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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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22 février 2013

ROUE DE FORTUNE par Joe Krapov

MIC 2013 02 18 tarot 2

Lorsque j’étais bateleur d’un orchestre de jazz, j’avais pas mal de temps pour moi entre deux concerts. Je savais que la roue de la fortune ne tournerait qu’un temps en ma faveur aussi avais-je repris des études de voyante extra-lucide par correspondance (CNED-toi, le ciel te CNEDera, dit le proverbe). Il y avait l’option astrologie, la filière marc de café et même une UFR boule de cristal et foulard gitan mais j’étais surtout taraudé par les cartes du jeu dit de Marseille.

Je tenais aussi à l’époque une espèce de journal intime sur des cahiers à petits carreaux dans lesquels je balançais toutes sortes de choses.

A la suite d’un rêve étrange fait récemment, je suis allé il y a peu dans mon grenier récupérer un de ces vieux cahiers. Le rêve que j’avais fait se déroulait sur un marché aux puces. J’y faisais l’acquisition d’un journal intime. Je le feuilletais : il y avait des dessins, des mots, des photos collées ou glissées entre les pages. Sur l’une d’entre elles, je me reconnaissais. En fait, ce document que j’achetais, c’est moi qui l’avais rédigé !

Ce vestige de l’âge du jazz que je suis allé rechercher pour le comparer à ce que j’avais vu en rêve, j’y ai trouvé des notes et des aphorismes dont je vous livre ici quelques extraits. Ce n’est pas qu’ils vaillent grand-chose mais…

 

MIC 2013 02 18 fitzgerald

Combien de miles le fou qui escalade la montagne peut-il parcourir avnt qu’il ne dévisse ?

La tiare déposée du pape et les chaussettes de l’ArchieChepp sont-elles sèches archi-sèches ?

Toujours énervé par sa femme , l’empereur Georges qui ne la comprend guère chouine.

Si tu as le tempo rance, fais preuve de tempérance. Méfie-toi de cette fragrance, ne t’en parfume pas trop. Si une femme sans parfum est une femme sans avenir un homme qui sue est un homme qui pue et ça, ça tue !

Qu’est la corde du pendu sinon un licol porteur ?

A s’agiter entre ses fûts et ses caisses pour ne pas être à contretemps, le batteur n’en a guère pour s’adonner à l’art Tatum du contrepet.

Ce rêve que j’ai fait et son prolongement réel retrouvé dans mes archives m’ont donné une drôle d’idée. N’aurais-je pas finalement, à force d’étudier alors, hérité de capacités médiumniques ? Ne possèderais-je pas le pouvoir d’influer par les rêves sur la réalité ? Si j’allais par exemple, en rêve, sur le même marché aux puces, tomber en arrêt devant un livre sans titre qui deviendrait, une fois publié un best-seller qui me rendrait riche au point que je doive m’exiler en Irlande ou en Belgique pour ne pas payer trop d’impôts à l’administration de mon pays natal ?

Au sortir de ce deuxième rêve, je monterais dans mon grenier et j’en redescendrais avec un des manuscrits qui y dorment. Si le livre dont tout le monde a besoin était là, il me faudrait trouver aussi la force d’aller faire la pute chez un éditeur. Il me faudrait également prendre un pseudonyme pour ne pas avoir honte d’être un aussi mauvais citoyen. Je crois que je choisirais quelque chose comme Rodrick Nosferas. Est-ce que ça vaudrait le coup de n'être plus soi-même, de devenir un "je" qui serait un autre comme disait Rimbaud ?

Allez, au diable la magie ! Jetons au loin ces cartes de sorcière et ces souvenirs de l’époque où j’étais bateleur. Je n’ai pas envie de rencontrer des journalistes qui ne comprendront rien à ma démarche artistique. Je n'ai pas envie d’apprendre le belge pour économiser du fric. Je préfère continuer à demeurer sur le quai Saint-Cyr à Rennes où la véritable paix niche et où, par-dessus mes disques de jazz, je puis m’adonner à ma passion de toujours : la batellerie*. Tant pis si ce manque d’ambition fait jazzer dans le Landerneau littéraire d'après-demain !

* La batellerie est l’art du bateleur : cela consiste à rêver de voyages bizarres en regardant des bateaux à l’arrêt.

 

MIC 2013 02 100110_042

 

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30 janvier 2013

CAUSERIE DES FAMILLES par Joe Krapov

MIC 2013 01 28 magritte

Bien que je sache parler un langage soutenu chaque fois qu’il est nécessaire d’en user, j’ai aussi beaucoup d’affection pour le langage familier. J’estime qu’il est source de grande poésie, pour peu qu’on se laisse aller, et j’en suis fort capable, à des divagations dans le surréalisme.

En langage familier, un parapluie s’appelle pépin. Je me plais à imaginer la pomme que l’on couperait en deux et dans laquelle on trouverait un parapluie. J’ai cru qu’un autre grand poète avait exploité avant moi cette image surprenante mais non, chez Magritte c’est un verre d’eau qu’on trouve sur le pépin et sous le melon il y a une pomme !

 

MIC 2013 01 28 magritte pomme

En langage familier, le baiser s’appelle patin. Il répond aussi quand on l’appelle pelle. Si un baiser volé vaut mieux qu’un baiser légal, il faut savoir qu’on donne ou échange un baiser mais qu’on roule un patin ou une pelle. Attention cependant : en hiver, à la patinoire en plein air de Strasbourg, il faut prendre des précautions en s’adonnant à ce sport amoureux dangereux : certains patins ont en effet des lames effilées : ca peut vous couper le souffle ou le sifflet. Quand votre partenaire refuse que vous lui rouliez une pelle, vous vous sentez terrassé et cela s’appelle "prendre un râteau". Le râteau se prend parfois dans les dents bien qu’il en soit pourvu lui-aussi. Si cette chose vous arrive, il ne vous reste plus qu’à faire comme au jeu des sept familles : Pioche !


MIC 2013 01 28 magritte baiser

En langage familier, quand on veut signifier « il y a plus d’un lustre » ou « A cette époque-là où même Line Renaud n’était pas née » on dit « il y a deux siècles et des poussières » ou « il y a cinquante ans et des brouettes.
Sur le baiser et les brouettes en littérature, l’exemple que je cite volontiers est extrait d’un roman de Daniel « Embrassez-moi Defoé plutôt qu’une ! ». C’est celui-ci :


MIC 2013 01 28 moon's up par Joye

« Quelquefois Robinson Crusoé se désolait. Il confiait alors à son compagnon d’infortune :

- Vois-tu, Vendredi, cela va faire cinq ans et des brouettes aujourd’hui que je n’ai pas roulé une pelle. »
Le noir ne répondait rien mais en son for intérieur il se posait des questions sur la façon de jardiner de Robinson. A quoi pouvait donc bien servir de mettre une pelle dans une brouette et d’avancer ? Et d'abord pourquoi une pelle ? Pourquoi pas un patin ou une galoche ? Le naufragé lui sembla plus étrange encore une fois qu’il lui eut posé cette question saugrenue :
- Et toi ? Que penses-tu du mariage des homosexuels ?
Pour un peu il aurait considéré que Robinson était con comme la Lune."

 

MIC 2013 01 28 magritte lune

En langage familier la lune désigne parfois le derrière mais on peut également utiliser « popotin » ou « pétard ». Ce dernier mot sert aussi à exprimer qu’on est en colère : être en pétard. Le rapprochement de la face (que l’on perd par son ire) et des fesses n’autorise pas pour autant les fils, quoi qu’en ait Oedipe, à traiter leur père de « tête de cul ». Par contre on voit souvent des pères d’étudiants se mettre en pétard parce que leur fils se lève le matin avec « la tête dans le cul » ce qui signifie qu’il n’est pas bien réveillé, mal déplié et peu disposé à se plier aux règles.

 


En langage familier, pour revenir au jardinage et au verger de Robinson, celui qui, comme moi, intervient à tout bout de champ, on dit de lui qu’il ramène sa fraise. A celui-là on demande parfois qu’il écrase sa banane, qu’il se fasse discret. Au demeurant, s’il insiste et que le conflit dégénère, on peut le frapper au visage en lui balançant une pêche en pleine poire. Cette punition ne comptera pas pour des prunes ni pour du beurre surtout si’ l’œil a pris la couleur noire de celui-ci. On dira alors que c’est bien fait pour sa pomme ! Ca lui apprendra à raconter des salades… de fruits !

Du coup avec la pomme la boucle est bouclée. Nous voilà revenus au point de départ et ma causerie d’ancien étudiant en linguistique de l’Université de Lille III peut se terminer là. La prochaine fois, si j’ai la cerise, nous réfléchirons au rapport qu’il y a entre con comme la Lune et con comme un balai. Vous verrez, c’est bête comme chou ! D’ici là pensez à faire le ménage car j’ai l’impression qu’à me l’être tant pris, le chou, j’ai dû en faire tomber quelques feuilles sur vos tables !


Bonne semaine à vous !

1 septembre 2012

De chacun selon ses capacités à chacune selon ses besoins : uchronie (1) par Joe Krapov

 

MIC 2012 08 27 marx

En passant par la Lorraine
J’ai rencontré Karl Marx à la fête foraine !
Il n’a pas fait de chichis et m’en a payé un cornet
Puis m’a raconté ces sornettes
Avec des rimes un peu bébêtes
Trop nombreuses pour un sonnet :

Un gars un peu marteau m’a filé une faucille
Pour qu’on s’offre un mano a mano à Manille.
J’ai fauché les jonquilles et vu les jonques d’Hong Kong,
J’ai été en bisbille avec de vieux barbon s
Et j’ai pris la Bastille : ce fut une belle baston.
J’ai dansé la chenille près de Château-Chinon,
Embrassé une belle fille plus sourde que Tryphon (2) :
Dépourvue d’écoutilles elle avait l’air tout con.

 

 

MIC 2012 08 27 jeanneton

Fine comme une brindille, elle s’appelait Jeanneton
Elle était écuyère
Elle avait des béquilles et habitait Bécon-
-Les-Bruyères
Elle ouvrit grand ses billes quand je lui fis cadeau d’un flacon de sent-bon,
Me dit :
- On danse gambille ? Une partie de jambons ? »

Tout près de la charmille j’ai garé mon camion.

- Tu as de jolies chevilles…
- Achevons ! Achevons !*
Viens que je te mordille pendant le rigodon,
Sors donc de ta coquille et viens dans mon cocon !
- Veux-tu qu’j’te déshabille ? Quoi ? Moi d’abord ? Ah bon !

Voilà que j’écarquille les yeux, drôle de garcon
(Nous vous le concédons, j’oubliai la cédille !).
La mouflette m’émoustille, s’empare de mes roustons,
V’la Popaul qui frétille et lors nous affrétons
Une gentille flottille amoureuse vers Boston,
Chargée de pacotille et nous empaquetons
Des sachets de vanille dans de très grands cartons.
La voilà qui croustille et qui érige ses tétons.
Elle glisse comme une anguille. Dans l’herbe, exsangues, nous tanguons.

Face à cette Blanche de Castille il ne faut pas qu’tu flanches, Gaston (3)
Faut pas être de la courtille, il ne faut pas qu’nous écourtions
Faut pas se bousiller la ch’ville comme ce moscoutaire de Fillon.
Lorsque tu ne touches pas ta bille, pour le banc des has been, t’es bon !
Shoote-toi à la Camomille comme le font tous les mormons !

L’Escadrille de nos caresses met en marche tout l’escadron
De nos papilles et tous nos sens volètent comme papillons.
Bientôt voilà qu’on s’entortille dans d’innombrables contorsions,
L’heure de joie du méchant drille a sonné sur le carillon.

- Sens-tu ? J’ai le cœur qui frétille de ces estimables pressions
Dis donc ! Comme ça se goupille ! Que de trésors nous grapillons !
Qui se cachaient sous ta Mantille. Je leur accorde une mention ! ».

Puis l’on se suce la pastille et chante l’air du postillon (4)
Encore, encore, je te fusille et je mets nos corps en fusion
Et voilà qu’elle s’égosille, qu’explose au plaisir l’oisillon ;
La jouissance s’éparpille de l’occiput jusqu’aux arpions !
On ne peut pas dire qu’ell’ roupille, la Jeanneton au beau croupion !

Puis après ces quelques vétilles, il faut que nous nous revêtions.
C’est là que je me recroqueville devant sa proposition
De revenir pour un quadrille demain avec le chaperon
Rouge et le barbier de Séville qu’elle dit monté comme étalon !


Voyez mes gens comme on gaspille une idylle digne de Cupidon !
Ce ne sont pas des peccadilles, je ne cache pas ma répulsion :
J’l’ai mal vécu, je dégobille mon pop-corn et mes croustillons !
Ses capacités sont trop grandes et mes besoins peu importants.

Ce récit d’un amour naissant, mort dans l’œuf en un rien de temps,
Qu’il vous apprenne qu’on décille et qu’il vous serve de leçon :
Il se peut, de fil en aiguille que l’on tombe sur un aiglon :
Cet oiseau de passage, polisson qui torpille, peut même porter jupon !

Là-dessus il partit jouer aux quilles et d’vint l’ami des néo-con !

Quant à moi mes ami(e)s voici
Ce que je pense de ce récit :
J’n’irai plus jamais en Lorraine entendre pareilles inepties !
Je préfère de loin la Vilaine où l’on n’entend qu’des Krapoveries !

 

1) uchronie soit qui mal y pense !
2) Tournesol, bien sûr
3) Gaston est le deuxième prénom de Karl-Gaston-Enavant Marx
4) De Longjumeau !

10 mai 2012

Y aller tout de go ! par Joe Krapov

Dans un abominable tournoiement de voyelles et de dentelles la folle de Chaillot, suivie d’une kyrielle de chats énamourés qui miaulent leurs émois d’en chaleur du mois d’août, vint s’affaler sur le divan de Siegmund Freud.

- Je suis claqué, dit Jacques Lacan.
- Je ne suis que laqué dit le canard chinois en claquant le pupitre.
MIC 2012 05 07 bus désir- Je m’en fous, dit la folle. Envoyez le yaourt que je pédale dedans (1) ! Parlez-moi comme si je ne prenais pas langue avec un émissaire d’un pays étranger. Dissolvons l’absolu, chatouillons le sublime et le subliminal, sublimons le guili-guili. Tirez-moi la languette et ce sera bien le diable si de l’automatique ne sort pas ne serait-ce qu’une balle perdue, celle dont Bourvil chantait qu’il ne s’en souvenait plus. Je vous émoustillerai, mon Siegmund de mes deux, à la Salpêtrière. Mais les douaniers qui arraisonnent la cargaison de mon désir me retiennent un chouïa dans leur vilaine casemate. Il vous faudra attendre, en fumant votre épouvantable cigare, que je reprenne goût à la grande vadrouille et que la patrouille me relâche. Iatrophobe dissolue, aristocrate batifoleuse, je n’aurai de cesse, ô mon bien aimé, que d’être consommée, consumée, comprimée plutôt que périmée du périnée. Amoureuse rieuse, amulette ombrageuse, allumeuse lulumignonne autant que fanion bourguignon, terrible amuse-gueule d’agapes tonitruantes, je chialerai, je piafferai si ne sort pas de sous ma tiare de diablesse quelque lapsus parlant, quelque association d’idées folles dont tu feras ton miel. Hérisse-moi le poil, tire sur le cheveu jusqu’à la voie lactée : à l’infini du tif se trouve l’inconscient sourire du yaourt, l’épastrouillant, le diabolique bifidus, celui qui n’a foi qu’en lui-même et en son double négatif, la petite morue prise dans les filets du remords cœur d’artichaut lapin des Landes. A la saison des pêches, récoltez les noyaux, ramenez-les at home et mettez-les dans des bocaux pour les vendre au Trocadéro tandis que s’amenuise le sens de la tirade au nez de Cyrano. A la fin de l’envoi, te touché-je, mon gros ? ».

La folle, se tournant, vit que Lacan dormait avec le chat Zigmund sur le plateau de go.


Elle partit sans payer et sourit au printemps. Faites-en autant !

(1) Contrairement à ceux qui trouvent le Giro dur, la folle de Chaillot trouve le Giro doux.

19 octobre 2011

On ne voit pas le temps passer mais il ne fait rien à l'affaire ! (Joe Krapov)

Maintenant c’est tous les cinq ans
Qu’on peut jouer au chamboule-tout
En vue de dégommer le grand
Dépendeur d’andouilles un peu fou
Qui crèche à l’Elysée Palace.
C’est qu’elle est bonne, là-bas, la place !
 
DDS164_3Si t’as pas l’estomac qui flanche,
Tu t’y tapes vraiment bien la cloche :
Super boustiffe, super-boutanche.
Quand ils y sont, ils s’y accrochent
Les politicards bien pépères
Plus ou moins septuagénaires !
 
Et même s’il a les portugaises
Plus ensablées qu’Mad’leine Renaud
Le vieux roublard de la Corrèze
Y coule des beaux jours bien au chaud.
Il aimerait mieux mourir ici
Plutôt qu’au château de Bity
 
Où, paraît-il, c’est mal chauffé !
Tandis que là, dans ses babouches,
Il songe à tout c’qu’il a baffré
Avec l’argent des frais de bouche.
Il rêve des billets d’avion
Vers l’île Maurice et le Japon
 
Et de tous les coups bien foireux
Par lesquels, roi du couteau suisse,
Il élimina les envieux.
Et tel un Raminagrobis
Il se pourlèche les babines
De les savoir dans la débine.
 
- Mais… Joe Krapov…
 
DDS164_2Ce qu’on ne comprend pas vraiment
C’est comment notre grand flandrin
S’est fait soul’ver ses régiments
Par le patron des argousins,
Un p’tit teigneux à talonnettes
Qui montre partout sa binette,
 
Un type qui fait croire aux moukhères
Qu’il a, dans son slip kangourou,
Un machin gros comme un Kärcher
Avec lequel il nettoie tout !
Ah vous m’en direz tant et tant
Sur le cont’nu des culbutants !
 
Moi, l’encravaté de Neuilly
Il peut remballer sa réclame :
Je n’irai pas voter pour lui
Et, devant vous, je le proclame,
Je le hurle, mieux, je le slamme :
Il faut qu’on vote pour des femmes !
 
- …Je crois que tu te trompes…
 
DDS164_1On en a marre de ces bagarres
Entre mecs à grosses paluches !
Il faut confier, et dare dare,
Les clés du pouvoir aux greluches !
Il faut redire ici, en somme :
« La femme est l’avenir de l’homme »
 
Et « l’homme n’est l’avenir de rien ! » :
Il ment comme l’arracheur de crocs,
Il a des manières de vaurien
Il a le bagou des escrocs ;
Premier imbécile venu
Il est sot de chez saugrenu.
 
Nous on veut une présidente
Avec des accroch’-coeurs mignons,
Des agates aux lueurs ardentes,
Des roberts comme des lumignons ;
On veut vivre en Intelligence !
On veut une femme pour la France !
 
On veut unir nos volontés
Pour voir le retour de l’éthique
On veut à volonté bander
Pour le retour du politique ;
Et pour cesser de fantasmer,
Il faut s’en remettre aux mousmés.
 
Il faut voter pour Clémentine,
Pour Christiane, pour Marie-Georges,
Pour Ségolène ou pour Martine,
Pour une qui porte un soutien gorge,
Une mini-jupe ou bien des couettes :
Christine Boutin ! Ou bien Arlette !
 
- … de date : on n’est plus en novembre 2006...
 
Et s’il s’avère après usage
Après élection de la dame
Qu’elle cachait dans son corsage
Le fil acéré d’une lame
De poignard et un braquemard
Sévère derrière son Shalimar,
 
DDS_164_9Si nous nous retrouvons baisés
Comme après chaque nuit d’élection,
Si plus rien ne peut apaiser
Nos utopiques érections,
Alors jusqu’en deux mille et douze
Il nous faudra chanter le blues,
 
Traîner la queue entre les jambes
Attendre la prochaine fois
Où nous retournerons, ingambes,
Le rire aux lèvres, ivres de joie,
Voter pour Isaure Chassériau
Ou pour le commandant Cousteau !
 
- … on est en octobre 2011 !
- Qu’est-ce que ça change à mon discours ?
- Oui tu as peut-être raison. Dans « poème de circonstance » on entend effectivement bien « Aime pô constance de cirque » !
- Mais tu as peut-être raison quand même, toi aussi : quand je le resservirai en 2017, je remplacerai le commandant Cousteau par Nafissatou Diallo ! 


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18 juin 2010

En cabane

100617_034BIls m’ont collé en cabane. Je n’avais rien fait pourtant, à part posséder les mêmes initiales que Jérôme Kerviel. Peut-être que je fais le singe trop souvent aussi ? C'est possible. Remarquez, je ne me plains pas.

Ils m’ont fourré en cabane et condamné aux travaux forcés. Ca doit s’appeler de la double peine mais je m’en acquitte avec joie. Ils m’ont demandé de faire des tripatouillages avec plus d’un million d’euros pour acheter des trucs virtuels. En échange, ils me payent à la fin du mois. Pourquoi voulez-vous que je me plaigne ?

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A part les barreaux aux fenêtres, ma cabane n’a rien de déplaisant. Moquette au sol, photos de Venise et d’Iowa aux murs, ordinateur dernier cri, fauteuil ergonomique, les toilettes hors de la cellule, une cuisine collective au bout du couloir et je suis même libre d’aller et venir à ma guise dans la prison pour, par exemple, me tailler une bavette avec mes co-détenu(e)s. Pourquoi voudriez-vous que je me plaigne ?


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La porte de l’établissement pénitentiaire est toujours ouverte. Le midi j’ai droit à une heure de promenade. Il y a un restaurant à proximité, fréquenté par des jeunes gens qui suivent des cours aux environs pour devenir un jour prisonniers eux-mêmes. Ils et elles s’entraînent de manière sérieuse : ils ont tous des téléphones cellulaires ! Le matin, dans le panier à salade qui nous mène à nos centres de détention, ils ont déjà le regard morne, la tête dans le cul et l’air triste de tous ceux qui acceptent que "Métro" devienne la seule lecture autorisée par l’administration. Car notre privation de liberté ne dure que le temps d’une journée. Le soir chacun rentre chez soi et vit comme il l’entend. Vous avez bien remarqué que je ne me plains pas, j’espère !

Et d’ailleurs, depuis mercredi, je jubile ! Le directeur de la prison, M. Eric W., vient de nous annoncer qu’il nous octroyait deux années de remise de peine !

Comment, ça, « Joe Krapov ne comprend pas tout » ? Mais si ! On nous en a remis pour deux ans, de la peine d’enfermement ! Soi disant parce que toutes ces prisons, ces ministères, musées, bibliothèques, hôpitaux, services publics, ça coûte trop cher à l’Etat. Tout le monde va vivre plus longtemps et de toute façon, le gouvernement n’est pas d’accord pour qu’Eric raque.

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Bon, je ne me plains pas, c’est un fait, mais je ne comprends rien à leurs discours. Il faut travailler plus pour gagner moins ? Ce n’est pas un problème ! Par contre si on interdit aux vieux de sortir de cabane, ça fera d'autant plus de temps à attendre pour que les jeunes puissent y entrer. De toute façon, moi qui y suis déjà, j’ai vingt ans, vingt et un bientôt et j’ai prévu de vivre 327 ans 35 alors, vous pensez, deux ans de plus dans ma cabane paradisiaque, c’est rien ! Comment ils feraient d’ailleurs sans moi pour expliquer les 28 000 euros d’économie qu’on a faites cette année ? Monsieur Hajtyla a déjà oublié que, là où son cheval passe, la gabegie trépasse et ne repousse pas ! Kerviel perd cinq milliards, nous on gagne 28 000 euros et M. Hajtyla n'est pas content quand même ! Cet homme est encore plus drôle que moi !

100617_036Le seul truc qui me chagrine dans ma cabane, c’est le poster de Peter Spier. Ce type qui emmène tous ses copains sur un grand bateau avant que ne tombe le déluge, cette dernière image où il referme la porte sur un univers qu’on imagine absurde pour partir à l’aventure vers des pays inconnus, ça me rappelle par trop une autre cabane dans laquelle j’ai vécu quatre jours il n’y a pas longtemps. C’était à Belle-Île, dans le Morbihan.

Ce n’est pas pour me plaindre de ma cabane au rez-de-jardin – Mlle Ronchonchon prétend que nos cellules sont dans une cave – mais j’étais quand même mieux là-bas au camping de l’Océan !

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N.B. Toutes les photos sont cliquables pour être agrandies.



12 mai 2010

Au lycée Cicéron (Joe Krapov)

<p><p>Document sans nom</p></p>

Ceci peut se chanter sur l’air de la chanson de Georgius « Au lycée Papillon »

I
  Le père, tout trempé, rentrant :
  - Boudiou, y vorzeunne ! D’ù c’qu’all’s sont les filles ?

La mère, cuisinant :
  - All’s juent à l’école, in-haut, dins ch’guernier !
  Comme al’s sont sérieuses ! Comme all’s sont gintilles !
  J’leur fais dé l’flamique pou leur tchio goûter !

Là haut pendant c’temps les filles prennent du bon temps

Lina :
  Les jours où il pleut, dans notre famille,
  On monte au grenier et on joue aux cartes
  Les livres d’histoire là-haut, qui fourmillent,
  Font rêver de Rome, de Grèce et de Sparte

Cathy :
  On les réécrit c’est plus drôle et plus joli !

Ensemble :
  On n’est pas des imbéciles
  On a même de l’instruction
  Au lycée Cici, au lycée Cicé, au lycée Cicéron

II
  Quousque tandem, Cathy et Lina,
  Irez-vous ce jour sur vos bicyclettes ?
  Irez vous grimper les pent’s de l’Etna
  Ou les monts de Rome au nombre de sept ?

Refais le me le bis repetita placent !

Le Maroilles est un faux mage de la Gaule
  Qui prédit l’av’nir en puant des pieds.
  C’est de bon augure et les poules rigolent :
  Elle ne finiront pas éviscérées !

Refrain :
  Sourire, Plaisanterie, Quolibets et Rigolade

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On n’est pas des imbéciles
  On a même de l’instruction
  Au lycée Cici, au lycée Cicé, au lycée Cicéron

III
  Les légions romaines marchaient en sandales
  Dans la boue, la bouse et parfois la crotte.
  Plutôt qu’ d’aller foutre des baffes aux Vandales
  Ils auraient mieux fait d’inventer la botte

(D’autant plus pardi, qu’ils habitaient l’Italie !)

Où vas-tu Ben-Hur, sur ton char à voile ?
  Je vais à Bray-Dunes vendre du houblon
  Pour marier la bière avec le Maroilles
  Et mieux inspirer du blues à Souchon
(au refrain)

IV
  César qui franchit tout’s sort’s ed rivières,
  La Vilaine, la Deûle et le Rubicon
  Fut assassiné par l’fils de sin frère
  A qui il lança : « Ti aussi, mon con ? »

Go go Johnny go Delenda est Carthago !

Rémus, Romulus qui tétotent eul’ louve
  S’in allotent chiffler là-haut su’l’ colline.
  Ach’t’heure que dins Lens va y avoir eul Louvre
  Y vont s’artreuver à boir’ dé l’ bibine !
(au refrain)
 

V
  Et pendant qu’Ulysse parcourot les mer(e)s
  Avec ses copains sur sin vieux raffiot
  Pénélope lijot sin e-dictionnaire
  Dins l’minitel rose de Félix Gaffiot !

Rosae, rosas, rosarum, rosis, rosis !

Mais quelle est c’t’odeur qui monte dé l’cuisine
  Ch’est pas du latin, du lièv’, du chou-fleur :
  Ch’est dé l’tarte au chucr ou ben j’hallucine ?
  Vite déchindons, m'sœur ! Y dot êtr quatre heures !

Très bien deviné ! Il est l’heure d'aller goûter !
  Souriez, Ptits Quinquins ! Régalez-vous d' cassonade !

spqr

On n’est pas des imbéciles
  On est même un peu gloutons
  Au lycée Ch'timi, au lycée Kikté, au lycée Ch’ticéron

18 juin 2021

Tout le monde fait de la trottinette ! (Défi du samedi N° 668)

Tout le monde fait de la trottinette !

Les bonnes sœurs en cornette
La reine Elisabeth,
Sidonie-Gabrielle (Colette !)
Le fileur de parfaite amourette,
La petite marchande d’allumettes,
Les porteurs d’amulettes,
Et même la cousine Bette

Tout le monde fait de la trottinette !

DDS

Le mangeur d’andouillette, de blanquette, de côtelettes,
de coquillettes, de galettes complètes, de crêpes Suzette,
celui qui s’envoie des gaufrettes dans la gargoulette

Le buveur d’anisette à la buvette, de canettes à la guinguette,
le danseur à casquette, celui qui boit de la clairette en chemisette,
celle qui attend, fluette, le Tango des fauvettes,

La chanteuse d’ariettes de Lamballe,
la susurreuse de bluettes sans luette,

Les brunettes, les blondinettes à bouclettes, à frisettes,

Tout le monde fait de la trottinette !

DDS 668 Dubout

 

Les fous de la gâchette
Maigret avec sa chansonnette
Don Camillo et ses burettes
Le conducteur de camionnette
Le tâteur de têtons à l’aveuglette
Le poseur de girouette
Le marchand de balayettes à nettoyer la tinette
Le marchand de tourniquettes à faire la vinaigrette
Les adeptes de la fumette, les chanteurs d’opérettes, les pipelettes
Le chef d’orchestre et sa baguette

Tout le monde fait de la trottinette !

Vraiment la trottinette,
Quelle joyeuse amusette !

Le zouave à baïonnette à la braguette ouverte,
Les japonais dans leur brouette,
Carmen avec ses castagnettes,
Ramsès II dans ses bandelettes,
Tchaïkovski et son casse-noisettes,
Les tailleuses de bavettes,
Et Samuel Beckett,

Tout le monde fait de la trottinette !

On se tire même la barbichette à trottinette !
Mets ta binette sur internet à trottinette
Ma sœur cadette !

Le chasseur d’avocettes et de bergeronnettes,
Le loup, le renard et la belette,
La Tusortiras Decechou biquette,
Lola Chevillette, Paméla Bobinette
La catherinette, la gigolette,
Bécassine et Marinette,
Jean Valjean et Cosette,
Le joueur de clarinette, la joueuse d’épinette,
Papageno et ses clochettes,
Mandryka et ses Clopinettes,
Paulette la reine des paupiettes,
Vegas et Germaine en goguette
En font aussi (mais en cachette)

Tout le monde fait de la trottinette !

DDS 668 Vegas

Même les durs de la comprenette, les lopettes, les mauviettes,
Corto, capitaine de corvette,
Les cousettes, les coquettes, les douillettes,
les croquignolettes, les joueuses de crapette, les divettes,
les starlettes, les poseuses de devinettes,
les fillettes, les femmelettes, les grassouillettes,
les grisettes, les guillerettes, les midinettes,
les messieurs à fixe-chaussettes,
les joueurs de fléchettes, les porteurs de gourmette,
les montreurs de marionnettes, les pique-assiette et les nymphettes,

La môme Crevette,
Gustave Courbette,

Tout le monde fait de la trottinette !

DDS 668

Pour frimer sur la Croisette,
Pour aller faire des galipettes,
Ou ses emplettes,
Pour payer ses dettes,
Pour conter fleurette,
Pour pousser l’escarpolette,
Pour prendre la poudre d’escampette,
Pour respecter l’étiquette,
Pour entretenir l’exosquelette,
Pour aller faire de la grimpette dans une chambrette,
Rien ne vaut la trottinette !

En sandalettes ou en socquettes,
Tout le monde fait de la trottinette !
Tout le monde se casse la margoulette !
Tout le monde écoute les sornettes
Et patine sur la savonnette !

A part Gérard Lambert qui roule à mobylette
Et moi, poète anachorète,
Qui marche toujours sur mes gambettes
Ou bien parfois à bicyclette,
Tout le monde fait de la trottinette !

Le monde retourne à la layette !
Le monde n’est pas dans son assiette !

Le monde a fumé de l’herbette !

Le monde se barre en sucette…
A trottinette !

Ici finit mon historiette.

15 mai 2020

Le Secret de l’espadon (Joe Krapov) (DDS 611)

Atelier La Croix 01-24 visuelarticle6-768x508

N’est-ce pas là Poséidon ?
Ne voit-on pas ici sa fesse de pacha ou de grand mirmidon,
Sa rudesse de patron des antres sous-marins éloignés de Meudon ?

Sa trogne de kermesse, sa tenue d’apparat, les poils de son bedon,
Son roulement de caisse, ses airs de paltoquet, nous nous demandons bien
Pour quelle nouvelle princesse ce gros patibulaire de la pointe d’Arradon les a sortis et les arbore ?

Est-ce pour la pâle Didon ?
Est-ce pour Paméla, danseuse de rigodon ?

A-t-il en vue une duchesse, une patineuse, un cordon-bleu ?
Espère-t-il quelque chose d’une duègne d’Espagne, tel Don Quchotte allant rêvant de Dulcinée ?

Quelles promesses de largesses aura-t-il faites pour emmener dans son paddock sous l’édredon
Une Suissesse à palucher, une fille de Redon qui grenouillait,
Une drôlesse pleine de souplesse pas plus rétive à l’abandon
Que les filles folles des messes qui paraissent lire Ödön von Horvath
Mais feuillettent «Diabolik», innocentes diablesses que ne tourmente rien et surtout pas le passage à confesse pour demander pardon ?

Allons ! Cessons là le trash et les supputations ! Trêve de presse de pavé, de caniveau, de bas-fonds des gorges du Verdon !

Peut-être s’en va-t-il tout simplement à la pêche au xiphias,
cette espèce de poisson paré d’une flèche de Cupidon en guise de nasal !

N.B. La photographie est empruntée aux ateliers d'écriture du journal "La Croix".

27 mars 2020

C’est celui qui Jabberwockquidditch qui l’est !

DDS 604 Jabberwocky 2423932

Il était Wimbourne et les poursuiveurs
Fondaient dans l’hermione et s’y confinaient.
Les Suédois étaient trop courts du museau
Et les Holyheads harpies horcruxaient.

- Prends garde au méchant Jedusor, enfant !
A ses griffes qui happent, à sa gueule qui mord !
Méfie-toi de l’oiseau détraqueur, et fuis devant
Le très boutenchoc serdaiglatraptor ! »

Emportant avec lui son effrayant cognard,
Il partit en quête du vivet doré.
Contre l’arbre moldu, il alla s’adosser
Et se mit à réfléchir un instant :

- Pré au lard ! Choixpeau, phénix et Tutshill !
Que Bièreobeurre Porpington me vienne en aide !
Que ses ailes d’argent me magicprotectionnent !
Que je sois vigoureux comme le Rowlingstone ! »

Il était encore tout à ces pensées fort souafles
Quand le grand Jedusor, les yeux emplis de flammes,
Fendit le dumbledore à pas mangemortels
En ponctuant sa course de soucoupes de feu.

Et une ! Et deux ! Et tiens ! Et vlan ! Sans une trêve,
Le balai dispensa ses reliques de mort.
Une fois la bête à terre, il lui ôta la tête,
Et l’envoya danser dans les trois anneaux d’or.

- Le grand Repousse-ombrage par ta lame est tombé ?
Viens vite dans mes bras, mon enfant portoloin !
Ô broumseupe journée ! Fourchelangue et diadème ! »
Glouffa le père absent dans un élan de joie.

Il était serpentard et les chocogrenouilles
Sprintaient dans le poufsouffle et s’y poudlardillaient.
Les frelons de Queerditch étaient en pétuniage
Et les Porskoff cogneurs, galamment, pinceviffaient.

31 décembre 2019

Procès d'intention (Défi du samedi n° 592)

Ecrit dans un univers parallèle :

« Oh l’emplumé, lui, eh ! Il n’a même pas écrit «emplumé·e» ! On ne va même pas pouvoir parler de Pocahontas ni de Zizi Jeanmaire à qui ce mot fait tout de suite penser. Enfin, ceux qui ne sont Pawnees de la dernière pluie !

D’autres ne vont peut-être pas s’en priver. A la fin de ce Défi du samedi vous saurez tout, tout, tout sur la Zizi et sur son tube, «Mon truc en plumes» dont les paroles sont de Bernard Dimey, un plumitif de la Marne dont je vous recommande l’œuvre intégrale et surtout les quatre recueils de chansons et poèmes parus aux éditions Christian Pirot.

Sur Pocahontas je ne sais rien sinon que Neil Young parle d’elle dans sa chanson homonyme où l’on entend «Marlon Brando, Pocahontas and me». 

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Alors donc inventaire d’emplumés masculins ce jour !

Ca commence très loin dans le passé avec « Hiawatah le petit Indien » dans la bibliothèque rose. C’est de Walt Disney d’après Henry W. Longfellow.

Ca se poursuit avec Petit Caniche dans la bande dessinée Chick Bill de Tibet. Et aussi avec Tempête rose, définitivement le meilleur album de cette série mais elle c’est une femme donc ça ne compte pas. (Mon oncle W. me fait écrire de ces choses, parfois !). En plus elle est blanche ! (Zut, j’ai spoilé le pitch !).

Il y avait aussi dans le journal « Tintin » « La Tribu terrible » de Gordon Bess. 

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 J’ai vérifié pour Yakari. Cette bande dessinée suisse de Derib est parue aussi dans le journal de Tintin. 

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Dans la télévision en noir et blanc des années 50 et 60 il y a eu Aigle noir, seul Américain natif à défendre sa cheyenne de vie et son territoire contre tous ces migrants venus de l’Est : Josh Randall, Rintintin et Rusty, Davy Crockett, John Ford, John Wayne, Raoul Walsh venus faire leur cinéma guerrier chez des gens qui n’avaient rien demandé. Franchement, d’Iroquois je me mêle ?

Moins connu certainement, Loup noir, dessiné par Kline et scénarisé par Jean Ollivier dans Pif gadget, tient une place bien à part dans mon panthéon personnel.

De même qu’Oum Pah Pah de Goscinny et Uderzo. Mais bon, un Sioux c’est un Sioux et face à tous ces livres perdus depuis que les horribles sœurs Tatin ont pris le pouvoir et interdit la lecture sur papier il faut savoir tourner l’Apache !

J’aurais pu aussi vous évoquer le « Ralliez-vous à mon panache blanc » de notre bon roi Henri IV mais on n’est pas vraiment sûr qu’il ait prononcé cette phrase ni qu’il ait dit « Elémentaire mon cher Sully » à son ministre ou «Tu t’y prends comme un Comanche !» au secrétaire qui taillait ses plumes juste avant qu’il signât «Lady de Nantes» le manuscrit de son best-seller «Paris vaut bien une promesse».

Autre emplumé célèbre à s’agiter dans ma mémoire, le Quetzalcóatl ou serpent à plumes d’Amérique du Sud que j’aime à imaginer sur les pentes du Popocatépetl (pourquoi je retiens tous ces noms idiots, moi, dites-moi un peu !).

Mais si on aborde l’ornithologie on n’a pas fini : du paon de Junon à la colombe de Picasso, du « petit oiseau de toutes les couleurs » de Gilbert Bécaud à «l’Aigle noir» de Barbara on va encore me voler dans les plumes parce que mon texte est trop long à lire.

Alors faisons court et évoquons – je l’ai gardé pour la bonne bouche et pour la place idoine – «Le Dernier des Mohicans» de James Fenimore Cooper.

Je n’ai de toute façon pas le temps d’en ajouter : je pose ici ma plume et boucle ma valise pour m’en aller fumer le calumet de la paix hivernale sur les rivages du Trégor.»

***

Dieu merci dans cet univers-ci où les sœurs Tatin n’ont pas pris le pouvoir et des mesures coercitives notre oncle vénéré a bien usé de l’écriture inclusive pour nous permettre de parler de "Frida Oum Papa" et de son beau chapeau tyrolien !

 
P.S. Il y a deux autres emplumés du Far-West dont j’ai oublié les noms. Je ne sais même plus dans quel album de Lucky Luke ils apparaissent. Ce sont les deux tricheurs qui finissent toujours chassés de la ville, portés sur un rail et couverts de goudron et de plumes.

27 janvier 2022

… Aux quetsches ! (Défi du samedi n° 700)

DDS 700 défense robatschTout reste encore à inventer :

Une réfutation de la Nimzovitch et de la Robatsch (ce sont des ouvertures du jeu des échecs) ;

Un placard qui fait « splash » en s’étalant dans l’eau ;

Le match de squash dans lequel on a remplacé la balle par une tarte aux quetsches ;

Le César et l’Oscar du meilleur sketch intello ;

Le concours du vieux tableau le plus kitsch ;

La kitchenette en caoutchouc ;

Le collier anti-putsch pour monarque africain ;

Un guide du Saskatchewan à trottinette électrique par temps neigeux ;

Le concours du plus gros mangeur de borchtch ;

Des couettes chouettes et chaudes pour celles des esquimaudes qui se prénomment Sheila et pour les autres aussi ;

Le brunch au cours duquel on ne mange que du Crunch ;

Une version de « Besame mucho » en jazz manouche ;

DDS 700 Contes-de-la-vie-de-tous-les-joursUn recueil des œuvres complètes de Mikhaïl Zochtchenko ;

Un film sans pitch qui raconte une journée du tovaritch Leonid Plioutch à Palm Beach ;

Une injure cinéphilique : « Son of Ernst Lubitsch ! » ;

Une quiche qui joue à cache-cache avec un welsh dans un goulash ;

L’expression « Wesh, Raquel ! » uniquement compréhensible par des « Boomers » ;

Une thèse intitulée « L’Influence de Walter Scotch sur Bertolt Brecht » ;

Le patch anti-connerie (on l’attend depuis longtemps, celui-là !) ;

DDS 700 SplotchL’onomatopée « Splotch ! Splotch ! » pour exprimer qu’on marche de plus en plus dans la boue à chaque campagne présidentielle ;

Un match de catch pour opposer au deuxième tour les candidats de ladite élection ;

Une brouette pleine de disques de Bratsch ;

Un coach adéquat qui vous apprenne à monter une tente Quechua en moins de quinze minutes du côté de Latche par grand vent ;

Le slogan « Ecce omo  est là, la saleté s’en va ! » ;

Une méthode pratique de bouche-à-bouche écrite à la lueur d’une bougie par un Gilles de Binche nommé Jérôme Bosch ;

Un speech d’orateur tchoutchke aux îles Sandwich, la bouche pleine ;

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Des bintjes en trench (Ben quoi ? On a bien des pommes de terre en robe des champs que tout le monde ou presque y disent « robe de chambre »?) ;

Une cuite au guignolet kitsch pour oublier le retour de Kirche Küche Kinder dans les projets des intégristes ;

Un moyen pas trop brutal de mettre un terme à ma tchatche.

Oui, tout reste à inventer mais en matière de surréalisme, il faut bien admettre ceci : fût-il mallarméen, aucun coup de dés jamais n’abolira la force du hasard. Et c’est sur cette oeuvre d’art incroyable, fixée sur la pellicule numérique par ma pomme et intitulée « Beloved witch » (Ma sorcière bien aimée), que je clos ce billet… un peu tarte *, je vous le concède.

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* aux quetsches, la tarte ! Les brunes ne comptent pas pour des prunes !

28 décembre 2023

Voeux 2024 (Joe Krapov)

Onc’ Donald vous présente ses meilleurs neveux pour 2024 !

Monsieur et Madame Dixdivise-Héparcinque vous présentent leurs meilleurs deux !

Monsieur et Madame Grégeois-De Bengale vous présentent leurs meilleurs feux !

Monsieur et Madame Jacouille-Lafripouille vous présentent leurs meilleurs gueux !

Monsieur et Madame Olympiques-Deparis vous présentent leurs meilleurs jeux pour 2024 !

Monsieur et Madame Darmanin-Dejardin vous présentent leurs meilleurs keufs !

Madame Geneviève de Fontenay vous présente ses meilleurs meufs pour que « I miss you, France » en 2024 !

Monsieur Franz Lehar vous souhaite une joyeuse année 2024 et vous présente ses meilleurs veufs !

Monsieur et Madame Fechtez-Lavache vous présentent leurs meilleurs Meuh !

Monsieur et Madame Marin-Gordien vous présentent leurs meilleurs nœuds !

Monsieur et Madame Pouah-Fi vous présentent leurs meilleurs Peuh !

Monsieur et Madame Poisson-Dubillard vous présentent leurs meilleures queues !

Monsieur et Madame Ledilheur-Dubedeau vous présentent leur meilleure beuh !

Monsieur et Madame Repenti-Véza Confès vous présentent leurs meilleurs aveux !

Monsieur et Madame Surle-Hassoupe vous présentent leurs meilleurs cheveux !

Joe Krapov vous souhaite une excellente année 2024 !

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P.S. Mention spéciale pour Greta Thunberg à qui nous souhaitons de meilleurs vieux !

16 septembre 2022

Ode au scanner (Défi du samedi n° 733)

Alors que le pantographe du dessinateur sert à augmenter la distance entre les points les plus opposés d'un dessin, celui de la locomotive sert à la raccourcir. À vrai dire pour le train, la distance ne change pas : c’est le temps qu'on met à la parcourir qui diminue.

Augmenter ? Diminuer ? Passer de la prospérité à l’austérité ? De l'ébriété à la sobriété ? Ou l'inverse ? Faut-il choisir son camp, camarades ?

Plus notre espérance de vie diminue, plus notre sagesse augmente. Il en est de même de notre folie ! Mais peut-on remédier à cet état de fait en décidant, comme Georges Brassens et la reine d'Angleterre, d’« à la rigueur de ne pas mourir du tout » ? Les vœux pieux - désolé pour la Queen - ça ne marche pas toujours !

Quoi qu'il en soit, je passe beaucoup de temps ces temps-ci à jouer au pantographe inversé. J'ai accumulé comme tout le monde au fil des ans un certain volume de volumes : des livres, des disques, des cassettes, des photographies, des diapositives, des partitions, des cahiers pleins d'écriture. Car on nous avait fait croire que le bonheur c'était d'avoir, comme dit Souchon, des trésors plein nos « armuars » comme dit Andréa Camilleri.

La fée Électricité et la fée Informatique, bien qu'elles soient menacées par une fin de l'abondance, - T’étais riche et tu ne le savais pas cet été ? Ah bon ? Danse dans le froid de cet hiver, maintenant ! - m’offrent encore, chaque jour que les fées font, la possibilité de transformer mes disques vinyles et mes cassettes en fichiers MP3, mes partitions en PDF et mes photos en JPG. Tout ce qu'on entend à la radio actuellement va dans le même sens de la réduction :

« L'euthanasie libre permettrait de faire disparaître ces « boomers » inutiles dont la retraite coûte un pognon de dingue ! Ou sinon remettons les au travail jusqu'à l'âge de 97 ans ! »

J'y suis, au boulot ! Ce qu'il nous faudrait, c'est une bonne guerre c'est ça ? On l'a déjà !

Mais je m'égare, sans doute à cause du train, de son train-train quotidien et de son pantographe.

Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais je ne voudrais pas terminer cette ode au scanner sans mentionner une pensée qui m'est venue. J'ai retrouvé récemment la collection de timbres que j'avais commencée lorsque j'étais enfant et que j'avais léguée par la suite à mon fiston. Il y avait là également des enveloppes timbrées reçues par ses grands-parents et qu'ils lui avaient offertes. Je les ai mises à tremper dans l'eau chaude, comme la souris verte qui courait dans l’herbe, puis, une fois les timbres décollés et séchés, je les ai mis à aplatir dans un dictionnaire.

Maintenant il faut que je choisisse : soit j'achète un album de timbres pour les « coller » dedans afin qu'on puisse les admirer mais ça ferait un volume supplémentaire dans mon grenier déjà bien plein ; soit je les numérise et les balance ensuite à 3615 qui n’en veut.

« Mais pourquoi tu numérises tout ? » me demanderez-vous. Eh bien, c'est parce qu'ils sont jolis, ces timbres et qu'ils peuvent très bien servir à un atelier d'écriture que j'anime en vrai ou pour participer à d'autres que l'oncle Walrus organise en virtuel. Suffit d’utiliser un pantographe moderne pour cela !

C'est donc ce que j'ai fait, utilisant à nouveau mon ami le Canon - « Puisque je vous le dis que nous sommes en guerre ! » - à cet effet. Je ne serais pas moi même si mon texte ne se mordait pas la queue au moment de la chute.

Le premier timbre que j'ai agrandi représente... un pantographe !

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Et surtout, une fois que je les aurai tous numérisés, ces timbres, je crois que j'irai quand même acheter un album pour les conserver !

C'est vrai quoi ? Pourquoi jeter ces trésors physiques et les remplacer par du fichier numérique ? Bientôt il n'y aura plus d'électricité pour lire nos disques durs externes et on ne pourra plus écouter que le son de son ukulélé rose !

20 mai 2019

On n'a pas tous les jours vingt ans !

On n’a pas tous les jours vingt ans !

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Tu vas au bal ? qu'y m'dit
J' lui dis : Qui ? Y m'dit : Toi
J' lui dis : Moi ? - y m'dit : Oui
J' lui dis : non, je peux pas
C'est trop loin. Y m'dit : Bon.
Et toi, t'y vas ? qu' j'lui dis.
Y m'dit : Qui ? J' lui dis : Toi
Y m'dit : Moi ? J' lui dis : Oui
Y m'dit : Non, j'y vais pas
J'ai un rhume et j'ai froid,
J'ai cent ans et j’ suis bien content.
J’ suis assis sur un banc
Et j’ regarde les contemporains
C'est dire si j’ contemple rien !
J’ file des coups de canne aux passants
Des coups de pompe aux clébards
Qui m'énervent et je me marre !
On peut rien m’ dire, j’ suis trop vieux
Trop fragile, trop précieux
J'ai cent ans ! Qui dit mieux ?

Voilà deux extraits de chansons de Renaud Séchan que l’étincelant accordéoniste Serge Briand n’a pas interprétées à la fête d’anniversaire à laquelle nous avons assisté le 14 mai 2019. Et pourtant il aurait pu, c’eût été de circonstance.

Il en a négligé plein d’autres comme « Votre EHPAD a vingt ans » de Georges Moustaki ou le traditionnel «A Villejean y’a une vieille ouais A Villejean y’a une vieille ouais Qui a plus d’quatre-vingts-ans Rantanplan la vieille Qui a plus d’quatre-vingts-ans Rantanplan». Même "le petit vin blanc qu'on boit sous les tonnelles du côté de Villejean" ne figurait pas à son répertoire !

Pas plus que le grand classique de la plus toute jeune Chantal Goya :

«Voulez-vous danser grand-mère ?
Voulez-vous valser grand-père,
Tout comme au bon vieux temps
Quand vous aviez vingt ans
Sur un air qui vous rappelle
Combien la vie était belle ?»

Sur le coup de seize heures on a cru que les ténors de la politique locale, départementale et même nationale pallieraient cet oubli fâcheux mais au lieu de pousser la chansonnette, le quatuor Dézélus (François André, Véra Briand, Jean-Luc Chenut, Sylvain Le Moal) * n’a fait que parler de son propre bon vieux temps, se contentant de fredonner sans la musique les paroles de « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », de « Je ne sais pourquoi j’allais danser à Villejean au musette », de « La Bohème » et de « Je m’voyais déjà ».

Du coup, une fois les discours terminés, le nombreux public et les résidents frustrés se sont rués sur le grand gâteau d’anniversaire.

Ah oui, c’est vrai, on a oublié de vous le dire : c’est la Maison de retraite Raymond Thomas qui fêtait ses vingt ans d’existence ce jour-là.

On a eu droit pour l’occasion à un pot-pourri de madisons, à une chorégraphie sauvage sur la musique de «Les pouces en avant (tchic et tchac han han)» de Kris Law et même à la fièvre disco du samedi soir grâce au «Saint-Malo» de Strollad et à « Magic in the air » de Magic System interprétés par l’accordéoniste. Le personnel de l'établissement et les danseuses du groupe « La Ritournelle » ont fait danser tout le monde. Les cannes et déambulateurs ont valsé et c’est tout juste si on n’a pas cassé les fauteuils roulants comme au temps béni des concerts de Gilbert Bécaud ou Johnny Hallyday à l’Olympia. Dieu merci, la mode féminine d’envoyer sa petite culotte sur la scène pour dire son amour à l’artiste s’est perdue ! Même Madonna ne balance plus la sienne au public !.

Félicitations donc à toutes celles et ceux, personnel, encadrement, médecins et bénévoles qui oeuvrent quotidiennement pour que les 80 personnes âgées, non, pardon, les 80 seniors bien conservé.e.s, dont huit centenaires, qui logent ici puissent chanter ad libitum :

« Y'a d'la joie bonjour, bonjour les hirondelles
Y'a d'la joie dans le ciel par-dessus les toits
Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles
Y'a d'la joie partout, y'a d'la joie"

* Nous avons l’air de nous moquer gentiment de nos représentants mais il faut remercier François André d’avoir déposé sur la toile un compte-rendu de ces festivités un peu plus sobre et donc un peu plus sérieux que le nôtre. 

Joe Krapov

15 février 2019

Isaure s’en prend à Google books

10 novembre 1886

On est tous le sagouin d’un autre. Allez savoir si ce petit singe dont on m’a chargé de faire l’éducation ne me traite pas de tous les noms d’oiseaux qu’il connaît dès que j’ai le dos et la soutane tournés ? « Le macaque sent toujours le hareng », comme dit le proverbe touareg made in Breizh.

Si on m’avait prédit au grand séminaire que je passerais ma vie à aller de château en château pour venir à bout, aidé de domestiques plus ou moins évolués, de ce genre de sapajous, j’aurais peut-être bien fait demi-tour et, plutôt que de devenir « ce bon abbé Raquin », précepteur du petit-fils de Madame la duchesse de Chevreuse, je….

Qu’eussé-je fait, au reste ? Nul ne sait ce que sera son destin, son cheminement, sa profession vers les vingt ans. Les voies du Seigneur sont impénétrables.

Et après tout, ce petit Manu dont je m’occupe est peut-être promis à un destin grandiose auquel j’aurai contribué pour une petite part ? Sera-t-il ambassadeur ? Général ? Député-maire ? Propriétaire terrien ? Banquier ? Président de la République ? Il n’en prend pas vraiment le chemin si j’en crois ce que j’ai noté dans mon journal intime :

« Jeudi 7 octobre

Le gosse, impassible, raisonneur, vantard, se moque de M. Moulin, devient insolent, malhonnête, refuse de corriger son devoir, me dit qu’il sera bien content d’être débarrassé de moi pendant la journée, est privé de monter à cheval, en revenant casse un service de porcelaine, jure ses grands dieux que ce n’est pas lui et est malhonnête pour sa grand-mère à laquelle il répond insolemment. Se tient passablement à table, fait presque une scène à la chapelle pour sa prière, ne cesse que devant la menace et s’en va se consoler dans le sein de la belle Julie pendant qu’Albert, le domestique, le cherche partout.

Vendredi 8 octobre
Le gosse fouetté en règle, à 8 ans, par sa grand-mère, Henri, un autre domestique, tenant le patient. La grand’mère vient me l’annoncer tout émue. Le gosse, néanmoins, s’en vient en classe quelques instants après en chantant et en dansant.

Etc., etc. "

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Il ne m’appartient pas de porter un jugement sur les gens qui m’emploient et me paient mais cet usage voire cet abus du châtiment corporel par Madame la duchesse me hérisse un peu le poil. Heureusement cette humiliation permanente des fessées cul nu, ces tournées de martinet, n’ont aucun effet sur le comportement du gamin. Il sort de la correction en tirant la langue, faisant les cornes et en chantant ces diableries dont je me demande bien qui a pu les lui apprendre. Peut-être tient-t-il ce caractère mi-rousseauiste, mi-voltairien de sa mère ? Ce serait ça l’âme russe ? En prendre plein la tronche et continuer à chanter Kalinka ou Bayouchki Bayou ? Ce doit être son côté bon petit diable ou général Dourakine. La princesse Galitzin et la duchesse de Chevreuse, à ce qu’on m’a dit, ne s’entendaient pas très bien. Il est bien possible qu’elle ait monté cet enfant contre sa belle-mère.

S’il y eut ce procès retentissant, si je suis là, c’est bien pour que l’étrangère soit dépossédée et que les biens, les terres et le château restent, par l’intermédiaire de ces deux enfants-là, dans la famille d’Albert de Luynes-de Chaulnes- de Chevreuse, je me perds dans leurs titres et me noie dans leurs pages de mauvais roman balzacien. Peu importe leur nom. Mon élève est un âne et tous les ânes s’appellent Martin. Asinus asinum fricat. J’enseigne le latin à un petit sagouin.

Si j’avais un peu de temps en plus, je reprendrais bien aussi l’éducation de la bonne, la petite Julie qui s’occupe d’Emmanuel. Encore qu’elle en sache beaucoup plus que moi sans doute sur les choses de la vie, au moins sur le côté « origine du monde » et Jeanneton prend sa faucille la rillette, la rillette (nous sommes dans la Sarthe). Il y aurait beaucoup à reprendre dans son effronterie et beaucoup à dire sur sa légèreté de cuisse. Je l’ai surprise cet après-midi dans la tour du trésor en compagnie d’un vaurien des alentours de Solesmes qui vient faire les quatre cent coups par ici. Je le reconnaîtrais entre mille : il a des sourcils broussailleux et des opinions socialistes. Je crois que ce banlieusard s’appelle Ulysse.

13 novembre 1886

Tout cela m’indiffère désormais ! Je laisse Julie à son Ulysse et Manu à son destin de 9e duc de Machin Truc qui sera passé chez les Jésuites du Mans. Je pars dans 24 heures pour un autre poste à Louviers chez M. et Mme de La Haye-Josselin. Pas fâché de quitter ce château qui me foutait les boules ! Merci Seigneur !

DDS 546 Google books

***

On est tous le sagouin d’un autre et je ne suis pas la dernière des sagouines. Qu’est-ce qui me prend de farfouiller dans la vie de ces gens qui ont peut-être encore des descendants vivants aujourd’hui ? Voilà que je donne libre cours à des tendances «journaliste fouille-merde» au prétexte que je suis échotière très épisodique au journal « Le Défi du samedi » ! Et tout ça parce que monsieur Krapov, mon ancien hébergeur, a fréquenté ce château si empli de fantômes et de phéromones dans sa jeunesse !

Il n’empêche. S’il y a un autre sagouin dans l’histoire, c’est celui qui a entrepris de publier le journal intime de l’abbé Raquin en vue de glorifier ce coin de France qu’on appelle le Charolais ! Un journal intime, ça devrait le rester non ?

Et s’il y a un sagouin ultime c’est forcément monsieur Google-books. Quelle manie il a, celui-là, de caviarder des passages dans les livres qu’il reproduit ! Mille milliards de bachi-bouzouks ! Va jusqu’au bout, espèce d’enflure numérique ! Soit tu as le droit de reproduire le livre et tu nous le donnes dans son entièreté, soit tu es un voleur et alors cache-toi et garde ton butin !

Foi d’Isaure Chassériau, tu m’énerves à faire les choses à moitié ! Toi tu salis et tu salopes quand nous on salive au salon ! Sagouin, va !

19 janvier 2024

Légende astronomique morganatique (Défi du samedi n° 303)

Un jour le Soleil découvrit l’Amour.

Il avait pris la forme, ou plutôt les formes, d’une jolie petite planète de son système qui passait à heures fixes dans le champ de vision de son regard embrumé.

Elle semblait consciencieuse, travailleuse minutieuse, très gracieuse, harmonieuse. Elle portait sur elle autant de bleu que de vert, des océans, des arbres et des tas d’inventions merveilleuses, comme si elle sortait de chez son habilleuse en arborant par-dessus ses atours une moue malicieuse de midinette luxurieuse. On l’appelait la Terre.

Il eut cette impression curieuse d’une nécessité impérieuse de lui déclarer sa flamme amoureuse. Comme il avait une grosse voix rocailleuse, peu mélodieuse, et était d’humeur écrivailleuse, plutôt que de lui avouer de vive voix, il prit la plus belle de ses plumes et il lui écrivit, dans une atmosphère studieuse, cette odelette un peu laborieuse :

« Ô Terre délicieuse !
Comme tu es radieuse !
Comme tu me sembles mystérieuse !
J’ai une envie furieuse
De te connaître mieuse *
Et l’idée ambitieuse, audacieuse,
Sans fioritures cérémonieuses,
De nouer idylle sérieuse
Avec ta personne glorieuse.
Je t’en prie, ma précieuse,
Montre toi généreuse,
Pourvoyeuse, rieuse, tutoyeuse, amiteuse, miséricordieuse !
Pardonne à ma franchise d’être irrévérencieuse !
C’est trop difficile pour moi de la mettre en veilleuse !
Sache que je te trouve prodigieuse !
T’as de belles yeuses, tu sais ! »

- Embrasez-moi ! a répondu la Terre.

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Et c’est depuis ce jours-là que le chêne vert ne pousse qu’en région méditerranéenne, que le Sahara est un désert et que le chameau est différent du dromadaire.

* A l’époque on ne disait pas « plus mieux » mais « mieuse ».

16 avril 2023

Ustensiles à deviner (Défi du samedi n° 764)

Ami·e·s cruciverbistes, bonjour.

Pressé par le temps et absent de mon domicile ces derniers jours, je vous livre dix-sept définitions d'objets que l'on pourrait appeler des ustensiles.

Je n'ai pas eu le temps de les disposer dans une grille où leurs lettres se seraient croisées ni de les diviser en horizontalement et verticalement.

La première et la dernière lettre de chaque mot sont indiquées mais l'ordre de la grille ne correspond pas à l'ordre des définitions !

A vous de remplir les cases et de me dire si c'était facile ou pas !

***

1. Pour que la tête à Louis finisse dans le son

2. Ce coupeur de légumes vaut bien un concerto

3. Jean-Christophe Averty en usa pour bébé

4. Fait progresser le mélange huile-vinaigre chez Boris Vian

5. Moins tranchant quand il est second

6. Arme préférée du cavalier au jeu d’échecs

7. Ne vient pas forcément à bout de tout embouteillage

8. Les lettres du boucher

9. La petite ramasse aussi les effondrés d’après nuit de bamboche

10. Tamise les feuilles d’Orient pour le five o’clock

11. Moins il enlève de peau plus il mérite son nom

12. Retient le haut des jours chez Boris Vian

13. Apprécié des bonnes pâtes un peu masochistes

14. Ce goal n’arrête pas les buteurs mais les nouilles

15. Sert la soupe même à ceux qui ont son air ou souffrent d’un strabisme convergent

16. Doux agneaux ! Sont mal aimées de Sandrine Rousseau

17. Pour que les têtes d’œufs se tiennent bien à table

DDS 764 grille de mots à deviner

3 mars 2023

Réalisations de Deep Dream Generator du 2 mars 2023

La Vénus de Milo montre ses longs bras au Louvre 2 (par Michel-Ange)

La Vénus de Milo a retrouvé ses bras (en mode Michelangelo)

Les Beatles dans un sous-marin jaune
Les Beatles sur un sous-marin jaune (Ils ne sont que trois ? Le quatrième est celui qui prend la photo ! Ça ne casse pas trois pattes à un canard unijambiste !)

Marilyn joue du ukulélé rose (style patchwork)

Marilyn Monroe joue du ukulélé rose
(Est-ce réellement un instrument de musique ?)

Obélix mince !

 

Obélix mince ??? Où sont passées ses moustaches ?
On ne frise pas l'obscénité, là, au bas du tableau ?

Partie de chasse façon Magritte (commandée par Jojo)

 

Une partie de chasse en mode Magritte (commandée par J.O. qui ne s'attendait pas à voir des militaires soviétiques faire pipi sur le gazon pour arroser les coccinelles).

13 janvier 2023

Une Élégie pour Pélagie

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- En fîmes nous, des galipettes !

- Même, nous cassâmes des lattes au lit !

- Quels pliages ! Quels origamis !

- Et quelle gaieté dans nos ébats !

- On était agiles ! On en faisait partout !

- Agités du bocage !

- Sur la plage !

- Sauf si elle était en galets !

- On n’avait pas de galette !

- On se pelait ! On se gelait ! Mais on restait d’humeur égale !

- T’étais ma petite marguerite ! Je t’enlevais les pétales !

- Tu m’as gâtée ! Epatée ! Toujours pliée de rire, avec toi !

- Je ne suis pas du genre qui glapit mais notre palette de couleurs n’est plus aussi étendue !

- C’est vrai. Palette de douleurs, tu devrais dire. C’est une pitié, de prendre de l’âge ! On pâlit, on pâtit, on prend la pâtée au palet, on tombe dans tous les pièges, plus rien ne nous égaie !

- On a toujours un pet de travers, on s’alite pour un rien ! On a des pétages de plombs dignes d’un gilet jaune dès qu’on entend le mot « élite » !

- Arrête de ronchonner, c’est l’heure qu’on descende nos deux étages. Le taxi vient d’arriver en bas. Allez, mets ta gapette et ton manteau, Papi. Et ne t’étale pas dans l’escalier ! Va pas te casser une patte ! Même si ça te ferait une bonne excuse pour ne pas aller jusqu’au funérarium !

- Quelle plaie, les funérailles ! Je déteste ça ! Ça lui faisait quel âge à Tatie Pélagie ?

- 98 ans ! Mais elle était bien tapée, l’ancienne prof d’éducation physique et sportive !

- Elles sont encore plus loin que nous dans le passé, ses galipettes à elle ! Elle est rendue à la dernière étape !

- Elle qui était plus souvent pagée qu’à son tour, à se tortiller dans son lit comme si elle avait attrapé la gale, elle ne bougera plus maintenant !

- Où est-ce qu’on disperse ses cendres ?

- Derrière le gymnase !

roulez jeunesse

4 novembre 2022

Quand on lit trop de po-lards (Défi du samedi N° 740)

Il se passe de drôles de choses, ces derniers temps, dans les musées. L’écoterrorisme est en net progrès. Mais cette histoire-ci dépasse les bornes.

La marquise entra à 16h 45. On commençait à fatiguer dans le commissariat. On avait sans doute besoin d’insolite, d’inattendu pour clôturer une journée qui ressemblait terriblement à la précédente dans sa banalité-morosité. Et là on était servi.

A tout casser, elle mesurait quatre-vingt dix centimètres de haut mais était agréablement proportionnée. Une déesse en miniature. Elle avait une robe rose très longue et portait une coiffe moyen-âgeuse ornée de longs rubans blancs. « Genre double hennin, beaux monts, la meuf ! » aurait dit Katarelmek qui mélangeait toujours vocables scientifiques et formules en langage des cités dans ses phrases d’une brièveté antiproustienne concis-ro-dérable. Par-dessus tout ça elle – la marquise, pas la phrase, quoique - dégageait une odeur peu habituelle. Elle sentait le cramé. Le roussi. Le feu de forêt.

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- Que puis-je pour vous, chère Madame ? Montaliban, je suis. Commissaire.

- Je viens déposer une plainte.

- Oui. Contre qui ? Qu’est-ce qui vous arrive ? Vous avez rétréci au lavage ?

- Je porte plainte pour violences conjugales.

- D’accord, je prends le formulaire idoine et je suis à vous. Votre nom ?

- Marquise Anne de Mamerloye.

- Vous portez plainte contre le marquis ?

- Non je porte plainte contre mon beau-frère, Wolfram Adegang Zamotus von Blaubart.

- Que vous a-t-il fait ?

- A moi, rien. A ses sept épouses beaucoup. Il les a assassinées. Et je ne sais pas ce qu’est devenue ma sœur, sa huitième épouse, qu’il essayait de l’égorger. Quand je suis descendue de la tour où je guettais l’arrivée des secours, le château était en flammes et le feu se propageait aux écuries. Je crois que sa pauvre jument est morte.

- Vous avez appelé le vétérinaire ? Un médecin ? Police-secours ? Les pompiers ?

- Ils étaient déjà là. Ce sont eux qui m’ont tendu la grande échelle pour que je sorte du tableau.

- Le tableau ? Mais où est-ce que ça se passait tout ça, Madame Marmerloye ?

- Au Musée des Beaux-Arts de Rennes !

- Bon j’envoie une équipe là-bas. Où est-ce que je peux vous joindre ? Vous êtes hébergée chez une amie ?

- Chez le capitaine des pompiers, Monsieur Ronchonchon. Il habite 7, square de Provence à Rennes Villejean. Très gentil, ce monsieur.

- Dès que j’ai du nouveau, je passe vous avertir.

La marquise sortit à cinq heures. Je décrochai mon téléphone et appelai le musée.

- Dites-moi, vous avez un sinistre chez vous ?

- Pas plus que chez les autres. On a tous plus ou moins nos défauts et pas plus de raisons que les autres d’être joyeux ou déprimés.

- Non je parle d’un incendie.

- Pas que je sache !

- Et vous avez encore une fille habillée en rose qui a quitté son tableau ?

- Toujours ce délire à propos d’Isaure Chassériau ? Vous allez nous lâcher, bientôt, avec ces conneries ? Qui vous êtes d’abord ?

- Montaliban, je suis. Commissaire de police. Une disparition à signaler, vous avez ?

- Tout est normal, commissaire, sauf que vous parlez comme un Brestois, présentement. Tout va très bien madame la marquise ! Personne n’est venu balancer du talc sur les fesses du nouveau-né de de La Tour ! A part qu’on a perdu la clé de la réserve et qu’on a mis un serrurier dessus, tout était normal aujourd’hui.

- Une clé, vous dites ? Disparue ? La clé d’un grand placard ? D’une salle condamnée ?

- Pas disparue. Fondue, carbonisée. Retrouvée au pied de la porte sous forme d’un morceau de charbon. Du wolfram, qu’a dit M. le conservateur. Une lumière, lui, bien qu’il soit tout mince. On l’appelle Filament parce que son vrai nom c’est Philippe-Armand Tung-Sten !

- Il est encore là votre serrurier ? Qu’est-ce qu’il fait ?

-Ben.. il crochette ! Vous voulez que je vous le passe, le capitaine ?

- Le capitaine Crochette ?

- Non, le capitaine des pompiers, c’est lui le serrurier. Il n’arrête tellement pas de râler contre cette porte qu’on l’a surnommé Ronchonchon !

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L’étau se resserrait ! L’énigme allait être résolue ! Ca devait être encore un coup de l’ARVOR, l’Association des Rigolos de Villejean et de l’Ouest de Rennes ! Sauf que j’arrivais au début de la page 3, qu’il était 21 h 09 et que j’avais promis à l’oncle W. de faire court pour pouvoir envoyer ma contribution dans des délais corrects.

Bah ! Avec un peu de chance on trouverait l’explication de cet imbroglio chez Nana Fafo !

23 septembre 2022

Kiko Nimportekwa (Défi du samedi n° 734)

DDS 734 Status quo

Il ne faut pas prendre Kissinger pour Kossyguine. C’est qui, ces cocos-là ?

Ne confondons pas Jean-Pierre Mocky et Josiane Balasko, Kiloutou et Koh-Lanta, Kiri le clown et Corot le peintre, la consultation de volumes encyclopédiques avec la rôtisserie de la reine Pédauque.

Faut pas prendre la Queen consort pour une conne qu'on rentre.

César Cui ne fait pas la même musique que Status quo.

Faut pas prendre Jean-Claude Killy pour un moniteur de colo : son téléski ne peut pas monter chez Manon Lescaut.

On ne trouve pas plus de kibboutz à Quiberon que de kolkhoze à Cambrai ou même à Combray si on préfère lire des bêtises.

Il ne faut pas mélanger les quiches lorraines de tante Marie avec les cochonneries d’Honorine Tintamarre, sa marraine.

- Les quizz débiles du prof de maths ne sont pas forcément la cause pour laquelle tu déballes ton paf devant les mottes ! » dit le psychanalyste à l'exhibitionniste.

Faut pas prendre « Qui l'habille ? » pour un quolibet. Quoique !

« Kim Basinger écoute Come together des Beatles habillée en Elizabeth Arden », ce n'est pas pareil que « Qui wassingue les cours des corons écoute plutôt Stone et Charden ».

Ne mélangeons pas Yoko Ono, Wikipédia, Marco Polo, marquis de Sade, le sirtaki, un vieux tacot, un baraki ,un bourricot, ne me quitte pas, cot cot cot Kodak, un kil de vin rouge, un alcool de riz, un kimono noir sans ceinture et des façons comminatoires, Valérie Kaprisky et Elvire Popesco, Eleska c'est exquis et Eugène Ionesco, riquiqui et rococo, Rocky Balboa et Rocco Siffredi !

DDS 734 MoussorgskySapristi! C'est presto qu'il faut jouer Moussorgski et c'est moderato qu'on interprète Enesco, pas l'inverse !

Ne mélangeons pas « Bien mal acquis » et « Paye pas ton écot ! » même si ça revient au même.

Qui cocoone tout l'été s’enquiquine tout l'hiver.

Défense de cogner sa coquine même si elle vous enquiquine, surtout place de la Concorde !

A trop kiffer les coffres forts de Fort Knox on risque de se faire coffrer et d'enquiller les années au trou en Alkatraz ou à Sing-Sing.

DDS 734 Kara-koNe confondons pas Takeshi et Kitano, la Guinée et Conakry, la Tchéquie et le shako, l'expédition du Kon-Tiki et l'étrange odyssée du Kara-Ko.

Fin de l'abondance : Qui kiffe l'enfilade et le Kâma-sûtra copulera en pull cet hiver plus que jamais !

Faut pas prendre Yom kippour pour Raymond Kopa ni François Coppée pour un fromage qui pue.

Ce blé du kilimandjaro colle aux dents : manger horrible

Kilt à l'envers, costard austère, Colt à l’holster : un killer en colère !

Qui torée aux arènes parmi les cotillons sait aussi marier l'art de la critique ciné de Marion Cotillard.

Faut pas confondre l’aura qui limbe Christophe Colomb sur son esquif avec le renom de la coke des nuits festives de Kiki à Montparnasse.

DDS 734 AstérixSi sur le Quirinal Rémus et Romulus burent de la Corona - et pas qu'un doigt ! - ce n'est pas à la louve qu'on le doit.

Ne pas confondre kitchenette et kot chelou !

Laisser filer Kylian M’mbappé vers les filets des buts adverses est moins grave que choper le scorbut sous l’averse ou filer un collant... au capitaine Haddock addict du sparadrap.

A part ça vous avez tout à fait le droit de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages mais pas de tirer dessus !

Et même aussi celui de prendre l’Helvétie pour une lanterne ! Mais attention de ne pas vous brûler !

26 août 2022

Bony and Claïde : le niveau baisse (DDS 730)

DDS 730 SoissonsSont-ils dérisoires à Issoire !

Sont-ils soudains à Issoudun !

Tous les Francs du collier
Ont des pensées impures !

Sont-ils polissons à Soissons !

Ils ne se soucient plus de l’histoire du vase !

Ils rêvent du Sussex en embouchant saucisses,
Fantasment sur Sissi comme en cinquante six
- Tous les chemins mènent à Romy ! -
Et ne savent plus combien
Soixante-six Suissesses
Ont de fesses !

C’est 132, Charles Martel !

Et que dire des polissonnes de Sissone 
Qui s’y entendent comme personne
En maniement de tourne-vice,
En déhanchements et coups de cuisses ?

Eprouve-t-on de la peine à ouïr
Du côté d’Aizy-Jouy 
Du fait que l’on vieillit 
Et qu’on a les doigts gourds ?
La maturation rend Sourd ?

Sont-ils pas cochons
En Archon 
A faire des promotions
Sur leur vieux saucisson ?

Est-ce sans salamalecs
Que l’on emballe les mecs
Près de Berzy-le-Sec ?

Qui biche à Bichencourt
Court deux lièvres à la fois
Et reste Blesme à Bièvres ?

Le Boniment servi
A la fête de Bony
Bonifie-t-il
Au fil de Laon ?

Est-il commun qu’on bourre,
Gens de Bourg-et Comin,
La mairesse et les urnes 
Les dimanches d’élections raides ?

Qu’un baiser vous guérit
A Bézu-le-Guéry ?

Que Bouresches ou Boncourt
Cela importe peu
Si on éteint la lampe 
Avant de Cessière-Suzy ?

De Chamouille à Chacrise
Combien de kilomètres,
Combien d’années de crise
Avant qu’on ne divorce ?

DDS 730 Germaine_(Aisne)_city_limit_signCombien durent les coïts
A Rogécourt ?

Existe-t-il encore une fête homonyme
A Rozière-sur-Crise ?

Qu’est-ce que le chaud darde
A Chaudarde ?
Est-ce qu’ils se savonne à Chavonne
Tandit que rosit sous les draps
Sa chérie la blanche oie
De Chéry-lès-Rozoy ?

Entend-on ces cris la nuit
Pour encourager le hussard ?

- Clermont les fermes ! Coeuvres et Valsery ! Commenchon ! Continuon ! Que de belles Courbes sur ce Corcy ! Lève Cuissy et Geny ! Dizy, le Gros ! Droizy ! Dury ! L’Epine au Bois ! Ah Germaine !

- Fresne-sous-Coucy, Gland ! Mézy-Moulins !

- Montreuil aux Lions ! Oulches la vallée-Foulon ! Pinon ! Ploizy ! Verneuil-sur-Serre mon Viffort ! Ouh, les Thenailles !

- Liesse Notre-Dame !

- Ah Pancy-Courtecon, comme tu m’as Parfondru le Prémontré ! répond-il dans un Soupir. Je suis tout Quincy-sous-le-mont et pas Remies de mes émotions ! Je te Vénérolles sur les Autels, ma Bony !

***

DDS 730 AisnejpgBon ça Cuffies comme ça !
Ambrief, me voilà de retour !

Pour que le niveau baisse
On peut compter sur moi
Et ma verve toujours en émoi !

Mais cessons là ces vignettes
Comme disait la Marquise
En sortant à cinq heures
Pour se faire tremper sur le pas de sa porte.

Après tout, tout va très bien
Même si j’ai parfois mal vers l’Aisne !

5 février 2021

N’ormeau-lisation

200225 Nikon 219C’est dans le quartier de Quineleu, à Rennes, que se trouve la rue des Ormeaux. Je n’ai pas grand’ chose à en dire sinon qu’ont vécu ici, pas très loin, dans l’impasse de la Herpe rebaptisée rue Albert Martin, les arrière-grands-parents puis les grands-parents de mon épouse.

Ce quartier du sud immédiat de la gare est resté presque dans son jus, à base de maisons de cheminots. Elles sont aujourd’hui habitées, comme celles du quartier Sainte-Thérèse, par une population de bourgeois-bohême. Mais qui peut se payer le luxe d’habiter un centre-ville aujourd’hui sans entrer peu ou prou dans cette catégorie ?

Le meilleur moyen de gagner ce quartier de Quineleu est de passer, sans faire le zouave, par-dessus le pont de l’Alma qui enjambe les voies de chemin de fer et près duquel aucune princesse anglaise ne vient se crasher ou alors c’est qu’on ne me dit pas tout.


200225 Nikon 186Au bout du pont vous tournez tout de suite à gauche et vous passez entre les lieux d’enfermement les plus emblématiques de la ville de Rennes. Sur votre droite se trouve la prison des femmes et sur votre gauche cet immeuble de bureaux neufs complètement grillagé que j’ai pour ma part baptisé « la Burqa ». Le vocable « architecte » est un gros mot partout, pas seulement à Bruxelles, et le concept de permis de construire débouche très souvent sur une insulte à l’environnement.

 

200225 Nikon 184Après, vous vous perdez dans un labyrinthe de rues presque toutes semblables les unes aux autres et surtout envahies par des SUV stationnés-là parmi d’autres voitures de taille imposante. Le concours de celui qui a la plus grosse n’est toujours pas terminé.

Comment remettre de la poésie dans tout cela ? C’est bien simple suggéré-je à Nathalie A., notre maire préférée, que j’aime bien quand même malgré ses partis pris architecturaux ultra-minéraux et limite très moches. En rebaptisant tout ! Puisqu’il y a une rue des Ormeaux, faisons comme dans les lotissements neufs : créons l’unité du lieu par la thématique maritime ou zoologique induite par ce nom de rue ! Appelons Brigitte Bardot à la rescousse ! Rebaptisons les rues de Quineleu à l’aide de coquillages et crustacés !

Exit la rue de Riaval, fin de la rue Jean Boucher, arrêtons-nous à la poissonnerie !

Voici mes suggestions du jour :

200225 Nikon 228

Rue de la Môme Crevette, personnage de Georges Feydeau
Rue de la Moule rieuse
Rue de la Bernique hurlante, café rennais
Rue Marcel Gamba
Rue Bernard Lhermitte, frère d’acteur
Rue des Sœurs Palourde (elles étaient de mœurs légères)
Rue des Longs couteaux (à éviter la nuit)
Rue Homard Matuer
Rue du Crabe aux pinces d’or
Rue Abalone Some, cow-boy
Rue des Quatre praires d’Altona
Rue O. Bulot (elle donne dans la rue des Trois huît·re·s)
Rue Coquillard Saint-Jacques
Rue Casse-corps et Mollusque
Rue Yoko Bigorneau
Rue de l’écrevisse platinée
Rue Jean Tanlamer
Rue de la Naissance de Vénus
Rue Monseigneur Pétoncle-Walrus, prélat belge

***

200225 Nikon 217Marina B., mon épouse préférée, m’insinue dans les conduits auditifs que la rue des Ormeaux aurait été ainsi dénommée en référence aux arbres qui portent ce nom ou aux jeunes ormes plutôt qu’à ces coquillages en voie de disparition..

En arrivant à la fin de ce billet, il se pourrait donc que j’aie tout faux quelque part ! Voilà ce que c’est que d’emboîter le pas à la première idée qui passe en arborant un « suivez-moi-jeune-orme » derrière son chapeau !

Si malgré cela j’ai le droit de revenir en deuxième semaine, je repartirai de zéro et parlerai du jeu Abalone que je ne connais pas et auquel sans doute je ne comprendrai rien non plus !

Car voilà, la preuve en est apportée à nouveau : en ce bas-monde l’imbécile curieux et indigeste survit mieux que le coquillage nacré, comestible et fort couru !

21 mai 2021

Dormir comme un pacha (Défi du samedi N° 664)

DDS 664 Alice

Si je suis ce pas-chat que Natacha n’attacha pas et qui fâcha Sacha, car me sachant peu chaste, il crut que j’en voulais à Ninette sa minette alors que simplement on avait convenu d’aller ensemble au bal de charité ce soir danser le pas chaloupé du pas cha-cha-cha gai que chante Marie-Thé en robe pas-chamarrée de soie pas-chatoyante et que rythme Charlie de sa pas-charleston, si tout ce pas-charivari vous avarie l’ouïe ou vous ravit l’oreille, si chez le pas-chapelier fou vous épas-chafaudâtes des hypothèses savantes sur le pas-loir entré dans la théière de Schrödinger, permettrez-vous quand même que je vous souhaite, Alice, un joyeux non-anniversaire ? demanda le sourire du pas-chat de Chester.

Alice pas-charitable ne lui répondit pas. Elle s’était endormie légèrement pas-chafouine dans une cagette en bois, rêvant qu’elle était chat et s’appelait Chouchen.

210513 Nikon 002

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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