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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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25 mars 2014

Je suis né en 1989 ! par Joe Krapov

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Ah non, hein ! Pas de disco ici ! 
Qu'est-ce que je vais pouvoir faire pour empêcher ça ?

Sans compter que ces rotations incessantes
du bassin des danseuses, à la longue, ça nous bassine !
Qu'est-ce que je vais pouvoir faire pour empêcher ça ?

Plus j'essaie de faire croire que je n'étais pas né en 1977
et plus la blogosphère me renvoie des images que je ne veux plus voir.
Qu'est-ce que je vais pouvoir faire pour empêcher ça ?

C'est sans doute parce que celui Qui songe à oublier se souvient encore plus !
Qu'est-ce que je vais pouvoir faire pour empêcher ça ?

Mettre une clôture de fil de fer barbelé autour de Youtube ?;-)


- Mais enfin, Jean-Baptiste ! Tu as les doigts en sang !
- Désolé, Salomé, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller vérifier sur Wikipédia si ces magnolias n'étaient pas en fait des tulipiers et je les ai écorchés au fil de fer barbelé qui entoure ce site.
- J'ai l'impression surtout que toutes ces filles du net, ces vedettes, ces Claudettes t'ont fait perdre la tête !

MIC 2014 03 24 Andréa Solari - Salomé

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25 avril 2013

Des chemins, des sentiers et des rues où l’on marche (Joe Krapov)

23 lignes pour évoquer les chemins et sentiers sur lesquels j’ai marché ? Pour dire toutes les rues que j’ai arpentées ? Mais on me demande carrément l’impossible, là ! Même mon disque dur externe qui sert de mémoire d’appoint à mon unique neurone proteste alors que mes boîtes de photos et de diapos trépignent dans leur placard : « Fais nous prendre l’air, cela fait des années que tu dois faire la liste des endroits où vous êtes allés ! ».

Autre réticence : cette évocation de la marche effrénée du photographe-poète n’est-elle pas un peu trop personnelle ? Ne relève-t-elle pas plutôt de l’épanchement sur un blog que de l’inscription dans un Défi, fût-il aussi peu futile que ne l’est celui du samedi ?

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Et puis qui s’intéresse, dans nos cités plus qu’agitées, aux douceurs de la Suisse normande, aux mystères du Yeun Elez, aux joies maritimes du GR 34, aux curiosités touristiques de la Rance vers Pleudihen, aux sentiers des douaniers de Belle-ïle, Jersey, Guernesey, Noirmoutier ? Qui veut encore longer la Loire ou le canal de Nantes à Brest ? Qui veut faire le long parcours austère dans le sable, l’impérissable tour du splendide Marquenterre ? N’ai-je pas déjà montré abondamment les rues de Bruxelles, Nancy, Lyon, Strasbourg, Nantes ou Rennes ?

Non, vraiment, pour causer dans les salons, pour être à la page aujourd’hui, il faut avoir joué les trottins bien puritains, bien purotins, derrière le popotin de la Christine Boutin, avoir marché, sévère et purgatif, derrière le dargif pas forcément jojo ni toujours impavide (d’un pas vide) de Frigide Barjot. Et cela, en vérité, je vous le dis, c’est véritablement impossible pour moi. Sans compter, mais cela nous éloigne de la bonne marche de cette chronique, que je me fiche comme de ma première paire de chaussures de randonnée de la façon dont au mois d’août à Knokke-le-Zoute, Georges et Roger s’empapaoutent. Et de plus les séances de gymnastique au lit (astique, hola, asticot las ! Unique au lit fut Nicolas nous dit Carla) de Véronique et Davina me broutent quelque peu (et pourtant mon rêve secret, quand je serai grand, est d’épouser une lesbienne) surtout quand Véro tique devant Davina tendue et que Claude François me recommande de marcher droit .

Bref chacun est libre de prendre son pied sur les marches ou dans la marge. « Moi je préfère la marche à pied »,  comme chantait Salvador. Et bien souvent, comme ajoutait Goldman, « Je marche seul »  ou alors accompagné de ces fabuleuses Bretonnes qui m’ont converti à cette activité que je trouvais jadis ingrate et que je juge désormais fondamentale.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, je dois avouer que j’ai longtemps traîné les pieds en ronchonnant derrière leurs jolies fesses, me demandant à quoi rimait ce genre de messe dont elles raffolent. Marcher dans la campagne, quelquefois sous la pluie, effectuer un circuit, une boucle, me semblait marcher pour marcher et je me demandais souvent, sous ma pèlerine, en nage : « Par Saint-Jacques, que composent-elles ? ».

Maintenant c’est moi qui vais devant, qui mène la marche, le Canon Ixus HS 220 ne quittant plus ma menotte droite, heureux de laisser loin derrière moi tous ceux qui causent dans les salons. Je les préviens ainsi que vous car pour finir cette chronique je vais une fois de plus blasphémer :

« Quand je marche au-dessus des vanités humaines
Je me sens comme Dieu arpentant ses domaines ».

Ite missa est ! Et vive la Bretagne !

12 avril 2013

Des chats qui parlent (Joe Krapov)

 

pif et hercule

23 lignes pour imaginer que les chats parlent ? Mais on me demande l’impossible ! Pourquoi imaginer que nos amis félins sont doués de parole puisque c’est déjà la réalité ? Depuis tout ce temps qu’on pose des devinettes Carambar et que certains répondants donnent leur langue au chat, il était bien normal que l’animal préféré des blogueuses s’en empare et l’utilise à son tour !

Le premier chat parlant que j’ai connu s’appelait Hercule. Propriété de Tonton Césarin et de tata Agathe, il n’avait de cesse de pratiquer le bourre-pif avec le chien de ses maîtres nommé Pif dans les pages de l’illustré Vaillant.

Dans le Journal de Mickey un autre chat parleur (chat-pardeur ?) s’appelait Pat Hibulaire.


Comme tout le monde j’ai eu droit à l’histoire du Chat botté de Perrault, sans doute bien oublié des enfants d’aujourd’hui au profit du Chat Potté de Shrek et j’ai croisé bien sûr avec Alice le chat du Cheshire. Je ne relancerai pas ici le débat sur une autre domiciliation de cet animal à Chester car je n’ai pas envie de faire tout un fromage avec ça !


Oublions Tom et Jerry, Titi et Sylvestre (ou Grominet), Garfield, Félix le chat, Krazy kat d’Herryman et le chat du rabbin de Sfar. Je les connais tous de nom mais ils ne figurent pas dans ma bibliothèque.

Arrivons-en à Fritz the cat, de Crumb, qui fit gentiment scandale avec sa baignoire à partouzes !


Puisque nous sommes rendus au cinéma, retournons chez Tonton Walt pour mentionner aussi ses Aristochats et passons ensuite aux chats de la chanson. L’animal est si expressif qu’il n’a pas besoin de parler pour devenir le sujet central de maintes bluettes. Cela va d’ "Il était une bergère » au « Chat de la voisine » d'Yves Montand, de « La queue du chat » des Frères Jacques à la « Mi-août tellement plus romantique » de Ray Ventura sans oublier « la Mère Michel qui avait perdu son chat » et sa fameuse réplique : « Je l’ai cuit ! L’eusses-tu cru, mon lapin ? ».

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, j’ai choisi de vous interpréter une chanson de Fréhel, « Un chat qui miaule » que Renaud – le petit chat est mort ! - avait popularisée en la reprenant sur son album « Le p’tit bal ».
Cette chanson nous démontre à quel point, doué de parole ou pas, quoi qu’en disent ses millions de fidèles qui inondent M. Google d’images de chatons dans toutes les positions, le chat est un animal dangereux… au moins, ici, pour un rat d’hôtel qui sévit à Neuilly.


Pour démontrer la dangerosité de cette bête, j’ajouterai, dans la série « Religions de tous les pays, unissez-vous pour embêter les pratiquants sexuels de tous bords sous la houlette de l’Imam Pavrément, de Frigide Barjot et de Christine Boutin », qu’il ne faut jamais oublier ceci : à la fin de l'histoire Jésus est descendu par Minou !

 

P.S . J’ai oublié "le Chat noir" d’Aristide Bruant et "le Chat" de Geluck mais lui j’entrave que nibe à ce qu’il jacte vu qu’il baragouine en belge !

28 novembre 2012

L'aventure d'une vie par Joe Krapov

"Quel besoin avons-nous de quitter nos tanières ?
N’étions-nous pas heureux auprès de nos parents ?
Ils nous avaient bordés de bonheurs apparents
Et nous sommes partis courir dans les ornières !

Allons ! En vérité, sont-ce là des manières ?
Loin des yeux, loin du cœur, toujours désobligeants,
Nous leur vantons l’Ailleurs ! Nous sommes affligeants
A brandir dans le vent du chagrin nos bannières

D’aventuriers soucieux d’aller toujours devant
Affronter des armées de vieux moulins à vent !
Eux restent pleins d’amour vieillissant à l’arrière.

Nous les voyons aller un peu couci-couça,
Papa qui ne dit rien, maman qui fait la fière
Ils sont du même signe que Sancho Pança."

L’animateur a posé son stylo, a repris la carte postale et l’a relue :

MIC 2012 11 26 Carte postale verso

MIC 2012 11 26 Quijote et sancho

Il a pensé qu’il en était de même pour tout le monde : ce n’est pas rien d’être parent. Pour certains c’est une fois ou deux ou trois par an que la progéniture fait un saut en voiture pour les voir se débattre avec le quotidien, pour partager les mots du mal-être au travail, ceux pires encore du malheur de n’en trouver pas ou plus, d’en être exclus parce que le monde marche sur la tête.

Il va si vite, on arrive si rapidement à l’âge d’être dépassé qu’on se retrouve un jour coincé entre des tas d’angoisses quasiment touristiques. La réservation par Internet de l’hôtel a-t-elle bien fonctionné ? Dois-je composter mon e-billet ? Ai-je pris le bon chemin ? Dans la ville, dans la vie, trouverai-je ma place ?

En Alcala de Henares, qui va pêcher Léna la petite gambas ? Dans l’auberge espagnole, trouvera-t-elle meilleure nourriture, meilleure aventure, meilleure armature qu’en l’Université de Haute-Bretagne ou pourtant les roulements du Tambour – c’est le nom de la salle de spectacle – donnent bonne culture ?

 

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Décrochera-t-elle la timbale, le carnet de bal exceptionnel, le Graal sensationnel, le diplôme à douze balles qui la feront danser sur l’échelle sociale, gagner une vie professionnelle aussi épanouissante que celle de papa et maman ? Cependant il faut bien avouer, maintenant qu’ils sont en retraite, que leurs souvenances se font parfois évanescentes ?

Faut-il par ailleurs se mêler de la vie personnelle de la donzelle ? Comme on lui a lâché la main pour qu’elle effectue ses premiers pas, ne faut-il pas lui lâcher les baskets pour qu’elle gère ses premières conquêtes ?

Ce qui plaît le plus à l’animateur, finalement, c’est l’axe Nord-Sud qui traverse cette carte postale envoyée par des gens de l’Ouest à des gens qui sont à l’Ouest. Car grâce à Erasmus il y a le vent du Nord qui souffle sur l’Escaut jusqu’à l’Estremadure. Sur un canal pendu une péniche lourde amène de là-haut l’éloge de la folie qui rassure sur tout ! Regarde bien, petit, dans le port d’Amsterdam, la sagesse des vieux qui contemplent le monde avec leur bienveillance, leur pendule au salon qui dit oui qui dit non, qui pensent « au suivant » et mettent, en leur tanière quelque peu désertée, des fleurs en lieu et place des bonbons d’autrefois.

En même temps, se dit-il, ça doit être un peu chiant de devenir grand-parent !

P.S. Et moi je ne vois pas pourquoi je vous embête avec ces préoccupations-là. J’ai bien le temps de les avoir plus tard : je suis comme vous, je n’ai que 23 ans !

16 janvier 2013

UNE PREFACE par Joe Krapov

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Ce n’est pas forcément une bonne idée de demander à un natif du Nord émigré en Bretagne d’écrire la préface à la biographie d’une Bretonne émigrée dans l’Oise ! Marie-Berthe de Chantilly-Ribot que tout le monde connaît d’avantage sous son pseudonyme de Berthoise écrit dans son roman « Il a plu »qu’elle est "Bretonne et Brayonne" à la fois. En vérité, nous sommes tous citoyens du monde et si nous nous sommes croisés dans nos trajets, elle et moi, c’est assez bizarrement au niveau de Lyon et en nous arrêtant, au parc de la Tête d’or, devant la statue du faune et de la centauresse qui s’embrassent. A part l’amour des bouchons lyonnais et des bières, surtout belges, Berthoise et moi avons un goût très commun et très surprenant pour les mots et les choses du sexe et, je n’en doute pas, elle a dû, elle aussi, s’interroger sur la manière de coïter de ces deux entités-là. Sur cette statue, du reste, force est de constater que chacun des deux partenaires a une queue de cheval. Au repos, certes, pour l’un, mais le fait est là, ne nous crêpons pas le chignon à propos de ce qui se passe sous la couette.

Dans son dernier ouvrage, paru aux éditions « Fée du logis » et qui a pour titre « Exercice-culotte » Marie-Berthe n’a pas craint non plus d’endosser la personnalité de la grande duchesse de Gérolstein. Ses variations sur « Ah que j’aime les militaires » ont pris la forme d’une véritable ode amoureuse au duc d’Aumale, un de ses ancêtres qui posséda jadis le château de Chantilly, dépendances et domesticité comprises, et qui n’avait qu’un mot à la bouche : « Rectifiez la position ! ». Dans le chapitre « Berthe, Henri et moi » on peut lire d’étranges phrases comme : « Craignant d’avoir été abusé par mes sens ensommeillés, je suis allé vérifier : la marquise gouttait ». Voilà ce que c’est quand on sort à cinq heures en chantant sous la pluie que « Tout va très bien » ! J’ai noté aussi : « Le chat ne se laisse jamais oublier ». Nous sommes loin ici des glauques étalages d’Henry Miller et Anaïs Nin auxquels, désastre des temps, ont succédé les bien pires encore "50 nuances de Grey". Chez Berthoise, aristocratie des ancêtres oblige, on ne manque jamais de tenue. La poésie naît justement des joies simples, naturelles, largement répandues et si leur pratique n’est jamais secrète elle n’est jamais ostentatoire. Tout est dit sobrement, en phrases courtes, posées et jouissives. De Marie-Berthe de Chantilly-Ribot on peut- dire ce que l’on disait déjà de son oncle Jean-Amédée Walrus : « Jamais laconisme ne fut plus parlant ».

Biographie Berthoise

En découpant en trois parties à peu près égales la biographie qu’elle consacre à notre amie commune, Adrienne Finzi-Contini ne pouvait mieux faire ni avoir une vision plus juste de la personnalité de l’artiste. La première partie est consacrée à la vie d’une diariste habitée par le doute. Elle s’intitule « Vitalité et vanités de la vie en Vexin pour Vénus ». Il fallait effectivement que lui fassent pendant « Le désir permanent du voyage » et « La musique adoucit les mœurs comme elle raffermit l’humeur ».

En cette époque troublée où trop de choses déliquescent, où je néologise à tour de bras, où l’administration pèse pour tout fonctionnaire zélé le poids d’un âne mort suspendu au plafond et nul ne sait ce qu’il pondra si on lui tire la queue, quand il pleut sur la ville close de Concarneau autant de seaux d’H2O qu’un curé pourrait en bénir, lorsque le vent remplace le soleil et les idées grosses de l’extrême droite celles de la droite pas fine au Nord du bassin parisien, on se dit qu’il y a une limite de tolérance à la connerie et que James serait en droit de faire un bond en disant « Schön ». Impitoyable plus encore que Clint Eastwood, l’envie d’aller voir ailleurs se fait alors pressante, surtout si le jardin ne donne rien en guise de fleurs jaunes. A croire que Berthoise n’est heureuse que quand elle a un souci et que sans cela elle est vacante et rêve de vacances, de larguer tous ces mômes accrochés à ses basques pour aller mettre la main au panier de Léon de Bayonne, là où vit le sous-marin jaune des Beatles et celui qu’elle préfère s’appelle George.

Partir, oui, mais comment ? La technologie la transporte malgré les difficultés qu’elle rencontre, comme tout un chacun, à décrypter le mode d’emploi de ces engins. Rien ne vaut le coucou suisse ou la pendule années 50 ! Et pourtant sa voiture rouge dispose, sans qu’elle le sache, d’un module d’auto-rétrécissement qui lui permettrait de doubler les camions de betteraves à 130 à l’heure en passant par-dessous leurs essieux. Son appareil-photo Lumix est doté d’une option « photo panoramique » mais elle peut d’autant moins la sélectionner que sa fille préférée, Poulette, a encore emprunté l’appareil pour photographier Dieu seul sait quoi, comme font tous les djeunns d’aujourd’hui qui se respectent (ou pas !) et déposent sur Facebook des horreurs insolentes qui ont le mérite de n’être drôles que pour des geeks comme eux. Mais de fait, eux comme nous, ne sommes-nous pas tous devenus des geeks ? Il nous faut connaître l’anglais pour travailler à la grandeur de la France alors que cette langue devrait servir à aller visiter Londres, à retourner en Inde, à expliquer à l’employé d’état-civil à Moscou qu’on est à la recherche de la cantinière russe qui est perchée dans l’arbre généalogique et ne voudra en descendre que pour accompagner Napoléon et son armée en France, jusqu’à Quimper ou Cayeux-sur-Mer s’il le faut, car elle a envie que son arrière-petite-fille puisse aller souventes fois à Paris où des expositions, des brasseries et des salons de thé LewisCarrolliens tendent les bras de leurs fauteuils à tous les affamés de la terre, oui, c’est bon, même si c’est très cher. L’essentiel est de rester (cul)turel ! Et du voyage, mon Dieu, gardons trace ! Des choses lues à Rouen, ne faisons pas bûcher. Dans la trentaine de romans que Berthoise a écrits il faut souligner, et nul n’est mieux placé qu’Adrienne pour le faire, la brièveté des séjours, l’enchaînement quasi alphabétique des petits événements, le peu de longueur des déplacements. A croire que rien ne vaut finalement le « Voyage autour de ma chambre au château de Chantilly » de Xavier de Maistre, le « Turlututu je suis reviendue » ou le « De la nécessité de la petite laine, de la bière qu’on sirote lentement, en la savourant jusqu’à ce qu’elle vous tourne un peu la tête » de Berthoise elle-même.

Je ne dirai rien du chapitre sur la musique qui s’étend de Rameau à Sanseverino, d’Offenbach à Bollywood. Le serpent, lui-même instrument de musique, se mord ici la queue car l’on revient au baiser du faune et de la centauresse. Comment comprendrait-on sinon l’hymne d’amour que constitue le best-seller de la dame : « Les mains de la chef de chœur ». Moi-même, si je n’étais pas secrètement amoureux de Lucie qui nous dirige, resterais je dans cette chorale où l’on bavasse presque autant que l’on ne chante ?

C’est là ce qui me plaît dans la vie et l’œuvre de Berthoise et qu’il convenait de définir avant que vous ne vous vous lanciez dans la lecture de cette foisonnante biographie. On est dans le quotidien, sur un marché aux puces, à un repas de famille, on cueille des champignons de toutes les couleurs, on s’engueule en voiture, au restaurant, on répond à mille questionnaires, on traverse la campagne en hiver, on visite une expo, on va à un concert, on photographie pour la centième fois le château de Chantilly, tout le monde a fait ça mais chez elle ce n’est jamais anodin ou inodore : il y a toujours, jusque dans ses silences ou ses phrases de trois mots et demie, quelque chose qui brille : une flamme intérieure.

Bonne lecture à vous.

P.S. J’aurais pu faire encore plus long mais, comme a dit Romain Gary, "il faut toujours connaître les limites du possible". Surtout quand on est soi-même un être impossible et pris par le temps : je dois m’en aller maintenant rédiger la préface au recueil de chansons de Joye traduites en bas-breton par Sklabez. Préfacier, ce n’est pas un métier facile. Il faut trouver la bonne longueur d’ondes et savoir stopper sa faconde. Maintes fois par le passé, quand je ne le fis pas, les émules de Gary me coupèrent !

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7 février 2013

FETE DE LA JIM, QU'ILS DISAIENT par Joe Krapov


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Pendant l’insomnie de quatre heures du matin elle s’est levée et a trouvé la chatte noire éveillée elle aussi, perchée sur l’appui de fenêtre à regarder tomber la neige. Elle a saisi son appareil photo numérique et a immortalisé la scène. Elle n’aurait pas dû, à table, reprendre du bœuf rôti aux pommes de terre mais ses hôtes espagnols étaient si charmants, elle avait tant rougi d’être complimentée par des chefs de cuisine qu’elle avait laissé sa gourmandise prendre le dessus.

Quand elle s’est recouchée, elle a baissé le bras de son mari, allongé sur le dos, qui ronflait comme un tracteur 4020 de chez John Deere. Elle s’est glissée dans les draps encore tièdes, elle a pensé « C’est John Dear qu’a mis l’vin dans la bouteille et moi je n’en ai pas bu, j’ai préféré la flotte avec l’Alka-Seltzer» puis, sentant qu’elle divaguait, elle s’est rendormie d’un seul coup.

Au réveil, il n’était plus là. Elle s’est habillée, a descendu l’escalier, a trouvé son bol et ses couverts dans l’évier. Pourquoi donc est-il parti travailler si tôt alors qu’il fait encore un noir de nuit d’hiver dehors? Elle est allée dans l’entrée, a ouvert la porte à la chatte qui n’a pas voulu sortir, sans doute effrayée par ces traces de géant laissées dans la neige fraîche. Elle a repris l’APN et les a photographiées. On ne voit pas, sur la photo, que les deux grands pieds sont allés jusqu’à la voiture, que celle-ci n’est plus là et que le véhicule a laissé derrière lui deux traces parallèles qui s’en vont vers la ville.

Et puis elle s’est souvenue, ils en ont parlé hier soir : c’est la JIM aujourd’hui. Un grand froid l’a saisie à cette idée. Le sport est bien affaire de frissons mais elle n’aime pas beaucoup cette compétition stupide à laquelle il participe chaque année. Ce n’est pas qu’elle soit dangereuse pour lui, c’est qu’elle est périlleuse pour elle, cette discipline.

Comment peut-il aimer s’exposer ainsi, rivaliser d’élégance, jouer les éphèbes et surtout offrir au jugement d’un jury de dames amusées, donc à d’autres qu’elle, ce qui fait leur force, ce qui permet leur harmonie, cette partie de son corps qui n’a rien d’athlétique mais qui, sous couvert de cacher l’homme, en démontre au contraire toute la personnalité ?

- Mais toi, avec ton blog, lui a-t-il rétorqué, ne fais-tu pas la même chose ? Tu dévoiles l’intimité de nos repas, tu montres nos voyages, tu photographies la maison, tu étales tes états d’âmes. Lorsqu’ils sont heureux, c’est-à-dire le plus souvent, je vois cela comme un partage de petits bonheurs, un cadeau de la vie envoyé au hasard chez qui en a besoin, s’en amusera, s’attendrira ou rêvera sur nous. Eh bien moi, c’est pareil. Simplement c’est juste une fois par an. Prends plutôt ça comme un gag ! C'est drôle, non ?".

Et le plus drôle effectivement c'est que chaque année il gagne car il a la plus belle du canton. N’empêche, ce jour-là, elle a envie de rouspéter. Cette perspective d’un nouveau titre, avec le diplôme encadré, la photo de l’homme en petite tenue, pratiquement à poil, tout cela la défrise, pire, ça l'HOR-RI-PI-LEUX : son mari est allé faire la fête sans elle à la Journée Internationale de la Moustache. Grrr !

 

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16 mai 2012

L'art vulgaire est de retour ! (Joe Krapov)

J’ai toujours la chair de poule quand je pénètre dans un musée. Mais je m’illusionne : Isaure Chassériau, en chair et en os, ne viendra pas à ma rencontre pour me dire qu’elle a aimé les aventures que je lui ai inventées. Ou pour se chicorer avec moi en me traitant de tronche de cake. Qu’elle surgisse d’un seul coup dans cette exposition d’oeuvres de Léonard de Vinci serait un peu fort de café.

DDS 193 mona_lisaUne fois cette première appréhension passée, il me faut mettre les bouchées doubles et jouer des coudes comme tout un chacun pour m’approcher de la Joconde. Mona Lisa ! Cette fille-là, mon vieux, elle est terrible ! Et l’offrir en pâture à des régiments de touristes japonais au Louvre c’est comme donner de la confiture à des cochons ! Notez que je n’ai rien contre nos amis les Nippons bien nippés mais ce n’est pas la peine d’avoir inventé le Nikon, le Canon et le Minolta pour venir se presser comme des citrons devant le tableau et faire chou-blanc photographique : un flash, devant une vitre, tu ne vois que le flash sur la photo, eh, cornichon ! Je sais bien que vous avez les pieds en compote et l’esprit en capilotade après avoir expédié Florence, Venise, Amsterdam et Bruxelles en quatre jours mais quand même !

De toute façon, cette fille nous rend tous fous. Même les Allemands, gens d’une extrême sagesse, déclarent désormais devant le chef-d’œuvre : « Ach so ! Das ist Da Vinci code ! ».

Mais bon, faisons comme tout le monde et jetons un œil à cette croûte. Tâchons de comprendre pourquoi il y a lieu de se faire envoûter et de devenir le dindon de la farce. Certes, Mona nous tient la dragée haute avec son petit sourire en coin et l’air mi-figue mi-raisin de celle qu’on dévore des yeux, qui a de l’estomac et aussi les moyens de te rouler dans la farine. Mais est-ce que toutes les femmes ne sont pas un peu comme ça ?

Et à ce moment-là, pour plomber ma croustillante théorie, il y a Isaure Chassériau qui me balance sa légende urbaine préférée :

- La Joconde, Joe Krapov, c’est un homme ! Comme Sheila ! ».

En général, je digère mal ce genre de plaisanterie et cet humour assez GLLOQ. Je deviens comme tous ceux qui ont vu la moustache ajoutée par Marcel Duchamp à la binette de la donzelle et en sont restés comme deux ronds de flan. Au lieu de se fendre la frite, le gratin aime assez à se scandaliser, cela permet de discuter le bout de gras dans les salons où la marquise sucre les fraises et où Marcel jadis trempa sa madeleine (il s’était embarqué sans biscuits !).

Léonard a-t-il peint son giton ? Faut-il en faire tout un fromage ? Il y a plus de cinq cents ans Gala Voici et Closer n’existaient pas. On ne trouvait pas encore des conseils pour garder la ligne haricot vert dans les gazettes de l’époque, noyés entre douze pages de pub pour surgelés de luxe et l’horoscope des lions : « Ne ramenez pas trop votre fraise aujourd’hui, sauf si vous venez d’être élu Président d’une république ».

Comme ces ragots sur les « people » me font bâiller ainsi qu’une huître et qu’Isaure, pour le coup, m’ennuie, je traîne mes guêtres un peu plus loin et me retrouve nez à nez avec « L’Annonciation », directement importée depuis la Galerie des Offices de Florence.

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- Je suis désolée de soulever un lièvre, me glisse à l’oreille Isaure Chassériau-Lecrampon, mais la jeune Vierge à qui on vient dire qu’elle aura droit à un lardon sans même passer à la casserole avant, on n’a pas l’impression que ce soit la fin des haricots pour elle, tu ne trouves pas, Joe Krapov ?

- Les voies du Seigneur sont impénétrables, Isaure. Personnellement j’aime surtout l’ange dans ce tableau. Il, ou elle, a l’air assez peu concerné par son message à la noix de coco. Si les anges avaient un sexe et qu’il fût masculin, je dirais même que ça lui casse les noix, d’annoncer, tout sucre et tout miel, à l’heureuse élue que les Dieux de l’Olympe ont encore mijoté un mauvais coup et que c’est elle la victime. Mais maintenant qu’on lui a mangé le morceau, Marie, la moutarde ne lui monte pas au nez parce que…

- Moi, ce qui me troue, m’interrompt Isaure Lamalpolie, ce sont les bouclettes des deux morues. On ne donne pas l’adresse de leur merlan dans l’audio-guide ?

DDS 193 dame-a-l-hermineJ’essaie de semer le fantôme déchaîné d’Isaure – et ce n’est pas du nougat ! – et je me retrouve devant « La dame à l’hermine ». Ca ne mange pas de pain de le dire, ce portrait est une réussite. On marche sur des œufs pour ne pas troubler ce moment-monument de grâce pendant lequel la jeune fille à la résille semble tourner la tête vers quelqu’un qui lui cause. Et l’hermine immobile, avec sa patte gauche levée, est comme le symbole absolu de l’aristocratie : pour cet animal-là toute la maisonnée est aux petits oignons et l’on pense à Baudelaire : tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté…

- Oseille, oui, Joe Krapov ! Je l’ai bien connue, ce sac d’os ! A l’époque je me faisais appeler Isaura Chasserio avec un « o ». Elle, c’était Cecilia Gallerani. C’est son mec, Ludovic le more qui avait tout le blé. Il l’a pour ainsi dire tirée du ruisseau, elle a juste eu le cul bordé de nouilles…

Il ne faut pas pousser grand’mère dans les orties ! Trop d’Isaure tue Isaure ! Je m’enfuis en courant et je sors du musée. J’avoue, j’ai fait le mauvais choix. J’aurais mieux fait d’aller visiter l’expo du douanier Rousseau. Là ils ne l’auraient pas laissée passer, l’étrangère à la robe rose qui a tant à déclarer. Finalement, ils n’avaient peut-être pas tort, les autres avec leur slogan « FRONTIERES ! »

Tu parles, Charles ! Va-t-en lutter, toi, contre ton ennemie intérieure, quand elle utilise tes propres armes !

18 février 2011

Un océan nous sépare ?

110218_045- Je vais vous installer là pour la nuit. C'est la chambre de notre fils mais il a quitté la maison. Vous y serez toujours mieux que dehors à dormir debout sous la pluie avec cette lueur au-dessus de la tête. Et pieds nus dans la gadoue. Enfin... au-dessus de la gadoue !

- Je vous assure que j'aurais pu... » balbutie Dieu.

- Taratata ! Ca m'a permis de boire de la Chimay bleue alors que je n'avais plus que de la blanche de Bruges dans mon frigo. Je vous dois bien ça. Bon, bien sûr, ça n'est plus vraiment une chambre. Ma femme, Madame Lapsi, y a installé son bureau. Et à l'occasion, j'en fais ma salle de musique.

110218_043Dieu a un frisson en entendant ce dernier mot et il grince des dents en entrant dans la petite pièce ; il y a là un violoncelle,une guitare électrique, un amplificateur, des harmonicas, un magnétophone. Des machines infernales pour lui qui est mélophobe.

- Vous vous appelez réellement Lapsi ?

- Non, ça c'est le nom de ma femme. Moi c'est Lejolusse. Jean-François Lejolusse. D'ailleurs, avant que je n'aille vous récupérer dans le jardin, j'étais en train d'enregistrer une chanson pour ma soeur qui vit aux Etats-Unis. Vous avez vu mon matos ? Rigolo, non ? Archaïque, surtout ! L'ampli est un Philips qui marche avec deux magnétos à cassettes incorporés. Celui de droite ne fonctionne plus. La mousse du haut-parleur partait en lambeaux alors comme ça faisait râler Monica j'ai tout enlevé. Le micro, je l'ai payé quinze euros chez Saturn. Et le magnéto à 4 pistes, c'est un Tascam que m'a laissé mon fils. En général j'enregistre voix et guitare, je double la voix, je remets une guitare et puis après je vais faire le mixage dans mon cagibi, à côté. Je convertis le résultat en MP3 sur mon ordi avec Audacity, vous connaissez ?

- Oui, oui, hasarde Dieu, et après vous mettez ça sur votre blog, j'imagine ?110218_046

- Pas encore ! Ce qui est embêtant c'est que je suis obligé d'enregister avec le son du casque, c'est dur de juger de la balance entre la guitare et la voix. Mais avant il faut que j'envoie le fichier MP3 à ma soeur pour qu'elle fasse la deuxième voix.

- Votre soeur vit en Amérique ? Depuis longtemps ?

- Oui, elle est partie là bas quand elle était étudiante pour faire une thèse sur les notions de profit et d'exploitation capitaliste dans l'oeuvre de Michel de Montaigne. Elle y a rencontré l'homme de sa vie et elle a transformé l'essai.

- C'était un rugbyman ?

110218_047- Non, c'est un basketteur. Vous voulez que je vous fasse entendre le dernier morceau qu'on a enregistré comme ça, à distance, ma soeur et moi ? C'est « Marquise » de Georges Brassens et Tristan Bernard. Elle m'en a fait trois versions dont une vraiment très drôle !

- Non, surtout p... Non, merci infiniment » supplie Dieu qui commence à se demander s'il n'est pas "maoodit" à toujours tomber sur des musiciens ou des mélomanes au cours de ce séjour sur Terre. Je suis un peu... fatigué.

C'est un mensonge. Il n'en est rien. Dieu est plus increvable qu'une botte secrète au jeu des Mille bornes.

- Je vous laisse vous installer. Ma femme rentrera de sa chorale un peu plus tard mais je vais mettre un mot sur la table, "een kattebelletje" ! Vous n'avez besoin de rien d'autre ?

- Est-ce que je pourrais passer un coup de fil ? On m'a vol... j'ai perdu mon portable et je dois joindre quelqu'un.

- Faites, le téléphone est là. Du moment que vous n'appelez pas les Etats-Unis ou la Sibérie ! Encore qu'avec ces forfaits auxquels je ne comprends rien, ça ne nous coûterait peut-être pas grand chose ! Excusez-moi mais... les trois bières... vous comprenez... moi, il faut que j'aille aux toilettes !

Dieu a composé le 666. A travers la cloison Lejolusse entend la moitié de la conversation.

- Allô ? Miquelon ? Passez-moi saint-Pierre, voulez-vous ? Saint-Pierre ? Il y a un problème, mon vieux ! Rapport aux pieds nus qui ne touchent pas terre et à l'auréole qui brille la nuit sous le chapeau !

- ...

- Quoi ? De la calcéophobie lévitante ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est Petiot  qui vous suggère ça ? Laissez tomber le vocabulaire de ce barjot ! Sinon vous direz à Mme Chanel que le déguisement de magicien fonctionne à merveille, à part l'absence de godasses ! Vous êtes sûr qu'il n'y a pas d'autre moyen que de marcher à côté de mes pompes ? Oui, je sais, un peu léger. On me l'a toujours reproché, ça ! Maintenant il y a plus sérieux. Votre machinerie merdouille, Saint-Pierre ! Comment je fais, avec la télétransportation qui ne marche plus, pour retrouver l'ascenseur ?  Comment ça , pas encore l'heure ? Quoi ? Qu'est-ce que vous dites ? C'est quoi cette histoire d'nformatisation ? Saint-Pierre !

Le salaud ! Il a raccroché !

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Quand Monica est rentrée de la chorale elle a trouvé, à côté des trois bouteilles de Chimay vides, sur la table de la cuisine, un mot de Jean-François : « Dieu dort dans la chambre du fils ».

Elle a pensé : « Trop d'Internet tue l'Internet ! Si je ne vais pas mettre moi-même mon grain de sel et un grain de sable dans la machine à délires, je ne sais pas jusqu'où elle va nous entraîner dans sa course folle ! »

Elle a poussé la porte : il n'y a personne dans la chambre de leur fiston.

Car Dieu a découché. « Dormir » parmi toutes ces machines, ces instruments de musique, c'était trop pour lui. A l'autre bout du couloir, il y avait la chambre de la fille. Et derrière la porte...

(à suivre)


Merci infiniment à Joye qui a bien voulu tenir, avec tout le talent qu'on lui connaît, le rôle de la soeur, de la Marquise, du jeune tendron et de la vieille poule ! (N'omettez pas de cliquer sur ces liens, vous manqueriez quelque chose !)

24 août 2023

Pas encore tout a fait amnésique. 8, Je viens du Sud

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Au Sud de la Loire, est-ce déjà l’Afrique ? Ou bien les gens là-bas ne sont-ils tous que des fadas ?

Notre bistrot-mémoire de la semaine sera consacré aux habitants de ces régions où l’eau est si rare que c’est criminel de boucher les sources et que c’est un délit de jouer comme sur cette photo à l’arroseur arrosé (un film des Frères Lumière, natifs de Besançon donc hors sujet !). Amusons-nous avec les gens venus du Sud !

A tout seigneur tout honneur, je viens de rendre hommage sur le site Filigrane à Marcel Pagnol dont j’ai redécouvert « L’Eau des collines » grâce à Jacques Ferrandez, bédéaste bath. Je connaissais les deux films de Claude Berri et surtout la trilogie « Marius » « Fanny » « César » avec son « Tu me fends le coeur ! » de la célèbre partie de cartes. Je peux ajouter les célèbres "moutonsses" de Louis Jouvet dans « Topaze » mais je ne sais pas trop ce que c’est que le « Schpountz » ni qui est « Merlusse ».

Un autre zélateur de la Provence, Monsieur Alphonse Daudet, est né à Nîmes. On connaît bien les lettres de son moulin, sa chèvre de Monsieur Seguin, son curé de Cucugnan, bien plus que le hussard sur le toit – quelle idée de monter là-haut par 38° ! - de M. Giono dont je n’ai rien lu. Je zapperai également M. René Char de L’Isle-sur-la-Sorgue dont les oeuvres poétiques ne figurent pas sur ma table de chevet.

Mais je n’oublierai pas en chemin Alibert et Darcelys, leur Petit cabanon et leur Partie de pétanque ni Fernandel avec son répertoire plus parisien et plus coquin : Félicie aussi, L’Ami Bidasse, La Caissière du grand café, Barnabé, Ignace, La Bouillabaisse.

Parmi les figures marseillaises plus récentes que Marius et Olive et que la sardine qui bouche l’entrée du port et fait jaser sur la Cane Cane Canebière, il y a bien sûr Robert Guédiguian et sa bande, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan (Marius et Jeannette) et aussi Emmanuel Mouret (Caprice, L’Art d’aimer, Changement d’adresse) qui prolonge au cinéma l’art de Marivaux et la veine d’Eric Rohmer.

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Décalons-nous un peu à l’Ouest. Arrêtons-nous à Sète et avouons que nous connaissons plus de chansons de Georges Brassens que de poèmes de Paul Valéry. Rappelons-nous le séjour que nous y fîmes, la visite du cimetière marin, de Bouzigues et le vent qui aurait emporté le chapeau de Mireille (Mathieu?) le dernier jour. Tramontane et Mistral ne tournent pas la tête aux gens au nord de la Loire : ici les vents n’ont pas de nom.

A Narbonne est né le fou chantant, Charles Trénet. « Douce France », « Boum », « L’Âme des poètes », « Le Jardin extraordinaire », « Le soleil qui a rendez-vous avec la lune » et la bonne qui se donne du plaisir avec une passoire. Encore un joli fada, dites donc !

Castelnaudary nous a donné Pierre Perret qui ne nous fait plus vraiment rire avec ses dernières provocations mais dont nous avons aimé « Lily », « Le Café du canal », « Blanche », « Le Facteur », « Quand le soleil entre dans ma maison » et « Donnez-nous des jardins ». Toutes ses gauloiseries, « Estelle », « C’est le printemps » ou « Le Zizi » furent bien nécessaires et appréciées à l’époque opaque où elles sortirent mais sont redevenues taboues aujourd’hui où le monde l’est (à bout, le monde est à bout).

Chez les Piscénois, à Pézenas nous avons hérité de Boby Lapointe, sa Maman des poissons, ses avanies, ses framboises, ses virées en Aragon et en Castille avec un sentimental bourreau, son père et ses verres, sa méli-mélodie. Un personnage unique en son genre, admirable en tout.

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A Lagrasse est né Charles Cros, auteur du "Hareng saur" et des délicieux poèmes du "Collier de griffes" et du "Coffret de santal" ainsi que du « Sidonie a plus d’un amant » de Brigitte Bardot.

Montpellier nous a donné Léo Malet, le créateur de Nestor Burma. Toulouse a vu naître et chanter Claude Nougaro ("Je suis sous sous sous sous ton balcon", « Cécile ma fille », « Ô Toulouse », « Le Coq et la pendule », « Le Jazz et la java », « Armstrong »)

Montcuq fut le dernier refuge de Nino Ferrer et de sa Mirza. Il y habitait la maison près de la fontaine, dans le Sud de la ville et oublia toujours – quel cornichon ! - son parapluie quand il partait en pique-nique.

Bergerac nous a donné Cyrano mais la célébrité de ce Savinien lunatique est surtout due à la plume d’Edmond Rostand, autre Marseillais notoire.

L’Auvergne nous a donné Fernand Raynaud sans lequel la blogosphère belge ne serait pas ce qu’elle est !

Le Limousin nous a fait cadeau de Raymond Poulidor, la Vendée de Yannick Jaulin et Saint-Etienne a sorti de son chaudron magique un Bernard Lavilliers aux mains d’or.

Tchic a tchic a tchic aïe aïe aïe ! J’ai failli oublier le pays basque et Luis Mariano, sa Belle de Cadix, son Mexico et son Rossignol de ses amours !

De même que Tino Rossi (Catarinetta bella tchi tchi !), i Muvrini et « L’Affaire corse », une enquête de Jack Palmer par René Pétillon. 

Je sais que François Mauriac est associé à Bordeaux mais je m’en fiche ! Sa littérature n’est pas ma tasse de thé et Thérèse Desqueyroux, si elle ne me sert pas des grands crus qui font des petites cuites ou même le petit Bordeaux clairet de la supérette voisine, elle ne m’intéresse pas !

Je ne franchirai pas les Pyrénées d’où j’aurais pu ramener Salvador Dali et Carlos Nunez. Je ferai l’impasse sur l’Italie qui mérite un chapitre à part ! Des Grecs et des Pieds-noirs, je sauve pour terminer Angélique Ionatos et Georges Moustaki, Guy Bedos, Jean-Pierre Bacri, Georges Wolinski et surtout Enrico Macias qui a si bien chanté… les gens du Nord … de la Loire !

7 décembre 2023

Cons-tines ?

Ainsi fond fond fond
La banquise, étrange course
Ainsi fond fond fond
La banquise sous la Grande ourse

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***

Ainsi Fonds Fonds Fonds
Plonk et Replonk à La-Chaux-de
Ainsi Fonds Fonds Fonds
Trois p'tits Suisses à La-Chaux-d’Fonds

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***

Un siphon phon phon
Et les vases communiquent
Un siphon phon phon
Les défiant·e·s sont sous pression

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***

Ainsi font font font
Les fouilles spéléologiques
Ainsi font font font
Trois p’tits tours et puits sans fond

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***

Ainsi font font font
Smetana, Beethoven et Tryphon
Ainsi font font font
Trois p’tits sourds chez Amplifon !

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***

Ainsi fond fond fond
La petite savonnette
Ainsi fond fond fond
Trois p’tits tours et glisse dans l’fond

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***

Ah sifflons sifflons
Les petites chansonnettes
Ah sifflons sifflons
L’air des Trois petits cochons

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***

Ah sniffons, sniffons
Les petits parfums honnêtes !
Ah sniffons, sniffons
L’odeur des roses en boutons !

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***

1, 2, 3 Salle des coffres, en bas,
4, 5, 6 Chalumeau et tournevis
7, 8, 9 C’est ouvert ! Quel effet bœuf !
10, 11, 12 Siphonné le flouze !
13, 14, 15, 16 Empochée, la braise !
17, 18, 19, 20 A nous des jours très divins !

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3 novembre 2023

Révolution ! (Défi du samedi n° 792)

- C'est quand même plus pratique, pour écrire une lettre anonyme, d'utiliser un normographe plutôt que de découper des caractères un par un et de les coller sur une feuille, non ?

- Au résultat, ça donne quoi ?

- Regarde !

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- Pas mal ! Tu vas l'envoyer ?

- Non !

- Pourquoi ?

- Je l'ai signée !

- C'est sûr, une lettre anonyme signée, c'est un concept nouveau ! Pourquoi l'as-tu signée ?

- Parce que les vieux crabes qui s'accrochent à leur rocher miteux, la marée montante doit les emporter !

10 juin 2022

Jachère (Défi du samedi n° 719)

Cette semaine où il fallait plancher sur le mot «jachère» mon imagination n’a rien donné. Rien n’a poussé.

Moi qui suis toujours prêt à mouiller la chemise dès qu’il s’agit d’élucubrer, eh bien cette fois j’ai eu le tricot stérile !

Et vous savez quoi ? Je me sens beaucoup plus en repos !

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Et du coup je comprends pourquoi mon oncle Walrus si souvent botte (de foin) en touche !

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1 septembre 2023

Pas encore tout à fait amnésique. 9, Jouer à chat perché

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Chat alors ! J’ai laissé passer la mi-août sans clamer avec Ray Ventura qu’à cette époque de l’année « c’est tellement plus romantique » !

Avant de déménager vers notre résidence d’automne ou notre palais d’hiver - en fait je ne bouge pas, je ronronne chez moi après mes folles nuits sur le toit - je passerai en revue cette semaine la gent féline, les Raminagrobis de tout poil qui encombrent ma mémoire quasi inutilement puisque, à part mon épouse, je n’ai pas d’animal chez moi. « Je n’ai jamais eu de chat, ou alors y’a longtemps ou y sentait pas bon » (Jacques Brel). C’est parti pour une partie de mistigri !

Puisque nous sommes dans la chanson commençons par là : le père Lustucru, qui est pourtant bonne pâte, n’a toujours pas retrouvé le chat de la mère Michel. C’est dommage parce que c’est peut-être dans la queue de ce chat-là qu’était caché l’esprit cher au médium dans la chanson des Frères Jacques. Henri Salvador, déguisé en matou, n’a toujours pas capturé Minnie la petite souris. Aristide Bruant cherche toujours fortune autour du « Chat noir », cabaret dans lequel j’ai trouvé beaucoup de mes amis. Georges Brassens regrette toujours cette « Putain de toi » qui a posé sur lui sa patte de velours et la jeune bergère Margoton qui dégrafait son corsage pour donner la gougoutte à son chat. Steve Waring, « l’inchantable », n’a pas pu se débarrasser de son matou qui revient dans ses pattes le lendemain matin, même quand on l’expédie en fusée trouver une place idoine à ce fêlé d’Elon.

 

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A côté de celui-là, bien qu’il soit plus célèbre encore, le chat qui disparaît en laissant son sourire en place à Chester, au Cheshire et surtout dans le pays des merveilles d’Alice de Lewis Carroll est d’une discrétion et d’une distinction rares. Il en est d’autres qui la ramènent un peu plus comme le Chat botté ou celui qui est perché sur les contes de Marcel Aymé. Je ne vous embêterai pas avec Parpagnacco, le chat de Venise dû à la plume de Louis Guilloux car personne ne le connaît à part mon vénérable beau-père et moi-même. Il doit bien traîner chez Madame Colette ou M . Léautaud des textes sur leurs nombreux chats.

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Anthropomorphe ou pas, le chat a pris sa place près du radiateur chez le cancre du fond qui préfère aux livres les bandes dessinées. Hercule s’entend tellement comme chat et chien avec son ennemi Pif qu’il arbore en permanence un sparadrap sur son museau jamais placide. Le siamois du capitaine Haddock donne au chien blanc Milou, dans les Sept boules de cristal, l’occasion de créer un mémorable ballet graphique dont Nestor, le majordome, est la malheureuse victime. Le chat de Gaston Lagaffe mène avec la mouette rieuse une autre danse affolante dans les locaux du journal Spirou. Pour des raisons purement idéologiques je connais moins Pat Hibulaire qui officie chez M. Disney. Autour de moi on aime beaucoup « Le Chat du rabbin » mais j’apprécie assez peu le dessin de Johan Sfar et le graphisme des bédés d’après l'an 2000. Félix le chat n’est jamais passé par chez moi, de même que Titi et Sylvestre (Grosminet ?), Garfield, Tom et Jerry mais je les connais et j’ai eu droit aux joyeux délires partouzards du dénommé Fritz the cat de Robert Crumb, surtout au cinéma. On est loin ici, j’imagine, de « L’Espion aux pattes de velours » et des « Aristochats » de l’oncle Walt. Et des vidéos de chatons envoyées sur internet. J'ai aimé aussi les calembours de Siné à propos de l'animal moustachu.

DDS 783 ronald-searle-cat-and-booksRetrouve-t-on un peu de dignité avec le « Duo des chats » de Rossini ? De quoi parle « La Chatte sur un toit brûlant » ? Qui connaît les jolis chats de Ronald Searle qui me séduisirent à Paris lorsque je vins m’y poser à l’âge de vingt ans ? Le groupe de rock-twist des années 60 « Les Chats sauvages » a-t-il laissé un titre impérissable avant de nous faire cadeau de Dick Rivers ? Qui se souvient encore, à Rennes, du café « Le Chat qui pêche » qui se trouvait place Saint-Germain ? Pour toutes ces questions, je donne ma langue au chat ! Mais dans la lignée des chapitres précédents de cette série d’été, on se rappelle très bien la Pomponnette de « La Femme du boulanger » de Pagnol.

Pour terminer, je souscrirai volontiers à l’idée de Jacques Sternberg selon laquelle toute la société a été organisée pour assurer le bonheur des chats qui deviennent ainsi, sans que les humains s’en doutent, les vrais maîtres du monde. Mais moi, je m’en fiche de cette vision-là : tant que ça ne déménage plus que ça dans ma mémoire, tant que mon unique neurone tient la route quand je monte « marouler » (1) sur le toit, tant que je ne « décaroche » (2) pas, comme disait ma grand-mère, je suis le plus heureux des hommes qui jouent le rôle bonnard de l’imbécile de service.

 

(1) en ch’ti (ou en picard) : faire la java, la cour, l’amour en émettant d’inqualifiables miaulements pour les chats grimpés sur un toit

(2) : perdre la tête, devenir fou, tenir des propos incohérents, radoter

24 novembre 2023

Toute une philosophie (Défi du samedi n° 795)

Il vaut mieux rester sur son quant-à-soi que d’empiéter ne serait-ce qu’un peu sur le Nietzsche des autres. C’est là un impératif catégorique enseigné dans l’Emmanuel de philosophie.

Car un plat tonique n’est pas forcément toujours aphrodisiaque. Les scène de ménage d’Hegel et de Spinoza, il ne faut pas s’en mêler : on ne sait pas qui a raison dans l’histoire ni qui nettoiera le vomi.

J’ai longtemps fait partie de l’école péripatéticienne. C’est incroyable, en faisant marcher ses jambes, comme on suppute.

Au poker, par exemple, toute possibilité de gain dépends des cartes qu’on donne à René, à Blaise et à Pascal. C’est d’ailleurs à un palefrenier qu’on doit la formule « je panse donc j’essuie ».

Il ferait beau voir, comme disait Sartre à Simone, qu’en restant dans son huis clos on attrape les mains sales si on pense à toujours garder son quant-à-soi et sa tapette à mouches.

Et pourtant, dès que l’homme a commencé à se vêtir de peaux de bêtes il a bien fallu les chasser, les mites, de la caverne.

Plus tard, bien Plutarque, naît l’architecture. Madame à sa tour monte et Monsieur de Montaigne aussi. Qu’est-ce qu’Onfray sans les Michel ?

Michel Delpech, Michel Legrand, Michel Polnareff, Michel Berger, Mick Jagger et à l’inverse Mick Micheyl, sans oublier Michel Drücker qui a toujours fait bonne impression. J’ajouterai volontiers Michèle Torr, Michelle ma belle, Michèle Mercier, toutes les Michelle que j’aime et même la mère Michel sans laquelle le chat de Schroedinger, l’eusses-tu cru, ne serait rien dans l’histoire.

Oui, il faut garder son quant-à-soi. Songez à toutes ces oies blanches parties se perdre sur des chemins de traverse : elles que des vols sots déroutèrent auraient du relire Voltaire et Rousseau.

« Zadig Zadig en revenant de Nantes » et « Adieu l’Emile je t’aimais bien tu sais », on ne sort pas de là ! Ce sont les labourages et pâturages de la France et de la Suisse, les mamelles de Tirésias ou les onze mille verges de la vie en République.

Mais d’un coup je m’égare en poésie, c’est un travers dont je ne me Kierkegarde jamais assez. Peut-être Apollinaire était-il socratique ? Car là où Socrate erre il y a des Lunatiques, le Sénèque plus ultra des Sélénites, en dessous tu tires l’échelle, tout Fichte Lacan, il y a Elon Musk dans sa fusée, les petits hommes verts de la planète Marx qui t’engueulent sacrément... épicurien !

Dans le grand cocktail des métaphores et des années qui filent, comme on dit chez les bombyx, il vaut mieux garder son verre à soi que de faire de la peinture sur les autres.

Car c’est bien connu : tout ce qu’on file aux Sophie, l’existence nous le rend sous forme de dents de sagesse dont l’extraction est douloureuse. Tout comme l’est celle du lit après une nuit d’insomnie durant laquelle on a écrit, allongé, son Défi du samedi. Pour se relire après, c’est comme pour être à la mode, ce n’est point commode. Pour Humer le vent du succès il vaut mieux être assis aux première Lodge. Mais bon, vous savez ce que c’est, l’inspiration, elle vient quand elle veut, c’est une vraie tête de Bachelard, celle-là ! 

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4 août 2023

Pas encore tout à fait amnésique. 5, Le Jeu de l'amour et de la musique

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Lorsque j’ai vu cette photo pour la première fois samedi dernier je me suis demandé ce que c’était que ce cylindre détonant, déconnant et conique et ce qu’il fichait là en présence d’un clavecin bien oblitéré de jolie peinture.

J’ai d’abord pensé à un canon, certes pas de Navarone ni même en provenance de la canonnière du Yang-Tsé, pas non plus celui du croiseur Aurore sur lequel ont été photographiés mes grands-parents à l’époque où ils jouaient dans « L’Etroit Moscoutaire », car trop petit et trop brillant.

C’est donc plutôt un étui. Un étui pour une momie ? Le sarcophage de Ramsès II enfant ?

Comme les traces de mon propre passé sont plus intéressantes à numériser, en ces temps de vacances où l’on peut oeuvrer pour soi, que celles de toute l’Égypte ancienne, j’ai laissé tomber la devinette et je ne suis revenu que ce jeudi soir faire appel à M. Google-Images qui m’a donné la solution. Il s’agit d’un harmonica de verre.

Soufflé, le Krapov ! Ça, un ruine-babines ? Que vais-je pouvoir en dire ? J’ai déjà écrit un billet sur ma collection d’harmonicas avec citations d’Albert Raisner, Antoine, Bob Dylan, et Neil Young. Faudrait voir à varier les plaisirs ! 

Et puis je me suis souvenu que figurait, dans les cassettes audio que je viens de monter au grenier, un enregistrement d’un concert sur France-Musique consacré à la musique écrite par Mozart pour cet instrument.

La question restait posée : que pouvais-je inventer de drôle à partir de cela ? A part enfiler des tongs, poser une échelle par-dessus les marches qui mènent à ma caverne d’Ali Baba, me donner la consigne de passer un barreau sur deux et de redescendre avec le carton plein plutôt qu’avec la seule cassette, gag qui n’aurait fait rire que deux personnes dont une même pas présente sur le Défi, je ne voyais pas.

Comme je ne suis pas ici pour raconter ma vie et souligner les côtés dérisoires mais si chargés d’affection de la vie d’avant, je n’allais tout de même pas vous narrer que c’est mon aimable grand-mère qui se chargeait d’aller, en mon absence – j’étais étudiant, alors, et le suis toujours ! - ouvrir le poste de radio et enclencher le magnétophone dans le cabinet de toilette du premier étage qui nous servait de laboratoire photographique.

Devais-je philosopher sur les envahissantes évolutions technologiques qui permettent désormais non seulement de programmer de telles actions mais encore de récupérer en baladodiffusion (peau de caste ?) voire de télécharger en même pas deux minutes de tels trésors auditifs qu’on n’aura de toute façon jamais le temps de réécouter ?

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Mais quoi ! De toute façon, à continuer d’écouter les gens « qui causent dans le poste » le leitmotiv commun (ou communautaire?) semble être devenu le titre du livre de Pierre Desproges « Vivons heureux en attendant la mort !». Voilà qui ouvre de plus belles perspectives encore aux immortel·le·s !

Alors oui, écoutons, continuons d’écouter la radio ! Pendant ces vacances-ci, j’aurai eu droit aux « Rendez-vous avec X », à la Grande traversée « John Fitzgerald Kennedy vs Lee Harvey Oswald », à celle sur Marilyn Monroe, à la revisite de Paul Mc Cartney and the Wings par Michka Assayas et, suite à la découverte de Clémentine Mélois, « livres, conférences et humour aux 33e degré et 36e dessous», je vais peut-être extirper de mes archives des enregistrements des « Papous dans la tête », émission à laquelle la gente dame a participé sans marquer trop ma mémoire – je me souviens plus d’Eva Almassy, d’Hervé Le Tellier, d’Henri Cueco et d’Hélène Delavault -.

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Mais j’arrive au début d’une page deux et je veux faire court. Je reviens donc à l’harmonica de verre et je profite de cette image de musée pour plonger encore plus dans le temps passé. Le hasard des ateliers d’écriture a fait que j’ai participé en juillet à celui de Dame Licorne, « Filigrane » qui vient de redémarrer. Il fallait écrire sur « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux.

Évidemment, après avoir pondu mon texte, j’ai relu cette pièce et hier soir j’ai regardé le dévédé de sa représentation à Antibes en 2019, dans une mise en scène de Catherine Hiegel avec Clotilde Hesme (la Roxane de « HPI ») et Laure Calamy (« Antoinette dans les Cévennes »).

Un pur régal. Pour exécuter cette partition ancienne de manière si pure, si parfaite et si drôle il fallait bien user du plus précieux des instruments qui fût allé se nicher jamais dans le coeur des actrices : l’harmonica de verre. 

28 juillet 2023

Pas encore tout à fait amnésique. 4, Bilan carbone et poudre blanche

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Dans l’histoire de l’humanité, parmi les huit milliards d’êtres humains que porte cette planète, nous n’avons pas plus d’importance, les un·e·s et les autres, que le bonhomme de neige qui figure sur cette vieille photo en noir et blanc.

Mais à écouter les bavards impénitents des radios et télés, les Savonarole modernes, les contempteurs , les accusatrices, les imprécateurs, nous sommes quand même les responsables et coupables du réchauffement climatique. Surtout si nous sommes nés avant 1980 !

Alors oui, il est temps de passer aux aveux : j’ai, moi aussi, un bilan carbone !

Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais le travail de numérisation de photos et de diapositives auquel je me livre depuis que je dispose de plus de temps libre m’en apporte la preuve ultime : j’ai voyagé.

« J’ai voyagé de Brest à Besançon, Depuis La Rochelle jusqu’en Avignon, De Nantes jusqu’à Monaco, En passant par Metz et Saint-Malo » chantait déjà Graeme Allwright alors que Greta Thunberg était tout sauf née et que le seul type intéressé par les soulèvements de la terre s’appelait Haroun Tazieff. Il était volcanologue.

Il se trouve que je suis passé par Longchaumois, Tignes et La Bourboule et j’en viens à me demander si ces vacances d’hiver que nous prenions au siècle dernier n’étaient pas, outre une réponse à une incitation sociétale à la consommation de séjours dans des contrées montagneuses autant qu’enneigées, une recherche inconsciente de cette magie blanche de 1963 ou de cette aventure liée au premier voyage effectué en dehors de la famille : la classe de neige du collège Franklin de Lille.

Classe de neige du lycée Franklin (Philippe

Quoi qu’il en soit et quoi qu’il m’en coûte je vais recourir à mon aide-mémoire préféré pour ce "plaider coupable", pour cette autocritique rigolarde d’aérodromophobique n’ayant jamais pris l’avion. Dans ma liste de négatifs noir et blanc et couleurs et de boîtes de diapositives, voici, mesdames et messieurs les juré·e·s, les années et les endroits où je suis allé, en voiture ou en train, pratiquer le ski de descente, le ski de fond, la raquette, la raclette – autant celle qui consiste à déglacer le pare-brise que le plat régional savoyard renommé - et le gadin dans la poudreuse :

1966 Tignes Les Brévières (Savoie)
1967 Entremont (Haute-Savoie)
1977 Bogros par Messeix (Puy-de-Dôme) avec ski sur le plateau de Charlannes au-dessus de La Bourboule)
1978 idem
1979 idem
1980 idem
1981 idem
1981 Le Grand Bornand (Haute-Savoie)
1982 Bogros par Messeix (Puy-de-Dôme)
1984 Longchaumois (Jura)
1985 Longchaumois (Jura)
1987 Les Rousses (Jura)
1989 Lans-en-Vercors (Isère)
1991 Compains (Puy-de-Dôme)
1992 La Garandie (Puy-de-Dôme)
1994 Longchaumois (Jura)
1995 Serre-Eyraud (Hautes-Alpes)
2000 Prémanon (Jura)
2001 Les Rousses (Jura)
2002 Puget par Saint-Eustache près du lac d’Annecy (Haute-Savoie)

En attendant mon prochain procès relatif à mes oedipiens « déplacements pour voir la mer » vous pouvez désormais, mesdames et messieurs les juré·e·s, vous retirer pour délibérer sur mon pendable cas. Le temps que vous preniez une décision, juste ou pas, j’aurai, comme les trois enfants et le bonhomme de neige de la photo, disparu ou fondu !

Que je sois coupable où non, qu’on m’envoie « ballader » ou qu’on m’envoie me faire pendre, ça n’est pas ça qui vous dira où elles sont passées, les neiges d’antan ! 

2 juin 2023

Premières définitions d'un dictionnaire encyclopédique éminemment puritain (Défi du samedi N° 770)

DDS 770 The-A-to-Z-of-the-Puritans-The-a-to-Z-Guide-Series

Afrodisiaque : médicament sédatif évitant aux hommes politiques de passage à New-York d’éprouver de la concupiscence pour les femmes de chambre noires.

Abstinence : doctrine philosophique prônant la bonne tenue et la bonne contenance plutôt que l’incontinence verbale et la ponte de saillies et chansons de salle de garde à jet continu.

Préserv’hâtif : agenda dont toutes les pages ont été dédoublées afin de pouvoir revenir sur des décisions de rendez-vous prises trop rapidement.

Capote : au jeu de belote, fait, pour une équipe féminine, de ne pas ramasser de cartes lors d’un tour de jeu.

« - Les filles, je crois qu’on est capotes !
- Ça ne fait pas un pli ! »
Marcelle Pagnole – La Partie de cartes

Chou : lieu de naissance des enfants de **** masculin

Rose : lieu de naissance des enfants de **** féminin

Cigogne : système alternatif de livraison de progéniture reposant sur l’utilisation d’un oiseau alsacien à longues pattes et long bec et d’une nappe à carreaux brodée du sigle « Amazone »

« Quand passent les cigognes et que l’enfant paraît
Le cercle de famille reprend de la choucroute. »
Victor Hugotte – La Légende des ****

Perturbation : nom donné à tout manquement à l’abstinence (voir ce mot)

« Beethoven a longtemps cru que la perturbation rendait sourd alors que c’est son usage immodéré du pinceau et de la toile qui fut la cause de sa surdité. »
Michel Wellberck – La Perturbation intellectuelle à travers les âges

Cuniculinimbus : nuage dont la forme générale fait penser à un lapin blanc.

Stuprdéfiant : écrivaillon de **** masculin ayant une propension certaine à instiller de la pornographie partout où il passe.

« La Fondation M**l*ns*rt a déposé plainte une fois de plus : certains stuprdéfiants du samedi ont osé se moquer de Bronca Castrafiore dans leur journal de littérature hebdomadaire. »
Rémi Sanzot – La Belle gigue m’en a toujours boucher un coin

Paradisiaque : de la même manière qu’il n’existe pas de treizième étage à new-York, il n’y a pas de septième ciel au paradis puritain. On passe directement du sixième au huitième.

Antidorine : mouchoir de fine batiste que l’on dispose au bout de ses deux bras tendus devant un objet de scandale. L’antidorine est bien souvent orné d’une feuille de vigne brodée.

"Couvrez ce **** que je ne saurais voir !"
Molière – Tartuffe ou l’Imposteur

Bistre : objet métallique servant à amarrer les navires dans les ports.

« La psychologue scolaire – Monsieur et Madame Bienloti, nous vous avons convoqués parce que votre fils Pierre n’arrête pas de dessiner des bistres dans les marges de ses cahiers.
Madame Bienloti – En même temps, nous habitons rue du Quai et Pierre va souvent jouer dehors sur le port.
Monsieur Bienloti – Du coup je ne vois pas où est le problème ! »
Dr Zigmund – Le Rhinocéros regarde la lune

Gif-sur-Yvette ; Jouy-en-Josas ; Bourg-la-Reine ; Montcuq ; Corps-Nuds ; Nouvoitou etc. : villes françaises dont il conviendrait de changer le nom au plus vite. En effet le gif est trop animé, le jouy sature la toile et le calembour est est la fiente de l’esprit qui vole d’après Victor Hugotte.

2069 : année comme les autres. En effet nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’elle ne soit pas une année érotique.

Levrette : cuniculinimbus ayant évolué pour prendre la forme d’un chien de luxure (qui est une chienne).

Luxure : douleur localisée à l’épaule due à un recours trop fréquent à la perturbation.

Luxation : province encore mal explorée du Nirvana occidental

« Ici tout n’est qu’ordre et beauté
Luxation, calme et volupté »
Charles Baudelaire – Invitation au voyeurisme in « Les Ecornifleurs du mâle ».

Alibido : long écrit de Madame Pauline Réage certifiant que la marquise est bien sortie à cinq heures et qu’il n’y a pas à en faire toute une histoire.

Exhibi-sionisme : système de roulement habile permettant de savoir, chez les couples gays, qui sera elle.

Morpion : enfant né dans un chou ou dans une rose et/ou livré par une cigogne aux couples qui pratiquent l’abstinence.

« Madame la marquise m’a filé des morpions. »
Georges Brassens – Les Trompettes de la renommée

 

Roméo et Juliette : pièce de William Shakespeare traitant de la rivalité entre les Mantaigu et les Copulet.

Nikè : déesse de la victoire et du triomphe dans la mythologie grecque. Son nom, mal prononcé, est devenu le label d’un fabriquant de chaussures de sport :

« Elle t’a acheté des belles Nike, ta mère. »
Mohamed Tondoihouj-Aimondoi – Ne change pas demain !

Rhinoc’Éros : animal africain recherché pour sa corne qui est Aphroditesiaque

Tombe, raideur ! : jeu vidéo puritain dans lequel l’héroïne s’arrange pour provoquer la débandade générale. Quelques répliques entendues dans le jeu :

« - Sache-le, Super Mario : avec le temps les raideurs se déplacent !
- Range ta péninsule, Cyrano ! Ou sinon je te l’amputasse !
- Après l’émoi le déluge !
- C’est bon, c’est dans la boîte ! Coupez ! » 

26 mai 2023

OUvrard de LIttérature POtentielle ? (Le Défi du samedi n° 769)

DDS 769 Numérobis

L’architecte Numérobis souffre d’athée-rosse-clair-rose.
Tous les jours il vient chanter un couplet supplémentaire de sa complainte au mur des lamentations :

J’ai la ziggourat qui s’dilate
J’ai le temple bien trop ample
J’ai l’église qui s’enlise
J’ai la pyramide fétide
L’presbytère plein d’mystère
Qui aurait besoin d’un clystère

DDS 769 ziggourat qui se dilate

J’ai la cure très impure
Il lui faudrait une piqûre
La cathédrale qui s’étale
La gargouille qui me gratouille
La nef qui vaut pas bézef
Le transept devenu inepte
Et l’abside translucide

La basilique pathétique
Qui demande antibiotique
L’oratoire fort bizarre
Qui réclame suppositoire
Le calvaire bien trop vert
L’abbatiale en cavale
Le couvent défaillant

J’ai le cloître comme un goitre
La chartreuse désastreuse
Le monastère délétère
Le prieuré mal barré
La mosquée dévastée
L’minaret pas réparé
L’hypostyle en péril
L’cénotaphe en carafe
Mes omeyyades sont malades
Et l’évêché toujours fermé de l’intérieur

Mes synagogues sont bouchées
Le sanctuaire en misère
L’candélabre qui s’délabre
Le calice qui s’dévisse
L’tabernacle en débâcle
Et l’sacrum c’est tout comme

J’ai la foi qui va pas droit
La croyance en déshérence
Pas d’espoir en Renaissance
Juste du goût pour l’amour
Et la vie au jour le jour !

Ah mon dieu qu’c’est embêtant
De ne pas pouvoir croire !
Ah mon dieu qu’c’est embêtant
De nier ton pouvoir !

Ah mon dieu qu’c’est embêtant
D’avouer cette chose :
Ah mon dieu sans tous tes plans
Je vois la vie en rose ! 

7 octobre 2022

Moi, mes amours d'antan. 4 (Défi du samedi 736)

2223-04 Consigne Facteur filigrane psychédélique

Comme elle sent bon cette lettre !

Elle sent... Elle sent les marchés de Provence, le bagou des commerçants, le voleur à la tire, le garde-champêtre, le gendarme à rouflaquettes et à moustache, l'escapade du forçat enfermé, l'arrière-pays du Cap Ferrat, la montagne mon Dieu qu'elle est belle !

Qu’est-ce qu’elle sent encore ?

Elle a un goût de liberté, une pointe de passion animale aussi. S'il y a une femme là-dessous, elle tient plus de la sauvageonne que de celles qu'on appelle Bichette!

Elle est sûrement du genre à promettre de belles nuits... et à assurer jusqu'au petit matin !

Allez trêve de supputations, examinons le nom inscrit sur l'enveloppe :

Yves Leloup, grossiste, rue Le Bastard, 35000 Rennes

Voilà ! J'ai gagné ! C'est bien une femme qui écrit à son chevalier servant !

Et comme elle est discrète et modeste malgré tout, elle n'a pas inscrit son nom au dos de l'enveloppe. Allez zou ! Je me la garde aussi, celle-là ! Je la décollerai à la vapeur ce soir chez moi et je la remettrai dans ma sacoche pour ma tournée de demain. Le marchand de crayons en gros l'attendra bien un jour de plus, sa carte postale !

***

Scrongneugneu ! s'écria le facteur en sortant ceci de l'enveloppe :

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13 décembre 2019

PYRÉNÉES LE DIVIN ENFANT

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Vous êtes bien drôles, mes ami.e.s belges ! C’est bien beau d’inventer des mots techniques pour parler de sports qu’on ne connaît même pas par ici : la longue paume, la balle au poing, la balle pelote... C’est bien gentil de fabriquer les désignations  des terrains de jeu avec les noms de nos départements mais il faut que vous le sachiez : vous faites des jaloux ! 

 « Y’en a marre ! » m’a-t-on dit un peu partout, de la prépondérance de la Drôme et de son suffixe suffisant sur les autres toponymes. C’est vrai que pour occuper le terrain, aérodrome, hippodrome, ballodrome, baisodrome et même palindrome, ce département se pose un peu là. Et pour le déloger du hit-parade, comme on dit à Montélimar, ça ne va pas être du nougat !

Je m’y essaie quand même ce jour et je sors de ma valise magique quelques mots-valises pour le cas où vous auriez encore en réserve quelques sports originaux qui nécessiteraient un terrain adapté.


PAVEYRON : vélodrome dont la piste est recouverte de pavés pour disputer Paris-Roubaix à l’abri de la pluie.

(« L’invention du Paveyron prouve que l’Enfer du Nord est pavé lui aussi de bonnes intentions : on peut désormais assister aux gadins des cyclistes bien installé dans les gradins du vélodrome de Roubaix coin coin vous êtes ridicules » Marcel Proust – Va-z-y Poupou !


AEROHAGARD
: champ d’éoliennes dressé sur une falaise. Les éoliennes sont recouvertes de murs d’escalade. Une fois rendu au sommet l’alpiniste change d’harnachement et peut pratiquer le saut à l’élastique.

(« J’en ai fréquenté des aérohagards ! J’y ai rarement rencontré des acrophobes !" Amélie Nothomb – J’irai cracher sur Boris Vian).


BIGBANGLARDECHE : Terrain de moto-cross labouré par la pluie sur lequel les pilotes n’éprouvent que des misères et, cent fois sur le métier, doivent remettre leur ouvrage.

(« Au Bigbanglardèche, comment peut-on s’imaginer en voyant un vol plané de Steve Warson qu’une moto-crotte vient d’arriver première ? » Jean Ferrat et Jean Graton – Michel le vaillant couturier en pole position)


KYRIELLE-Y-ESSONNE : Chemin balisé d’une longueur de 42 kilomètres sur lequel sont disposés, tous les dix mètres, en fait tous les 9, 14 mètres, des haies d'une hauteur de 1,067 m que les concurrents doivent franchir sans les faire chuter sous peine de crucifixion à l’arrivée.

(« Le meilleur endroit d’un kyrielle-y-Essonne est le kilomètre 39. C’est là où les concurrents font le plus pitié et vous dissuadent à jamais de pratiquer ce genre d’inepties soit disant sportives » Winston Churchill – No sport : We’ll never surrendement).

***

-  On touche le fond, là, Docteur Coubertin, non ?
- Je crois que oui, Joe Krapov, et que vous eussiez mieux fait de vous abstiendre de participer à ce Défi !
 

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18 décembre 2020

Ne s'use que si l'on Sancerre ! (DDS 642)

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C’est dans les collines du Sancerrois et son village de Chavignol que se situe le berceau du trottin de Chavignol, plus fréquemment appelé Chavignol de nos jours.

Le trottin de Chavignol est une fille de courses au pas ferme, de forme cylindrique, très légèrement bombée à la périphérie.

Sa peau fine et naturelle est décorée d’un tablier généralement blanc ou bleu. Sa patte, blanche ou ivoire, lisse et ferme, est confondante dans les boucles et les virages. Raffiné, au minimum 16 ans, le trottin de Chavignol offre selon son diplôme de pilotage une gamme infinie de services. Merciers, gantiers, chapeliers et couturières, chaque professionnel peut trouver un trottin de Chavignol à son goût.

- En ganterie, il révèle une discrète innocence de rosière. Il est apprécié pour sa douceur et sa fraîcheur. Très agréable petite main. Pour les livraisons dans Paris, la fourniture d’un GPS est conseillée.

- En chapellerie, légèrement orné d’un voile blanc ou bleu, il gagne en maturité et en finesse.

DDS 642 Môme aux boutons- En mercerie, sa connaissance enrichie des boutons, tissus, rubans, dentelles et dessous affriolants en fait une spécialiste des vêtements de choix, de fête, d’intérieur et aussi des caracos de soie et des nuisettes. On la surnomme souvent «Momo Bouton» en référence à une chanson de Lucette Raillat que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. (Mais qui a moins de vingt ans, ici ?)

- En confection et couture, le trottin de Chavignol est “repassé” par une phase d’étude classiques chez Singer et Colissimo, ce qui lui confère une conversation moelleuse et un caractère affirmé (pour amateurs de sensations fortes !). Son vocabulaire étoffé, sa connaissance d’Audiard et de Frédéric Dard lui permettent de jouer toujours sur du velours.

La zone d’appellation du trottin de Chavignol comprend une grande partie du département du Cher et se prolonge sur la Fièvre et l’Enfoiret.

Un peu d’histoire, maintenant :

L’élevage de trottins est traditionnel dans le Sancerrois depuis le 16e siècle comme en témoigne “L’histoire mémorable de Sancerre” écrite par Jean de Léry en 1573. Les trottins étaient présents dans tous les commerces de l’époque où trottins, biaiseuses, grouillots et garçons de course se côtoyaient joyeusement.

L’origine du nom “trottin de Chavignol” est cependant plus difficile à dater avec certitude. Dans un ouvrage de 1829 intitulé “Statistiques du Cher”, l’auteur, un inspecteur des contributions directes et du cadastre, note sous la rubrique “trottin” : “Leur lait n’est pas propre à faire des nourrices mais on en fait de très bons chauffeurs-livreurs : ceux du Sancerrois sont connus sous le nom de trotins de Chavignolles”.

En 1862, on compte dans le Cher 14 359 employées de commerce chargées des livraisons et des achats de matières premières.

Dans les années 1900 apparaissent les premières agences d’intérim qui collectent les trottins et qui, notamment grâce aux moyens de transport et à l’installation de la ligne de chemin de fer Paris-Nevers, couvriront les besoins de la capitale. Le terroir, la richesse de la faune et le savoir-faire transmis de génération en génération donnent un trottin de Chavignol unique et généreux.

Le trottin de Chavignol ou Chavignol est en Appellation d’Origine Contrôlée depuis 1976 et Appellation d’Origine Protégée depuis 1996.

 

DDS 642 trottin 6

N.B. A savoir, pour les vieux satyres qui fréquentent ce lieu et rêvent d’aventures avec ces jeunesses : renoncez-y !

Le trottin de Chavignol se déguste en de nombreuses occasions, à la fin du repas bien sûr mais aussi en apéritif sur canapé, en croque-madame et de bien d’autres façons encore. Le trottin adore le Sancerre blanc. Ils forment une alliance parfaite. On peut également l’accompagner avec d’autres vins du Centre Loire, le Menetou-Salon, le Pouilly Fumé, le Quincy et le Reuilly.

Mais si elle est provinciale, la jeune fille est cultivée et encaisse mieux l’alcool que l’alcôve. Elle connaît les chansons de Félix Mayol sur le bout de ses doigts. Ne rêvez pas, en les allongeant, qu’elle s’allongera.

Ces demoiselles ont du reste été formées au plantage de râteaux par Madame Henriette Tag-Mitou du laboratoire TUMLA de l’Université de Paris-Sorbonne.

Elles relèvent donc également de l’ADI (Appellation de Destination Inaccessible).

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Le village de Chavignol vu depuis le Cul de Beaujeu (sic !)

5 juin 2020

Partisan résolu de l'herbe de bison (Défi du samedi n° 614)

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Il y a des gens qui ne jurent que par l’absolu.

Moi je ne suis absolu-
ment pas comme ça.

Ma fréquentation de Qui et de Que,
De Lequel et de Duquel
Et même d’Où et de Dont auquel
A pour séquelle que je suis plutôt adepte du
"Tout est relatif".

Il y a des gens qui rêvent d’un monarque absolu.

Moi le roi soliveau de la fable des grenouilles
(La Fontaine, Phèdre, Esope)
Me suffit bien.

Un roi irrésolu
Et un roi fainéant
Conviennent également.

DDS 614 ZubrowkaAprès tout, que veut le peuple ?
Du pain, du vin et des femmes.
Et même, si on supprime le pain, ça lui va bien aussi
Qu’il disait, Wolinski.
C’était avant Metoo et c’était de l’humour.

Il y a des gens qui ne jurent que par l’Absolut.

Moi je ne suis absolu-
ment pas comme ça.

Je n’ai rien contre les Suédois
(Comme tout est relatif j’aime mieux les Suédoises)
Mais je préfère la Żubrówka !

16 août 2019

JUSTE HISTOIRE D’ÊTRE LÀ !

DDS 572 124380158

Voyez comme il va l’ancien
Du côté de Valenciennes
Comme il promène son chien
D’Outre-Quiévrain à Marchiennes !

Non !

Pour notre pain quotidien
Il nous offre une méridienne,
Cadeau d’une immense main
Qui nous occupera la semaine !

Non !

Est-ce que tu y étais, Titien
Au raout d’l’esthéticienne ?
Je n' sais pas si tu t' souviens,
C’était avant que survienne
Ce philosophe kantien
Qui nous sortit son antienne
Et nous avoua combien
Il était fou de Fabienne.

Non plus !

Coiffé d’un bonnet phrygien
Il réclamait de l’hygiène
Jusqu’aux sommets himalayens
Où règne Cosima la hyène.

Non. Je vais peut-être reprendre le début finalement.

Voyez donc comme il va l’ancien,
Un peu plus haut que Valencienne :
Il nous fait cogiter sur du Saint-Sulpicien
Tandis que d’un œil assassin supplie sa chienne
Qu’il l’emmène trotter pour son tour quotidien
Tout le long de la méridienne.

Mouais. Mais je ne peux pas en faire une chanson. En même temps je sens que je tiens quelque chose avec la chienne.

***

Finalement, quelques heures plus tard, René Rivedoux finit par pondre son poème qu’il intitula "Idylle philoménale". Il le mit en musique et entreprit la tournée des interprètes en vogue du moment.

La chanson fut immortalisée par Yves Montand et, après ce petit succès vite effacé des mémoires, l’auteur redisparut dans les limbes de l’oubli. 

14 novembre 2019

Aplubégalix !

aplusbegalix

Aplusbégalix ! Ou, si vous préférez, a + b = x !

Je vous donne deux éléments, a et b. Vous ne pouvez pas véritablement en faire la somme puisqu’on ne peut pas ajouter des carottes et des choux-fleurs mais ils peuvent vous faire penser à un troisième élément nommé x.

X est donc l’inconnue de cette équation quelquefois capillotractée !

L’équation est parfois aussi de type 2a + 2b = x ou 4 a + b = x.

A vous de jouer :

 

1. Une maison en haut d’un arbre + un chanteur très ancien =

2. Une maison en haut d’un arbre + un slip en peau + un animal de compagnie =

3. Un fruit en haut d’un arbre + un animal en bas + deux innocents qui vont tout gâcher =

4. Un fromage en haut d’un arbre + deux animaux dont un en bas =

5. Un militaire à gros ventre + la dernière lettre de l’alphabet =

6. Une difficulté à s’endormir le soir + un faiseur de phrases qui ignore la brièveté =

7. Un appendice nasal important + un balcon =

8. Une moustache + un melon + une canne =

9. Deux moustaches + deux melons + deux cannes =

10. Quatre moustaches + quatre chapeaux hauts de forme + quatre collants =

11. Une bergère hyperacousique + un Lubrizol avant l’heure =

12. Une paire de jumelles + deux avions fous =

13. Un primate + un gratte-ciel + des avions =

14. Trois architectes au talent inégal + un prédateur au poil noir =

15. Un héros mythologique + un légume mal orthographié = (cette équation est anglo-belge)

16. Une pomme + une arbalète =

17. Quatre costumes rayés + un quadrupède =

18. Un bonnet de bain + des cris hystériques sur le bord d’une piscine =

19. Un porteur un peu enveloppé + une pierre bretonne =

20. Une robe rose + des fleurs dans les cheveux = (cette équation est spécifiquement rennaise)


Solutions en images ci-dessous :

DDS 585 Aplusbégalix solution
1. Assurancetourix 2. Tarzan 3. Adam et Eve 4. Le Corbeau et le renard 5. Le sergent Garcia 6. Marcel Proust (désolé, cher oncle !) 7. Cyrano de Bergerac 8. Charlot 9. Les Dupondt 10. Les Frères Jacques 11. Jeanne d'Arc au bûcher 12. King Kong 13. Le 11 septembre 2001 14. Les trois petits cochons et le grand méchant loup 15.Hercule Poirot 16. Guillaume Tell 17. Rantanplan et les Dalton 18. Laure Manaudou 19. Obélix 20. Isaure Chassériau.

10 août 2018

Plus on va vers le Nord, plus on se retrouve à l’Ouest !

DDS 519 120935262

C’est l’été, je crie « Pouce ! »
Il ne faut pas se faire de mousse
Et en boire une petite en douce !

Qu’elle soit brune, blonde ou rousse,
A la va comme je te pousse
Ou bien savourée avec fièvre,
Il faut bien y tremper sa lèvre.

C’est l’été, je demande : « Patron !
Il ne faut pas se casser le tronc !
Servez-moi un Perrier citron ! »

DDS 519 John Wilhelm 4 Juste un petit castorC’est l’été, je photographie,
Et je trouve sur mon chemin
Un jeune plaisantin d’Helvétie
Qui fait le même bouleau ( ?) que le mien :

La façon dont il voit la vie
Me rend mort de rire et songeur :
Il semble répondre au Défi
Avec cette photo de rongeur !

 

DDS 519 John Wilhelm 3 Walbrushing

 

 

Connaît-il notre oncle Walrus ?
Est-il familier avec lui
Pour le portraiturer ainsi
En amusante compagnie ?
 

 

 

DDS 519 John Wilhelm 1 Le parapluie à beau temps

C’est l’été, la saison magique
Où l’on s’interroge à foison :
Que serions-nous si d’aventure
On nous supprimait sans raison
Nos fournisseurs de confitures,
Les aimables Suisse et Belgique ?

Devant cette nouvelle misère
Il nous faudrait noyer le chagrin dans la bière :
« Patron ! Le monde tousse !
Servez moi donc une autre mousse ! »

N.B. « L’Univers de la famille Wilhelm » est une exposition photographique vue avec un plaisir immense par votre serviteur-cycliste en la ville de Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). Le travail photographique de John Wilhelm est visible, entre autres lieux, ici. L’abus de surréalisme est conseillé pour la santé : à consommer sans modération !

DDS 519 John Wilhelm 2 le dîner est servi

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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