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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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5 mars 2015

Fermé pour cause d’Inventaire à la Prévert

Au Bazar du Bizarre, si l’on fouine au hasard, c’est fou ce qu’on dégotte !
Un buste en bronze de Bizet sculpté par Jean-François Bizot,
Le portrait de Guizot peint au couteau aiguisé par Bézu,
L’arbre généalogique du bacille imbécile qui un jour décima toute la bande à Basile, ceux-là qui bizutèrent la belle Cé-Célimène à leur bal des oiseaux,
Un coup de boule de Zidane, un coup de corne de brumes humides du BZH (Breizh), une corne de Belzébuth,
Une lettre de Balzac pour déclarer sa flamme à sa cousine bête pendant que son cousin ponce,
Une autre lettre d’Olivier Besancenot pour candidater à la présentation de Nulle Part Ailleurs (mais non, Antoine, je déconne !),
Une besace de facteur (encore Besancenot ?) sur laquelle a reposé la tête de Booz endormi (natif de Besançon, Victor Hugo en rut, lorsqu’il la découvrit en perdit ses bésicles !),
Un bison pas futé perdu dans le blizzard parce qu’il a raté la bretelle qui menait à Bazouges-La-Pérouse,
Un vieux plan de Byzance ayant appartenu à Bajazet,
De sable et d’azur le blason de Blaise de Monbazillac 2 dit le Moelleux,

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Un Mexicain basané sniffant du basilic,
Un bison ravi,
Un blues écrit par Count Basie,
Un boson né sous X dans un boxon de Buzenval,
La rive gauche du Zambèze,
Un parlement de Bretagne qui s’embrase quand on trouve son point G ou quand on lui dit un conte léger d’Anatole Le Braz (ça n’existe pas !),
La règle du jeu de zanzi que l’on joue dans le métro et aussi dans les bars de Zanzibar avec des gens zarbis aux yeux exorbités,
Un zébu qui bosse du dos, qu’un drôle de zèbre appelle the boss et qu’a peint un rapin surnommé Scapin, membre de l’école de Barbizon,
De vieux blazers et des blousons des blues brothers,
Un nœud de vipères et une folle mouche du coche ayant appartenu à Hervé Bazin,
Un uniforme de bachi-bouzouk avec le bazooka ad hoc,
Un sécateur géant pour tailler les bonzaïs balèzes,
Une paire de ciseaux pour tailler en biseau la barbe du bisaïeul,
Une bizyklette bleue pour les pays lipogrammatiques dans lesquelles la lettre « c » n’existe pas,
Un astéroïde bizarroïde en forme d’hémorroïde ovoïde,
Une photo de Marcel Bozzuffi déguisé en Bozo le clown,
Le baise-en-ville de l’évêque de Belzunce,
Un jeu de bésigue pour ceux qui vont vite en besogne dès lors qu’il s’agit de tricher,
Une virole de bec bunsen du Bas-Empire,
La partition de « La Biaiseuse » de Marie-Paule Belle « Je suis biaiseuse chez Paquin »,
La batte de base-ball de Camille Bazbaz,
Des trucs, des machins, des business
Et des bouses et des bouses et des bouses ! Jamais on en vit tant, même chez Félix le laid qui faisait de beaux meubles
Et, j’allais oublier :
Et un raton laveur !
Non, deux !

DDS 340 100770526

Au Bazar du Bizarre on bazarde le bousin qui encombrait la remise du cousin, on largue les mérins qui font chier le marin quand la mer est mauvaise.

Mais tout cela n’est rien à côté de ce qu’on trouve dans le fourbi du voisin :
« Au Gourbi du Zarbi » !

Allez ! Salut les filles ! Bisous ! Et pour vous, amitiés, mes bons amis !

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14 décembre 2023

Scepticisme cavernicole (Défi du samedi n° 798)

DDS 798 Caverne Pierrafeu

N’y a-t-il pas trop d’Anglais, dites,
Vivant comme des troglodytes,
A boire infusions de luzerne
Au five o’clock dans leur caverne ?

- C’est plutôt du thé, izeuntite ?

DDS 798 oiseaux de Matisse 2

Il se peut que trop d’igloos datent
Et qu’Henri se mithridatise,
Que Platon dont le mythe épate
Dans un pavillon investisse.

- Henri ? C’est pour Henri Matisse ?

DDS 798 troglodyte

Le troglodyte est piaf mignon
Lorsqu’il chante « Comme un moineau »,
Au Cap Fréhel où nous baignons,
Pour les crabes et les bigorneaux.

-… les algues vertes et les tourteaux ?

DDS 798 bianca_castafiore

Dans son chant jamais de redites,
Jamais de trille qui radote.
Par-dessus les points d’amanite
Il n’émet pas de fausse note.

- La Castafiore, verte,  jalouse ?

DDS 798 oiseaux de Matisse

Là où montent les stalagmites
Aurait-il marché dans la grotte
Pour que son chant grimpe au zénith
Tutoyer le bonheur qui flotte ?

- Dans les trous de ta couche, ô, zone ?

DDS 798 Turandot-von-Giacomo-Puccini

Il sait des airs de Turandot
Et les hirondelles de mer
Qui ont reçu la danse en dot
Rendent l’opéra moins amer.

- Quand c’est fini et Puccini ça recommence !

DDS 798 1345531313-Tringlot-1

Tringle à rideau, contre-ut, silence,
Tringlot raidi, dormeur du val,
Trouvé Gladys idiote à Lens,
Etranglé Édith à Laval

- La polésie, quel carnaval !
Quel bonheur que ce point final !

DDS 798 Matisse-Les-Oiseaux-Poster-Duwart

17 septembre 2023

Garance fait des prouèces - Joe Krapov

Jeu 86 de Filigrane - Passagère du silence

La lumière entre dans la pièce
Où opère la créatrice.

Le soleil n'est que bienveillance
Où oeuvre la petite puce.

Elle commence avec prudence
Par quelques traits posés en douce
Sur la surface de la toile, subreptices.

Poussée par d’aussi bons auspices
Voilà que l'artiste en lice.

Elle avance avec assurance.
Elle a l'audace de l'enfance,
Elle a la chance des novices,
Le coup de pinceau est vivace,
La foi est immense. Elle fonce.

Quand elle n'est pas à la noce
Elle fait preuve de persévérance.
Elle fait face, efface, rince
Et recommence.

Vrai, quelquefois la ressemblance
Oppose quelques résistances
A la petite dessinatrice

Mais la jeune Garance
Est du genre coriace :
Jamais elle ne renonce
Ni ne met les pouces
Et, tenace,
Trouve toujours une astuce.

Elle grimace, elle se tance, elle s'agace
Mais c'est fugace : elle est vorace,
Sait retrouver l'aisance
Redevenir efficace.

Bientôt à nouveau, d'évidence,
Le pinceau se montre véloce,
Le geste s'emplit d'élégance.

L'arrivée d'un tigre féroce
Qui menace la populace
Sur la Grand-Place de Florence
Où se trouvent célébrées les noces
Toutes pleines de magnificence
Du prince Fabrice Del Dongo
Et d'Alice l'idole des dingos
Annonce bien des exubérances,
Extravagances,
Outrecuidances
D'HenriRousseauiste obédience

Jeu 86 de Filigrane - Douanier Rousseau

Car bientôt c'est la luxuriance,
L’allégeance à la violence !
Sardanapale est au supplice,
Vénus n'a plus la tête à montrer sa naissance,
La Joconde en souffrance
Tire sa révérence,
Toute la galerie se glace,
Fragonard s’en balance
Et Van Gogh en éprouve
Une douleur atroce.

Ayant tombé la carapace
Garance fait l'expérience
D'une jouissance sans nuance.

Une fièvre libératrice
La fait sortir des convenances.

A suivre son caprice
Et son talent précoce,
N'y voyant pas malice,
Voici qu'au chevalet,
Première spectatrice,
La passagère du silence
Voit surgir « Le Jardin des délices » !

- Mince ! qu'elle se lance,
Sûr, ça décontenance
Mais ce n'est pas mal, d'évidence !

Jeu 86 de Filigrane - The Garden of earthly delights

17 décembre 2021

Kyrie eleison (Défi n° 694)

Quelle kyrielle de fous-rires n’a-t-on pas entendue ce soir dans mon «home sweet home» tandis que je cherchais, dans les archives du Défi du samedi, sous la catégorie «Joe Krapov», une photo qui ne s’y trouvait pas !

En ai-je déposé, au fil des ans, des bêtises chantées, écrites ou déclamées, des photos drôles, des collages, des lettres à Rimbaud, des rêves de Marcel P. et des exercices stylistiques autour de Saint-Georges et de ses dragons ! Et qu’est-ce que c’est drôle pour moi de les relire ou réentendre !

Inquiétez-vous, braves gens : ce n’est pas fini ! Je suis en excellente santé et toujours aussi prolixe de la plume ! Et le taulier ne me met pas dehors même si je reste jusqu'à la fermeture le vendredi soir !

Simplement je suis étonné par la kyrielle de vidéos qui ont disparu de la plateforme de M. Youtube tout comme par l’inefficacité, désormais, du moteur de recherches de M. Google qui semble avoir désindexé beaucoup de mes photos et ne ramène que peu de résultats sur des recherches d’images.

Mais bon, c’est la vie, tout passe, tout casse, tout lasse.

Parmi les fous-rires que je me suis payé, il y a surtout eu la disparition «partielle» de « (Mon cul) Sur la commode » de Jeanne Aubert.

Figurez-vous que cette vidéo n’est plus visible "que sur Youtube" parce qu’elle est «soumise à une limite d'âge (conformément au règlement de la communauté)».

https://www.youtube.com/watch?v=Z9FLsIqsTEE 

 

DDS 694 Rene-Magritte-Le-violC’est quoi cette kyrielle d’hypocrisies ? Y a-t-il là-dedans des seins à couvrir que nous ne saurions laisser voir à nos enfants ? Des seins non mais des culs, oui ! Dans ce cas couvrons, coupons, cachons, Dame Anastasie ! Mais non, on ne censure pas ! Les «kids» peuvent continuer de voir la vidéo... sur Youtube mais pas sur le Défi du samedi !

Ma vidéo sur «Nagasaki ne profite jamais» de Sttellla a subi le même sort ! Parce qu’on y voit le tableau «Le viol» de Magritte ! Excellent !

Je ne sais pas si j’ai bien raison de rire, en fait. On a les talibans qu’on peut mais surtout les nôtres sont, à mon humble avis, en train de se déclarer propriétaires du travail des internautes sans que nous ne puissions rien dire « au nom de la bonne moralité » et du « règlement de la communauté » établi par eux.

Ca fait penser aux clauses d’utilisation de Google photos où l’on peut lire que cette maison s’approprie le droit d’utiliser les photos que nous déposons sur leur plateforme pour un simple partage avec nos proches ! "Par le biais de cette licence, vous autorisez Google à utiliser vos droits de propriété intellectuelle sur vos contenus (tels que les droits d'auteur et les marques enregistrées), ainsi que les droits immatériels que vous détenez sur vos contenus (tels que les droits à l'image)".

Je ne sais pas si ce n’est pas une kyrielle d’énervements des nerfs qui va succéder à celle des fous-rires !

En tout cas, j’ai fini par retrouver la photo du mec qui joue de la guitare avec des lunettes à monture d’écaille, la raie à gauche et le pull à lignes horizontales.

Je ne sais pas non plus si, par décence, je ne devrais pas moi-même la censurer ! ;-)

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4 mars 2023

Venise vue par Deep Dream Generator début mars 2023

Pour avoir passé pas mal de temps de ma semaine avec l'Intelligence Artificielle, je pourrais bien, expéditif, donner un 2 sur 20 en poésie à ChatGPT (dans les salons !) et un 3 sur 20 en représentation d'instruments de musique à Deep Dream Generator.

Je ne noterai pas la philosophie sous forme d'interview de la machine, aussi gonflante que l' émission d'Alain Finkielkraut écoutée ce matin.

Mais je donne un 15 sur 20 à Mr Deepdream pour sa capacité à me faire éclater de rire avec ses pudibonderies, ses ratages, son kitsch assumé.

Et je lui donne un 18 pour ses tableaux "hollandais" d'une Venise de fantaisie sous une neige qui donne envie de patiner sur le grand canal !

Venise sous la neige façon Brueghel

Venise sous la neige dans le style de Jérôme Bosch

Venise en hiver au XVIIIe siècle

Vivaldi aux cheveux roux joue du violon à venise sous la neige 1

Vivaldi aux cheveux roux joue du violon à venise sous la neige 2

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9 septembre 2022

Quoi de n'oeuf, Pussycat ? (Défi du samedi n° 732)

Quand on est lieutenant de vaisseau il vaut mieux supporter une poule au riz de sa coquette belle-sœur Eva que de subir une avarie à la coque de « La Belle poule ».

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Bien qu'il ait utilisé du blanc et du jaune dans ses toiles le peintre Nicolas Poussin n'est pas né dans un œuf.

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Quand la poule a pondu un œuf, elle se précipite hors de son nid en clamant haut et fort « Cot Cot Cot Kodak » mais aucun photographe jamais ne vient immortaliser l'heureux événement. En même temps, vu que tous les appareils photo sont japonais désormais, il eût été plus efficace peut-être qu'elle caquetât « Cot Cot Cot Nikon » ou même « Cot Cot Cot Samsung » vu que de nos jours on prend des photos avec un téléphone.

***

Toutes les poules qui picorent ne peuvent pas s'empêcher de raconter en même temps aux voisines la façon dont elles ont pondu le dernier de leurs œufs. Mais chez les humains c'est pareil. Dès qu’on se met à table, ma belle sœur Eva ne manque jamais de nous narrer un de ses accouchements.

P.S. Je n'ai pas de belle sœur qui s'appelle Eva et je ne suis pas lieutenant de vaisseau. Amiral de bateau-lavoir, peut-être ?

***

Chassez le naturel, il revient au bungalow, comme on dit chez Sttellla ! Dans quoi battons les œufs quand on fait un gâteau? Dans un cul de poule !

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On en a fait tout un plat, de l'œuf de Christophe Colomb, mais il n'apparaît jamais sur le menu du restaurant ! Alors que celui de Mimosa, le fils de Popeye, si !

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Si tu prépares avec l'amour des mouillettes avec du pain bio et du beurre Bordier, si tu passes un certain temps à disposer le coquetier bien au centre de ton assiette, si tu astiques l'argenterie afin d'y mirer ta binette, si tu laisses trop longtemps les œufs cuire sur le fourneau, tu obtiens un œuf dur au lieu d'un œuf à la coque et tu as l’air aussi con en tapant dans le jaune solide que la poule effarée découvrant un couteau.

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Refus d’obtempérer aux barrages de police : attention ! Maintenant les poulets tirent dans le tas et s'abritent derrière le proverbe « On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs « ! ».

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Qui vole un œuf vole un bœuf.
Et ceux qui volent Catherine 2-9 ils volent quoi ?

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Autre proverbe flic : « Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier à salade ».

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Est-ce la poule qui a fait l'œuf ou est-ce l'œuf qui a fait la poule ? On ne trouve une réponse valable à cette question qu’au moment de cette fête religieuse qui s'appelle Pâques : c'est le chocolatier.

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***

Un souvenir de calembour peut-être allaisien : entre le tigre et l'œuf rate ! En fait c’est de Francis Blanche : https://arbrealettres.wordpress.com/2020/07/27/mesopotamie-francis-blanche/

***

Si jamais tu avais à écrire un roman intitulé « Les Aventures de deux œufs » comment appellerais-tu tes personnages? Orie et Émisme ?

***

Dans les stations de sports d'hiver, quand on veut monter les œufs en neige, il arrive que le que le téléphérique soit plein comme un œuf.

***

Boris Vian, Henri Salvador et Michel Legrand sont les premiers importateurs du rock'n'roll en France. Sur ce disque de Henri Cording figure le titre « Va t’ faire cuire un œuf, man » et j'y vais de ce pas.

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C'est grâce à l'oviparité des autruches que Zizi Jeanmaire a pu faire carrière avec son truc en plumes, chanson dont les paroles sont de Bernard Dimey.

***

On peut être de la même famille, on peut même être né·e·s jumelles ou jumeaux et, dès la petite enfance, ne pas bien s'entendre avec son frère ou sa sœur. Chez les poules on dit alors qu’il s’agit d'œufs brouillés .

***

- Désolé, Mamadou, mais ta liqueur d'œuf de crocodile, je n'en prendrai qu'une larme!

***

Un œuf, des oeufs.
Catherine Deneuve, Catherine Deuzeux ?

***

Un œuf, des œufs (prononcer « zeu »).
Un bœuf, des bœufs (prononcer « beuh ») ?
Un fauteuil neuf, des fauteuils nœuds ?
Un veuf, des voeux ?
Un keuf, des queues ?
Une meuf, des « meuh »?
Un Titeuf, des p’tits n’veux ?

***

Est-ce que les poules de luxe pondent des œufs d'or?

***

Dans la vie il y a les gens qui marchent sur des œufs et ceux qui mettent les pieds dans le plat. Si ce sont des éléphants, le résultat est le même.

***

Un scandale, on peut l'étouffer dans l'œuf. Un poussin, c'est plus dur, surtout sans briser la coquille.

***

Au pied des statues de l'île de Pâques, vers le début d'avril, les oiseaux viennent pondre des œufs très colorés.

***

Les Français font 2,3 enfants en moyenne. Combien ça fait de poussins, une douzaine,2 ?

***

« La Cane de Jeanne » et « Les Oiseaux de passage » sont deux chansons de Georges Brassens qui en a pondu un certain nombre.

Ballade avec Brassens 2022

Est-ce que c'est le lapin de Pâques qui pond les œufs en chocolat ?

***

Imaginez qu'on se reproduise comme les coqs et les poules ! Maman nous mettrait dehors très vite puis elle resterait allongée 3 semaines sur nous pour nous tenir au chaud et à la fin on sortirait au jour... quelque peu raplaplas !

 

N.B. Sur le Défi du samedi numéro 732, inutile de se mettre Martel en tête : en matière d'oeufs on ne fera jamais aussi bien que Bernard Dimey dans son Bestiaire d'autre part (dans le recueil « Sable et cendre » chez Christian Pirot. On le trouve encore en occasion, achat vivement recommandé).

L'oeuf

L'œuf n'est pas un animal. Si on s'amuse à le couver, pour voir, et si on a autant de patience qu'une poule, alors on fait peut-être un poussin.
Si vous laissez tomber un œuf, ce n'est plus la peine de le couver, vous n'aurez pas de poussin.
Le poussin grandit très vite et alors, d'un seul coup, il s'appelle poulet et s'il continue de grandir encore, il s'appelle coq.
Mais beaucoup de poulets n'ont pas le temps d'aller jusque là parce qu'ils sont trop bons à manger.
Pour faire un œuf, il faut chanter pendant au moins une heure ; mais si vous n'êtes pas un oiseau, ce n'est même pas la peine d'essayer, même si vous chantez très fort.
Il paraît que les tortues font des œufs de temps en temps mais c'est pas des vrais œufs. Ils sont tout mous. Les vrais oiseaux font toujours des œufs durs.
Si vous voyez des oeufs tout verts ou tout rouges ou tout jaunes ou tout bleus, cela veut dire que c'est Pâques.

9 juin 2023

Hi-Han ou Les Mémoires d’un âne (Défi du samedi n° 771)

Âne, mulet, bardot, ânesse, bourrique ou baudet, c’est kif-kif bourricot pour moi !

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve que j’ai rencontré au cours d’icelle certains de ces animaux à grandes oreilles. Pas plus tard qu’il y a quinze jours par exemple, je vous ai présenté Ouvrard qui fit l’âne pour avoir du son, en reçut et qui, grâce au gramophone, nous a gratifié les esgourdes d’une chanson sur sa malportance : le chanteur autofictionnel est sans retenue, c’est là où le bas de contension blesse.

Si je prends les choses dans l’ordre chronologique il me faut évoquer mon grand-père qui, nous prenant sur ses genoux, mon frère et moi, rapprochait nos têtes et les frottait l’une contre l’autre en disant « asinus asinum fricat ». C’étaient là les seuls mots de latin qu’il connaissait et je les ai retenus sauf que je prononce « asinoum » là ou il disait « asinom ».

« C’est ça qu’on m’a dit à l’école, papa, c’est ça qu’on m’a dit (de faire) à l’école. » Graeme Allwright

DDS 771_Nasdine HodjaA l’école justement je n’ai jamais eu à coiffer le bonnet d’âne. La pratique, humiliante au possible, avait disparu du circuit et j’étais plutôt bon élève. Cela ne m’empêchait pas de m’adonner le jeudi à mon activité préférée, la lecture de bandes dessinées et notamment celles de l’hebdomadaire « Vaillant, le journal de Pif ». Je faisais mes délices de l’Insaisissable, Nasdine Hodja , de Roger Lécureux et Pierre Le Guen, personnage malicieux qui, dans un Orient très stylisé, traversait les déserts sur le dos de sa mule pour aller de ville en ville narguer les sultans insultants et défier les tyrans à turbans. Reviens, Nasdine, il y en a encore un peu partout !

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Plus tôt j’avais peut-être lu aussi les aventures de Roudoudou et de son copain l’âne Martin – il y a plus d’une bourrique qui se nomme comme ça, paraît-il !

Plus tard j’ai connu Anatole, compagnon du très surréaliste Philémon, dus tous deux à la plume de Fred. C’était dans Pilote, mâtin quel journal !

DS 771 Philémon

Je n’ai pas eu l’honneur de lire l’autofiction de Cadichon – Les Mémoires d’un Âne – mais en intitulant ainsi mon billet du jour je rends hommage à Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur. Je n’ai pas non plus fréquenté la bête qui emmena sur son dos la Vierge Marie en Egypte. Était ce le même âne que celui qui, dans l’étable de Bethléem avait surnommé le boeuf « Miroton » ?

Il y a un certain nombre de bourricots dans les fables de La Fontaine : « Le meunier, son fils et l’âne » est peut-être la plus célèbre de celles-là.

Dans les « Lettres de mon moulin » d’Alphonse Daudane (ou Baudet ou Daudet ?) j’ai lu « La Mule du pape » mais j’ai laissé de côté Don Quichotte de la Manche avec Sancho Pança sur son âne. Je connais par contre celui de Buridan et moi non plus je ne sais pas choisir entre passer l’éponge à Cléopâtre prenant un bain dans du lait d’ânesse et chanter « Entre le bœuf et l’âne gris » avec des paroles anticapitalistes en compagnie des Lutins de la lutte. Du coup, plutôt que de mourir d’envie, je fais les deux.

DDS 771_boronali-impressionJe connais aussi l’anecdote du peintre Boronali. Certains farceurs de la belle époque firent passer pour une œuvre d’art d’un peintre d’avant-garde un tableau badigeonné par la queue d’un Aliboron d’où a surgi, par anagramme le nom du peinturlureur de canular !

Mais abrégeons. Je ne voudrais pas que ce billet, à force d’exhaustivité, pèse le poids d’un âne mort. Je ne suis jamais allé au Théâtre des Deux ânes. J’ai bien dû chantonner au moins une fois la chanson « Mon âne », d’Henri Dès. Je n’ai pas lu le récit de la traversée des Cévennes avec un âne par Robert-Louis Stevenson. Je ralentis quand il y a un panneau dos d’âne de peur de crever un pneu et de me faire tirer l’oreille chez le roi Midas à cause de ma mauvaise conduite. J’ai fait l’impasse sur le très grossier baudet des Capenoules, sur le duo de l’âne du Véronique de Messager « Cahin-caha ! » et sur le « Peau d’âne, Peau d’âne, ne vois-tu rien venir ?» de Jacques Demy que j’aime bien pourtant à cause de Delphine Seyrig et de l’hélicoptère final.

J’ai noté pour les daltoniens que le catalogue de Vert baudet est plus volumineux que l’« Âne rouge » de Simenon. J’ai acheté le coffret des dévédés de Shrek mais je n’en ai encore regardé aucun. Il y a certainement un âne aussi chez Sylvain et Sylvette, un autre chez Delphine et Marinette de Marcel Aymé, un chez les musiciens de Brême et quand Vincent mit l’âne dans un pré j’arrêtai de compter pour revenir au début de la boucle.

DDS 771_nasr eddinCar un billet sur les ânes ne saurait être complet sans une évocation admirative de cette vieille bourrique de Nasr Eddin Hodja ! Ce personnage de la littérature turque est en effet connu de tous les amateurs de contes, conteurs et conteuses du monde entier. Il se nomme parfois Ch’a ou Jha ou Jeha et ses aventures mi-philosophiques, mi-absurdes valent le coup d’être consultées ou entendues.

Pour vous en donner une idée, sachez que Nasr Eddin voyage sur son âne mais en le chevauchant à l’envers.

Voyez ici pour plus de détails : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nasr_Eddin_Hodja

En tout cas Nasr Eddin me prouve que je ne suis pas un âne ou plutôt que je suis peut-être un âne mais doué d’une mémoire aussi bonne que stupide : je sais que ce personnage a son cénotaphe (un mot pour le prochain Défi du samedi ?) à Aksehir… et que ça ne sert à rien de retenir ça puisque je n’irai jamais là-bas !

DS 771 cenotaphe de Nasr Eddin

10 juillet 2020

LA MER, C’EST DÉGUEULASSE ! (Défi du samedi n° 619)

200618 Nikon 059

Le poète a toujours raison qui voit plus loin que l’horizon et déclare avec feu Renaud (1) : « La mer c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans » (2).

Et les bougres sont nombreux sous la vague qui déferle !

Il y a Bernard l’ermite qui envahirait bien Bianca la moule, le requin-marteau qui cherche une enclume pour se taper une femelle à faux-cils et toutes ces morues qui rêvent du maquereau charmant : « Un jour mon crabe aux pinces d’or viendra ! ».

Tortillant du popotin, Maryline la pieuvre susurre : « Poulpe Poulpe Pis Douze » d’un air imcalamarcessible.

Tous les samedis que Neptune fait les sardines quittent leur banc et vont en boîte de nuit. Le hareng sort aussi. La danse est frénétique jusqu’à ce que le homard réclame : « Tamisez toutes les lumières car c’est l’heure du quart d’heure armoricain ! ».

Au sortir du bal tous les crabes en pincent, les thons en font des tonnes jusqu’à ce que ça cartonne, ça n’arrête pas de draguer, les tortues touchent le fond à raison ou à tort, à force d’entendre radoter les méduses sont médusées, certains poissons mystiques tombent en adoradation devant l’être aimé, ça s’aime, ça s’aime, ça sème, ça essaime…

Les baleines se décorsètent, même les vieux des profondeurs perdent leur cœlacanthe-à-soi, la lotte envoie valser sa culotte par-dessus Camille Desmoulins mais le bulot n’est pas sans culot. Don Cabillaud s’étrangle devant ces jeux érotiques foldingues qu’Eros a déclenchés de ses coudes épais dans l’eau : colin-paillard, le plongeon esturgescent, l’espadon ma louloute, le cache-cache ma raie montante, le ça ne fait pas une plie, l’applie pour smart faune du fond d’S.-F. Mer, le monte là-dessus et tu verras le saumontmartre, le déguste langouste, l’heureux flétan soleil levant, l’anchois dans la date, l’églefin du fin, le tacaud de la Marne, la limande ampoulée, loup de mer y es-tu, Je te tiens tu me tiens par le bar, bichette, Rends moi le congre, ô, Belge, le Robert Makaire, la paire de loches des mers de Loches… 

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Les palourdes font dans la légèreté, les rougets rugissent, les carrelets décarrent, les morues remuent, les squales ont le son long, les poissons polissonnent, les crustacés s’incrustent, les berniques se… s’accrochent aux branches, les barbeaux barbotent dans le bonheur, l’hippocampe swingue sauvage, le napoléon carapontdarcole, même les vieilles mettent le turbot, bref, tous ces animaux copulent marine au fond de la piscine au cri de « Adjanique ta mer ! ».

Tout le monde est lamproie au désir, asticoté par le stupre, nul n’arête de penser à la fornication, il n’y a plus lieu, ni noir, ni jaune, de faire maigre, de se retenir de jouir ; même les plus déviants des souhaits sont exocets !

Quels walrus et coutumes, mes aïeux ! Quelles drôles de morses !

Et je ne vous parle même pas des désidératas de ces bougres d’andouilles d’hommes-grenouilles ! 

(1) : il n’est pas mort mais ça ne vaut guère mieux !
(2) : la formule lui aurait été inspirée par Dominique Lavanant citant W.C. Fields.

27 novembre 2020

Pierrot le fou (Défi du samedi n° 639

- Qu’est-ce que j'peux faire ? Ch’sais pas quoi faire !

- Jean-Luc Godard ! Pierrot le fou ! Pourquoi tu dis ça ?

- Parce que je suis bien embêté pour « quoi ? » !

- Pourquoi quoi ?

- Parce que « quoi ? », justement !

- Tu n’es pas très clair aujourd’hui !

- En fait je suis coi devant « quoi ? ».

- Devant quoi ? Je n’y comprends rien à ton baragouin ! De quoi tu parles ?

- C’est le sujet du Défi du samedi qui me chagrine !

- C’est quoi ?

- C’est « quoi ? ».

- Hé ! Ho ! T’arrêtes de jouer au jeu du perroquet ?

- Je dois écrire quelque chose à partir du mot « quoi ? » !

-Dis donc, tu pourrais prononcer les guillemets quand tu causes ! On te comprendrait mieux.

-…

- En attendant, ça devient n’importe quoi, ton Défi !

- …

- Je serais toi, j’enverrais « Rien ».

- Pas question ! Je me fais un devoir de participer tous les samedis !

- Non, je disais « Rien ». Tu envoies quelque chose mais c’est « Rien ». A la question « Quoi ? » tu réponds « Rien ».

- Toi non plus tu n’as pas prononcé les guillemets !

- Bon allez c’est rien, quoi !. Tu veux que je te fasse un dessin ?

- Pour quoi faire ?

- Pour répondre à « quoi ? » ! Enfin à « n’importe quoi ! » ! Je te dessine n’importe quoi, comme tu veux !

- Attends, tu me donnes une idée ! Un nain ! Un nain qui porte «quoi ? ». Tu pourrais me faire ça ?

DDS 639 - Marina B

***

Elle l’a fait. Merci, Marina B. !

Espérons juste que le mot de la semaine prochaine ne sera pas « Rien ». C’est encore plus dur à dessiner, rien, même si certains diront que c’est trois fois rien. N’empêche, à chaque fois, il faut le faire ! Eh quoi ? C’est ça, un défi, non ?

22 janvier 2020

Collapsologie sautillante (Défi du samedi n° 595)

DDS 595 920be1ea5abd98ea1831bc1208cadb85S’il suffisait - Hop là ! Hop là ! -
De sauter par-dessus les flaques
Nous le ferions sans hésiter
Car nous avons su rester souples, 
Primesautiers, légers, gamins.

Mais c’est la banquise qui fond !
C’est Belgrade qui s’asphyxie !
C’est l’Australie qu’on incendie !
Des tsunamis pour le Japon
Et des îles qui s’engloutissent !

C’est pourquoi je vais maintenant
A pied jusqu’au bout de la ville
Jouer aux échecs tous les jeudis

C’est pourquoi je marche toujours
Vers Villejean tous les mardis
Pour y écrire des bêtises
Ou chanter la fin de la vie
Les animaux qui disparaissent.

DDS 595 0ad6e431a9fa84acdecd51c5cb806c1eEt quand il a plu sur la ville
Je vais courir sur le halage.
Hop là ! Hop là ! Hop là ! Hop là !
 

Je saute par-dessus les flaques
Et je le fais sans hésiter
Car je fais preuve de souplesse.
J’ai su rester primesautier,
Léger, gamin et, de surcroît,
J’adore ce qui est inutile !


Photographies d'Henri Cartier-Bresson

13 janvier 2021

C’est sûr que j’en prends fort à mon genèse ! (Défi du samedi n° 646)

DDS 646 La genèse

Dieu était assez content de lui. Ça se passait très bien, finalement, sa genèse. Il avait fait le monde en six jours, s’était reposé le septième et maintenant, depuis son laboratoire, il regardait s’ébattre ses petites créatures dans cet Eden parfait.

Il avait dit aux grenouilles : « Vous coasserez et vous multiplierez » et les grenouilles coassaient et multipliaient les bonds de feuille de nénuphar en barreau d’échelle d’aquarium (le fameux barreau-mètre).

Il avait dit aux corbeaux : « Vous croasserez et vous multiplierez » et les corbeaux croyaient les renards flatteurs, lesquels lorgnaient sur le fromage qu’il tenaient en leur bec. Après, ne se sentant plus de joie d’être appelés phénix comme en Arizona, ils lâchaient le calendos que l’autre boulottait. (Faut pas leur en demander trop à ces volatiles car les oiseaux sont un peu des cons d’après ce qu’en dit le facteur Chaval).

DDS 646 fruit-défendu-concordeIl avait dit à Manureva et à Manuradam de ne pas toucher à l’arbre de la connaissance du bien et du mal et de fait l’idée ne leur venait même pas de s’en approcher. Le serpent qui veillait sur la pomme s’emmerdait à cent sous de l’heure – c’était là le montant de son SMIC horaire -.

Tout allait bien. De temps en temps il dépannait ses locataires humains, les plus dégourdis de la troupe, en leur fournissant des outils de son atelier.

Manureva s’était mis en tête de se tisser des vêtements alors que le thermostat était réglé tout au long de l’année sur « vacances estivales ». Ne sachant pas trop ce qui pouvait passer par la tête des femmes et ne voyant pas malice à ce qu’elle désirât avoir un « dressing » et à organiser un défilé de mode il lui avait fait cadeau d’aiguilles et de fils divers tirés de sa panoplie de chirurgien.

Manuradam était un bricoleur de première. Couteau, scie, hache, rabot, varlope, avec tout ça il fabriquait toutes sortes d’objets inutilitaires auxquels Dieu lui-même n’aurait jamais pensé.

Le seul ennui c’est que ces deux-là qui s’entendaient comme larrons en foire étaient très bruyants et très bavards. Mais bon, à un univers créé en six jours, faut pas lui en demander trop non plus !

DDS 646 la joie de vivre

Ce lundi matin-là, Manuradam avait eu un coup de bambou. Enfin plusieurs. Plusieurs coups de hache dans la plantation de bambous.

- Qu’est-ce que tu fais, Chouchou ? demanda Manureva qui venait de se confectionner la veille un magnifique wonderbra en feuilles de palmier. « De l’anglais wonder qui signifie "merveille" et de l’italien bravissimo qui signifie «j’aime beaucoup» » avait commenté Manuradam qui se piquait d’étymologie alors que Dieu n’avait encore inventé ni Alain Rey ni la tour de Babel et encore moins le breton et le syldave.

- Aujourd’hui j’ai inventé le xylophone. Du grec xùlon qui signifie « bois » et du grec phôné qui signifie « le clown qui parle ».

- C’est un instrument pour traduire la langue de bois ?

- Non, écoute plutôt ça !

Le bricoleur avait aligné des morceaux de bambou de longueurs différentes sur deux planches auxquelles il les avait attachés avec de la ficelle de cuisine.

- En tapant dessus avec ma mailloche, j’émets des sons différents. Je crois bien que maintenant, avec ça, je vais pouvoir inventer la musique !

- Ah, Choupinet, c’est chouette ! C’est super-joli ! Ça me donne envie de me secouer les miches ! Je crois que de mon côté je vais inventer la danse ! Vas-y, tape sur tes bambous et sois numéro 1 ! Tahiti quoibaudou équateur méridien !

***

DDS 646 Dieu en colèreC’est ce jour-là qu’Augustin Dieu découvrit qu’il était mélophobe (du grec de derrière melos "la musique" et du grec de devant phobé "la détestation". - Il vaut mieux se piquer d’étymologie que d’héroïne ou de vaccin anti-covid, enfin, tout ça se discute -).

A longueur de journée Manuradam enchaînait des titres de sa composition : «Voyage voyage», «Les démons de minuit» «Chacun fait ce qui lui plaît» «Étienne Étienne» «Besoin de rien, envie de toi» et franchement ça lui cassait bien les oreilles au Créateur.

- C’est dommage qu’on ne soit que deux à chanter, disait-Maruradam à Manureva, sinon j’aurais bien inventé la SACEM aussi !

Dieu n’en pouvait plus de l’entendre taper sur ses bambous. Il retourna donc dans son atelier et pour faire cesser la musique de Radio Jamaïque il fabriqua les insectes xylophages (termites, capricornes, etc, voir le Défi du samedi consacré à ce mot) auxquels il n’avait pas songé dans sa prime genèse.

Mais ça prenait du temps de ronger les bambous : le xylophone était solide, les insectes tout petits et ils s’y cassaient les dents. Augustin perdait patience. Il n’aimait vraiment pas, mais pas du tout la musique !

- Il faut que je trouve un moyen de les chasser du paradis terrestre ! maugréait le barbu.

Au bout d’une semaine de «Another brick in the wall», de «One step beyoooond» et de «Rooooooxane» il s’approcha de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il libéra le serpent de ses obligations militaires et le remplaça par un pangolin et une chauve-souris, ce qui était très con en fait. Si seulement il avait eu l’idée basique d’inventer les boules Quies, à l’heure qu’il est (3 h 30 du matin) on serait encore en train de danser au Palace, surtout les nuits de la pleine lune.


13 novembre 2020

Kiss me, stupid ! (remake) = Embrasse-moi, idiot ! (ris, mec !)

Où est passé mon ombilic
Sans lequel je n’ai plus rien d’chic ?

C’était un diamant synthétique
Qui brillait sous l’ciel des tropiques
Et qu’j’avais collé au mastic
Dans ce trou qui tombait à pic
Au bas d’mon thorax athlétique !

A-t-il filé en Amérique
Dans la vallée siliconique
Où de transhumanistes geeks
Font d’la chirurgie esthétique ?

A-t-il calté au Mozambique
Pour y chasser le porc-épic,
Le serpent python ou l’aspic
Ou d’autres animaux mythiques
Que l’on ne trouve qu’en Afrique ?

DDS 637 images

Y a-t-il messe à la basilique ?
Se prend-il pour une relique
De Saint Blaise ou Saint Dominique ?
A-t-il des prétentions bibliques ?
Veut-il pondre des encycliques ?

Pour qui se prend cet alcoolique ?
Sort-il du coma éthylique ?
Rêve-t-il de lieux idylliques ?
Se fout-il de la République ?

Fut-il arrêté par un flic,
Divaguant sur la voie publique,
Ayant coché au stylo Bic
Sur son ADD (1) famélique
« Je vais acheter de la gueuze Lambic
Pour agrémenter le pique-nique
Qu’on va faire chez les « Am’nez zique »
En chantant « Dominique nique » ?

Ce à quoi Longtarin réplique :

DDS 637 Kim Novak

- 135 euros ! Donne ton fric !
On n’a pas encore passé l’pic
Et pas fini le diagnostic
De cette maladie inique
Qui rend étique et rachitique
Le modèle capitalistique
De notre système économique.
En attendant nous on fait «Couic » !
On fait avancer le schmilblick
Et renfloue le Trésor public
En taxant les gens bordéliques. ».

Où est passé mon ombilic ?
Je perds tout et c’est ça le hic !
Je suis vraiment somnambulique
Depuis c’confin’ment fatidique !

Et puis surtout, nom d’une bourrique,
Pourquoi écris-je en italiques
Mes perditions métaphysiques,
Mes impressions mélancoliques
D’homme à qui manque, ainsi qu’Ithaque,
Son trou perdu quasi Proustique,
En marcel à côté d’la plaque ?

N’y a-t-il donc aucun indic,
Chez les Bouley ou les Lepic,
Pour me dire où donc ce loustic,
Ce zombi bidon d’ombilic,
A pu jouer les bucoliques ?
C’est plus la saison des colchiques
Ni celle où tourne l’alambic !
Est-il parti boire un tonique
Dans le bistrot de Kim Novak ? (2)

 

201113 285 010 redimensionnéejpg

- Sonic attack ! Do not panic !
As-tu r’gardé, vieil amnésique,
Sous ta pile de slips en chachrik ? (3)
Dans ce joli vase de Lalique ?
Dans tes tomes de Rubrique-à-brac ?
Dans l’ Larousse encyclopédique
Dans l’manuel de ton Kodak ?
Dans le pot de colle vinylique ?
Au pied d’l’applique ? Sous le clic-clac ?

- Ne cherche plus, Marie-Annick !
Il était dans l’ pot d’basilic !
Y’a des jours, j’ me fich’rais des claques !

(1) Autorisation de Déplacement Dérogatoire

(2) Il s’agit ici, tout au long de ce poème ( ?) d’une allusion au film de Billy Wilder dans lequel l’actrice Kim Novak qui joue le rôle d’une prostituée, à un moment donné du film, « cherche son nombril » qui a roulé par terre.

(3) Mercerisé comme il se doit depuis Pierre Dac et Francis Blanche.
 

1 octobre 2021

Lot de proverbes zoulous doublés de pangrammes perecquiens (Défi du samedi n° 683)

Le proverbe touareg made in Breizh ne suffit plus à ce fou de Joe Krapov qui exige maintenant qu’on y fixe un pangramme !

Qui retentit dans la savane sans ménager ni bafouer passé et futur ? L’écho !

Une joie éléphantesque formidable : la glace à la vanille. Mais personne ne songe jamais à lui en offrir.

Si l’hippopotame enkysté dans la vase vous mange des yeux, c’est pour mieux vous becqueter. Fuyez, jolies proies et autres wapitis !

Plus le rhinocéros va de l’avant, plus il se figure que jamais il ne verra de la vie autre chose que le bout de sa corne.

La girafe a beau se trouver muette, chacun doit admettre qu’au jeu du paraître elle est élégante.

Chaque animal se débrouille pour éviter la figure et le rire jaune de la hyène. On se décarcasse comme on peut.

Palabrer sous le baobab n’empêche pas que le lion dévore la gazelle mais cela fait jaser, en wolof, le bavard.

Quand le disque du soleil est rayé d’un nuage le zèbre chagriné met fin à sa java et retrouve son problème : ses rayures sont elles blanches ou noires ?

2021-08-12 - 285 71

La panthère jamais ne songe que beaucoup de femmes des pays lointains veulent lui faire la peau.

La résistance du dromadaire est proverbiale, certes, mais figurez-vous qu’on est mieux calé, là-haut, juché entre les deux bosses d’un chameau.

Quand le temps est changeant le caméléon en son for intérieur traite le météorologue de jobard vicieux.

Chaque fois que tu es face à un tigre de papier, vérifie bien que tu n’es pas toi-même une tranche de jambon blanc... en papier !

Que la chandelle brûle le papillon par les deux bouts, soit ! Le muséologue fait mieux de s’acheter un joli filet, une valise et des épingles.

Le docteur Schweitzer joue du Bach à Lambarené. On a la salle Gaveau qu’on peut ! Le concert finit à minuit. 

Ces charlots de complotistes blancs affirment que l’alligator a caïman disparu du Sahara. Faux ! J’en ai vus dans mon dernier mirage.

Marcel Proust vaque la nuit et débine le jour les belles figures de la haute.

Dans la jungle, beaucoup de monde valide le fait que «C’est du chiqué, Marcel Proust !».

Marcel Proust ? Dandy ? Ephèbe ? Giton ? Faux-jeton qui vit en reclus !

Ni vieux zébu ni jeune yack ne se défient chaque samedi pour glorifier Marcel Proust. Etonnant, non ?

La sœur du chef du Mozambique ne galéje qu’avant la pluie. Autant dire qu’elle ne plaisante jamais.

Chaque proverbe bantou contient son lot de magie, de joie et de finesse.


Ce zoulou gonflé de Joe Krapov - qui s’imbibe rarement de vieux whisky - vous souhaite une bonne semaine !

3 août 2021

Les Etranges rêves de Marcel P. Chapitre 7, La Maison mère

DDS 675 photo du défi 129597469Longtemps je me suis mis au pageot de bonne heure.
Enfin… On m’y baquait, dans mon petit nid-cage.
Mais parents supportaient assez mal mon pépiage :
Les oiseaux sont des cons et n’aiment pas qu’on pleure
Parce qu’on n’a pas eu un bécot de Maman.

- Normal, Calimero ! Ce soir on fait salon.
Monsieur Cygne s’en vient nous fair’ son boniment.
C’est pas toi la vedette alors dors gentiment !".

Nous habitions Ostende. Un bosquet de feuillus
Que l’on avait taillé en forme d’être humain
Etait notre logis. Souvent, sur le chemin,
Des visiteurs clamaient : « L’art topiaire est couillu !

DDS 675 Venus-dUrbino-Le-TitienA l’heur’ de Dièzmitou resservir Olympia
Ou la Vénus d’Urbin à grand coups de cisaille,
C’est gonflé ! ». On n’pigeait rien à ce charabia
Vu qu’ils jactaient leur langue et qu’nous, oiseaux, on piaille.

Bon. J’vais pas tartiner deux mill’ pag’s de c’goût-là,
Vous parler d’Tante Edith qui chantait dans les rues
Ou de ma sœur Suzie avec son tralala.
J’vais pas faire sept romans pour ne causer que d’moi.

DDS 675 Venise-expose-Venus-Titien-Olympia-Manet_0J’ai pas fini roit’let ou chanteur d’opéra,
Rossignol milanais, aigle aux neiges vaincu.
Je ne suis pas dev’nu perroquet ou ara
Dans un bouge à pirat’s de l’île de la Tortue.

Je ne vais pas pleurer sur tout ce temps perdu,
Sur ma chambre quittée, sur les nuées célestes.
On a ses jours de gloire, on ramasse des vestes.
Vis heureux et tais-toi sinon t’es qu’un glandu !

***

Lorsque l’oiseau se tut, Marcel se réveilla.

Il voulut sortir de son lit, enfiler sa robe de chambre et aller prendre son petit-déjeuner avec Céleste dans la cuisine mais rien ne se passa comme les autres jours.

Tout d’abord il se rendit compte qu’il était à poil. Ou plutôt à plume. La patte qu’il étendit pour se poser au sol il la sentit et vit toute fine. Et quand il sortit la deuxième, au lieu de trouver le plancher, il tomba en voletant sur le sol de la cage qui était tapissé d’un vieux numéro du «Journal des débats» et de ses déjections de la veille.

Il ouvrit le bec pour appeler Céleste mais il ne sortit de son gosier qu’un sifflement de canari, un pépiement de colibri, oui, c’est ça on dit pépiement et non pépiage, alors il continua, il persista, il mit le paquet, s’époumona, poussa le volume à fond, risquant à tout moment de se péter la glotte, ne supportant pas cette situation si tant kafkaïenne qu’il en arrivait à utiliser des adjectifs qualificatifs insensés autant qu’inconnus de lui-même.

Enfin Céleste arriva. Elle avait enfilé son ciré jaune et portait son chapeau de pêcheur breton. Elle posa sa valise et son épuisette près de la porte d’entrée et s’en vint vers lui en disant :

- Ah oui, j’allais l’oublier, l’animal !

Elle remplit la réserve d’eau de la cage, mit des graines pour une semaine et enfin elle posa un grand drap clair par-dessus l’habitacle du piaf. Puis elle reprit ses bagages et sortit de l’appartement du boulevard Haussmann pour profiter de ses premiers congés payés en allant rejoindre sa cousine Annaïck Labornez sur une plage du Finistère.

Marcel comprit du coup qu’il était encore en train de rêver, ou plutôt de cauchemarder. Alors il fit une chose qu’il savait très bien faire maintenant : il tira la couverture à lui et se rendormit tout heureux.

Heureux comme à Ostende !

DDS 675 30a14127-fea6-4dc8-af58-2e9e37df565d_d

P.S. Merci à Dame Adrienne pour ses travaux de géolocalisation de la photo !

18 septembre 2020

Portrait à la gouache et à l’air peu bravache mais assez distancié (Défi du samedi n° 629)

Je n’ai plus l’âge, que je sache,
De peindre, comme les potaches,
A la Joconde et à la gouache
Une moustache.

DDS 629 LHOOQ

Je n' suis plus du genre qui remâche
Et crache toujours dans le goulache
En gueulant très fort : « Mort aux vaches ! » :
Pour la provoc je fais relâche.

Ne comptez plus sur moi ! Macache !
Je ne sortirai plus d’ ma cache,
Le jeu n’en vaut pas la chandelle
Et tant pis si j’apparais lâche :
Il vous restera B.H.L.
Pour y aller cash !

Non ?

Que d’autres bravaches
Se mettent à la tâche
Et sortent de leur sabretache
De quoi cogner sur la rondache
Des vieilles ganaches à soutaches
Qui, manque de bol,
Sont du bon côté du flashball !

DDS 629 The Clash

Je n’ose même pas croire qu’à l’arrache
Ils se pourrait qu’je m’amourache
D’une fan des Clash
D’une joueuse de squash
D’une tenniswoman a gros smash
D’une dominatrice à cravache
D’une Malgache fumeuse de hasch
Ou que je m’attache
Comme une patache brimballante,
Au point de lui offrir bourrache
D’imprimante avec mon vieux cœur,
A une fidèle de Saint-Eustache
Lanceuse de couteaux à ses heures
Jeteuse de sorts à seize heures trente.

J’ n’ai plus l’âge d’avoir du panache !
J’suis trop vieux pour jouer à l’Apache
Et il faut savoir la tourner
Sinon on finit par faire tache
« Dins l’paysache ! »

DDS 629 Sttellla - Tourner l'apache

Je préfère bouffer des pistaches
Et savourer ce vieux grenache
En jouant un peu à cache-cache
Avec la menace de crash
Qui est suspendue comme une bâche,
Comme un vol de tristes bernaches
Au-dessus de l’eau de la flache,
Pareille à une menace de drache
Sur Anderlecht
Qui gâche la fête à Bertolt Brecht !

17 mai 2019

TEXTICULE RIDICULE

DDS 559 nightmaster

Serge avait baptisé sa verge du beau nom de Flamberge bien qu’elle ne fût qu’une triste asperge.

Arthur avait nommé la sienne Excalibur ! Dur ! Dur ! (Pas de bol, elle était molle !)

Elvis avait appelé son tout petit pénis « the real king of Memphis ».

Pascal, son popol pâle se rêvait Durandal.

Balthazar arborait un braquemart prétentieux nommé Dhu al-faqar

Le thermomètre à moustaches d’Eustache s’appelait Fragarach.

Patrick avait une trique dénommée Hal'Gebrik et la biroute d’Helmut s’appelait Ladéroute.

La limace de Wallace s’appelait Marmiadoise.

Le robinet d’Hector s’appelait Occimaure.

Et ça ferraillait dur, toutes ces têtes chercheuses au-dessus des joyeuses, Précieuse, Merveilleuse ! Toutes ces aubergines, Sauvagine, Galatyn ! Tous ces services trois pièces, Murgleis ou Damoclès. Toutes ces opine-du-chef, d’Ascalon à Dainsleif !

Et puis un jour tout s’arrêta. Le zob caleta à l’aube, la quéquette se trouva bête, le petit zozio s’envola, l’organe central partit dru comme Ulysse, le baigneur se rhabilla, le zizi redevint anonyme : un nommé Arturo avait inventé le fourreau ! Tout le monde y rangea son oiseau et l’on porta un slip, même le petit Jésus, si j’en crois Hégésippe *.

 

*Hégésippe de Mécyberne, historien si taciturne que son descendant Stéphane l’avait en berne dans sa turne. Le drapeau royaliste, hein, pas autre chose !

P.S. Pour vous instruire sur les noms des épées, c’est ici.

14 octobre 2016

NOTES TROUVEES SUR UN MICROFILM

Que serait S.O.S. sans le message dans la bouteille ?
Que serait l’OM sans sang neuf ?
Que serait l’RO sans Sète ?
Que serait OSS sans dix-sept ?

***

Déjà, du temps de Jason, les espions nous cassaient les bournes.
Ca ne s’est pas arrangé par la suite.

***

Mata_Hari_2

Longtemps Mata Hari.
Longtemps Mata Hari
De ses plaisanteries,
De ses duplicités
Et de ses duperies.
Et puis quand elle a dû se faire hara kiri
Ben Mata n’a plus ri.

***

Sans avoir vu ce film, je sais que Roger Moore
est « L’espion qui m’aimait »

Mais qui est l’espion qui paie P. ?
Qui est l’espion qui tâta ?
Quel espion tond l’thon flingueur ?

***

promotion

L’espion que je préfère
C’est celui qui arrive
Au bout de l’échiquier
Se transforme en esdame
Et s’en revient mater l’esroi de l’adversaire.
Pourquoi est-ce lui que je préfère, ce transformiste au petit pied ?
Parce que j’ai toujours bien aimé les travelos de recul ?

***

Les espions sont partout dans ton ordinateur :
Pour eux c’est du gâteau
De se déguiser en cookies

***

Un barbu, c’est un barbu. Trois barbus, c’est des barbouzes ! (Michel Audiard)
Un « Jamais le début », c’est un « Jamais le début ». Déduis la suite ! (Joe Krapov)

***

2016 10 14 Isaure sous un sombrero

Acrostiche :

S ous mon
P oncho
Y o scroute : nada !

(Ma qué, peut-être qué lé soumbrero il est trop grandé por yo, no ?)

***

Quand on répond par QCM à la question « 3 x 13 », « 39 » marche.
A part ça t’as le bonjour d’Alfred (Hitchcok).

***

L’espion qui venait du froid : c’est qui ce pingouin ?
L’espion qui fout le cafard : Hubert Bonnisseur de la Blatte.
L’espion qui saute sur tout ce qui bouge : James Bond.
L’auteur de romans d’espionnage qui a quatre côtés égaux : John Le Carré.
L’espion le plus mignon : Langelot.
L’espion le plus utile dans un sous-marin : SAS.
L’espion infidèle qui jacasse trop : Notre agent à la Havane.
L’espion aux pattes de velours : un film de Walt Disney.
L’agent double : Blake et Mortimer.
L’agent qui donne l’heure exacte : la troisième taupe de l’horloge parlante.
L’agent très spécial : My UNCLE Walrus.

***

L’espionne la moins sexy de toute l’histoire de l’espionnage : Pauline Carton ! Et pourtant elle dévoile tous ses trucs dans cette chanson que j’ai osé reprendre ! 

26 janvier 2018

Rimbaud n’a pas chanté en v(a)in !

En atteste ce poème retrouvé récemment et publié dans le numéro 1 
de janvier 2018 de la revue "Rions un peu avec Rimbaud !"
(Rennes : Editions du Petit port et de la Haute-Folie) :


"Paul est toujours entre deux vins,
Entre Xérès et Saint-Pourçain,
Offrant les délicieux bouquets que voici,
De fruits, de fleurs, de feuilles, de branches,
Entre Nuits-Saint-Georges et pitanche,
Affrontant son dragon et sa grise souris.

Nous allons de Paris à Londres via Bruxelles
Pleins d’effervescence et gaîté
Entre Corbières et Châteaugay.

DDS 491 Ronald searle plein d'effervescence et de gaîté 

Notre verbe est subtil et de grand richesse
Intense, aromatique, avec beaucoup de corps
Entre Pécharmant et Cahors.

Rude, mais généreux,
Bien qu’encore un peu vert et promettant beaucoup,
Notre aspect d’hommes jeunes et quelque peu artistes
Plaît ou déplaît surtout
Entre Petit Chablis et Cabernet d’Anjou.

Bien sûr que nos plaisanteries
Manquent quelque peu de finesse !
C’est que c’est difficile d’être bien rond et souple
D’avoir un parfum floral prononcé
Entre Romanée-Saint-Vivant et Valençay.

Mais notre couple est bien équilibré
Et présente beaucoup de caractère
- D’autres diraient plutôt «spécial» -
Entre Côte-Rotie et Jurançon l’Etoile.

Seulement quand le vin a été tiré
Et la balle aussi,
Quand il a fallu boire le calice jusqu’à la lie
Entre Clos-Vougeot et Reuilly
Les juges ont considéré
- Pauvre Lélian
Entre Hermitage et Frontignan ! –
Qu’il mériterait d’être laissé
En cave pendant au moins trois ans.

DDS 491 Ronald searle en cave

C’est vrai tout ce qu’on a pu dire
De moi :
Que j’étais sensuel et charmeur
Avec un goût de terroir très prononcé
Entre Chambertin-Clos-de-Bèze et Touraine-Noble-Joué.

Sans doute que le charme me viendra en vieillissant
Entre Pouilly-Fuissé et vieux Châteaumeillan.

J’aurai un délicieux arrière-goût de fumée
Je deviendrai quelqu’un de grande classe,
Très recherché
Entre Chablis Grand Cru et Bâtard-Montrachet !

Joliment charpenté et souple,
Vigoureux et bien membré,
Entre Moulin à vent et bon Clos-des-Lambrays.

***

Paul est toujours entre deux vins,
Entre Xérès et Saint-Pourçain.

Un soupçon d’acidité s’est glissé dans nos verres.

Ô pourriture noble !
Ô destin du vignoble !

Tout s’est terminé dans un trouble intense
Entre Gigondas et Baux-de-Provence" !

 

P.S. 1 On trouve ici (Rimbaud invisible sur deux photos, par David Ducoffre) un lien plus fort encore (?) entre Rimbaud et le Xérès : « Non, Rimbaud n’a pas dégusté, « sous les vérandas de l’Hôtel Suel », de « cette glace pilée, mélangée de Xérès, d’alcool, de citron et de cannelle, qui constitue le Sherry gobler [sic pour « cobbler »] et qui est la boisson préférée de l’Européen dans toute la zone torride » selon les dires d’Edmond Courtois dans ses souvenirs de voyage au Tonkin parus en 1890 ».

P.S. 2 Les illustrations de ce billet sont tirées de "Parler en vin" de Ronald Searle.

15 décembre 2017

Y ALLER A LA HACHE

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Plus je regarde cette plante, plus j’examine le mot qui la désigne et plus je me dis que la lettre «h» ne sert absolument à rien.
Qui est-ce que ça gênerait, qu’on écrive son nom "rododendron" ?

C’est comme la route du rum. On se doute bien qu’elle ne croise pas la route du Rom et si Rome ne s’est pas faite en un jour, ce n’est pas la hache de Clovis qui va y changer quelque chose. Au vase de Soissons peut-être mais à l’omophonie, que dalle !

Le facteur résus, les bords du Rin, la rapsodie de Liszt, la rétorique, le rinocéros, l’oto-rino, la rubarbe, le rume. Tout le monde me comprend, non ?

Gardons le rytme. Allons voir du côté du T. Le tym et la farigoulette, la talasso, le taumaturge, le téâtre, la téologie, le téorème, la téorie. Vous me suivez toujours ?

Il y aurait bien le thé et le té, le therme et le terme, le thon et le ton. Aurais-je tort, par Tor ?

Même là où on l’entend, là où il change le son de la lettre, comme dans "shérif", "show" ou "shopping" qu’est-ce qui nous empêche d’avoir une seule graphie ? "Chérif", "chow", "chopping" comme "chat" et "chien".

Et le ph ? » vont demander les chimistes. Le ph c’est f, un point c’est tout. Philippe, Felipe, pharmacie, farmacie, je t’écrirais tout ça en fonétique, moi, tiens ! C’est ma nouvelle filosofie !

Je te la donnerais à bouffer aux piranas, la lettre « h », je l’enverrais se balader au Gana. Jamais je n’aspirerais le aricot, c’est des coups à périr étouffé.

Suffit avec Jean Anouilh ! Plus personne ne sait qui c’est ! Finissons-en avec Jonny Allyday !

La réforme de l’ortografe, finalement, ce n’est pas grand-chose à mettre en place. On déplace juste Aïti et le Onduras dans le dictionnaire et on se retrouve avec un alphabet de 25 lettres. Tout le papier qu’on économiserait ! La place qu’on gagnerait pour écrire sur Twitter ! Les jeunes feraient moins de fôtes !

Elle n’est pas plus belle comme ça, la vie, avec l’ortografe simplifiée ? C’est-y pas le boneur de marcher sur les trasses d’Alfonse Allais, natif d’Onfleur ?

Merci, les rododendrons !

31 juillet 2015

Les néologismes de Papageno (Joe Krapov)

Sur le chemin des chants d’oiseaux, il m’a fallu réinventer un dictionnaire Papaguénien.
Pas question pour moi en effet, ce jour-là, d’entendre caqueter, glatir, trompetter, cacarder...
Ces verbes onomatopesques assez disgrâcieux tentent bien, j’imagine, de reproduire le son que font les volatiles.
C'est un choix, certes, mais, que diable, quittons la réalité en même temps que la ville !
Poètes, inventons une autre musique !

Au fur et à mesure de notre avancée, nous avons noté nos vocables.

Depuis, ad vitam aeternam,

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Le chardonneret s’achemise,
La mésange mesdémone,
Le rossignol demésamoure,
L’aigle étévincue (par sa coquette),
La caille onsepèle,
Le tourterau berthoilagnase,
La corneille lamutit,
Le coq sigrue,
La grue felpiède,
L’effraie fondelère,
La colombe klébère,
Le cygne duzodiaque,
La fauvette tangotte,
La grive ettornère,
Le hibou dumonde,
L’hirondelle défauboure,
La huppe huppupourate,
Le merle opontit,
Le milan s’enrémote,
Le paon démoniome,
La paonne felcoude,
Le perroquet belzoreille,
Le pigeon quedalle,
La poule ozeudore,
Le canari poteure.

Il nous reste bien sûr à écrire le sens exact d’ozeudorer, d’opontir, d’ettornérer, etc.

J’avais bien commencé à le faire ci-dessous :

S’achemiser : tomber la veste et tout le reste pour émettre un chant d’amour enivrant.
(Zool. chansonnière : En certaines circonstances bien précises la Rikazaraille s’achemise tellement qu’elle finit même par s’apantalonner. Un bain de siège est alors nécessaire au refroidissement de ses ardeurs. Buffon. - "Histoire naturelle. Vol. XXIV, De Variétoche à Vermifuge".


Je ne roucoule pas d'un iota devant cette tâche gigantesque mais voilà, à cause des vacances et au vu du succès rencontré par cette initiative, nous sommes attendus sur d’autres chemins et du coup je manque de temps.

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Je vous dirai à mon retour si la mouche tsétsée, si le criquet alahoupe ou si la libellule uberlue. Pour cette dernière, ça ne m'étonnerait en rien !

13 février 2015

C’est robot pour être vrai ! (Joe Krapov)

Mélanger l’us de Millet et la coutume de Millau qui consiste à jeter du haut du viaduc les moutons trouvés sous le lit de la bergère ;

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Confondre, sans déférence, séquelle, séquence, fréquence, Fasquelle, préférence et prequel sans voir que la saga rend le lecteur gaga ;

Traduire par « La guerre des étoiles » ce qui était outre-Atlantique « Les guerres de l’étoile » mais de l’Etoile à la Concorde le vieil orchestre à mille cordes ne joue qu’au temps des Champs-Elisez-moi ;

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Mettre la charrue avant les bœufs, crier « Houe Houe » comme un fantôme ;

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Se désoler : le Champagne n’est pas pour tout le monde, il y a la dream team et le couple plus souple qui trime sous sa coupe, et l’envol des soucoupes préfigure le crime ;

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Lancer l’alarme : Marre de ces armes ! Arrêtez votre cinéma ! Cessez vos guerres !

Rêver à l’heure de l’Angelus qu’un ange vienne sonner les cloches de ces « élus ».

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29 septembre 2016

PLUS TRES VELO-CE !

S'échapper !

Bien sûr qu’on aimerait s’échapper !
Quitter le peloton et remporter l’étape, recevoir le maillot jaune,
le bouquet de fleurs et la bise au vainqueur !

Mais, sérieusement, comment faire quand…

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- Vous avez l’impression que ce n’est pas du nougat ; 

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- On vous a rayé des cadres ;

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- Vous n’êtes pas le Dieu Pan et encore moins en état de faire la roue ;


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- Vous êtes toujours plus ou moins déjanté ;

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- Vos articulations sont rouillées ;

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- Votre matériel date un peu…


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- … ou n’est pas à votre taille ;


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- Les jeunes générations vous traitent de Charlot ;


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- Le dopage est interdit, même pour les machines ;


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Seules vos sacoches ont la cerise ; 

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- Le médecin vous a mis au régime sans selle ;

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- Vous n’êtes plus que l’ombre de vous-même .

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- Vous ne croyez pas aux miracles ;

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- Vous vous dites même parfois que vous êtes bon pour le rebut ?

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Alors vous décidez que ces objectifs-là sont comme les raisins de La Fontaine : trop verts et bons pour des goujats !

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Photos prises à Montélimar (Drôme), Port-Bail (Manche), Toulouse (Haute-Garonne),
Rennes et Vitré (Ille-et-Vilaine) en 2015 et 2016.

2 décembre 2016

DANS LA ROUE DE SEBARJO (2)

Depuis qu'on m'a rayé des cadres, je me suis recyclé ! 
Je suis devenu l'archiviste de moi-même. C'est ainsi que pour illustrer ce Défi du samedi je n'ai pas hésité à aller récupérer chez M. Sebarjo, mon très aimable ancien voisin du dessus et Défiant du samedi à ses heures, les haïkus que j'avais déposés en guise de commentaires sous son Tour de France d'haïkiste que je vous recommande chaudement !

 

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Qui tape à l'étape ?
L'abus de Champagne, roi
Des émois rémois !

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Bonnes intentions :
Avaler quelques pavés
Dans l'Enfer du Nord !

Eh ! Intique ! Intasse !
T'occup's pas dé ch'ti qui passe !
...Sauf si ch'est Inqu'til !

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Fuyez, criminelles !
A bonnes en tandem salut !
Les Papin commencent !


Prisonnier

Le numéro 6 
En traversant le village 
Tente une échappée !

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Avoir des moustaches
"En guidon de vélo" [sic]
C'est vraiment au poil !

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Pour nous mettre au vert
Faisons flèche de tout bois
Avec Sebarjo !

Pour se mettre au vert 
A Paris il faut passer 
La porte Maillot !

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Comble de malchance :
Attraper l'avarie-selle
Sur le tour de France !

Pour surfer plus haut, 
Un slip de bain à pois rouges : 
C'est pas très malouin !

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Fais preuve d'entrain 
Et rue-toi sans cinéma 
Pour gagner l'Arvor !

Tant que j'aurai forces 
J'appuierai sur les pédales : 
C'est bon pour le coeur.

Et ça rend la main véloce
Pour mettr' les mots à la noce.

Etre souple du guidon
Et sensible aux paysages
Rend agile du crayon.

Dans la plaine et les vallons
Ecrivons et pédalons !


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Le crois-tu ? On a 
Semé les filles et c'étaient 
De bien belles plantes !

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Sur la coulée verte 
Le bonheur de tout Rennais : 
Se la couler douce !

Nuages au ciel ? 
Côte couleur émeraude ? 
C'est Petit-Breton !

Empoigne guidon, 
Bouge muscles et tendons 
Pour perdre bedon !

Pour perdre bedaine 
C'est pas des calembredaines 
Pédale, promène !

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Facteur ! Facteur ! Please !
Have you something for me
In your besace ? No ?
 

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Le ciel bleu à Rennes 
Vous rend plus léger que tout : 
Vous donne des ailes ! 

Le chat de Gelück

Le chat de Gelück 
A l'arrière du vélo 
Chargé d'un pot belge !

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Vois l'ami comme elles 
Sont en guidon de vélo 
Ses jolies moustaches !

Laissant leurs cyclos 
Ils s'en furent aux Cyclades : 
Vivent les mariés !

L'été, sur les pentes, 
Indifférents, les cyclistes, 
A nos agapanthes

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Automobilistes 
En raison du Tour de France 
Des bouchons à Liège !

Un blogueur fidèle
Au Tour est comme un bavard :
Jamais ne la boucle !

Ranger les valises
Et voir qu'on a sous les yeux
De sacrée sacoches !

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Mignon comme un coeur !
Le vélo rose à Cayeux
M'a bien ré-galet !

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On traçait des routes
On poussait coureurs et billes
C'était tour d'enf(r)ance.

NOSTALGIE 

Etre dans cet âge 
Où chaque pâté de sable 
Est une montagne !

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Un whisky anglais 
Pour calmer la Tramontane 
Et ma dalle en pente !

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Je la reconnais !
C'est la bicyclette bleue
De la fill' des forges !

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Vélo de pêcheur, 
Très bien pour effectuer 
Des queues de poissons !

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Dans les sacoches rouges 
Du vélo publicitaire 
Un homme sandwich ?

Chez José Arthur, réponse
A l'heure de l'EPOp club !

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Un rêve d'enfant : 
Faire du vélo sans les mains ! 
Sans fesses ? Plus dur !

6 août 2016

S'Y PRENDRE COMME UN MANCHE (2)

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Vous n’allez pas me croire mais… moi aussi j’ai fait la Manche !

Je n’étais pas déguisé comme le gars sur la photo et je ne suis pas resté immobile aussi longtemps que lui mais j’ai quand même écumé toute la côte Ouest cet été !

160726 265 040Le premier jour ça ne m’a rapporté que des coups de soleil sur les orteils ! Ca m’apprendra à jouer les va-nu-pieds !

Avec ce que j’avais amené comme économies personnelles je suis allé à pied de Saint-Jean-de-la-Rivière à Barneville pour m’acheter de quoi me faire, le soir, au camping, des spaghettis aux tomates. Logique, non ?

Le lendemain je me suis dit « Ca va peut-être mieux marcher à Port-Bail. Et justement c’était le jour du marché. Ca faisait un sacré bout de temps que je n’étais pas allé à Port-Bail et ça faisait un bail que je ne m’étais pas rendu au Bhoutan.

 

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Comme le tour de France était passé par ici en juillet, mécaniquement, j’y suis allé à vélo. J’ai fait mon numéro sur le marché mais je n’ai pas réussi à capter… l’attention ni à me joindre, ni roulé en boule, ni assis, ni les deux bouts. Normal : je n’ai pas de téléphone portable et mes fonds – de culotte – sont bas – cela va – de soie.

Alors, comme il y avait un libraire d’occasion je lui ai acheté de la documentation sur la manche. Il vendait justement un bouquin très bien sur le sujet : « Le voyageur des siècles » de Noël-Noël. On y explique comment se vêtir pour passer inaperçu quand on est un homme du XXe siècle et qu’on revient en 1788 pour sauver de la guillotine une dame dont la beauté vous fait perdre la tête. Il m’a suffi de faire l’inverse de ce qui était écrit pour que les gens s’aperçoivent qu’un Gugusse du XVIIIe siècle était arrêté comme une statue au coin de la rue, y faisait son intéressant et mendiait une pièce ou deux, un bon geste en échange d’un bon geste.

 

Mais bon, sur un marché les gens ne s’arrêtent pas de ne pas s’arrêter sauf chez les commerçants de biens comestibles. Ils vont d’un stand à l’autre pour acheter, chez le poissonnier, sur l’étal, des poissons désarêtés ou, chez l’huîtrier, sur le volet, des huîtres aussi fermées qu’un porte-monnaie. Ils n’avaient pas l’air prétentieux du tout mais c’est comme ça : je vous la baille peut-être belle mais on m’a snobé à Port-Bail. Sans doute que le melon était en promotion ?

J’y suis resté une semaine dans le Cotentin, à vivre en tirant des sous de ma propre cagnotte.

 

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Au Cap de Carteret j’ai failli trouver une explication à mon infortune. Ca ressemble tellement à l’Ecosse, la Normandie, que les gens d’ici sont peut-être devenus aussi radins-rapiats que Mac Assett ou que Rougon-Macquart-Pagon-Coutainville !

 

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Plus haut, à Cherbourg, impossible de faire mon numéro : il y pleuvait tant qu’on ne voyait plus que des parapluies. Alors je suis allé demander de l’aide aux professionnels de l’immobilité au Musée Emmanuel Liais. Ces empa… illés de première se sont bien gardés de me livrer le moindre conseil ! Pis, c’est moi qui ai lâché deux euros pour les voir à l’œuvre dans leur vitrine. Très bien l’immobilité mais faudrait voir à bouger un peu de temps en temps quand même ! Ne serait-ce qu’un faux cil !

160728 Nikon 028On ne gagne décidément rien à quêter ni à enquêter dans ce département. A part Cherbourg, toutes les réputations y sont surfaites ou mensongères. Flamanville, par exemple, on n’y trouve pas un seul Belge ! Vous me direz, à Wallondville non plus mais c’est normal, Wallondville n’existe pas.

 

Flamanville ce n’est pas non plus la Camargue. La vie n’y est pas rose et le paysage est plutôt morose. On n’y voit aucun EPR : Energumène Particulièrement Rentable.

 

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J’ai quand même poussé jusqu’à Omonville-la-Petite pour interroger le pro de la chasse au bas de laine, M. Jacques Prévert. Manque de bol, il était mort de chez Mort !

Du coup, après cette semaine où j’ai fait la Manche, je suis rentré chez moi et j’ai vu que mon salaire avait été versé sur mon compte. Alors j’ai décidé d’arrêter la mendicité de luxe. L’année prochaine j’irai chiner en Chine. Ou bosser du dos en Beauce.

 

4 mai 2014

Se perdre en conjectures à propos de textures par Joe Krapov

Du pavillon coquet qu’il habitait avec sa douce, le vieux professeur de philosophie, M. Lamoureux, ne sortait que rarement. C’était l’ancien logis du garde-chasse. Il était situé à l’arrière du château, au bout du parc, près de la pièce d’eau. C'est dire si on vivait sur un grand pied, ici, jadis. M. Lamoureux y avait installé sa très riche bibliothèque et, dans la compagnie de Madame, de ses livres et de leurs chats, il aurait pu finir là une existence bien remplie et toujours fort studieuse si Madame Lamoureux n’avait eu à ce point la bougeotte, voire la manie des voyages.

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Depuis qu’ils étaient en retraite elle réussissait à traîner son bougon de mari au moins deux fois par an à l’autre bout de la France et même quelquefois, à l’étranger. C’est ainsi que, la veille au soir, ils étaient rentrés d’un séjour d’une semaine en Espagne.

Dès après le petit déjeuner, Madame s’était précipitée sur son ordinateur pour y dépoter le millier de photos de palmiers, de cactus et d’agaves qu’elle avait capturées dans les parcs et jardins de Barcelone. L’objectif était de les partager avec ses amies botanistes du Net. Si tu n’aimes pas les chats et ne sais pas le nom des fleurs, un conseil, mon ami, ne va pas sur Internet !

Monsieur avait lui retrouvé ses livres d’art, sa collection d’essais de Montaigne dont Madame disait qu’il était piètre rugbyman car il n’en avait jamais transformé aucun. Enfin, peut-être que si, mais dans ses souvenirs d’enfance, elle n’avait jamais entendu Roger Couderc glisser un seul mot là-dessus.

Il avait lui aussi rallumé son ordi puis, riche de son expérience d’une semaine parmi l’humanité de derrière les Pyrénées, il avait repris son travail en cours sur l’application de la philosophie des Lumières à la société « post-industrielle à caractère hautement épris de numérique dans l’étrange et troublante temporalité de l’ère 21 ».

Madame appelait cela le projet Pichenette et Monsieur, qui n’était pas versé dans la pusillanimité ni dans les acronymes cherchait un autre titre à sa thèse depuis que, dans un éclat de rire inextinguible, elle lui avait révélé le sigle qu'on pouvait appliquer à la partie entre guillemets de la phrase précédente.

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Il se remit à taper sur son clavier, poursuivant là où il s’était arrêté avant d’aller se nourrir de tapas, faire la queue au Park Güell, admirer les rondeurs de la Sagrada familia et surtout traîner la patte et tirer la langue pendant des kilomètres derrière sa Dora l’exploratrice en mode marche commando.

« On peut, considérant les diverses textures dont est faite l’humanité, diviser le « corpus disserens » en Voltairiens et Rousseauistes. D’un côté, les adaptés, les soyeux, les lisses, les affables, les sociables, les courtois, les diserts pour lequel le risque existe de tomber dans ce que Voltaire dénonce avec ironie dans sa célèbre formule « Les bavards sont les plus discrets des hommes ; ils parlent pour ne rien dire ». En effet, que reste-t-il du flot intarissable de paroles des vaccinés par une aiguille de phonographe ? Combien faut-il vider de verres et lâcher d’inepties dans les cafés du monde entier pour qu’une seule saillie géniale de poésie absurde puisse être notée par Jean-Marie Gourio dans ses Brèves de comptoir ? Depuis que l’Ecole Belge dite du « Tout sauf Marcel en morse » an a fait la preuve par l’absurde, posons-nous la question avec elle : fallait-il vraiment autant de communications affectées, de codes aristocratiques, de baisemains, de pince-fesses, de tortillages de derrières, la coupe de Champagne à la main ou la madeleine trempée dans la tasse de thé pour que nous héritions de Proust, ma chère et n’y at-il pas lieu de regretter la ciguë de son existence et ses si peu exiguës stances ?

Face donc à ces discrets nous avons les rugueux, les râpeux, les taiseux, les épineux, les broussailleux, ceux qui ont comme Manset par voyager en solitaire, ceux qui ne disent rien mais n’en pensent pas moins, ceux qui ajoutent Alceste de misanthropie dans leur acidi-thé au citron, ceux qui rêvent de flou sur la colline, ceux qui mondedusilencent, ceux qui observent sans verve, ceux qui prennent le parti du dragon contre le boulevard Saint-Michel, ceux qui, pas loin du mysticisme, mettent des couleurs sur le monde, foutent le feu aux toiles, regardent le soleil, les oiseaux, le ciel, les femmes et les fleurs et s’en font univers débordant de splendeur et de gloire jusqu’à permettre envol à tous ceux qui survivent et veulent bien les suivre.

Si les paroles s’envolent, si les écrits restent et si la cathédrale est encore à construire, existe-t-il moyen de faire cohabiter les deux catégories ci-dessus mentionnées ? ".

Monsieur Lamoureux arrêta de taper et avant de reprendre, il énonça tout haut la phrase qu’il avair eue sur le cœur pendant tout l’après-midi à Montjuic, la colline des musées de Barcelone :

- Amis discrets, mes frères, il suffit de peu de choses pour que vous aussi vous puissiez vous élever par-dessus la futilité de votre bavardage. Pour que l’on puisse vous prendre en considération, pour que la transcendance ait lieu, pour que vous puissiez gagner quelques centimètres de taille humaine et commencer à communier avec le géant, il y a une chose très simple à faire : lorsque vous visitez la Fondation Miro qui est rappelons-le un musée et non une bodega, surtout vous, là, les familles françaises et les ados luxembourgeois, APPRENEZ A FERMER VOS GUEULES !

Or, juste à ce moment-là, la sonnerie du portable de Madame Lamoureux retentit. Le cri de Tarzan qui se frappe la poitrine. Cela lui rappella tous les touristes à « selfies » qu’ils avaient croisés sur leur chemin, ces couples qui lui ont même parfois demandé de les photographier. "Mais oui, vous êtes beaux, Narcisse et Echo !".

Madame Lamoureux a attrapé son téléphone et la voilà qui, elle aussi reprend, là où elle l’avait interrompu, son bavardage avec ses voisines de partout. 

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Joan Miro - Cheveu poursuivi par deux planètes

En fin de matinée, M. Lamoureux sort faire sa promenade apéritive autour du lac. Il ne le dira pas à Madame Lamoureux mais Barcelone, pour lui, ça a été un peu « Chauve qui peut le monde ! ». Jamais auparavant il ne s’était senti à ce point comme là-bas pareil à un cheveu poursuivi par deux planètes.

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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