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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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26 octobre 2017

ECRIRE A RIMBAUD ? 10, Kaléidoscope

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

“Picture yourself in a (drunken ?) boat on a river
With tangerine trees and marmalade skies
Somebody calls you, you answer quite slowly
A girl with kaleidoscope eyes »

The Beatles – Lucy in the sky 


Aujourd’hui je suis censé, ou insensé, en faire voir de toutes les couleurs. Mais je vais surtout m’étonner de ton travail à moitié fait, de ton inconstance et de tes revirements. Peut-être es-tu au fond pareil à cet enfant à qui on a offert un kaléidoscope. Il secoue le tube en carton, regarde le résultat, ressort de là les yeux illuminés, secoue à nouveau le tube, recommence, recommence, recommence…

Si au départ était le Verbe, si au départ était la lettre – celle du voyant lumineux ! – il faut bien constater, à l’arrivée, que tu nous as posé un lapin et que tu n’as là peint que les voyelles. Et encore, pas toutes ! L’I-grec, on ne l’y trouve pas dans le fameux sonnet ! Il peut bien aller se faire voir chez les Québécois libres !

DDS 498 Juillet-1967_-Vive-le-Quebec-libre

C’est pourquoi, en vue de suppléer à ta trop fumeuse rumba du pinceau, je me suis permis de colorier, sur ta lancée, les consonnes ! J’eusse aimé concocter une «Ballade des consonnes» mais c’eût été trop difficile et trop court. Aussi ai-je choisi, pour construire les éléments de ce kaléidoscope langagier la forme du poème en prose qui fut celle des  insomniaques "Illuminations".

Rimbaud voyelles luque_les_hommes_daujoudhui_500B ! Outremer profond des bleuités béantes où s’élance le bateau livre. Il fait vibrer les baies de la bibliothèque, Titanic mal barré voguant vers l’iceberg forcément bruxellois, puisque c’est à Bruxelles que tout le monde est chou.

C ! Rouge cardinal, œil ouvert et béant du bon roi Henri II dans le couloir des lices et la douleur lui fait lancer au Ciel des cris désespérés cependant que la Mort, la cruelle crécelle tournoie dans un ciel blanc de craies et crissements. Désolé Montgomery, mais une lance chez Heni II, ça se plante dans le buffet, pas aileurs !

Le D, chapeau d’argent au doigt des couturières, brillant, déclamatoire, du désir d’en découdre ou gris perle pour dire en douce la folie du Camp du Drap d’Or : le hasard n’abolit jamais les coups qu’on se prend sur les doigts.

Pour les fleurs du chemin, pour les femmes absentes, pour les filles d’auberge, aux flasques de liqueur, aux forêts des Ardennes, aux fortins en Dancalie, pour les pétales des roses, pour la force du destin, pour le fil court des Parques, nous donnerons au F, extrait du nuancier des fadas de l’Olympe la couleur « cuisse de nymphe émue ».

DDS 478 K arc-en-ciel

Délire des couleurs au kaléidoscope ! Pour défendre son K peignons le d’arc-en-ciel, faisons tourner le tout il en sortira blanc : c’est la métamorphose du procès Kafkaïen !

La « n » de Napochose est vert empire des batailles qu’on livre aux nuits de l’insomnie. Comment sera-t-on demain ? Ne vaut-il pas mieux laisser la réponse à Chopin sous forme d’énigmes nocturnes ? Est-ce qu’une nuit blanche vaut deux nuits noires ? Qu’est-ce qui croche ? Qu’est-ce qui cloche ? Déjà celle de sept heures du mat’ ? Car la « n » n’est jamais brillante.

Pour ce foireux de P aucun doute possible : terre de sienne brûlée pour le plaideur marron !

Du q, rose tyrien, ne dis rien, rebondis ! L’oiseau Quetzalcoal nous a prêté ses plumes. Il ne fait plus très bon, mon pauvre Saint-Antoine, promener son cochon, tout se barre en quenouille ! Alors rabattons-nous sur la quintessence du rose, le flamant : tenir debout sur une patte, n’avoir bon bec que de paris et tant pis si ces dames ont plumes au derrière, si Zizi chante Queneau en croquant les diamants : descendons bien les escaliers de l’Alquazar, mon général ! Songez que la Quamargue n’a jamais rien pardonné à personne. Encore moins à quiconque massacre l’orthographe de son nom !

S ! Sinuosités turquoises de la Seine et des serpents marins aux eaux bleues des Seychelles, souffle tournant du Sirocco, soulèvement des sables jusqu’aux strato-nimbus, écrin de ciel servant de scène aux farces de celui qui se veut digne fils du soleil et puis souffre, seul, en silence.

V jaune d’or, scintillement de la victoire, de la couleur du vêtement que revête le vainqueur de la course à vélo, couleur-douleur du foie que dévore, vorace, l’aigle des vieilles divinités qui punissent de leur vice tous les voleurs de feu. 

DDS 478MAG01__2

Comment peindre sous X autrement qu’en vert pomme ? Au croisement de femme et d’homme, Dieu le Père chapeaumelonne. « Ne Lessinons pas sur les frais » a dit Eve en croquant le fruit. Vous voyez d’ici le tableau lacéré d’une croix juteuse ? Pas étonnant qu’il ait chassé le couple du Cabaret vert !

Z ! Zinzolin, forcé ! Les pagnes des zoulous, les costumes des zazous, les robes des danseuses de la zarzuela, le foulard de Zorro et son épée qui zèbre d’un éclair déchirant le ventre de Garcia ! Les zigzags du voyant zézayant aux Abruzzes.

Je m’arrête ici. Elles ne sont pas toutes là mais maintenant nous avons matière à poncer !

Repose en paix, Arthur ! Je travaille pour toi comme on roulait pour nous jadis ! 

blablabla-diapo-cdn-besancon-franche-comte

Ceci est l'affiche du spectacle Blablabla qui permet à qui le souhaite
de découvrir un formidable kaléidoscope sonore.

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24 décembre 2021

Hypo-con-driaque 'Défi du samedi n° 695)

 

01 lumbago-lombalgie1

Quand on en a vraiment plein l’dos
On s’ paye un point de lumbago

Quand on est victime de stress
On déclare un vilain herpès

Bien souvent sur le bord d’la lèvre
Ça s’appelle un bouton de fièvre

Le reste du temps on va bien
Alors on va chez le médecin

Refrain 1

Et à part-ça, Docteur, quoi d’neuf ?
Est-ce que votre coeur fait teuf-teuf
Quand vous buvez du Châteauneuf
Ou lorsque que vous courez la meuf ?

Chassez-vous toujours les Papous
Afin de leur prendre le pouls
Et les amulettes magiques
Qui remplacent tous les antalgiques ?

Prenez-vous toujours, pour être zen,
De l’Efferalgan sans gluten,
D’la Boldoflorine bigoudène
Et du vieux sirop Théralène ?

Prescrivez-vous l’bicarbonate
Pour le cancer de la prostate
Et conseillez-vous le clystère
Pour Bach à la cantate prospère ?

2

Docteur Jekiffe et Mister Aïe
On lui déballe son attirail

De malaises de petit bobo
Pour qu’il nous r’file un placebo.

On le sermonne et on le tance
Pour qu’il nous fasse une ordonnance

S’il se permet de résister
Lors on s’enquiert de sa santé

Refrain 2

04 whats-up-docSo ! Really ? Tell me, what’s up, doc
Have you some gonocoques en stock ?
Conseillez-vous, en cas d’mal-être,
De prendre l’autocar pour Bicêtre ?

Faut-il aller jusqu’au Congo
Pour soigner son impétigo 
Et interdire à l’Amérique
L’usage du barbiturique ?

Avez-vous les oreilles cassées
Par les angoisses ressassées
De vos confrères installés
A demeure dans les télés ?

Est-ce qu’on a marché sur la tête
Depuis qu’est arrivé la bête ?
Faut-il faire pour le sanitaire
Tintin au pays de l’ornière ?


3
Lorsque je vois l’état immonde
Dans lequel se trouve le monde

Quand j’écoute à la radio braire
De sinistres apothicaires

Plutôt que des les insulter
Je préfère aller consulter

Ces habitués du bizarre
Qu’on appelle « les hommes de l’art »

Refrain 3

9B whatsupdocEt à part ça, Docteur, ça va ?
Dansez-vous toujours la java ?
Faites-vous rimer « douille » et « andouille »
Même si ça n’remplit pas vos fouilles ?

Peignez-vous jusque sur les murs
Le besoin d’respirer l’air pur ?
Pour ceux qui ne dorment plus guère
Prescrivez Proust en somnifère ?

Et pour le monde qui va mal
Avez-vous un remèd’ de ch’val ?
Se mettre au lit, manger et boire 
Et Rimbaud en suppositoire ?

Ah, Docteur Batifolamour !
Vraiment, vous m’étonnerez toujours !
Je crois que vous perdez la boule
Vite ! Vite ! Une cure à la Bourboule !

 

25 janvier 2019

LE JEU DU POST-IT

Aux différents protagonistes rassemblés autour de cette table, j’ai posé les questions suivantes :

- Suis-je un personnage de fiction ou un être réel ?
Un personnage de fiction.

Est-ce que je marche sur deux pattes ?
Oui.

Suis-je un homme ou une femme ?
Un homme.

Suis-je un personnage de roman ?
Non.

Un personnage de bande dessinée ?
Oui.

Mes aventures se déroulent-elles en France ?
Non.

Exercé-je mes talents aux Etats-Unis ?
Oui.

Ai-je de grandes oreilles et une petite queue ?
Non.

Suis-je un personnage de bande dessinée comique ou réaliste ?
Comique.

Est-ce que je tire plus vite que mon ombre ?
Non.

Comment ai-je fait pour ne pas me reconnaître dans ce portrait ? C’est quand même moi qui, toutes les semaines, achète à Dame Martine, sur le marché des lices, une livre d’épinards !

C’est quand même moi, quelque part, qui suis le roi de la mise en boîte dans cet atelier d'écriture où, pour une fois, je suis plus maso que sado !

Qui d’autre que moi, dopé aux légumes verts, peut inventer ces consignes de fier-à-bras qui ont pour effet de transformer la salle Mandoline en réunion de célébrités positionnées dans un voisinage tel que Marilyn Monroe jouxte Jolly Jumper qui est assis à côté de la Joconde et on trouve ensuite, en allant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, Rantanplan, la Castafiore, Jean-Claude Van Damme, le Petit Poucet, Mary Poppins, Arthur Rimbaud, Louis de Funès et Agatha Christie.

DDS 542 jeu du post-it 4

J’ai juste oublié de demander à ces protagonistes du jeu du post-it où je me situais sur l’échelle du temps !

Sûr que je suis une vieille gloire désormais, tout juste bonne à se trouver, place Hoche où se tient à Rennes le marché des libraires, dans un vieux numéro de Charlie Mensuel ou dans un fascicule de «bédé des gars de la rue» comme on disait jadis.

Mais c’est de ma faute aussi. Je n’ai pas posé de question sur mon environnement familial, Olive, Mimosa, Wimpy…

Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois qu’on jouera à cette variante à douze joueurs du jeu du post-it. Sauf que ce sera difficile : il n’y a, paraît-il, pas plus de fer dans les épinards que dans les noix de cajou, amandes, noisettes et surtout dans le ti-punch martiniquais (et toujours pas revenu) que nous avons bu avant de monter et qui m’a bien troublé l’esprit !

DDS 543 popeye

22 mars 2019

FREINE, CAMARADE SKIZOV ! FREINE !

Madame Jeanne-Emmanuelle Hutin
Journal Ouest-France
38, rue du Pré Botté
35000 Rennes

Chère Madame

Moi aussi je veux bien descendre dans la rue manifester pour le climat et la biodiversité. Mais quand même ! Il y a des limites !

113838301Prenez les étrangers qui vivent dans mon quartier, par exemple. Un samedi sur deux ils organisent leur cérémonie religieuse sous mes fenêtres ! En pleine rue ! On arrête même la circulation afin qu’ils puissent procéder en paix à leurs rites si particuliers ! Ils déferlent par milliers, en hordes plus ou moins barbares, toutes et tous habillé.e.s de rouge et noir, excités comme des poux ou des crevettes, la canette de bière à la main car il leur est interdit de boire dans leur église.

103035439On leur empêche surtout de jeter des bouteilles ou d’autres projectiles sur les officiants ! C’est dire à quel point ces gens-là sont des sauvages !

Ce qui me gêne le plus chez ces pratiquants du culte du Bal Honron, c’est leur régime alimentaire.

Avant d’entrer communier, que la messe ait lieu à 15 heures, 17 heures ou 20 heures 30, ils s’agglutinent devant des roulottes malodorantes d’où s’échappe une épaisse fumée. Les plus mercantiles et les moins dégoûtés d’entre eux ont en effet fait griller des saucisses, cuire dans de l’huile bouillante de pauvres pommes de terre découpées en bâtonnets et confectionné des galettes de blé noir sur des plaques chauffantes circulaires appelées billigs.

113838355Ces voisins indélicats se nourrissent de ce qu’ils appellent la galette-saucisse : la viande de porc grillée est enveloppée dans la galette avec du ketchup, de la moutarde ou des oignons puis dans une serviette en papier qu’ils ne mangent pas, Dieu merci, c’est juste pour s’essuyer les doigts après. Une hostie, au moins, c’est du pain azyme, c’est léger et pas salissant.

A quel stade est-on rendus avec ces gens-là ! Il faut entendre la muzak qu’ils vous bombardent avec leur infâme cornemuse et leurs tambours, leur « Bro Gozh ma Zadou » qu’ils ont d’ailleurs piqué à une autre tribu nordique, leur « Galette-saucisse je t’aime » d’une pauvreté mélodique lamentable.


Sevenadur 5 réduit

 

On en croise partout en ville toute la semaine. Ils ont pignon sur rue. Plutôt que d’adorer notre belle république, son bon président Emmanuel, sa première dame Brigitte et notre beau drapeau bleu blanc rouge ils préfèrent promener l’emblème noir et blanc de leur pays d’origine qu’ils déclinent sur toutes sortes de supports : parapluie, caddies ®, sacs ou étendards. C’est de la provocation pure et simple.

116439810

Le pire de tout c’est la complaisance des autorités municipales vis-à-vis de cette sous-catégorie de la population. On leur donne le droit d’exister sur la place public lors de manifestation appelées Yaouank (fête de la jeunesse), Sevenadur (rencontres interculturelles), fest-noz (fête de nuit) et fest-deiz (fête de jour). Je ne vous parlerai pas de leur langue, un baragouin qu’ils semblent prononcer la bouche pleine de pain et de beurre (ou de kouign-amann pour les plus aisés) parce qu’il ne se pratique ici qu’un patois nommé « gallo » qui s’appelle ainsi à cause de la marée montante sous les jambes des chevaux dans la baie du Mont-Saint-Michel. Les édiles ont cependant jugé bon de leur concéder une signalisation bilingue sur les plaques de nos belles rues rennaise.

Il faut du cosmopolitisme, certes, mais point trop n’en faut ! Et puis pourquoi eux et pas d’autres dans ce cas ? Pourquoi ne pas sous-titrer le mail François Mitterrand « Vilain’sky prospekt » ou la rue des Portes mordelaises « Strasse der Mordelles Türen » ?

Sevenadur 4 réduit

118658309Je ne parlerai pas non plus de leurs danses à se péter le genou, à se déboiter l’auriculaire ou à coucher dehors après une ingurgitation de palanquées de « coups d’cid’ » ! Elles s’appellent gavotte, laridé, rond de Saint-Vincent, scottish, kost ar c’hoat, avant-deux de travers…

Oui, tout va de travers dans notre beau royaume, je vous le dis, sœur Jeanne-Emmanuelle ! Les bons Français en ont plus que marre de ces gens-là et je vous pose la question qui fâche : quand va-t-on se décider à les renvoyer dans leur pays, ces faillis Bretons ?

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments exacerbés.

Signé : Irène Skizov,
136, route de Lorient
35000 RENNES

Sevenadur 3 réduit

 

 

N.B.Ces petites figurines sont extraites du programme du festival Sevenadur. Je n'ai pas trouvé le nom de leur auteur mais je lui dis ici que j'ai bien aimé son travail en ligne claire !

4 octobre 2017

De Rimbaine à Verlaud. 1, Hypocondriaque

M. Arthur Rimbaine
Explorateur de voies intraveineuses
et de traditions orales ou à mettre dans les annales
8, quai Arthur Rimbaud
08000 Charleville-Mézières

Monsieur Paul Verlaud
Société de géographie des Maladives et du Miraginaire
73, rue Sonneleur
62812 Vent-Mauvais


Charleville, le 4 octobre 2017

Mon cher Paul

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Voici mon premier rapport sur l’île de Tamalou, anciennement dénommée Hypocondrie, où je me suis rendu à votre demande afin de vérifier et compléter les informations dont vous disposiez ou pas.

La capitale de cette petite île s’appelle bien Gébobola comme vous le supputiez. L’île est traversée d’Est en Ouest par une rivière que les autochtones appellent la Fièvre diffuse. Un genre de Sèvre niortaise mais en moins long que cette rivière charentaise qui pantoufle aussi en Vendée et dans les Deux-Sèvres. C’est un fleuve relativement impassible qui prend sa source sur le plateau de Maloku et s’épand en de nombreux méandres une fois qu’il est rendu dans la plaine de Malokrane. Ses principaux affluents sont la Migrène, l’Hémorroide, la Savouchatouïe et la Savougratouïe.

Au Sud de l’île se trouve une chaîne de montagnes assez bien élevées qui tutoient les cieux mais avec respect et que l’on nomme les Pyravenirs. L’été les Tamaloussas y organisent des courses de vélo très disputées. Ils essaient de franchir le plus rapidement possible le Col du Fémur, celui du Tournemalet puis escaladent l’Aubisquerage, sinuent sur les lacets du mont Eiffel-Argan, grimpent au sommet du Savapété, un volcan qui n’est du reste pas encore tout à fait éteint. « Avec le temps va tout volcan mais c’est comme le cul du fanon, ça met un certain temps » dit un proverbe local qui les fait rire comme des baleines, car, vous le verrez tout à l’heure, mon cher Paul, ils sont très joueurs, les Tamaloussas.

Le tour de Tamalou se poursuit dans la plaine avec des étapes de plat disputées entre Enséfalogram et Toutanémié. L’épreuve contre la montre a lieu sur le circuit de Poukibavitalarivé. Le dopage est autorisé. Une des curiosités de l’ile est d’ailleurs l’usine pharmaceutique de Kilébon-Monmédoc où l’on produit le sirop Typhon, la capsule Gémini et la gélule Dernier-Vargas qui soignent toutes les maladies mais uniquement sur place.

Les autres industries locales sont la confection de blagues Carambar et l’invention de maladies asymptomatiques, les bobobénins, destinés à rassurer les gens sur leur bonheur présent, à prendre en vaccin sous forme de doses homéopathiques de caramel mou et huit jours. Un autre proverbe tamaloussa dit d’ailleurs « Si t’as que ça, reste chez toi, va pas creuser Troudlaséku ni enrichir les charlatans !».

DDS 475 Les-blagues-Carambar-2


Si cela vous intéresse, j’ai ramené des échantillons des troubles psychosomatiques suivants, qui m’ont semblé intéressants :

- La Rimbaldite aiguë : peur de n’avoir pas été très sérieux à l’âge de dix-sept ans ;

- Le Tintinoreleczéma : maladie de peau qui se déclenche quand on pense qu’on aura un jour soixante-dix-sept ans et que l’on n’aura pas, à relire les aventures de Tintin et Milou, un plaisir égal à celui qu’on éprouva à les découvrir à sept ans ;

- La dissentryphonite : peur de chier un pendule ayant appartenu à un savant sourd ;

- L’épanchement de cuisine novice : trouble obsessionnel compulsif qui consiste à craindre de mourir en ayant oublié de fermer le gaz sous la cocotte alors qu’on concoctait une recette nouvelle.

Je vous l’avais dit, mon cher Paul, les Tamaloussas ou Hypocondriaques sont de drôles de zigs, un petit peu malades dans leur tête, mais bon, qui ne l’est pas de nos jours ?

Pour vous rendre dans leur île il faut partir de Kuala Lumpur en Malaisie. Il y a un vol régulier qui dure une demi-heure et vous dépose sur l’aérosyndrome de Münchhausen puis on prend ensuite une navette automobile, un bus en fait, qui vous amène au centre-ville de Gébobola, terme-omettre de votre « voillage » comme nous disions jadis, vous et moi, quand nous bourlinguions de concert.

DDS 475 malaisie_2


Je joins ma facture à cette missive. Vous constaterez que je n’ai pas pratiqué le coup de fusil comme on le fait ces temps-ci dans le secteur non-conventionné.

Si vous avez une autre mission d’exploration à me confier, n’hésitez pas à me joindre où vous savez.

Bien amicalement

Arthur R.

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20 février 2015

ECLATS DU PARADIS

DDS 338 Eclats du Paradis


S'il faut montrer, ce samedi,

Quelques fragments de paradis,
Tant pis si ça paraît étrange :
Voici comment je vois les anges !

D 96 09 23 Saint-Pol de Léon - Défilé - Danseurs volants 2


Moi, je n'en fais pas un mystère

Mon paradis est sur la Terre !
Un bord de mer en Finistère
Et la Bretagne est Univers !

D 96 09 04 Coucher de soleil à Plouescat


Ceux qui rêvent jusqu'à plus soif

D'un séjour de paix éternelle
Grand bien leur fasse !

D 96 09 28 Saint-Pol de Léon - Petits sauniers de Guérande


Désolé si ça les décoiffe :

Je préfère à ça les dentelles,
Les sourires et le temps qui passe...

D 96 09 31 Saint-Pol de Léon - Contrejour de coiffe fouesnantaise


...Sans que l'on ait à regretter

La longueur de l'éternité !

D 96 09 02 Coucher de soleil à Plouescat

 

Photos prises à Plouescat et Saint-Pol-de-Léon (Finistère) en juillet 1996

23 octobre 2013

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 18, Calligramme

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Il faudrait sans doute attacher un virebouquet à ma fantaisie ! Ou peut-être pas !

Car enfin, à qui ai-je nui, samedi dernier en achetant, au marché des Lices, cette bouteille de bière de marque Saint-Georges au vendeur qui est installé à l’entrée de la halle Martenot ? Le gars était courageux, du reste, qui vendait ses bières bretonnes sous la pluie sans même avoir pris soin d’amener un balandran.

Est-ce si grave que cela d’avoir de l’appétit pour ce qui pétille ? Et je parle ici de la légende catholique du dompteur de dragon libyen plus que du breuvage à base de houblon qui provoque des houppées.

Donc, c’est confirmé, j’ai une marotte (cf le Défi du samedi n° 267). Avant que d’aller moisir entre quatre palplanches  je me suis promis, et c’est tant pis pour vous qui êtes mes lecteurs et lectrices, de venir à bout, si cela est possible, de la réécriture dans 99 styles différents de cette histoire de fulgurite.

Je ne doute pas que ce projet de farfadet fada ou de troll farfelu apparaîtra à d’aucuns et d’aucunes comme un dada de barbacole

Mais c’est comme ça, c’est une des rares choses que j’ai envie de rendre publiques de mon week-end au paradis rennais. Aussi peut-être celle-ci, arrivée le dimanche alors que le Club des 5 était réuni chez Madame Jojo pour un repas copieux, agréable, raffiné même, et suivi dans l’après-midi d’interprétations de chansons diverses.

Bien entendu, à cause de la présence de mon compatriote Kaïrakovski, qui est quelque peu pharmacien et quelque peu réfractaire lui aussi à la consultation du corps médical – sauf pour lire l’avenir dans les entrailles de Diafoirus - on s’était retrouvés à causer de médecine à table. Médecine et même pire : madame Jojo venait d’enterrer un oncle et une tante dans les semaines qui précédaient. A un moment donné madame Elle me signala que Madame Jojo se demandait comment meubler le silence qui accompagnerait sa propre crémation.

Je n’eus pas à me gratter longtemps le youfte  pour lui sortir la réponse idoine :
- T’inquiète pas, Jojo ! Je viendrai avec ma guitare et je chanterai « Fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous ! » ».

Voilà, dites-vous que c’est pareil et qu’il n’y a pas de balandran pour éviter que Saint-Georges, son dragon et Joe Krapov ne reviennent parasiter votre Défi du samedi. Le seul remède serait de les occire tous les trois, de les enfermer entre quatre palplanches, et justement, à propos de mise en bière, je vous fais cadeau ci-dessous de l’objet dont je parlais au début. Bonne houppée !  

DDS 269 Calligramme 4

 

 

27 janvier 2023

Les Bonnes lectures de l'oncle Joe : "Carnet de bal" de Chris Toul

DDS 752 les-7-boules-de-cristal-fr

Il n’y a pas plus irrationnel que le trouillomètre à zéro. Surtout quand ce qui provoque votre peur n’existe pas ou est issu de l’imagination d’un ou d’une autre.

De Mary Shelley à Bram Stoker, de Frankenstein à Dracula, tous les trafics inimaginables et pourtant imaginés autour de la mort – vampires, zombis, loups-garous, Jean-Pierre Chevènement, etc. - ne m’ont jamais vraiment beaucoup attiré. J’ai préféré me limiter, comme bon nombre de gamins nés après 1948 à cette effrayante momie d’un roi Inca nommé Rascar Capac, à l’histoire de la malédiction des archéologues et journalistes qui ont pillé sa tombe.

C’est – encore et toujours ? - une histoire belge, écrite et dessinée par Georges Rémi dit Hergé et qui a pour titre « Les Sept boules de cristal ». C’est une aventure de Tintin et Milou. De l’irrationnel, il y en a à revendre dans cet album. Il y a une voyante qui prédit à Madame Clairmont que son mari va avoir de graves problèmes et effectivement il est une des victimes de la liste. D’après le professeur Bergamotte, tout ce qui arrive était annoncé sous forme d’un message prémonitoire dans la sépulture explorée.

A heures fixes, les savants mis en léthargie après avoir respiré le contenu d’une boule de cristal se réveillent et protestent contre des tortures qu’on leur infligerait. Mais je m’arrête ici. Soit vous l’avez lu, soit vous irez le lire ainsi que « Le Temple du soleil » qui lui fait suite et dans lequel on explique tout. Avec quelques invraisemblances qu’on pardonne volontiers.

Ce qui est irrationnel aussi c’est que j’oublie toujours ce deuxième tome et que ma mémoire reste donc accrochée aux mystères du premier, à cette scène en couverture d’une boule de foudre entrée dans un appartement, faisant léviter le professeur Tournesol dans son fauteuil au-dessus de la table du séjour et finissant sa course dans la vitrine de la momie qui se désintègre. Plus tard Rascar Capac réapparaît dans la chambre de Tintin, entre par la fenêtre et projette sur lui une boule de cristal. Mais c’est un cauchemar.

Rascar Capac bouscule Tintin

Un cauchemar de papier dont on se remet très vite - ou pas. Soixante-dix ans après sa parution est-ce que ça peut encore faire peur aux enfants d’aujourd’hui, une telle bande dessinée ? Le plus irrationnel de nos jours - et ça, ça fout la trouille à leurs parents - c’est que les vieilles momies sont bien vivantes, qu’elles s’accrochent au pouvoir en usant de tous les coups, y compris les pas permis, y compris les coups d’état, y compris les guerres pour faire le malheur de l’humanité et accroître leur trésor. Vite, vite, un tombeau pour elles ! Ou, à tout le moins, une boule de foudre !

***

Si vous êtes sages et si l’oncle Walrus nous sort « jujube » de son dico la semaine prochaine, je vous parlerai dans une prochaine causerie de Juliette Gréco et de « Belphégor » !

17 novembre 2022

Un rêveur !

Mais pourquoi est-ce que je suis encore, à mon âge presque vénérable, cet incorrigible rêveur ? Quelle crédulité de naïf !

Soit une photographie de photographie publiée chez Dame Adrienne. Elle n'a pas noté le nom de l'auteur.

221117 Adrienne ombre de statue équestre

Toujours serviable dès qu'il s'agit d'aider à la connaissance des êtres et des choses - tu parles, c'est de la déformation professionnelle de bibliothécaire, en fait ! - je me dis qu'on peut peut-être faire appel à Monsieur Google-Lentille (Google-Lens) qui sait désormais mener des recherches dans sa base de données en partant d'une simple image.

Je m'exécute aussitôt et, bien entendu, je tombe des nues !

Fi de la propriété intellectuelle des images, de l'efficacité de l'outil pour mieux servir la connaissance : Monsieur Lentille a vendu son droit d'aînesse pour mieux me vendre des manteaux à 2000 euros !

Comme disait Fernandel à Sacha Guitry : "Je ne connais personne qui me fasse plus rire que moi !".

221117 recherche d'image google

11 septembre 2020

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 57, Conditionnel (Défi du samedi n° 628)

St-Georges par Dali

- Georges de Lydda serait né en Cappadoce, dans une famille chrétienne, au IVe siècle après Jésus-Christ.

- Fariboles !

- Militaire de carrière, il aurait été officier dans l'armée romaine et élevé par l'empereur Dioclétien aux premiers grades de l'armée.

- Fariboles ! Fariboles, tout ça !

- Un jour il aurait traversé la ville de Silène dans la province romaine de Libye, sur son cheval blanc dont on notera qu’il aurait été de la même couleur que celui d’Henri IV.

- Fariboles ! Fariboles ! Fariboles !

St-Georges par Dali sculpture- La cité aurait alors été terrorisée par un redoutable dragon, dévoreur de tous les animaux de la contrée et exigeant des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort.

- Fariboles ! Fariboles ! Calembredaines, même !

- Georges serait arrivé le jour où le sort serait tombé sur la fille du roi, au moment où celle-ci allait être victime du monstre.

- Fariboles ! Fariboles ! Carabistouilles !

- Georges aurait engagé avec le dragon un combat acharné.

- Fariboles ! Fariboles ! Coquecigrues !

- Avec l'aide du Christ, et après un signe de croix, il l’aurait transpercé de sa lance.

- Fariboles ! Fariboles ! Des cacoules ! Té n’racontes que des cacoules, min garchon !

St-Georges par Dali 2- Une fois la princesse délivrée, le dragon l’aurait suivie comme un chien fidèle jusqu'à la cité. Si c’eût été un Jack Russell de sexe féminin, nul doute qu’elle l’eût précédée.

- Fariboles ! Fariboles ! Fake news !

- Les habitants de la ville ayant accepté de se convertir au christianisme et de recevoir le baptême, Georges aurait tué le dragon d'un coup de cimeterre car il les effrayait toujours.

- Fariboles ! Fariboles ! Balivernes ! Billevesées !

- Puis le cadavre de la bête aurait été traîné hors des murs de la ville tiré par quatre bœufs. Personnellement j’en ai deux grands dans mon étable.

- Fariboles ! Fariboles ! Fadaises ! Sornettes !

- Pour lutter contre le coronavirus, des médecins russes auraient mis au point un vaccin baptisé Spoutnik V.

- Mais pourquoi vous employez le conditionnel ? C’est la vérité, ça ! Il est bien plus efficace que la chloroquine et va nous permettre de retrouver la vie d’avant ! Utilisez l’indicatif, mon vieux, et buvez à ma santé !

- Je vais plutôt boire à la santé d’Alexeï Navalny, l‘opposant que le pouvoir en place en Russie a tenté d’empoisonner avec…

- Fariboles ! Fariboles ! Fariboles ! Fariboles ! Fariboles ! Fariboles ! Fariboles ! Fariboles ! Défèque-niouzes ! Arrêtez de raconter n’importe quoi ! Ou alors mettez-le au conditionnel !

St-Georges par Dali sculpture Pommard

N.B. 
- Les oeuvres qui illustrent ce billet sont de Salvador Dali.
- Fariboles ! Fariboles ! Fariboles !

3 juillet 2020

Cadet Russell a droit à une chanson (Défi du samedi n° 618)

Cadet Russell


LA CHANSON DE JACKIE

(se chante sur l'air de "La Chanson de Jacky" de Jacques Brel)

1
Même si un jour à Knokke-le-Zoute
Je deviens comme je le redoute
Clébard pour femmes finissantes

Même si j’leur chante " Mi Corazon "
Avec la voix bandonéante
D'un Dalmatien de Carcassonne

Même si on m'appelle « vieux corniaud »
Que je brûle mes derniers feux
En échange de quelques cadeaux
Madame Madame yé fais cé qué yé peux

Même si je m’gave de Canigou
Pour mieux parler d’futilités
A des mémères décorées
Comme le Saint-Guibert de Gembloux

Je sais qu' dans ma soûlographie
Chaqu’ nuit pour des Docteurs Pangloss
J’leur chant’rai la chanson molosse
Celle du temps où je m'appelais Jackie

Refrain
Faire une heure, une heure seulement
Faire une heure, une heure quelquefois
Faire une heure, rien qu'une heure durant
Le beau, le beau, le beau et le con à la fois

2
Même si un jour à Neufchâteau
Je deviens roux comme un chow-chow
Cerclé de chiennes languissantes

Même si lassé d'être aboyeur
J'y sois devenu maître chanteur
Et qu’ce soient les bipèdes qui chantent

Même si on m'appelle le boxer
Que je vende des produits de niches
Du porto fait près de Dinant
De vrais bichons de faux caniches

Que j'aie une banque à chaque patte
Et une patte dans chaque pays
Et que je lève des crédits
Je sais quand même que chaque nuit

Tout seul au fond de ma fumerie
Pour un public de chihuahuas
J’rechanterai ma chanson à moi
Celle du temps où j’ m'appelais Jackie

Refrain
Faire une heure, une heure seulement
Faire une heure, une heure quelquefois
Faire une heure, rien qu'une heure durant
Le beau, le beau, le beau et le con à la fois

3

Même si un jour au Paradis
Je devienne comme j'en serais surpris
Husky pour femmes à ailes blanches

Mêm’ si j’joue d’la pédale Wah Wah
En regrettant le temps d'en bas
Où c'est pas tous les jours dimanche

Même si j’pose à côté d’mon père
Çui qui s’prend pour un rottweiler
Entre clebs fou et chien de garde
Même si mon bipède se barbe

Même si toujours trop bonne pomme
Je m’crève le cœur et l’ pur esprit
A vouloir balader les hommes
Je sais quand même que chaque nuit

J'entendrai dans mon Paradis
Les épagneuls et les cockers
Me chanter ma chanson d’ naguère
Celle du temps où je m'appelais Jackie.

Refrain
Faire une heure, une heure seulement
Faire une heure, une heure quelquefois
Faire une heure, rien qu'une heure durant
Le beau, le beau, le beau et le con à la fois.
 

14 février 2020

Un kilt par jour ou presque (Le Défi du Samedi n° 598)

Samedi

Que faire pour le prochain Défi du samedi ? Chanter «Le Kilt» de Sheila ? Comme le dit Michel Fugain, je sais déjà que «je n’aurai pas le temps»… de retourner en 1967 ! Les paroles sont un peu niaises et la vidéo sacrément kilt… euh, kitsch.



Dimanche

Je trouve l’idée de mon billet - il sera très court pour une fois, me dis-je, naïf - chez L’Adrienne ! Le voici :

« Quand on parle de kilt on en revient toujours à la question traditionnelle : les messieurs qui en portent un ont-ils ou non un slip en-dessous ? Il paraît que non.

C’est désormais confirmé : les Ecossais ne portent pas de slip sous leur kilt. Les slips, ils les enterrent pour vérifier que la terre de leur jardin est de bonne composition ! »

https://adrienne414873722.wordpress.com/2020/02/08/f-comme-file-moi-ton-slip/

 

Contes_Printemps-20-copy_670

Lundi

Au lieu de taper ces cinq lignes et de les envoyer à mon oncle préféré, j’ouvre un des livres dont Marina B. veut se débarrasser. C'est un recueil de contes japonais de Sôseki très bien illustrés par Qu Lan, une artiste chinoise qui vit en France. Et sur quoi je tombe, à la page 106 ? Un kilt !

Je publie l’image sur mon blog car j’ai décidé d’utiliser ces illustrations dans mon atelier d’écriture du mardi.


Mercredi

Je publie le texte écrit la veille à l’atelier et j’ai droit à un commentaire de Walrus, voire à un avant-goût de son billet du samedi ! Je réponds au comm’ en lui donnant le lien du concert de Mike Oldfield, Tubular bells II en public au château d’Edimbourg-Edinburgh en 1992. J’oublie de signaler le moment où l’on voit des kilts en pagaille. C’est à 48’.

Le feu d’artifice sur le château est à 1 h 01’ 30’’ .




Jeudi

Je vais rendre mes bouquins en retard à la Bibliothèque des Champs libres. En passant boulevard de la Liberté je m’arrête devant cette boutique d’épilation aux affiches de mauvais goût. Paf ! Celle d'aujourd'hui est épile poil dans le thème du Défi !

200212 265 004

 

Vendredi

Je ne sors pas de chez moi. Je tape les commentaires des parties d’échecs de la veille et mon Défi du samedi. J’aurais pu vous parler du gambit écossais que je joue avec les blancs, d’un premier album des aventures de Chick Bill intitulé «Le Monstre du lac» dans lequel toute l’équipe de Wood-City se retrouve en Ecosse car Kid Ordinn y a acheté un terrain… vertical ! Dog Bull, ruiné, est obligé de se faire engager comme valet de chambre, porte un kilt et est renommé «Marmaduke» par son employeur.

DDS 598 Marmaduke Chick Bill


J’ai laissé tomber aussi les aventures d’Arthur le fantôme en Ecosse – ah ces châteaux de Jean Cézard qui ont enchanté mon enfance ! -.

 

DDS 598 ArthurDDS 598 Arthur 2

 

J’ai trouvé chez madame Wikipe de quoi boucler ma semaine de « Ne me kilt pas » :

« Les Écossais ont également une réponse toute faite à cette question de savoir ce qu'ils portent sous leur kilt : « The future of Scotland » (L'avenir de l'Écosse). »


P.S. Une dernière krapoverie pour la route : « Quand le flipper affiche « Kilt » c’est que la parkie est kerminée. K’as Krop secoué le cocokier ! »

28 juin 2019

Conseil d'amie

L’amiral ou l’adjoint au maire
Si jamais tu voulais leur plaire… ;

Si tu rêves de les emplir,
L’un ou l’autre de ces malades,
L’un aride et l’autre impala,
Du désir d’être ton mari ;

Si tu souhaites qu’on t’admire,
Si tu désires te faire aimer
Si tu veux te pâmer en prime
- Pardi, c’est humain après tout
Et tout le monde est bien pareil ! -
Change d’allure sans délai !

 

2019 06 28 - Isaure en robe à damier pour DDS 565

Quitte l’ample robe à damier,
Ton plaid à l’allure mariale
De paria de la séduction
Et cette armada de bijoux,
- Palme d’or, violettes de Parme -
Sous lesquels, oiseau de parade,
Prima donna de mardi gras,
Tu sembles un palmier du Mali
Atteint d’une maladie rare !

De ce look « trop » on médira,
Sois en sûre, et rira aux larmes
Et toi cela te déplaira
Tu t’en feras un nouveau drame.

Ton naturel parle pour toi.
Nul besoin d’un cœur en alarme.
Sans ces drapés tu n’es pas laide
Et si tu permets que je t’aide
L’idéal serait que tu sois
Simplement nue sous un imper !

Madre mia ! Qu’on t’aimera !
Comme ton corps seul plaidera
Pour que sur le dernier palier,
Je le parie, rapide raide,
L’élu de ton cœur, en péril,
Accroché la main à la rampe,
Derrière ton look à pâlir
Soit proche de l’apoplexie !

Sûr, la simplicité paiera
Ta beauté seule gagnera
Pour ton triomphe sans péril
En toute gloire.

Et surtout, surtout, c’est plié,
Pas de maquillage outrancier !
C’est la plaie : ça t’ fait ressembler
A un lampadaire de Noël !

 

13 septembre 2019

Quand je pense à Fernande... (Joe Krapov)

Quand je pense à Fernande

Avez-vous remarqué ? En français on est surtout obsédé par des mots de quatre lettres :

SEXE, MORT, FRIC…

De beaux exemples nous en sont donnés par Georges Brassens dans son œuvre chansonnier.

Passons très vite sur "Mélanie", "Fernande", "La Fessée", "Le Blason", "Le Pornographe", "La Nymphomane" ou "Je suis un voyou".

Citons pour le point 2 "Le Testament", "Le Fossoyeur", "La Supplique pour être enterré sur la plage de Sète", "Les Funérailles d’antan", "La ballade des cimetières", etc.

A part "L’Assassinat", il y a peu de chansons sur le thème de l’argent mais la raison en est simple : la troisième obsession de Brassens, ce n’est pas le fric, c’est le flic !

D’où "Hécatombe", "Le Mauvais sujet repenti" et surtout celle-ci « Le Nombril des femmes d’agents » que je viens d’ajouter cette semaine dans ma guitare. 

21 octobre 2016

BOITE A SARDINES

BeethovenSi je ne collectionnais que les timbres !

Mais, d’abord, entendons-nous : par « timbre » il faut comprendre «chanson faite à partir d’une chanson existante, composée, pour le texte, de paroles différentes de la version originale mais dont la musique est inchangée par rapport à celle-ci». 

Francis Blanche

Pour mieux me faire comprendre encore, citons les timbres célèbres de Francis Blanche et Pierre Dac :
« Le complexe de la truite » sur l’air du quintette D 667 en la majeur, «Die Forelle», de Franz Schubert ;
« La pince à linge » sur l’air de la 5e symphonie de Beethoven ;
« Le parti d’en rire » sur l’air du Boléro de Ravel.

Ne me dites pas que, pour célébrer un anniversaire ou autre chose de ce genre, vous n’avez jamais entendu quelqu’un mettre des paroles sur le «Il faut que je m’en aille» de Graeme Allwright, je ne vous croirai pas !

Pour ma part, j’en ai tout un classeur. Je n’en reviens d’ailleurs pas d’avoir écrit toutes ces bêtises ni surtout de les avoir chantées dans le cadre des festivités liées à mon activité professionnelle.

AUTOAD-2010-11a22a22a1394885840La liste des mélodies que j’ai empruntées et celle des titres de mes timbres vous feront comprendre, à défaut de vous donner l’âge du capitaine, que celui-ci a :
- soit de la "sacrée bouteille" ;
- soit un goût très prononcé pour les rengaines anciennes.

«La plus bath des javas» de Georgius est devenue «Les rats déridés» ;
«Emmène-moi» de Graeme Allwright nous parle d’imprimantes partagées, de secrétaires pas remplacées, de calcul de congés et du « CD de Myriade » ;
«Ah les p’tits pois» de Dranem évoque des dames dénommées Jacqueline et Alexandrine, un certain Patrick Navatte, les Gras de Douarnenez, Winnie Bédobeuliou et des méthodes de désherbage ;
«A Joinville le Pont" est devenue «Winnie l’ourson» (C'est vrai, je ne vous l'ai jamais dit mais depuis que je suis à Rennes, je suis (j'étais ?) gardien de l'animalerie de l'Université de Rennes 3) ;
«Ma cabane au Canada» a donné «Mon portable au Canada» ;
«Germaine» de Renaud est devenue «Ghyslaine» ;
Etc. Etc. Etc. 

Henri Salvador

Je m’arrête là, même s’il y a aussi une «Complainte du catalogueur» qui a fait rire toute une liste de diffusion nationale très sérieuse, un «Anne-Claire est au CRI» sur l’air de «Ta Katie t’a quitté» qui doit toujours être affiché dans le bureau de la récipiendaire et des tas de chansons destinées à des pots de départ en retraite.

Il traîne aussi, sur mon ordi, réalisées en dehors du cadre du boulot, des choses comme «Les Paimpolaises» ou «Le folklore Iowanien» que j’ai peut-être bien dû publier ici, dans le cadre du Défi du samedi. Parfois "J'ai la mémoire qui flanche, je m'souviens plus très bien" !




Si je ne collectionnais que les timbres !

Mais je collectionne aussi les chansons timbrées :
pezenas-boby-lapointe2

- Les chansons osées, coquines, pleines de sous-entendus ou de rimes attendues… qui n’arrivent que dans votre esprit mal tourné : «La photographie» de Pauline Carton, «Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire un peu» de Sandrey, «Le p’tit objet» de Polin, «La jeune fille du métro» reprise par Renaud, «Félicie aussi» et «Folâtrerie» de Fernandel, «Mon cousin» et «Ma cousine» de Pierre Vassiliu »,«La chose» de Patachou, «Les amis de Monsieur» immortalisée par Barbara mais que je préfère dans la version d’Isabelle Huppert.

- Les chansons gaies de Ray Ventura, Georgius, Bourvil et consorts : du «Lycée Papillon» à «Tout va très bien Madame la marquise" en passant par "Comme de bien entendu".

00813- Les chansons écrites ou chantées par des natifs du signe du cancer, ceux que j’appelle ma « famille astrologique » : Henri Salvador, Pierre Perret, Julos Beaucarne, Guy Béart, Bernard Dimey, Francis Blanche.

J’ai évidemment pioché aussi avec allégresse chez les Frères Jacques, Ricet Barrier, Boris Vian, Georges Brassens, Chanson Plus Bifluorée, Les Charlots, Boby Lapointe, le Renaud de la première période…

Et je ne fais pas que dans l’ancien : je pique des trucs à Thomas Fersen, aux Wriggles, aux Joyeux urbains, à Juliette Noureddine, à Gérard Morel, à François Morel, à Sttellla même si la veine « comique » est un peu en voie de disparition dans la chanson francophone d’aujourd’hui.

Bref, je n’en finis pas de « mettre des chansons dans ma guitare » et j’ai l’impression que mon oncle préféré, celui qui promène son chien et fait le taxi pour ses petites-filles en maugréant contre le petit Marcel, celui qui aime l’excellent Porto du Portugal et les bons restaurants du Trégor, notre vénérable et vénéré Onc' Walrus m’incite à en remettre une couche à chaque fois qu’il publie un billet sur son blog ou commente chez la plus abécédairante de nos blogamies communes !

-bonjour-allegresse-chant-d-allegresse-f-chopin-pierre-dac-la-morue-du-port-j-villars-gilles-boite-a-sardines-g-claret-p-gilbert-le-cheval-de-corbillard-r-souplex-g-claret-les-quaAprès m’avoir collé dans les pattes les épatantes scies de « L’Auberge du Cheval blanc » il m’a fait découvrir cette semaine une chanson « bretonne » des Quatre barbus qui m’a laissé littéralement plié de rire.

Allez hop ! Les timbres (de voix) ça s’échange et les drôleries, ça se partage :

 

 

13 janvier 2016

99 dragons : exercices de style. 32, Genre « Après la bataille » mais sur les traces de Pérec

REMY SANZEAU, BIENFAITEUR DE L’HUMANITE SAUF SI ELLE EST VEGETARIENNE

La bête était gigantesque, effrayante, dangereuse mais le petit gars, Rémy Sanzeau, avait réussi à l’exterminer. Sa lance avait transpercé la carapace, sa Durandal à lui, épée bénie des dieux, ancêtre d’autres Excalibur à venir avait tailladé dans le gras, les pustules, le ventre et les membres du bestiau, avait fait jaillir le sang sur le tablier blanc du dépeceur. Et c’est bien ce que Rémy était en train de faire, se payer sur la bête, tel que cela avait été établi préalablement avec le chef des tribus libyennes, Hafez Keujdi Ibn Paskeujfez qui avait fait appel à lui et à d’autres, plus pleutres, qui s’étaient esbignés devant la rude tâche. Lui n’avait pas fui et avait vaincu.

- Si je te débarrasse de cette enflure-là qui sème la terreur et la calamité dans tes terres, avale sans leur enlever la laine les brebis de tes paysans, réclame en guise de cerise sur le gâteau la chair de ta chair, la main et le reste de ta fille chérie, autant dire le beurre et l’argent du beurre de la crémière ; si je te libère de cet empêcheur de vivre libre et heureux, je ne te demanderai qu’un seul avantage en échange de ce service. Je désire m’établir marchand de viande en tes terres. J’ai les crédits nécessaires qui me viennent d’un héritage familial, les certificats vétérinaires du cheptel et les diplômes nécessaires que j’ai acquis après cinq années d’études à l’Université de Rennes 3.
- Kèkséksa, Rennes 3 ? avait tiqué Hafez Keujdi.
- C’est une université étrangère dans un pays qui s’appelle la Gaule et s’appellera plus tard la France mais avant ça il y aura en icelle le duché de Bretagne. C’est là qu’est-Rennes.

Epaté par tant de science, d’aisance et aussi par le peu de salaire qui lui était demandé, le chef de tribu un peu pingre avait accepté le deal. C’était, avait-il dit au grand vizir Itiz Verybad, du gagnant-gagnant à 100%.

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***

Et maintenant le magasin, que dis-je, la chaîne de magasins RSC, « Rémy Sanzeau Charcutaille » était installée dans chaque village de Libye, fréquentée par les ménagères avec leur petit panier et appréciée de leurs maris avec leurs grands appétits. Plus aucune nécessité d’aller chasser et tuer les animaux en vue d’assurer la subsistance de la famille. Rémy Sanzeau et ses équipes assuraient l’emplissage rapide des caddies ® et ensuite celui des ventres, travaillant ainsi au bien-être suprême de chacun. Ses chasseurs tuaient les bêtes sauvages, ses éleveurs abattaient les animaux dans les fermes, ses vendeurs débitaient la marchandise et des salamalecs du genre « il y en a un peu plus je le laisse ? » aux clientes béates.

« Maintenant, est-il écrit dans le dernier bulletin mensuel de la start-up, le secteur tertiaire peut prendre de l’ampleur et la Libye devenir une puissance de premier plan en marchant à pas de géant (« walk like a giant » in the british language) vers un futur aussi bien garni qu’un filet gagné à la kermesse miraculeuse de Dargif-Al-Sur-Yvette. Car derrière chacune des vitrines d’RSC, à l’arrière de chaque tête de veau garnie de persil dans les narines, c’est carrément Byzance ».

Et cela est bien vrai. Dès que la cliente a pénétré dans l’établissement elle peut admirer des quartiers entiers d’une viande luisante, dégraissée, apprêtée, appétissante, suspendue à des esses rutilantes : des chapelets de saucisses, du salami venu du Danemark, de la hampe, de l’araignée, de l’échine, du jarret, du gîte, de la perdrix, de la caille, du faisan, de la biche, du chevreuil ; et, parce que RSC est aussi très vite devenu traiteur et vend des plats préparés, de l’aiguillette de sanglier, de la vraie daube qui n’est pas « de la daube », du pâté de marcassin, du filet de rumsteck au vinaigre de cidre, des paupiette de la reine Paulette, du magret de canard, des travers, des pieds panés, de la queue aux herbes, du petit salé aux lentilles, du speck à l’Appensell, du civet de lièvre, des grives au genièvre, des gésiers, du saupiquet nivernais, du ris de veau à l’ancienne, de l’aillade, du fricandeau, des tripes, de la pissaladière au lard et aux graine de carvi…

Et dans les chaumières, les cuisines et les salles à manger, quelle activité ! C’est sûr, ça y va de la fricassée, de la quiche, du pâté de tête, du parfait au Muscat de Rivesaltes, de la caillette, de la langue, de la crépinette de pieds, du cake charcutier, de la terrine au piment d’Espelette, de la palette fraîche au lait, du carré au cidre, de la ventrêche, des petits farcis, de l’échine à la bière de garde, du curry d’agneau, de la blanquette arrière, du cabri au lait…

Et vas-y que je te barbecute au crépuscule d’été ! Que je te pause sandwich aux rillettes dûment préparées, que je te fais le lit de verdure au carré d’agneau, que je te me repaye une tranche, que je te tartine à l’envi, que je te tajine de pintade aux mirabelles, que je te sers la pastilla aux épices, que je te gave de hamburgers…

Seuls les végétariens crachent sur cette réussite parce qu’elle ne va pas dans leur sens. « C’est cinq fruits et légumes, pas cinq cent grammes de steak haché par tête de pipe et par repas, bande d’adipeux et de gras du bide ! ». Sachant que le grincheux traverse les siècles, le fait qu’ils étaient déjà là en ces temps anciens n’a rien de surprenant.

Ce qui reste inexplicable cependant et d’une injustice flagrante, c’est que Rémy Sanzeau a disparu des tablettes. Aucun livre, aucune revue, aucun article, aucun universitaire ne fait état dans ses travaux de l’existence, grâce à lui, d’une ère bénie de la Libye débarrassée d’un tyran aussi légendaire qu’animal par un petit apprenti en chemise bleue à petits carreaux, tablier blanc et petit chapeau carré, blanc lui aussi, sur le chef.

Il faudra attendre les années 1940 et 1950 et même plus si affinités. Le célèbre dessinateur Hergé, auteur des « Aventures de Tintin » a repris vraiment très brièvement dans les cases de sa bande dessinée ce que je viens de narrer en détail à mes lecteurs et lectrices chéri(e)s. Il en a fait un gag très récurrent dans lequel un marin barbu en retraite qui habite un ersatz du château de Cheverny est sans cesse dérangé par des appels mal dirigés par la dame du « Fil qui chante » (j’ai aussi lu Lucky Luke et dans le même genre, il y avait également le gag du 22 à Asnières de Fernand Raynaud).

Qui plus est, Hergé s’est quelque peu planté dans la graphie en transcrivant « Sanzeau ». Ce malentendu vaudevillesque est parfaitement injuste, gars Rémy, mais c’est la vie. Heureusement que je suis là et que je peux, si ça aide, rétablir la vérité des faits !

DDS 385 Boucherie Sanzot

 P.S. Ami lecteur, amie lectrice, tu l’auras peut-être remarqué ? Dans ce texte à la Pérec n’apparaît jamais la quinzième lettre de l’alphabet, ce qui, en un sens, ne manque pas de sel !

27 février 2015

PARTICIPATION LAPIDAIRE

J’ai toujours été bon élève
Sauf ici où je fais le cancre
- On m’a laissé voix au chat-pitre ! –
Aussi je n’ai jamais connu
Le supplice du porte-manteau.

On y suspendait autrefois
Les élèves dissipateurs.

C’est sans doute légende urbaine :
Le morveux pèse un certain poids
Et deux clous peuvent-ils tenir
Face à la lourdeur de ce crime ?

Qui plus est, nous étions
A l’école publique.

Si cela avait existé,
Ce n’eût été rien à côté
Des punitions dans le privé
Où les pauvres devaient réciter

 

DDS 339 Trois patères et deux navets

P.S. Qu’on me jette la première pierre :
On trouve en mon carnet parfois
Des liaisons mal-t-à propos !

5 février 2015

LOREILLE ET LARDU ETHNO-FOLKLORISTES

DDS 336 le_vieux_lille_ferme_du_pont_des_loups_jar6Tu

- Ce sont des choses que l’on sent bien, Lardu, surtout ces temps-ci.
- De quoi, Loreille ? Le Munster ? Le Vieux-Lille ?
- Tout le monde est d’accord pour dire qu’être intègre est une qualité.
- Tu parles de quoi, là ? Tu ne vas pas nous faire tout un fromage avec ces histoires d’intégration ?
- Mais par contre l’intégriste est vu d’un sale œil.
- Alors que c’est lui qui nous lance des regards noirs !
- Tout le monde s’accorde aussi sur le bien-fondé du bien-fondé.
- Par contre pour le bien fondu, il faut prendre de la raclette.
- Ainsi on ne peut pas discuter avec quelqu’un dont la pensée est sans fondement.
- Alors là je reste sur le cul ! C’est pour moi que tu dis-ça ?
- Et pourtant les fondamentalistes sont mal considérés.
- Et donc ?
- Et donc, si je te dis que j’aime la musique traditionnelle, il ne va pas se passer cinq minutes avant que tu ne me traites de traditionnaliste.
- Si c’est une tradition, c’est certain que je vais la respecter. Genre fromage et dessert. Et verre de vin qui va avec.
- Remarque je peux toujours m’en tirer en disant que je suis un folkeux.
- Moi je suis un rockeux. Le rock fort, il n’y a que ça de vrai
- Je peux dire aussi "fan de musique ethnique".
- Ca ne va pas plaire ni à ta mère ni à Dominique. Elles ne sont pas coulantes côté vocabulaire et rimes pourries. De toute façon ta sœur a rarement le sourire !
- Et pourtant il me semble qu’en écoutant la musique traditionnelles des pays autres que le mien, je fais preuve d’ouverture d’esprit, non ?
- Personne ne te reproche rien, Loreille ! Tu peux écouter toute la world music que tu veux et même dormir sur tes deux, si tu veux ou plutôt si tu peux ! Du moment que tu ne préfères pas les nains sectaires au saint-Nectaire, moi ça me va !
- Alors ça ne te dérangera pas si je mets des images de coiffes bretonnes avec de la musique du Brabant dans un diaporama sur le thème de la tradition ?
- Qu’est-ce que tu boirais avec un Chaource, toi ? Un Saint-Nicolas de Bourgueil ou un Chardonnay ?
- Je n’ai pas de religion là-dessus. Dis, ce n’est pas le tout de causer philosophie en latin de cuisine. On passe à table ? Qu’est-ce que tu nous as préparé ?
- Ca !
- Ah non ! Pas encore un repas de fromages ! Sans apéro, sans entrée, sans plat de résistance ! Pas de dessert non plus, je parie ? T’es chiant, hein, Lardu !
- Dis-donc, Loreille, ce n’est pas pour dire mais toi t’es vraiment du genre à mettre les petits plats dans les grands et les pieds dedans ! Qu’est-ce que tu peux être traditionaliste, finalement !

24 septembre 2009

Argentiquités de Joe Krapov : bienvenue à vous !

Premier billet sur ce nouveau blog consacré à l'exploration des photographies qui dorment dans mon grenier. Aujourd'hui, 23 septembre 2009, j'habite Rennes mais j'ai aussi voyagé "de Brest à Besançon en passant par Nantes et Saint-Malo et Paris".

Voici pour commencer un petit rayogramme datant de l'époque où j'effectuais des tirages noir et blanc en laboratoire amateur.

rayogramme_bijoux

23 décembre 2020

Excursion villejeannaise au centre ville de Rennes (1)

 

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C’est entendu, Villejean regorge de trésors, déborde d’énergies et de synergies mais nous avons été trop longtemps confinés en 2020 pour ne pas éprouver, en cette fin d’année, l’envie d’aller voir ailleurs. Il est temps de dégourdir nos jambes et d’écarquiller les yeux ! C’est pourquoi nous vous proposons une petite balade pas chère, à pied, en métro ou en bus, à cet effet.

Pas très loin de chez nous il y a par exemple le centre ville de Rennes qui s’est habillé aux couleurs de l’hiver. Nous vous suggérons de vous y rendre sur le coup de dix-huit heures. Notre point de rendez-vous est la place de la Mairie (arrêt à République).

Cette année les illuminations de la société Spectaculaires sont vraiment magnifiques. Il ne s’agit plus de projeter sur la façade de l’hôtel de ville des diapositives colorées ou des vidéos psychédéliques avec musique «comme au cinéma» ou historiettes «comme dans les livres». Et c’est tant mieux.

Nous ne sommes plus au spectacle mais dans une ambiance festive. Des fleurs géantes ont poussé sur la place. Elles changent de couleur, émettent des rayons lumineux, des fumigènes et d’autres projecteurs vous balancent des effets stroboscopiques, des projections de bonhommes de neige en ombre chinoise sur les façades.

Autour de vous les enfants s’en donnent à cœur joie : le sol est tapissé de flocons de lumière et au bout d’un certain temps l’illusion est parfaite. On a l’impression de tanguer, de glisser sur un tapis de neige.

C’est l’endroit idéal pour vous immortaliser et les gens ne font d’ailleurs que ça, se prendre en photo au milieu de ce décor féerique. La formule permet à chacun de garder ses distances avec les voisins et d’admirer tantôt l’opéra, tantôt la mairie et même les immeubles autour de la place.

L’animation est présente jusqu’au dimanche 3 janvier inclus. N’oubliez pas votre masque et pensez à calculer votre temps de trajet pour le retour : le couvre-feu est toujours à 20 heures !

Joe Krapov

Webp

 

28 janvier 2021

L'Album zutique (Défi du samedi n° 648)

DDS 648 Le Fantôme de l'apéro (Plonk et replonk)

Tous les soirs, au café de l’Univers, à l’heure de l’apéro, le fantôme de Vitalie venait se joindre à nous.

C’était d’autant plus surprenant que la maman d’Arthur était toujours vivante, là-bas ou plutôt là-haut dans les Ardennes. Son fils, notre poteau, lui écrivait régulièrement pour lui demander du matériel photographique, des livres techniques et des…

Non, pas des nouvelles de son trou perdu. Notre copain s’en foutait complètement de Charleville, de Mézières et de la ferme de Roche.

Les nouvelles du trou perdu, c’est le fantôme qui en réclamait.

- Rends-moi l’album, Arthur ! S’il te plaît !

DDS 648 Hôtel_des_EtrangersParis_gravure- Mais je ne l’ai plus, Maman. Je ne l’ai jamais eu d’ailleurs. C’était un recueil collectif. Comme un livre d’or sauf que c’était de la merde !

- Rends-moi l’album Arthur ! Fais pas le clown ! Retrouve-le et rends-le moi ! Ou rends-moi le !

- Je ne vais pas retourner à Paris pour ça ! Je ne sais même pas s’il y est encore d’ailleurs. Et pourquoi le veux–tu ?

Et là, comme gêné d’avoir à se justifier, le fantôme disparaissait. Mais le lendemain, il était là de nouveau, le fantôme de l’apéro, avec sa litanie.

- Rends-moi l’album, Arthur ! Arthur, où t’as mis le corps du délit ? Je t’avais pourtant déconseillé de t’associer à ces vilains bonshommes !

- C’est de nous que vous parlez, Mme Fantôme ? demanda Bardey ce soir-là. Mais le fantôme semblait sourd, aveugle, obsédé par son idée fixe, ne s’adressant qu’à son commerçant de fils.

- Pourquoi ne reviens-tu pas ? Quel intérêt trouves-tu à faire Chabanais chez les zoulous ? Tu ne veux pas revenir chercher l’album ?

- Zut, Maman !

***

DDS 648 Album zutique 1970234Un jour que ce rigolo de Suel, après nous avoir offert la tournée du patron, était venu s’asseoir à notre table, avant même qu’elle ait ouvert la bouche, il avait entrepris Vitalie.

- Alors ? C’est vous, la môme Fouettard ? L’ange aux ailes de plomb ? Vous savez que le bikini blanc vous va à ravir ?

- Arthur, rends-moi l’album !

- Mais ne pensez donc pas qu’à ça, la star d’outre-monde ! Vous ne voulez pas vous envoyer en l’air avec le Don Quichotte des canapés ? Vous ne savez pas ce que vous perdez !

Et c’était devenu la meilleure blague dans le coin, ce fantôme sourdingue auquel on proposait la botte. Tout le monde a rappliqué pour lui proposer de jouer à saute-jarretelles ou à «Enfourchez vos balais !» sans que le fantôme ne dévie d’un pouce et ne réclame «à corps et à cris» son foutu album.

Même Rimbaud ne comprenait plus rien à ce phénomène qu’il avait de son côté baptisé, de façon assez poétique, «le bal des osselets».

C’est Mme Suel qui eut le fin mot de l’histoire. Un soir qu’elle s’était jointe à nous elle avait proposé à Vitalie de venir admirer une éclipse d’étoile.

Le fantôme l’avait suivie derrière l’hôtel et s’était confié à elle

DDS 648 Sonnet du trou du cul- En 1871 mon fils est parti sur un coup de tête s’acoquiner avec Verlaine, la reine des soiffardes. La jeunesse, vous savez ce que c’est ! On se défonce, on ne commet que des polissonneries, on est le diable incarné ! L’autre a été puni d’avoir abandonné femme et enfant : en cabane, Papa ! Surtout parce qu’il avait tiré sur mon Arthur. Ce que je veux, moi, c’est effacer les traces de tout cela. Je veux détruire ces rinçures et surtout retrouver l’album zutique pour le brûler.

- Qu’est-ce que vous gagnerez à cela ?

- Je ne veux pas que mon nom soit associé à ce «Sonnet du trou du cul» qui y figure en bonne place et je sais qu’une fois que j’aurai fait cela, il pourra y entrer tranquille.

- Où ça ?

- Au Panthéon.

- Je vais vous aider, lui proposa Madame Suel.

***

Le lendemain Mme Suel a raconté l’histoire à son mari puis elle a fait ses valises et est repartie pour l’Europe. Adios, chiquita ! Le soir le fantôme n’est plus revenu à l’apéro ; on ne l’a jamais plus revu et Mme Suel non plus. Simplement, depuis ce jour-là, on s’est mis par plaisanterie à appeler Rimbaud «Trouperdu !». C’est d’ailleurs sous ce nom qu’il a été enterré au cimetière européen d’Aden.

21 décembre 2018

ÊTRE MÈRE DE TROIS POULPIQUETS, À QUOI BON ?

Puisque je vous dis qu’on n’en trouve plus qu’au fond des bois la nuit !

Vingt ans de présence en Bretagne ! Dix ans de publications massives de photos prises ici ou là !

Résultat des courses : 5 malheureuses représentations de ces faillis korriganed !

 

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Par contre, qu’est-ce qu’il y a comme trolls sur Internet ! Moi le premier ! 

19 mars 2014

Souvenirs de Schiltigheim

Une fois qu’ils avaient touché leur solde, les bidasses, munis d’une permission en bonne et due forme signée du Feldmaréchal des Logis Guillaume allaient s’agglutiner en troupeau à l’arrière des camions. « Pète la ridelle ! » entendait-on. A Strasbourg, ils envahissaient le hall de la gare pour s’entasser ensuite dans les wagons du train pour Paris. Cela constituait un joyeux melting-pot, un tumulte plein d’insultes venues « des quatre coins de l’hexagone ». Les Bretons s’en retournaient retrouver leur celtitude vers Le Pouldu ou Saint-Cast-le-Guildo, les Normands bouffer de la crème fraîche et des « p’têt’ben qu’oui p’têt’ben qu non » à Villedieu-les Poêles. Je ne me souviens plus si le train traversait ou pas Sainte-Menehould mais ça n’a pas d’importance.

Même quand nous n’étions pas de garde ou consignés Aldebert et moi restions à Schiltigheim. Dans la caserne enfin calme, dans la piaule dortoir vidée de ses exaltés, nous sortions du placard une bouteille de Rivesaltes et c’était un bol d’air que d’opérer cette halte œnologique et de prendre ainsi de l’altitude par rapport aux théories de Paul Déroulède.

- Le malthusianisme est le mal du siècle, disait souvent Aldebert. Les militaires pratiquent cette criminelle doctrine en ôtant la vie des enfants des autres.
- Et éventuellement les nôtres ! ajoutais-je alors.

Après le repas du soir, Aldebert m’empruntait mon gel douche, allait se laver, se shampouiner puis il revenait vêtu de son peignoir en éponge blanc, roulant des épaules comme Aldo Maccione, une vedette italienne des nanars de l’époque qu’il imitait à la perfection. Il s’allongeait ensuite sur sa paillasse et lisait « Vol de nuit » de Saint-Exupéry ou l’intégrale des œuvres du natif de Ville d’Avray, Boris Vian, que je chérissais moi aussi. Je ne manquais jamais, d’ailleurs, ces fins de soirée-là, d’entonner sur ma guitare la « Java des bombes atomiques » et, en sourdine quand même, « Le Déserteur » et « Le Joyeux tango des bouchers de la Villette ».

MIC 2014 03 17 Schiltigheim

Le samedi après-midi, nous rendions visite aux filles des deux maisons. Il y avait encore à Schiltigheim, à l’époque, des maisons colorées comme on en voit dans le quartier de la vieille France à Strasbourg : garnies de couleur bleu cobalt, rose,  moutarde, vert olive, elles mettaient dans la ville « de garnison » autant de gaîté qu’à Burano près de Venise les pêcheurs en ont mis ou qu’à l’île de Groix en Morbihan où les maçons italiens ont aussi œuvré au bonheur des yeux.

Dans la maison rose sévissait – mais quels doux sévices c’étaient ! – la blonde Brunehilde. C’était notre chèvre Amalthée, notre Paris Hilton, un Val de grâce à elle-toute seule que cette belle dame. Entourée d’un cénacle de poètes disparates, elle était la maîtresse d’œuvre de ces matinées littéraires au cours desquelles elle-même jouait de l’alto entre deux déclamations. De vieux émules rimbaldiens se lançaient dans « Le bateau ivre », des dames à chignon exultaient de contentement en susurrant du Paul Géraldy. Dans cette guilde de vieillards accros à la Boldoflorine, Aldebert et moi n’avions aucun mal à surprendre et à détendre l’auditoire avec nos interprétations de Boby Lapointe et nos reprises de stupidités de Georges Milton : « Je t’attendrai sous l’Obélisque » « On se fait pouêt pouêt » ou « C’est pour mon papa ». Autant d’appels cachés ou de déclarations d’amour subliminales à la « golden hair lady of the pink house ». Notre désir le plus fou relevait de l’héraldique : nous rêvions de lui interpréter un jour « Le blason » de Georges Brassens !

MIC 2014 03 17 Maison blanche et maison rose

Sur le coup de cinq heures nous remettions nos paletots et nous nous transportions dans la maison voisine dont la forme identique et le pignon blanc pimpant évoquaient le palais de « Dame Tartine » ou la maison d’Hansel et Gretel – Hansel et Bretzel comme disait Georges W. Bush avant de s’étouffer avec -. Nous passions justement en quelques mètres d’un univers artistiquement altruiste à un monde plus sombre et sauvage, romantique, germanique et gothique, des pages « culture » du « Monde » à celles de « Die Welt der Geister ». Ce journal trônait dans l’entrée avec « Bild » et Hildegarde nous accueillait avec cordialité mais distance. Sa chevelure aile de corbeau, son teint pâle, son regard noir et froid comme un hiver moldave, ses pulls en mohair et ses jupes écossaises plissées comme des kilts nous faisaient rêver à moult flambées dans la cheminée et de whisky pur malt mais avant la séance on n’avait droit qu’à de l’Ovomaltine au goûter.

- Posez-là votre guitare, Gerald !" m’ordonnait-elle en nous faisant pénétrer au salon. Comment va ma voisine Brunehilde ? Je voulais aller l’écouter en concert à la cathédrale de Strasbourg mercredi mais c’est sold out.

MIC 2014 03 17 Wild Bill Hickok

Nous étions toujours les premiers. On attendait en caressant le chat noir l’arrivée d’Ysolde Schwarzwald, une demoiselle grassouillette sans laquelle rien n’eût pu se faire car c’était elle la médium. Puis venait Jean-Balthazar Chanal, un type un peu louche qui avait voyagé des Maldives jusqu’au delta du Gange et qui, par sécurité, disait-il, se baladait avec un Colt dans la poche droite de son long manteau à la Sergio Leone qui lui donnait de faux airs de Wild Bill Hickok.

Une fois que le quintette était au complet, on fermait les volets de la maison blanche, et, comme l’appelait Aldebert, la séance de « Spirite in the sky de Norman Greenbaum » commençait. Poltergeist, es-tu là ?

En fîmes-nous tourner, des tables, à cette époque ! Avec quels esprits tordus n’entrâmes-nous pas en communication ! Il y eut un Ildefonse de Tolède dont nul(le) d’entre nous n’avait entendu parler, une Mary Bolduc qui comprenait tout de travers, un esprit voyageur qui nous a contactés depuis l’étoile Aldébaran dans la constellation du Taureau, Harald III de Norvège et puis une Mrs Vanderbilt qui est revenue souvent, vivant dans la jungle, couchant sous une tente avec M. Paul de Liverpool, à ce qu’elle prétendait.

- Hold on baby, hold on ! » conseillait Chanal à Mlle Schwarzwald quand il sentait que la médium était sur le point de défaillir.

Sous la table, souvent un pied frottait le mien. Mais à qui donc pouvait-il bien appartenir ?

MIC 2014 03 17 faire du pied

MIC 2014 03 17 spiritisme

Nous en causions parfois avec Aldebert à la pizzeria où, le soir, nous nous reconstituons à coup de platées de spaghetti al dente ou au Balto, plus tard, quand, survoltés, nous jouions au flipper jusqu’à ce que la bécane trop secouée finisse par faire tilt.

- Moi aussi on m’a fait du pied, répondait-il mais en matière de drague, si tu veux bien, chacun se mêle de ses oignons. Socrate a dit : Le secret du changement, c'est de concentrer toute son énergie non pas à lutter contre le passé, mais à construire l'avenir.

Je ne sais pas quel avenir Aldebert s’est construit. Lorsqu’est arrivé le temps de la quille, je l’ai laissé allongé ivre-mort sur un banc de la gare de Strasbourg et je ne l’ai jamais plus revu. Je ne sais pas si Brunehilde n’est pas devenue une « old laughing lady » comme nous en connaissons tous maintenant que les gens vivent plus vieux. Je ne saurai jamais si c’était Hildegarde ou Ysolde qui me faisait du pied sous la table tournante. Ou Aldebert ou Chanal ! Et je me demanderai toujours si ce Chanal-là avait quelque chose à voir avec l’adjudant qui séquestrait des appelés dans sa camionnette à la même époque du côté de Mourmelon-le-Grand. Si c’était le même, alors, malgré les gardes par – 15°, la fraîcheur du Gewürztraminer et la neige dans le paysage d’Alsace, je pourrai dire que j’ai eu chaud à Schiltigheim !

22 décembre 2023

99 dragons : exercices de style. 78, Impératifs catégoriques (ultimata arides) (Défi du samedi n° 799)

SGS_Illus_Knight_clr_pos_rgbUltimatum de Saint-Georges à son cheval – qui est une jument - :

- Trotte, trotte ma jument ! Va où le vent te mène ! Va d’un pas léger !


Ultimatum de Dieu au chevalier Saint-Georges

- Viens, viens sur la montagne !
Tout près du ciel j'ai ma maison.
Viens, viens sur la montagne !
Là-haut il fait si bon !
Mais attention : pas de boogie-woogie avant la prière du soir !


Ultimatum de l’estomac du dragon au cerveau du dragon :

- Vu qu’il faut manger pour vivre et que je suis en train de tomber dans les talons, s’il te plaît, décime-moi un mouton !


Ultimatum du dragon au troupeau de moutons

- A taaaable ! (cf Fais pas ci, fais pas ça)


Ultimatum du paysan au dragon

- Bouge de là, gros lard ! Gicle ! Éjecte sans jacter ! Magne-toi le popotin ! Bouge tes fesses ! Evacue ! Fais ta valise, Liliane ! Évanouis-toi dans la nature ! Pars, surtout ne te retourne pas ! Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages !


Ultimatum du dragon au paysan

- Regarde bien, petit ! Vois comme tu es gaulé et comme je peux colmater ton tuyau avec mon petit chalumeau ! Tu veux vraiment entendre « Envoyez la soudure ! » ? Mange ta soupe, Toto, et reviens quand t’auras grandi ! Va te faire cuire un œuf, man !


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Réponse du paysan au dragon

- OK ! OK ! Mais Tar’ ta gueule à la récré ! J’suis pas du genre « Laisse béton », mon pote ! Attends-toi au pire ! Un bon conseil d’ici à mon retour : Marche à l’ombre ! Casse-toi, tu pues !

 

Ultimatum du paysan au seigneur du royaume

- Laisse tomber les filles, Majesté ! Débranche ! Le danger est à nos portes sous la forme d’un dragon carnassier ! Balance ton port de tête altier, secoue les puces de ton chien qui est une chienne et celles de tes gens d’armes. Va, cours, vole et me venge ! Ça urge !

 

Ultimatum du ministre des armées aux troupes rassemblées

- Aux armes, citoyens ! Formez vos bataillons ! Entendez dans nos campagnes mugir ce féroce dragon qui vient égorger nos moutons et faire grimper l'étau de l’inflation ! Marchons, marchons ! Créons une commission mixte paritaire ! Boutons l’esstrandger hors de nos mûres ! Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! Allez les Verts !

 

Ultimatum de Gérard Larcher à Jean-Luc Mélenchon qui n’a rien à voir dans cette histoire (quoique…)

- Ferme ta gueule !

 

Ultimatum de la troupe au ministre des armées

- Ne nous bourrez pas le mou ! Faut pas pousser grand-mère dans le concasseur ! Que les gros salaires lèvent le doigt ! Qu’ils y aillent eux même à la bataille contre l’affreux ! Pas question d’aller chanter « En avant Fanfan la Tulipe », de prendre des risques pour les planqués ! Nous maintenant c’est « Arrête ton char, Bidasse ! Voyage, voyage ! Allons à Messine pêcher la sardine ! En attendant le jour où nous irons à Valparaiso, buvons un coup ! Buvons en deux ! Hissez haut...  le coude !».

 

 

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Ultimatum de l’auteur de ces lignes à lui-même

- Arrête d’entrer dans les détails ! Ne raconte pas la négociation forcément mensongère entre le seigneur du royaume et le mercenaire romain. Fais pas ta rosière ! Ne raconte pas de salades à propos de ce salaire sous forme de conversion à une religion nouvelle ! Il devait être bien content, le seigneur du royaume de Libye de blanchir son argent sale en rétribuant un mercenaire et en se débarrassant de son fil à la patte, sa fille à problèmes. Ou alors résume suivant la consigne :

 

Ultimatum du seigneur du royaume à Saint-Georges

- Une fois l’affaire faite, prends l’oseille et tire-toi mais surtout occupe-toi d’Amélie ».

 

Ultimatum de Saint-Georges au dragon (à déclamer ou faire déclamer en même temps que le suivant)

- Retiens la nuit ! Tu n’en verras plus d’autre sinon que l’éternelle ! Prends ça dans les dents, enflure ! Fais gaffe à la gaffe, Gaston ! Crache ton venin ! Crève, charogne ! Tire la chevillette et ta bobinette cherra ! Alea jacta est ! Ouvrez, ouvrez la cage aux boyaux ! Bouge pas, meurs, ressuscite ! Requiesca in pace !

 

Israhel van Meckenem - saint-Georges

Ultimatum du dragon à Saint-Georges (à déclamer ou faire déclamer en même temps que le précédent)

Fous ta cagoule ou t'auras froid, t'auras les glandes, t'auras les boules ! Mets une sourdine ! Touche pas au frisbee, salope ! Prie, comte Robert ! On va fêter nos retrouvailles, je vais griller ton chamallow au chalumeau ! Compte les moutons ! Soigne ton gauche ! Essuie tes pieds ! Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! Touche pas à mon gazon ! Fuis, Lawrence d'Arabie ! Fallait pas commencer ! Aïe ! Il m'a mordu l'oreille ! Il m'a fait mal, ce con ! Il est con, ce type !


Ultimatum du grand silence qui suit la bataille aux curieux qui rappliquent toujours après l’accident

Circulez, y’a rien à voir !


Ultimatum de la princesse Amélie au chevalier Saint-Georges

- Stand by me ! Ne me quitte pas ! Love me, please, love me ! Laisse mes mains sur tes hanches ! Laisse-moi t’aimer toute une nuit ! Fais-moi mal, Johnny, Johnny ! Envoie-moi au ciel ! Éteins la lumière ! Envole-moi ! Couche-moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole ! Mords-moi sans hésitation ! Déshabillez-moi ! Attache-moi ! Baise-moi ! Embrasse-moi, idiot ! Fais-moi une place !


Ultimatum de Saint-Georges à la princesse

- Demeure chaste et pure ! On m’a toujours dit « N’avoue jamais » mais je suis franc du collier (d’agneau) et je me dois (d’honneur) de te le dire : j’ai toujours préféré les voisins aux voisines et les garçons aux filles ! Mais va, je ne te hais point. Pense à moi quelquefois ! Va siffler là-haut sur la colline et m’y attendre avec un petit bouquet d’églantine !


Réponse de la princesse à saint Georges

- Cours toujours ! Va donc eh, lopette de végan ! Va te faire voir chez les Grecs ! Prête moi ta plume, que je te la mette dans le derrière, espèce de pom-pom-boy ! Va chez la voisine, on bat le briquet !


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Ultimatum du dragon sanguinolent à la rose qui pousse dans son sang

- Fais comme l’oiseau ! Monte-là-dessus, tu verras Montmartre !


Ultimatum de la rose mystique au monde entier

- Vois ! Celui qui m’a faite m’a fait courber la tête mais c’est dans cette humilité et cette fragilité que je m’adresse à toi et à vous. Donnez-nous, donnez-nous des jardins ! Plutôt que des guerres et des engueulades, donnez nous un jardin qu’on appellera la Terre, qui brillera au soleil comme un fruit défendu ! Aimez-vous les uns les autres ! Croissez et multipliez mais pas trop quand même parce que vous épuisez la planète ! Jésus, Jésus, reviens avant qu’ils ne soient tous devenus des lapins crétins et que l’Intelligence artificielle ne les ait transformés en esclaves authentiques !


Ultimatum de l’auteur de ces lignes aux enfants qui passeraient par ici :

- Du discours de la rose, prenez-en de la graine !

DDS 799 lettrine U avec un dragon

 J'ai demandé à Deepdream generator de me fabriquer une lettrine médiévale U avec un dragon.

L'intelligence de ce truc est véritablement artificielle : elle ne connaît même pas les lettres de l'alphabet !

23 juin 2023

La "Dream team" des Gaulois réfractaires

Le druide, avec adresse, nous décroche le gui sous lequel on s’embrasse pour célébrer l’an neuf. *

Le druide sait répondre, sans aucune ladrerie, à toutes nos questions :

- Comment conjuguer moudre au subjonctif parfait ?

- Pourquoi mettre deux k à drakkar s’il n’y en a qu’un seul à viking ?

- Est-ce que la scolastique peut-être drolatique ?

- Comment faire pour ne pas confondre le sel, le sucre en poudre et la drogue de synthèse ?

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- Est-ce qu’on a bonne mine quand on drague la femme de son chef sans se rendre compte qu’elle est un vrai dragon ?

- Quelle différence entre une naïade, une dryade, Rama Yade et laquelle des trois sauvera Laure Manaudou de la noyade ?

- Combien de sesterces vaut un drachme ? Combien de mélodrachmes dans un drachme ? Et qu’est-ce qu’un drachme shakespearien ?

- Existe-t-il des drilles qui ne soient pas joyeux ?

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- Qui est l’inventeur du fil à retordre ?

- Un chasse-neige, à notre époque, n’est-il pas tout simplement une calandre-benne ?

- Dring ! Qui sonne à la porte ? C’est André Dracula du journal « Sturm und Drang », l’hebdromadaire du Sud de l’Indre. Je viens interviewer l’inventeur de la potion magique dry.

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Car le druide herborise et fait dans son chaudron d’étranges décoctions de feuilles de cèdre et d’hydromel pour soigner nos œils-de-perdrix et nos hypocondries diverses.

Le druide reste droit et il ne rit jamais quand pleuvent dru nos gaudrioles et gauloiseries.

Le druide est draconien depuis un certain temps. Il dit que Toutatis et Bélénos interdisent de mettre la main aux fesses des drôlesses. A ce rythme-là nous n’aurons plus bientôt l’assurance tous risques de les tenir avec tendresse par l’auriculaire lorsque nous danserons l’hanter dro au fest noz !

Bien qu’il aime à prétendre le contraire le druide sait que le ciel ne peut pas nous tomber sur la tête mais que la foudre, si ! Et le chef, à bras raccourcis, aussi !

On ne peut pas soudoyer le druide : plus tu lui offres des amandes, plus il te tient la dragée haute.

Le druide a-tellement fait d’études de droit qu’il reconnaît tous nos travers. Il nous sert de lumière en tous temps. Il est en quelque sorte notre encadrant solaire.

Le druide nous dit souvent que quand les andouilles voleront nous serons chef d’escadrille et que quand elles auront des éperons nous serons chefs d’escadrons. S’il n’y a plus que des chefs, nous serons dans de beaux draps !

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Le druide a l’usufruit de toutes les sagesses. Psychologue, religieux, médecin, savant et philosophe, il jette sur le monde un regard bien plus large que le nôtre : un regard panoramique.

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* (astérisque) : l’an neuf avant J.-C. ? Comment pourrions-nous le savoir ?

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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