciel est grand, Dieu est généreux et les toilettes sont au fond du couloir à droite. Pour autant, et c'est moi-même, Saint-Pierre, qui vous le dis, ce n'est pas forcément le Paradis tous les jours, par ici. On reçoit de ces clients ! Comme le dit parfois mon adjointe, mademoiselle Miquelon, celle qui a du chien : « Faut voir ce qui monte de la Basse-Terre vile !».

En vérité, je vous le dis, trop peu de personnes souffrent d'acrophobie et pour monter au Ciel, aucun mandataire ne tremble sur l'échelle du Dichter : tout le monde veut y grimper. On a même quelquefois de sacrées erreurs d'aiguillage. Le docteur Petiot en est une. Il a été sur terre une horrible crapule mais ici où l'argent n'a plus cours et où tout le monde a troqué son sexe, ses désirs et ses perversités contre une paire d'ailes blanches la nostalgie n'est plus ce qu'elle était et le toubib s'est bien adapté. Même s'il pratique toujours un humour sarcastique voire caustique et pourtant pas pratique pour la propédeutique, il est souvent de bon conseil.

De toute façon, aujourd'hui, au vu de la situation, je n'avais pas le choix. Madame Dolto m'a bien recommandé un certain docteur Freud mais d'après Miss Miquelon, cet olibrius ne fait pas partie de nos administrés.

- Petiot, ai-je donc dit au docteur, l'heure est grave. Dieu s'est enfermé dans son petit cabinet et il ne veut plus en sortir.
- Il y a quoi dans  ces cabinets ? Des grilles de sudoku ? Des vieux « Point de vue et images du monde » ?
- C'est là qu'on archive les registres d'entrées mais j'ai regardé par le trou de la serrure, il n'y touche pas, il reste prostré, assis dans la position du Lotus bleu et il médite. Il a l'air bien sombre.
- Bon OK, on va consulter. Si ça ne vous ennuie pas, je vais d'abord me changer.

***

De fait, quand j'ai chopé Petiot, il était en bleu de travail. Depuis qu'il s'est acoquiné avec Louis Capet, ils ont monté un atelier de serrurerie. L'ancien roi lime et le caustique soude.

Il a enfilé une blouse blanche et s'est collé un bougeoir sur le front. Il a tapé trois coups à la porte.
- Monsieur Dieu ? Vous êtes là ? Vous existez encore ? Vous n'êtes pas tombé dans le trou ?
- Foutez-moi la paix, a rugi Dieu. Je n'ai pas besoin de vous, Petiot, ni de personne d'autre. Et puis d'abord je suis iatrophobe.
- Connaissant moi-même très bien mon lourd passé, je vous comprendrais presque mais figurez-vous que de mon vivant je ne vous ai rien fait, ni à vous, ni à ceux de votre confession.
- C'est du passé, n'en parlons plus. Je dis ça, c'est surtout rapport à Adam et Eve. S'ils ne s'étaient pas mis en tête de jouer au docteur, on ne se serait jamais retrouvés coincés, Miquelon, Saint-Pierre, les Archanges et moi, dans cette administration inepte à tenir des listes et établir des statistiques d'entrée au Paradis de paroissiens pas forcément tous très catholiques et malheureusement quasiment tous mélomanes...
- Je ne demande qu'à vous aider, moi, monsieur Dieu. Vous me semblez allez très mal. Pouvez vous me décrire votre saint homme ? Pardon, vos symptômes ?
- ... Et pendant qu'on bosse comme des malades, poursuit Dieu qui n'a écouté que sa voix intérieure, les bienheureux passent leur vie éternelle à chanter des inepties et à lire les magazines idiots qu'on nous envoie d'en bas !
- Ben quoi ? On l'a bien mérité, quand même, notre Paradis, non ? Si vous croyez que c'était drôle tous les jours sur Terre, fallait y rester dans votre Eden Park et montrer plus de savoir-faire policier ! Ils n'attendaient peut-être que ça, Adam et Eve ?
- Même à cette époque-là, on ne pouvait faire confiance à personne !
- En attendant vous voulez qu'on fasse quoi, ici ? Y'a même pas un jeu de cartes ! Il pourrait même y avoir 72 vierges ou 72000, vu qu'on n'a plus de sexe, ça nous ferait une belle jambe de bois, comme à Arthur Rimbaud ou au capitaine Achab. Et puis cette idée aussi, de mettre tous les bouquins au pilon !
- …
- Monsieur Dieu ? Vous m'ouvrez ? Je ne vous demande rien, moi, juste d'ouvrir la porte, la bouche et de dire « 666 ».

Le Créateur est demeuré silencieux et Petiot a établi son diagnostic en regardant par le trou de la serrure. Il est reparti chez Saint-Pierre en chantonnant le succès de Pauline Carton dans l'opérette « Pas sur la bouche ».

***

- Alors ? » a demandé Saint-Pierre.
- Alors il n'y a pas besoin d'être psychanalyste ni sorcier pour voir que votre factotum est à bout ! Ah ah !
- Pourquoi ça vous fait rire, ça ?
- Parce que « factotum est à bout » ca me fait penser à "Totem et tabou". Freud ! Freude ! Freude schönes Götterfunken Tochter aux Elyseum Wir betreten feuertrunken, Himmlische, dein Heiligtum!
- Arrêtez, Petiot ! Vous savez bien que nous autres, fonctionnaires, nous sommes métrophobes ; nous craignons la poésie. Qu'est-ce que vous me conseillez de faire pour le guérir de son coup de calcaire ?
- Je ne sais pas, moi. Payez-lui des vacances !
- Des vacances ? Où voulez-vous que je l'envoie, moi ? Vous êtes drôle, vous !
- Pas en Tunisie toujours ! Ou si, pourquoi pas ? N'importe où, du reste ! Je serais vous, je le renverrais faire un tour là en bas. Ca fait combien de temps qu'il n'est pas allé voir là-bas si j'y suis ?
- Ah ça, fait Saint-Pierre, ça fait un paquet de vos siècles ! Mais vous savez que vous n'êtes pas con, vous, quand vous voulez ? On ne saurait pas ce qu'on sait sur votre compte, on vous ferait presque confiance.
- C'est vous qui voyez. Moi de toute façon, je n'ai plus rien à vendre et j'ai du taf qui m'attend chez Loulou. Il m'apprend à fabriquer des clefs de fa !

***

En arrivant devant la porte du cabinet de Dieu, Saint-Pierre tombe nez à cul avec Louis XVI qui reluque l'Eternel à travers le trou par lequel on connaît tout. Il est en train de lui balancer sa traditionnelle jérémiade :
- Dites, Votre Grandeur, je voudrais protester une fois de plus. Je viens de recevoir un numéro de la revue « Première » Il paraît qu'il existe un univers parallèle dans lequel Marie-Antoinette ressemble à Kirsten Durst et où on bouffe des friandises à longueur de journée. Et justement, Versailles, côté bouffe ça n'a jamais été royal comme ça ! Ma Toinon à moi était moins canon. La preuve que j'avais raison de lui garder un chien de ma chienne à l'Autrichienne, c'est que vous ne l'avez pas fait grimper jusqu'ici. Tant mieux, remarquez ! Mais c'est pas pour dire, de mon vivant, j'aurais mieux aimé me fendre la pipe que la cafetière. Ca serait-y un effet de votre bonté que de m'offrir une second life en remerciement de tout ce que j'ai fait jadis pour le maintien de la royauté et de votre plus grande gloire ? Quand on voit les mini-monarques que vous avez mis sur le trône de France pour me succéder, je trouve que je n'ai pas démérité. Je ne comprends pas pourquoi ma carrière a été coupée court alors qu'il n'y avait même pas d'instituts de sondages à l'époque ! Et peut-être même que chez la mère Coppola j'arriverais à trisser jusqu'au-delà de Varennes avec ma reine ?
- Ah ben toi, mon cochon, tu as de la fuite dans les idées, décrète Saint-Pierre en lui bottant les fesses. Dégage de là, Capet, et laisse-moi causer à Dieu, on a des affaires à régler. Un voyage autrement plus intéressant à discuter. De toute façon, on t'a déjà expliqué que tu ne peux pas reprendre l'ascenseur pour retourner à l'échafaud.

Quand l'autre a dégagé tel un Ben Ali les poches pleines,  Saint-Pierre reprend son souffle.
- C'est vrai qu'on n'est pas aidés ici, Seigneur Dieu, avec  tous ces gens qui ont perdu la tête !
- Parce que tu crois qu'Abélard est plus supportable ? répond Dieu en sortant.

***

Finalement, Dieu a accepté l'idée de Petiot. Il a juste eu un mouvement de recul au moment de prendre l'ascenseur. Non qu'il fût claustrophobe, ça se saurait, mais parce qu'un académicien en costume d'apparat vert avec bicorne en sortait justement. Le vieux débris chantait déjà un truc qui colle encore au coeur et au corps. Et Jean Dutourd chantait : « La petite Emilie ».

Dieu souffrait réellement d'immortélophobie et même de mélophobie mais à la vue d'un tel phénomène, et sachant tout ce qu'ils avaient déjà vécu ensemble auparavant, Saint-Pierre lui attribua bien volontiers les circonstances exténuantes.

(Ceci était, bien entendu, un autre extrait de "Dieu s'ennuie le dimanche")

28 décembre 2023

AEV 2324-13 à illustrer

Wapiti

Waouh ! Le saligaud !
Comme il manque de classe,
Cet outremangeur salace !
Derrière lui, comme une traîne,
Plumes de poule Coucou de Rennes
Reliefs de grignotage
Balancés par ce négligent :
Le wapiti vient en mangeant.

Girafe

Gastronomes
Et vous œnologues !
Ne laissez jamais la girafe
En carafe
Ni le girafon dans le carafon
Qui sert pour aérer le vin

Le pinard se montrait le cou,
Prétendrait avoir de la cuisse
Et les naïfs et à tous les coups
En viendraient à prendre ce Jocrisse
Pour un grand cru !

Dromadaire

Dromadaire qui bosse
A l'usine à Porto,
Sais-tu que le chameau, lui, part tard
Pour ne rien faire à Madère.

Il y a des jours où tout est vain,
Il y a des jours où tout est cuit
Surtout depuis que les caravelles
Survolent dans le ciel le désert.

Renard

Regarde ce rouquin
que le raisin rebute
- Trop vert ! Pour les goujats ! -
Et qui déploie tout son bagou
Pour chiper au corbeau
Son calendos puant !

Si c'est à ce prix-là
La Rollex à 50 ans
J'aime mieux encore ma mère
Me fier au cadran solaire !


- Tortue !
Traîne-savates !
Tortillard tartignole !
Train-train de sénateur !
Trois secondes ont suffi pour que je te distance
Et mette trente mètres dans ta vue ! dit le lièvre

Trois secondes ont suffi
Pour que le Tartarin
Épaule, tire sans frémir et tue
Le péroreur aux longues oreilles.

La tortue gagne la revanche.
Il n'y aura pas de belle
Parce que la carapace
Et que les chiens à Vannes aboient.

***

Le loup sur le visage
Cendrillon pénètre dans la salle du Bal
Costumé.

Elle reconnaît Lady Gaga
Déguisée en ogre
De Barbaque.

Elle reconnaît la sœur Anne
Juchée sur ses plus hauts atours,
Des Louboutin
(Loup-bouquetin ?).

Mais elle ne voit rien venir
Surtout pas le prince charmant

Elle reconnaît Chantal Goya :
C'est la princesse au petit pois.

Elle reconnaît Blanche-Neige
Entourée des sept nains.
C'est facile ; Carla Bruni,
Sarkozy en grincheux
Et Atchoum Darmanin ;
Cinq des frères Poucet
Se sont poussés du col
En sortant de l'école
Pour atteindre le compte (conte?)

Mais elle ne voit rien venir
Surtout pas le prince charmant

Est-ce qu'il a eu un empêchement ?
Est-ce qu'il s'est pris les pieds dans son « en même temps » ?

Le loup sur le visage
Cendrillon va aux toilettes
Et pète un plomb :

Elle se jette sur les trois petits cochons
Et les mange

Quand elle passe en jugement
Elle se défend toute seule :
- Ils n'avaient rien à faire dans les toilettes des dames !

- Ben si ! répond le prince
Qui en pince
Pour l'accusée
mais la récuse,
C'est là qu'on se voyait pour le trafic de came !

Cendrillon acquittée
- ce n'étaient que trois bêtes
Destinées à faire andouillette ! -
Le prince abdique, l'épouse.

Ils partent pantoufler
Dans une banque a Naplouse.

***

Raton laveur

Rions, mes frères !
Rions, mes sœurs !
Quand le raton laveur
Fait son grand inventaire,

Dans son tableau Excel,
Sur toutes les lignes qui se terminent
Par le chiffre zéro
Il inscrit « et un homme »

Puis il part rechercher
Le bonheur qui vient de filer
dans le pré vert

***

COMPLÈTEMENT PIQUÉ

Autres temps
Autres morses

SUR LE STAND DE TIR DE LA FÊTE FORAINE

- Je fais mouche à tout coup !
Dit l'asticot

FAON

Fichtre !
Le faon est mélophobe !
Jugeons-en par ce dialogue :

- Eh ! Gratte, gratte sur ta mandoline
Mon petit Bambi !

- No !

 

 

 

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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