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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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17 juin 2011

Les pirates ne sont pas ceux qu'on croit

110602__147- Pigeon vole ?
- Oui
- Avion vole ?
- Oui
- Kiosque à musique vole ?
- Ben non, eh, Banane !

                                                                             ***

Eh bien, si, Banane, les kiosques à musique volent. Mais nous volons tous feux éteints et de nuit. Voilà pourquoi très peu de gens connaissent notre spécificité. Nous servons aussi d'ascenseur pour le Paradis et c'est peut-être pour ça que je me retrouve ici.

 

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Je viens de me poser la nuit dernière sur ce petit îlot nommé Lihou et j'ai justement la sensation de participer à quelque chose d'un peu farcesque. Comme si la mission à moi confiée par Sainte-Cécile visait à priver une harmonie municipale d'un lieu de concert où se produire pour la prochaine Fête de la musique.

110604__002Mais je crois que c'est un mauvais exemple. Je crois qu'il s'agit d'autre chose parce que là où j'étais avant c'était aussi désert qu'ici. Je ne risquais pas d'être envahi par tous ces musiciens et danseurs qui viennent squatter l'été mes congénères urbains.

Déjà Sainte-Cécile avait l'air un peu soucieux quand elle s'est adressée à moi.

- Est-ce que tu aurais quelque chose contre un voyage en Angleterre ?
- Oeuf corse no, my dear lada da ! My dear lady Di ! A wedding at Buckingham Palace ?
- A vrai dire, ce n'est pas vraiment en Angleterre-même. C'est dans une île.
- Du moment que vous ne m'envoyez pas jouer les Incorruptibles chez Elliott le dragon du Loch Ness !
- Non, c'est plus agréable que cela. C'est plus au Sud. Guernesey.

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La Sainte a déplié sa carte et m'a montré l'endroit exact. Au Sud-Ouest de l'île à vue de nez un petit cap débouche sur une péninsule intermittente, un îlot qu'à marée basse, par une route pavée, on peut rejoindre à pied. Ca m'a fait penser à l'album « La voiture immergée », une aventure de Gil Jourdan par Maurice Tillieux, un album cartonné dont j'ai absorbé le contenu un jour que j'abritais une braderie de livres du Secours populaire français.

- Ca n'a pas d'importance, Cécile ! Je ne vais pas m'y rendre à pied, je n'en ai pas ! J'y cours, j'y vole plutôt et je me pose, quel que soit l'état de la mer.

Ca ne l'a pas rassurée pour autant.

DDS154_Roudoudou- Quand tu seras là-bas ne te laisse envahir par personne. Et surtout... n'emmène personne Là-haut !

C'est là que j'ai compris que c'était du sérieux.

- Tu peux compter sur moi, ai-je dit à la sainte. Je n'ai pas envie de me faire sonner les cloches à Rome comme Roudoudou.
- Qui est-ce ?

Les saintes sont très gentilles mais on voit bien que Dieu leur interdit la lecture, à l'exception de celle des partitions du Gloria de Vivaldi ou du magnificat de Bach.

-C'est un autre album pour enfants que j'ai absorbé à la même foire aux livres. A part ça, toute peine méritant salaire...
- Glouton, va ! Si tout se passe bien, je saurai te récompenser !

Sainte-Cécile est la reine du renvoi d'ascenseur. Elle m'a déjà remis, en guise d'acompte, une invitation personnelle pour le prochain RACKAM* qui aura lieu à Collonges-la-Rouge.

                                                                           ***

DDS154_kiosqueLe seul problème ici, depuis que j'ai atterri, c'est que je suis en manque de lecture. Et moi, quand je n'absorbe rien, je m'étiole, je deviens transparent. J'ai déjà mon toit et mes colonnes qu'on ne voit plus.

C'est con, parce qu'en venant, j'ai bien repéré de là-haut un de ces étals sur lesquels les gens d'ici mettent des marchandises en vente libre. Ils posent ça dans des boîtes sur le bord de la route avec le prix du légume ou de la plante et une tirelire pour y mettre son règlement. Et là, c'étaient des livres à 25 pences ! Carrément donné !

Malheureusement, je n'avais pas de menue monnaie sur moi. Oh oui, bien sûr, je vous entends d'ici, j'aurais pu en voler un ou deux.

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N'allez surtout pas croire que cette idée me soit venue. On peut dire ce qu'on veut sur nous autres, les kiosques à musique. Nous sommes peut-être nyctalopes, surannés, boulimiques ou farceurs, mais il y a une chose que l'on ne peut nous dénier : du culte de l'honnêteté nous sommes les plus fervents adeptes.


* RACKAM : Rassemblement Annuel Citoyen des Kiosques A Musique

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22 mars 2019

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Sêma Lao met de la couleur à Villejean

 

190111 265 017

On cherchait. On cherchait. On se doutait bien qu’il y avait une lacune. On a une piscine, un centre social, une maison de quartier, une mairie, une bibliothèque, un commissariat de police, des églises, des écoles, une université… On sentait bien qu’il manquait quelque chose à Villejean mais quoi ? 

Et puis voilà que grâce à la nature qui a horreur du vide, grâce à LMH Syndic et surtout grâce à Sêma Lao, on a trouvé. Un musée ! C’est un musée qu’on n’avait pas encore ! 

Un musée gratuit 

Un musée ! Un lieu dans lequel on marche tranquillement de salle en salle, de surprise en surprise, un endroit où l’on peut contempler de grandes fresques écrasantes (« Le Radeau de la Méduse » ou « La Liberté guidant le peuple ») comme de petits tableaux touchants qui représentent des scènes de la vie quotidienne, des paysages, des portraits, des animaux, cinq fruits ou légumes par jour et par nature morte, des personnages historiques ou des histoires très ordinaires.

Eh bien oui, ça y est, nous avons enfin notre musée à Villejean ! Il est installé rue du Bourbonnais, dans les halls au bas des grands immeubles qui font ressembler la dalle Kennedy à la Bibliothèque nationale de France. L’entrée de ce nouvel établissement culturel est gratuite, il n’y a pas de vestiaire, pas de gardien pour vous surveiller, on a le droit de prendre des photographies des œuvres exposées et surtout de les admirer.

 Sêma Lao, artiste peintre

Elles sont toutes sorties de l’imaginaire et du savoir-faire d’une jeune et jolie femme, Sêma Lao, artiste peintre spécialisées depuis sept ans dans les peintures murales urbaines (« street art »)

Dans les six halls d’immeubles qu’elle a décorés à la bombe aérosol elle a surtout représenté des visages d’enfants ou de femmes, des gestes de tendresse, des regards parfois fatigués mais toujours sincères et l’on appréciera surtout ses animaux élégants, superbes, notamment un lion, un cygne et des oiseaux de toute beauté.

Ses représentations aux couleurs saturées mettent de la gaîté, de l’originalité et de l’humanité dans des lieux habituellement neutres ou froids.

Si vous voulez vous payer, pour vraiment pas cher, une balade revigorante, un instant de zénitude, un moment de contemplation intemporelle, allez-y vite, allez visiter, si ce n’est pas encore fait, le tout nouveau musée de Villejean. Vous ne serez pas déçu.e.s et vous direz comme nous grand merci à Sêma Lao pour cette très belle réalisation et merci également aux copropriétaires de la rue du Bourbonnais pour l’avoir permise. 

Pour prolonger la visite 

Les autres œuvres de Sêma Lao sont visibles :
-          Sur son Facebook :
-          Sur son compte Instagram

On peut lire aussi un reportage sur la réalisation des fresques villejeannaises sur le site de Rennes.maville.com


Joe Krapov

30 mars 2023

Coup de tafia dans la rue Surcouf ! (Défi du samedi n° 761)

Ah quel raffut sur le raffiot
Quand le loufiat, Félix Gaffiot,
Annonce qu’il n’y a plus de ratafia
Et que tous ses buffets sont vides !

Lorsque la fontaine est tarie
Tu ne trouves plus un affable ;
Tous les affreux se donnent le mot :
C’est révolte sur le Bounty,
Les rats de cave se rebiffent !

DDS 761 Révoltés du Bounty

C’est vite une mêlée touffue
Dans laquelle tout le monde s’engouffre,
Une affolante offrande
De gnons et de bourre-pifs !

Il pleut des baffes, des coups de gaffes,
On se bouffe le museau
On entend « Bing ! » et « Paf ! »
A en perdre le souffle.

On s’arrache des touffes de tifs
Même à ceux qui n’ont plus
De poils sur le caillou !
Ca chauffe au culot des bouffardes !

DDS 761 Pepito 1

On se traite de joufflu, de bouffi,
De pâte à pouffe, de maroufle,
De mauvais mataf, de mafflu,
D’échappé des bat’d’Af,
De va de la moufle,
De manque d’étoffe,
D’efféminé,
D’avocat commis d’office,
De schizoSuffren,
De rien dans le coffre
Et si c’est ça qu’est-ce qu’on bouffe ?
Comment on étanche sa soif ?
Maffieux ! Tafiole !
Raffarinade !
Bretonne en coiffe !
Bouffon ! Ruffian !

DDS 761 Pepito 2

On se bat comme chiffonniers
On s’accroche le taffetas !
Sur le pont quelle effervescence !
Ah dis-donc mon Enée
C’est à donf qu’on défonce ici !

Les sabres affûtés ressortent la rengaine
Des joyeux bouchers de la Villette.
On ne fait pas que s’effleurer,
On ne bluffe pas
Quand les affamés crient famine :
Quand on la saute, on n’fait pas mine
De souffleter çui qui nous mène :
On va l’zigouiller, l’officier,
On va lui faire son affaire !
On va moucher cet effronté
Qui nous inflige tant d’affronts !
On va pas rester sans moufter
Comme le mufti de la rue Mouffetard
Devant son extrême suffisance !
On n’est pas des souffre-douleur !
On va t' filer des coups d’riflard !
Jeune effronté enchifrené,
Tu vas kiffer nos rebuffades !

Puis la bagarre s’effiloche
On affiche ses positions,
Surtout celle du démiffionnaire
A qui l’on fendit lèvre
Et briva finq ratiches

Et l’on ne voit plus sur la nef
Que fieffés coquins à coquards,
Soutiers effarés,
Souffreteux, éclopés,
Offensés.

A la fin on suffoque, on s’étouffe
Et on aspire – pas qu’une taffe ! - à la retraite,
Au grand silence des giraffes
Dans des pays sans orthographe !

2023-03-25 - 285 20

28 octobre 2011

On n'a pas tous les jours vingt ans !

Guillaume Apollinaire a dit : "Nous portons deux ou trois chants, que notre vie se passe à exprimer".

En voici un, de circonstance, je pense, mais...

j'ai comme l'impression de m'être trompé quelque part :

- de date ?

- d'âge ?

- d'atelier de couture ?

- d'autre chose ? 

DDS165_automne ;-))))) (private joke for my American sister !)

Merci en tout cas à MAP et Joye d'avoir bien voulu enjoliver avec leurs superbes voix la petite vidéo ci-dessous et à KatyL d'avoir participé sans qu'on le lui demande à l'illustration de la fête virtuelle !

Et, bien sûr,

Bon anniversaire, Onc' Walrus !

 

17 décembre 2010

Les rois du pétrole (Joe Krapov)

- Ah si j’étais riche ! Eh bien quoi ? Ne le suis-je pas déjà ? Riche du rêve de Belgique à la Noël, de trois jours à l’aventure ?
- Tout de suite, je pense à Tintin !
- Riche des images à venir dans l’appareil photo qui m’est tombé du ciel ?
- Je note : Joe Krapov a déjà reçu un appareil Olympus étanche en prostituant sa libellule buveuse d’eau pour un concours de photographie.
- Riche des commentaires que je trouve déposés sous mes diverses bêtises ?
- Une biographie de Jules César ?
- Riche de toute cette vie en vrai qui m’est un tel trésor que, par superstition ou crainte de le perdre, j’évite d’en parler ?
- Qu’offrir à un sentimental ? Une boîte à musique ?
- Et quand bien même nous serions pauvres…
- Ah non, ne dîtes pas ça, Joe Krapov ! A chaque fois que vous publiez quelque chose sur le Défi du samedi, ça se réalise !
- Ah bon ?
- Mais oui ! Trois jours après que vous avez écrit « Coupez leur l’électricité et leur vie en sera changée » il y a eu une coupure de courant chez vous et la boîte qui vous relie à l’Internet a flambé !
- Oui, c’est vrai. Je suis obligé d’envoyer ma contribution du boulot, en cachette, et je passe des samedis sans joie ! Mais il n’empêche, je ne veux pas devenir riche. En tout cas, pas plus riche que je ne suis déjà, Père Noël !
- J’entends bien, mais moi j’ai obligation de vous faire un cadeau !
- Pour quoi faire ? Toutes les cinq minutes M. Hayjtyla vient pousser la porte de mon bureau pour me persuader qu’on est les rois du pétrole. C’en est au point que j’ai décidé de le rebaptiser Kusturica !
- Kusturica ? Pourquoi ?
- Parce que l’Emir !
- OK, je note. Pour Joe Krapov une édition de « Tintin au pays de l’or noir » en gallo !

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- Finalement, je n’ai pas besoin d’être riche ! On est tellement les rois du pétrole qu’il ne referme jamais ma porte et que, du coup, je chauffe les mouettes du couloir ! Et puis c’est vrai que j’ai déjà un million et demi d’euros entre les mains chaque année !
- Ils ne sont pas à vous, vous ne faites que les compter !
- C’est vrai, mais c’est bien aussi, non, d’être désintéressé ?
- Je ne sais pas si c’est de travailler dans un rez-de-jardin ou quoi mais je trouve que vous manquez d’ambition, comme cave ! Moi, des types qui comptent les pesetas sans pouvoir en mettre une dans leur poche, je trouve ça pauvre, comme job !
- Vous ne me referez pas, Père Noël ! Je ne crois pas en vous !
- Allez c’est noté, Joe Krapov ! Vous avez tort ! Il y aura quand même quelque chose dans vos chaussons le 25 ! Sur ce, je vous dis « A l’année prochaine ! ».

Le Père Noël remet son keffieh, remballe son Blackberry et remonte dans sa limousine noire tirée par des rennes-vapeur puis il s’en retourne vers sa verte Finlande où l’attendent les 72 vierges qui se relaient au long de l’année pour emballer ses cadeaux et tenter de guérir sa déprime de nanti.

P.S. Lui non plus n’a pas fermé la porte. En allant la repousser, Joe Krapov s’est demandé s’il a eu raison de vouloir faire Tintin plutôt que de commander un Spirou : peut-être bien qu’un groom ce ne serait pas mal, non plus ?

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21 avril 2017

RODOMONTADES


Devant ces rodéos de motards
Au Roudourou, mon stade,
Tandis que redémarre à celui du Moustoir
L’expo de ready-mades pour moutards de Marcel,
Ami(e)s, prenez du champ !

Allez-vous en rôder, matadors, par ailleurs !
Dans les rues de Menton, par exemple,
Où le radis moutarde redemandé partout
Rendra ma tapenade fade.

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Et vous, dotée d’âme, Raymonde,
Redites-moi, tendre, des choses !

Redis-moi ton désir de raide,
O Rudes mots tout doux si cools à mes oreilles
Et raie, Dame, à ton agenda,
Ce rendez-vous de Radamanthe,
Ces radieux manteaux de neige,
Ces radeaux mâtés de hardes,
Ces radomes, taudis mèdes,
Ces rangs de menthe d’été,
Ces rudiments de tadjik,
Redimensionnements de surréel volage !

Rodomontades rimbaldiennes ou cyraniennes,
Rendues tard aux Monts abyssins
Qui vous font une belle jambe
Dans les empires de la Lune ou pas !

Sous le réséda mat qui éclot aux Hébrides
Et la rose de mai qui tarde à refleurir
Mets donc Redon, mon port d’attache,
Entre les reins de Mathilde
Et le rade de mon tonton,
Roi des mantras débiles
Aux rôts de démiurge tordu.

Que par-delà ce ramdam d’outarde en basse-cour à basse-danse
Je rêve au domaine très drôle de la route domaniale n° 66,
Au radium mutant des nuits d’incurie de Marie,
A la radio mutique des régimes pas tendres du dehors
Et aux rideaux mités des rares demeures de Montretout !

4 mars 2016

L’empereur des mers

Rien n’est régulier
Pour marquer tempo
Comme un métronome.

Trois temps d’une valse,
Le bal est ouvert,
Les robes froufroutent,

Les pieds virevoltent,
Les têtes s’enivrent,
Les cœurs se rapprochent.

La boule à facettes
Envoie dans le ciel
Des étoiles d’or.

Les encravatés
Secouent les deux pans
De leur queue-de-pie.

Les diamants scintillent.
On voit tournoyer
Des plumes de paon.

Tout au long du soir
Les morceaux s’enchaînent.
La nuit est à nous .

L’orchestre est parfait,
Le pianiste adroit,
Les violons légers.

C’est qui ce pingouin
Qui s’enfile au bar
Des shoots de vodka ?

manchot métronome 4

Pas manchot le mec !
C’est fou c’qu’il s’envoie
Derrière la cravate !

Mais bonjour, demain,
La casquette en plomb !
C’est le capitaine ?

Oh ! Pas d’inquiétude !
Le second est sobre
Et tout ira bien,

Tout au moins jusqu’à
Ce moment fatal
Que nul n’a prévu

Où le paquebot
Croise sur sa route
Un iceberg perdu,

Glaçon tressautant
Dans l’apéritif
D’un siècle arythmique

Et alors… Plouf !

 

Titanic face aux métronomes réduit

2 janvier 2015

JE ME SOUVIENS DE L'AN 2000 (Joe Krapov)

- Je me souviens que le prénom d’Alzheimer est Aloys.
- C’est bien, c’est suffisant pour qu’on ne t’enferme pas et qu’on te laisse libre de tes mouvements !
- Je me souviens que le prénom de Pérec est Georges et qu’il avait une tête de marin-pêcheur breton.
- Je confirme, aussi vrai que je m’appelle Jean-Emile Rabatjoie.

2015 01 02 Scan collage Pérec


- Je me souviens qu’on disait « Je vous souhaite une année bonne et heureuse » et qu’on répondait : « Une longue et vigoureuse ! ».
- Aussi vrai que je m’appelle Jacques-Henri Casanova, je confirme !
- Je me souviens que ma nièce, Isaure Chassériau, avait reçu un ukulélé rose à Noël !
- Aussi vrai que je m’appelle Joe Krapov, je confirme. C’est moi qui le lui avais offert !

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- Je me souviens que j’ai toujours eu horreur de jouer à ce jeu de « Je me souviens »! A partir d’un certain moment ça devient le carnaval des animaux autofictionnels ! Voire la Danse macabre des années qui passent !
- Alors, aussi vrai que tu t’appelles Camille Cinq-Sens, oublie ça et sers-nous une autre tournée ! Et souhaitons une bonne année 2015 au Défi du samedi de la part de Rennes-en-Délires !

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18 mars 2016

SI TU NE FAIS PÔ FORTUNE TU SERAS RICHE QUAND MEME DE TES VAGABONDAGES

poudrerie

A la fortune du pot-aux-roses, la lumerotte est allumée. Un vent de vérité est venu en tap-tap. De vigousses chafouins lèvent les coins du tapis. Quelques lanceurs d’alerte complètement fadas fouillent dans les placards, y cherchent des cadavres, ignorant qu’on en vend à la pelle chez le dépanneur le plus proche. C’est trop fort de ristrette ce temps de poudrerie ! Il drache du scandale, en veux-tu en voilà ! Plus aucun champagné ne se sent à l’abri ! Où donc a disparu l’épineuse protection de ces jardins secrets où nous cachions le pire de nos activités sous des pétales embaumants ?

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A la fortune du pot-de-vin j’arrose les notables, je soudoie le chafouin, corromps le champagné. Je joue le dépanneur en larges dessous de table, je fricote à tout va dans l’arrière-cuisine à la lueur des lumerottes, je fais dracher, et dru, les rétro-commissions, je suis à moi tout seul le lobby des ristrettes, il faudrait être fou pour répondre autre chose que noir à la question « What else ? ». Je roule dans la farine et dans mon vieux tap-tap les plus vigousses des enquêteurs du clan sceptique. Magie blanche, illusionnisme, rideau de fumée, poudre aux yeux, coke en stock et poudrerie : tout l’arsenal du marchand d’armes, je le destine à qui s’alarme. Nous avons les moyens de vous faire taire, cimenté six pieds sous terre. Même un sing think tank ne nous fait pas peur.

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A la fortune du pot d’échappement le tap-tap s’en va, peu vigousse, entame un tour du monde magique et mystérieux. Le chauffeur a bu son ristrette, a allumé ses lumerottes, le moteur tourne rond. Tous les fadas du bled sont montés à l’arrière. Pas un seul chafouin dans la bande. On a dévalisé Jojo le dépanneur et mis les victuailles en paniers sur le toit. On se sent plus puissants que le plus riche des champagnés du pays. Le bonheur en poudrerie étincelle sur tous les visages. C’est si bon de quitter le pays de la drache ou celui de la terre qui tremble pour gagner la contrée des rêves éveillés.

dépanneur

A la fortune du polochon volent les plumes du langage, une poudrerie de mots blancs semés au-delà du sommeil par des locuteurs si vigousses que mes oreilles résonnent encore. Il drache des carabistouilles dans les rues de Bruges-la-Morte. La Provence a fourni des félibres fadas, débordants de fadaises : le sous-préfet aux champs, couché dans le chafouin, s’entiche des dentelles du chapeau de Mireille. Aucun dépanneur québécois ne pourra jamais rien pour le tap-tap en panne de Dany Laferrière. Dans ce lit cot-conneux où je coince la bulle, si je suis le rêveur, je n’ai pas pour autant l’âme d’un champagné. Lorsque le réveil sonne, cette statue de sel de la francophonie s’effondre en poudrerie. Je me lève, m’habille et vais me consoler de cette nuit presque blanche en buvant le plus noir des ristrettes.

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A la fortune du poème j’emprunte un rond de poudrerie, un dollar bien vigousse de rimaille, une armada de billets « vers plus que fadas ». Je lui carotte des lumerottes, je le tape d’un ticket de tap-tap, je lui soustrais de quoi laper une ristrette à la buvette. La poésie n’est pas chafouine, elle se fait un honneur de jouer au dépanneur et s’il drache du rythme, si la musique me soûle et fait danser la foule je serai champagné, serpentin, cotillon, roi vaudou, fou du slam, danseur d’épithalame. Et je rembourserai le poème en liquide. Sur vos têtes étonnées drachera la plus humble et la plus envoûtante de mes forfanteries : assaut de fantaisie, char de corso fleuri, grosses tête en carton-pâte, carnaval de mots choisis, sonnets emplis de confettis, chapelet de krapoveries. Car j’aime, à la fin du poème, qu’il pleuve parfois des saucisses.


P.S. Si vous avez besoin d'un petit lexique pour les dix mots de la francophonie 2016, c'est ici !

5 décembre 2014

Ou alors demain ?

Je n’ai pas eu le temps de finir celui-là :

Toujours ils PRESCRIRONT rectitude et devoir, ordre et ponctualité. Mais à quoi bon TRANSPIRER, PRONATRICES CRISPANTES, sous nos blancs CANOTIERS ? Laissez nous CONSPIRER et opposer au STRESS les ANTICORPS vaillants de l’aujourd’hui peut-être ou bien alors demain ! SPRINTERA qui voudra dans la chasse aux CORSAIRES à TRICORNES ! On CROISERA les bras plutôt que s’étriper ! Nous nous REPAITRONS de ne rien glander. Nous RETRAIRONS la vache à lait de l’oisiveté et tant pis, mère, si CROIT le vice ! Arrêtons-nous pour PACTISER avec la Paresse à la POTERNE du rire, salle des pas perdus et TAPONS le CARTON aux tables du temps mort ! PIANOTONS ! PICORONS ! PATINONS ! POTINONS ! Pestons contre le devoir RASOIR ! Allons plutôt PIONCER, les COPAINS !

Du coup je livre mes tweets… en temps et en heure : côté procrastination c’est donc chou blanc (mais côté tweet c’est Schubert !)

Les rois fainéants n’emmerdaient personne alors que les présidents qui ne manquent pas d’air nous les gonflent ! 

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- Aï Aï Aï ma mère ! dit le paresseux. C’est quoi-là ?
- C’est l’automne, répond Poutine.
- Déjà ? J’ai pas vu passer l’été !
- Pourtant j’ai chanté ! commente la cigale.

DDS 327 koala poutine

Il voulait inventer la guillosecotine afin de recoller la tête des uns sur le corps des autres. Il n’y parvint jamais. De cette idée notée sur un ticket de métro il fit une chanson puis une autre puis une autre. Si bien qu’il ne devint jamais ni peintre ni inventeur mais chanteur.

 

Il manquait tellement d’ambition en arrivant à Paris que son ami Balzac l’appela Procrastignac

DDS 327 BalzacOldGoriot02

 De par la Madone, il y a maldonne ! Tu mérites badine ! Que tu procrastines en Aston Martin, ça m’étonne, Martine !

DDS 327 Aston-Martin

C’est bon de remettre à deux mains ce qu’on ne peut pas faire en se tournant les pouces.
Car on n’a, comme il se doi(g)t, que deux pieds et l’énergie en rêvant s’taille !

Cossards écossais que le dédain bourre, soyons avares de nos efforts : rendons à Mac ce qui appartient à Mou-staki !


Dans mon hamac - GEORGES MOUSTAKI par Laura_VB

 

Centon de Provence :
- Venez donc par ici, monsieur le sous-préfet ; pour composer votre discours, vous serez beaucoup mieux sous mes arbres…
- Aujourd’hui peut-être, ou alors demain ?

 

22 juin 2014

Gasp ! par Joe Krapov

Les idées fausses sont toutes mauvaises pour l’estomac mais pas pour l’imagination ni pour le rire.

MIC 2014 06 16 Livia, 1948 by Frederick Sommer

On s’est dit qu’on ne risquait rien à accepter les trois éclairs au chocolat que la gamine a posés comme enjeu de la partie. Comme on est soi-même féru des « Chiffres et des lettres » depuis de longues années, au point d’avoir correspondu un temps avec les animateurs de l’émission, et qu’on pratique encore, ici et là, des jeux d’écriture littéraire et des additions de factures à la pelle, on pense qu’on ne fera qu’une bouchée de la pitchounette à tresses blondes et qu’on lui offrira un cachou et un verre de limonade en guise de lot de consolation. La victoire servie d’avance sur un plateau quoi !

 

D’ailleurs, bien qu’elle se soit bien défendue, celui-ci est presque rempli par les mots croisés et on a 32 points d’avance.

 

C’est alors que Livia prend les quatre derniers petits bouts de plastiques sur son présentoir et, couvrant la dernière case rouge du quadrillage elle pose « KIWI ». 22 x 3 = 66 !

 

Et le sac est vide ! Je suis obligé de déduire de mon total le G, le A, le S et le P que je n’ai pas pu poser sur le plateau de Scrabble ! Direction la pâtisserie !

 

Quand je pense que d’ici quelques années de jeunes godelureaux de la cité universitaire, séduits par le bleu profond de ses yeux et la blondeur de sa chevelure, lui proposeront des parties de strip poker, je ris d’avance ! Avec Livia, vous allez vite vous retrouver à poil dans un tonneau, les gars !

 

MIC 2014 06 16 le_tonneau_de_tequila

 

16 avril 2014

Fable du policier qu’aimait une postière à Bordeaux en Gironde par Joe Krapov

- Inspecteur Lavardin ! Donnez-moi une cabine et un jeton de téléphone ! ».

Devant l’homme en gabardine, la postière Martine reste aphone. Plus que Pierre Arditi quand il en fait dix tonnes ce poulet-ci vous saucissonne d’une seule réplique assassine. Il a l’autorité d’une brute galonnée, la lourdeur d’un gradé à sardines qui déboîte du mess sans mettre son clignotant et la TV-brutalité de Thierry quand il Ardissonne.

MIC 2014 04 14 phone


Celui-là, pour Martine, est du genre qui cartonne.

- Si j’osais, Joséphine, si je n’étais pas atone, avec l’air bête de la cousine qui en tient une couche et troue l’ozone, je lui dirais « J’suis ta frangine ! De ton regard franc, John, plonge dans ma turbine, viens me dresser mon bilan carbone ! Vois comme je brûle en gourgandine si toi aussi tu m’abandonnes ! Sais-tu comme, dans les nuits de Chine, la cochonne califourchonne ? Sais-tu que, comme la chaude lapine, la Lapone peut-être friponne ? D’amour je ne suis pas radine et si tu viens, Dieu me pardonne, si tu me joues ta sonatine, si tu entonnes, même en sourdine, l’air qui redresse la badine, Hardi les gars de la marine, promis juré, je t’amidonne ! Dans mes buissons te hasardant tu trouveras Fanny Ardant ! Je ne serai pas Sainte Blandine mais Sainte Lionne. Je soulagerai ton fardeau en devenant Brigitte Bardot ! Allez hardi, lundi, mardi, mets tes tracas dans ton barda, sois Pardaillan, ardent par Dieu et pas lardu, évite d’être un « qui dort dîne » qui se cantonne à la cantine : découpe-la en crapaudine, ta bonne copine, mon Al Capone ! Jardine-moi, je te l’ordonne ! Je te redis, je te redonne ces mots qu’à son marquis disait la Sévigné : Bine ta bonne ! ».

Hélas c’est en sourdine que son désir bourdonne ! Et lui ne voit aucune ondine dans cette citadine anodine qui lui redonne la monnaie de son coup de bigophone. Pardi ! Ce n’est qu’une gredine ! Un ex-bas bleu de la Sorbonne !
Il faudrait payer cher l’inspecteur Lavardin pour qu’il s’adonne au plaisir de la « belladone »
Martine, Amandine ? Y’a maldonne ! Ce qu’il préfère c’est son turbin et se promener parmi les pins à mâtines en automne !

MORALITE :

La patience est un art difficile ;
Se dorer la pastille est un art d’efficience.
Il vaut mieux subir le supplice de la Sardane à Palerme
Que le sur place de la sardine à la banque du sperme
Ou celui de la téléphoniste dans une poste girondine, 
Coincée derrière son hygiaphone
Tandis que là-haut sur la colline
Dans les forêts périgourdines
Loin des routes que l’on goudronne
L’homme qu’elle aime se dandine,
Randonne et doucement fredonne :

« Qui a cassé le vase de Line ?
C’est le vicomte de Bragelonne ! »

Où habite Youri Gagarine ?
Dans un patelin de Haute Garonne !

C’est ici que se termine
Mon délire, chère Simone

Et maintenant monte en voiture !
En route vers d’autres aventures ! ».

19 juillet 2013

Des papattes, oui mais des panzooties !

DDS 255 la poule couve

 

- Mais dis-donc, Cocotte… je ne sais pas si tu te rends compte mais… tu couves un chiot, là !

- Ah oui ? Mais ce n’est pas pire, Poulette !

- Pire que quoi, Cocotte ?

- Pire que le ramassis de signes non-spécifiques qui associent chez toi présentement fièvre, céphalées, toux, pharyngite, myalgie, asthénie et anorexie. Ne ressens-tu pas une modification de ton comportement t'incitant à augmenter le nombre de tes interactions sociales, ce qui donne à penser que les transformations neurophysiologiques chez l'hôte sont un avantage évolutif pour le virus ? N’éprouverais-tu pas le besoin d’inhibiteurs de la neuraminidase ?

- Eh minute, Cocotte ! Qu’est-ce que tu racontes, là ?

- Ne prends pas cet air ahuri de celle qui vient de trouver un couteau sans lame auquel il manque le manche ! J’ai reconnu les symptômes : toi tu couves la grippe, Poulette ! La grippe aviaire, même !
  

8 février 2013

Le rapport du détective (Joe Krapov)

Si la photo est ratée
C’est la faute à Erato :

Zeus est protégé par elle
Et j’n’ai pas l’bon appareil ;

J’ai juste une antiquité
Un Olympus tout mité !

Transformiste de génie
Il s’est fait mite au logis ;

 

DDS 232 pluie

 

Pour séduire une pucelle
Le voilà pluie d’étincelles.

Au juge des délits flagrants
Ca n’paraîtra pas probant :

Avec mon vieux sténopé,
Sûr, ma photo est loupée !

Pour coincer cet adultère
Il n’y a pas de mystère ;

C’qu’il nous faudrait, dame Héra,
Ben, c’est une caméra !

 

DDS 232 détective

6 janvier 2013

NE RACONTE PAS TA VIE, J.K. ! par Joe Krapov

J'ai fait une promesse de Gascon à M. Jibhaine. Une promesse de gars con, en fait.

- Tu fais quelque chose de spécial le samedi 20 juillet 2013 ? Ca te dit de venir avec moi à Carhaix ?
- Au Festival des vieilles charrues ? Ils ont décroché la participation de Neil Young ?
- Tout juste, Auguste !
- Ah ben oui, alors, tout à fait, je suis partant.

M. Jibhaine est pour ainsi dire mon fils préféré, tout comme Mademoiselle Zell est ma fille préférée. Nous n'avons du reste, Marina Bourgeoizovna et moi-même, que deux enfants et j'avoue que je les ai un peu rasés pendant des années tous les deux avec mon écoute effrénée et répétitive des disques vinyles de cet autre Canadien errant (the other is Mr Cohen, Leonard for the intimes ! We love him too !).

C'était une promesse de gars con. Après qu'il m'a eu dit oui, je suis allé sur le site web du festival, j'ai cliqué sur « acheter les billets » et j'ai lu : « samedi 20 juillet : complet ». Je ne sais pas combien d'anciens babas cools se sont précipités mais une semaine après l'annonce de la venue du Loner en France, ils avaient tous leur billet en poche et déjà, d'avance, rempli de leur surface corporelle virtuelle plus ou moins bedonnante et plus ou moins chauve qui peut la surface des champs de Kerampuilh où aura lieu la fiesta. Ce que c'est quand même que la nostalgie de Woodstock !

MIC 2013 01 01 Woodstock

 

Si je n'appliquais pas à la lettre les principes philosophiques de mon maître vénéré et chinois Io Wao Girl « Nous devons utiliser nos mots pour construire et faire du bien, pas pour détruire ou blesser » je souhaiterais bien à ces plus rapides que moi qu'il pleuve ce jour-là sur ce coin du Finistère où ce phénomène météorologique se produit rarement mais parfois quand même un peu. Les champs seraient transformés en bourbier comme ceux de Notre-Dame-des-Landes où d'autres jeunes gens ont dansé la nuit dernière pour soutenir mon aérodromphobie et s'opposer à la construction d'un Ayroport sur ces champs.

MIC 2013 01 01 Marie-Chantal

Au lieu de cela, je souhaite un bon festival à mes congénères et j'espère que ce bon vieux dinosaure de Neil offrira une prestation plus digne que celle de son copain Bob qui fit l'âne au même endroit en 2012. Au moins, avec le Cheval sauvage qui accompagne Neil Young, il y aura du son !

Pas le même évidemment que celui d'Aurora, le premier single enregistré par le vieux hippy à voix nasale en 1963. Ca va faire cinquante ans qu'ils nous « Mr SOÛLe » l'homme de Topanga et plus aucune fille ne s'habille comme la Marie-Chantal de la photo ci-jointe. Personne ne laisse plus non plus traîner ses vinyles par terre ni ses fichiers MP3 ! Mais quand même, comme cela va vite, comme « The times they are a changin' » !

Nous vivons désormais une époque de dématérialisation. Moi-même, je dois bien l'avouer, pour calmer « ma fanitude un poil déceptionnaturée par ma gasconnerie » j'ai transformé en un fichier informatique le son de la vidéo ci-dessous.


Je ne sais pas si la raison du meilleur est toujours la plus forte, si le meilleur c'est de faire comme tout le monde et de se précipiter tous en même temps au même endroit pour être sûr de ne rien rater mais finalement, je suis un mec normal, je fais bien comme tout le monde mais avec du retard ! Quand l'alouette toute rôtie d'un concert gratuit de deux heures me tombe du ciel via le grand Youtube communautaire, j'ouvre la bouche bée, les esgourdes grand et j'emmagasine la chose avant que tout ne soit dématérialisé un jour par « le retour de la vengeance du Pic de Bugarach » ou par le fait que le grand mamamuchi Dr Google from the planet Earth a décidé de faire tout payer y compris le droit de chercher où est passé le site d'ONMvoice où nous avions déposé, lorsque nous étions jeunes et fringants, nos pépites musicales presque aussi déjantées que la vie fort peu sage de l'homme au chapeau de cow-boy et à la vieille guitare noire.

A part ça, chères et chers ami(e)s d' « Un mot une image une citation », Brigitte Bardovskaïa, Gérard Depardievski , mes nouveaux compatriotes russophiles non complètement russophones et moi-même vous souhaitons une excellente année 2013. Please, stay forever young !

 

MIC 2013 01 01 carte de voeux

12 juillet 2012

OSS 117 A LA FLECHE AVEC UN PORTABLE POUR DEUX par Joe Krapov

Il y a trois ans, sur le bitume fléchois, on se brûlait les fesses ! Je me souviens d'avoir revu Denis d'Arcangelo dans le rôle de Madame Raymonde sous une chaleur suffocante.

Mais cette année, le bitume était du genre mouillé au festival des Affranchis à la Flèche en Sarthe. Ce sont les aléas du théâtre de rue. A peine avions-nous monté notre tente au camping de la Route d'or d'or que la pluie s'était mise à tomber. Nous avons déjeuné sous la toile d'un traditionnel taboulé maison concocté par Ursula puis nous sommes allés prendre le café au bistrot «L'Entracte » qui est un peu notre QG là-bas.

Je m'appelle Nick Kent et je suis journaliste-espion pour le compte d'un journal en ligne basé aux Etats-Unis. Mon assistante tient un rôle important dans cette affaire : c'est elle qui détient le téléphone portable que nous nous partageons ce week-end. Vous ne saurez pas grand' chose sur elle car nous autres, les journalistes-espions du journal de MIC-KEY, nous sommes très économes en matière de renseignements sur Ursula A. Elle est trop efficace, je n'ai pas envie qu'on me la pique ou que la Rédac'chef l'affecte au service des sports. Pour plus d'efficacité dans la mission du jour, à savoir l'identification et l'interview du mystérieux Docteur Z, ma collaboratrice et moi avons décidé de nous séparer. Tout ce que nous savions, c'est qu'il porterait une veste rouge , un pantalon rouge et une écharpe rouge. 

MIC 2012 07 09 veggies

Ursula a tenté sa chance du côté de la Compagnie Thé à la rue. Le descriptif du spectacle « La succulente histoire de Thomas Farcy » dit ceci : « Prenez une marmite, plongez-y un saucisson. Epluchez délicatement une banane tout en retenant vos larmes lors de l'épluchage de l'oignon. Mangez des choux en abondance et sacrifiez pour l'honneur une courgette. Gardez votre torchon à portée de main ».

 

Elle a bien ri mais n'a aperçu personne qui portât une veste et une écharpe rouges. Ce déguisement "Mélanchonniste" avait été choisi par le docteur Z, fan absolu de François Béranger, pour se signaler à nous. 

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De mon côté je commençai ma recherche du côté de la fanfare Joe Bithume – si, si, cela s'écrit bien avec un « h »- car je savais le docteur Z ami avec ces musiciens. Ce premier jour, en raison de la pluie, leur prestation fut annulée mais je les ai revus à 20 heures : ils étaient vêtus de rouge ! Allez savoir si ce n'est pas le docteur Z, las de nous chercher dans la foule, sur cette photo de ravouilleur endormi ! On reconnaîtrait presque sa canne africaine !

 

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A « Madame Rosa, reine de la pop » donné par l'appréciable duo de la compagnie Crue, je n'ai repéré que cet homme-ci en rouge. Sûr que le docteur Z n'avait pas prévu qu'il pleuvrait tant ce jour. Ce spectacle en fut même interrompu au bout d'un quart d'heure.

A 16 h 30, sur la place Henri IV, alors que le ciel bleu faisait enfin son apparition, j'assistai aux pas de danse de la compagnie K (comme Krapov ?) dans « Ponktuel ». Certes, pour ma part, j'étais ponktuel au rendez-vous fléchois, habillé en rouge et or comme promis, mais mon contact n'était toujours pas là.

 

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A 17 h 30 je suivis la déambulation du SAMU. L'un des comédiens aurait très bien pu être le mystérieux docteur Z. « Et pourquoi pas ? ». Tel était d'ailleurs le titre de leur spectacle consacré aux treizièmes rencontres utopistes : il y avait là des représentants du Parti Communiste américain qui auraient bien sûr pu me reconnaître mais je restai discret et ris comme tout le monde lorsque l'organisateur leur dit : « Je vois que vous êtes deux : vous êtes venus au complet ! ».

Je m'esquivai à la dernière station au parc des Carmes et je gagnai la cour de l'école Descartes. Je dus rester debout à la représentation de « Carmen opéra clown », posté pratiquement derrière Ursula A. assise sur une chaise de métal vert.

 

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Nous assistâmes ensemble aussi en soirée au spectacle suivant « Le Tapis franc fait son cinéma ». Le docteur Z avait promis qu'il y serait mais il avait dû se déguiser en courant d'air ou se faire une gueule d'atmosphère : nous ne le vîmes point ! Nous fûmes du reste assez effarés de constater comme le rouge se portait beaucoup à La Flèche ! Ce n'était visiblement pas le bon signe de ralliement. Au terme de cette première journée, nous avions fait chou blanc !

Le lendemain à midi, je demandai à Ursula d'envoyer un texto au docteur Z. Il avait bien voulu me donner son n° de portable mais ne voulait pas entendre ma voix au bout du fil (je chante si mal que ça, Doc' ?) « sous peine de représailles » ! Comme je n'ai pas d'Assurancetourix, j'obéis. Je restai neutre : « Bonjour – Conseil Nick Kent Carmen opéra clown A+ ».

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Je vous fais grâce de mes recherches et de mes spectacles du dimanche après-midi. A 18 h 30 j'étais de nouveau dans la cour de l'Ecole Descartes, au soleil cette fois, pour une deuxième vision de Carmen, assis au 1er rang un peu sur la gauche face à la scène parmi des petits mioches bien remuants. Je m'esclaffai comme un bossu des pitreries de Don José, Escamillo, Alfredo et des deux Carmen.

A la fin du spectacle je me levai et arborai ostensiblement mon tee-shirt de l'ISU. Mais le docteur Z ne me remarqua pas, pas plus que je ne le vis.

En retournant au camping je croisai sur le pont Ursula qui venait à ma rencontre le téléphone à la main.

- Tu ne l'as pas vu ? demanda-t-elle. Vous étiez assis l'un à côté de l'autre, séparés par une dame et un petit garçon !
- Il s'est éclipsé trop vite, répondis-je. Il est coutumier du fait. Go, Johnny, go ! Telle est sa devise.

 Cette aventure aurait d'ailleurs pu s'intituler « James Bond contre le docteur Go » si nous avions eu des intentions hostiles mais tel n'était pas le cas. Ratée de très peu, cette opération « réunion du French western fan-club de Mrs Super-Joye » était donc à remettre à l'année prochaine. 

MIC 2012 07 09 Charlie 2En conduisant le véhicule vers notre home sweet home j'imaginai déjà la réplique cinglante de ma Rédac'chef préférée en recevant ma carte postale de La Flèche :

- Mon cher Nick Kent, si vous n'êtes pas capable de discerner un homme tout en rouge dans une foule, vous devriez prendre rendez-vous avec un ophtalmologue. Vous êtes peut-être Daltonien ? Tendance Averell, même, comme on dit à Brest ! Ou alors, si c'est une névrose d'échec que vous trimballez, allez donc vous allonger sur le divan d'un disciple de Siegmund !

OK ! OK ! Chef ! Il n'y a pas de réussite facile ni d'échecs définitifs ! L'année prochaine le docteur Z et moi on se déguisera en Charlie de « Mais où est Charlie ?». Ca sera sans doute plus facile pour se reconnaître dans la foule !

 

MIC 2012 07 09 Charlie

 

 

19 septembre 2012

GASPESIE par Joe Krapov

Gageons qu’en Gaspésie, le geai à l’initiale envoie dès le matin la gutturalité de son gazouillis grave au-dessus des gabares.

A l’amarre, celle-ci, barque aimable, aspire à l’ample promenade au fil de l’eau.

Se mouvoir au fleuve-serpent, dans le silence des sapins, tandis que les érables sèvent et que le soleil en sirop sourit mi-suave mi sorcier, cela peut nous séduire.

Par-dessus le ponton, le pêcheur pansu passe. Il pose ses panards sur le plancher pas net de ce petit bateau qui partira bientôt.

En émérite scribe on note à l’impromptu que le vocable Québec sonne comme un palindrome et que l’aigu précède le grave dans les accents du « e » n’en déplaise au voisin Pérec.

Sur la rive mouillée, des touristes s’arrêtent, sourient, sortent soudain un appareil photo, saisissent la seconde et sa sérénité.

Il n’y aura personne sur cet instantané. Entre l’intemporel et l’ineffable s’insinuent l’impossible, l’improbable voyage d’une image et le partage d’un paysage.

Etrange voyageuse qui rêvasse immobile, elle emplit d’une musique toujours énigmatique mon esprit étourdi par l’élucubration.

MIC 2012 09 17 Gaspésie

 

17 février 2012

Le clochard céleste (Joe Krapov)

- Vous invitez le nombre d'ami(e)s que vous voulez à passer un dimanche midi chez vous. (Attention : plus on est de fous, plus on rit et plus il faut mettre de riz pour accompagner la viande et les fruits de mer de votre paella).

Ils ont obligation d'amener avec eux tout leur stock de cartes routières, même périmées, même dépenaillées. Michelin, IGN ou autres, toutes les cartes sont acceptées sauf la carte bleue : les jeux d'argent sont interdits chez vous comme chez moi. (De toute façon, comme on nous envoie toujours nous faire voir chez les Grecs, chez nous c'est comme chez eux : du fric il n'y en a plus, les banques ont tout piqué).

Après le repas, suivi de café et peut-être pousse-café en option on pousse obligatoirement tous les meubles et on s'assied en rond par terre sur le tapis indien comme dans la chanson « Germaine » de Renaud. (C'est la seule que je connaisse par cœur avec "La chasse aux papillons" de Brassens. Cette considération n'a rien à voir avec le reste mais il faut que vous appreniez à rester zen).

DDS181 haïku jardin zen

Chacun aura marqué ses cartes de ses initiales ou d'un signe distinctif en vue de les récupérer à l'issue du jeu. Elles peuvent toujours servir, même si, comme sur la nôtre, le contournement de Mûr-de-Bretagne par la quatre voies n'y est toujours pas mentionné. (Le Conseil général des Côtes d'Armor semble plus rapide dans l'avancée de ses travaux que les upgraders de chez Michelin. En fait la raison principale de ce bug tient surtout au fait que notre carte de Bretagne date de 1984. Ce serait bien qu'on en rachète une plus récente mais au moins, nous on ne s'engueule pas en voiture comme Jean-Pierre Berthoise et son épouse).

DDS181 haïku vélo

Le jeu commence. Le donneur mélange les cartes, les donne à couper à son voisin de gauche. (Mais non, Roger, pas avec des ciseaux ! Il est con lui, eh !). Puis il en distribue 5 à chacun.

Une main innocente (Kevin ? Jennyfer ? Nicolas ? Jules ? Léonie ? Théo ? Léa ? Aïcha ? Mini-Poune ?), en tout cas quelqu'une qui ne prend pas part au jeu aura choisi auparavant dans le dictionnaire ou sur Wikipédia une des 36000 communes françaises qu'il ou elle suppose inconnue de tous. Le nom de cette minuscule cité est donné en pâture aux participants. Chacun déplie alors ses cartes et cherche à localiser Saint-Georges-de-Gréhaignes ou Condat-sur-Ganaveix sur le territoire français en regardant dans son jeu.

DDS 181 haïku lampadaire

Même si on le trouve assez vite énervant, c'est un jeu qui rend très zen. Il a au moins un avantage. Pendant que vous faites ça personne ne vous rebat les oreilles avec un omniprésident qui va entrer en omnicampagne pour omnipromettre d'omnirompre avec tout ce qu'il n'a pas omnifait pour faire omnipire encore. (Superbe et généreux ce jour, j'ajoute la version de droite de cette phrase pour celles et ceux qui envisagent de le soutenir : "Pendant que vous faites ça personne ne vous rebat les oreilles avec une envie d'être président et de mener campagne pour promettre de rompre avec tout ce qu'a fait notre civilisation supérieure alors qu'on sait très bien qu'ils ou elles n'ont aucune expérience en matière de népotisme, de bling-bling ou de talonnettes, ces malhonnêtes !).

DDS 181 haïku chapelle

- Et qu'est-ce que gagne celui qui triomphe de l'épreuve ?
- Le droit d'inviter à son tour les autres pour un repas chez lui et une autre séance de satori à Paris
- C'est le nom du jeu ?
- Maintenant oui, au départ c'était satori à Mimizan-plage parce que j'en ai eu l'idée en rêve en me réveillant à 6 heures du matin le mardi 14 février 2012. « Satori à Paris », c'est en référence au bouquin de Kérouac. Il y raconte la recherche de ses origines bretonnes. C'est rigolo, parce que vous, je vous ai trouvé « Sur la route » !
- Vous savez, je connais un autre jeu. Je suis le seul à y jouer et c'est aussi un jeu d'exploration de l'espace mais en vrai.
- Vous cherchez quoi, vous, monsieur Augustin ?
- Je cherche un ascenseur qui me ramènerait chez moi.
- Ca n'a pas l'air de vous stresser plus que ça.
- Non, je suis très zen. C'est une épreuve qu'on m'impose, mais j'ai tout mon temps. J'ai l'éternité devant moi.
- Faites-voir la carte que vous avez tirée
- Nord Pas-de-Calais.
- Vous savez, ça me revient à l'instant. Quelque part du côté de Saint-Omer, il y a un ascenseur à péniches. Ce doit être à Arques, si je me souviens bien, là où Yvette Horner possède un magasin de perles de cristal.
- Promis j'irai. Merci encore de votre hospitalité. Vous pouvez me passer un livre pour la nuit ?
- Le livre des haïkus, de Kerouac ?
- Ce sera parfait !

DDS181 haïku lune 2

 P.S. Ce dialogue est bien entendu extrait de "Dieu s'ennuie le dimanche...", roman inachevé autant qu'inachevable.

1 février 2012

Mélange de pinceaux par Joe Krapov

MIC 2012 30 3 chaisesTrois sièges en ligne :

Vos fessiers trouveront-ils

Repos en ces lieux ?

 

MIC 2012 01 30 rhododendronsLes rhododendrons

Impriment seuls leurs senteurs

Chez les Oberthür

 

C’est chez Lucien Rose

Que j’emprunte des merveilles

Pour mon seul neurone

 

TNB, UBU,

Foire, Cité, Liberté…

Les zéniths de Rennes !

 

MIC 2012 30 dragonTous ces gens qui courent

Derrière un tigre qui vole…

Des chinoiseries !

 


Papiers épinglés,

Pour éviter l’envol,

D’un "clic clic" utile !

 



MIC 2012 30 lénineC’est le crime ultime

Sur les touches en folie :

Sextupler Lénine !

 


MIC 2012 01 30 montre molleFolles montres molles !

Si tu leur demandes l’heure

Ell’s se liquéfient !

 


Viens-y, si tu l’oses

Longer les côtes de Dieppe,

Titanic moderne !

 

MIC 2012 30 jetée de DieppeSuperbe tempête !

Le bon moment pour tester

Ton si frêle esquif !

 

Une mer jetée

Et toujours recommencée :

Briseuse de grève !

 


- M'enfin, Joe Krapov ! Tu t'es complètement gouré ! Ecrire sur sa ville sans employer la voyelle A c'était pour le Défi du samedi de cette semaine ! ??

- Les erreurs ont presque toujours un caractère sacré. N'essaie jamais de les corriger. C'est de Salvador Dali.

- OK ! OK ! A part ça je te signale que t'as une agrafe enfoncée dans le pouce ! 

 - Ce n'est rien. C'est juste un accident de photocopieuse !

13 janvier 2012

CE SERA MIEUX HIER (Joe Krapov)

1934 Il y a 77 ans et des poussières naissait Georges Moustaki, l’immortel auteur de "Dans mon Hamac", du "Temps de vivre" et de "La philosophie".

1950 Il y a 61 ans et des poussières naissait Martine Aubry, à qui nous devons la réduction du temps de travail hebdomadaire à trente-cinq heures. Cette disposition emmerde tellement les  « peine-à-jouir de la vie qui préfèrent se lever tôt et travailler plus pour gagner plus et avoir une Rolex à cinquante ans» que je ne sais pas si je ne vais pas, rien que pour ça,  voter pour elle aux prochaines élections présidentielles. Ah bon, elle n’est pas candidate ? Zut alors !

1880 Il y a 131 ans et des poussières, un dénommé Paul Lafargue, gendre de M. Karl Marx et voisin de palier de M. le fossoyeur Oukrev, faisait paraître un opuscule intitulé « Le droit à la paresse ». Très étonnamment, c’est-là depuis toujours mon livre de chevet.

1623 Il y a 388 ans et des poussières naissait Blaise Pascal qui, à la suite d’un pari stupide, proposa d’inventer la brouette et réussit effectivement à donner le jour à ce véhicule bien pensé. Comme quoi les Auvergnats, qu’ils soient un ou deux ou trois, ce n’est pas si mal que ça ! Mais nous qui écoutons Brassens plutôt que Michel Sardou, nous le savons depuis longtemps déjà (57 ans et des brouettes !).

637 Il y a 1374 ans et des poussières, le roi Dagobert mettait sa culotte à l’envers. A ce jour il reste le plus connu et le plus aimable de ceux qu’on appela les rois fainéants.

486 Il y a 1525 ans et des soupières, ça n’a rien à voir avec le reste, un type eut à se souvenir du vase de Soissons et de Francisque Quinze code Clo-Clovis.

- 30000 Il y a 32000 ans et des poussières, on ne va pas chipoter, un nommé Cro-Magnon faisait la sieste à l’ombre dans une grotte des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, Dordogne, code postal 24620 et des poussières. C’est que, voyez-vous, on ne s’embêtait pas à l’âge de pierre : on taillait des silex, ça faisait de la poussière, on dessinait sur les murs des cavernes, ça faisait de la poussière, on faisait des courses au mammouth et le soir on se rassemblait pour écouter les dinosaures et secouer sa poussière. Mais vous, vous n’êtes jamais allés à un concert des Rolling Stones ?

On s’emmerdait encore moins un peu plus tard à l’âge de bronze : on coulait même des jours heureux, paraît-il.

Allez, assez glosé maintenant, musique, hombre !


 

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16 février 2012

Petit moment d'Hildarité ? par Joe Krapov

1

Y veulent bien mais n'peuvent point
C'est incommode d'être à la mode
Quand on est fan de purée
C'est pas facile d'être gracile
Quand on aime le cassoulet
Loin de l'allure et des figures
Des top-models empaillées
La vie est dure quand on aime grailler

Refrain 1

Oui mais les princes n'aiment pas les minces et pour prendre leur pied
Tous ces sacs d'osses, quel sacerdoce, leur font un peu pitié
Sans rembourrage pas d'amarrage ils ne peuv'nt pas durer
Dieu me pardonne ils sont dans la purée.


2

Y veulent bien mais n'peuvent point
C'est pour la ville que ces débiles
Ont besoin d'une femme glaçon
C'est pour paraître, sembler connaître
Tous les couplets d'la chanson
Mais s'ils veulent faire une bonne affaire
Ils se radinent tous ici
Y'a d'la matière dans notre paradis

Refrain 2

Car nous les rondes on est girondes on sait comment y faire
Pour qu'il choisisse l'aile ou la cuisse et fasse bonne chère
Ca les chatouille ça les grassouille ils crient « olé ! olé ! »
Dieu me pardonne dans tous les cas soûlés.
 

MIC 2012 02 13 Hilda

P.S. Cela se chante bien entendu sur l'air de
« La bonne du curé » d'Annie Cordy.

L'illustration, empruntée au site "Mil et une", s'intitule "Hilda"
et elle est signée Duane Bryers.

24 février 2012

Nul ne part à l’assaut du ciel s’il risque des fesses mouillées (Joe Krapov)

DDS 182 balançoire enneigée sous verreUn blanc caftan de neige a couvert le jardin,

Brisant dans son élan l’énergie écolière :

Pas de car, pas d’école et la maman, geôlière,

Doit supporter les cris de son petit gredin.

 


C’est Noël ! Il a hâte, la mauvaise graine,

D’aller geler son linge au frais de la glacière,

D’être roi des Lapons, d’emplir sa gibecière

De cristaux et de cabrioles dans l’arène.


 

- Mange tes céréales avant de t’en allerDDS 182 balançoire enneigée

Brûler tes calories, criailler comme un geai,

Sur cet écran trop blanc accomplir ton carnage ! ».


 

Pas, bonhomme, glissade au milieu des allées…

Seul trésor épargné par le petit sauvage :

La balançoire, encore un peu immaculée.

8 décembre 2011

12 HAÏKUS DE DADAIS JAMAIS N’ABOLIRONT LE HASARD (Joe Krapov)


123

MATHS… ERNELLES

1,2, 3… Le « Un »

Ravi d’être le premier

Appris par les mômes.

  

 

Caf__SlamSLAM AU CAFE DES CHAMPS LIBRES

Devant le micro

Balancer publiquement

Ses krapoveries

 


quenouille

FAUSSE NOTE

En filant la laine

Ecouter le troubadour

Qui part en quenouille

 

schroeder

REALISME DE SCHROEDER

Ce qui n’a pas lieu

Autrement qu’en un doux rêve :

Rencontrer Beethoven.


 

archimedeUN HOMME A PRINCIPES

L’idée de génie

Lui advint dans sa baignoire

Archimède alors !


 

pragueARRETE TON CHAR

68 à Prague :

Violation de domicile

Quelque peu abrupte


 

100110_002SANS PATCH NI AVERTISSEMENT SUR LE PAQUET

Cheminée d’usine

Très bien désintoxiquée

Ne fumera plus


 

090521_1031NURSERY RHYME ?

L’Eglise à Jersey

Est faite en pâte d’amande :

Sweet Lady Tartine ?


 

S_gol_neLE DESIR D’AVENIR DE SEGOLENE

Elue au perchoir

Tu verras la gauche à droite

Et la droite à gauche


 

Dom_JuanAUTRE FIN DE DOM JUAN

Frustration ultime :

Intouchables infirmières.

Hospitalisé !


 

philippulusLE FOU DE L’ETOILE MYSTERIEUSE

Cet obscurantiste

Vous n’êtes pas sans savoir

Qu’il faut l’ignorer

 

 

bruce_willisNECESSITE DU GRADE DANS LE FILM D’ACTION AMERICAIN

Pour sauver le monde

Il faut s’appeler au moins

« Chef de brousse Willis »

 

P.S. Voici quelle a été la règle d’écriture de cette semaine :

- Lancer une première fois trois dés et faire le total des points pour savoir le nombre de haïkus que l’on devra écrire. Ici, douze.

- Prendre le livre que vous lisez en ce moment : « A bout de course » de Richard Stark

- Relancer une fois les trois dés et faire le total des points : 7. Se rendre à la page 7 du livre et prendre un mot dans la première phrase. Ici : UN

- Relancer deux fois les trois dés et faire le total des points de ces deux lancers : Ici 9. Se rendre à la page 9 et prendre un mot dans la première phrase. Ici : micro

- Relancer trois fois, etc.

Ecrire douze haïkus dans lesquels les mots tirés apparaîtront. En l’occurrence ici : un – micro – partir – lieu – idée – violation – usine – Jersey – gauche – hospitalisé – ignorer – Willis


10 janvier 2012

LE CRÂNE DE LOUIS XIII ENFANT par Joe Krapov


MIC 2012 01 09
Deux jolies petites crevettes.

Leur maman, au soir, les cajole.

 

Laquelle enflamme l’allumette ?

Laquelle affole la boussole ?

 

Nul sourire chez ces belettes,

Nulle envie de faire les folles.

 

Sur le seuil de la maisonnette

Il est très rare qu’on rigole.

 

Est-ce que le père, à la guinguette

Est parti faire le frivole ?

 

Et si on collait des gommettes ?

Si on rendait les montres molles ?

 

Un petit air de clarinette

Monte dans l’auberge espagnole

 

Mais c’est une bien triste ariette,

Très peu propice aux farandoles.

 

Ne trouvez-vous pas aux mirettes

De ces filles une lueur folle ?

 

***

 

Tout s’éclaire lorsqu’à la fin

On lit le titre du tableau :

 

« Portrait, par Pablo Picasso,

De madame mère Papin

Et de ses enfants assassins. »

 

C’est la manière

Que je préfère

De ce colosse :

Sa période rosse.

 

P.S.

Si cette version vous étonne,

Si vous la trouvez un peu conne,

Sachez-le, M’sieu-dam’s, je l’claironne :

Jean Genêt m’eût eu à la bonne !

5 janvier 2012

Les chants désespérés sont les chants des plumeaux (Joe Krapov)

Refrain 1

C’est toujours le lendemain
Que le mot d’esprit me vient

C’est fou, c’est fou à lier :
J’ai l’esprit de l’escalier

 

MIC_2012_01_02_Vache

 

Couplet 1

Une vache dans un couloir
Je la raterais tout autant
Qu’un éléphant
Dans l’isoloir

Ce n’est pourtant pas sorcier
De meugler sur le palier :
« Celle qui montera chez moi
Y faire corr-idor-ida
Je crois qu’elle n’est pas encornée ! »

 

 

 

Refrain 2

C’est toujours le lendemain
Que le mot d’esprit me vient 

C’est fou, c’est fou à lier :
J’ai l’esprit de l’escalier

Ca me filerait même des crampes
Si j’n’avais l’esprit de la rampe

 

MIC_2012_01_02_P_re_LustucruCouplet 2

C’est comme la semaine passée :
J’ai oublié d’envoyer
Ce p’tit poème inédit
Que j’viens d’écrire ce jeudi :

« L’eusses-tu cru Lustucru ?
Tes pa-pâtes aux œufs crus
Jetées dans la marmite
Leur volume a tant cru
Que tout a débordé,
Un tsunami, limite,
Ou bien la Loire en crue.

Et sans attendre plus,
Lustucru Lucullus
Nous avons entamé ce civet de matou
                                         Que l’amère Michelle
                                        Retendant son écuelle
                                               Trouva « pas mal du tout ».

 

MIC_2012_01_02_NestorRefrain 3

C’est toujours le lendemain
Que le mot d’esprit me vient 

C’est fou, c’est fou à lier :
J’ai l’esprit de l’escalier 

Les pieds pris dans le tapis
Parfois je me tends des verges
Pour battre ma pomme d’api :
Je suis con comme un concierge !

Ce n’sont pas des bruits d’couloir,
Ca me fait broyer du noir,
Devenir chauve de désespoir :
J’réagis toujours trop tard !

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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