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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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11 novembre 2010

Métacarpe où j’ai mon doigt ! / par Claudius Lelapin (Joe Krapov)

Un matin où j’étais d’humeur mutine07041_220
Agrippine a jeté sur moi son grappin.
Ce fut un mariage de carpe et de lapin
Car c’était – c’est toujours – une femme-poissons
Et je n’ai jamais su dire non aux sirènes.

Seulement voyez-vous,
Je ne sais pas pourquoi,
Lorsque je la lutine
Elle reste muette.


C’est à y perdre son latin :
Elle n’aime que ma cuisine
Et c’est rarement qu’elle opine
A mes désirs de diablotin.


080713_682Alors, étant un chaud lapin
Je vais farcir ailleurs
Pour calmer mes ardeurs
L’ablette, sa cousine,
Plus fine,
La morue
Plus dessalée,
La sole plus dissolue
Cette coquine de requine qui me requinque
Et les divines petites sardines avec lesquelles je danse en boîte.



Je vais draguer070422_51
La cabillaude qui est chaude,
La castagnole qui est drôle,
L’espadonne qui se donne,
La brochette que j’embroche,
La chabotte qui me botte,
La courbine qui lambine,
La rascasse que j’embrasse.

Je fais des galipettes avec la galinette,
On s’arrange avec la femme du hareng :
Je vais lui tenir des harangues quand lui sort.

J’aime la limande bien qu’elle soit plate,
Et la lompe bien qu’elle me pompe.

100214_011J’adore toutes ces greluches
Comme la merluche,
La mandoule,
La pageotte,
L’amour blanc,
La tanche,
La turbotte.


Parfois je me cantonne à la vaudoise.
Ou bien, en sortant du bordel
De la mère maquerelle,
Quelquefois je m’époumone :
« En voiture, saumone ! »


Quand je rentre à la maison,100516A_040
A moitié en pâmoison,
Je redis à celle que j’aime :
- Carpe diem ! Carpe diem !
Donnons-nous du bon temps
Tant qu’il est encore temps,
Avant que Dieu ne mette de l’ordre
Dans ce désordre,
Avant qu’il n’invente la moutarde
Le chasseur, les aromates
Le pêcheur, le hameçon,
Le fusil, le tire-bouchon,
La bombe à fragmentation
La politique, les tyrans
Et l’interdicti-on de la polygamie ! ».



Alors elle prend un air contrit
Et me regarde toute saisie
Avec ses yeux de merlan frit.

J’ai bien souvent comme un vieux soupçon :
Pendant que je baise à foison
J’ai l’impression qu’à la maison
Agrippine élève Néron
Et que ces deux muets-là complotent
De me faire devenir gibelotte !

N.B. S’il est bon d’invoquer ce brave La Fontaine
Et ses quadru-mânes
Pour conter aux enfants l’histoire des Romaines,
- Fussent-elles assassines ou même érotomanes ! -
Confions la tâche à ceux dont c’est le seul domaine !

Ancien gardien du zoo des universitaires,
Celui qui écrivit cette krapoverie
Où la zoophilie le dispute aux conneries,
Celui-là eût mieux fait sans doute de se taire !

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21 janvier 2011

Une rupture de taille X Ixelles (Joe Krapov)

Ma chère Isabelle

Il m’a tiré dessus, ce con ! Avec une vraie balle d’un vrai revolver ! Tu parles d’un impair ! Il n’est pas près de me revoir ! Heureusement il n’a touché que mon poignet gauche. Ca a beaucoup saigné mais le médecin a dit que ça restait superficiel. Il n’empêche, pour l’instant le bandage est très voyant.

Je t’écris du train qui me ramène de Bruxelles à Paris. Je joins à cette lettre une carte postale représentant l’étang d’Ixelles. De Paris, je gagnerai Marseille.

101227_011Quand je pense que tout cela est parti d’une minuscule et ridicule tradition d’hospitalité belge, j’en rigolerais presque. Je sais bien qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre Paulo et moi et c’est d’ailleurs pour nous rabibocher un peu que je l’avais rejoint ici. Mais dans la chambre de l’hôtel Blanc, ça a recommencé. Sur la table près du lit, il y avait une petite pochette verte. Paulo s’est jeté dessus, l’a ouverte et il est entré aussitôt dans une de ces phases de méditation mystique dont j’ai foncièrement horreur. Bien sûr il a encore sorti son cahier et il a commencé à noter ses réflexions autour du truc.

Ce n’est pas pour débiner mais moi, quand je viens dans une ville étrangère, ça n’est pas pour jouer au poète inspiré par deux carrés de chocolat et qui du coup, n’entend plus sortir de sa chambre avant d’avoir pondu une romance entière là-dessus. J’avais fait le voyage en train, je crevais la dalle et j’avais envie d’aller faire un tour dans les petites rues qui entourent la grand’place. Je lui ai proposé de venir avec moi mais Môssieu Paul a préféré rester là à taquiner sa muse.

101227_012Dans l’auberge où j’ai déjeuné, je me suis levé un charmant minet. Nous avons vite sympathisé, nous sommes allés chez lui et je lui ai fait son affaire bien comme il faut. Ensuite il m’a fait visiter la ville, charmante au demeurant, et sur la fin de l’après-midi je suis allé retrouver Paulo à l’hôtel. Il avait écrit une espèce de valse hésitation autour du gingembre et de la lavande, des choses, qui, je l’espère, ma chère sœur, ne te froisseront pas. Cela me semble relever, d’ailleurs, si pas du jésuitisme, au moins du plus pur catholicisme et Dieu sait si Paul et toi avez en commun d’être très friands de cela !

« Que faire devant un tel dilemme
Laisser choisir celui qu’on aime ?
S’il choisit la lavande et la tranquillité
Saurez-vous faire croix sur la lubricité
Et remettre à plus tard l’appel de Volupté ?

Si, malgré la blancheur étrange de la chambre
Il choisit la luxure, opte pour le gingembre,
Serez-vous en état d’honorer promptement
Son vil désir d’accouplement ?

S’il mange l’un, vous laissant l’autre,
Comment se mettre au diapason ?
Les chocolats du bon apôtre
Mettent le diable en la maison !

La solution la plus cruelle,
Mais la plus juste en vérité
Serait de mettre à la poubelle
Ce cadeau qui génère tant de perplexité

Ou, solution la plus gourmande,
De les avaler tous les deux.
Tant pis si l’on nous réprimande
Quand nous passerons devant Dieu,
Ce n’est pas là un crime odieux
Que d’aimer le gingembre et aussi la lavande !"

101227_013


- Il y a trois trucs qui ne vont pas ! » ai-je dit à Paul
- Ah bon ? Et quoi donc, Tutur ?
- D’une ce ne sont pas des chocolats, ce sont des préservatifs. Et de deux la position des pieds ne correspond pas réellement à nos pratiques. Et de trois, tu n’as pas préféré l’impair !

C’est à ce moment-là qu’il m’a tiré dessus. Il est fou ! Un vrai pédé, ce type ! Il a failli me faire deux trous rouges au côté droit ! Je crois que ce coup-là m’a dégoûté à jamais de la littérature et des littérateurs ! J’en ai assez soupé de ces ambitions-là ! De Marseille je gagnerai l’Afrique, on peut y faire du commerce de manière bien plus lucrative. Je crois de toute façon que je n’étais pas vraiment doué pour la poésie et que, après toutes les souillures de ces dernières années, ça n’aurait pas plu à maman que je laisse notre nom dans l’histoire littéraire.

Quant aux sanglots longs et monotones de Paulo au violon, aussi vrai que je m’appelle Rimbaud, ça me fait une belle jambe, désormais !

Je t’embrasse, chère sœur !

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L'étang d'Ixelles en 1873 (Daguerréotype d'Isaure Chassériau)

23 décembre 2011

Nul ne guérit de son enfance par Joe Krapov

Je ne prends pas souvent des gens qui font de l’auto-stop mais celui-là, avec sa dégaine de vieux baba-cool et sa barbe blanche impeccable, je savais que je pouvais lui faire confiance. Et puis j’avais trop besoin de compagnie depuis le temps que je roulais sur cette autoroute interminable. Il a juste eu un peu de mal à replier ses ailes dans son dos au moment de se loger dans l’habitacle.
 

- Eustache de Saint-Christophe, vagabond protecteur. Je n’ai pas de bagages ni de destination privilégiée. 

- Socrate de Bussy-Rabutin, retraité de  la marine. Je vais rendre visite à une cousine graphomane à Vitré.
 

MIC_111219_routesNous avons roulé quelques kilomètres en silence et puis en passant sous cet embranchement, j’ai dit :


- J’aurais pu bifurquer à gauche vers le 63. Même si c’est très loin, j’y aurais retrouvé plein de choses.

- Comme Danièle Gilbert et Valéry Giscard d’Estaing ?

- Je connais bien la route entre Messeix et la Bourboule. J’ai fait l’aller retour plusieurs semaines de suite en été, tous les matins pendant des années.

- Il y avait André Verchuren qui chantait « Les fiancés d’Auvergne ».

- Je ne conduisais pas à l’époque. Je n’étais qu’un petit garçon. C’était soit mon père, soit mon grand-père qui m’emmenait faire ma cure thermale.

- Et Fernand Raynaud avec ce chef d’œuvre d’ineptie : « Et v’lan passe-moi l’éponge » !

- J’avais un jeu de taquin en plastique rouge et jaune avec un alphabet d’un côté et des chiffres de l’autre. Je restais assis en peignoir dans une salle pleine de brouillard.

- Ca arrive à tout le monde, surtout quand on se prénomme Socrate et qu’on essaie de se connaître soi-même. « Elle est à toi cette chanson, toi l’Auvergnat qui sans façons… » Brassens !

jpi_jpa_au_bassin_de_la_bourboule- En partant le midi après les soins, on me laissait faire flotter mon bateau sur le grand bassin avec la fontaine près des thermes.

- Le Saint-Nectaire, il n’y a pas à dire, il est quand même meilleur sur place ! Celui qu’on importe n’a pas le même goût.

- L’après-midi, en famille on faisait la tournée des lacs : le lac Chauvet, le lac Pavin, le lac Chambon…

- Il y avait l’ascension du Puy-de-Dôme pendant le Tour de France. Vu votre âge, ce devait être la pleine période du duel entre Anquetil et Poulidor !

- Sinon on se baignait dans la Dordogne à un endroit qui s’appelait « le pont de fer ». Je serais bien incapable de le situer maintenant.

- La fourme d’Ambert ou le bleu d’Auvergne, par contre, on voit bien que ça faisait moins partie de votre folklore !

- Plus tard j’y suis retourné, sans les parents, avec des copains, pour faire du ski de fond sur le plateau de Charlannes.

- Vous roulez un peu vite et vous collez un peu trop au cul des camions, je trouve. Les marchands de charbon qui étaient montés à Paris à la fin du XIXe siècle, on les appelait des « Bougnats ». Et Pierre Perret chantait « Les Auverploums ».

- Il y avait un camp militaire à Bourg-Lastic.

- Pompidou, lui, il venait du Cantal, un peu plus bas.

- Et au château de Val où on allait aussi, on y avait tourné le film « Le Capitan » avec Bourvil et Jean Marais.

- Ralentissez, je crois qu’il y a un radar par ici ! C’est un joli nom, Michel Zévaco, pour un auteur de romans de cape et d’épée !

- C’est là que j’ai joué au Monopoly pour la première fois de ma vie.

- On fabriquait les pneus Michelin à Clermont-Ferrand. C’était le pays de Blaise Pascal aussi.

- Le film « Ma nuit chez Maud » d’Eric Rohmer est situé là. Françoise Fabian, Jean-Louis Trintignant, Marie-Christine Barrault, Antoine Vitez jouent dedans. Tout ça c’est mort, maintenant !

- C’est comme ça ! C’était votre période d’essai, vos bouts d’essai si on continue à parler cinéma ! Si j’en juge par la taille et la marque de votre véhicule vous n’avez pas trop mal réussi ?

- Je ne sais pas. Je ne me connais toujours pas. J’ai tout essayé. Rien ne marchait mais tout allait. Tout allait toujours bien même quand ça allait mal.

- Vous devriez vraiment lever le pied, je trouve ! A quoi vous carburiez pour tenir le coup ? Drogue, alcool ? Cigarettes, whisky et p’tites pépées ?

- A la musique je pense. Le cinéma et les livres m’ont beaucoup aidé aussi.

 

On a roulé encore un moment en silence puis Saint-Christophe a dit :
 

- Vous avez bien fait de ne pas tourner. La route 63 ne mène pas dans le département 63.

- Je le sais bien, sinon je n’aurais pas pris la route 2 pour aller dans le 35 !

- Madame de Sévigné à Vitré, en son château des Rochers...

- Je me souviens du carnaval des Gais-Lurons où je suis allé plusieurs fois.

- Jamais vous ne mettez votre mémoire en veilleuse ? Elle vous sert de plafonnier pour éclairer, la nuit ?

- Désolé, je suis comme je suis. Se souvenir, ça permet de ne pas attraper de rides au cœur. Si ça ne vous plaît pas, vous pouvez toujours descendre à la prochaine aire.

- Je veux bien que vous me débarquiez. Je suis désolé, Socrate, je ne connais pas le nom pour désigner ceux qui parlent en roulant mais j’ai toujours trouvé ça dangereux et je tiens à la vie.

- Ca marche ! De toute façon je vais bientôt prendre la bretelle. Bonne route à vous mon vieux !

***

Saint-Christophe est descendu sur l’aire de Mondevert, il a serré la main du chauffeur. Il a regardé s’éloigner le 4x4 puis il a pris son envol. De là-haut, tel l’hélicoptère d’RTL qui surveillait la conduite des véhicules au rond rouge apposé sur la vitre arrière, il a suivi des yeux la voiture de Socrate jusqu’au moment où cet en-potée du volant est allé l’encastrer dans l’arrière d’un poids lourd. Ca lui a rappelé le jeu du « Stop ou encore » sur la même station de radio.

Il est retourné se poser à l’endroit même où l’autre l’avait pris en stop.

- 63 sauvés et deux que je n’ai pas pu récupérer. C’est un bon score, non ? Je crois que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Demain j’irai me poster sur la Nationale 7.

Et il a fredonné « Douce France » de Charles Trénet.

 

N.B. Le titre de ce récit est emprunté à une bien meilleure chanson de Jean Ferrat.

1 novembre 2011

« Sortir par la fenêtre » : déménagement anagrammatique (Joe Krapov)

On peut sortir par la fenêtre :

Pénélope et sa tapisserie représentant une star du porno sur les nerfs,
La Ferrari d’Alain Prost,
Le pape carrossé par Pininfarina,
Un palefrenier polisson du Tarn émule du garde forestier de Lady Shatterley,
Des Florentines affriolantes,
Un entrepreneur frontalier réaliste,
Des prolétaires parisiens,
Un interprète persan que les flonflons rendent triste,
Un pirate fainéant dont tous les ripatons sentent la tartiflette,
Un pistolero fanfaron qui vit de rapines et ne se nourrit que de pâtisseries orientales
Et des nèfles ;

L’astronef du père Noël,
Un aristo protestant du Finistère, amateur de tartines, de tortillas et de pralines,
Un préfet fillonniste qui peint de piètres pastels et file des triple A aux lapins en retard qui sprintent vers leur terrier,
Le trône de Napoléon et le strapontin de Tintin, reporter folioté « tarte »,
Un pétrolier félon,
Une spirale infernale (ni Elf, ni Fina, ni Total ?),
Un répertoire de ténor léger voire même lénifiant,
Un salopiot florissant,
Trois petits paréos pour étoiles filantes,
Un tsar, un terroriste, un refuznik de priorité, un prêtre sans frontières qui porte des tatanes et de la polenta aux gens dans le besoin
Et des nèfles ;

Un parasite  parano pas rasé,
Un entrepôt de portraits en pied d’enfants parfois attentionnés, bien intentionnés mais plus souvent hélas sans trésorerie réelle,
Sept apôtres d’arrière-plan souffrant d’isolement relatif et de plan-plan relationnel,
Une prisonnière sereine qui planifie des attentats tapés contre un tripot sans portail,
Un parterre de pensées envahi de liseron à pétales de couleur opale,
Une tonne de « Sapristi », trois kilos de « Tonnerre »,
Un pitre Lorrain portant un fanion du club de foot de Lens (les sang et or),
Un pianoforte ayant résisté à trente crash-tests,
Un entrepôt de lettrines lapones peintes sur les parois de rennes littéraires,
Un partisan du moindre effort
Et des nèfles

Un ailier blond platine,
Un pèlerin à éperons sur un étalon profane suivi du parrain de mon frère sur son âne préféré,
Une portière de 4L,
Un serpent pistonné,
Un félin sans prostate,
Un torrent de paresse pour terriens trépanés,
Des refrains en renfort pour les salariés postés sur le perron patronal mais dépourvus du moindre filon de parentalité terrestre,
Un raton folâtreur en pantalon de nuages,
Une nef de transport pour pots de rillettes de flétan,
Et des nèfles.

Tout le reste sortant par la porte.

Finition.

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Photo prise à Belle-Île

18 mars 2011

Adieux d'un radié = irradié radieux ?

« L’œil de Caïn est dans la tombe et te regarde !».

N’en déplaise au père Hugo et même aux Péruviens depuis que « Le Pérou n’est plus ce qu’il n’était », le chef du Purgatoire s’appelle Le Cahain. Professeur H. Le Cahain, c’est écrit sur sa blouse. La tombe quant à elle ressemble bien plus à un hôpital tchèque ou à une centrale nucléaire désaffectée qu’à un tombeau de pharaon. Ou alors, à un asile psychiatrique.

100321_058Je viens de regagner ma cellule, escorté par deux jeunes infirmières très gentilles. Des bombes sexuelles, en fait ! Je me sens tout péteux. J’ai vraiment l’air d’un con avec mon disque dur externe à la main, ses fils qui pendouillent, sa prise USB que je ne peux brancher nulle part. Il n’y a pas de prises de courant par ici, pas d’ordinateurs. Ce qu’on a fait avant, quand on était vivant,  ne les intéresse pas et ils inscrivent toutes mes réponses à leurs damnées questions sur des copies papier perforées. Bombardé, je suis, à chaque séance.

D’ailleurs, ceci expliquant sans doute cela, les psychologues féminines qui entourent K1 sont plutôt Knon elles aussi. Ah mon salaud ! Il ne doit pas s’emmerder lui, avec la doctoresse Trépas et la thérapeute Lefaucheux. Surtout qu’il est le seul gars ici pour tout ce régiment de filles en manque d’infos sur les mortels qui ont glissé.

Mon petit doigt me dit que Dieu leur a proposé le même marché qu’à moi-même, au K1 qui avait un penchant pour la belle et à l’Abel qui n’aimait pas les câlins et leur préférait la bouteille : « Préférez-vous un monde sans femmes mais où l’alcool coule à flots ou un monde sans alcool où la parole des femmes coule à flots ? ».

Mon petit doigt me dit que c’est une question piège. Mais j’ai bien l’impression que toutes leurs questions sont ainsi. Depuis que je suis ici, des parties de mon corps ont disparu : sexe, anus, gros orteil et j’ai découvert que toute ma sagesse – si j’en eus un jour ! – est allée se loger dans mon auriculaire ! Demain je foutrai les autres doigts à l’index et je le laisserai répondre à ma place à leur batterie de questions stupides du genre :

Préférez-vous passer une semaine avec Daniela Lumbr aux eaux ou deux avec Irène Nemir au ski ?

Combien font Adriana Sixfoissept maintenant qu’ils sont séparés ?

Préférez-vous le menu ou la carte ? La carte ou le territoire ? La poire ou le fromage ? La chèvre ou le chou ? L’enfer ou la damnation ? Placid ou Muzo ? Poirot ou Vinaigrette ?

Quel esquimau escamote les gelati Motta et que fait Monica couverte d’ecchymoses à Formose ? Qui mérite des calottes dans la glace d’hier?

Est-ce que Marcel Duchamp est un marchand d'Ussel ? Si Mme Butterfly rit jaune est-ce que Lulu rit noir ? Si E raie K est ce que la carie bout ?

Qui a écrit « Banquise, si mon village a quelques traits d’un vœu pieux, dites vous « cabotinage, patenôtres et puis adieu » ?

Au château de Chantilly préférez-vous les anges du plafond, les statues du parc ou la crème sur la glace ?

Avez vous déjà dirigé une chorale ? Faites voir vos mains !

Etes-vous plutôt cœur ou culotte ?

Préférez-vous l’artilleur de Metz au grenadier de Flandres ? Combien le cordonnier Pamphile peut-il tirer de haïku de la place Stanislas à Nancy si son alène est mauvaise ?

Si vous dites que « kayak » est un palindrome combien de femmes de lettres allez-vous émouvoir ?

Sachant qu’il n’y a pas d’aurore boréale à Madrid et qu’un train plein de dynamos a déraillé à Kiev, calculez la durée du film d’Eric Rohmer « Ma nuit chez l’esquimaude ». Vous vous inspirerez dans votre réponse du poème de Jean Tardieu :
« Pourquoi qu’a dit rin qu’a fait rin qu’a pense à rin ? Par(d)i pascalien à dire, à penser ni fait à faire ! »

Combien sommes-nous à subir ces interrogatoires absurdes autant que déstressants ? Passons-nous tous devant le même jury ? Nous pose-t-on à tous les mêmes questions ? Dans le même ordre ?

On ne dort plus ici, on ne mange plus, on ne boit plus, on ne pisse plus mais ce n’est pas invivable pour autant ! Dans cette cellule toute blanche tapissée d’alvéoles caoutchouteuses il n’y a rien à faire, rien à lire, rien à écouter ni entendre. Pas de miroir pour se voir et, à considérer mes jambes de coton qui flottent au-dessus du plancher, je me dis que je dois avoir une mine de papier mâché. C’est hyper-reposant au total. Je m’attendais à pire :


DDS141« Longtemps je me suis douché de couleurs,
Longtemps je me suis couché de douleur
Devant le malheur de partir
Et pourtant il s’avère que l’aventure est bonne.
Rien ne sert de mourir
S’il faut se faire tartir dans son coin
Mais s’il y a le home-cinéma
Sur la loggia
On y réfléchit à deux fois !"

Car je peux aussi aller sur la loggia, là où il y a l’écran géant ou la fenêtre. Derrière la vitre ou sur la toile on voit des images apaisantes. Le héros des films est un magicien flegmatique. Il flotte les pieds nus dans des paysages blancs. Il entre dans des isbas, sert à boire à des Inuits, se promène à Bruxelles ou dans des carnavals en compagnie d’une rousse maigrichonne et d’une négresse plantureuse.

Quand je l’ai assez regardé je retourne dans la pièce aux murs de trampoline faire des cabrioles en chantant cette vieille chose d’Higelin : « Je suis mort, qui qui dit mieux ?»

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12 octobre 2011

IL NE FAIT PAS L’OMBRE D’UN DOUTE par Joe Krapov

IL NE FAIT PAS L’OMBRE D’UN DOUTE par Joe Krapov

 

MIC111010_2_daltonIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Que l’on n’est jamais sûr de voir

Le bout du tunnel

Quand on est à l’ombre.

 

MIC111010_5_baudelaireIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Que les sœurs songent à la douceur

D’aller là-bas vivre ensemble.

 

MIC111010_4_schlemihlIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Que l’homme qui a perdu son ombre

S’appelait bien Peter Schlemihl.

 

 

 

Il ne fait pas l’ombre d’un douteMIC111010_lucky_luke

Que Lucky Luke tire plus vite

Que la sienne.

 

 

MIC111010_6_eurotunnelIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Que ça ne sert à rien de faire la manche

Dans le tunnel qui passe dessous.

 

 

MIC111010_8_MarilynIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Qu’il y a un tunnel sous le Channel

Et rien sur Marilyn que du n° 5.

 

 

 

MIC111010_7_Du_bellayIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Que Du Bellay préfère à l’iode et l’air marin

La douceur angevine.

 

 

 

Il ne fait pas l’ombre d’un douteMIC111010_9_sudoku

Qu’un soudeur soude  avec beaucoup plus de douceur

S’il soude au cul d’une diabolique

Que s’il soude au cul d’une facile

(gazouillidiot de Fukushima)                                      

 

MIC111010_10_b_tise_de_cambraiIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Que la bêtise de Cambrai

Le gars de Roubaix la redoute

Et les Trois suisses aussi.

 

 

MIC111010_tintinIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Que celle de Bob Morane est jaune

Et que celle de Tintin est bleue comme une orange.

 

 

MIC111010_ombre_d_un_douteIl ne fait pas l’ombre d’un doute

Que je n’ai jamais vu

L’ombre d’un doute.

26 novembre 2010

Cocorico forever, people ! / par François-Régis Mutin (Joe Krapov)

Voilà qui va sans doute désespérer plus d’une femme au foyer, refroidir plus d’un metteur de main au panier, émouvoir plus d’une lectrice de Voici :  Eva Longoria et Tony Parker ont décidé de divorcer.

J’ai moi-même beaucoup de peine à retenir mes larmes devant tant d’incompréhension et de méconnaissance de la mentalité masculine française de la part de l’American actress. Hé quoi ! Madame Longoria ne connaît donc rien aux feux de l’amour ? Elle ne sait pas que le mâle français est polygame par nature et que l’exemple nous vient d’en haut ? C’est bien la peine d’avoir tourné dans « Carlita’s secret » et d’être venue se faire marier en France par Bertrand Delanoë !

Faut-il parfaire la culture de cette dame en lui parlant d’Agnès Sorel, la plus belle fille au pair de Loches, la première maîtresse d’un roi de France à avoir été enterrée dans une église ? Ne sait-elle donc rien de la pyrénéenne et insatiable marquise de Pompe-Adour, du bien-aimé Louis XV, des sept femmes de Barbe-Bleue, des six femmes d’Heny VIII (?), de Blanche-Neige à qui il fallait sept nains alors que les chanteuses italiennes à voix faiblichonne se contentent d’un seul ?

Certes la France est la fille aînée de l’Eglise, le chanoine de Latran baise, entre autres, l’anneau papal mais au moins, par ici, on ne met pas le préservatif à l’index ! Et pour ce con d’homme - je reviens à Tony l’truand -, si la chair est faible, c’est par tradition : depuis Heni IV on met la poule de luxe au menu du potlatch dominical. On sait chez nous rendre hommage aux agace-pissette d’un soir, fût-il de match bien arrosé. Il n’y a pas que le président des adorateurs de la pasta pour aimer faire bonga bonga avec la lapine Duracell, vois-tu !

Certes, ma bonne Eva, on peut croire au prince charmant et aux princes consorts mais ça, c’est juste assez bon pour les roturières d’Angleterre. Nous on a les madame Steinheil qui rentrent dans l’histoire par l’escalier de service quand le président n’a plus sa connaissance, sais-tu ? Du coup, ce n’est pas pour dire mais je me sens empli de compassion pour ce basketteur millionnaire – j’aurai vraiment tout fait dans ma vie ! -. Pour une amourette qui passait par-là, il perdit la tête et puis le voilà, et alors quoi ?

La faute est dans ton camp, Miss Corpus Christi ! Comment peux-tu tout ignorer de l’œuvre de Gérard Cailleux, arbitre de la Fédération Internationale de Codification des Ruptures ? Il y a une faute impardonnable de ta part et le penalty est plus que mérité : on ne quitte jamais un homme lors d’une période où il n’y a aucune compétition sportive d’envergure mondiale en cours ! Ca fait trop mal, sinon !

Que faut-il pour que tu comprennes ton erreur, Eva ? Que le juge de touche Joe Krapov te chante ce point du règlement ? Eh bien soit, tu l’auras voulu ! Il te la chante la goualante à Gégé, l’affreux Joe-Joe. Prends-en de la graine pour la prochaine fois où tu épouseras un sportif français !

« Quitte-moi pendant la coupe du monde » / Gérard Cailleux ;
interprétée par Joe Krapov
.

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P.S. C’est quand même de drôles de cocos, ces gens-là ! Le dénommé Tony Parker, il est né en Belgique ! Ca fait penser du coup à la chanson de Sttellla : « On n’a rien de moins que les Américains ! On aurait même plus en comptant qu’on est moins ! » C’est vrai que même la femme de notre Président, par exemple, a une plus grosse, euh une plus grande collection de conquêtes masculines que cette Eva qui pérore loin de Péronne !

23 septembre 2010

Quand l’Agrippine aviaire contrarie un héron, faites la liaison !

DDS116_heron03- Dis donc, vieille tare puante gluante, ta nullasse de copine va se faire avoiner la gueule si elle persiste à rouler des gades à tous les gnolguis qui la matent !
- Sais, tu, ma chère amie, que ta copine antipathique va s’attirer de gros ennuis si elle continue d’embrasser tous les garçons qui la regardent ?


- Je m’en bas les yeux grave, N‘héron ! Miss Cuckoo, c’est une pouffe qu’a rien sous L’oréal ! Elle a des plans canons pour se taper des grumeaux bouffis. C’est sûr qu’elle va se prendre un pain dans lague un de ces quatre mais toi, bloc d’agglo, tu m’esclaves avec tes scoops crevés sur cette morue à gros nibards !
- Je m’en fiche impérialement, N’héron ! Miss Cuckoo fait partie de ces filles pas forcément très intelligentes qui caressent toujours des projets très intéressants et ont des vues sur des garçons sans grand intérêt. C’est certain qu’un jour ou l’autre elle se prendra une belle claque ! Mais toi, espèce de grand niais, qu’as-tu donc à faire de ces ragots nauséabonds à propos d’une fille vulgaire au corsage bien rempli ?

- Ca me prend vapeur qu’elle vienne baby-sitter si souvent. Quand on n’a pas une goutte, c’est pas avec des jobs comme ça qu’on va faire une montagne de jus !
- Ca m’énerve un peu, à vrai dire, qu’elle vienne si souvent garder les enfants. Sans compter qu’elle n’y gagne pas beaucoup d’argent…

- Ca me plie les bronches de t’entendre dire ça alors que j’ai plus rien à me griffer sur leuque ! Sans kidde, tu crois que ça cascade un max, ton job de poète du dimanche ? Quand est-ce que tu nous ponds ta sedan du narca avec ses œufs d’or, ma poule ? Tu devrais gratter des scénars, ça, au moins,  ça ramène du flot !
- Ca m’insupporte que tu dises cela alors que je n’ai plus rien à me mettre sur le dos. Sérieusement, tu crois que ça rapporte beaucoup d’argent ton métier d’oiseau-poète ? Et quand est-ce que tu nous concoctes l’équivalent de la « Danse des canards » ? Tu devrais écrire des scénarios de films, ça au moins ça rapporte de l’argent !

- Tu parles sous toi ! J’en ai peanuts à traire si ça n’a pas été le don avec les producteurs ! Au moins j’ai libéré l’aura. Mon opéra-rock pour oiseau-lyre, ciel incendiaire et orchestre, je labeure dessus night and day. Tu vas collapser raide quand il sera donné ! Ca va trouer tes biomanes !
- Tu dis n’importe quoi ! Je m’en fiche, du pognon ! Ce qui m’intéresse c’est d’exprimer mon tempérament. Mon opéra pour oiseau-lyre, ciel incendiaire et orchestre, je travaille dessus jour et nuit et tu vas tomber raide de saisissement le jour où il sera joué ! Tes parents vont être bien étonnés !

- Overdose, le momac ! Tu fais vraimench’ ! T’es pas assez polyglotte comme obsédé ! Je suis au courant  depuis trois mille ans que t’es pas performe ! J’ai beau être très prude comme pouffe, ca me plie de voir que t’es un raymond à gerber. D’ailleurs, autant que tu le saches, je me casse away !
- Tu m’ennuies, bonhomme ! Tu ne connais pas suffisamment bien les langues étrangères et moi je sais depuis longtemps que tu n’es performant dans aucun domaine. J’ai beau être une jeune fille discrète et rangée, ça me sidère toujours de te voir aussi passif en tout. D’ailleurs, autant te prévenir tout de suite, j’ai décidé de te quitter.

Elle s’envole.
Elle s’envole.

DDS116_heron02


Resté seul, N’héron cogite :
Resté seul, N’héron réfléchit :


DDS116_heron01- Ca va être farineux si je le prends douleur comme break ! Ca faisait trop longtemps qu’on se foutait sur lague ! Phoque la morue ! Le vieux joke ! Comment j’ai grugé le pigeon ! Maintenant je peux conclure avec Miss Cuckoo ! La famille one mariage, c’est trop galère ! Sur ce coup là, t’as été giga, N’héron !
- Cela ne sera pas très gratifiant si je prends à cœur cette séparation et si de surcroît je me mets à en souffrir. En même temps, ça faisait tellement longtemps qu’on se plumait, elle et moi ! Allons, quelle galéjade ! Je vois que je l’ai bien arnaquée. Je peux aller vivre maintenant le parfait amour avec Miss Cuckoo. Il est temps que je goûte moi aussi aux plaisirs de la famille recomposée ! Soyons modernes, que diable !

P.S. Merci à Mme Claire Bretécher pour son inventivité !

















14 octobre 2021

Rayez la mention inutile ! (jeu de La Licorne n° 69)

Images pour conte MAB 01 princesse

 Il était une fois, il y a bien longtemps, juste après ce qu’on a appelé «la fin du monde», une princesse qui avait survécu - au cataclysme - au cataplasme - à la catastrophe. *

 Elle s’appelait - Punkette replète – Broque et pébroque – Paulette Rondelette *

Images pour conte MAB 02 montagne

Elle habitait un pays appelé - la Suisse – le petit suisse – le Sussex * qui était resté - neutre – neutron – feutrine * pendant les hostilités mais s’était quand même pris - une bombe A– un bombyx – une bombarde * sur le coin du - museau – Musso – Placid et Muzo *.

La Suisse est un pays plein de - montagnes – de montagnettes – de montures de lunettes *.

En ces temps - post-apocalytiques – post appeau-catalytique - pause tape-eucalyptus *, il continuait de pousser, le long de ses jolies routes - des arbres à plaques de chocolat - des arbres à came – des dames aux camélias *.

La princesse était peut-être désormais - la dernière habitante du monde – la dernière abonnée du journal « Le Monde » - la dernière habitude de revenir un peu ronde * - des cocktails d’ambassade – des coqueluches de temps maussade – des coquecigrues d’embrassades * sur le - museau – Musso – Placid et Muzo *.

 ***

 Un jour qu’elle s’en allait cueillir du chocolat, - Punkette replette – Broque et pébroque – Paulette rondelette * entendit - une voix douce – une voie d’eau – une voie royale – qui - l’interpellait – qui l’interpolait – qui l’enterre soupe au lait *.

 - Hep ! - Mademoiselle – Mademoisissure – Madame oiseuse *!

 Elle ne voyait - personne – persane – perspicace * mais la voix reprenait :

 - Hep ! - Jolie princesse – jauni pince-fesses – Johnny rince-nièce * !

 Cela venait de - dessous un buisson – de dessous le boisseau – de très soûles boit-sans-soif *.

 Images pour conte MAB 03 livre

Elle écarta - les feuilles – les deuils – les oeils * et découvrit un vieux - bouquin – bouquetin – bouc teint *. 

En agitant - ses pages – ses plages – ses aréopages *– il - s’énervait – s’énervurait – ses nervis raturait *.

 - Enfin, vous daignez - m’écouter brouillonne – me brailler les coudes – me brouiller l’écoute * !

 - Quelle mutation - bizarroïde – polaroïde – hémorrhoïde * est-ce donc là ? demanda-t-elle. Vous êtes un livre et vous – parlez – partez - pardonnez * ?

 - Je suis le livre du Grand Tout. - Je sais tout - je sèche tout - je sexe tout * sur la vie - secrète – secrétaire – Saint-Nectaire – nain sectaire * des écrivains.

 - Oh moi, vous savez, lui répondit - Punkette replète – Broque et pébroque – Paulette Rondelette *, - la littérature- la laitue ratée - la ruralité tue *, je lui ai toujours préféré une bonne série sur - Netflix – Netfisc – Netflic * !

 - C’est pourtant bien un - écrivain – écriteau – échevin * que vous devez aller trouver si vous voulez que la planète soit - repeuplée – roploplo – heureux peuplier *!

 - Il reste donc d’autres personnes que moi-même sur la - planète – panière – pas nette *?

 - Oui mais il faut vous - dépêcher – dépêtrer – Depléchin *. L’écrivain est – désespéré - désexpertisé - des esplanadé *. Il ne sait pas que vous existez et que la vie peut – recommencer – recommander - recommenter *.

 - Où est-il ? - Où perche-t-il ? - Où persil ? *

Images pour conte MAB 04 avion

 - Il habite dans - une île - une presqu’île - un exil *. On ne peut y aller qu’- en avion -en aviron - en amidon *.

 - Ca tombe bien, en Suisse on a l’habitude de monter des cols durs et il m’en reste un paquet à la maison.

 - De quoi donc ?

 - De l’amidon - de l’ami doux - de l’âpre mildiou*. Vous avez le GPS – incorporé - un porc goret - encore paumé * dans votre - avion – aviron – amidon *?

 Le - bouquin – bouquetin - Louboutin * se mit à tripler de - volume – volute – vol UTA -volupté * et il ressemblait maintenant à un joli tapis volant ne manquant pas de - caractère – phylactère – Natacha hôtesse de l’air *.

 - Installez-vous - dans la rainure – dans la nervure – dans la rainette *.

 ***

Jeu 69 de La Licorne cornette

En fait d’île, c’était - l’Angleterre – l’angle obtus – le triangle des Bermudes * dans lequel le temps du voyage disparaît. Le livre la déposa sous l’horloge de - Big Ben – Big brother – Bygmalion * dont il ne restait plus que la moitié.

 - Il est où, - l’écrivain – l’écrivant – l’écrivaillon * qui va me - repeupler – repalper - repieuter * le monde pour assurer - le futur – le futé – le futile *?

 Images pour conte MAB 05 crapaud

- Je suis là, dit un gros crapaud vert et - pustuleux – postulant – pestilentiel * qui se mit à grossir jusqu’à avoir taille - humaine – humide – humoresque *. Embrassez-moi sur le - museau – Musso – Placid et Muzo * et je me transformerai en prince - charmant – charmille -char d’assaut *.

 - Hé ho ! protesta - Punkette replète – Broque et pébroque – Paulette Rondelette *. Je ne mange pas de ce - pain-là – tapin-là – topinambour-là *!

 - Comment ? s’offusqua le livre du Grand Tout. Vous ne voulez pas redonner apparence humaine à - Guillaume – Guilledou – Gui l’an neuf * ?

 - Non ! Et elle tourna - l’étalon – le hongre – la jument *.

 ***

 - C’est la dernière fois que j’utilise une Suissesse comme personnage d’un de mes romans ! La vie n’est décidément pas un conte de - fées – méfaits – contrefaits *, se jura l’auteur du best-seller en inscrivant le mot « Fin » au bas de son - parchemin – porcherie - percheron *.

 
* Rayez la mention inutile !

Illustrations empruntées à Maïck conteuse

17 juin 2022

99 dragons : exercices de style. 72, Anglicismes (le Défi du samedi n° 720)

Elle n’est pas belle, la life ? Le week-end s’annonçait cool. Le temps était du genre caniculaire, à nous faire supporter d’enchaîner drinks et cocktails à la garden-party, de griller, en bermuda à couleurs kitsch, des steaks maousses sur le barbecue ou même d’arpenter un green si on se sentait courageux, dandy et snob. Mais pas de match de tennis, please ! Trop hot ! Trop speed de courir derrière la balle jaune ! Trop usant, les aces !

tregor-motoculture anonymisé

On allait fermer le snack quand un clown en jean et baskets a garé son spider sur le parking. Puis il est venu s’affaler au comptoir et a réclamé un banana-split à la barmaid. Il avait un joli look de supporter du Roazhon Park, d’amateur de hot-dogs et de galettes-saucisses plus que de pratiquant régulier de ce sport de gentlemen qu’on nomme le football. Ou alors son allure était celle d’un testeur de bière en micro-brasserie. Ou d’un ambassadeur du Gault et Millau chargé de tracer un viaduc entre tous les pubs de Bretagne sans modération. En même temps, comme dit Macron, c’était peut-être aussi juste un geek de la start-up nation. Sa carrure était celle d’un bûcheron et il arborait par-dessus son gros ventre un tee-shirt de « Trégor motoculture ». Sponsorisé par le boss de la tronçonneuse lannionnaise, le bad boy !

La Miss la lui a servie, sa glace à la Chantilly façon Lio, non sans lui signifier que ce n’était plus le moment de l’happy hour et qu’on allait procéder à la fermeture du drugstore. Le client est le king ici mais y a une deadline pour la sujétion. Un temps pour tout y compris pour dire stop au job. On n’aime pas trop le burn-out par ici. Je suis un manager libéral mais pas que.

- Ouais, ouais, on dit ça, qu’il a dit la brute épaisse. Moi je le crois pas. C’est que des fake-news, tout ça. Du bluff !

Une fois qu’il a eu englouti son ice-cream il s’est approché de notre antique juke-box et il a consulté la playlist à l’ancienne.

DDS 720 Hurricane

- Comment ? Vous avez le single de « Hurricane » de Bob Dylan ? Je veux l’entendre ! Qu’est-ce qu’on met comme pièce dans votre machine ?

- On ne met pas de pièces, monsieur.

- C’est quoi alors le business model ?

- Il est cassé, monsieur. C’est pour le fun. Décoratif, si vous voulez. C’est vintage.

- Désolé de faire le forcing mais je ne quitterai pas ces lieux sans avoir entendu « Hurricane »sur ce pick-up.

Georgia se tourna vers moi avec l’air désespéré de John Lennon pétant sa corde de mi aigu au moment d’interpréter le solo de « Help ».

- J’ai un très joli smartphone avec lequel je peux aller chercher le morceau sur Spotify et en utilisant les baffles…

- Moi aussi, tocard, j’ai ça ! OK ! Vous savez quoi ? Il me plaît bien votre fast-food ! Je crois que je vais m’y installer et en faire mon camping de base. Tant pis si votre baby-foot à musique est nase. La pom pom girl a de beaux airbags et les sandwichs ont l’air appétissants. Vous m’installerez un cosy corner dans le living-room. Je vais faire un super sit-in ici, mon gars. T’appelleras ça du racket si tu veux mais...

DDS 720 Million dollar babe- Monsieur ? intervint Georgia.

Le type, qui m’avait agrippé par les revers de mon smoking et balancé son sketch de stand up les yeux right in the eyes, comme s’il allait ponctuer, au finale, son talk-show d’un coup de boule façon Zidane à Materazzi, me lâcha d’un coup et se tourna vers la Miss.

- Ça c’est pour le respect des trente-cinq heures de travail hebdomadaire ! Elle lui balança un premier uppercut qui lui fit éclater son bridge au-dessus de l’eau trouble de la vaisselle.

- Ça c’est de la part des Pom pom girls ! Un deuxième uppercut lui éclata le pif.

Le gars prit encore quelques mandales et s’écroula, knock-out.

- Bravo, Million dollar baby ! Ca lui apprendra a s’en prendre à la championne régionale des poids légers de boxe anglaise. Tu l’as bien customisé, le biker !


***

On l’a sorti sur un brancard, le kidnapper de rade freelance qui venait de subir un lifting gratuit en se faisant simplement remonter les bretelles. On l’a plié en trois et mis dans le coffre de son dragster. On n’est pas chiens, on est fair-play, même. On l’a emmené aux urgences au C.H.U de Pontchaillou et on a prévenu l’accueil qu’il y avait un auto-accidenté dans le coffre d’une bagnole achetée en leasing dont les warnings clignotaient à tout rompre sur le no man’s land de la rampe d’accès à leur club select.

Après, pour Georgia, je ne sais pas mais pour moi le week-end a été cool. Open bar, filles sexy, slows langoureux, jackpot au casino, la routine, quoi.

Non, en fait je déconne, j’ai juste terminé mon puzzle de 1000 pièces dont le modèle est le tableau « Les Patineurs » de Wiliot.

Ca me plaît beaucoup, moi l’inaction, le rocking-chair, la non-violence. Ça ou autre chose... Je suis très peace and love comme garçon !  De toute façon la life est toujours belle dans les best-sellers que j’écris à destination de moi tout seul !

DDS 720 Les Patineurs de Wiliot

3 juin 2022

Balzac 00-01, l’illusion genre mineur qui touche le fond ! (Défi du samedi n° 718)

DDS 718 Balzac 000037186

Je m’appelle Lucien et je crois que j’ai perdu toutes mes illusions.

Je n’étais pourtant pas ce qu’on appelle un grand rêveur, j’avais les pieds sur terre mais maintenant que je ne suis plus un perdreau de l’année je dois avouer que le bilan n’est pas terrible. Dressons-le en même temps que le couvert pour le dîner – ce soir j’attends Madeleine - :

Parfois votre cousine est plus bête qu’on ne croit.

Parfois votre cousine est moins bête qu’on ne croit : pendant que le cousin ponce elle s’envoie Pylade qui ne demande pas mieux au reste. Pylade, mais pas vous ! Et vous ne dites rien au cousin pour préserver la paix du ménage.

Ce qui mirouëte dans le miroir d’Ursule n’est pas forcément votre beau minois de minet. Dans la maison du chat-qui-pelote il se peut qu’habite une fausse maîtresse à qui peu chaut votre animal : Ursule est la vieille fille-type qui range tous les soirs sa virginité dans le cabinet des antiques. Accident notoire : vous avez encore une fois envoyé une passion dans le désert !

Toutes les menteries, les hypocrisies, les carambouilles, les entourloupettes de la vie, il arrive qu’on les gobe sec. Et il y en a ! Le modeste mignon cache parfois un vaniteux m’as-tu vu moche.

Si vous êtes victime d’un jaloux, d’un maître-chanteur, d’un huissier, si vous poursuit une vendetta, vendez tout et barrez-vous par la porte de derrière !

Si vous allez au bal de Sceaux et que tout le monde y semble intelligent, méfiez vous : c’est peut-être vous qu’on a invité pour le dîner de cons.

La splendeur des thés chez Madame Verdurin lorsqu’on est en cour débouche quelquefois sur la misère des tisanes de Tante Léonie où l’on n’a même pas le droit de tremper sa madeleine pour cause d’hygiène :
– Ca va pas non, Marcel, t’as un bol, trempe dedans, arrête de me chauffer !

A la bourse les actions de tante Yolande montent et descendent. Quel sera le montant de son héritage à Tata Yoyo ?

La princesse de Cadignan garde ses secrets pour elle. C’est d’autant plus égoïste qu’elle gagne au loto chaque semaine ! Je lui ai demandé si elle avait un truc pour abolir le hasard. Elle m’a répondu : « Pas un truc, un coup de main mais vous, Lucien, pour que vous ayez le génie, il faudrait un grand dé ». Je n’ai rien compris et je suis retourné danser avec Catherine, la duchesse de Langeais.

Ne tombez jamais amoureux de la fille aux yeux d’or, Marie Laforêt : il y a toujours un arbre qui la cache !

J’y suis allé dans la Vallée des larmes : y’a pas de lys hélas, c’est là qu’est l’os.

On veut rendre Esther heureuse, on croit savoir comment aiment les filles et paf, on se retrouve toujours là où mènent les mauvais chemins !

Même l’élixir de longue vie n’a plus les mérites qu’on lui prête. Ceux qui se croient immortels – j’en suis - voient, du fait des désillusions accumulées, leur optimisme se réduire comme de la peau de chagrin. Woody Allen n’a-t-il pas déclaré lui-même que « l’éternité, c’est long, surtout sur la fin » ?

Voilà, tout ça me déprime d’autant plus qu’on m’a toujours dit « Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, il va filer ». Quand j’y suis allé, moi, Lucien, dans le pré, je n’y ai trouvé que deux rubans.

Ce soir j’attends Madeleine pour les lui offrir mais j’ai l’impression qu’elle ne viendra pas. 

18 février 2022

Saints guérisseurs, saintes guérifrères ! (Défi du samedi n° 703)

Si tu penses que ça urge de voir venir un thaumaturge, n’attends rien d’un président : on élit toujours un drôle de mecton !

Contrairement à ce que dit le dicton, il vaut mieux s’en remettre à ses saint·e·s qu’au bon Dieu !

Déjà, ils sont plus nombreux et savoureux !

DDS 703 saints guérisseurs

Saint Marcel soigne vos insomnies : grâce à lui plus de temps perdu à rechercher le sommeil ;

Saint Huron te protège des chutes de pantalon ;

Saint Accouchement met un terme aux grossesses ;

Saint Cougar justifie les libidos durables (mais pourquoi ne le seraient-elles pas ?) ;

Saint Georges en pommade combat le dragon (mais bon,  99 applications, c’est long !) ;

Saint Glinglin récompense la patience de Madeleine (son ami Léon est allé retrouver Germaine pour manger des frites chez Eugène) ;

Saint Guy guérit les transes des frappés de la danse ;

Saint Nazaire apaise la sous-marinière en mal de balèze ;

Saint Christophe protège de la catastrophe Lady Diana (c’est ce que raconte Saint Zouave du pont de l’Alma) ;

Saint Médard distribue des parapluies gratuits à celles qui n’ont pas de riflard ;

Saint Thomas guérit des croyances autant que le hasghtag « Balance... » ;

Saint Sylvestre vient à bout des années confinées, covidées, bien usantes, mal torchées, lamentables et des longues litanies dont Krapov est capable ;

Saint Raoul le D.J. nous enchloroquiquine mais pas autant sans doute que Sainte Seringue qui rend brindzingue ;

Saint Eustache protège ta trompe, éléphante (et pour les éléphants il faut voir Sainte-Phallope) ;

DDS 703 hildegarde-de-bingen

Sainte Ethique, à repasser, c’est pas coton ;

Sainte Hélène isole du Napoléon ;

Sainte Germaine guérit de la morosité via ses cocasseries, savamment relatées par son mari chéri ;

DDS 703 margueriteSainte Marguerite a péri pour toi un peu, voire beaucoup, pour que tu sois sûr que ton Anna t’aime ;

Sainte Cécile, patronne des musiciens ne te protège pas des couacs (faut pas trop demander, non plus !). Si tu en commets,  moussaillon, tu n’as à t’en prendre Cacatois même !

Si Sainte Rita ne peut plus rien pour toi remets-t’en à Saint L’Hasard qui arrive sans crier gare ;

Sainte Pilule de Viagra revigore Grand-papa ;

Sainte Tour de Gustave, au concours de celui qui aura la plus longue, rabat les prétentions ;

Sainte Vulgarité au défiant du samedi an mal d’inspiration redonne l’occasion de rire et faire rire parfois à profusion

Sainte Marie de la mer donne beau temps aux gitans et la palme à Kusturica pour son titre résume-tout : « La Vie est un miracle ». 

24 juin 2021

Lumière noire (Le Défi du samedi n° 669)

DDS 669 Et Dieu créa la femme

Et Dieu créa la femme !

Or très souvent femme varie. Elle s’aime en tutu, en Tati, en louloute, se trouve bien en louve, est ravie en Lola, avenante de Nantes qui vole à Demy la vedette.

Jamais rien de traviole, ultra-chic, elle trotte, irradie. Elle s’est au fil du temps lotie d’une variété de rôles triés sur le volet : Violeta (Traviata), Lorelei, Lolita, elle rutile sur la scène ou sur le Rhin ou fait l’étoile sur la toile.

Elle est amour d’autrui, vérité nue, reine de tarot, volute bleue, fée à main verte, ouvre la route de l’Oural et des « hourra ».

C’est la plus belle trouvaille du Travolta céleste. Si elle n’a de valeur qu’une côte d’Adam, pour deux sous de violette un arc-en-ciel paraît. Nous voilà outillés d’un kaléidoscope de vertu, d’orteils peints, de «Tortue, vite, vite !», de «Passons outre à tout !», de «Pêche un peu la truite !», de «Chasse un peu la loutre !», de «Qui luttera vivra et qui vivra verra !».

Et Dieu créa la femme !

Puis il la fit entrer dans ta vie !

DDS 669 Proust tailleur de vétillesDès lors illuminé, ébloui, envoûté par ses trilles de roitelette, ses ariettes, ses triolets d’alto, toute cette oralité qui éteint aussi bien les rivalités que les trivialités, le troll devient voleur de feu, rêveur d’ovule, tirailleur, amiral ou simple travailleur. Pour devenir l’alter ego de cette fée il prend truelle et lui construit une villa. Le voilà valet voûté, cuisineur de ravioles, tartes et ratatouilles, pêcheur de tourteaux sur le littoral, auteur de tutoriels, livreur de vitres à vélo de Vire jusqu’à Livarot, tailleur de vétilles entre Cabourg et Trouville, ravitailleur en vol, travelo virtuel et même parfois violeur de lois.

Et Dieu créa la femme pour qu’elle chauffât Marcel, comme a dit le Trouvère du plat pays !

A cet amour de la bronzette jusqu’au rôti, ajoutons-y un peu de «n» et ce sera… ultraviolent !

Mais aussi… quel jeu de lumière, quel éclat fort et volatil, quel rayon de soleil, cet instant où l’on sait que c’est, que ce sera toujours toi, toi mon toi et pas une autre !

J’ajouterai encore deux choses qui n’ont rien à voir ici :

De cette vie qui nous travaille
Rien n’est fixé dans le vitrail
Et pas même l’heure dernière

Pour qui se veut croire immortel.

Et

La Lorelei : malgré son bon coup de Rhin
N’avait pas le pied marin.

DDS 669 Lorelei

17 avril 2020

Personne ne t’a dit d’André ! (Défi du samedi n° 607)

DDS 607 Citroën sur la Tour Eiffel

Dans le Bistrot des Six troènes
Le mastroquet a trop de haine !

A-t-on pas idée ? Un covID 19 !
Plus un seul client !
Pas même deux chevaux de retour !
Plus une seule amie sise ailleurs qu’en sa maison !
Plus une seule déesse sous la suspension !

Et pourtant, et pourtant
Le Café des Six troènes,
C’était l’attraction, avant !

Tout le monde est confiné !

A boire son fonds,
S’il est condamné
Il touchera le fond,
Fermera l’estaminet
Et, cela est connu depuis Boby Lapointe,
Dans un commerce c’est moche quand le fonds fond
Poil aux pieds.




Si encore on pouvait

Aller faire le Tro Breizh,
Prier pour le retour
Des beaux jours,
Visiter Saint-Tropez
Ou danser le foxtrot
Sur le Trocadéro !

Macache ! Faut pas bouger,
Pas s’attrouper,
Plus voir les courses de trotteurs
Ranger sa trottinette
Des voitures !

Le théâtre aussi est fermé !
C’est niqué pour les Troyennes
Et râpé pour les Atrides
A cause de cet apatride.

Le général Trochu
A déclaré la guerre
Mais c’est par trop la pénurie
De masques à gaz :
Maginot s’atrophie
Et se sent naze
Sur toute la ligne.

DDS 607 1200px-Louis_Jules_Trochu copie

Vraiment tristes tropiques !
Amère valse de Levi-Strauss !
Aucune astrologie
N’avait prévu que la trotteuse
S’arrêterait sur « catastrophe ».

DDS 607 Pub citroën

Dans le Bistrot des Six troènes
Le mastroquet a trop de haine !
Pareil à Castro il éructe :
C’en est trop, il veut un trophée,
Pangolin ou chauve-souris !

Il décroche son vieux tromblon
Et sort dans la nuit déverser
Son trop plein d’ire sur le covid.

Il défouraille pis qu’à Sceaux
Ou à la Foire du Trône,
Tire sur le capitaine Nemo,
Le postillon de Longjumeau,
Le virus sans visa
Qui nous sort des naseaux
Et nous rend tous gagas.

Autant chanter
« Il Trovatore » à Beethoven
Finissant son dernier tableau !

J’ai demandé à la Lune,
Dyane, qui a vu ce spectacle :
Jamais elle n’a tant méhari ! 

Citroên méhariDDS 60

20 mars 2020

Cynique mais pas cinoque ! (DDS 603)

Moi je ne suis pas fou ! Même si je suis bien calfeutré chez moi, je ne tiens pas à me faire lyncher par les dames qui fréquentent ces lieux-ci ! C’est pourquoi je m’abstiendrai de répéter ce qu’on m’a dit un jour, à savoir que les douleurs frénétiques liées à une crise de coliques néphrétiques sont plus douloureuses que celles d’un accouchement. 

Je dirai donc juste qu’une parturiente morfle, douille, endure, péridure, péricolose et je crains fort qu’un de ces jours notre oncle un poil sadique nous sorte de son dico des jolies choses très inspirantes pour l’écriture confinée comme placenta, ombilic, forceps, épisiotomie et j’oublie le pire car je déteste qu’on cause de médecine quand on va passer à table ou quand on est à table.

Puisque nous ne sommes pas faits sur le modèle d’une lettre à la poste il faut donc en passer par là , dame parturiente, et l’oublier un tant soit peu au fil du temps, la douleur. (Si Dieu avait voulu que vous ne souffrissiez point il vous eut faite en forme de fax et c’eût été moins amusant pour nous de jouer à la bataille navale avec vous).

Mais quelle joie, après la délivrance, de pouvoir claironner à la famille, à la tante Urbi et à l’oncle Orbi, que la descendance est assurée, que la famille s’agrandit et comprend un nouveau membre fort sympathique.

C’est à cet effet qu’on a jugé bon d’inventer le faire-part de naissance.

DDS 603 faire part polanski

8 février 2019

OÙ EST LA NOBLESSE, OÙ EST LA ROTURE ?

Le docteur de Morgnies ouvre la porte de la salle d’attente avec brutalité.

Comme on est le 16 septembre 1880, il ne peut pas gueuler, faisant référence à Jacques Brel, tel un sous-off dans un bordel de campagne : « Au suivant !» mais on entend presque ces mots dans la vivacité de son geste. Il a la moustache en bataille, la corpulence d’un escrimeur et la carapace de l’homme prêt à tout voir et tout entendre de la vie sans moufter plus que ça. Une espèce d’aristocrate, le médecin, chez qui tout le monde peut entrer et déballer des horreurs, qu’il soit noble ou roturier.

Aujourd’hui, en ce début d’après-midi, ils sont deux, bien amochés, à faire passer en urgence. Les patients ne sont plus impatients quand quelqu’un poireaute parmi eux avec un œil sanguinolent. Le premier arbore donc deux magnifiques cocards dont l’un bien saignant et l’autre bonhomme a le bras en écharpe, enveloppé dans ce qui ressemble à une serviette de restaurant. L’aveugle et le paralytique mais dans la version bons bourgeois de Paris bien aisés. Cela le docteur de Morgnies l’a déduit de ce que les deux gars ont l’élégance parisienne des dandys et de ce que la serviette est marquée Bignon. Bignon ! Pour un type qui a deux cocards, c’est cocasse !

- Qu’est-ce qui vous amène, Messieurs ? Par lequel de vous deux je commence ?

DDS 545 Aurélien Scholl

- Monsieur, permettez d’abord que je me présente. Je suis Aurélien Scholl, journaliste à «L’Evénement». Nous étions en train de déjeuner tout à l’heure chez Bignon et nous allions sortir quand un jeune gommeux excité s’est mis en travers de mon chemin.

- Il a demandé à mon ami s’il était bien Aurélien Scholl.


- « C’est bien moi, monsieur » ai-je répondu. En quoi puis-je vous être utile ?


- « En rien, espèce de petit roturier ordurier ! Prends ça de la part du comte de Dion !» a-t-il dit et il a balancé à Aurélien une gifle et deux pêches dans la poire.


- Sans même se soucier de ce que je portais un monocle de chez Tati ! J’eusse pu perdre un œil dans l’histoire. Et c’est pour cela que je viens consulter l’homme de l’art que vous êtes. Y aura-t-il des séquelles à cette violence ? Le saignement s’est arrêté mais pour l’instant, je vous l’avoue, je vois tout flou comme si je m’étais fait flasher à l’issue d’un bal. C’est au point que j’ai eu besoin du soutien de mon ami Turgan pour venir jusqu’à vous.


- Et puis il y a aussi cette histoire de carafe. Tu es quand même tombé dans les pommes quand il te l’a lancée et que tu l’as reçue en pleine poitrine.


- Certes, mais je l’avais traité de manant, de charretier et de crocheteur.


- Tu étais quand même en droit de le faire après t’être ainsi faitboxer, non ?


- Laissez-moi examiner cela, dit le docteur. Mouais. Pas fameux, fameux, les yeux, surtout le droit. Déshabillez-vous que je voie le torse.


- Attends, Aurèle, je vais t’aider.


- Non, laissez, dit le docteur, je vais m’y coller. Avec votre bras en écharpe ce ne serait pas pratique.

Le docteur examine le thorax où il y a un énorme hématome. Il tâte les côtes du journaliste et demande, intrigué :

- Dites voir ? C’est normal que vous ayez toutes les côtes fendues ?

- C’est que j’aime beaucoup rire et me moquer, Docteur ! Mais je n’ai jamais eu l’intention de faire du mal à qui que ce soit. Ca reste toujours de bon aloi.


- Je sais, je sais. Bon rhabillez-vous. A part l’honneur du comte de Dion, il n’y a rien de cassé.


- Mais je ne lui ai rien fait à ce garçon ! Je ne le connaissais même pas avant cette séance de pugilat!


- Vous avez sûrement dû écrire quelque chose le concernant. Mais ce n’est pas mon affaire. Je vais vous prescrire une ITT


- Qu’est-ce que c’est ? Ca fait mal ?


- C’est juste une interruption temporaire de travail. Vous n’allez récupérer la vue que dans dix-neuf jours et il vous faudra attendre encore onze jours avant que vous ne puissiez retourner au théâtre et rédiger vos comptes-rendus ironiques.


- Vous me connaissez donc, Docteur ?


- Oui je m’intéresse un peu à ce que vous écrivez.


- Et pour les yeux vous me donnez quoi ?


- Deux escalopes le matin et deux escalopes le soir, à apposer sur les orbites.


- Mais ça va me coûter horriblement cher ce régime carné ! Vous n’avez pas de médicaments, plutôt ?


- Je suis contre les prescriptions de produits chimiques ! Je fais de l’homéopathie. Contre la boucherie, j’utilise la boucherie. Si vous avez des problèmes financiers, attaquez le comte en justice et comptabilisez votre facture de bidoche dans les dommages et intérêts que vous lui réclamerez. A vous maintenant monsieur Turgan. Déballez voir un peu ce que vous avez dans votre serviette.


- Oh moi c’est juste une estafilade !


- Avec quoi vous êtes-vous fait cela ?


- Mon ami Aurélien a voulu se défendre contre le comte. Il a sorti son stylet.


- Un stylet ? Les journalistes écrivent avec un stylet maintenant ? C’est fini le stylo ?


- Je devais partir ce soir pour Bruxelles, précise Aurélien Scholl. Bien que la Belgique soit un pays d’honnêtes gens j’avais emporté à tout hasard mon parapluie de voyageur dont le manche renferme un stylet.


- Vous avez raison, il y a là-bas de vilains bonshommes qui tirent à vue sur les littérateurs français !


- Et comme il n’y voyait plus rien, c’est moi qu’il a blessé.


- Ce que je ne vois vraiment pas c’est pourquoi le comte s’en est pris à moi.


- Cherchez la femme, Monsieur Scholl ! Quel livre avez-vous publié récemment ?


- « Fleurs d’adultère ». Pourquoi ?


- Cherchez de ce côté-là. Je suis sûr que l’explication est là. Voici vos ordonnances, Messieurs. Lequel de vous deux règle l’addition ?


- C’est moi !


- Non c’est moi !


- Je vous en prie, je vous suis redevable de…

***

Après avoir raccompagné les deux hommes jusqu’à la porte et avant de faire entrer le client suivant le docteur de Morgnies jette un œil au portrait d’Isaure Chassériau qui trône dans son vestibule.

- Eh bien dis-donc, Isaure ! Le journaliste-bashing commence de bonne heure, cette année !

2019 02 08 Isaure flashball

5 octobre 2018

Qu’est-ce que c’est que ce virelangue russkoff ?

1

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A part aller danser le ska
Est-il rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski ?

Qu’en pense Madame Hanska
Qui emmène tous les ans
Jak et Balzac au ski ?

Que nous en dit Vénus
Qui toujours s’évertue
A faire cascader la vertu ?

2

A part aller danser le ska
Est-il rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski ?

Du couscous dans un casque ?
Des secousses sous un kiosque ?
Moscou pas comme un prunier !

Un aller simple pour Irkoutsk ?
Un Michel Strogoff qui s’casse ?
Une scansion dans un gueuloir ?

3

A part aller danser le ska
Est-il rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski ?

Ils sont la crème du casse-croûte
Et ils enfoncent même la choucroute
Que l’on ne réserve qu’aux scouts !

Il n’y a que le whisky d’Ecosse qui puisse
Leur arriver au bas de la cuisse
Et ce qu’esquisse Kokoschka !

4

A part aller danser le ska
Est-il rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski ?

Liquidons les questions casse-couilles,
Le cavalier bleu de Kandinsky
Et les causses calcaires du Larzac !

A part la vieille vodka qui secoue
Il n’y a rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski !

22 avril 2016

HUIT RÉSUMÉS D'OEUVRES DIVERSES EN QUATRE PHRASES

Cher Monsieur Emile Euro

Veuillez trouver ci-joint huit énigmes pour votre jeu radiophonique de 13 h 45.
Il s’agit de faire deviner à vos candidats, à partir d’un résumé en quatre phrases commençant par « Bon, Mais, Alors, Et » le titre d’une œuvre de fiction (roman, film, chanson, poème) et son auteur.

Bonne continuation à vous et mes amitiés à Monsieur Emile Franc dont nous sommes sans nouvelles depuis un certain temps.

1

Bon, c’est l’histoire d’un type qui habite dans un jardin magnifique, immense, avec des fleurs partout, des arbres fruitiers, des jets d’eau, un endroit idéal où tout est prévu pour subvenir au moindre de ses besoins.

Mais une fois passés les premiers instants de joie de se trouver là à n’avoir rien à faire que se tourner les pouces, le gars commence à s’emmerder sévère.

Alors il va trouver le docteur D., « chirurgien esthétique et plus si affinités », et il lui dit que ce serait mieux s’il avait un peu de compagnie, ne serait-ce que pour jouer à la bataille navale.

Et le docteur D. lui répond que ça va lui coûter bonbon, pas les yeux de la tête, non, mais au moins une côte de la cage thoracique et Adam accepte et c’est depuis ce temps-là que les hommes et les femmes vivent ensemble en s’engueulant plus ou moins à propos de la place du gant de toilette dans la salle de bain, de la propriété de la télécommande ou sur « c’est à qui de descendre la poubelle aujourd’hui ? Moi j’ai fait la vaisselle, etc ».


2

Bon, c’est un gars qui travaille dans une banque, il est marié, sa femme est adorable bien qu’un peu féministe et plus si affinités et ils ont deux enfants agités comme le sont tous les enfants.

Mais justement la dernière nurse vient de rendre son tablier parce qu’on est dans le cadre un peu trop répandu de parents absents car surinvestis dans le boulot et le militantisme et on se demande bien pourquoi des gens pareils font des mômes.

Alors, comme on est en Angleterre, la famille passe une petite annonce dans le « Times » et, coup de bol inimaginable ailleurs qu’au cinéma ou dans la littérature, la nounou idéale leur tombe du ciel.

Et comme celle-ci est complètement gaucho-brindezingue-conte à dormir la nuit debout et adepte des méthodes d’éducation Freinet-Montessori-Dolto avant l’heure, elle fiche un bordel monstre dans la baraque en emmenant les enfants danser la java sur le toit, boire le thé des fous au plafond, détraquer le manège de chevaux de bois du parc et en provoquant, au prétexte de nourrir des pigeons, les prémices de la crise boursière de 1929 dans la banque où travaille le père qui devra se reconvertir à la fin du film dans la fabrication de « feel good » cerfs-volants .


3

Bon, c’est un type qui est né dans le Pas-de-Calais.

Mais ce n’est pas l’ami Bidasse pour autant.

Alors, malgré le charme tout bucolique et aligné des corons chers à Pierre Bachelet, malgré le climat enchanteur du bassin minier, malgré la beauté unique du clair de lune à Maubeuge, il monte à Paris pour y trouver du travail et il y fait la connaissance d’une Bretonne qu’il épouse.

Et bien évidemment, vingt ans après, on les retrouve au pays de la belle, à Rennes précisément, où le gars se fait, assez rapidement, une réputation d’amuseur public un peu trop intello mais à qui on pardonne tout parce que lui au moins, il a le courage de se lancer périodiquement dans la confection de ce fameux kouign-amann que tout le monde aime mais que tout le monde à la flemme de fabriquer et comment s’étonner après que tous les noms de bistrots, de coiffeurs et même les articles de « Télérama » et « 20 minutes » soient écrits en anglais plutôt qu’en breton ?


4

Bon, c’est un type qui a commis un crime abominable.

Mais même si l’histoire se passe il y a très longtemps, en des temps de loi de la jungle et de règlement de compte à OK Corral - le monde a-t-il vraiment changé depuis ? – il a mauvaise conscience d’avoir fait ça.

Alors il va à la Samaritaine, il achète des peaux de bêtes à sa femme et à ses enfants puis il déménage à l’autre bout du monde mais plus il s’éloigne, plus le souvenir de son meurtre le poursuit, à se demander si ça n’est pas déjà diffusé en boucle sur BFMTV et retweeté à l’ensemble de la planète voire plus si affinités !

Et ça prend des proportions telles que ça aboutit à des hallucinations auditives et à des visions épouvantables, si bien qu’à la fin le type en meurt et que, une fois qu’on l’a eu enterré, l’œil éclaire dans la tombe et regarde Caïn.


5

Bon, c’est l’histoire d’un gars qui va acheter son pain à la boulangerie tous les matins.

Mais il est un peu myope sans le savoir et il ne s’aperçoit pas que la jolie boulangère, séduite par sa beauté solaire et sa démarche lunaire est prête à lui donner son 06 et plus si affinités, il n’y aqua’à demander.

Alors, comme la situation perdure et que le quarante-cinq tours ne doit pas dépasser 2 mn 45, elle lui prend un rendez-vous chez un ophtalmo et le docteur Zigmund – car c’est lui qui a raconté l’histoire dans un billet qui pour une fois parle de croissants et non pas de baguette de nantis – lui prescrit de porter des lunettes.

Et donc, le lendemain de leur achat, il retourne à la boulangerie et en un éclair il s’aperçoit que la vendeuse est vraiment très chou, il lui déclare sa flamme toute religieuse, il l’épouse et ils font fortune en lançant une chaîne de pâtisseries bio pour bobos sans gluten décroissants mais au beurre.


6

Bon, c’est une dentellière de Lille qui est mariée et qui a son premier enfant.

Mais le bébé est un peu chiant vu qu’il ne veut jamais s’endormir le soir et qu’il hurle comme un malade.

Alors comme à chaque fois les hurlements du môme l’empêchent d’entendre ce qui se dit dans l’épisode du jour de « Plus belle la vie » et de comprendre où on est dans la saison 23 de « Game of thrones », elle lui chante une chanson mais plus elle chante plus le bébé crie et plus elle s’énerve.

Et à la fin, comme elle en a plus qu’assez et qu’elle habite au deuxième étage d’un gourbi à Wazemmes, « alle jette euch tchiot par el ferniète », ce qui signifie « elle balance le bébé dans l’indifférence générale et la cour par la fenêtre ouverte ».


7

Bon, c’est un oiseau qui a trouvé une proie intéressante et qui est allé se percher sur un arbre pour essayer de la becqueter tranquille.

Mais il y a un autre animal avec un museau pointu et une queue touffue qui l’a repéré et qui vient glapir des insanités au pied de son arbre.

Alors, comme le volatile a bien du mal à rester concentré pour désincarcérer sa bectance du papier alu qui l’entoure et que le baragouin de l’empanaché à propos de son taux de cholestérol commence à lui énerver un poil les plumes, il laisse tomber sa proie sur laquelle l’autre saute tout en continuant de jacasser dans sa langue de rastaquouère à laquelle le corbaque, qui n’a pas fait langues o, n’entrave que tchi.

Et on se demande bien comment le renard va faire pour bouffer sa « Vache qui rit » ® parce que nous qui sommes plus intelligents, qui avons un pouce opposable aux autres doigts et vivons dans un monde globalisé, on a toujours du bien mal avec la petite languette rouge !

8

Bon, c’est un type qui est parti faire la guerre avec ses potes du côté de la Méditerranée en laissant une femme et un mioche au logis sans un radis.

Mais voilà, sur la route du retour, le bateau perd son gouvernail et du coup l’équipage dérive d’île en île et le gars passe du lit de Circé à celui de Nausicaa, un peu comme on tombe de Charybde en Scylla, mais en plus agréable parce que Polyphème n’y trouve rien à redire, au machisme méridional et à la polygamie non-japonaise bien pliée.

Alors comme ça dure dix années et qu’on a autre chose à faire que de répondre à la question « Odyssée loin, l’Homérique ? » « Tais-toi et drachme ! » le gars finit par retourner chez lui.

Et là, à peine rentré, d’Ithaque au tac, il commence par engueuler sa femme parce qu’elle n’a pas terminé sa tapisserie et qu’elle a laissé mourir le chien « qui aurait pu lui servir de balise et du coup il serait rentré plus tôt, non mais, dis donc ! » et si vous voulez mon avis, Mesdames, des héros comme ça, il faut les envoyer se faire voir chez les Grecs !

 

P.S. Pour lire la solution, retournez l’écran de votre ordinateur, SVP.

 

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16 septembre 2016

TOUT CA, C'EST PEANUTS !

- Que de questions soulèvent vos textes, M. Krapov !
- La réponse est dans le vent ou dans les livres !
- Oui, mais lequel  ?
- Ces trois textes sont relatifs au même bouquin. Le personnage central s'y fait mousser.


Pluie de notes

Aujourd’hui, il pleut des notes.

Ce n’est pas qu’on soit fatigué des hallebardes, des cordes ou de la simple pluie bretonne. Ce n’est pas que l’institutrice restitue les copies de la composition d’histoire ou la dictée corrigée. C’est que le petit garçon au maillot rayé jaune et noir est encore en train de balancer des barcaroles over Beethoven sur son piano-jouet. Il joue cela magnifiquement.

Comment fait-il, du haut de ses sept ans, pour s’y retrouver parmi les bémols à la clé, les triolets, les doubles croches, les bécarres, les demi-soupirs, la clé de fa, la clé de sol ?

Comment fait-il pour rester concentré dans ce monde où tout le monde jacasse, crie, s’agite et où finalement, au bout de la portée restée ouverte, ses notes se fracassent ?

Même le chien du voisin qui n’est pourtant pas le dernier à l’écouter et à le soutenir en brandissant la pancarte « C’est, aujourd’hui 16 septembre, l’anniversaire de Beethoven » s’est protégé de cette cataracte, de cette chute de scansion, de cette pluie de notes avec un parapluie rouge.

Et le gamin continue de jouer, imperturbable, comme si lui aussi, tel son idole, était sourd à tous les aléas de son environnement.

J’envie sa foi en la musique, j’admire sa ténacité, je le remercie d’exister.


Lire

Je ne considère plus la littérature que pour m’en amuser. Hier, en partant à ma répétition de musique, j’ai aperçu, depuis la fenêtre du bus, au niveau de la place de la République, une publicité grand format pour une rencontre-dédicace d’Amélie Nothomb. Cette dame belge vient de réécrire Riquet à la Houppe. Est-ce réellement amusant ? Y aura-t-il du monde à lire cela, à vouloir se le faire dédicacer ? La vraie question est plutôt ailleurs que dans le livre : ai-je vraiment envie de voir et de photographier le chapeau le plus célèbre de Belgique ? Le « people » ne prend-il pas définitivement le pas sur l’écrivain ? Tout le monde désormais, y compris les hommes politiques et les gens de télévision écrit sur tout et n’importe quoi. Faut-il vraiment lire ses contemporains ?

Plutôt que de m’absorber à l’occasion – entre deux pluies de notes, entre deux affalements ! – dans la relecture des romans policiers de Raymond Chandler, ne ferais-je pas mieux de me plonger dans ces auteurs dont je connais les noms et les titres de leurs œuvres depuis toujours et que je n’ai jamais lus ? « La dame de pique » de Pouchkine, « Guerre et paix » et « Anna Karénine » de Léon Tolstoï, « Le Don paisible » de Mikhail Cholokhov, « Le docteur Jivago » de Boris Pasternak, « Crime et Châtiment » de Fedor Dostoïevski, « Les frères Karamazov », du même.

Au lieu de faire cela, il ne me vient qu’une idée stupide : proposer aux ami(e)s de l’Atelier d’écriture de réinventer l’histoire des Frères Karamazov. Si vous ne la connaissez pas, improvisez ! Pour les autres, faites une fiche de lecture, sur ce livre-là ou sur un autre que vous n’avez pas pu terminer !

Et d’ailleurs… Elle meurt, à la fin du livre, madame Bovary ? Mangée par le phoque de la roulotte de Rennes. Quoi ? Vous ne connaissez pas la roulotte du phoque ? C’est là le seul intérêt que Gustave Flaubert et Maxime Du Camp ont trouvé à notre riante cité lors de leur voyage « Par les champs et les grèves ».


Crêpe

Spike est un chien du désert. Cela fait des années qu’il vit ici, échoué sur le sable, coiffé de son chapeau miteux, entouré de cactus et de buissons baladeurs. De quoi vit-il ? Comment survit-il ? Pourquoi est-il et reste-t-il là ? Ce sont là des questions qu’il ne faut pas poser. Les réponses seraient toutes plus absurdes les unes que les autres et vous êtes terriblement cartésien(ne) je le vois bien. Je vais quand même répondre à celle-ci : Que mange-t-il ? ». la réponse est : « des crêpes ! ».

A-t-il été scout Baden Powellien ou Hamster Jovialien avec son frère Snoopy, celui qui emmène en camp d’été à Woodstock des piafs du genre baba-cool ?

Sans doute que oui ? Il sait allumer un feu de bois. Possède-t-il une cuisine intégrée ? En plein désert ? Vous voulez rire ! C’est déjà du bol qu’il en ait un, de bol, et un pilon ou une cuillère pour mélanger la pâte.

Il possède aussi une poêle à frire et ne manque jamais de faire sauter la crêpe au moment de la faire dorer sur sa deuxième face.

J’entends d’ici votre question : la crêpe ne tombe-t-elle pas alors par terre ? La réponse est négative : la crêpe va s’accrocher aux épines du cactus qui est le seul compagnon de Spike. Et le chien-philosophe ne manque jamais de conclure que tout est dans le coup de main. Enfin, presque tout.

J’adore Spike !

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14 juillet 2016

Dictionnaire des idées reçues sur l'Espagne

Andalouse :
« De même que les Portugais sont gais, les Espagnols sont gnols » disait Alphonse Allais. De même que l’Andalouse est jalouse, la Grenadine est gredine. Alors que chez nous la Toulousaine est zen et la Rennaise bien aise.

Asturies :
de te voir si belle en ce miroir ?

Boléro :
Morceau de musique un peu long bien qu’il soit sans manches.

Caramba :
Supplique émise par les piliers de bistrots espagnols au moment de la fermeture de l’établissement afin d’obtenir du patron qu’il leur donne tout de même à boire.

Castagnettes :
Est-il possible que ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ?

Compostelle :
Si vous allez au pèlerinage de Saint-Jacques par le train, n’oubliez surtout pas de compostelle votre billet.

Corrida :
Pour être sûr de ne pas rater une vache dans un couloir il faut au préalable avoir eu l’idée folle d’organiser une corrida dans son corridor.

Demoiselles d’Avignon :
Comment c’est peint ce truc-là ! Quel bordel sur les toiles de Picasso !

Dulcinée :
Pour les beaux yeux de Dulcinée
Quijote chevauche Rossinante.

Qu’elle est belle, sa destinée !

Mais son histoire est lancinante:
Il confond le faux et le vrai,
Ses aventures sont navrantes,
Dulcinée est moche à souhait,
Son château n’est qu’une soupente…

S’il traversait les Pyrénées

Il verrait qu’on est mieux à Rennes,
Que les Bretonnes sont des reines,
Qu’elles sont vraiment avenantes,
Qu’on y a des âmes bien nées.

Plutôt que de chercher castagne,

Même si ça n’est pas en Bretagne,
Il peut visiter aussi Nantes.

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Gitane :
Jeune fille évaporée à jupe généralement longue, aimant beaucoup danser mais dont la jeunesse part quelque peu en fumée. Litt. : L’araignée Gypsy monte à la gouttière …

Jota :
Lorsque Raymond Devos eut rendu son âme à Dieu la jota cessa.

Madrilène :
Ma Ma Ma Ma Madrilène
Ma Ma Ma Ma Madrilène
Tu es ma reine (Au bonheur des dames)

Ménine :
Les Ménines sont à Velasquez ce que les montres molles sont à Salvador Dali.

Prado :
Gardien de busée au Prado, c’est pas tous les Zurbaran. Surtout quand on est enrhubé.

Roncevaux :
Petite cité des Pyrénées espagnoles connue pour son festival de cor de chasse.

Ruy Blas : 
Récit mythologique franco-espagnol dans lequel il est fait mention, pour la dernière fois dans l’histoire de la littérature française, de ministres intègres.

Séguedille :
Il faut être un vrai niguedouille pour ne pas savoir danser la séguedille (quand les temps sont gadouilleux, Ségo douille.

Séville :
Ville espagnole connue pour son congrès annuel des garçons coiffeurs où l’on se rase (barbe ?) un peu en attendant la conférence de Francis le coiffeur-philosophe et le tour de chant de Claude Figaro que Rossini hante.

Tolède :
Excepté Federico Bahamontes, les habitants de Tolède ne sont pas des aigles.

Toreador :
Chérie, je te toréaime, chérie je te toréadore. Tou mé fais bandériller comme oun muleta !

10 mars 2016

C'EST KITSCH QUI S'Y COLLE ?

8b965bb9La tarte aux quetsches, c’est kitsch !


Le guignolet-kirsch, c’est kitsch !

Les matches de catch, c’est kitsch !


Refaire le match avec sa tchatche, c’est kitsch !


Lire un vieux Marie-Splatch (ou le dernier Paris-Match), c’est kitsch !

Les guitares Gretsch à demi-caisse, c’est kitsch (mais si on m’en offre une je ne la refuserai pas) !

 

  

05e3663aLes montres Swatch, c’est kitsch !

Se prénommer Vladimir Il’itch, c’est kitsch !


Certains potlatchs sont kitsch !

Le pèlerinage à Latché, c’est kitsch !


La datcha de Gorbatchev, c’est kitsch !


Porter un patch, c’est kitsch !


Le Thatchérisme, c’est kitsch !


La pochette de l’album de Neil Young « On the beach » est kitsch !


 


4e52dc28Se faire le look de Robert Mitchum, c’est kitsch !

Une journée d’Ivan Denissovitch, c’est kitsch !

Se souvenir de Leonid Pliouchtch, c’est kitsch !

Dénigrer Nietzsche, c’est kitsch !


Raconter le pitch, c’est kitsch. Surtout si Olive spoile Popeye.


La quiche lorraine, c’est kitsch !


Richie Furay c’est kitsch mais j’adore quand même Buffalo Springfield.

“Hey teachers leave that kids alone”, c’est kitsch !

 

 

 

3ccf88d5Manger des tartines aux îles Sandwich, c’est kitsch !

Butch Cassidy et le Kid, c’est kitsch !


Le kitsch , c’est kitsch !


Se soûler au scotch en ayant un slip sous son kilt, c’est kitsch !


Ne pas avoir de coach, c’est kitsch !


 

 

 

 

 

 

9a5562d0La plage de Sotchi, c’est kitsch !

Blutch, c’est kitsch !

Ne pas connaître Blutch ni les Tuniques bleues, c’est kitsch !

"Adios muchachos" et "Buenas noches" sont des formules de politesse. La politesse, c’est kitsch !

 

 

 

28af08c0

Sprechen Deutsch, c’est kitsch !

Donner des zotches ailleurs qu’à Dunkerque, c’est kitsch !

Le générique de Starsky et Hutch en français, c’est kitsch !


Rêver de rétablir le tsarévitch sur le trône russe, c’est kitsch !


S’appeler tovarichtch, c’est kitsch !

Tenter un putsch pour devenir duce, c’est kitsch !



 


 

 

f965393bManger du bortsch en compagnie de Robert Hirsch en écoutant du Bratsch tout en parlant sotto voce, c’est kitsch !

Hitchcock en Hotchkiss et Atchoum en smoking, c’est kitsch !

Beloved witch, ma sorcière bien-aimée, c’est kitsch !

 

 

 

MAIS

ça ne l’est pas autant que la collection de tableaux de M. Champollion 08. Vous pouvez la voir ici :http://champollion08.blogspot.fr/search/label/Tableaux

 

 

c03f148eCEPENDANT, n’allez pas rire s’il vous plaît après avoir vu cette incroyable accumulation de tableaux hyperréalistes, de peintures de genre, de tableaux pompiers, de couvercles de boîtes de chocolat.

En effet, nulle part dans le texte qui précède je n’ai écrit que j’avais quelque chose contre le kitsch.

Et pour cause : je me prénomme Iosif Ilarionovitch et je suis donc moi-même hyper-kitsch !

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27 novembre 2014

Au décrochez-moi ça, articles de voyage

Que ne ferais-tu pas pour séduire Artémise,
Homme, présomptueux ver de terre, qui boîtes ?
Depuis la nuit des temps tu m’admires et convoites,
Tu voudrais m’accrocher aux pans de ta chemise

Mais c’est plaisanterie, ce sont carabistouilles,
Ballets de mots passants, contes de la bécasse,
Forfanteries de Cyrano ou de Fracasse,
Orgueil de fanfaron enivré de chatouilles !

Si tu veux me toucher, entre dans la cabine,
Espèce d’animal ! Fais vrombir le delco,
Promets-moi de l’amour, du miel, Acapulco !
Approche-toi de moi, montre-moi ta bobine !

Parcours cette distance en petite foulée !
N’oublie pas de m’offrir, en guise de pastis
Un bouquet de poèmes ou de myosotis
Mais surtout pas de valse, encor’ moins d’azalée. *

Ah, te voilà enfin, sortant de ta nacelle,
De ton petit module enfin posé chez Diane.
Emu par ma tranquillité si océane
Tu as fait un grand pas… Patatras ! Tu chancelles !

Un petit Papou l’homme,
Un grand Papou Lune habitée !

DDS 326 Vocaline

 

* Parce que "l'azalée c'est une valse" ne rajeunit personne
et surtout pas les vieilles lunes !

5 juin 2014

La cure de repos d'Isaure

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Situé en lisière d’un bois, l'hôpital psychiatrique était un vaste complexe gris comme notre immeuble. La procédure d’admission dans l’établissement fut relativement simple. On enregistra son nom et son prénom, Chassériau Isaure, sa date de naissance, 1er avril 1818 et les raisons de son admission pour une cure de repos : « hallucinations inexplicables ». On lui donna une chambre agréable avec une fenêtre sans barreaux. Elle se mit tout de suite à la fenêtre, contempla l'immensité bleue du ciel et ne rêva plus de sortir pour partir à la recherche de « sa ville idéale».

Dans un cahier à petits carreaux, elle se mit à noter ses rêves, à parler de ce monde à elle qui l’avait envahie et lui avait fait perdre le sens des convenances nécessaires à la vie bourgeoise en cet an de grâce 1845. Dans le premier cahier elle parle d’un établissement nommé « Le vieux Saint-Etienne », sis rue de Dinan dans une ville nommée Rennes-en-Délires. Derrière le comptoir de ce mastroquet imaginaire, il y avait le patron, un type nommé Camille Cinq-Sens, son « oncle », chez qui passer un samedi sans rire relevait du défi pur et simple. Là en effet se réunissaient de drôles de clients qui jouaient aux cartes en philosophant à haute voix sous forme de « brèves de comptoir » ou de dialogues plus ou moins absurdes.

- Il ne faut pas oublier que dans « Brèves de comptoir, il y a « toir » !
- Et il faut songer que c’est hasardeux d’aller à Thouars !
- J’y suis allé, moi, l’année où j’ai participé au Festival des jeux de Parthenay. Il y avait une jolie fontaine à laquelle il ne fallait pas dire « je ne boirai pas deux tonneaux ».
- Tout ça, c’est une histoire de capacité. Pour un poète ne pas avoir de capacité en droit est moins gênant qu’avoir une incapacité en vers !
- Et contre tous !

D’autres fois Camille Cinq-Sens, Jacques-Henri Casanova et Jean-Emile Rabatjoie s’asseyaient autour d’une table et découpaient des images dans des magazines illustrés.

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- Encore un que les clients du coiffeur ne liront pas, disait l’un en jetant le périodique désossé dans la grande corbeille amenée à cet effet !
- Ils ne risqueront pas, c’est un « Télérama ». Je l’ai piqué chez le dentiste.
- Dis donc, il y a longtemps qu’on n’a rien découpé avec les carrés verts ?
- Ah oui, le jeu des douze images en 4x4 ! Mais ça c’est pour écrire et là vous découpez pour que je puisse faire des collages.

D’autres jours, il y avait des animations musicales dans l’établissement. Un guitariste et un accordéoniste venaient s’exciter sur « La Java bleue », « Tel qu’il est » ou « Quitte-moi pendant la coupe du monde » et sur leurs instruments respectifs tandis que deux chanteuses blondes et une rousse papotaient plus qu’elles ne vocalisaient. De toute façon les deux musiciens russes, Krapov et Kaïrakovsky, n’en finissaient jamais de ne pas se mettre d’accord sur la tonalité du morceau, le nombre de croches que le pianiste à bretelles modifiait sur la partition commise par le gratteux à ceinture sur Noteworthy Composer.
- C’est des noires ! Rechante- le pour voir!
- Chanter c’est pour écouter, c’est pas pour voir !

Cette équipe-là, plus jeune, avait un travail et de ce fait ils semblaient plus épuisés et épuisants que les papys découpeurs et fendeurs de cœur.
- Un jour, je serai libre à jamais ! lançait parfois Joe Krapov. J'ai fait tout le chemin qui va de l'école au collège, du collège au lycée, du lycée à la fac, de la fac au travail, j'ai changé plusieurs fois de boîte et pour la première fois on me laissera sortir pour ne plus revenir. Je ne sais pas ce que j'aurai gagné. Un aller simple pour un voyage chez Kirikou l'Ankou ? Le droit de réécrire en phrases courtes la « Recherche du Temps perdu » ? Ou le plaisir du temps retrouvé et des apprentissages aussi tardifs que les vendanges ? Apprendre la sculpture, le dessin animé image par image avec des statuettes en pâte à modeler, faire du théâtre et jouer avec une robe et des chaussures à talons hauts un rôle travesti ? J’ai toujours rêvé d’interpréter le répertoire de Fréhel avec une perruque de Sabine Azéma, un collier de perles et du rouge aux lèvres !
- Maintenant que ce sont des femmes à barbe qui remportent le concours de chant de l’Eurovision, tu peux faire ce que tu veux, tu ne surprendras plus personne ! De toute façon, en Ille-et-Vilaine, tout le monde s’en fout de la musique. Le plus important, c’est de bagouler avec sa voisine et avec une galette-saucisse à la main !
- Je sais ! Je sais ! Je sais que je ne suis pas là pour surprendre le monde mais j’avoue que le monde, lui, me surprend ! Avant on avait le droit de cracher dans la soupe : elle était vraiment mauvaise. Maintenant il n’y en a plus assez pour tout le monde et plus personne ne dit rien. Pire que ça, les gens s’en vont élire des cracheurs professionnels qui seront payés onze mille euros par mois pour foutre le feu à la cuisine !
- Arrête donc de parler de tes glaires, Krapov, on va passer à table d’ici peu, nous ! l’interrompt Camille.
- C’est sûr qu’avant, c’était mieux, commente Kaïrakovsky. Je me souviens que Gabriel, mon frère, piquait des pinces à linge à maman. Il s'en servait pour attacher un bout de carton sur le cadre de son vélo. A chaque tour de roue, cela faisait un bruit de pétarade. Il jouait à faire de la mobylette en gueulant par-dessus ça comme un Apache jusqu'au carrefour. Mais c'est vrai qu'on est devenus tous un peu fous depuis la disparition d'Isaure Chassériau.
- La dernière fois qu'on a eu de ses nouvelles elle était dans le petit village de pêcheurs de Trentemoult, près de Nantes.
- Est-ce qu’elle s’habillait toujours en rose ?
- Paraîtrait que non.

L’oncle Camille s’immisçait volontiers dans la conversation du Club des cinq.

- Avant ça, il y a d'abord eu un autre événement, majeur, primordial en ce qui nous concerne. Nous avons refusé de lire « La Bicyclette bleue » et nous avons préféré fréquenter les filles des forges, dont la fameuse Régine, celle qui avait un boa. Il faut toujours préférer la vie aux livres car les jouissances sont plus diverses et l’exercice ça ne fait pas plus de mal aux gens que de manger cinq fruits ou légumes par jour, même si chez nous c’était plutôt bidoche, patates et charcutaille, histoire d’alimenter sans le savoir notre taux de cholestérock’n’roll !
- Moi je n’en ai pas eu longtemps de cette maladie-là ! répond Krapov. J’ai supprimé le beurre et l’argent du beurre c’est Marina B. qui le dépense quand elle promène son QI sur les remparts de Varsovie ou son quant-à-soi sur les ramblas de Barcelone. Mais c’est vrai, quand Isaure est partie de chez nous, j’ai bien profité de ses archives pour alimenter un site web nommé Rennes-en-Délires. Il fallait faire montre de fantaisie, visiter la cité avec un regard neuf, y piocher de quoi rire ou sourire, réécrire l'histoire de cette ville d'art et de bizarre qu’est Rennes.

***

Isaure neige

Elle prit vite ses habitudes à l’hôpital. Le personnel était gentil et l’effet des cachets qu’on lui donnait ne se faisait sentir que le soir. Comme si, dans la journée, les infirmières s’étaient trompées de médicament. Ou bien, comme quand, après une longue marche, on a les endorphines qui travaillent encore et on se sent prêt à embrayer sur un autre exercice physique.

Comment se faisait-il qu’elle soit autant inspirée ? Au fil des jours les cahiers, car il lui en fallut plusieurs, se remplissaient. D’où venaient tous ces personnages bavards qui coupaient la parole à sa plume, avec lesquels elle semblait tout à fait complice alors que d’habitude, le regard presque éteint, l’apparence toujours réservée, elle semblait posée là, discrète et immobile, comme une cousine de province en visite à Paris, comme si elle était habitée par la peur de déranger un grain de poussière de la surface du monde, comme si elle veillait à ce que, du bouquet d’églantines de sa coiffure, aucune fleur ne tombât jamais ?

- J’ai la réponse, ricanait l’oncle Camille. C’est comme quand ils m’ont donné du Fludex pour mon hypertension. C’était marqué sur la notice ! Ca faisait le même effet que l’EPO en intraveineuse à un cycliste qui planque du fric en Suisse et qui regarde le Tourmalet et Isaac et l’Aubisque de homard les yeux dans les yeux en disant que, sans mentir, c’est Zigomar et Pussomar qui m’ont tuer ! Tes cachets, ma pauvre Isaure, ce sont eux qui font tout le boulot ! Comme le chapeau d’Amélie Nothomb. Retire-le lui et il n’y a plus d’écrivaine. Ou comme celui de Neil Young ! A croire qu’ils dorment avec la nuit ! Des chapeaux de magiciens dont il sort des lapins à profusion et certains ne valent pas un pet.
- Putain ! Et il s’y connaît l’oncle en cuniculiculture !
- En même temps, dit une des deux blondes, ca doit pas être top d’épouser un presti-digi-tâteur ! On ne doit avoir droit qu’à des coïts furtifs !

Fallait-il y voir un signe du destin? Lorsque la nuit tombait les nuages s'assombrissaient, leurs formes devenaient inquiétantes et un enfant apeuré ou un être trop imaginatif y auraient vu peut-être 99 dragons aux aguets attendant Saint-Georges de pied ferme, la gueule prête à cracher le feu. Quand ses paupières devenaient lourdes, Isaure, apaisée, sereine, reposait la plume dans l’encrier et allait se mettre au lit. Elle s’endormait alors très vite et toutes les nuits, elle rêvait qu’elle allait visiter un musée. Elle passait devant une chasse au tigre, des oiseaux hollandais, une jeune mère et son nouveau-né, une scène biblique et lorsqu’elle arrivait devant le tableau ovale avec le magasin de magie, elle entrait dans le tableau, poussait la porte  et elle oubliait tout.

 

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10 octobre 2013

FLORENT FOUILLEMERDE, CHARGE DE FAMILLE

M. Florent Fouillemerde
Agence Fiat Panda

4, rue des Petits champs
35000 RENNES
 
                                                    M. Ferdinand FLURE
                                                    Agence Dupondet et Dupontet
                                                    120, rue de la Gare
                                                    65125 LES HAUTS DU TOURMALET

 
                                                                 Rennes, le 21 janvier 2001
 
                              Mon cher Ferdinand

            Vendredi c'était la cavalcade. Rennes en délires ! Depuis que je vis avec Isabelle, je n'ai plus une minute à moi le soir. En ce moment, en plus, c'est vraiment compliqué. Le correspondant allemand de son fils est là pour quinze jours et il faut essayer de l'occuper, de lui montrer la ville…
 

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Isabelle m'a demandé de les emmener au spectacle. Quelle aventure ! Nous y sommes allés à pied. Il y avait un monde fou qui descendait avec nous la rue en pente douce. Des voitures garées partout, un long cortège pareil à celui des rats du joueur de flûte de Hamlin. Surtout des hommes, de tous les âges, des enfants et des jeunes un peu excités. 

 

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- C'est Mylène Farmer, qu'on va voir ? ai-je demandé. Alexis et Julian ont éclaté de rire. Je n'ai pas vu ce qu'il y avait de drôle dans ma demande. Après le passage à niveau le boulevard fait un coude et, à cause du froid très vif et du léger brouillard, la lumière vive qui apparaît au loin prend des allures fantastiques. On pense à "Rencontres du troisième type". 

        Je ne sais même pas ce qu'on va écouter ce soir. C'est un groupe de rock ? De la musique celtique ? Les deux nigauds que j'accompagne ne font qu'échanger en anglais entre eux. On se demande bien à quoi servent les échanges de correspondants franco-allemands ! Si c'est pour parler dans la langue de Shakespeare !

        On passe dans une haie d'honneur formée de barrières métalliques d'un côté et de camions de marchands de galettes saucisses de l'autre. Mes fringues vont encore puer la merguez et le tabac, j'ai horreur de ça ! A l'entrée, on nous prend la moitié du ticket puis on nous fouille. Le gamin devant moi se fait confisquer sa bouteille d'eau ! Voilà des façons d'inciter le public à aller consommer à la buvette qui sont un peu cavalières !

        Les deux gars m'ont abandonné. Isabelle n'a pas eu trois places côte à côte et surtout elle a eu pitié de moi : elle m'a acheté une place assise alors que, paraît-il, le fin du fin ici c'est d'assister debout, en groupe, avec ses copains, à la manifestation.

        D'ailleurs c'est une manifestation. Je reconnais ce lieu ! Mais c'est vraiment surprenant qu'Alexis ait choisi d'emmener Julian à un meeting politique ! Je sais bien que ce sont les municipales et les cantonales, bientôt, j'ai même lu que Loïck Lebrun , le candidat de l'UDF à Rennes, a tenu récemment une réunion de campagne à la salle de la Cité mais j'ignorais que l'éducation civique tînt une place aussi importante dans la formation des jeunes collégiens.
Peut-être s'agit-il du "grand meeting du métropolitain", à cause du Val !

        Bien que ma place soit numérotée, je n'aperçois pas de rangée 2 ni de place 17. La première rangée de places assises porte le n° 4 et des handicapés en fauteuil roulant occupent le bas de la volée d'escaliers. Mais bon, il reste suffisamment de place pour que je puisse m'asseoir à la place 17 de la rangée 4. Les sièges sont en plastique vert et il y a des flaques d'eau sur le sol. D'où je suis je n'aperçois pas la tribune où l'homme politique va s'installer pour faire son discours. Pas d'estrade non plus pour les membres du bureau politique.

        La disposition de cet endroit est d'ailleurs assez surprenante : il y a des tribunes des quatre côtés d'un grand espace vert et là, justement, pas de scène non plus pour accueillir des musiciens où des danseurs ! Du coup c'est une sono pourrie qui diffuse du Alan Stivell et du EV.

        A huit heures moins deux le speaker nous demande de nous lever et de respecter une minute de silence. Puis, dès que nous nous sommes rassis, une bande de pom pom girls vient au centre des tribunes. C'est très joli. Elles n'ont pas de truc en plume dans le derrière mais cela fait un beau mouvement d'ensemble, un poil désordonné quand même. Ca fait penser à une chorégraphie de Decouflé. Il y a un groupe habillé de rouge, un autre en blanc et bleu, des types en noir aussi avec des drapeaux jaunes. Dans la tribune en face les gens commencent à sautiller sur place, en cadence, en chantant l'air de Kalinka.

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       Zut ! Voilà bien ma chance ! Je vais devoir me farcir une réunion du Parti communiste ! Effectivement, ils se mettent en effet ensuite à scander "Allez les rouges !". J'espère qu'ils ne vont pas en venir aux mains avec le groupe qui est à côté de moi. Ceux-là tapent sur des tambours et agitent un drapeau blanc au centre duquel est dessiné un personnage rigolo : Raymond Barre ! Le plus surprenant est qu'on a doté le plus ronflant des premiers ministres de la France d'une paire de cornes rouges qui lui donne l'air d'un diablotin !  

 

 

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        En face les communistes agitent des drapeaux rouges et des anarchistes se sont joints à eux car on voit aussi des oriflammes noirs. Il y en a même, à damier, où les deux couleurs sont mêlées.
 

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        Les pom pom girls en blanc et bleu, sans doute des gens du MPF de M. de Villiers, et celles en maillot rouge et noir ne font qu'aller et venir d'un bout à l'autre du terrain. Leur chorégraphie s'est affolée : parfois on les voit, tout au bout, tous ensemble à gauche dans le coin, puis ils reviennent vers moi, s'arrêtent et semblent se disputer pour la possession de quelque chose de blanc et noir. Il n'y a que le représentant des écologistes, avec son maillot vert, qui reste à peu près tranquille au même endroit, sauf que de temps en temps il saute en l'air sur place comme les singes qu'on voit au zoo dans leur cage. De l'agitation ? De la gesticulation ? De la provocation ?
 

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        En fait, maintenant que je prête un peu plus d'attention à ce qui se passe devant moi, je m'aperçois que ce ne sont pas des pom pom girls mais... des hommes en short ! Ils sont fous ces Bretons ! Avec le froid qu'il fait, se balader en short les mollets à l'air dans la nuit ! Je sais bien que les Ecossais portent un kilt avec rien dessous, ce n'est pas une raison quand même.

        Puis d'un seul coup d'un seul l'excitation monte chez les militants. Le type qui est derrière moi hurle :

- Rodriguez, enculé ! Pédé ! Sale pédé !

J'ignorais que ce M. Rodriguez se présentât lui aussi aux municipales. Ca n'a pas l'air de plaire à tout le monde en tout cas. J'entends encore :

- Qu'est-ce qu'il vient nous faire chier celui-là ? Enculé ! Ils sont nuls, les arbitres ! Carton ! Carton rouge !

        A côté, la bande de barristes excités s'est mise à chanter Dieu sait quoi sur l'air de "Yellow Submarine" des Beatles : y aurait-il un courant blairiste chez les centristes ? Un type distribue des ballons rouges, on les gonfle mais aucun slogan n'apparaît dessus alors du coup tout le monde s'amuse à les faire claquer.

        Au bout de trois quarts d'heure tout le monde se calme. Un groupuscule (gauchiste ?) vient poser au centre des tribunes un drapeau rond (ils ont des drapeaux ronds, vive la Bretagne...). Sur le drapeau rond, on peut lire "Carte Aurore". Un quart d'heure après, ils viennent l'enlever : ici les lendemains qui chantent ne chantent pas très longtemps.

 

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        Cela fait une heure et demie que je suis là, le cul complètement gelé, à attendre que deux adolescents boutonneux aient fini de prendre leur pied dans un meeting politique absolument nul. Au moment où les pom pom girls commencent un court strip-tease pour en fait échanger leur maillots, le speaker reprend la parole, tout le monde se lève et quitte les lieux. Je ne comprends rien du tout à ce cirque. Il n'a pas pu venir, Edmond Hervé, ou quoi ? Il a eu un empêchement ? C'est le premier meeting politique que je vois où l'orateur ne vient pas et où les gens repartent chez eux calmement, contents, sans avoir entendu autre chose que du Alan Stivell ni vu rien d'autre que des types en short en train de se courir après ! De deux choses l'une : ou bien les Rennais sont trop intelligents pour moi, ou bien je m'étais fourvoyé dans une drôle de gay-pride !

- Sehr schön !" a commenté Julian. Je ne sais pas ce que vont penser les parents du correspondant allemand mais Isabelle et Alexis me doivent des explications. Toutes ces voitures qui nous ont doublés au retour, en faisant hurler leurs klaxons, et les gens dedans qui hurlaient par la fenêtre ouverte "On a gagné ! On a gagné !" ça m'a rappelé le 10 mai 1981 à Paris. Mais comment ont-ils fait pour gagner puisque les élections n'ont pas encore eu lieu ?

    Amitiés à madame Lapsi.

Evidemment, il ne s'agissait pas d'un meeting politique. Si vous n'avez pas encore deviné ce dont il s'agissait, retournez le moniteur de votre ordinateur afin d'avoir la solution inscrite ci-dessous

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6 septembre 2013

Sans chemise, sans pantalon (Joe Krapov)

J’écris le slam de l’homme en slip qui slalome rue d’Isly en gueulant aux passants qu’il lui faut du müesli pour aller à Oslo. 

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J’écris le slam du type en kilt qui joue aux osselets et plante la phacélie au cimetière d’Elseneur et réclame un cheval pour fuir à tout jamais ce royaume pourri brûlé par le Gulf stream et l’orchestre des vents à tout jamais mauvais.

J’écris le slam du string de Lady Godiva qui jouait du violon tout près du Papyrus, immeuble de bureaux de la rue de Lorient et le soleil se lève et jamais ne se couche et les dancings fermés ne rêvent plus de pluie depuis je ne sais plus, disons comme Aragon depuis que je me suis séparé de mon premier slip aéré dont tout le monde se contrefiche.

J’écris le slam de la madone du sleeping Paris-Méditerranée qui en gare de Sète cherche son terminus près de la tombe à Georges mais ne la trouve pas. Ce qu’elle a sur le cul est garni de dentelle mais le poète est mort et ne peut plus bander toute son énergie pour attirer la belle. Ah la la ! Quel gâchis ! Elle qui justement cherchait une moustache parce que c’est meilleur, le slam, avec du poil. 

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J’écris le slam du gars d’Oslo dont le slogan est « tous au slow à l’élastique » et sur son pagne est dessiné un plan de campagne finlandaise où les bergers sur des échasses gardent les moutons des nuages coincés au chambranle des portes.

J’écris, vous l’aurez deviné, le slam du réchauffement climatique, de l’industrie textile restée sur le carreau car il n’est plus besoin de porter de chemise, la cravate est tombée et nous errons pieds nus sous quarante degrés partout sur nos gamelles. Un reste de pudeur fait que d’aucuns portent encore un kilt en Elseneur, un caleçon rue d’Isly, un bermuda au Triangle à Rennes, un string en Slovaquie, un slip au Vatican pour voir son Eminence.

J’écris le slam de l’archiduc mort à Sarajevo le même jour que moi enfin le même jour quarante années plus tard où moi j’ai vu le jour pour la première fois. Il y avait encore de l’eau tombant du ciel et nous portions alors d’affreuses barboteuses. Je me souviens encore de ce siècle passé, le slam n’existait pas et l’on se demandait dans les chansons d’alors si les chemises de l’archiduchesse étaient bien sèches * et l’on avait projet d’aller pendre son linge sur la ligne Siegfried pour voir si l’antisLASH VOLAIT DES VACHES QUI RIT. C’était guerre contre paix.

Loin des réclames de la lessive, hors du temps qui délave tout « cause you know that time, time fades away » j’écris le slam des lessivés qui en ont pris plein les gencives, des gnons, des champignons, des hallucinations, de la science-fiction et des coups de bâton et qui slamment ici leur dernière salive et crachent pour demain des salves de noyaux d’olive avant que ne se pratique une explosion d’ogive en grand bouquet final de l’évaporation d’une espèce de monde assez chic, assez chié, asséché à jamais.

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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