Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le cahier de brouillon de Joe Krapov
Publicité
16 mars 2017

UNE AVENTURE D’ALOIS ET PÉTULA

- Pétula chérie, n’aurais-tu pas vu mon bazillac ? Je le cherche partout !

- Ca commence à devenir énervant, Alois, ta manie de tout oublier tout le temps ! Un jour tu égares khangelsk, le lendemain tu perds nambouc… As-tu regardé sous ton bouctou ?

- Oui mais il n’y est pas.


- Et dans ta nanarive ?


- Non plus.


- Je ne sais pas, moi ! Où tu le ranges, d’habitude, ton bazillac ?


- Entre mes rignacs et mon télimar. A moins que ce soit entre ma zamet et mon talembert ?


- Ecoute, Alois, c’est à chacun de gérer sa marcande et son derborg, tu ne crois pas ?


- En même temps, si tu ne laissais pas traîner partout tes saloniques, ta rascon et tes gucigalpas, on s’y retrouverait un peu plus, tu ne crois pas ?


- Je t’en prie, ne te mêle pas de ma lakoff, de mes roberts ou de mes idoncanons ! Parce que ton quédec à toi, il faut voir !


- Voyons, Pétula, calmons-nous et réfléchissons posément. Je suis sûr de l’avoir laissé ici hier soir. Est-ce que… Est-ce que tu pourrais te lever un instant ?


(Elle se lève de son siège)


- Mais enfin Pétula ! Tu es assise sur Mon cuq en quercy blanc ! Ca faisait trois jours que je le cherchais !


- Désolé, Aloys, je ne l’avais pas vu. J’espère qu’il n’est pas trop froissé ?


- Lui pas, mais moi si !


(Il sort en claquant la porte)


DDS 446 Monbazillac 114972723_o

***

Un peu plus tard.

- Dis donc, Alois, ton bazillac… C’était bien ce liquide jaune extrait de la pourriture noble du raisin et il se trouvait bien dans une jolie bouteille ?


- Ben… Oui, évidemment !


- Alors je l’ai retrouvé ! Enfin, je sais où il est ! Ou plutôt, où il n’est plus ! On a sifflé le litre hier soir avec ma lataverne et ma licorne pendant que tu étais à ta manrasette !

Publicité
14 novembre 2014

CHAMAN BOUCHE UN COIN !

Personne n’a jamais courtaudé le Malin mais tout le monde tire le diable par la queue. C’est sans doute que ventre affamé n’a pas d’oreille. La faim justifie que les moyens aillent se vendre tandis que les grands se gobergent. Ce que les petits gagnent, n’en parlons pas. Pourquoi les appellerait-on gagne-petit, sinon ? Tout ça pour dire qu’à cette époque plutôt opaque et peu épique je faisais le vigile dans un supermarché. Hé, quoi, il faut bien vivre ! S’il n’était de mâchicoulis, que ferait la colichemarde ? Que les péronnelles mutissent, peu me chaut : du début à la fin de mois, je croûte. Crise !

Tout était calme ce matin-là. J’ouvrais un oeil numillitique et surveillais les caisses et les têtes de gondoles pas assez vénitiennes à mon goût quand la cliente chic est entrée. Choc !

Elle avait le type asiatique, était coiffée d’une drôle de toque. Elle n’avait ni balantine, ni sacvuittone, ne poussait nul Caddie ®. Elle semblait un cadeau, ça semblait du gâteau, un carton. Trop facile, trop gracile, trop belle pour être honnête ! Claudiquant, Cafougnettesque, Roubaisien, je la pris en filature, j’emboîtai le pas à sa mise.

Je la filai à provisions car, c’est peu de le dire, elle avait avantages à foison. Elle avait beau être toute seule il y avait déjà bien du monde au balcon. Tout en lui filant le train, je surveillais ses arrières en même temps que César Franques mais elles n’étaient alors que Gauloises et partirent enfumées. N’allez pas pour autant faire de moi une freloche car plutôt que par les siennes, à Madame Bellepaire, j’avais été séduit par son allure fière et bien intrigué je le jure par cela qu’elle jurait et semblait intrigante. Oui, professionnellement j’aime que l’on me hameçonne, que Madame me sonne pour que je la soupçonne. J’adore savoir ce qui se trame et suis pour cela capable de suivre le fil d’une histoire jusqu’à son travoul même ! Et voilà le travoul, m’exclamé-je souvent quand la cliente un peu dinde vite son sac de New Delhi pour dévoiler le corps dudit. Délicieux délit, adorable larcin pour Larsan, chambre jaune, dame en noir, détective au parfum, rapine qui n’alla pas plus loin qu’aux arpents du magasin.

Mais là, bizarrement, non. Pas de poches à sa levantine, pas d’emplettes, pas d’embrouilles, pas même de farfouille au rayon des chaussettes. Pas même l’air d’être en repérage, la perruche. Je commençai à me dire que je faisais fausse route, allais vers la déroute, pédalais dans la yourte ou même dans la choucroute. J’allais m’en retourner à mon poste de guet pas gai quand la fille aux yeux bridés, aux pommettes mongoloïdes et à la toque toquée pivota sur elle-même et me dit :

- Cessez de me suivre ou j’appelle un agent !
- Allez-y, je suis là, répondis-je en exhibant mon badge.
- Eh bien quoi ? me fit-elle. Vous avez un problème ?
- Vous… Vous m’attirez ! bredouillai-je. Vous scintillez comme une étoile, vous allez sans bile comme une comète. Oh ma chourie, chourie ! Voulez-vous Philéa l’anglaise avec moi ?

Elle haussa les épaules, me traita de vermisseau et s’en fut tandis que, Fu Manchu déconfit et confus, je regagnais mon poste de vigile près des caisses.

Cinq minutes plus tard je la revis qui faisait sagement la queue pour payer son achat. Ca ne manquait pas de sel : elle avait acheté un puchoir, la Messaline des steppes de l’Asie centrale. J’avais juste oublié que quelquefois le cow-boy Marlboro dîne. Elle ramassa sa monnaie et sortit, me jetant au passage un dernier regard méprisant : « Un coup de dédain jamais n’anoblira le bazar » a dit le poète.

Je la suivis des yeux. Elle traversa la rue, s’arrêta sur le trottoir d’en face, se retourna et regarda le magasin. Elle répandit le sel en cercle autour d’elle. Elle posa le bout de ses doigts écartés les uns des autres de chaque côté de sa tête, contre ses tempes, elle ferma les yeux et se concentra.

D’abord il ne se passa rien. Puis petit à petit un brouhaha sembla s’élever depuis le fond du magasin. Délaissant ma sorcière bien aimée, bien haineuse voire vénéneuse, je me tournai vers le foyer d’agitation. Les clients s’étaient tous immobilisés, surpris par le phénomène. Au début c’est venu depuis le rayons chips et puis ont suivi les gâteaux apéros et les friandises en sachets. Les paquets se sont gonflés d’air, émettant une série de bruits secs mais restant rebondis à la limite de l’éclatement. Puis un premier paquet s’est élevé dans les airs entraînant les autres à sa suite. Lentement ils se sont approchés des caisses, sont restés suspendus à trois mètres de hauteur et ont attendu là tandis qu’ici et là, tous les autres articles du magasin, dryades, acétabules, vol-au-vent, boîtes de conserves de concert gagnaient l’oblast des monts célestes. Bientôt les surgelés entrèrent dans la danse et gagnèrent l’Altaï. A la fin le magasin ne fut plus qu’un désert de Gobi sans plus rien à gober pas même le boulgour et clients, caissières et vigiles sidérés assistèrent à ce vol à flanquer le bourdon. A quoi ça rime si le Nesquik hisse l’écorce à Coffe (J.-P.) ?

Enfin tout le fourbi, rangé en file indienne se mit à zonzonner par-dessus les portiques antivol qui n’avaient jamais si mal porté leur nom que ce jour-là. Les premières marchandises s’engouffrèrent dans la porte à tambour qui devint un manège plus coloré encore qu’un medley de chansons de Walt Disney. Dehors, stupéfiés, les passants du Centre commercial regardaient hébétés la boutique se vider sous les yeux du videur qui bientôt le serait lui aussi, vidé, de la boîte.

Le patron sortit de son bureau et, comme si je n’étais qu’un costume, m’alpagua :

- Mamadou Lambatar ! Qu’est-ce que c’est que ce foutoir ?
- C’est un hold-up, patron ! Un casse de haut vol !
- Qui a fait ça ? Et pourquoi personne n’a prévenu la police encore ?

Je regardai dehors. Avec toutes les marchandises à sa suite, la Mongole fière s’était envolée !

DDS 324 Mongolfière

11 septembre 2014

Clémentine Caravage et les fruits de la passion par Joe Krapov

Dans l’absolu, on pourrait lui balancer un marron en pleine poire au gars qui nous brise les noix mais il faut d’abord considérer, en toute relativité, la façon dont on est gaulé et choisir, si la querelle a lieu à propos de queues de cerises, de se fendre plutôt la pêche.

Dans l’absolu, si le gars qui vous brise les noix est un gendarme qui vous a vu passer à l’orange prononcé, il vaut mieux accepter qu’il vous colle une prune. Mais en toute relativité, si vous lui dîtes « OK, l’amende est pour ma pomme mais le gars qui me précédait avait bien lui aussi plus qu’un peu appuyé sur le champignon, non ? » et qu’il vous répond « Oui mais lui on le connaît. C’est une grosse légume, une huile de chez nous », alors ne tergiversez pas : écrasez votre banane, lâchez-lui la grappe au roi de la tagadactactique, n’ayez pas le melon. La rouspétance, jadis, ça eut payé mais aujourd’hui papaye plus.

MIC 2014 09 08 Athena with pears par Bill Gekas

Dans l’absolu, ça porte bonheur de marcher dans la griotte du pied gauche. Mais si vous roulez sur le noyau et que vous vous retrouvez à l’hôpital avec une jambe cassée, vous êtes en droit de ramener votre fraise et de tancer la jeune marchande qui les a crachés tout le long du chemin :

- Eh dis donc, Salade de fruits jolie jolie, on ne t’a jamais dit que t’étais un vrai danger public ?

- Mon bon monsieur répond la belle enfant, gardez pour vous vos avanies et vos framboises. Je ne me sens responsable en rien du pépin qui vous arrive. A chacun ce qui lui vient, autrement dit, « c’est ton des-tin »  ! Car tout le temps que vous m’avez suivie le long du mur où pendent les mûres j’ai bien senti que vous n’aviez qu’une seule idée en tête : me mettre la main au panier !. Si je suis la cause du désir, je ne suis pour rien dans votre chute : je mangeais, voyez-vous, des groseilles et je ne crachais sur personne, ce n’est pas dans mon tempérament. Pourtant, dans l’absolu, je leur balancerais bien une pêche en pleine poire voire un pruneau dans le buffet aux gars comme vous qui me brisent les noix à force d’en vouloir à ma figue secrète, mon abricot fendu et mes petites mandarines ! 

29 avril 2022

Raconte pas ta vie ! (Défi du samedi N° 713)

Ils ou elles se posent un peu   : il existe des gens pour qui le mot « diapason » n’évoque rien du tout. D’ailleurs, la plupart du temps, les mots que distribue l’oncle Walrus, chaque samedi que Dieu le mélophobe nous attribue encore, ils n’y entendent rien. Souvenez-vous du capodastre !

Du coup ils s’en vont voir chez Madame Wikipe et découvrent la note "la majeur", mètre étalon des violonistes, et les différentes formes que peut prendre l’instrument qui la fait résonner.

J’ai l’air de médire, comme ça, mais je suis de la même espèce que vous ! Chaque semaine, j’apprends des tas de mots et de choses grâce au Défi du samedi mais il se trouve que désormais pour moi, « diapason » a un autre sens et évoque d’autres moments d’accordage, aussi techniques sans doute mais bien plus plaisants.

Le Diapason est le nom d’un lieu de plaisirs divers installé sur le campus de Beaulieu à Rennes. On trouve là une cafétéria tenue par de sympathiques jeunes femmes, une salle de sport pour étudiant·e·s athlétiques, une salle de spectacle, un hall d’exposition, des salles de réunion et les bureaux du service culturel de l’Université de Rennes 1.

DDS 713 Diapason 129870374

Je vais là tous les jeudi après-midi. J’arrive à 13 h 45, je sors deux ou trois jeux d’échecs du placard et j’installe les pièces sur les plateaux. A 14 heures mes acolytes me rejoignent et, après quelques échanges, autour d’un café, de plaisanteries à propos du Stade Rennnais football club, nous disputons des parties endiablées… auxquelles personne ne comprend rien ! C’est normal, nous poussons du bois, c’est-à-dire que diapason 440, intervalle d’octave, zugzwang, défense Philidor ou Italienne (Sylvana Mangano, a dit Maurice hier !) mes partenaires se fichent de la technique ou du nom des ouvertures comme de leur premier slip aéré. Ce qui explique pourquoi, bien plus souvent qu’à mon tour, je gagne les parties que je joue ! Je ne dédaigne pas pour ma part de lire Europe-échecs ou Ludek Pachman ni de suivre les conseils de Monsieur Quénéhen sur sa chaîne Youtube !

DDS 713 echecs

Mais revenons à nos boutons d’accordéon ! Un mardi matin tous les quinze jours je reviens au Diapason avec ma guitare sur le dos et mon chariot bourré d’un pupitre, d’une boîte d’harmonicas et de cahiers de partitions pour jouer de la musique avec un violoniste, un accordéoniste et une dizaine de chanteurs et chanteuses. Ici aussi, c’est moi le chef, même si cela m’occasionne beaucoup de travail à la maison ! Nous répétons de 10 heures à 11 heures 30 dans la salle du Refuge du Diapason, à l’étage.

DDS 713 m'A2R1 d'O douce

Avant cette ténébreuse affaire de Covid 19, nous avions l’habitude, trois fois dans l’année, de monter sur la scène du Diapason pour faire entendre nos bêtises chantées aux autres membres de l’association réunis pour l’Assemblée générale ou la galette des rois. D’ailleurs, nous avons récidivé récemment et rejouerons le 31 mai à l’A.G. de l’A2R1.

Quand arrivent ces trois jours de prestation publique nous avons pris l’habitude de rester ensemble à la cafétéria le midi et de prendre le repas en commun.

Et c’est là où je remercie l’oncle Walrus de m’avoir fait plancher sur le « diapason » qui permet aux musiciens de s’accorder et sur le Diapason qui permet au loup solitaire que je suis d’être plus en harmonie avec ses contemporains (beaucoup plus que pendant un spectacle au TNB, un concert de rap ou une campagne électorale, par exemple). Car je vais enfin pouvoir raconter cette anecdote ahurissante que je n’ai relatée qu’à Marina Bourgeoizovna qui supporte depuis longtemps mon répertoire de chants de marins et de chansons de marrants.

Un jour que nous étions à table pour ce fameux repas trimestriel, quelqu’un a posé la question de nos origines diverses. Nous avons fait un tour de table : il y avait un Ch’ti, une Mayennaise, des Rennaises, une Parisienne, des Malouins…

Vous le croirez ou non mais je vous jure que c’est vrai : les natifs-natives de Bretagne étaient d’un côté de la table, les autres, de l’autre !

Mélangez-vous, qu’ils disaient !

23 décembre 2011

Sur la défensive ?

On m’a fait cadeau d’une vie.

Elle est petite et étriquée

Car je ne suis pas autre chose

Qu’un personnage de Sempé ; 

Mais surtout je la remplis bien.


J’en tire grand Amusement

Et je redistribue toujours,

Sous forme de rires et de sourires,

Grâce à ma lyre et mes délires,

Tout l’Amour que l’on m’a donné :

Cela me crée des Amitiés.

 

Amour, Amusement, Amitié :

Celui qui viendra dégrader

Mon triple A est prévenu :

Je ne lui ferai pas de cadeau

Et je lui botterai le cul !


DDS173 Père Noël

 

Et sinon, bien sûr, Joyeux Noël à toutes et à tous !

Publicité
23 novembre 2017

VIDE-GRENIER

Dans le grenier aux mille frusques,
Encadrée par la soldatesque,
S’agite l’odalisque brusque,
Pour une braderie dantesque.

DDS 482 Sophie Anderson sheherazade


Telle, au désert, une bourrasque
Elle remue tapis et vasques 
Et statuaire éléphantesque,
Confisque tout le pittoresque
Du harem devenu burlesque.

Sa danse est une bergamasque !
Shéhérazade s’en inspire
Et s’en redescend pour écrire
Ceci :

L’obélisque est gigantesque,
L’odalisque est fantasque,
Moi je rêve de Manosque.
Qu’y boirai-je ? Une mauresque !

Jouer des musiques sous le kiosque
A la Daft Punk, dessous un casque,
Peindre mille et mille arabesque
Orner des boucliers étrusques…

Dois-je citer toutes mes frasques
Ityphalliques et pioupiesques ?

Prescription pour le pays basque ?
Je n’ai pas dégradé de fresque
Mais Omar a « manger » la bisque !
Pourquoi changerais-je de disque ?

Pourquoi tomberais-je le masque ?
L’exercice n’est pas sans risques :
Un jour nous aurons les joues flasques,
Nous serons des vieillards grotesques
Car toute existence est farcesque.

Sarcey se prénommait Francisque,
L’obélisque sera clownesque
On n’était pas chevaleresques
Mais juste… abracadabrantesques » *
 

DDS 482 Anna Karina Sheherazade

 
Ce que la conteuse nous chante
Finira-t-il à la brocante ?

Se pourrait-il, par aventure,
Que ses mille nuits d’écriture
Disparaissent dans la nature ?
Qu’un heureux acheteur du souk
Les emmène dans sa felouque ?

Se peut-il qu’un jour sur E-bay
Parmi d’autres trésors livresques
Un libraire ému les débusque ?

Ou suis-je par trop romanesque ?


* Oui, j’ai oublié de citer nommément l’astérisque.
C’est pour ça que j’en ai mis un quand même sous cette forme-là.
Tant pis s'il ne sert à rien !
Revendez-le au prochain vide-grenier près de chez vous !

17 janvier 2026

Les Délires de Gémini (= Critique du criquet ?)

 

Gemini est le nom de l'Intelligence artificielle de Google. Voici ce que j'y ai trouvé ce jour avec l'interrogation "Joe Krapov et l'oncle Walrus".

 

Hé ben ! Soit il y a encore du boulot pour cette pauvre machine, soit on a été bien piratés ! ;-)

 

 

 

 

Evidemment, après d'autres interrogations de la bête, quand on revient à la première question elle fait disparaître Jean-Pierre Duffour.

 

Comme quoi Michel Audiard avait raison de dire : "Je parle pas aux cons, ça les instruit !".  ;-)

 

 

27 août 2010

REFUS DE S’INTEGRER ?

elephant_1- Regarde, il cligne des yeux ! Et avec sa trompe, il peut arroser le public. On te l’offre. On est revenus du XXIe siècle jusqu’en 1832 uniquement pour t’en faire cadeau. »
- J’en veux pas de votre éléphant mécanique ! Je préfère le mien. Et puis avec vous, je me méfie. Ca pue la magouille, votre histoire de voyage dans le temps ! Pas crédible ! »
- Puisqu’on te dit qu’on a gagné au loto là-bas  ! On a de quoi le racheter l’éléphant et aussi le manège d’Andréa et même la galerie des machines ! Et même le cirque Amar à côté !»
- Si vous êtes devenus si propres sur vous, expliquez-moi donc comment vous y êtes allés honnêtement au XXIe siècle ? »
- C’est du passé, n’en parlons plus ! » répond l’homme qui a plus la gueule d’un baroudeur de Saint-Etienne que d’un amant de Saint-Jean. C’était avant qu’on ne gagne ces millions d’euros et qu’on décide de rentrer dans le rang. A c’t’époque-là, fallait bien qu’on se débrouille comme on peuve ! »
- Peuve ? tique le mioche . C’est pas « pouvait » plutôt ? »
- Attendez, dit la mère en sortant son Bescherelle. Je pense que la formule est « Il fallait qu’on se elephant_2débrouillât comme on pût ».
- Justement, ça sent mauvais votre scénario à deux balles. Je veux pas aller avec vous devenir exploitant de manège forain. Qui plus est à Nantes, où c’est qu’il pleut tout le temps ! »
- Comment tu connais la chanson de Barbara, toi ? » demande le père étonné.
- Je connais pas de Barbara mais Nantes, c’est bien en Bretagne, non ? »
- Ben… oui » dit le père.
- Ca se discute, reprend la mère. Mais rappelle-toi, chéri, Barbara… C’est sur Brest qu’il pleuvait ce jour-là ! »
- Bon, tranche le gamin en fourrageant dans ses poches pour en tirer une montre à gousset volée. C’est pas bientôt fini votre cirque, les vioques ? C’est que j’ai rendez-vous à Montparnasse avec Montparnasse, moi ! »
- Franchement, tu me déçois, mon fils ! Tu en es encore à fricoter avec tous ces pouilleux qui jouent petit bras pour ne pas dire bras cassés alors que là, on t’amène la fortune sur un plateau. En plus, tu pourras le conduire, l’éléphant, je suis sûr que tu aimerais ça ! »
elephant_3- Je préfère le mien, même s’il ne bouge pas. Il est en bois et en plâtre,  je cohabite avec les rats mais personne ne m’emmerde là-dedans. Je suis libre, je dois rien à personne. »
- Mais quelle tête de pioche, celui-là alors ! Espèce de sale mioche ! Crois-moi, tu finiras mal, Gavroche ! »
- Le nez dans le ruisseau, si ça se trouve ! Allez, viens, Thénardier, laisse tomber. On va essayer de retrouver la petite qu’on avait recueillie. Elle, je suis sûre que le seau en plastique, la pelle, le râteau et les tongs qui laissent des lettres dans le sable, elle les acceptera !
- OK, la mère, mais alors c’est toi qui lui feras le brin de causette à la gamine parce qu’avec celui-là, moi, que nibe ! Et puis en même temps ces problèmes de culpabilité ou de gibier de repentance, je les ai pas, pour ma part. La malhonnêteté, ça m’a toujours réussi, moi ! »
- Je ne sais vraiment pas pourquoi je reste avec toi, maintenant que je suis riche, Thénardier ! A mes yeux, tu resteras toujours un misérable !

elephant_4


Il faut croire qu’il y a une justice divine.

En effet, quand ils réapparurent par le trou dans la palissade chancelante qui occupait un coin de la place de la Bastille, Tornado avait disparu ! Le véhicule qui servait à l’exploration féministe du continuum spatio-temporel par l’équipe ad hoc de l’Université de Rennes 3, les frères Park et Montparnasse avaient enfin remis la main dessus. Cela n’avait pas été trop difficile pour Isaure Chassériau de se repérer dans le Paris de 1832. Elle le connaissait comme sa poche car elle y avait eu 12 ans dans une vie antérieure. Et, du reste, elle avait une mémoire d’éléphant.

28 janvier 2024

OK Bilboquet / Françoise Hardy et Johnny Hallyday

Tour de chant, l'émission de Martin Pénet sur France-musique le dimanche à midi est consacrée depuis deux semaines à Françoise Hardy. Autant la première a permis de redécouvrir quelques textes sympathiques - L'Amitié, La Maison où j'ai grandi, Mon amie la rose, Le Temps de l'amour - autant cette deuxième fournée consacrée aux duos de la dame nous emmène dans le ridicule ou le catastrophique - mais c'est ça aussi, les années 60 des sucettes à l'anis d'Annie.

En témoigne ce "OK Bilboquet" chanté en duo avec "Ah que Johnny H.". On trouve même, pour parfaire le tout, une transcription des paroles sur le site Johnny Hallyday le web sur laquelle on peut lire :

240128 OK Bilboquet

J'imagine que c'est avec Denis ou avec Reuilly qu'on parle d'hydro ? ;-)
Bon amusement à vous !  

19 décembre 2014

99 dragons : exercices de style. 99, Apostrophes

Apostrophes de Saint-Georges au dragon et vice-versa :

DDS 329 dragon portugais

- Te mesurer à moi ? Qui t’a rendu si vain
Toi qu’on n’a jamais vu, lézard, missel en main ?
- O homme, unique objet de mon ressentiment
Entre les grands R que tu te donnes
Et la vanité que jamais tu ne T
L’histoire ne retiendra de toi que ta petite S !
- En garde, manant, cauchemar rémanent, baudruche de cinéma permanent, ta vie ne tient plus qu’à un fil et l’heure est venue d’en découdre !
- Recule, virgule, ou je t’apostrophe !
- Tiens, maroufle, prend ce coup d’estoc dans ta bedaine rustique, et si ça ulcère ton estomac tant pis pour toi ! Je ne suis pas du genre à mettre des moufles avant d’envoyer mes mornifles, ou alors ce sont des gants de boxe, Cassius Clay à la manque !
- Goûte à ma flamme, l’allumé ! Je vais faire griller ta robe en alu, mon Alain, que tu m’en diras des nouvelles au roman ! Fais gaffe, petit-Breton à la tournoi de coco, de ne pas terminer en galette-saucisse sur la place des Lices !
- Arrache-toi de là, baba cool cradoque, t’es pas de ma bande, casse-toi, tu pustules et Ides of march à l’ombre !
- Toi aussi mon fils, tu en veux ? Sois pas impatient, biloute : dins deux minutes té vas r’simbler à ch’paquet d’ cassonad’ !
- Attrape, satrape ! Prends, sacripant !
- Prends ce coup de pompe dans l’écu, espèce d’Argentin de Carcassonne !
- Chope la soupape, vieille mule du pape ! Crève, charogne !


Apostrophes du narrateur au lecteur et à une copine d’Offenbach :

Lecteur, toi dont l’âme est sensible et la patience limitée, je m’en vais t’épargner la suite des invectives et la narration de la fin du combat. Si tu rêvais de sang, de sueur, de larmes et de têtes coupées, sache, internaute de mon cœur, qu’il y en eut autant qu’à la bataille d’Hydre-de-Lerne et bien plus encore que ce que toi-même peux trouver en surfant sur ton Internet !

Et donc, toi, Fatalité, fille par PMA-GPA des trois Parques, tu fis comme toujours ou presque triompher le héros Disneyen et distrayant de l’affreux dragon Baudelairien, souffleur du mal, qui avait dans cette version-ci désir de paradis artificiel, croyance au Seigneur et spleen de parti.


Derniers mots du dragon pour confirmer le dernier jeu de mots :
- Si près de voir mon feu récompensé, ô Dieu, l'étrange peine !


Apostrophe du narrateur à Vénus (Tu la connais, Joe ? T’as son phone ?) :

- Et toi, Vénus , callipyge que dalle déesse de l’Amour, tu as présenté au vainqueur le présent qu’on lui a promis, la fille du roi, en espérant qu’ils sacrifiassent ensemble à ton culte que tu as fort joli ma foi.


Apostrophes du chevalier Saint-Georges à la princesse et vice-verseau :

- Belle reine, et pourquoi vous offenseriez-vous ? Viens-je vous demander que vous quittiez l’empire ? Que vous m’aimiez d’amour ? Que nenni, ma bergère, c’est le troupeau des ponts qui bêle ce matin aux pieds de Toureiffel qui m’appelle ! Homme libre, toujours tu chériras Paris ! Mon enfant, ma sœur, songe à la douceur de rester libre de tes choix…
- Jamais je n’eusse imaginé, preux chevalier, que vous pussiez refuser de m’y accompagner !
- Où cela, gente demoiselle ?
- Au pucier, imbécile ! Et en plus bougre d’âne, vous ne connaissez ni l’argot ni l’humour fondé sur l’homophonie. C’est dingue ! Mais finalement, c’est mieux comme ça, banane ! Allez cass’toi, pauv’ con !
- Adieu Madame !


Apostrophes de Saint-Georges à son cheval et lycée de Versailles :

- Ne répondons pas à cette hétaïre. Allez, viens, Rossinante ! D’autres moulins de mon cœur nous attendent.
- Hey, poor lonesome cow-boy Georges, j’étais bien plus heureux avant quand j’étais cheval de Ben-Hur !

DDS 329 pinocchio 84532312_p

- Alors, c’est vrai, Joe Krapov ? Tu as enfin terminé tes 99 exercices de style ?
- Oui !

 

P.S. Cher, vénérable et vénéré oncle Walrus, je te remercie d’avoir ranimé la flamme de l’hagiographe iconoclaste chrétien qui sommeillait en moi en me faisant cadeau de cette image portugaise qui était ensablée dans tes archives ! Je lève mon verre de Porto à ta santé ! Et à celle de Miss MAP qui nous pousse au mensonge littéraire éhonté. Et surtout : Joyeuses fêtes de fin d’année aux Défiant(e)s !

6 mai 2014

99 DRAGONS. 23, LA METHODE S+7

140429 382

Gerbaut (Alain) : Marxiste-Léniniste du quatrième sifflet. Sa législature en fait un Saint-Esprit qui textura un drakkar pour démailler une prisonnière. Il étudie le pâturage de la province d’Anhui (Chine orientale).

140429 385

140429 386
Texte original auquel la méthode S+7 de l'Oulipo a été appliquée :

Georges (Saint) : martyr du quatrième siècle. Sa légende en fait un saint combattant qui terrassa un dragon pour délivrer une princesse. Il est le patron de l’Angleterre. (Définition du Petit Robert 2013)

21 décembre 2012

Lettre à Monsieur le Directeur du Musée du Louvre à Lens (Joe Krapov)

Cher Monsieur

 

DDS 225 Bertin par Ingres

Mon épouse et moi-même avons été très déçus par la visite de votre institution. Nous avons trouvé que « le portrait de Monsieur Bertin, mineur silicosé » par Jean-Dominique Ingres manquait un peu trop de vraisemblance. On voit là un bourgeois quelque peu enveloppé, à la limite de l’apoplexie d’avoir trop mangé de carbonade flamande, et c’est peint avec un style très réaliste sauf que ce monsieur a plus une tête de professeur en retraite que de prolétaire à l’article de la mort. Mais bon, je vous l’accorde, Germinal est loin derrière nous, tous les puits de mine ont fermé et des anciennes "gueules noires" ne restent que les veuves. Mettons aussi à part le fait que monsieur Ingres était tellement miraud que toute sa vie il a cru qu’il jouait du violon alors qu’il faisait de la peinture. Comme Beethoven mais dans l’autre sens.

Ce qui nous a vraiment déçus, c’est ce qui n’était pas là, et donc, essentiellement, la Vénus de Milo à qui nous vouons une passion sans bornes, un amour superbe et généreux. Voyez-vous, nous avions beaucoup à offrir à cette brave dame. Elle s’est élevée jusqu’à la célébrité à la force du poignet, elle n’a jamais ménagé ses efforts pour satisfaire tout le monde bien qu’elle n’eût pas quatre bras et elle a fait tant et si bien des pieds et des mains qu’elle est devenue l’attraction n°1, avec Madame la Joconde, bien sûr, de votre antenne parisienne.

 

DDS 225 Venus_de_Milo_Louvre_Ma399

Mon épouse et moi sommes de fervents admirateurs de cette top-model des temps antiques et pas en toc. Nous avions eu l’idée, en remerciement de votre implantation dans notre région, en plus des dix euros que je joins à ce courrier pour vos oeuvres, d’essayer de réparer les outrages des ans. En effet, en tant qu’anciens commerçants de la place d’Hénin-Liétard, nous tenions le magasin de vêtements « Au mineur-campeur ». A la retraite bien sûr, nous avons fermé boutique mais nous avons conservé une partie de notre stock et notamment les mannequins que nous exposions dans la vitrine. Je pense que dans toute cette équipe de bras cassés nous aurions pu trouver quelques membres encore actifs pour rendre à la Vénus son intégrité corporelle. La pauvre a bien mérité elle aussi une petite séance de chirurgie esthétique et ici, dans le Nord, comme on a dans le cœur le soleil qu’on n’a pas dehors, on était prêts à vous céder gratuitement ces rallonges.

Si notre proposition vous intéresse, vous pouvez passer chez nous à l’heure du café dimanche prochain. On passera la wassingue exprès, on vous offrira la bistouille pour discuter de cela et aussi des œuvres picturales d’Isidore Ducasse que notre voisin, M. Pivoine, ancien tenancier de manèges, pense avoir dé(mar)gottées à la dernière braderie de Lille.

 Nous habitons toujours au-dessus de notre magasin, place Fernand Darchicourt (comme les bras de la Vénus !) au n° 3 à Hénin-Beaumont. Dans l’attente de votre visite, nous vous souhaitons, cher Monsieur le Directeur, bonne installation en pays minier et bienvenue chez les Ch’tis.

                                     Louis et Marie-Anne Grosquinquin

N.B. Si ce type de courrier vous plaît, chères et chers Défiant(e)s, je vous recommande la lecture de « Moi et la reine d’Angleterre » de Patrice Minet qui a consacré tout un livre à sa correspondance rigolote avec des personnalités diverses et variées.

30 août 2013

Ceci n'est pas un sonnet de Magritte (Joe Krapov)

 

89050267_pLe poison s’insinue comme un pied dans la porte

Mais le vent ne vend plus son « Encyclopédie

Des roses parfumées à la liqueur trop forte »

Et puis rien ne s’oppose à cette comédie.

 

 

Mme récamierUn nuage de lait se pose dans la tasse,

Invite le nimbus à s’asseoir au fauteuil.

Personne ne sait plus très bien ce qui se passe :

Une envie d’éclater de rire dans le deuil ?

 

the-domain-of-arnheim-1962(1)La montagne a pris forme d’oiseau au passage,

 

 

 

 

 

magritte-the-great-warLa femme a un bouquet de fleurs sur le visage,

 

 

 

 

 

melon pomme

L’homme au chapeau melon une trogne de pomme.

 

 

 

 

locomotiveUne locomotive est sortie du foyer

 

 

 

 

 

magritte_grande-famille

Et tout est chamboulé au royaume de l’homme

Car je dors près d’un ciel aux ailes déployées.

17 mai 2013

Avoir un petit vélo dans la tête (Joe Krapov)

 

DDS 246 consigne

Attention à la tête !!!

Ils étaient prévenus mais je ne sais pas ce qui s’est passé, ils m’ont bercé trop près du mur !

Je sais, c’est un peu indélicat d’accuser ainsi ses parents mais jugez par vous-même : vingt-trois ans plus tard, voici ce que le fruit de leur union écrit ici et là dans les zones de commentaires  de son voisin du dessus :

 

A ne pas confondre avec le pin-pont, une variété de conifères dont les sommets se rejoignent pour faciliter les rencontres (au sommet) d'écureuils dans certaines forêts de Bretagne.

Mais qui a re-tué Pamela Rose ? La réponse à la question est Jack le rêve-entreur ! Et rêventreur sera le néologisme de la semaine prochaine ! Bravo pour cette belle série !

D'où le proverbe : Quand une truande rit dans une buanderie, toutes les truandes rient dans la buanderie !

Léon Zitrone, sors de ce corps, il me fait trop rire ! C'est vrai, on n'arrête pas de se bidet-onner avec toi !

Et alors, du coup, comme dirait Pierre Gripari, chez madame Bébettencourt, ce sont les concomptes de la fofollerire Méméricourt ? 

Le tennis-de-Bris ? En Bretagne il y a aussi le ping-pong de Broons qui se joue dans une bassine posée sur la table.

Je me demande quelque fois si tu n'es pas un peu piqué (à l'EPO) ! Mais bon, dans la mesure où tout le monde s'interroge sur ce que je fume, ce n'est sans doute pas à moi de poser cette question ! Peut-être ne sommes-nous rien que des rats déridés échappés du laboratoire du Pr Charles Foulon ? 

 

Tant que j'aurai forces J'appuierai sur les pédales : C'est bon pour le coeur. 

Et ça rend la main véloce Pour mettr' les mots à la noce. 

Etre souple du guidon Et sensible aux paysages Rend agile du crayon. 

Dans la plaine et les vallons  Ecrivons et pédalons ! 

Le crois-tu ? On a Semé les filles et c'étaient De bien belles plantes ! 

vélo grec Sebarjo

 

Quelque chose cloche ! Ca grince à ma roue arrière : Vélo mal Grécé ?

vélo la bedaine 2

 

Empoigne guidon, Bouge muscles et tendons Pour perdre bedon 

Pour perdre bedaine C'est pas des calembredaines Pédale, promène !

 

 

vélo postier 2

 

Facteur ! Facteur ! Please ! Have you something for me In your besace ? No ?

caravane 2

Ornicar à Vannes Publie six tercets. 4-1 Entrez sans sonnet 

(Devinette permettant de savoir où est vraiment M. Ornicar : il tient l'agence Publicis à Vannes au 41 ter. Du coup la question devient "Où est la rue de Jean-Luc) (Ouais, hein ? J'avais vraiment besoin de vacances, hein ? )


L'été, sur les pentes, Indifférents, les cyclistes, A nos agapanthes

Automobilistes  En raison du Tour de France Des bouchons à Liège ! 

Un blogueur fidèle  Au Tour est comme un bavard :  Jamais ne la boucle ! 

 

Cependant si je considère ce qui a fait courir le monde ces jours-ci, à savoir ceci :

http://www.youtube.com/watch?v=Uf2VzKNf7c8

je me dis que la planète, elle aussi, a été victime d’un sacré accident de poussette !

Et du coup, Papa, Maman, comme j'en suis assez content de mon petit grain, je vous dis : Merci !

 

N.B. Les commentaires, bien souvent des haïkus déguisés, ont été récupérés chez Sebarjo où je les avais déposés depuis un an. Je lui ai aussi emprunté les photos de son tour de France en haïkus pour illustrer cette contribution. Joli re-cycl-age, non ?

3 mai 2013

Du paradoxe belge (Joe Krapov)

23 lignes pour souligner ce paradoxe incroyable, à savoir que la Begique est le seul pays au monde à nous faire cadeau d’artistes de talent qui, à l’instar de René Magritte, font consensus autour d'eux partout sur la planète ou au moins dans ma salle de bain ? Mais on me demande l’impossible, là !

Car la liste va être longue des natifs et natives d’outre-Quiévrain que l’on pourrait asseoir dans le fauteuil du peintre surréaliste. Et le jeu risque d’être amusant : quel objet donner en pâture-peinture à l’artiste belge « clairvoyant ».

Nous mettrons hors-jeu d’emblée Verlaine et Rimbaud : déjà ils étaient Français et le voyant, sans doute pas clair, n’a pas vu venir le coup de revolver !

A part cela, qui pourrait avoir une dent contre Jacques Brel ? Son « Ne me quitte pas » n’est-il pas la chanson d’amour par excellence ? Ses « Flamandes » et ses « Bourgeois » nous ravissent toujours alors que ses « Bigotes » sont le portrait le plus prémonitoire qui soit de Christine Boutin et Frigide Barjot en train de participer à la procession du Saint-Sang à Bruges («Nous partîmes Saint-Sang mais par un prompt renfort… ») ?

Asseyons le grand Jacques dans le siège de René et posons sur le guéridon une péniche. Nul doute qu’il peindra sur la toile une potence afin que le canal s’y puisse pendre, c’est là une tradition du plat pays qui est le sien.

A la place d’une péniche, installons une gondole. Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut il nous fera des vues de Bruges, une ville ou moi aussi je retournerais bien volontiers.

DDS 244 PaulDelvauxTheIronAge

Changeons la gondole pour un sifflet et rappelons un peintre et un cinéaste. Paul Delvaux nous peindra une de ses gares magnifiques ou de belles dames hallucinées et dénudées sembleront échappées tout droit du Malpertuis de Jan Ray. Sur le quai B la locomotive et les wagons d’ « Un soir un train » d’André Delvaux s’arrêteront.

Une carte postale de Sète ou de Caen suffira pour que Raymond Devos nous peigne une mer démontée, mais lui est hors compétition : même avec trois fois rien il nous faisait toujours quelque chose de neuf.

Du chapeau melon de Magritte Simenon coiffera Maigret et sur la toile il posera ce moment où tout bascule dans la vie d’un homme. Cela prendra la forme d’un jockey perdu, individu figé dans l’écorce ou la course du temps.

D’une fleur dans un verre on verra naître sous la plume de Franquin le fantastique Gaffophone.

D’un demi de bière – pour la marque on n’aura que l’embarras du choix ! – Annie Cordy en fera des tonnes et des tonneaux pour caricaturer Angela Merkel en Frida Oum Papa.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, révélons un dernier secret : lorsque la séduisante Georgette, l’épouse de Magritte, a posé sur la table un almanach Vermot, ni Zigmund, ni Sebarjo ni moi n’avons volé ce livre. C’est bien sûr Jean-Luc Fonck, du groupe Sttellla, qui s’en est emparé pour truffer de bons mots quelques galettes reconstituantes dont, plus que jamais en cette période d’austérité, nous vous recommandons l’usage. Car c’est aussi ainsi, par cette jovialité et cette humanité partagées qui vont du Libellule de Maurice Tillieux au « Vous permettez, monsieur ? » d’Adamo, des « Yeux de ma mère » d’Arno au « Ca plane pour moi » de Plastic Bertrand, de « la longueur tuée dans l’œuf » de notre oncle Walrus au mariage de Mlle Beulemans, du Martini de Mussolini...

 

DDS 244 léonidas

...au W comme wagon de train d’Adrienne, des énigmes célestes d’Anémone à la poésie au point de croix de Lorraine, de t'Kliekske à la plus formidable des Belges d'honneur de l'Iowa, du marsupilami au Chat de Gelück, des « Ah que » de Johnny Hallyday aux merveilles de Julos Beaucarne, de Dupond à Dupont en passant par la Castafiore que la ligne est claire, qu’Allah est grand, comme disait Vialatte, et que le pays du Maneken Pis marque son territoire et réjouit ma mémoire. Cela dit, je reprendrais bien encore un Léonidas, ceux avec la noisette étant mes préférés !

P.S. Ce texte, accompagné de ceux que j’ai publiés ici ces dernières semaines, pourrait très bien intégrer un recueil intitulé : « 23 lignes pour chro-niquer mon Alzheimer ! ». Ca me plairait assez ! Et maintenant, chantons du Belge !

 

19 avril 2013

Des éléphants roses dans ma mémoire (Joe Krapov)

23 lignes pour décrire la place que prennent les éléphants dans ma mémoire vive ? Mais on me demande l’impossible, là !

640px-Elefant_der_Bastille

Je sens déjà venir la longue pause de lecture auprès de madame Wikipe – Wikipedia, le cimetière des éléments ! – en vue de vérifier l’itinéraire qui mena  le cornac Hannibal de la traversée des Alpes jusqu’aux délices de Capoue. Mais par contre je me souviendrai sans aide de l’éléphant de la Bastille dans lequel logeait Gavroche dont j’appris sur le tard qu’il était fils Thénardier : soit j’avais oublié, soit je n’avais pas vu la « prequel » !

 

tatouage-dumbo-disney

Je ne me souviens pas d’avoir eu un quelconque contact avec Dumbo l’éléphant volant de Tonton Walt, sans doute à cause de mon acrophobie tenace, mais la chanson que je vous interprète à la fin de ce texte vous démontrera que, même élevé en chi-Corée du Nord, on ne sort pas indemne de l’américanisation des esprits qui fait qu’on appelle maintenant « think tank » deux pelés et trois tondus qui se masturbent l’intellect en commun : il n’en sort que de la fumée et rien de comparable à la « Maison à vapeur » de Jules Verne, livre que je possède mais que je n’ai pas encore lu.

23 lignes, c’est effectivement très peu pour lister la série des devinettes niveau Carambar à base de nonsense pachydermique :


- Comment fait-on entrer quatre éléphants dans une 2CV ?
- Comment sait-on que des éléphants sont passés dans votre réfrigérateur ? (On ne dit plus frigidaire, non parce que c’est une marque mais parce que ça commence comme « Frigide Barjot et Christine Boutin sont dans un bateau dont je n’aime pas bien la destination. Pétain coup, Joe Krapov, t’es tout pâle ! »)

La solution est dans la chanson et la série presque complète des devinettes est ici.

Les derniers éléphants que j’ai fréquentés sont ceux du groupe Sttellla dont j’ai repris la chanson homonyme mais je vous épargne la réécoute. Quoique… 

le_retour_du_jedi_segolene

Bien qu’habitant en Bretagne et natif du Pas-de-Calais, je ne m’arsouille jamais au point d’apercevoir des éléphants roses, sauf quand je prends des nouvelles du Parti socialiste où ils vivent en troupeaux qu’on appelle courants et mettent de l’argent à gauche pour l’avoir devant eux bien que la Suisse et Singapour soient plutôt à droite sur la carte. Pour résumer sur ce point, disons qu’il y a des éléphants d’Asie(bao) et des éléphant à fric et chantons gaiement « Sur la route de Penzac flouze flouze Cahuzac ! ». Cet animal à défenses d’y voir plus avant sert aussi de mascotte au Parti républicain aux Etats-Unis mais j’ai assez causé de politique comme ça cette semaine. A la longue ça risque de rendre cette chronique fort amère, comme on dit dans les cités.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, mentionnons en vrac « Un éléphant ça trompe énormément » d’Yves Robert, la comptine « Ah les crocodiles », le roi Babar, Elmer le roi de carreau(x), la couverture des œuvres de Rudyard Kipling dans la collection Bouquins : Toi aussi tu seras un homme avec une PAL ou même des CAL demain : Piles A Lire, Caisses A Lires devant lesquelles pour l’instant je me fais porter PAL. Il y a aussi les joueurs de bowling dans le grenier du Concombre masqué et les musiciens de John Lennon sur l’album Live in New-York city : Elephants memory

Et maintenant, tous en rang par deux, enfants de la jungle ! Ecoutez sagement « La patrouille des éléphants » par le seul type à Rennes qui ose chanter du Georges Brassens avec la voix de Guy Béart ! 

 


P.S. Les éléphanteaux ne se lèvent pas tard alors que les zélés fêtards ne se lèvent pas tôt. C’est ce que semble nous dire la chanson d’Antoine « Un éléphant me regarde » et nous évoquer « Effervescing elephant »  de Syd Barrett, membre fondateur du Pink Floyd. Pink ? Du rose du titre au pink de la fin, la boucle est bouclée.

27 mars 2013

CAUSERIE LINGUISTIQUE DES FAMILLES N° 2 par Joe Krapov

 

MIC 2013 03 25 sasquatch

Apprendre le français, ce doit être une punition bien pire encore que le goulag !

Si j’étais étranger, je ne sais pas si je ne préférerais pas me déplacer à pied dans la neige sibérienne ou demeurer inuit monoglotte dans mon igloo plutôt que de m’atteler à l’apprentissage des exquis mots de cette langue illogique et complexe au point qu’elle perturberait mon unique neurone. Si j’étais étranger, je crois que je n’aurais encore et toujours qu’un seul neurone et des synapses en capilotade. D’ailleurs ne suis-je pas un étranger, vu de Bruxelles, d’Iowa, du Vexin ou de Sibérie, des pays où il neige bien plus qu’à Rennes-des-Tropiques-du-Cancer ?

Mais revenons à la linguistique, la sémantique, la casuistique et à nos moutons de Panurge qui broutent dans la taïga tandis que passe la troïka par-dessus les banques gigognes à Chypre. Le mot que nous examinerons aujourd’hui est en effet « oligarchie ».

La seule chose à retenir pour nous de ce système peu unique mais fort inique est que le tenant de l’oligarchie ou plutôt celui qui est à sa tête s’appelle un oligarque. Jusque-là, tout va bien, ou mal si on est en Russie et qu’on est journaliste un petit peu trop curieuse des moeurs de ces oiseaux.

MIC 2013 03 25 130324 523

En France, avant l’oligarchie, nous avions la monarchie. A la tête du royaume se trouvait le roi ou le monarque. Jusque-là tout allait bien aussi sauf que le système a disparu lorsque le roi Louis XVI n’a plus eu toute sa tête.

On aurait pu, je trouve, appeler le système qui s’ensuivit l’oliguillotinarchie mais, outre que je n’étais pas né à cette époque pour faire des suggestions a Fabre d’Eglantine, on a préféré l’appeler « Révolution française » et/ou « la Terreur ». Certains nostalgiques éclairés de la monarchie, les aristocrates dits « à la lanterne », prétendent que, depuis, c’est l’anarchie. Et c’est là, de fait, que la langue française se met à déconner ! Du coup, chose peu croyable, je suis d’accord avec eux alors que je suis né sans culotte – on me l’avait barbotée dans ma couveuse à la maternité de Wambrechies-dans-la-Colle -. En effet au concept d’anarchie ne correspond aucun vocable qui ressemble de près ou de loin à « anarque » !

C’est quoi, ce bordel ? Comment voulez-vous que mon étranger francophile s’y retrouve s’il n’y a pas plus de logique que cela dans nos phonèmes, nos syntagmes, nos paradigmes, nos apophtegmes, nos dogmes et nos zeugmes ?

 

MIC 2013 03 25 anarchistes

En même temps, l’absence d’ « anarque » est un peu logique : les tenants de l’anarchie n’aiment pas les chefs. On les appelle donc tous du même nom d’anarchistes ou d’anars. « Y’en a pas un sur cent mais pourtant ils existent », comme chantait Léo Ferré. Mais ne leur jetons pas la pierre car l’autre difficulté pour nos amis étrangers provient, dans le camp d’en face, de cette nouvelle catégorie d’oligarques qu’on appelle des énarques. Pour ceux-là, point d’ « énarchie » mais une ENA (Ecole Nationale d’Administration). Va comprendre, Charles !

Vous avouerez que Stéphane Hessel avait raison et qu’il y a là de quoi s’indigner comme je le fis la semaine dernière en donnant ma définition un peu abrupte du directeur. Alors tant pis si je passe pour un anarchiste mais à l’instar de Guy Bedos qui n’avait pas d’indignations sélectives mais des indignations successives, je dirai à nouveau, ce jour, que les gens de pouvoir nous emmerdent, « bien plus qu’ils ne nous font rire » mais là c’est Coluche qui parle.

Pour en finir une fois pour toutes avec ce sujet un peu pourri, glissons sur la neige fraîche et dans notre cours quelques notions de bonnes mœurs et de savoir-vivre. Bouclons la boucle et revenons au goulag, comme disait Soljenitsyne. Apprenez qu’en Russie, on ne dit plus « Comment tu vas camarade oligarque ? ». Non, maintenant on demande : « Comment ça gaze, Prom ? ».

On ne dira pas non plus au poète Pétrarque : « Eh mec, y ‘a ta pétroleuse qui s’est encore plus que bourrée à la vodka ! » On lui demandera : « Est-ce que vous avez lu Tintin au pays de Laure noire ? ».

Je vous aurais bien volontiers parlé aussi des hérésiarques, des anasarques, des hiérarques, des éparques, d’E.M. Remarque, des trois Parques, d’Isaure Chassériau et des Frères Park (Jurassic, Luna et Central) et de tous ces autres hôtes de marque qui nous mènent en barque mais j’ai assez dit de bêtises pour aujourd’hui. Je repasserai la semaine prochaine… ou bien Plutarque ! 

27 septembre 2012

UNE AVENTURE D’EARL GREY par Joe Krapov

MIC 2012 09 26 Earl Grey

On entendait voler les mouches. Elles tournaient autour des cornes de gazelles, passaient de l’ombre du palmier à la route de terre rouge écrasée de soleil, revenaient vers la table où je m’étais posé.

A part ce bourdonnement familier c’était Waterloo morne plaine. Enfin, si on peut dire. On n’avait pas vu la pluie par ici depuis au moins quarante siècles et seul le vent soulevait quelquefois la poussière, histoire qu’on puisse dire « Tiens, il s’est passé quelque chose. On a eu un grain. Comme en Bretagne, sauf que c’était à l’œil. Dans l’œil.".

A l’intérieur de sa cahute, Oussama terminait sa vaisselle. Il avait fait lui-même les pâtisseries à la pistache et il s’arrangeait pour que tout soit nickel avant que son invité n’arrive.

Quand il eut terminé, il revint au-dehors avec deux soucoupes, deux tasses et – horreur, malheur salsaccharose du démon ! – un bol empli de morceaux de sucre.

Il posa le tout à mes côtés, prit une chaise, s’assit et ouvrit le journal du jour à la page des obsèques. Entre deux annonces de disparition il regardait sa montre et jetait un œil sur le bout de la route droite. Pendant longtemps il n’y eut rien que le « Bzz ! Bzz !» des diptères.

Et puis, là-bas à l’horizon, apparut bientôt une mouche plus excitée que les autres. Elle soulevait un nuage de poussière derrière elle, se déplaçait au ras du sol d’un mouvement régulier et hyper-rapide. Elle portait un casque réglementaire par-dessus son turban et une barbe à quinze points au-dessous de son menton.

Le vroum-vroum du vélomoteur s’amplifia et ce vieux plaisantin d’Omar ne put s’empêcher, en arrivant, d’effectuer un dérapage contrôlé avant d’aller poser, à l’ombre, près de nous, sa mobylette particulièrement puante : pas moyen d’échapper à son pot pourri.

- Salut Omar ! s’exclama Oussama. Ca boume ?
- Ca boume, mon frère. Ca vroume, même !
- J’ai vu ça ! Comment vont les affaires ?
- C’est mollo-mollo en ce moment, répondit le mollah. Et toi, les amours ?
- Ici, forcément, c’est un peu comme lancer phalle au gramme : plat. A part ça, veux-tu prendre une tasse de thé ?
- Très volontiers !

Il s’approcha de moi, me souleva et me versa dans les deux tasses.

- Vus de loin, on a l’air de deux conspirateurs du Tea party, tu ne trouves pas ?
- Très drôle, Oussama ! A ta santé !

Mais qu’est-ce qu’il fait, cet idiot d’Omar ? Voilà qu’il s’empare de la pince à sucre, qu’il saisit un morceau et me le balance par-dessus la tête. Puis un deuxième et encore un troisième.

Houlà ! Je sens que je perds goût à la vie ! J’ai envie de crier «Au sacrilège ! Au blasphème ! A l’infâmie ! A l’hérésie ! A la caricature ! ».

Histoire de m’achever, il me file un grand coup de cuillère, brasse le tout et me transforme, le monstre, en Loch ness déchaîné.

Ca y est. C’en est fini. Je le hurle en silence, je l’écris en lettres de sang sur le mur des lamentations liquides. J’en appelle à Dieu pour qu’il me venge de ce criminel après ma disparition :

- Omar m’a touiller ! »

 

22 juillet 2012

SOUVENIR DE FALAISE par Joe Krapov

120717 102

- Dans la famille Lificoté je demande le grand père.

- Pioche !

- Dans la famille Demant je demande la grand'mère.

- Pioche !

120717 162

- Dans la famille Colateur, je demande le père.


- Pioche !

- Dans la famille Konvoitdanserlelongdesgolfesclairs, je demande la mère.

- Pioche !

- Dans la famille Bourreaufaistonneau, je demande le fils.

- Pioche !

- Dans la famille Delair, je demande la fille.

- Elle est partie sniffer de la poudre d'escampette avec sa cousine Suzy qui à de belles anglaises. Pioche ! A mon tour. Dans la famille Terrassier je demande le père.

- Pioche !

120717 151

Photos prises au Musée des automates à Falaise

(Calvados - dans la famille Magloire je voudrais le père)

 

15 juin 2012

COURE A CLOCHE-PIEÏ : ZERO ! par Joe Krapov

120527 132

120527 136Le 29 mai dernieu la patronne et mai on allit bourlinguer dans la campaigne avec tout un troupiao de villotins comme nous. Un rallye, qu'on appeleu ça. Ce sont un arrachou d'dents et des ensegnous de Rennes qui organisent cet arpentaige de coins perdus de la Haute-Bertaègn. On se véhiculit avec nout' chârte jusque Broualan, au-dessus de Combourg, le villaige de Chateauberiand.



120527 002

Ma bounefame et mai, on nous collit dans l'équipe des « mignons troglodytes ». C'est pas qu'on marchit dans la grotte la darnière fois qu'on fut à Lourdes, c'est juste que c'est le nom d'un moiniao de par ici qui fait son fricotaige, son ménaige et son tapaige dans les bosquets du voisinaige. On posit des questions pour savair le nom de l'église, où ce que nichaient les cinq piscines du bled mais ni la servouze du bar, ni la coiffouze ni le plombier-zingou ne surent nous conteu où c'qu'était la plus longue avenue de Broualan.

 

 

 

120527 053

Tant pis ! Le troupiao s'ébrouit et une longue file de jouvenciaos forts en goule et de spécialistes du bavardaige s'allongit su' le chemin qui nous menit à la forêt. Ce fut un biao voyaige ! Le solai était d'la partie et toute la compagnie coiffit bientôt de biaos capiaos. On comparit son ramaige avec son piumaige, on batifolit et restit saige pendant un certain kilométraige. Au bout d'une heure, on entrit dans un bouès d'ormiaos. Et pis ao midi , ça gourgoussit là-deden ! L'heure de roûcheu ! On pique-niquit au bord de l'iao, près de l'étang de la Pompe.


120527 090

Ah la la ! Les bons bervaches avec lesquels le galipaod accompagnit les tours de pain, le viao fret, la paire et le fromaige. Ah le baio partaige. On bezit une darnière boléed'cidr' pour la route et à partir de là tous les arpentous eurent de l'abattaige ! Après le déshabillaige – pas pour le badinaige ou le mraivaudaige , juste que « i f'sait ti chaod d'un coup ! » –on traversit un ruissiao qui faisait barraige, on glissit dans la forêt sur un passaige pentu, sur un chemin bouillonouz, on cherchit le moine au moulin pis on arrivit au chatè du Landal. C'est là que je participis à la coure à cloche-pieï ! Veuridique !


A mi chemin, je renfilis ma choqe, nouis le laceu mais en repartant je me ramassis la goule de tout mon long, m'écorchis la piao, me cognis le g'nou et les coudes et c'est tout juste si je n'eus pas la cheminze en lambiaos et des bosses au visaige ! Quel sabordaige ! Coure a cloche-pieï : zéro ! Ah le nochu !

120527 154

Il n'empêche, malgré cette mésaventure, lorsqu'on dépouillit les questionnaires, le sair, à Combourg, au restaurant « le Romantic », grâce à la fable que j'aveu écrite et que je contis, nous autres les troglodytes mignons, on était les permiers ! Hissez les drapiaos, allumez les flambiaos ! A nous le tropheu !

Depuis, et jusqu'à l'anneu perchaine, je seus dépositaire d'une coupe véritablement hideuse qui trône au-dessus de mon buriao ! Et a c't'heure, je n'attends pus qu'une chouse : c'est d'y r'trourneu à la randonneu des étonnants baladous! Afin de perdre cette horreur, je seus prêt à accumuleu les zéros, quitte même à r'tombeu par terre, par la faute à Voltaire, les nasiaos dans le ruissiao, faute à Jean Jacques Roussiao !


« Je seus pas un zéro, mes faux-pas me collent à la piao ! »qu'y chanteu, Balavoine ! Mai, je rêve de retourneu en faire un de faux-pas ! D'y r'tourneu... au gallo !

10 mars 2012

LES CHAISES : PIECE EN UN ACTE POUR DEUX IONESCOGRIFFES par Joe Krapov

MIC 2012 03 05 chaises
Le premier type à la masse arrive. Il s'appelle Loreille, il est mince comme un clou. 
Le deuxième type à la masse le rejoint sur la scène, il s'appelle Lardu, il est beaucoup plus large d'épaules (et même de l'équateur). Lui est complètement marteau.

Ils déposent leurs masses, s'emparent des fauteuils et les disposent face au public. Puis ils se laissent tomber dedans de toute leur masse.

MIC 2012 03 05 masse

LOREILLE – Soit un monarquebuse dans un désarroyaume moyen-âgeuxnouillé où sévit un tyrannosauredure.

LARDU – Cet animalélevé se nourripaille de brebiscéphales et pour cela il rançocissonne les Robergers du coin sans que les autoritétanisées n'y roploplopposent grande résistance.

LOREILLE – Arrive le jour où l'Harpadragon devient plus intransexigeant et réclame de la progéninourriture. Les boules, tu vas voir ! Ca va devenir bêtàcornélien !

LARDU – Justement, en parlant de boules, on fait tourner celles du trémoloto pour savoir quel joujouvenceau ou quelle àdadamoiselle sera transformée en gigotetMillau et livrée aux appétyranniques du batramilicien outrecuidanseur.

LOREILLE – Patatras ! Le premier sacrifille sera celui de la princesse ! On l'apprête, on lui met une couronne de fleurs d'orangerdesvoitures, une robe de mavariée, on l'attache au rocher.

LARDU – Là-dessus arrive un chevafouàlier. Il s'appelle Georges de Lydda, il a un décimeterrifiant et avant de partir à l'assauterie il monnaie sa prestadigitation.

MIC 2012 03 05 st-georgesLOREILLE – Il met cette abscondition à son intermoulinàvention : quinze mille hommes seront adoubénis et Rubiconvertis à la religion que soutient Georges qui a à cœur de multiplier les croisés.

LARDU – Alorigami, il monte sur son chevaleureux caparacanasson, prend son élan et il file un coup de lancyolitique à l'Elliott nénesse du marésaccage. Surprise par cet assauvage, la bête cède puis bientôt trucidécède.

LOREILLE – Georges libère la princesse mais comme elle n'est pas du tout son genre, il repart vers de nouvelles avenforfaitures. Il sera arrêté plus tard, finira carbocanonisé et rejoindra la liste des nombreux zigomartyrs dont les noms sont inscrits dans le calendrier.

LARDU – Voilà, c'est fini.

LOREILLE - On traduit les mots-valises pour le public ?

LARDU – Ah non ! Je suis trop à la masse ! De toute façon, ces mots-là font partie des paroles qu'on ne devrait servir qu'une fois !

LOREILLE – Ah bon ? Pourquoi ?

LARDU – Tu sais ce qu'ils en feront les petits Bretons de tes traductions ? Il les Breizhoùblieront tout aussitôt !

LOREILLE – Bon, alors, du coup, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

LARDU – On lève le siège ! (Il se lève, prend le fauteuil, le retourne et le pose sur sa tête. Puis il prend sa masse. Loreille fait la même chose.).

LOREILLE – Où on va, maintenant ?

LARDU – On va au restaurant de l'oncle Camille. J'ai faim. Au menu aujourd'hui il y a Chateaubriand aux pommes frites.

LOREILLE – Miam !

(Ils sortent)


RIDEAU

 MIC 2012 03 05 masse

N.B. Ceci constitue le chapitre 6 (Mots-valises) de "99 dragons : exercices de style"

6 janvier 2012

VŒU PIEUX (Joe Krapov)

- Ce qui serait bien, en 2012, ce serait que j’arrête d'éventiller mes mélanpyres aux lophobranches du Défi du samedi. Je crains qu’à la longue je ne finisse par plamotter l’opoponax à tout le monde !

- C’est raté, t’as encore posté !

- Zut ! Je nettoyais ma cannetille et le coup est parti tout seul ! Tant pis, ce sera pour l’année prochaine !

DDS 175 111226 B 068

Bonne et slictueuse borogove 2012 quand même !

27 octobre 2011

L'ENTRECÔTE par Joe Krapov

L'ENTRECÔTE par Joe Krapov

"Nous portons deux ou trois chants, que notre vie se passe à exprimer".
Pour votre plus grand malheur, j'en porte bien plus que deux ou trois
et je ne me retiens jamais de les faire entendre !

Vous êtes prévenu(e)(s). Si vous cliquez sur la flèche ci-dessous,
vous entendrez ce qui se passe dans l'atelier mais en même temps que rosa rosa rosam,
je décline toute responsabilité sur la suite ! 


MIC_2011_10_24_Machine___coudre



 

Les paroles de la chanson sont ici

18 octobre 2011

LE PATINEUR EST VIERGE DU PREMIER DECAN par Joe Krapov

LE PATINEUR EST VIERGE DU PREMIER DECAN par Joe Krapov

Celui qui ne manque pas d’air, il y a toujours un moment dans la vie où il lance aux copines : « Regardez-moi, je vais vous faire un double axel ! ».

Il s’élance, prend de la vitesse, on voit ses muscles qui se contractent et le « Candeloro est arrivé » du jour décolle de la glace, le voilà devenu papillon immortel, il ne rêve plus que d’une chose : l’autoportrait d’une caméra invisible qui le garde à jamais dans sa suspension-sustentation de gloriole tandis que la reine Victoria, accoudée au bord de la patinoire, maugrée en confidence à son index de gauche posé contre sa joue : « Qu’il se viande, ce con ! ».

Je suis la reine Victoria. J’aime les fleurs et les étoiles, les voiles de tulle et les diadèmes mais je n’habite pas un palais et je vis comme tout le monde dans un studio trop cher une vie de galère.

Si j’avais un choix à faire, je partirais vers le Sud. Il paraît que la misère y est moins pénible au soleil. Mais je ne suis pas sûre que ce soit le bon moment pour aller se faire voir chez les Grecs. Tout va vraiment très mal, là-bas. Nana Mouskouri vient d’avoir 77 ans et pour peu qu’on la pousse elle chanterait encore alors que Georges Moustaki, au même âge, n’a plus qu’un tout petit filet de voix. Et sans filet, ce n’est pas pratique de faire les courses (de déambulateurs). Si on travaillait sans filet, ce n’est pas malin d’arrêter son cirque, ça ne fait pas de rentrée d’argent dans la caisse, le directeur ne peut pas rembourser ses dettes, l’Acropole est décati, les ânes de Santorin s’indignent, refusent de monter l’escalier, les coupoles bleues ne resplendissent plus pour personne par-dessus les blanches maisons, il n’y a plus d’ouzo à la taverne et les chats noirs ne dansent plus le sirtaki dans les ruelles.

Tamara Tarama qui est ma meilleure amie m’appelle quelquefois « Hibou observateur ». Ca fait totem de « scout toujours » mais je n’ai rien contre. Oui, c’est vrai, j’aime bien regarder le monde en train de faire ses singeries au pluriel.

Collage_JER_13_Le_patineur_est_vierge_du_premier_d_can

Tout comme le patineur, vierge du premier décan, ignorant du dernier quartier de noblesse sous prétexte qu’en compète il porte des collants, le monde tourne en rond et offre à nos regards ses airs d’éternel recommencement. Il nous fait sentir son parfum de singe : c’est de lui qu’on descend, à la station Glacière, là où le métro est comme le meeting, aérien, et il n’est pas rare qu’une fanfare incongrue nous y accueille, dont le chef aux allures de macaque lance à sa clique « En avant la nasique ! ». Là-dessus on entend un mélange de « Singe-ing in the rain Somewhere over the rainbow Gare au gorille » qui décoiffe quelques peu les bonnes au bow-window.

Tamara Tarama pense aussi que je suis un porte-manteau original. Peu importe la façon dont je m’habille : quels que soient les vêtements que j’accroche à ma peau, la seule chose que l’on voit de moi c’est ce visage de grenouille, les yeux de Marty Feldman par-dessus le corps de Marguerite Duras, un hommage assuré assumé aux Freaks de Tod Browning.  Je ne me tirerai pas deux balles pour autant : la peau se souvient. Nous sommes des êtres de tissu et je tiens à mes robes !

Quoi ? Vous êtes encore là ? Vous n’avez pas encore décroché de ce début de roman à personnage central hautement improbable ? Vous êtes déjà curieux de la connaître, totalement amoureux de Tamara Tarama ? Oh, comme je vous comprends ! Moi aussi, quelquefois, j’en ai l’eau à la bouche !

Mais non, vous ne rêvez pas. C’est pourtant bien moi qui vous mènerai jusqu’à la page 190 de ce roman à clé. Parce que le gars qui ne manque pas d’air vient de retomber sur la glace. Pas d’espoir non plus qu’il vous emmène jusqu’aux J.O. Il s’est viandé, ce con, et fracturé la cheville. Vos idées de fiançailles entre lui et moi sont tombées dans le lac, on repêchera un autre jour leurs cadavres accrochés à la porte de l’écluse.

MIC_2011_10_17__cluse

Allez, mes mignons, sortons de cette patinoire où nous avons fait connaissance. Dehors, rien que pour vous, je changerai de peau, je deviendrai une autre, peut-être la Vénus de vos rêves, peut-être la femme de votre vie.

Je suis la reine Victoria, je deviens ce en quoi je crois, je suis la reine des transformistes, je me transforme, je te transforme, je nous transmute tous azimuts, je t’emmène vers d’autres cieux et le septième n’est qu’un d’entre eux.

Je suis la femme culméléon ! 

 

23 septembre 2011

MEME LES TYPOGRAPHES COMMETTENT DES FAUTES MORALES EN COMPOSANT « COQUILLE » par Joe Krapov

MEME LES TYPOGRAPHES COMMETTENT DES FAUTES MORALES EN COMPOSANT « COQUILLE » par Joe Krapov

Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat, la statue est toujours à la même place et la chambre de Richard est jaune, tout illuminée du chaud soleil d’été qui brille à Meung-sur-Loire.

A l’issue du repas, Mégret s’est endormi sur la terrasse dans l’un des transats proposés par le bedeau noir. Un peu comme partout en France on ne trouve plus de curé blanc pour assurer la messe et ce sont bien souvent des hommes de couleur qui suppléent à la tâche. En Bretagne parfois l’Afrique et le Trégor, culturellement, se fritent.

A Meung-sur-Loire où, depuis quelques années, ils viennent passer leurs vacances en attendant peut-être de s’y installer définitivement, Jules et Louise Mégret se sont pris d’amitié pour ce Richard, un laïc bien conservé, bien charpenté, aux yeux très bleus, qui est revenu à la religion après avoir perdu son épouse. C’est une espèce de veuf joyeux, paisible, solide, au charme duquel dame Louise n’est pas insensible.

meung 

Pour l’heure, alors que montent dans la cour les premiers ronflements de Jules, elle et lui sont en train de feuilleter l’album de famille du sacristain faisant office de.

- Votre épouse était très jolie et vos enfants sont adorables.

- Ils ont changé, maintenant, ils sont devenus adultes et sont partis vivre loin tous les deux.

- On ne vous voit pas beaucoup sur les photos de cet album ?

- C’est le cas de tous les photographes ! On ne peut pas sonner la cloche et suivre la procession ! Si je puis dire !

- Dieu merci, nous-mêmes n’avons pas eu d’enfants. Je ne sais s’ils n’auraient pas souffert d’avoir un père policier, alcoolique et fumeur.

- Ce sont là des péchés véniels, Louise !

- Vous savez, Richard, qu’il s’est mis à fumer autre chose que la pipe en Hollande ? Et pas du gouda pour autant, je vous prie !

- Ah oui ? Cela, oui, c’est illégal. Mais bon, selon que vous serez puissant ou misérable…

- Ah ça, pour être misérable, il l’est ! Comment j’ai pu supporter aussi longtemps ce gros patapouf toujours maugréant qui rentrait soûl, me réveillait la nuit, revenait à pas d’heure après avoir torturé de pauvres gens en leur poussant la chansonnette dans des lieux de perdition, je me le demande encore !

- Mais grâce à ce travail, il a assuré votre pitance ?

- Il m’a toujours interdit de travailler, ce phallocrate ! Il les faisait se mettre à table et lui, en rentrant il faisait pareil. A la maison il ne savait faire que ça, mettre les pieds sous la table, grailler, bâfrer et picoler !

- Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain. Il faut manger pour vivre…

- … mais lui ne vit que pour manger ! Pensez-vous que cela puisse constituer un motif de divorce ?

- C’est peut-être un peu tard maintenant ! Et puis, malgré que vous en ayez et puisque vous en avez, la Religion, vous le savez, interdirait plutôt qu’on recoure à cette procédure-là.

- Alors… C’est donc définitivement cuit pour nous deux ? Je le sens bien, pourtant, que nous sommes faits l’un pour l’autre et que nous pourrions repartir d’un bon pied pour nous reconstruire une nouvelle vie !

- Taisez-vous, Louise ! J’en meurs d’envie, autant que vous ! Mais tant qu’il sera là…

- Si l’Eglise est opposée au divorce, j’imagine qu’elle ne verra pas d’un bon œil non plus qu’on le fasse disparaître ?

- « Tu ne tueras point » est en effet un des commandements majeurs de notre maison mais…

- Mais ?

- Mais la vie, parfois, est faite d’accidents !

- Que voulez-vous qu’il arrive à Mégret ? Il lit le journal, il fait la sieste, il va jouer sa partie de cartes au café tous les après-midis. De temps en temps il va à la pêche ou aux champignons. Il profite de sa retraite d’une façon scandaleuse. Quand je pense à tous ces pauvres diables qui s’en vont trimer plus pour gagner toujours moins, ça m’écœure !

- Pas de politique, Louise ! Pas de politique ici !

- De plus le docteur Faitexcuze prétend qu’il a une santé de fer ! Et un accident, on en a déjà eu un en Hollande. Je vous l’ai raconté.

MIC_110919_oeufs- Ce que je voulais dire, c’est qu’on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs

- ???

- Vous dites qu’il va aux champignons. Et s’il en ramenait qui ne soient pas comestibles ?

- ???

- Vous vous y connaissez en amanites ? Moi je connais des coins, dans le bois du Lude, où l’on trouve des serpents venimeux et des champignons vénéneux.

- Serait-ce bien raisonnable, Richard ?

- Les voies du Seigneur sont impénétrables et la gourmandise est un péché capital. Ne nous appartient-il pas de remettre dans le droit chemin ceux qui ont commis des fautes morales, les mécréants épicuriens, ceux qui taquinent la carpe et font les chauds lapins en dehors du mariage ?

- Ce n’est pas trop son genre mais je bois vos paroles comme du petit lait. Richard, en matière de sagesse, vous me semblez un orfèvre.

- Tout ceci reste secret pour l’instant, OK ?

 Elle se jette dans les bras du grand black aux yeux translucides. Elle se colle contre lui, puis lève la tête et l’embrasse goulûment. Par-delà la ligne bleue du regard qui, de place en place, évoque les Vosges débarrassées de la déesse Kali, elle se remémore avec bonheur les derniers propos de Richard le noir qui lui ouvrent un boulevard.

Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>
Le cahier de brouillon de Joe Krapov
Publicité
Publicité
Archives
Publicité