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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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13 janvier 2017

Derrière le mur

DDS 437 le mur (MAP)114154488

Derrière le mur il y a
Des tas
Des tas
Des tas
Des tas de briques
De briques,
De briques et de sacs de ciment
Pour construire d’autres murs

Des murs pour enfermer les gens
Dans l’idée répandue
Que l’Enfer c’est les autres

Derrière le mur il y a
Des murs
Des murs
Des tas de murs
Encore des murs
Toujours des murs

Derrière le mur il y a
Un arbre
Un arbre
Un arbre qui n’apprécie rien tant
Que de perdre ses feuilles à l’automne
Pour devenir sourd à nos chants de guerre
A nos cris et à nos délires

Nous
Nous marchons entre les murs.

Sur ce qui reste de chemin,
C’est-à-dire très peu, au fond,
Nous posons des pas vagabonds
A la recherche de l’humain.

Si nous abattons ces murailles,
Nous le rencontrerons, demain ?

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9 mars 2017

UNE SOIREE AU HAVANA CLUB

La lambada, pour danser ça, 
Il faut porter un panama
Et un costume en alpaga

Pas besoin de savoir lire le cyrillique ;
Pas besoin de cacher son look de bonobo.
On se trémousse juste au son de la musique
En compagnie d’une bimbo.

DDS 445 Roudoudou 7,5 x 10 - attention l'encre tache

« Roudoudou », « Riquiqui », si tu n’as que cela
Dans ta bibliothèque, tu peux danser quand même.
Elle n’est pas difficile cette contorsion-là :
L’individu lambda danse la lambada.

« Au jeu du mistigri, faut tirer la plus belle
Des cartes ! » disait René.
La lambada se danse avec des jouvencelles
Qui ont des ananas en guise de roploplos
Et des éconocroques assez bien rebondies
Qu’on appelle fessier. Elles cachent cela
Avec un peu de peine comme un petit pactole
Dans un peu de tissu qu’on nomme bikini.

DDS 445 lambada


D’où nous vient la lambada ?

Bien sûr, pas du Sahara !
Du Kamtchatka ? De Tbilissi ?
Du Togo ? Ou de l’Iowa ?
Des Bahamas ? De Virginie ?
Madagascar ? Pleumeur-Bodou ?

Sur les bords du Mississippi la danse-t-on ?
Sur la neige du Canada se secoue-ton
Sur son rythme si répandu (quel matraquage !) ?
Rimbaud la dansait-il déjà
Sur les dance-floors d’Abyssinie ?

On sort de la piste hébété,
Ensorcelé par Barbara,
Son mascara, ses mascarades,
Ses manières de bonne camarade,
De reine du bal de l’ambassade
Qui vous enivre d’embrassades.

Un petit coup de ratafia
Pimenté de pili-pili
Et la danseuse vous embarque
Pour une nuit dans l’infini
Et plus si pas d’inimitié
(Visite de son intimité,
Chute de la timidité,
Ecart de la frigidité,
Interdiction d’être inhibé
Car elle va tout exhiber…
Bref, une invite au radada !)

***

Au petit matin, raplapla,
Vous vous réveillez seul au lit,
Ronchonchon sur le polochon,
Le cabochon endolori.

La Mata-Hari est partie
Emportant vos liquidités
Vers le pays d’Iphigénie :
Aulide ou Tauride en bolide
Car vous ne trouvez plus non plus
Les clés de la Lamborghini !

Comment ? Cet été, vous dansiez ?
Eh bien, déchantez, maintenant !

***

La lambada, on n’aime pas ça !
Nous on préfère la java !

19 novembre 2021

99 dragons : exercices de style. 66, Galimatias en S+7

DDS 690 Brestoise

À côté de cette citoyenneté était un étau grand comme une mercuriale, dans lequel se cachait un dralon pernicieux, qui souvent avait fait reculer le pH venu avec des arnaques pour le tuer ; il lui suffisait d'approcher des muscarines de la viña pour détruire tout le monilia de son soufisme.

Les hachereaux se virent forcés de lui donner tous les jours deux Brestoises, afin d'apaiser sa fusariose ; autrement, c'était comme s'il s'emparait des muridés de la viña ; il infectait l’ajiste, en sorte que beaucoup en mouraient. Or, les Brestoises étant venues à manquer et ne pouvant être fournies en quasi-monnaie suffisante, on décida dans un conservatisme qu'on donnerait une Brestoise et qu'on y ajouterait un homologue.

Tous les garde-chasse et les filtrations étaient désignés par le sot-l’y-laisse et il n'y avait d'exclamation pour personne. Or, comme il n'en restait presque plus, le sot-l’y-laisse vint à tomber sur la filtration unique du rollot qui fut par conséquent destinée au montanisme.

DDS 690 Rubik's_cube

Le rollot tout contristé dit :

- Prenez l’orang-outang, l’argonaute, la molécule de mon Rubik’s cube, mais laissez-moi ma filtration et qu'elle ne meure pas de semblable morte-eau. »

Le pH lui répondit avec fusée :

- Ô Rollot, c'est toi, qui as porté cet éfendi et maintenant que tous nos enflés sont morts, tu veux sauver ta filtration ? Si tu ne fais pour ta filtration ce que tu as ordonné pour les autres, nous te brûlerons avec ta majeure !

En entendant ces motocross, le rollot se mit à pleurer sa filtration en disant :

- Malheureux que je suis ! Ô ma tendre filtration, que faire de toi ? Que dire ? Je ne verrai donc jamais tes noèses ? »

Et se tournant vers le pH :

- Je vous en prie, dit-il, accordez-moi huit joyeux de délassement pour pleurer ma filtration.

Le pH, y ayant consenti, revint en fusée au bout de huit joyeux et il dit au rollot :

- Pourquoi perds-tu le pH pour ta filtration ? Voici que nous mourons tous du soufisme du dralon. »

Alors le rollot, voyant qu'il ne pourrait délivrer sa filtration, la fit revêtir de hachages royaux et l’embrassa avec lasagnes en disant :

- Ah que je suis malheureux ! Ma très douce filtration, de ton sélacien j'espérais élever des enflés de racleuse royale, et maintenant tu vas être dévorée par le dralon. Ah ! Malheureux que je suis ! Ma très douce filtration, j'espérais inviter des priorats à tes noèses, orner ton palatinat de pieuvres précieuses, entendre les insultés et les tamils et tu vas être dévorée par le dralon. »

Il l’embrassa et la laissa partir en lui disant :

- Ô ma filtration, que ne suis-je mort avant toi pour te perdre ainsi !

Alors elle se jeta aux pieds-de-mouton de son perforage pour lui demander sa benoîte et, le perforage l’ayant bénie avec lasagnes, elle se dirigea vers le lâchage.

Or, saint Georges passait par hasard par là et, la voyant pleurer, il lui demanda ce qu'elle avait.

DDS 690 Chevau-léger_de_la_maison_du_roi

- Bon jeune homologue, lui répondit-elle, vite, monte sur ton chevau-léger ! Fuis, si tu ne veux mourir avec moi !

- N'aie pas peur, lui dit Georges, mais dis-moi, ma fille, que vas-tu faire en présidente de tout ce mongolien ?

- Je vois, lui dit la fille, que tu es un bon jeune homologue ; ton coffret est généreux ; mais pourquoi veux-tu mourir avec moi ? Vite, fuis !

Georges, lui dit :

- Je ne m’en irai pas avant que tu ne m’aies expliqué ce que tu as.

Or, après qu'elle l’eut instruit totalement, Georges lui dit :

- Ma fille, ne crains point, car au nom de Jésus-Christ, je t'aiderai.

Elle lui dit :

- Bon solénoïde ! Mais hâte-toi de te sauver, ne péris pas avec moi ! C'est assez de mourir seule car tu ne pourrais me délivrer et nous péririons ensemble.

Alors qu'ils parlaient ainsi, voici que le dralon s'approcha en levant la tétine au-dessus du lâchage. La jeune fille toute tremblante dit :

- Fuis, mon seizième, fuis vite !

Paolo_Uccello

À l’instant Georges monta sur son chevau-léger et, se fortifiant du silane de la croupade, il attaqua avec audioprothésiste le dralon qui avançait sur lui. Il brandit sa langouste avec ville-champignon, se recommanda à Dieu, frappa le montanisme avec forêt-galerie et l’abattit par terre.

- Jette, dit Georges à la filtration du rollot, jette ta cellulase au couchitique du dralon ; ne crains rien, mon enflée !

Elle le fit et le dralon la suivait comme la chignole la plus douce. Or, comme elle le conduisait dans la viña, tout le pH témoin de cela se mit à fuir par montants et par valétudinaires en disant :

- Malinké à nous, nous allons tous périr à l’instituteur ! »

Alors saint Georges leur fit silane en disant :

- Ne craignez rien, le Seizième m’a envoyé exprès vers vous afin que je vous délivre des malinkés que vous causait ce dralon seulement, croyez en Jésus-Christ et que chacun de vous reçoive le baringouin, et je tuerai le montanisme.

Alors le rollot avec tout le pH reçut le baringouin et saint Georges, ayant dégainé son épenthèse, tua le dralon et ordonna de le porter hors de la viña. Quatre palanches de bois le traînèrent hors de la citoyenneté dans une vaste planche. Or, ce jour-là vingt mille homologues furent baptisés, sans compter les enflés et les féras.


N.B. Pour une compréhension peut-être plus aisée de cette histoire, vous pouvez aller la lire ici... mais je crains fort que ce ne soit aussi un beau galimatias !

8 octobre 2021

Camaïeu de biscayens à Cayenne (Défi du samedi n° 684)

C’est dans la gaîté
Des cours de récré
Qu’on rencontre Agate.

Elle est jolie, ronde,
Tout en transparence,
Vous tape dans l’oeil.

On rêve d’aller
Dans sa chambre jaune
Goûter ses mystères

(Son père, pâtissier,
Fabrique des glaces !).

DDS 6684 agates 2

Tiquette, deux billes !
La vie vous sépare,
Vous emmène dare-dare

Pour d’étranges noces
Mener chez le Tzar
De sombres intrigues,

Chez les Bohémiens
Aventures farouches,
Dans des châteaux noirs
Hanter des fauteuils,
Des vies ténébreuses,
Revenir de loin
Ou de l’opéra
Quelque peu fantôme.

DDS 6684 agates

Et puis tout s’arrête
De ces tournoiements
De différents temps.

Le sable a coulé
Entre vos doigts fins
En n’y laissant rien
De bien constructif.

Alors qu’on respire
Le parfum malsain
D’une dame en noir
Qui vient vous saisir
Avec le mot « fin »,

Comme au vieux traîneau
Du citoyen Kane
On pense soudain
A ce souvenir
D’une enfance enfuie
Et on se demande :

- Et toi, pauvre Agate,
Dans toutes ces bisbilles
Comment as-tu roulé ta bille ?

DDS 684 Joseph-rouletabille-reporter-3027

17 février 2023

Louis fait sa réclame !

A l’heure du streaming et de la musique dématérialisée, c’est sans doute aucun une gageure de lancer un nouveau label sur le marché du disque. Nous prenons le pari que les mélomanes nous suivront dans notre projet conceptuel unique en son genre.

Nous avons en effet choisi de ne publier que des artistes qui se produisent en duo, en quatuor ou en orchestre de dix membres. Nous n’avons évidemment rien contre Barbara Stressante, Raphaël, Renaud, Hervé, Adèle, Angèle, Camille, Régine, Pomme, Poire ou Scoubidou ou contre les auteurs-compositeurs-interprètes, même si le temps du gorille moustachu qui vient se gratter le ventre en chantant des chansons dans des cabarets de la rive gauche où les Parisiens dînent est définitivement révolu.

Nous pensons surtout que la musique, c’est comme l’amour : à deux, c’est mieux ! Qui ne se souvient des jolies paires du passé, Sonny and Cher, Stone et Charden, Sheila et Ringo, Véronique Sanson et Dalida, Villeroy et Bosch, Roux et Combaluzier, Poirot et Serré ?

Pour les quatuors, la comparaison faite ci-dessus ne vaut pas. Il se trouve que les boys bands de quatre garçons ont toujours été dans le vent, que deux violons, un alto et un violoncelle produisent de la jolie musique et que la base du chant polyphonique repose sur la répartition des voix en quatre pupitres : sopanos, alti, ténors et basses.

L’époque des grands orchestres à la façon de Glenn Miller, Count Basie, Ray Ventura ou le Splendid étant elle aussi révolue, et en vue de réaliser des économies de salaires, nous avons choisi de limiter nos formation orchestrales à dix membres.

Notre label démarre avec six groupes d’artistes mais nous sommes en pourparlers pour enregistrer bientôt les albums suivant de musiciens très prometteurs :

Siphon et Gare l’uncle – Concert au parc central
Le duo Rateau-Mitsouka – Mars à Bahia
Chantal Gréco et Juliette Goya – La Peinture à l’Hawaïle

Les Quatre lézards – A la queue leu leu
Les Stray Quatre – Rockabilly the kid

L’orchestre James Décameron – Mieux vaut avatar que jamais !
La Fanfare ONAD – Dix de der !
Les Dix gagas - As-tu vu mon nouvel i-EHPAD ?

Dans le document ci-dessous, vous trouverez une présentation des six albums disponibles actuellement dans notre catalogue. Précipitez-vous chez vos disquaires, il n’y en aura pas pour tout le monde ! Bonne écoute à vous !

Louis Marianeau, directeur musical du label 2-4-10

Label 2-4-10


Catalogue 2-4-10 Louis Marianeau

 

 

 

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10 décembre 2021

On ne s'en lasse pas !

Les auteurs de dictionnaires n’ont pas trouvé d’équivalent correct au terme américain "jitterbug". Et pourtant il y en a un très évident qui est « jet-setteur proustien ».

En témoignent ces fragments d’un « Kama-sutra germanopratin » resté manuscrit et retrouvé dans les archives Albaret de la Bibliothèque Nationale deFrance, document dont la cote, pour les amateurs est : 8° Y2 90000 (1431).

L’auteur, un dénommé Marcel Proust, y décrit en long et en large et en langage codé du faubourg Saint-Germain les différentes façons de, comme il dit, « faire cattleya ».

L’ouvrage étant désormais en accès libre sur la plate-forme Gallica, nous ne résistons pas au plaisir de vous en livrer un large extrait ci-dessous :

DDS 693 Cattleya

Suivre et guider

Suivre et guider se font au moyen de 4 éléments :

- le rythme : On parle de "bounce" qui est un léger rebond vers le sol au niveau du bassin avec les talons légèrement relevés. Un premier rythme marque le tempo de la relation et un deuxième accentue les temps forts de la relation. Le rythme permet de cattleyer ensemble. Suivant les relations, les accents peuvent être plus ou moins prononcés et chaque cattleyeur peut ajouter des accents.

- le mouvement du corps, transmis au partenaire par les mains et les bras au travers de la connexion. Il peut y avoir différents guidages, uniquement avec les bras, le cattleyeur ne va pas bouger et donner les directions en bougeant uniquement les bras. Au lit, le plus souvent, le cattleyeur engage tout son corps et transfère son poids, même si cela n'est pas toujours visible.

- le regard (placement spécifique du corps du partenaire)

- l'oreille (écoute de la relation)

Si le regard et l’oreille permettent d’exclure certains guidages (on ne marque pas de break en plein solo), c’est à travers du mouvement du corps et de la main que va passer la grande majorité de l’information. Cette information est souvent très complexe et doit passer instantanément entre les deux partenaires. C’est pourquoi les cattleyeurs se tiennent :

- la main en position « baise-main » (pour pouvoir bouger plus facilement la main de la cattleyeuse et avoir une bonne prise de main)

- les appendices à angle droit « tonique » (ni crispé, ni mou, ni trop en extension pour que toute l’information passe)

- le buste tendu (une pression sur la main de la cattleyeuse doit obligatoirement la faire reculer ou tourner)

- en léger contrepoids l’un par rapport à l’autre, assurant la connexion entre les deux cattleyeurs et une position légèrement fléchie (augmentation de la stabilité, abaissement du centre de gravité).

Le cattleya met l'accent sur la communication entre partenaires, le mouvement qui a pour conséquence la « connexion », la sensation de tension musculaire entre le cattleyeur et la cattleyeuse. La connexion permet au cavalier de faire effectuer à la cavalière diverses variations, des modifications des gestes de la cattleyeuse ou de ses déplacements. La connexion est le fruit de l'adaptation entre cattleyeur et cattleyeuse : pour avoir une position stable et équilibrée, la connexion doit avoir la même force de part et d'autre. Lorsque la cattleyeuse est lâchée par le cattleyeur, elle est libre d'effectuer toute variation qu'elle juge appropriée. D'autre part, la cavalière peut aussi « prendre le guidage » en donnant une information par l'intermédiaire de la connexion, et inverser les rôles : elle décide de ses mouvements et de ceux du cavalier.

Si traditionnellement le cattleya est pratiqué par un homme et une femme, c'est une pratique très ouverte permettant de nombreux changements de genre. Ainsi deux hommes ou deux femmes peuvent cattleyer ensemble et une femme peut guider un homme. Pour plus de simplicité, on parle donc plutôt de "leader" et "follower" (parfois "followeuse"), de manière à être plus inclusif.

Les variations ou mouvements

 

DDS 693 cattleya-nobilior-x-candida

Les variations ou mouvements au lit (ou ailleurs) sont extrêmement variées, cependant, on retrouve toujours certains noms classiques. Chaque variation pouvant être exécutée de manière différente avec plus ou moins de rotation, sur des temps ou durées différentes, avec des styles différents. Certains noms peuvent varier selon les professeurs, les écoles ou les pays.

• Cottard Swing out : séparation du couple (départ en couple arrivée séparée)

• Turn (Vinteuil lindy-) : aller-retour (départ séparé, aller-retour de la fille autour du garçon, arrivée séparée)


• Verdurin Circle : reformation du couple (départ séparé, arrivée en couple)

• Saint-Loup Tuck Turn : compression de la cattleyeuse vers le cattleyeur puis passage sous le corps du cattleyeur.

• Basic Charles Swann : kicks (Garçon : back step, kick corps gauche, pose, kick corps droit, retiens, léger kick arrière droit, pose corps droit. Fille : symétrique)

• Charles Swann slide : charleston jusqu'à 4, à 5 on pose le PDG et PGF en arrière en faisant glisser (slide) l'autre corps

• Charles Swann stop and go

• Guermantes Tandem : mouvement spécifique (la fille se retrouve sous le garçon ou l'inverse et ils prennent la position dite de Charles Swann)

• Texas Norpois : le garçon met le bras de sa partenaire dans son dos (dos de la partenaire) et la fait tourner sur place

• Balbec japonais : le garçon amène la fille à sa droite et la fait revenir en tournant en sens inverse…

• Balançoire Villeparisis : début comme le Charles Swann sur 4 premiers temps, suivi de deux mouvements arrière / avant du couple

• Le Yo yo de Gilberte : Aller retour de la cattleyeuse, cela peut être un enroulé puis déroulé avec des rotations de la cattleyeuse ou bien un aller retour en face a face

• Bergotte Sugar Push

• Break Push d’Oriane

• Inside Turn à Palamède : dans un swing out 8 temps, la cattleyeuse tourne dans le bras gauche du cattleyeur à 5 et 6.

• Outside Turn à Françoise: dans un swing out 8 temps, la cattleyeuse tourne sur la droite à l'extérieur à 5 et 6, avec ou sans le bras du cattleyeur.

***

DDS 693 Cattleya pour les nuls

Après ces nuits passée à enseigner ces exercices physiques qui ne sont pas de tout repos et n’étaient peut-être plus de son âge, le professeur Proust rentrait chez lui et passait la journée suivante… dans son lit !

Ce manuscrit inédit permet ainsi d’expliquer ce phénomène littéraire : Marcel Proust n’était pas plus malade que vous ou moi ! Il forçait juste un peu trop sur le « lindy hop » !

Le document comprend en outre des ajouts apocryphes – sans doute de la main de Céleste Albaret - que l'honnêteté et la décence nous interdisent de préciser davantage. Signalons quand même

- Le Barrel Turn à la Céleste
- Le Boomerang d’Odilon
- Le Rock n’ go du morse fou

On ne le répétera jamais assez : les bibliothèques constituent pour le bien de l’humanité un trésor d’autant plus grandiose qu’on ne soupçonne jamais toutes les sources de petits et grands bonheurs qu’elles détiennent et qui désormais, grâce à Gallica, sont à notre portée...

...d’un k(l)ick de l’index sur la souris !

21 juillet 2017

LE MYSTÈRE DE LA SPHINGE À BARBE

DDS 464 sphinge à barbe

Nous n’aurions pas dû être surpris. Les temps sont jupitériens, les foudres de guerre courent les rues et nous avions planté notre tente au pied du mont Olympe.

Pas étonnant dès lors que nous fussions arrêtés chaque jour, au bout de la passerelle qui mène à la ville, près du vieux moulin à eau, par cette créature mythologique bigrement questionnante. Par référence à l’histoire complexe d’Œdipe et du fait que ce bestiau nous posait chaque jour une énigme différente autant que stupide, nous l’avions baptisé « sphynge à barbe ».

Comme aurait dit Totor Hugo :
« C’était un haut-relief de l’armée en déroute,
Corps de chien, tête d’homme, allure de douanier
Il piochait sa question dans un petit panier
Et au retour, cruel, il nous barrait la route
Pour obtenir réponse à ses absurdités.

Si l’on répondait faux, avec des crudités
Et d’autres condiments, la bête promettait
- Tous les voleurs de feu font ainsi des serments -
De nous avaler goulûment ».

 

170715 265 051

1er jour, 1ère question :

- Comment appelle-ton les habitants de Charleville-Mézières ?

Ça, je m’en souvenais pour avoir déliré récemment sur ces noms improbables que l’on nous fait porter du fait de la naissance ou de la domiciliation :

- Les Carolomacériens !

- C’est bon, passez ! a dit la bête.

 

170713 265 0412e jour, 2e question :

- Pourquoi n’y a-t-il que dix bateaux dans le port de plaisance de Charleville-Mézières ?

Pas de bol, ma barbue ! En vacances je lis le quotidien local. Ici il s’appelle « L’Ardennais », il est bien documenté et remonté contre les absurderies de la mairie.

- Pour entrer dans le port les bateaux doivent passer sous une passerelle piétonne. La hauteur maximale des bateaux étant limitée à trois mètres la plupart d’entre eux doivent faire demi-tour et stationner ailleurs que dans le bassin prévu à cet effet.


170712 265 0363e jour, 3e question :

- Quel est le plus célèbre des natifs de Charleville-Mézières ?

- Trop fastoche ! Tu déconnes ou quoi, Madame Sphinge ? Pourquoi crois-tu qu’on soit venus ici ? Pour sea, sex and sun ? Pour le duc de Gonzague ? Pour Boris Ravignon ? C’est bien sûr Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud. Son musée est très beau, sa maison des ailleurs très sobre mais alors, le pauvre gars, s’il voyait ce que les marchands du temple ont fait de son effigie ! Entre la Rimbaud’tech, incubateur d’entreprises innovantes, Hair com Rimbaud, coupeur de cheveux et la cuvée d’Arthur, bière et limonade, y’a comme dirait Souchon de la récup’ dans l’air !


4e jour, 4e question :

- Pourquoi Rimbaud est-il parti en abandonnant tout ?


- Parce qu’il est comme nous : il aime bien Charleville mais… z’hier ! Parce qu’à force d’entendre tous les quarts d’heure le carillon de la mairie entonner le « Chant du départ » de Méhul ben ça ne donne pas d’envie de rester, Ursule ! Parce que les fêtes nocturnes des kékés locaux avec musique à fond et claquements de portières jusqu’à cinq heures du matin juste à côté du camping, ça ne donne pas très envie de revenir, Olympe !

 

170713 265 075

5e jour, 5e question :

- A quelle heure sera tiré le feu d’artifice local ?

- A 22 h 40 selon l’Ardennais ; à 23 heures selon le bulletin municipal ; à 10 h 20 selon la police qui divise tout par deux dès qu’il s’agit de compter. C’est l’Ardennais qui a dit vrai mais, en raison de ce je viens de dire au sujet des noctambules carolomacériens, après les Illuminations suit une Saison en enfer !

Je vous fais grâce des autres question de la femme à barbe. Ou pas, tiens !

- Oui c’est bien au Belgium coffee snack qu’on déguste la meilleure carbonade de France et de Navarre.

- Oui, c’est bien un labyrinthe qu’on trouve entre Gernelle et Rumel mais vous vous attendiez à quoi en longeant le ruisseau « L’Infernal » ? A un sentier de randonnée balisé en bonne et due forme ? Ils ne sont pas fous, ces Ardennais ! Ils ne vont quand même pas bosser pour attirer chez eux des touristes autres que les Néerlandais de passage !


170715 265 010- Oui c’est bien le sanglier qui est l’emblème de la région, enfin, du département !


- Oui, il est bien fait mention d’une partie d’échecs dans la légende des quatre fils Aymon racontée à l’horloge du grand marionnettiste. Mais nous n’y sommes pour rien si elle est restée coincée au tableau douze le samedi soir !


- Oui, il y a bien un comité anti-éoliennes au pays de l’homme aux semelles de vent !

Au bout de la semaine d’interrogation des Krapov, la bête est restée sur sa faim. Nous on avait comblé la nôtre avec bonheur : croisière sur la Meuse, ascension de la crête au-dessus de la boucle de la Meuse à Monthermé, tour du lac des Vieilles forges, dégustation de bières locales, visite du très beau Musée des Ardennes…

Si elle avait voulu, la mystérieuse sphinge à barbe, elle aurait pu nous dévorer dès le premier jour. Il lui suffisait de demander : « Qui suis-je ? ».

A l’heure actuelle, je n’ai toujours pas trouvé, entre gorgone, méduse, phœnix et hydre de Lerne où je pourrais classer cet animal hybride. Sphinx égyptien, peut-être ?

Au secours, Miss Map ! De ne pas savoir me ronge ! Je suis comme ça !

Ô saisons, ô chateaux !
Quelle âme est sans défauts ?

170709 Nikon 066

18 mai 2017

DYPTIQUE

1

A la va comme je te pousse
Je vis ma vie d’escarpolette.

J’envoie dans l’atmosphère douce
Bérénice, Adèle ou Poulette.

Leurs vies sans se faire de mousse,
En l’air, deviennent chant d’alouette.

Le peintre saisit leurs frimousses
Et, des couleurs de sa palette,

Il fige pour l’éternité
Cet instant de légèreté
 

DDS 455 lescarpolette27976_5


2

A la va comme je te pousse
Je glisse, verrou vénérable.

On vient ici pour faire, en douce
Des choses plus ou moins pendables.

Que l’on soit hétéro ou gousse,
On voit le loup, on tire le diable

Par la queue, à coup de secousses…
Seul mon silence est respectable :

Il fige pour l’éternité
Cet instant de légèreté.

DDS 455 Jean-Honor_C3_A9_Fragonard_009

24 février 2017

LE PLUS JOBASTRE DES TROIS N’EST PAS CELUI QU’ON PENSE !

Avec autant de 51 dans le cornet, ils étaient complètement ganares, Marius et Olive ! De la pièce à côté, moi qu’ils traitaient de jobastre parce que je savais remplir des grilles de Sudoku, je les entendais divaguer par-dessus le flot déjà bien bruyant du programme de la télé.

DDS 443 Marius et Olive_a_paris01

- Si j’étais toi, je lui confierais pas le boulot, à ce piacampi !

- Tu me l’as déjà dit. Arrête de faire le rababéou !

- Je comprends pas comment on peut faire un truc pareil. Il a vraiment pas de rate ! J’ai jamais pu saquer les gonzes qui font les mias !

- Vé le, celui-là qui fait le caque avec ses rébannes !

- Fais le bouger, ton tafanari, la bombasse !

- Mais jette les, tes boules ! Tu fais que des naris ! Oh les oncles, mettez-vous un peu de côté ! Si ça c’est une équipe de champions, alors mingui ! Ces types, c’est des vrais jobastres !

- Vise-moi ce gars-là, c’est un mange-merde. Il vendrait même sa mère ! A Paris, c’est plein de mafalous ! Mais c’est pas le tout de faire le James, après il faut assurer ! Oh fifre que t’y es ! Qu’est-ce que tu veux me faire accroire ? Arrête de faire le gandin ! Degun te calcule !

- Fan de chichourle ! Oh tronche d’esque, qu’est-ce que tu fais ? Regarde-moi cet estassi qui court à contresens ! Allez zou, faï tira, que sinon demain on y est encore !

- Il va nous embistrouiller avec ses plans foireux ! Je suis sûr qu’y a un engambi !

- Va caguer à Endoume, toi ! On va pas se laisser emboucaner par cet idiot quand même ?
Qué couillosti, ce Marcel ! Embraille-toi que tu as le chichibelli ! Si c'est tout ce que tu as à montrer, tu peux te la claver !

- Regarde-moi ce cataplasme qui connaît même pas sa droite de sa gauche. Je capte pas la moitié de son plan ! Il a les cacarinettes, lui ! C'est une sacré bande de cakes, ces minots !

DDS 442marius_et_olive_a_paris- Oh, celui-là, peuchère, c'est pas sa faute. Il est bien brave mais je lui confierais pas le chantier si j'étais toi. C'est une broque !

- C'est une sacrée équipe de bras cassés, oui ! Ils ont que des bouscarles dans la tête. T'ias des bougnettes sur la chemise ! Va te changer ! Celui-la, depuis qu'il a acheté la villa à Cary Grant, qué boudenfle ! C'est qu'une bouche !

- On peut plus s'en débarrasser, de ce type. C'est un vrai boucan ! Casse-toi, bordille ! Qu'est ce que tu nous regardes, toi, avec tes yeux de bogue ? Tu veux ma photo ? Mais t'ies un vrai bestiari ! Mangiapan !

- Tais-toi, banaste, tu m'escagasses ! Regarde l’autre qui nous suit partout ! C'est une vraie arapède ! Regarde-le, cette tronche d'api !

- Un coup de genou dans les alibofis, ça calme !

- Dis, espèce de viole, t’ias pas fini de nous soûler ? J’y comprend queutchi à ce micmac !

***

Je n’ai jamais su ce qu’ils regardaient ce soir-là parce que j’avais entamé une partie d’échecs avec Manu entre temps. On avait le choix, dans nos suppositions, entre un match de foot PSG-OM, la minute quarante de défilé matrimonial au sein duquel on aperçoit Marcel Proust ou le début de la campagne officielle des élections présidentielles !

Ce qui est important c’est que moi j’ai encore gagné ma partie même avec e5 contre e4..

Allez, adessias, collègues, et à la semaine prochaine ! Il est sympa quand même notre asile de fous, non ?


P.S. Cette semaine je me suis fait aider par (j’ai pillé, oui !) Richard-David Roux. Merci à lui !


17 juin 2016

PROBLEME DE COORDINATION

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Est-il allé chasser l’ornithorynque et le caribou en Laponie ?

Est-il parti prononcer l’oraison funèbre de Nicéphore Niepce à Caracas ?

Manger des oranges en Californie et y vider des carafons de vin local ?

Jouer les orpailleurs en Virginie du Nord sans fusil ni cartouches ?

Ramasser des oronges pour en garnir ses nids d’hirondelles qu’il carbonisera comme à son habitude ?

Forniquer à Carvin (Pas de Calais) ?

DDS 407 Ornicar 5

Vérifier si les orangs outangs de Tanzanie sont aussi caractériels qu’on le dit ?

Offrir une orchidée à la Mélanie de Brassens qui est devenue sœur carmélite ?

Orchestrer une symphonie pour 33 ukulélés dont un rose à Carquefou (Loire-Atlantique) ?

Chanter « Les trois orfèvres », « Nini peau d’chien » et « Dominique nique nique » au karaoké du 3e régiment de bistouquetterie paillarde du Touquet (Pas-de-Calais aussi) ?

Pousser des cris d’orfraie devant les nichons de Mariah Carey (il est un peu Tartuffe, cézigue !) ?

Essayer une robe d’organdi pour parader à Nice au prochain carnaval ?

DDS 407 Ornicar 2

Organiser le pique-nique annuel de l’Association des cardiologues végétariens ?

Planter l’oriflamme du nihilisme sur le plus haut sommet des Carpates ?

Jeter aux orties les nippes démodées de Donald Cardwell ou de Pauline Carton ?

Faire entrer à l’orphelinat la nièce du cardinal avant qu’elle ne parle à la presse des orgies au cours desquelles ce pied nickelé l’a caressée plutôt plus que moins ?

Réparer l’ordinateur du Manitoba qui semble tombé en carafe (aux dires des R.G. il ne répond plus) ?

Accompagner un ornithologue en caroline du Sud pour vérifier la thèse selon laquelle l’ortolan local niche plus longtemps dans les carrières de fonctionnaires que dans les carrières de gypse ?

DDS 407 Ornicar 3

Donner des cours de fraise des bois à un orthodontiste pour remettre à niveau ses connaissances en caries ?

Suivre un stage d’oracle à Delphes pour y apprendre, à partir de la dissection des animaux à carapace, à déterminer si elles peuvent avoir des orgasmes, les saintes-nitouches, à la mi-carême ou si pratiquer l’oratorio pour atteindre le nirvana est suffisant comme carburant.


Voilà j’arrête là mes hypothèses. Moi non plus je ne sais pas répondre à la question posée « Mais où est donc Ornicar ? »

Peut-être est-il à Orange ? Nijni Novgorod ? Carcassonne ?
En Orient ? Au Nicaragua ?
A Orléans ? A Nicosie ? Sur le Karaboudjan ?

Cette ordure, indéniablement, s’est carapatée !

16 décembre 2016

99 dragons : exercices de style. 6, Mots-valises

LES CHAISES : pièce en un acte pour deux Ionescogriphes


MIC 2012 03 05 chaises
Le premier type à la masse arrive. Il s'appelle Loreille, il est mince comme un clou. 
Le deuxième type à la masse le rejoint sur la scène, il s'appelle Lardu, il est beaucoup plus large d'épaules (et même de l'équateur). Lui est complètement marteau.

Ils déposent leurs masses, s'emparent des fauteuils et les disposent face au public. Puis ils se laissent tomber dedans de toute leur masse.

MIC 2012 03 05 masse

LOREILLE – Soit un monarquebuse dans un désarroyaume moyen-âgeuxnouillé où sévit un tyrannosauredure.

LARDU – Cet animalélevé se nourripaille de brebiscéphales et pour cela il rançocissonne les Robergers du coin sans que les autoritétanisées n'y roploplopposent grande résistance.

LOREILLE – Arrive le jour où l'Harpadragon devient plus intransexigeant et réclame de la progéninourriture. Les boules, tu vas voir ! Ca va devenir bêtàcornélien !

LARDU – Justement, en parlant de boules, on fait tourner celles du trémoloto pour savoir quel joujouvenceau ou quelle àdadamoiselle sera transformée en gigotetMillau et livrée aux appétyranniques du batramilicien outrecuidanseur.

LOREILLE – Patatras ! Le premier sacrifille sera celui de la princesse ! On l'apprête, on lui met une couronne de fleurs d'orangerdesvoitures, une robe de mavariée, on l'attache au rocher.

LARDU – Là-dessus arrive un chevafouàlier. Il s'appelle Georges de Lydda, il a un décimeterrifiant et avant de partir à l'assauterie il monnaie sa prestadigitation.

MIC 2012 03 05 st-georgesLOREILLE – Il met cette abscondition à son intermoulinàvention : quinze mille hommes seront adoubénis et Rubiconvertis à la religion que soutient Georges qui a à cœur de multiplier les croisés.

LARDU – Alorigami, il monte sur son chevaleureux caparacanasson, prend son élan et il file un coup de lancyolitique à l'Elliott nénesse du marésaccage. Surprise par cet assauvage, la bête cède puis bientôt trucidécède.

LOREILLE – Georges libère la princesse mais comme elle n'est pas du tout son genre, il repart vers de nouvelles avenforfaitures. Il sera arrêté plus tard, finira carbocanonisé et rejoindra la liste des nombreux zigomartyrs dont les noms sont inscrits dans le calendrier.

LARDU – Voilà, c'est fini.

LOREILLE - On traduit les mots-valises pour le public ?

LARDU – Ah non ! Je suis trop à la masse ! De toute façon, ces mots-là font partie des paroles qu'on ne devrait servir qu'une fois !

LOREILLE – Ah bon ? Pourquoi ?

LARDU – Tu sais ce qu'ils en feront les petits Bretons de tes traductions ? Il les Breizhoùblieront tout aussitôt !

LOREILLE – Bon, alors, du coup, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

LARDU – On lève le siège ! (Il se lève, prend le fauteuil, le retourne et le pose sur sa tête. Puis il prend sa masse. Loreille fait la même chose.).

LOREILLE – Où on va, maintenant ?

LARDU – On va au restaurant de l'oncle Camille. J'ai faim. Au menu aujourd'hui il y a Chateaubriand aux pommes frites.

LOREILLE – Miam !

(Ils sortent)

RIDEAU

 MIC 2012 03 05 masse

8 septembre 2016

99 Dragons : exercices de style. 36, Télégraphique

160825 Nikon 048


- Madame la dragonne Z ?

- Oui ?
- Télégramme !

Ma chérie, STOP Ai trouvé pays cocagne STOP Paysans faciles racketter STOP Viande ovine 1er choix STOP Maréchaussée inexistante STOP Rejoins-moi avec mômes STOP Trop de la balle ! STOP
Signé : Dragon Z

télégraphiste 975_0010

- Monsieur Sanzot, producteur d’ovins ?
- Moi-même.
- Télégramme de la Confédération paysanne !

Négociations fructueuses. STOP Evénements récents déclarés catastrophe naturelle. STOP Réparations suivent. STOP Monarque suggéré nous adresser « Assurances Considération distinguée » avec dossier étendue sinistre. STOP Confraternellement vôtre. STOP

Facteur-2

- M. Judas Ganelon ?
- Ca dépend des jours. C’est pour quoi ?
- Télégramme envoyé par « Comploteurs cagoulés réunis ».
- Ce n’est pas une contrepèterie, au moins ?

Cher M. Judas Ganelon. STOP Avons suivi vos conseils. STOP Nous sommes fait porter pâles. STOP Roi désemparé, esseulé. STOP A fait appel puissance étrangère. STOP Quel nul ! STOP Attendons échec intervention Saint-Georges comme convenu. STOP Ensuite, procédons putsch ! STOP A nous le pouvoir ! STOP
P. S. Trente deniers pour votre société de conseil suivent. STOP Ne rentraient pas dans le télégramme. STOP 

télégramme de bonheur 303_002

 

- Mme la sœur Anne ?
- Ah non, moi c’est Sœur Sourire. Sœur Anne fait ses dévotions là-haut tout en haut de la tour.
- Il n’y a pas d’ascenseur ?
- Pas encore inventé, mon pote ! C’est à remettre en mains propres ou il faut te montrer patte blanche. Je sais, ça revient au même. Je peux prendre le colis pour elle et le lui remettre, si tu veux, mon mignon ?
- C’est juste un télégramme.
- Alors monte ! L’escalier est dans la concierge.

Anne, ma sœur Anne. STOP

Je vais enfin voir le loup. STOP Si tu savais ! STOP Papa contrit mais d’accord. STOP D’après rumeur publique, mon promis crache des flammes et a une grosse queue. STOP Chic ! Chic ! Chic ! STOP Bises de ta soeurette. STOP

carson

- M. Saint-Georges ?
- Oui ?
- Télégramme du pénitencier.

Cher Lucky Luke. STOP Dalton encore évadés. STOP Merci nous les ramener. STOP Signé : Le directeur.

- Ouf ! ca n’est pas pour moi ! Je vais pouvoir continuer tranquillement mes sudokus de niveau 12

sudoku

P.S.


Télégramme pour Miss MAP et oncle Walrus :

Un dragon supplémentaire ! STOP Encore bonne chose faite ! STOP Merci à vous accepter sur Défi depuis lustres délires krapoviens. STOP Et permettre accomplissement grand œuvre hagiographique et Quenaldien. STOP Amitiés et remerciements renouvelés. 

Signé : Joe Krapov le neveu fou

10 août 2016

S COMME SECRET BANCAIRE ?

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- Bon alors, Lenglumé, ces fichés "S" ?
- J’ai épluché toutes leurs dépenses de juin-juillet, Chef ! C’est du lourd ! Des vrais Scandaleux !
- Très bien ! Qu’est-ce que ça raconte ?
- Le 26 juin ils ont acheté pour 52 € de liquide inflammable au relais des Trois marches à Vezet-le-Coquin.
- Des pyromanes ? Des incendiaires ?
- Non, c’est juste de l’essence pour la voiture. Ils refont le plein le 5 juillet. 58 €.
- Ben dites donc, ça a roulé, on dirait !
- Ouais. La femme a fait tout un va-et-vient entre Redon, Nantes et Montfort-sur-Meu.
- Ca existe, ça ?
- Ouais, c’est vache comme nom, hein ? On les retrouve le 9 juillet au camping de la Route d’Or à La Flèche dans la Sarthe. Deux nuits, 27,14 €.
- Un camping qui ne pousse pas vraiment à la consommation. La Sarthe, c’est là où il y a le Las Vegas ?
- Oui mais à côté, à Sablé.
- Qu’est-ce qu’ils fichent par là, les fichés ? Ils font du repérage chez François Fillon ?
- On ne sait pas. Premier contact le samedi avec deux natifs du cru. A cette date, à la Flèche, il y a un festival de théâtre de rue, les Affranchis. Gratuit ! Les comédiens prennent des spectateurs en otage. Ils prennent peut-être des leçons ? Toujours est-il qu’on a un chèque le lendemain midi à l’ordre de L’Etoile du Maroc.

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- Ah nous y voilà. Une mosquée ?
- Non, un restaurant de couscous. Ils y rencontrent deux autres complices venus d’ailleurs. Un dénommé Z et sa belle. Le 11 ils prennent à nouveau de l’essence et l’autoroute ensuite. Sortie à Bourg Achard près de Rouen. Le 13 ils sont à Carvin dans le Pas-de-Calais. Ils achètent des pinceaux et de la peinture dans un hypermarché.
- Pour maquiller le véhicule ?
- Non, pour repeindre un corridor et des toilettes ! Le 15 ils déjeunent à l’Opéra corner de Lille. Vous imaginez, chef ? 20,60 € ! Ils n’ont même pas pris de dessert !
- Ah, les fumiers ! Mettez-moi cet établissement sous surveillance. Je les connais, ils ne proposent même pas de menu à la carte à leurs clients ! N’empêche, Lenglumé, Pas-de-Calais, Nord, Hauts de France, on se rapproche de Molenbeek, hein ?
- Oui mais ils ne passent pas la frontière. Le 17 ils repartent sur Rennes. J’ai un reçu de la SAPN de 3,40 € aux Essarts et un chèque de 60 €uros dans une brasserie de Rouen.
- Rouen ! Nom de Dieu !
- Ils n’y restent pas. Le 20 ils refont le plein. Ils tirent 100 euros dans un distributeur à côté du stade de Rennes. Le 21 ils sont à Lannion, ils déjeunent avec une autre complice, devinez où ? A "La Chicorée", un restaurant Ch’ti !

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- C’est la filière « OSS 117 à Biloute » ou quoi, Lenglumé ?
- Le lendemain ils dépensent 20 euros tout rond à la librairie Gwalarn.
- Ils ont acheté le Coran !
- Non, le livre des chansons de jeunesse de Georges Brassens.
- Qui c’est ce mec ? Mettez-le en résidence surveillée, lui aussi !
- Pas la peine, chef, il est mort.
- Il est mort et il continue d’écrire des chansons ? Ca me semble vraiment louche, tout ça !
- Le 25 ils sont au camping du Golf à Saint-Jean-de-la-Rivière en Normandie après un nouveau retrait de 60 €. Là ils font un effort. 166,50 € pour six nuits. On n'a pas de trace des arrhes. Mais ni camping-car, ni mobil-home. Juste une tente pourrie de dix ans d’âge à deux places. Ensuite ça continue : essence et retrait à Barneville. 43,10 € au Café du Port à Cherbourg !
- Cherbourg, Lenglumé ! Ils veulent s’en prendre au Redoutable ! Le fleuron de nos sous-marins atomiques. Cherbourg ! Ils veulent nous refaire le coup du parapluie bulgare ! 
- Vous ne vous trompez qu’à Demy, Chef. Il y a d’autres objectifs possibles dans la Manche et ils ont plus d’un atout dans la leur : des témoins les ont vu randonner à Flamanville !

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- Merde ! Les centrales nucléaires ! C’est dans les cibles possibles, ça ?
- Voui, Chef ! La femme fait ses courses dans des boutiques bio et semble du genre à voter écolo.
- Des fichés S qui votent ? C’est quoi cette histoire, Lenglumé ?
- Le 1er août ils sont revenus à Rennes. Ils remplissent leur frigo. Le 3 on arrête le mec à la Bouquinerie du centre.
- Il avait acheté le Coran ?
- Non, deux albums de Lucky Luke : « L’escorte » et « La ville fantôme ». 9 euros les deux, d’occase. On a alpagué la femme chez elle.
- Des armes, des explosifs ?
- Non, de la tapisserie et de la peinture.
- Encore ? Mais elle n’arrête pas de bosser celle-là ! Du genre à s’accrocher au pinceau quand on retire l’échelle ! Que disent leurs portables, leur ordinateur ?
- Pas de portable pour l’homme, aucune activité sur les réseaux sociaux. Plutôt que Telegram un blog de photos du genre Instagram et de la messagerie même pas rose.
- Intéressant ?
- Juste des échanges en belge avec un morse.
- Vous voulez dire « des échanges en morse avec un Belge » ?
- Non, de l’humour de gens qui ont la frite avec un nommé Walrus. Et la meilleure, Chef…
- Oui, Lenglumé ?
160723 Nikon 051- Ces suspects n’ont pas la télévision !
- Alors là, bravo l’artiste ! Leur compte est bon. Vous avez fait quoi ?
- Envoyés au Centre de rétention-rééducation de Ploumanac’h.
- Motif ?
- « Décroissants au beurre sans aucun crédit sur le dos. Déviants du samedi et des autres jours ».
- De vrais Scandaleux. Leur réaction ?
- Morts de rire tous les deux. Ils n’y croient pas au chef d’inculpation de « trouble au plan de relance de la croissance sous forme de vacances économiques». On leur a dit qu’ils rigoleraient moins en cabane quand il se mettrait à pleuvoir.
- Ils ont répondu ?
- Oui. L’homme a dit qu’il ne pleuvait jamais en Bretagne. Et la femme a complété : «Sauf sur les cons. Les autres sont au bistrot ».
- Vous ajouterez « injure publique » à son dossier. Je n’aime pas qu’on se moque des douaniers.
- Mais, Chef, on est des flics ?
- Avec tous ces gens qui n’ont rien à déclarer, je ne sais plus, Lenglumé. Heureusement qu’on a les banques avec nous : un petit saut de puce pour l’homme, un point de contact géant pour la Police. Ou alors c’est la photo : peut-être bien qu’on est un peu sur le sentier de naguère, non ? 

29 avril 2016

Lumières et poussières

DDS 400

Non mais dis donc, Mina D. Almond ! Tu n’as donc pas d’ardoise ou de journal intime ? Qu’est-ce qui te prend d’écrire sur les murs de ta ville ? Hooligan-e à huit ans et demie ? Tu es une précoce, hein ?

Ca se voit à ton style. On sent bien que tu as très envie de devenir enseignante plus tard pour mener les mioches à la baguette ! Ton « observez les poussière » rappelle les problèmes d’arithmétique auxquels on nous confrontait jadis :

« Dites à quelle heure le train parti de A vers B à 8 heures 30 et qui roule à la vitesse de 130 kilomètres à l’heure rencontrera le sanglier parti de X vers Y à l’heure H, l’instant T…
Calculez le retard probable du train. Même si vous n’êtes pas une lumière, ne répondez pas : « 10 heures et des poussières », s’il vous plaît. »

Comment ? Qu’est-ce que tu dis, Mina ? Ce ne sont pas des mathématiques, c’est de la poésie urbaine ? Mais il fallait le dire, ça change tout parce que là, du coup, je m’y colle au mur de l’église. Et je rends mon devoir :



Oui, Mina, c’est vrai, on ne voit pas trop de poussière qui danse sur les photos. Normal, les poussières, c’est nous. Et moi, pour la danse, je vaux zéro. Par contre, pour la lumière, je puis te l'assurer, Toulouse vaut le coup !

 

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17 décembre 2015

A quoi ça sert que le fou d’uchronie se décarcasse ?

louis-16-a-varennesUne demi-heure plus tard, on arriva dans un petit village appelé Varennes. Personne n’y reconnut le roi tant son déguisement de valet simple d’esprit, d’homme qui avait perdu la tête, était excellent.

Une demi-heure plus tard, le feu n’ayant pas pris sur le bûcher de Jeanne, on la libéra de ses liens et on lui promit la vie sauve contre la promesse qu’elle rentrât chez elle à Domrémy afin d’y garder ses brebis. « Il n’y a pas de raison que les générations futures vous fassent la fête le premier mai. Ce jour-là, c’est la fête du travail et vous, tout ce que vous avez décroché jusqu’à présent, c’est un CDD de porteuse d’armure. Retournez faire vos preuves sur le terrain, revenez à vos moutons et on en reparlera ensuite. Et arrêtez de jouer avec ce téléphone portable ! Dites-vous qu’il n’a pas encore été inventé à notre époque ! Ce doit être un patrouilleur du Temps qui l’aura égaré !» conclut le capitaine Anderson en la menant aux portes de Rouen.

Une demi-heure plus tard, on attendait Grouchy et ce fut lui qui arriva. « Il n’y avait pas de raisons que ce fût Blücher, surtout en période de soldes » commenta l’Empereur.

Une demi-heure plus tard, un nommé Ravaillac qui passait rue de la Ferronnerie glissa sur une merde de chien et s’étala de tout son long. Pour une raison inconnue de tous il avait à la main un énorme poignard sur lequel, dans sa chute malencontreuse, il s’empala. L’homme ignorait sans doute la chanson que le poète anglais Kevin Ayers interpréta jadis à l’Elysée Montmartre :

" La ville de Paris est très belle
Champs-Elysées, Tour Eiffel
Mais sur les trottoirs de Paris
Y’a quelque chose de pas joli :
Caca, caca, partout caca ! "

Une demi-heure plus tard, la Bastille était prise. La populace hurlait : « Libérez nos camarades ! » mais il s’avéra qu’à l’exception d’un aristocrate enfermé là en raison de ses écrits licencieux, lequel ne désira même pas sortir de sa cellule, la prison était vide d’occupants.
- Tout ça pour ça ? se demanda le peuple. Et pour que l’on construise ici un opéra très moche ? Non merci !
Et ils retournèrent tous prendre la diligence de 8 h 47 pour Domrémy. Là-bas ils s’y firent engager comme bouchers-dépeceurs dans la fabrique de gigots de moutons de la famille Darc.

Une demi-heure plus tard, l’empereur avait pris sa décision. Plus question de se faire sacrer ni d’enquiquiner les mômes avec cette idée folle d’inventer l’école. Il se planta des fleurs dans la barbe et partit élever des chèvres au Larzac. Peu lui importait désormais d’unifier l’Europe des Goths, des Wisigoths, des Ostrogoths et des ophtalmos joueurs de go. « Bien entendu, se justifia-t-il, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant "l'Europe !", "l'Europe !", "l'Europe !", mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Et puis d’ailleurs, cabri, c’est fini ! ».

Une demi-heure plus tard, l’archiduc décida subrepticement d’annuler sa visite à Sarajevo et de venir chez moi pour fêter mon anniversaire.

Une demi-heure plus tard je tournai la dernière page de mon livre d’"Histoire de la France parallèle et par Toutatis". Je songeai que si j’en recopiais quelques passages piochés de ci de là, mon Défi du samedi serait vite écrit. Cela aurait pu sembler malhonnête mais j’eus l’idée d’entreprendre des recherches.

 

arrestvaren

Une demi-heure plus tard, j’étais complètement rassuré. J’avais découvert sur Internet qu’avec Gilles Debinche et Mick D. Bill, Toutatis était un autre de mes pseudonymes ! L’honneur était sauf.

Une demi-heure plus tard le royal carrosse s’enlisait dans la vase à Soissons. Pendant le désembourbonnage, un dénommé Clovis Trouille identifia une des passagères comme étant la reine Marie-Antoinette. Ce n’était pas malin non plus, en ces temps de disette, de s’empiffrer goulument de brioche sous le nez et la barbe des prolétaires.

 

Adieux de Fontainebleau

Une demi-heure plus tard, on annonça que tous les vols à destination de Sainte-Hélène étaient annulés. L’Empereur tenta alors d’échapper à ses gardiens. Il y laissa sa chemise mais parvint à s’enfuir et à regagner Fontainebleau.

Une demi-heure plus tard, Laure Manaudou exultait encore. C’est qu’on n’arrête pas aussi facilement qu’on ne le croit un orgasme familial et olympique.

Une demi-heure plus tard, le canard était toujours vivant.

4 juillet 2014

Céleste est mal barrée ! (Joe Krapov)

(E-specially dedicated to my dear uncle Walrus)

Quand il commençait à se battre avec son oreiller, à constater qu’il s’était mis au lit trop tôt, à décortiquer les phases de son endormissement et ses impressions de rêve éveillé ou pas, elle arrivait pour le soutenir, pour l’abrutir, l’embrouiller, l’embrumer mais elle faisait pis que tout car malgré son homosexualité, elle voyait bien qu’il ne voulait pas se laisser aller dans les bras de Morphée et c’est donc elle qui, hachée de points-virgules, souillée de subjonctifs plus que parfaits mais fortement chargés en miasmes et en chiasmes, étirée jusqu'à plus soif en vue de perturber la compréhension du lecteur éventuel, récupérait les symptômes de l’écrivain asthmatique et se trouvait comme aspirée dans le tourbillon de la douche mémorielle projetée à jet continu sur les parois du souvenir et la nostalgie crasse se détachait par bribes, l’encalminait au point que tout un univers de jeunes filles en fleurs, de barons, de causeurs, d’aristocrates, de salonnards et de gloseurs, avec un art certain de ventiler le snobisme et la pseudo-modernité au sein d’un classicisme verbeux et pédantesque l’envahissait, lui donnait le tournis, lui faisait oublier sa justification première, à savoir la joie de communiquer simplement une idée, une émotion, une douleur, une banalité, un échange de politesses, du genre « Si le nez de Cléopâtre avait été plus long on n'en s'rait pas là !», « Tiens tiens tiens c’est le printemps qui vient !» « Et l’on dit merde en se pinçant les doigts », « Tout va très bien madame la marquise », «Vous permettez que j’déballe mes outils ? Oui mais faites vite qu’on lui a dit» et c’en était au point qu’elle avait des velléités grossières de soulager son maître, son auteur, de lui suggérer les mêmes pratiques physiques que celles qu’il faisait subir à l’intellect patient de ses lecteurs intellectuels et elle riait sous cape en imaginant que le petit Marcel eût pu, plutôt que de perdre son temps à s’agiter les neurones dans le noir, étrangler frénétiquement le borgne, recourir à la veuve Poignet, dessiner dans ses draps fins une carte de France animée sur laquelle le hasard lui eût fait disposer, d’un jet ou de plusieurs, Jouy-en-Josas, Gif-sur-Yvette, Bourg-la-Reine et Tremblay-les-Gonzesses dans un même alignement géographique surréaliste mais elle savait bien que chez ces gens-là, monsieur, ça ne se fait pas et que cet humour de garçon boucher ou de troisième mi-temps de match de rugby qu’elle tenait de son mari chauffeur de taxi, s’il avait eu sur l’insomniaque l’effet d’endormissement béat souhaité, n’eût pas été goûté de la postérité admirative pour qui elle-même, tirant à la ligne, usant de ficelles grosses comme celles qui soutiennent au-dessus de la rue populeuse le funambule somnambule, faisait tout son cirque ce soir, bien qu’elle ne fût qu’une modeste servante dévouée à l’accomplissement de l’œuvre majeur, se fatiguant au bout du compte de ce qu’on pût passer ainsi sa vie à causer, gloser, dégoiser sur un monde si étriqué alors que l’on sortait d’une énorme boucherie, 14-18 qui eût dû logiquement faire agir, réagir et lutter contre le même système qui avait permis cela, et rêvant du moment où, à la phrase alambiquée, tortueuse et finalement très amusante qu’elle était, Marcel, malgré qu’il en ait, consentirait à mettre un terme en posant, à l’issue d’une dernière aspiration d’air frais à la fenêtre ou au terme d’une énième relecture, son stylo et un point final qui lui eût permis à elle-même, pauvre phrase céleste égarée dans un océan de papier prétentieux comme une humble prolétaire ne comptant que pour beurre dans un magma de sept milliards d’individus, de se terminer à sa façon, ou plutôt à celle de Charles Trénet qui chantait que « Les jours de repassage, Dans la maison qui dort, La bonne n'est pas sage Mais on la garde encore : On l'a trouvée hier soir, Derrière la porte de bois, Avec une passoire Se donnant de la joie".

DDS305 Céleste Albaret

Céleste Albaret par Jean Claude Fourneau (1957)

27 juin 2014

Légende urbaine de la campagne et java bleue avec chapeaux (Joe Krapov)

Edinburgh, le 24 juin 2014, de notre envoyé spécial :

DDS 304 Monstre du lac

Un drame affreux a failli se dérouler tout au fond du Loch Ness où une équipe de scientifiques de l’Université de Rennes 3 opérait des recherches autour du soi-disant « monstre » qui sévirait ou aurait sévi par ici.

Deux hommes-grenouilles se sont en effet violemment querellés en cours de mission sous-marine. D’après les premiers éléments recueillis auprès du commissariat de Drumnadrochit il s’agirait – Ah, ces Froggies ! - d’une rivalité amoureuse qui aurait pu très mal tourner si le professeur Denis D'Eglise-Trouée, responsable de l’expédition, n’avait pas fait appel à la brigade internautique locale commandée par Mlle Imogène Mc Carthery.

Nos agents ont fourré les deux Frenchies au bloc au motif d’envoi de pêches en eau trouble. On peut donc affirmer sans aucune Nessie-tation que le « monstre du lac » court toujours mais que l’aura négative qu’il projette sur notre pays a encore fait des victimes.

Il n’y aurait pas là de quoi en faire tout un plat si quelques membres facétieux de cette université de Rennes 3 n’avaient tiré de cet incident une chanson qui tourne sur les campus et fait un carton (-pâte) monstre sur Youtube. 

N.B. "La Java des hommes-grenouilles" est une oeuvre du formidable Ricet Barrier.

30 mai 2014

99 dragons : exercices de style. 27, Villanelle (Joe Krapov)

Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !
Une rose a mis fin au règne de l’hiver,
Une rose a percé la pierre de la neige !

Nous voici libérés de l’affreux sacrilège,
Du monstre qui sema ici un bel enfer !
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !

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Répandez la nouvelle en délicieux arpèges !
Notre libérateur nous a sauvés hier :
Une rose a percé la pierre de la neige !

Il s’appelle Saint-Georges et son Dieu le protège.
Dans l’infâme dragon il a planté son fer.
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !

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Dîtes à l’étonné l’étrange sortilège :
Des entrailles glacées, de ce frigo ouvert,
Une rose a percé la pierre de la neige !

Clamez-le haut et fort, plus rien ne nous assiège !
Portez la foi nouvelle aux bornes d’Univers !
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !
Une rose a percé la pierre de la neige !

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N.B. Les trois photos qui illustrent cette villanelle
ont été prises à Barcelone en avril et mai 2014

6 mai 2014

TRAVAIL DE MISE AU POINT

MIC 2014 05 05 machinery


En tirant les manettes

J’ai stoppé la machine.
Sur un bout de moquette
J’ai posé, délicat, 
Ses vis, ses engrenages,
Ses boulons, ses rouages,

Ses tiges, ses courroies ;
Et puis j’ai remonté,
En assemblant de tête,
Le monument d’amour
Que l’on pouvait tirer
De ce monstre-assemblage.

MIC 2014 05 05 Cri d'amour 2

De la réalité
Je tire en vérité
Des bijoux singuliers.
Ils n’ont qu’un seul défaut :
Ils ne sont pas réels.
Nous en sommes d’accord.

Et puis de la chanson
Que chantait Jakie Quartz,
Pour les fous que nous sommes,
J’ai repris tous les mots
Et les ai recollés
Pour qu’autrement ils sonnent :

En rêve toutes les nuits
Les plus belles images
D'un superbe voilier
Ramènent le couplet
Des soucis à se faire :
Je le connais par cœur.

C'est une histoire sans fin
Pour toutes les victimes
D'une love-story :
Juste au mauvais moment
L'heure se met en grève
Sur un air de romance.

Le blues pour s'installer
Se repasse le film.
On revoit les débuts
Et on connaît la fin,
Le manque de façons
Sur les clichés trop pâles.

D’un amour à un autre
Nos lits improvisés
Ne font rire que nous.
Gros plan sur l'état d'âme
Du trop de romantisme,
Sur l'amour immortel !

Juste quand le sommeil
Laisse les yeux fermés
Malades de l'amour,
Quelques verres de vin
Fatiguent tout le monde
Dans un night-club désert.

Juste une mise au point :
Pour tous les souvenirs
Que vous donne la vie,
La beauté de la mer ;

Juste un petit clin d'œil :
Au soleil de survie
Qui se tire en râlant
Tes yeux disent : « je t'aime !».


De la réalité
Je tire en vérité
Des bijoux singuliers ;
Ils ont pour qualité
De n’être pas très vrais.
Nous en sommes d’accord !

3 avril 2014

Au revoir, Petite fleur !

1
C’était un très fumeux big band
Qui datait un peu du Big Bang :
On jouait du jazz Dixieland,
On était fringués comme Jack Lang,
Ch’veux plaqués à la brillantine
Sauf un échalas qui détonne.

Si vous aviez vu la trombine
Du gars qui jouait du trombone !

2
C’était la môme Joséphine
Qui jouait du grand saxophone.
Elle envoyait sa sonatine
Dans l’pavillon du sonotone
Des clients qui prenaient racine
Au casino de Carcassonne.

Si vous aviez vu la trombine
Du gars qui jouait du trombone !

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3
L’alto jouait du Borodine,
Le chef hurlait : « Il y a maldonne !
Vous jouez à côté d’vos bottines,
Le programm’ c’est Duke Ellington !
On doit faire danser Ernestine !
Balancez-lui un Charleston ! ».

Si vous aviez vu la trombine
Du gars qui jouait du trombone !

4
Le chanteur buvait trop de fine
Certains soirs il était aphone
Mais, toujours d’une humeur badine,
Il entamait, pour qu’on s’bidonne
La chanson d’Anna Karénine
Qu’avait composée John Lennon !

Si vous aviez vu la trombine
Du gars qui jouait du trombone !

MIC 2014 03 31 100425_300_m

5
La chanteuse s’appelait Marilyn
Elle avait une crinière de lionne
Nous étions tous amoureux d’elle
De ses froufrous, de ses dentelles.
Elle électrisait toute la troupe
Rien qu’en ondulant de la croupe.

Si vous aviez vu la trombine
Du gars qui jouait du trombone !

6
N’empêche, la jolie Colombine,
C’est lui qu’elle avait à la bonne !
Aussi fûmes-nous dans la débine
Quand après le concert d’Eaubonne
Il piqua notre Marilyn
En lui promettant Babylone

Nous étions d’humeur vipérine,
Chocolats comme Toblerone !

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7
On n’y avait vu que du bleu
Il avait bien caché son jeu !
Le chef en a perdu le goût
De nous faire jouer l’blues du Bayou
L’orchestre fut dissous, c’est moche
Et on en fut de notre poche :

L’énamouré et sa gonzesse
Avaient filé avec la caisse !

8

Si vous aussi êtes musicien,
Je vous le dis pour votre bien,
Faites attention à la bobine
Du gars qui souffle dans l’trombone !

Avec sa tête d’Aldo Maccione
Il combine de drôles de machines !
Avec ses allures d’Al Capone
Il peut embarquer votr’ copine !

4 février 2022

Votez C-3PO ! (Défi du samedi n° 701)

Il y aurait une France,
Une France en errance,
Une France un peu rance,
Une France qui entrerait en transes.

Et Marianne sur son timbre
Se collerait sur une carte
- Postale, pas électorale -
Puis se ferait porter pâle
Et se ferait poster loin
De ces drôles d’olibrius
Qui réécrivent Dreyfus,
Loin de ces beaux discoureurs
Amoureux des dorures
Et d’un poste-imposture.

2122-18 Jean-Paul C-3PO

Voici qui est drôle - ou étrange - dans ce jeu :

C'est toujours un robot du capital qui est élu !

17 juin 2019

Tintamarre dans seize mètres carrés !

Tintamarre dans seize mètres carrés !

 

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La troupe de théâtre Tintamarre, partenaire depuis de longues années de la Maison de quartier de Villejean est venue le 15 juin 2019 y présenter sa nouvelle création. Elle s’intitule « 16 m2 ».

Pour bien clôturer la fête de la MQV

Celles et ceux des Villejeannais.es qui avaient survécu, samedi dernier, à l’assemblée générale de l’association «Rencontre et culture», à l’apéro du midi, à la fête du jeu, aux prestations théâtrales des ateliers et de la Troupe d’Improvisation rennaise, à la danse country, aux danses africaines de Synzhoi, à la partie de baby-foot humain, à l’apéro du soir et à d’autres agréables moments ont été bien récompensés de leur endurance. Sur le coup de 20 heures la troupe Tintamarre est venue installer, gratuitement, dans la salle de spectacle, son joyeux… tintamarre !

Un récit de cape et d’épée dans un espace réduit

Après «Arsenic et vieilles dentelles», Tintamarre est retourné plus loin dans le passé et s’est attaqué à une pièce historique de Théophile Gautier, «Regardez mais ne touchez pas !». De cet auteur romantique du XIXe siècle on se souvient surtout du « Capitaine Fracasse ». L’action de cette pièce se déroule en Espagne et c’est un pastiche des drames romantiques historiques nombreux à cette époque où «sévissaient» Alexandre Dumas et Victor Hugo.

16  !

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Pourquoi changer le titre de la pièce en « 16 m²» ? Parce que c’est un sacré défi que de monter un récit de cape et d’épée dans l’espace réduit d’une scène de théâtre.

Le pari est d’autant plus difficile à réaliser que l’argument de la pièce tourne autour d’un cheval lancé au galop et du mystérieux inconnu qui, en l’arrêtant, sauve la vie de la reine d’Espagne.

Le spectacle est hilarant car bâti sur une mise en abyme : les comédiens sont en répétition et leurs personnalités s’affrontent dans la vie sur le plateau comme dans le récit espagnol. Le metteur en scène a modifié « grave » le texte de la pièce sous prétexte qu’on va la jouer pour des élèves d’un lycée d’éducation prioritaire de la ZUP ! La personnalité emportée de Ludovic, l’acteur principal, pourra-t-elle être canalisée sur scène ?

E viva España !

Les petits travers de ces comédiens et des grands d’Espagne qu’ils incarnent, un oncle fêtard, un Don Melchior menteur, dragueur et ambitieux, une Griselda rouée et une Béatrix amoureuse, les quiproquos dus à l’obscurité dans les jardins d’Aranjuez, tout cela nous mène vite du côté de Tex Avery et le délire s’installe bientôt sur la scène.

Mais ne dévoilons rien ! Disons qu’il y a de la vidéo, de la musique, des anachronismes, du délire, une boule à facettes, cinquante nuances de roman-photo, un duel, un mort qui ressuscite et gageons que vous aurez très envie, si vous aimez rire, après avoir vu la bande annonce ci-dessous, d’aller découvrir ce formidable spectacle plein de drôlerie, de rythme et de pétulance.

Ne le ratez sous aucun prétexte. Notez dans votre agenda qu’il sera rejoué au Théâtre de la Parcheminerie, en centre-ville de Rennes, le dimanche 30 juin à 17 heures et que Tintamarre le redonnera en septembre, deux soirs de suite, à la Maison de quartier de Villejean. Olé ! 

23 mars 2018

RÉÉCRITURE CIRCASSIENNE D'UN CHEF-D'OEUVRE PISCÉNOIS

DDS 499 funambule supertramp

- J’ai beau être sous ta férule,
Ma chère maman que j’adule, 
Je ne veux pas faire funambule !
Très peu pour moi !

Depuis cet étroit monticule,
Sur le fil d’une tarentule
Avancer comme un somnambule ?
Très peu pour moi !

Ca fait frissonner les globules
D’une populace incrédule ?
Ca relève des travaux d’Hercule ?
Très peu pour moi !

Il y a parmi ces minuscules
Un détestable groupuscule
Qui attend juste que tu bascules !
Très peu pour moi !

S’écraser en tas de fécule,
S’accidenter au crépuscule,
S’éparpiller en particules ?
Très peu pour moi !

Je ne connais pas la formule
Pour se changer en libellule !
Et casser mes jolies rotules,
Très peu pour moi !

- Arrête ce conciliabule
Qui nous brise les testicules !
On a compris ton préambule,
Vieille tête de mule !

N’empêche, pour gagner ton pécule
Et faire claper tes mandibules
Faut autr’ chose que tes opuscules
De poésie, vieux ridicule !

Arrête de nous faire une pendule,
T’impressionnes pas la pellicule !
T’es jamais qu’un ancien ovule !
Numérote ton matricule !

Tu vas pas t’dorer la pilule
Jusqu’à ce que vienne la sainte-Ursule !
Dis-moi donc, triste noctambule,
Espèce de crapule à pustules

Qui bulles sans aucun scrupule, 
Ce que tu veux faire comme boulot,
A part fainéant majuscule,
Dans notr’ petit cirque ambulant ?

- Moi, je veux jouer de l’hélicon !
Pon pon pon pon !
 

20 mai 2022

Français langue étrangère (Défi du samedi n° 716)

« Au diable la varice ! » comme disait cette dame qui n’avait pas la veine d’avoir de jolies jambes. Dès lors elle ne s’épargna pas, elle se dépensa sans compter, elle jeta tout sur le tapis et eut une collection d’amants tout ce qu’il y a de plus honorable - la collection, pas les amants bien qu’ils l’eussent couverte de cadeaux fort mérités du reste parce qu’il n’y a pas que les guibolles dans la vie.

Après tout la beauté ne se mange pas en salade et je connais plein de dames à qui ça fait une belle jambe de savoir que moi-même ai de beaux mollets.

DDS 716 Picsou

Tandis que ce vieux grigou d’Onc’ Picsou, je ne suis pas certain du tout qu’il y ait eu une tante Picsou dans l’histoire. Je ne puis cependant pas l’assurer car j’ai toujours été plus Tintin que Mickey, plus Belge qu’Américain sans parler des aspects plus russophiles de mon environnement, car c’est de très mauvais ton de les évoquer aujourd’hui. Du reste, qui connaît encore Pif le chien de nos jours ?

De la même manière, je n’ai jamais vraiment entendu parler de grigoute mais je suis certain que le « biloute » des Ch’tis n’a pas de masculin. Un bilou, ce serait quoi ? Pareil pour choucroute alors que le masculin de La Redoute c’est le redoux.

Un homme soûl dans la soute, un homme roux sur la route et des zazous à Knokke-Le Zoute. C’est quoi le féminin de Knokke, docteur ? Et celui de zoute ?

Ah ça je sais, c’est « zout ». Ne dit on pas "j’ai un poêle à mazout" ?

C’est vraiment compliqué, la langue française ! Je plains les étrangers !

15 octobre 2021

TAR' TA GUEULE A LA RÉCRÉ ! (Défi du samedi n° 685)

Il nous propose une baston !
Un uppercut sous le menton !
Un coup d’genou dans les roustons !

Se faire piétiner les arpions ?
Se faire traiter d’avorton ?
Se prendre deux ou trois jetons ?
Choper des gnons ?

Qu’on nous distribue des mandales ?
Qu’on nous bloque les cervicales ?
Qu’on se prenne des baffes en rafale,
Des coups d’savates aux génitales,
Qu’on en avale ses amygdales ?

Est-on suffisamment d’attaque
Pour affronter une baraque,
Un chef de mercenaires cosaque
Ou un super-métèque d’Ithaque,
Plus ou moins braque,
Qui vous refile des coups de matraque
En plein dans le creux d’l’estomaque ?

Chercher l’altercation,
Rêver de collision,
De coups de lattes au croupion,
De bleus, de contusions,
De bris de dentition,
D’hémoglobine
Qui se débine,
De pulvérisation
Jusqu’à l’extrême onction,
J’suis désolé, Tonton,
Ça frise l’in-correction !

Mais je ne dis pas « Ouste ! ».
Si t’as besoin d’une rouste
On peut se castagner,
S’empoigner,
Se foutre une peignée
Sur mon bel échiquier.

Je te laisse les blancs,
En tout bien tout honneur.
Commence, Monseigneur !
Si tu cherches un champion,
Si tu veux être vainqueur
Avance un petit pion
Ou sors un cavalier !

Tu vas voir ! Ça va chier !

DDS 685 iznogood-Renegoscinny-echecs

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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