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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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21 février 2020

Le bourgeois n’est pas gentilhomme (Défi du samedi n° 599)

- Tu te rends compte, Loreille ? Le 28 décembre 2019 j’ai photographié une lemniscate alors que j’ignorais jusqu’à l’existence de ce mot !

- Et oui, c’est comme ça, la vie, Lardu ! Tu es une espèce de Monsieur Jourdain dans ton genre.

- C’est qui, ce Jourdain ? C’est un gars qui est traversé par des illuminations, comme Rimbaud ?

- Non c’est un gars qui est assis sur son prose et qui ne le sait pas ! Et en même temps, ta photo ne représente pas une lemniscate.

- C’est quoi alors cette figure alambiquée ?

- C’est une calomnie scoute !

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7 juin 2019

Des amours qui ne durent pas

Mon tout beau, mon tout léger, mon volage, mon papillon,

Je brûle d’amour pour toi et je t’attendrai cette nuit encore.

Dès que je suis allumée je me tiens droite, je t’attends, je suis prête.

Je suis dressée par le désir de te séduire et de te plaire et même si parfois, au souffle du vent, mon bout vacille je te le promets : je saurai être ton indécente, ton incandescente, le phare lumineux qui guidera ta descente.

Dépêche-toi, mon tout beau, mon tout léger, mon volage, mon papillon, de venir combler ma flamme. J’ai d’avance la tête en feu rien que d'y penser.

Je te promets la plus superbe des étreintes, un embrasement de tous nos sens. Dépêche-toi de me rejoindre avant que je ne sois devenue un tas de cire molle où flotte un étendard éteint, un amour consumé avant d’être consommé.



DDS 563 bougie 83183725_o

14 juin 2019

TIAN’ANMEN, LBD ET TOUTES CES SORTES DE CHOSES

La pierre angulaire
De tout militaire
C’est la jugulaire.

C‘est à elle qu’il incombe
De protéger des bombes
Sa petite calbombe :
Faut pas que son chapeau tombe !

Elle maintient le casque
Sur sa cervelle flasque
Où jamais un pourquoi
Ne reçoit 
De Parc’que

Parce que le « Scrongneugneu »
Le « Jeveuxpasl’savoir »
Le « Silence ou l’mitard ! »
Sont la pierre angulaire
De ce discours vieux jeu
Des hommes de pouvoir 
Qui manient le bâton :

« Jugulons ! Jugulons !
Jugulons les motions, 
Les passions, les pulsions, 
Les questions,
Les revendications
Des jeunes à cheveux longs
Telle est notre chanson !

Si tant est que l’on puisse, 
La jugulaire serrée,
Emettre un son de voix
En tapant sur son fils
Ou en tirant dans le tas
Au nom de la police ! ».

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Photo prise dans la cathédrale de Nantes 
le 8 juin 2019

Eh bien alors, militaire ?
On oublie sa jugulaire ?
Bataillon disciplinaire !


24 mai 2019

J’AI PÔ EU L’TEMPS D’L’INTERPRÉTER MOI-MÊME !

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Dans la goualante du pauvre Jean, l’eusses-tu cru, il n’est pas question du chat de la mère Michel. On soupçonne d’ailleurs le matou d’être allé chercher fortune ailleurs que chez cette maritorne, autour du Chat noir très précisément. C’est Pierrot, écrivant au clair de la Lune, qui aurait été le dernier à le voir passer sous sa fenêtre.

Pendant ce temps le meunier dort, son moulin va trop vite, il va s’envoler. Frère Jacques lui aussi roupille déjà : il rêve qu’il se trouve dans le palais de dame Tartine ou qu’il est étendu auprès de sa blonde dans un champ de gentils coquelicots.

Tout un folklore de beautés archaïques se baigne à la claire fontaine, file la laine, danse sur le pont d’Avignon ou sur celui du Nord, trouve son mari trop petit tandis que Malbrough s’en va-t-en guerre, que trois jeunes tambours en reviennent en chantant « Le déserteur » de Boris Vian et que Monsieur Dumollet fait de beaux voyages en passant par la Lorraine.

Aux marches du palais on prétend que le roi Dagobert met sa culotte à l’envers et ne sait pas planter les choux à la mode de chez nous.

Finalement c’est Margoton la jeune bergère qui a trouvé le chat de la mère Michel : elle l’a adopté et lui donne la tétée.

Mais tout ça n’est que chansonnette. Si la goualante est une complainte plus ou moins populaire il nous faut entonner le répertoire piaffant de la môme Edith et évoquer quelques épisodes moins glorieux de la misère humaine. Ici on essuie les verres au fond du café, on essaie de voir la vie en rose avec un légionnaire de passage, un accordéoniste au coin de la rue là-bas, un pauvre clown, un Milord abandonné. Chez Cora Vaucaire on trouve des mendigotes sur la butte et chez Mouloudji les amants sont infidèles. Surtout ceux de Saint-Jean.

Dans la belle province on plume l’alouette et on fait raconter leur vie aux phoques d’Alaska. C’est vraiment n’importe quoi, la chanson francophone !


C’est pourquoi, par solidarité avec Dieu, dont je me souviens qu’il est mélophobe, je n’entamerai pas de goualante aujourd’hui !


Ca vous fera des vacances à vous aussi !
 

15 mars 2019

Bingo !

DDS 550 Wisigoth Couv_4264

Le Wisigoth n’a inventé ni le jeu de go ni les Lego.

Il ne se nourrit pas que de veau Marengo. Il aime bien aussi le gigot, la tome d’aligot et apprécie les berlingots.

Il ne boit pas de ton Château Margaux de derrière les fagots si tu l’as rangé au frigo. Il préfère le whisky à gogo.

Il ne danse jamais le pogo même à Glasgow où les punks sont des pousse-mégot ravagés par l’impétigo.

Il trouve que « Tintin au Congo » est une lecture pour les nigauds qui n’entravent rien à l’argot.

Il a planqué tout son magot et ses lingots dans la cale de son vieux cargo qu’il a baptisé « Reine Margot ».

Il monte souvent sur ses ergots car il n’aime pas tous ces ragots sur ses déboires conjugaux.

Il dit que devant sa hachette qu’il brandit à tire-larigot
Tous les hommes se retrouvent égaux
Et tous les moyens sont légaux
Pour écrabouiller l’Ostrogoth,
L’autre crocodile du marigot,
Son saligaud d’alter ego un poil dingo 
Qui danse le tango avec Anne Hidalgo
Mange des escargots et voyage au Togo 
D’où on le rapatrie pour cause de lumbago.

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31 mars 2017

LOREILLE ET LARDU : BAS DU FRONT !

LARDU - On est chez nous ! Ne venez pas nous envahir ! C’est chez nous, ici, on est Français, d’abord ! On a bien le droit de boire notre Coca-Cola et de fêter nos anniversaires chez MacDo si on veut ! Nous, notre culture, c’est le foot, devant la télé avec des pizzas et des Heineken ! On roule en Toyota et en BMW si ça nous plaît !

LOREILLE - Mais, Lardu, toi tu n’as qu’une Opel Kadett toute pourrite !

LARDU - C’est sûr, si j’avais les moyens, je ne cracherais pas sur une Ferrari. Ni sur une montre suisse de luxe. Il n’empêche, l’immigration c’est l’insécurité ! Les Français d’abord ! On est libres et on veut rester libres de prier Jésus-Christ, d’aller voir "Star wars", de regarder « Six feets under », « Derrick », « Maigret », « Sherlock », d’avoir des Ipad, des Iphones, de porter des Nike, de préférer la paella au couscous, d’aimer les nems plus que le kebab, le Sidi Brahim plus que la vodka, la moussaka plus que le saké, les mezze plus que les mezzos…

LOREILLE - J’ai du mal à te suivre aujourd’hui !

LARDU – Ces bachi-bouzouks ne toucheront pas à notre patrimoine millénaire : la merguez qu’on voit griller sur les barbecues clairs, nos méchouis, nos bretzels, nos mokas, nos chips, nos cardigans, nos bermudas, nos paréos et nos ponchos, nos canapés en moleskine, nos tatamis pour le judo, nos jeux de mah-jong, de mikado, nos baby-foots, nos bonzaïs, nos ocarinas. Ce n’est pas pour vous, notre boycott des diktats, notre « non aux ersatz ! », notre goût de la bronca ! Notre nirvana n’est pas pour votre karma ! Les kamikazes à Kalachnikov, au goulag ! Nous avons des charters pour refiler le blues aux cinglés du music-hall !

LOREILLE – Mais enfin, Lardu ! T’entends ce que tu dis ? Tu t’écoutes quand tu parles ? Cesse donc cet ostracisme !

LARDU - On est chez nous ! Les Français d’abord ! Nos artistes nous suffisent, pas besoin des leurs ! Pablo Picasso, Salvador Dali, René Magritte, Modigliani, Stromaé, Jane Birkin, Julio Iglesias, Luis Buñuel, Costa-Gavras, Nana Mouskouri. Même Rika Zaraï avec sa bassine pour bain de siège sans chemise sans pantalon, ils n’arriveront jamais à la hauteur de ses chevilles. Stop à la submersion migratoire ! Etre Français, ça se mérite ! Priorité nationale ! Véhicule prioritaire ! Increvable ! On est les as du volant !

LOREILLE - Je suis à mille bornes de ta pensée, aujourd’hui, Lardu. A qui tu t’adresses, présentement ?

LARDU - Ben à eux ! Aux envahisseurs, là ! Les estrangers ! Les hommes à la peau verte ! Les Martiens ! J’ai les preuves de ce que j’avance !

DDS 448 Les lectures de Lardu


LOREILLE - M’enfin, Lardu ! Il ne faut pas croire tout ce qui se dit ou s’écrit ! Ce ne sont pas des informations avérées, loin de là ! Ce que tu viens de lire ou voir ce sont des œuvres de fiction ! Un genre de « fake » en quelque sorte !

LARDU - Tu dis ça pour me rassurer ! Tu ne ferais pas partie d’un cabinet noir, toi, Loreille ? Tu ne m’aurais pas mis sur écoute ? Je te trouve le teint bien verdâtre, aujourd’hui. Tu participes au complot ?

LOREILLE - Ne sois pas si suspicieux ! Le printemps est arrivé, il fait beau, viens, on va faire un tour dans la campagne, ça te fera du bien, ça va t’aérer le neurone ! Faut pas vivre dans le repli comme tu le fais en ce moment !

LARDU - Bon. Ok, je veux bien ! Mais seulement parce que tu es un bon Français, toi !

LOREILLE - En tout cas une chose est sûre : c’est très bien que tu aies oublié de t’inscrire sur les listes électorales ! Je n’ose imaginer ce que tu aurais pu voter avec de tels discours !

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Image empruntée au "Canard enchaîné" n° 5031 du 29 mars 2017

30 juin 2017

TENTATIVE INABOUTIE DE DÉROUILLAGE DE LA MÉCANIQUE CÉRÉBRALE

Le bidouillage est bien souvent informatique et nécessite de la pratique (ou pas !).

Le tripatouillage est politique, électoral ou financier et nécessite du secret.

Le magouillage est identique et nécessite au moins un François Béranger pour le transformer en blues.

Le lichouillage est érotique et nécessite un consentement mutuel sinon on va tout droit de la case Sofitel à la case prison.

Le trifouillage est narinaire et nécessite de savoir jusqu’où on peut aller trop loin sans que ça ne se transforme en joyeux tango des bouchers de la Villette : faut pas qu’ça saigne !

Le zigouillage est systématique et nécessite un régime dictatorial ou tyrannique ou une misanthropie relevant du cas clinique.

Le cafouillage est endémique et nécessite des rétropédalages, des démissions, des changements de braquet – ou pas !

Le mouillage est à la halte nautique et nécessite une ancre et aussi des amarres. Vous verrez, c’est plus loin, juste à côté du cirque !

Le mâchouillage est l’apanage des boulimiques et nécessite du chewing-gum, des crayons de bois ou n’importe quoi d’un peu mou (chique de tabac, etc.).

Le farfouillage est bordélique et nécessite une galerie La Fayette ou une période de soldes. C’est justement en ce moment !

L’Allelouillage est catholique et nécessite que le Léonard soit Cohen et que la Bigoudène soit coite.

L’agenouillage est malaisé chez l’arthritique et nécessite un bon coussin pour les genoux.

L’épouillage tourne Serge en Gainsbourrique et nécessite une Elisa.

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Le verrouillage est aristocratique et nécessite un Fragonard qui ferme la porte. Paradoxalement, dans ce qui suit ce geste, tout reste ouvert !

Le gazouillage est encyclopédique à condition de ne pas dépasser 140 signes. Exemple : «Pourquoi est-ce que tu t’en-quin-tettes à envoyer des tweets, Schubert ?»

Le gribouillage est hiéroglyphique et nécessite parfois de démêler le tien du mien, l’égyptien du mésopotamien et Pierre de Rosette (Pierre et Rosette sont les personnages du « Verrou » de Fragonard évoqué plus haut).

Le scribouillage est la marque de fabrique du prolifique et nécessite un mauvais style. Ici personne ne scribouille, on se livre à des bidouillages esthètes et à des jeux oulipiens. Pour tous ceux qui tiennent à oublier Proust, c’est une nécessité vitale !

Le grattouillage est guitaristique et nécessite qu’on fiche la paix une fois pour toutes à la rengaine « Jeux interdits » qui se joue, elle, en arpèges. Les accords de Do, Fa et Sol 7 devraient suffire à nos bonheurs de jolis chants autour de ce foutu feu de camp qui ne veut pas prendre ! On a des scouts dans l’assistance ?

Le bafouillage est bien comique mais il faut pour cela le talent d’un Pierre Repp ou d’un Francis Perrin pour que ça fasse du bien à nos zygomatiques (voir ce mot).

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Emporté par mon élan, j’ai failli ajouter :


L’échouillage est du genre Atlantique et nécessite un Titanic (avec deux glaçons, s’il vous plaît).

La carabistouillage est peut-être lié à la Gueuze Lambic et nécessite de pratiquer les Hauts de France et/ou les Bas de Belgique.

Le cornegidouillage est ubuesque et Jarrythmétique et nécessite un crochet à phynance et un royaume de Pologne.

Le tatouillage n’est pas épisodique et nécessite, - quelle abjection ! - une injection d’encre non sympathique !


Notons que «bidouillage», qui était notre point de départ, a en commun avec «gribouillage», «grattouillage» et «gazouillage» de tolérer un suffixe en «is» : on peut donc dire aussi «bidouillis», «gribouillis», «grattouillis» et «gazouillis». Par contre bigoudi n’a rien à faire dans cette liste, même s’il est porté par la Bigoudène mentionnée sous «Allelouiage».

Mais du coup, comment appelle-t-on l’action de bouillir sans génie ? La «cent degrés y’a» ?

J’ajouterai pour terminer que dans leur chasse aux vocables pour illustrer le «Dictionnaire-bêtisier du Défi du samedi» certaines andouilles ne reviennent jamais bredouilles : c’est le cas pour moi cette semaine. Et je trouve que je l’ai bien bidouillée, cette contribution ! Car «en même temps», comme on dit maintenant, elle ne dit absolument rien de ce que je bidouille dans ma vraie vie !

P.S. Si jamais, pour cause de vacances et de vadrouillage, je ne puis être là la semaine prochaine, je vous souhaite à toutes et à tous, pour cet été, un bon et excellent «glandouillage» !

11 août 2015

Eleph-erre-algue-ant ?

Moi aussi j'ai une mémoire d'éléphant. Et je me souviens bien d'avoir déjà envoyé un texte sur ce thème de l'éléphant au Défi du samedi. Grâce à M. Google, mon archiviste préféré, je l'ai retrouvé. Il est ici mais je vous fais grâce de sa republication, même si sa relecture m'a bien fait rire.

J'ai préféré faire oeuvre originale et du coup j'ai traduit très librement la chanson "Effervescing elephant" évoquée là-bas et qui figure sur le deuxième album solo de Syd Barrett, membre fondateur de Pink Floyd un peu trop vite barré à mon gré.

En français, c'est bien allumé aussi ! 

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Un éléphant effervescent
Cogitait dans un verre à dent
Il se rappelait le bon temps
De ce petit cirque ambulant
Il allait de villes en villages
N’était jamais que de passage

Il y faisait son numéro
Juché sur un petit vélo
Il faisait rire les enfants
C’est là le lot des éléphants
Maintenant c’n'est plus pareil
Il fait noir et il a sommeil

Ah mon Dieu quell’ drôl’ de nuit !

2

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Mon éléphant effervescent
Se rappelle aussi ses parents
Son oncle Hathi, l’exceptionnel,
Aux Indes il était colonel
Mêm' les tigres en avaient la trouille
Lorsque déboulait sa patrouille

Il se souvient de Tante Odette
Qui habitait dans une éprouvette
C’était une femme d’expérience
Elle travaillait pour la science
Tout d’abord à Gif-sur-Yvette
Puis à la Cité d’la Villette

Oui vraiment ça c’est Paris !

3

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Mon éléphant effervescent
Sait qu’il y a des milles et des cents
Un grand oncle phénoménal
Fut alpiniste sous Hannibal
Et qu’un autre, couvert de poils
A fait trembler Neandertal

Il y eut aussi dans la famille
Celui qui habitait la Bastille
Il y chantait de l’opéra
Pour Gavroche au milieu des rats :
Le grand aria d’Iphigénie
Qui change de pied sur l’coup d’minuit

C’est du moins c' que dit Tardi

4

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Mon éléphant effervescent
Hyper-mnésique à cent pour cent
Se souvient du cousin Dumbo
Vêtu d’une cape ridicule
Qui volait dans un ciel très beau
Sur une vieille pellicule

Il connaît tous les temples où crèche
Ce gros rigolo de Ganesh
Quand les hommes boivent il devient rose
Il se moque de leur cirrhose
Et de leur propension notoire
A proclamer « défense d’y voir »

Même si c’est en Zambie

5

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Mon éléphant effervescent
Vous trouverez cela décevant
Je l’ai rencontré une nuit
Où je souffrais d’une insomnie
Et d’un fabuleux mal de crâne :
J’avais besoin d’un Doliprane

J’ouvris l’armoire à pharmacie
Située au-d’ssus du lavabo
J’découvris qu’il n’y avait ici
Ni aspirine, ni placebo,
Ni même de tube d’Efferalgan
Alors j’avalais l’éléphant

Et ma chanson est finie

A moins que je ne me trompe ?

 

Et je vous l'ai chantée aussi ! 

2 avril 2015

CHANGEMENT D’HEURE ET DE BONHEUR

Le cadran solaire désespère
L’encadreur qui s’arrête un quart d’heure,
le cadreur qu’on ne voit pas sur l’écran,
Le cardeur qui a pété un cardan,
Le coiffeur emprisonné dans son carcan
Pour avoir profané avec ardeur
A l’épiphanie, quelle horreur, 
L’épi fané de Fanny Ardant.

Le cadran solaire désespère
De nous voir jouer les pervers
Avec le temps deux fois par an :
Samedi dernier encore nous l’avons arrêté,
Tous ont perdu une heure
De sommeil et de rêve,
De repos du guerrier,
De trêve
De confiseur.

C’était au soir de ce concert
Donné dans une boucherie
Nous y avons bien ri
Et mangé du dessert ;
Mais plus tard dans la nuit
Nous avons suivi le bœuf
Des technocrates à crâne d’œuf
Qui passent à la moulinette
La Nature et nos amourettes
Et à l’heure d’hiver ou d’été
Le troupeau des moutons bêlants
A qui on vole le printemps
Et les ors de l’automne
Sans faire de quartiers.

Seule à coincer la bulle
Sans se soucier de l’heure
Lina la somnambule
Faisait notre bonheur
Faisait notre bonne heure
D’une chanson de Gainsbourg :

 


Le cadran solaire désespère :

Pendant six mois il a tout faux
Alors qu’il a toujours raison :

"L’une sera notre dernière",
Elle éclipsera le soleil
Derrière un nuage de brume
Et nos costumes
Et nos coutumes
Seront posthumes.

Le cadran solaire désespère
Lorsque tout gris passent les jours
De notre comique trip,
De notre comic strip,
De notre débandade,
De notre destinée,
De notre prébende décimée.

Le cadran solaire désespère :
Avec le nez toujours en l’air
Jamais il ne verra,
A lui tourner autour,
La petite trotteuse
Aguicheuse
Des montres, toquantes toquées
Des orfèvres du Quai.

Jamais il n'entendra
Le petit tralala

D’une Suzy Delair,
Le quart ou demi-tour
D’une fille d’amour,
D’une petite reine
Qui ne lui ferait compter que les heures sereines,
D'une brave Mar-gnoMonique embobineuse
Qui rendrait sa vie lumineuse ! 

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5 juin 2014

Ah ! Dieu, veaux, vaches cochons, libérés qui s'envolent !

Lorsque les vaches volent, Djamel se gare des bouses. Elles pleuvent par douze, s’amassent en monceaux, atterrissent en rond et dans le saint des saints de ce cercle d’initiées les nouveaux religieux de l’ordre du Tartuffe viennent caresser l’espoir que poussera ici l’aiguille du Midi.

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L’aiguille du midi, c’est l’heure du maçon. J’écris alors au fil à plomb, avec un vil aplomb, des histoires verticales sur les murs de la ville. Le passant peu pressé s’arrête, lit mes bêtises et se gondole comme Sheila et Ringo à Venise. Il lui pousse au thorax un maillot à rayures et, sur sa tête hilare, un beau chapeau de paille avec un ruban rouge. L’Eglise Notre-Dame devient un campanile qui penche pour la solution de faciliftée et la Vilaine se refait une beauté en détournant son cours vers celui de la lyre ou plutôt de la lire car on y est revenus depuis que la nymphe Europe fait de l’œil aux taureaux de son beau regard franc aux lignes bleues des Vosges. Midi c’est l’heure de casser la croûte pour le maçon mais pour cent bricks, tu n’as plus rien comme bateau sinon ceux de papier que tu peux fabriquer si tu as retenu les schémas de l’enfance.

Justement, la vieillesse c’est quand tu t’aperçois que tes souvenirs d’enfance n’intéressent plus personne, que Cyrille Guimard n’a jamais décroché son doctorat d’espoir et qu’on ne te volera pas le vélo à son nom, pas plus qu’un Poulidor, car il ne fait pas bon arriver en second au pays où les loups portent des masques d’homme, voyagent en avion, abattent des forêts pour pousser leurs camions. Les arbres explosent en silence, tous les Chinois rêvent d’un carrosse à défaut de trouver une Chinoise à leurs pieds car ils ont trop serré le numérus clausus et ne croient pas au Père Noël.

Le temps s’arrache, inexorable, de la machine à lover et le tambour s’attache à délaver l’inessorable, à blanchir le persil des narines, à coller des pains à l’azyme glouton, à réduire les bonus sans nous faire de cadeaux sauf à Arielle Dombasle que j’échangerais bien contre deux barils de poudre d’escampette quand elle chante ou quand BHL trompette. Direction un pays de cathédrales folles, de vaisselle cassée, de montres molles, de maisons sans lignes droites, de fenêtres monstrueuses pour dévorer l’ado qui ne sort plus de sa turne.

Thabor compo

Direction le parc du Thabor ! Je promène un jardin au bout d’un baluchon, je capture des ailes d’anges tatouées sur des blousons, je regarde bronzer les dernières liseuses même pas numériques, j’envie les affalées aux âmes d’azalées, le nez dans le soleil, les pieds dans la fontaine. Je me nourris des roses, de ces monceaux de roses qui parfument la ville et je pourrais mourir avec la bouche bée pour peu que les abeilles viennent butiner ma luette, ma gentille luette et je me plumerais avec tout le Québec en ces temps de Canada dry et de sécheresse de ton des chenilles qui disent « Minute » aux papillons.

trois boutons de rose

  La postière est enceinte et ça n’est pas de moi de m’en aller ainsi, de la vieille sacoche du facteur suicidé que chantait Moustaki vers la boîte timbrée du village de Trentemoult : je ne me poste pas sur le pas de la porte pour qu’on m’enveloppe du regard ou pour qu’on m’affranchisse du cachet des vedettes ou de leurs secrets d’alcôves . Je me tamponne de certaines flammes. Si mon timbre résonne, c’est que sur le chemin, escarpe de Paulette, je m’apprête à rouler de nouveau, narquois, la société qui m’offre des vacances. Quand la vie m’enchante, je chante !

boîte

La postière est en sainte. Le bébé qui naîtra sera sain d’esprit et de corpore sano. Il aura Vénus en lion et la laine en mouton dont il suivra le fil afin de découvrir au bout de son chemin l’étoile du Berger. Moi, de toute façon, je suis comme Maryvonne, je ne sais plus où j’habite. Je lui laisse les pépins, au mouflet. Qu’il renaisse en pommier, moi je garde la cerise, je continue d’écrire sans trop savoir pourquoi, sans trop savoir comment, les mêmes cartes postales qui font plaisir aux gens même s’ils les reçoivent après que je suis revenu mettre un coup de soufflet dans l’anus des cochons afin qu’ils volent vers Monterfil pour y jouer du biniou. C’est quand même grâce à moi, à mon souffle magique, à mes fausses notes de rêve, qu’il pleut de la saucisse sur toute l’Ille-et-Vilaine, non ?

Et tant pis pour ceusses-là qui n’ont pas de galette. Comme a écrit Jules Verne « Seul est vraiment libre l'homme qui ne possède rien ».
- Justement , répond l’oiseau-Bakounine, ma propriété, c’est le vol !

S’il n’y avait pas ces faillies vaches qui planent, nous étonnent et nous tannent d’explosions de méthane, on serait au paradis, non ? 

Bien sûr que si, et cela même dans une Bretagne à quatre départements !

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13 juin 2013

Critique dramatique ambulant (Joe Krapov)

Quand reviennent les beaux jours dans la ville que j’habite, je me remets à exercer l’improbable métier que j’ai toujours rêvé de faire : critique dramatique ambulant (CDA). Je monte dans le bus avec un pliant de camping à la main et je vais écouter « La Traviata » sur écran géant place de la Mairie à Rennes. Je vais découvrir un quatuor de musiciens inconnus, le Gribi quartet,  et faire partie, en fin de leur concert, d’une chorale improvisée qui entonne avec eux des ragas indiens et des chants de griot africain. Bientôt je planterai ma tente au camping de La Flèche (Sarthe) pour retrouver « Les Affranchis ». Dimanche dernier, le CDA que je suis a fait sept kilomètres à bicyclette pour aller voir des spectacles en plein air. Vous auriez pu le reconnaître à son sac à dos d’où dépassait une pompe à vélo et à son casque de cycliste pendouillant par-derrière le sac. Merci en tout cas au journal « le Défi du samedi » de bien vouloir publier ce compte-rendu de randonnée culturelle quelque peu déjantée mais pas trop : « On fait ce qu’on pneu comme disait mon confrère Paul-Louis Mignon à son pote Henri III ».

Tout le temps de la semaine me semble un monde cafardeux, noyé de chagrin, de boulot, de quotidien subi, de peines de prison pour le cœur. Quand on a besoin d’oseille, une vie à gagner, on se trouve trimballé du lundi au samedi sans entrain. Bien meilleur est le dimanche, plein de renouveau, de bonheur charmant, de merveilles, de chansons et d’oiseaux.

Même parmi la foule du festival Robinson à Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine) on revit, seul au monde ou presque, l’aventure de l’île au trésor. Amarrée au bord de l’eau du canal d’Ille-et-Rance la péniche-spectacle de M. Charbonneau sert de point de ralliement. C’est qu’on va cavaler, pendant les heures qui viennent, de la cale Robinson au jardin du moulin, traverser la grande pelouse, emprunter la passerelle pour aller du côté cour au côté jardin.

Que retenir cette année de ce bon vieux festival Robinson ? Tout ou quasiment tout ! Mais puisqu’il faut choisir de vous raconter un seul de ces spectacles de théâtre de rue, avouons le faible éprouvé pour le « Prince à dénuder » de la compagnie Ocus.

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Aurais-je été séduit par l’entregent de la comédienne, par les côtés charnels de son désir de prince charmant, par sa voix chaude et sa science de l’escrime ou de la descente de petits verres ? C’est possible : un rien m’émoustille pourvu qu’il soit femme ou fille, violoniste irlandaise, danseuse bretonne ou même cantatrice grecque jouant une fille perdue à cheveux gras dans un opéra italien adapté d’un roman français à flanquer la tuberculose à plus d’un effeuilleur de marguerite.

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Mais le prince qui viendra, qui arrive au galop, qui déboule sur le terrain herbeux de la séduction cavalière, il faut bien avouer qu’il n’est pas mal non plus. Comme le dit la notice du spectacle-médic-amant « le prince est charmant, il sent bon, il joue de la guitare comme un dieu, il fait des poèmes sous la lune et il a les dents qui brillent ". Alors pourquoi cela ne marche-t-il pas entre ce clone moyenâgeux de Gatsby le magnifique et cette Blanche-Neige transfigurée par les messages du MLF que les corbeaux du coin ont portés jusqu’en son château de carton-pâte ?

Pourquoi nous ravit-il, ce « spectacle de rue pour une princesse, un prince, une guitare et un cheval moche » ? Parce que c’est du cinéma en vrai, et du grand et que tout y passe ! Dès l’arrivée de l’homme sur son cheval de son on pense aux « Visiteurs du soir » et la guitare électrique semble Garance-tir à qui guette des tonneaux de Satisfaction. Quand elle lui commande une suite de sérénades en les appelant par leur numéro dans la liste, c’est le juke-box d’American graffiti réinventé à sauce troubadour-trouble amour : Mel Brooks revisite le temps à coups d’anachronismes et tout le dernier siècle en chansons défile car on entend Brassens, Renaud, Vassiliu, Bob Marley, Sanseverino et même Gilbert Bécaud. 

Mais lesdits bécots attendront car le western a commencé ! Il l’a traitée de tarte et sur le jardin du moulin Laurel et Hardy sont apparus, Mack Sennett macule la saynète, l’entarteur belge frappe encore – Tiens voilà du Godin, du badin, du gadin et la mousse à raser, à défaut d’épinards, jette un froid entre Olive et Popeye. Ca ne va pas toujours de soi, d'aller de conserve !

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On fera très vite d’une rapière deux coups et on se retrouvera dans Scaramouche avec des bleus à la lame comme à l’âme avant que d’un épithalame elle ne finisse par avouer son feu (Ocus !) de sorcière de Salem à ce salaud d’homme.

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Je passe sur la scène du mariage qui rappelle par trop les malheurs de Marilyn M. Epouser un boxeur, un intellectuel ou un employé de Meetic, c’est toujours découvrir que le prince charmant vous préfère un beau jour la galette-saucisse, la bière devant le foot et le manque de romantisme absolu avant la prière du soir sur la route de Memphis.

 

Alors, Castafiore castratrice, matriarcale Bretonne de Saint-Germain-sur-Ille, Claire Laurent épingle Benoît Bachus – bravo à tous les deux – parmi les têtes de nœuds papillons qui se castagnent à perdre la raison aux alentours du parc des princes et le finale est beau comme dans le « Docteur Jivaro ». Les comédiens peuvent venir saluer. Tout ça c’était pour rire et on a bien ri. Le public sait bien que dans la vraie vie les gens s’aiment, s’épousent, ils sont heureux longtemps et ils ont beaucoup d’enfants. C’en est au point qu’en lieu et place du bonheur, il faudrait nationaliser le mariage pour tous !

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Fasse le ciel que ces parents modèles emmènent encore longtemps leurs moutards - qui me montent parfois au nez – à ce genre de festival. Ces spectacles font mon bonheur et en revenant à Rennes sur le vélo pourri qui me sert de cheval moche, je me suis pris moi aussi à fredonner « Un jour mon prince viendra » puis j’ai pensé que la veille, en centre-ville, 3000 personnes ont défilé pour la marche des fiertés homosexuelles.

On fait de drôles de rapprochement quand on se promène au bord de l’eau ! 

C’est sans doute qu’en bullant, le critique est parfois dramatique !

17 juin 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-33 du 17-06-2025 : Quatre réveillons de Noël. 4, Mamita

 

Quatre réveillons de Noël. 4, Mamita

 

 

 

1. Pas facile pour une mère, de vivre avec le fantôme de son fils, Sharma, disparu trop tôt !

 

 

2. La vie continue pourtant. En compagnie de sa fille Samantha, du mari de celle-ci, Ludovic, et de leur bébé tout récent, Bigorneau, Mamita s’en vient passer la Noël chez sa bru Marinette, mère de la très délurée et très sensible Mirabelle.

 

 

3. Le fantôme de Sharma est toujours présent dans cette maison. Dans la cuisine…

 

 

4. … dans le séjour, près du sapin, devant les tableaux.

 

 

5. Maintenant, Marinette s’est enfin mise à la cuisine.

 

 

6. Il y a toujours le piano sur lequel Sharma jouait, composait, faisait chanter Marinette et Mirabelle.

 

 

7 . Justement les relations entre la mère et la fille ne s’arrangent pas.

 

 

8. C’est sûrement à l’enfant de douze ans que l’absence du père est douloureuse à l’extrême.

 

 

9. Le portrait de Sharma en père de famille bricoleur orne le dessus du piano.

 

 

10. Mamita a les gestes qu’il faut pour calmer Mirabelle après la dispute. N’est-elle pas une « belle »-mère ?

 

 

11. La vie continue. Mirabelle a elle aussi la passion de la musique. Samantha et Ludovic ont rendue Mamita grand-mère une seconde fois. Ce bébé promet plein de choses lui aussi. Il est l’heure qu’on aille le mettre au lit.

 

 

12. Mais l’’harmonie soudainement retrouvée dans cette maison, peut-être grâce à la musique composée par Sharma, Bigorneau veut en profiter. Il a fallu qu’on aille le rechercher dans sa chambre où il ne voulait pas s’endormir.

 

 

13. Il est 23 h 30 au clocher de l’église. Sharma aurait aimé voir tomber la neige à Noël.

 

 

***

 

Il s’agit d’une œuvre collective à constituer. Vous êtes chargé·e de transformer le scénario ci-dessus en une nouvelle littéraire.


C’est le personnage de Mamita, la grand’mère, qui raconte toute cette suite d’événements d’un moment familial. C'est donc un« je » qui raconte un ou plusieurs des épisodes que le hasard vous a attribué(s). Il faut être le plus précis possible dans vos descriptions et dans la psychologie que vous prêterez aux différents personnages.

 

Pour l’écriture en ligne, choisissez ce qui vous inspire dans les treize situations et faites de même. Racontez-en autant que vous le souhaitez. Vous pouvez aussi donner le point de vue de Mamita sur l'ensemble des treize images. Gardez à l’esprit que le résultat final sera publié SANS LES IMAGES (ou sans ces images-là) !

 

Ce chapitre 4 est le dernier de cette série qui nous a bien plu.

 

27 mai 2025

Quatre réveillons de Noël. 2, Ce qu'en dit Mirabelle

 

AEV 2425-30 Quatre réveillons de Noël. 2, Ce qu’en dit Mirabelle (Séance du 27 mai 2025)

 

 

 

1. Mirabelle est dans sa chambre. Jette-t-elle des sorts ?
Dirige-t-elle un orchestre imaginaire ?

 

 

2. Elle sort affronter le monde…

 

 

3… même s’il est adouci par la neige qui tombe au-dehors. On a sonné. Elle ouvre la porte, fait bon accueil à l’oncle Ludovic, la tante Samantha, leur bébé Bigorneau, son cousin germain, et à Mamita, leur grand-mère commune qui l’est moins qu’on le croit...

 

 

4…. car elle arrive les bras chargés de cadeaux.

 

 

5. Pour Mirabelle, ce sera une chaîne dorée au bout de laquelle…

 


6. … pend une montre à gousset. Mais c’est l’heure de l’apéritif...

 


7. … et puis on passe à table


8. Après le plat de résistance, Samantha accompagne au piano Marinette qui chante. La tristesse envahit Mirabelle au grand dam de Mamita.

 


9. Elle quitte la table en pleurant…

 


10. ... va sécher ses larmes près de la cabane au fond du jardin.

 


11. Et puis c’est le dessert, un joli fraisier tout garni d’accident dans l’air.

 


12. Mirabelle se prend un savon aussi maternel que monumental.

 


13. Heureusement reste la musique. Elle peut enfin jouer du piano. Il est 23 h 20 ou 3 h 55 sur cette montre à gousset. Marche-t-elle encore seulement ? A un rythme tout à fait personnel ? Et Bigorneau, pourquoi n'est-il pas au lit ?

10 juin 2025

Consigne d'écriture AEV 2425-32 du 10-06-2025 : Quatre réveillons de Noël. 3, Bigorneau gazouille

 

Quatre réveillons. 3, Bigorneau gazouille
 

 

 

Je m’appelle Benjamin, paraît-il, mais on dit aussi « Bébé » ou « Bibi » ou « Bigorneau ». Je suis un nouveau-né. En ce moment je découvre le monde dans lequel je vais vivre.

 

 

1

Aujourd’hui : la neige

 

 

2

Une nouvelle maison

 

 

3

Voilà une dame qui est l’épouse du frère de ma maman. Il faut que je l’appelle « Ma tante » ou « Tata » ou « Tatie ». Je n’ai rien compris du tout à ce charabia !

 

 

4

Elle a de jolies lèvres qui sont venues se poser sur ma joue. C’est doux.

 

 

5

L’animal qui sort du tableau quand on fait « kling » sur un verre s’appelle « un chien ».

 

 

6

Maman est herbivore : ça veut dire qu’elle met de l’herbe dans sa bouche. Pour quoi c’est faire ?

 

 

7

Moi je préfère l’histoire de « Il tétait une fois dans l’Ouest» !

 

 

8

Elle c’est ma cousine mais elle ne s’appelle pas Bécassine. Mirabelle en fait. Quoi ? Il est déjà l’heure d’aller au lit ? Hé Ho ! On n’est pas à l’EHPAD, ici !

 

 

9

Lui c’est Papa. Qu’est-ce qu’il veut que je fasse avec cette peluche verte et jaune ? Et pourquoi on me met en prison tous les soirs ?

 

 

10

Tous ces gens sont fatigants et je m’endors. Je rêve, à ce qu’il paraît ! Quand je ferme les yeux, je continue de voir des choses bizarres. Ce soir je prends le thé avec deux fous. Lui c’est le coq Macaron et elle c'est la Vache Ursula !

 

 

11

Il n’y a pas moyen de dormir dans cette nouvelle maison : la tante et la cousine ne font rien qu’à se crier dessus. Je braille plus fort qu’elles pour exiger le silence

 

 

12

Papa vient me chercher et me redescend au salon. Je vais pouvoir assister à la castagne.

 

 

13

En fait il n’y a plus que Maman qui « joue du piano ». J’adore entendre ça. En plus il y a un bel objet doré qui brille. Pour un peu, si elle se met à jouer la berceuse de Brahms, je crois que je vais m’endormir tout à fait satisfait de cette nouvelle journée.

 

Après ils pourront faire tout le boucan du monde et se dire ce qu’ils veulent sur le coup de minuit. Moi, quand je roupille, je roupille !

 

11 décembre 2020

Le sophistiqué (DDS 641)

DDS 641 Louis-xiv le sophistiqué

Le sophistiqué, lorsque vous l’élûtes, étiez-vous sous le coup d’une poussée d’utopie pas piquée des hannetons ? D’une illusion d’optique ou d’une indigestion de sushis ?

Où donc a-t-il puisé ce programme politique, lequel stipule qu’on peut être en même temps étique et potelé, en même temps phoque et putois, en même temps Héloïse et Iseult et tant pis si Abélard et Tristan se retrouvent soûlés voire spoliés par cette éthique oiseuse ?

Les élites ont vite fait d’envoyer aux pelotes les toqués qui ne sont rien, qui ont loupé l’idée de traverser la rue et postulent à Pôle, allongeant ainsi la liste des hostiles en loques qui hoquètent et réclament juste un peu d’équité.

Du haut des pilotis, l’Huile, essentielle, elle, toise la pelouse située au-dessous des hôtels cinq étoiles où sa soupe est si bonne.

Du fait de la présence d’une nouvelle peste, Elle interdit les liesses, la pratique du tire-fesses et d’embrasser l’hôtesse la nuit de la saint-Sylvestre ! Groggy, l’an neuf ! Tout le monde pieuté à 20 heures avec les poules ! Piteuse perspective qui rend ronchon : l’année 2021 au Mont-de-Piété ! Et prière de crier « Gloire au pilote et à son équipe» !

On s’isole derrière sa liseuse, son poste de télé, on met le loquet à la porte et on joue aux osselets ! Pour les jours heureux, vous repasserez, c’est plié !

Hostie ! Quelle impression de phtisie galopante, d’époque peu épique et de la Marianne en épouse épuisée ! Qu’elle fait pitié, votre utopie ! Difficile de rester stoïque une fois qu’on a dressé la liste des arrogances du soliste et constaté, toujours « en même temps », la généralisation de la poisse et l’omniprésence des poulets.

Et donc, tout bien soupesé, on ne lui dressera pas de stèle honorifique à votre sophistiqué !

Ni à moi non plus : toute cette horripilosité ne vaut pas un isopet et n’était qu’exercice de poétique anagrammatique. Histoire de me poiler sous ma housse de poète-couette !

Oui, je suis assez sophistiqué comme gars, moi aussi !

28 mai 2014

TOUT PART EN FUMEE ? par Joe Krapov

C’est naturellement que tout part en fumée
Mais j’ai préféré perdre
Le goût du risque (d’un cancer ?)
Plutôt que me perdre à jamais.

MIC 2014 05 26 cigare

C’est naturellement que tout part en fumée
Mais moi, perdu dans les détails,
Je ne perds pas de vue cet essentiel de taille
Que je continue de t’aimer.

MIC 2014 05 26 Feu

C’est naturellement que tout part en fumée
Mais c’est quand même Néron qui met le feu à Rome.
Ayant perdu tout sens de ce qu’est Dignité
Il s’est perdu lui-même.

MIC 2014 05 26 incendie

C’est naturellement que tout part en fumée
Le Vésuve et l’Etna, la ville de Saint-Pierre…
Avec le temps va tout volcan !
Parmi les fumerolles
Des montagnes pelées
Ne survit que le rock’n’ roll.

MIC 2014 05 26 Fumée

C’est naturellement que tout part en fumée
Mais je ne veux connaître que les bonheurs anthumes
Des fumets que je hume
Quand je fais la cuisine,
Du parfum des frangines
Qui m’allument,
De l’odeur des matins dans la fraîcheur des brumes,
De la fragrance
Des vacances
Et des mots en costume
De carnaval de Rio
Qui dansent sous ma plume
En sortant du chapeau.

MIC 2014 05 26 feu d'artifice

C’est naturellement que tout part en fumée
Sauf cette inspiration aux sources de la vie,
Incandescente,
Force incessante,
Inextinguible,
Flamme rasante
Ou étincelle risible,
Feu d’artifices parfois bon teint,
Feu de Bengale jamais éteint

MIC 2014 05 26 Fumée St-Vincent

Pour le plus grand malheur
De mes quelques lecteurs,
Pour le plus grand supplice
De mes quelques lectrices.

2 janvier 2014

NON MAIS ALLÔ RATOIRE, QUOI !

- Monsieur Appareil photo numérique et Madame Illumination de Noël sont venus vous présenter leurs vœux. Comme vous n’étiez pas là, ils vous ont laissé, en guise d’étrennes, une peinture de lumière.

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- Monsieur Soleil breton et Madame Humidité bretonne sont venus vous présenter leurs vœux. Comme vous n’étiez pas là, ils vous ont laissé, en guise d’étrennes, un arc-en-ciel.

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- Merci, répond Monsieur Saint-Guirec. Pour 2014, je souhaite que les jeunes filles à marier trouvent leur âme sœur sur Meetic ou ailleurs. J’en ai un peu marre de toutes ces épingles qu’elles viennent me planter dans le pif pour se trouver un mec valable qu’elles largueront au bout de trois ans ! Sans compter la réputation que ça me fait à la longue : Saint-Guirec se pique le nez ! Ou la ruche !

- Bonne alvéole 2014 quand même, Monsieur Saint-Guirec !

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24 juin 2012

LE SECRET DE L'HALLA-LIT-CORNE par Joe Krapov

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HALLALI 02- Waoh ! Quel pied ! Alors ? Heureuse ?

- Oui, très heureux. Et toi, heureux aussi ?

- Oui, très heureuse !

Il s'agit ici, allez savoir pourquoi, d'un dialogue entre deux escargots après l'amour. Ne l'oubliez pas avant de marcher sur leur coquille : les escargots sont hermaphrodites.

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- C'était très bien... sauf que sur la fin, j'ai bien senti que tu tirais la langue un peu !

- C'est à cause de la musique. Trop molle, trop émouvante. Quand c'est joli comme ça, j'ai le cœur qui bat fort, j'ai plus trop la tête à ce que je fais.

- Pas que la tête. Mais arrêtons de parler de cul. D'ailleurs il va falloir qu'on lève les nôtres. Tu n'oublies pas qu'on doit aller à l'enterrement de la feuille morte ?

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- Oh flûte ! Je l'avais oubliée, celle-là ! On y va comment ? A vélo ? Parce que moi, chéri-e, après cette séance de radada, je ne suis pas en état d'y aller ventre à terre.

- On pourrait aller prendre le train à la gare. Du coup, au lieu de parler de sexe, on parlerait de Chaix ! C'est vrai que j'ai beaucoup aimé quand tu m'as fait le coup de la brouette auvergnate !

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HALLALI 08

- C'est une technique que j'ai apprise en lisant « Les Pensées de Pascal ». Il paraît que c'est lui qui l'a inventée !

- La position ?


- Non, la brouette !


- En même temps, est-ce qu'on ne pourrait pas envoyer juste nos condoléances par mail ?


- T'as peut-être pas tort, Totor ! Même si on avait une Jaguar, je suis sûr-e qu'on arriverait en retard, à c'te sépulture !

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- Ne critique pas ma façon de conduire ! Je suis prudent, c'est tout ! Je connais la chanson : « Poussez poussez l'escargot late » mais on a vite fait de se faire marcher dessus aujourd'hui avec tous ces gens pressés. Et puis il faut voir comment tu remplis le coffre même quand on part pour trois jours. J'en ai plein le dos d'emporter toujours la maison avec moi !

- L'idéal, ce serait de prendre l'avion pour répondre à l'appel de la feuille morte mais j'ai toujours peur qu'on se ramasse.

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HALLALI 12- Je me souviens, il y a très, très longtemps, avant que je ne fasse ta connaissance, mon moyen de transport préféré, c'était le mammouth !

- Le mammouth ? Ce n'est pas dangereux, ça ?

- Il suffit de bien savoir s'y prendre ! La nuit, quand le mammouth est endormi, tu vas te coller sur une de ses défenses. Après ça, qu'est-ce qu'il peut faire contre toi ?

- Mais dis donc ? Les mammouths... T'as connu l'âge de glace, toi ? Ca expliquerait un peu ta baisse de rythme sur la fin du coït et le fait que tu pratiques si souvent l'amour à la papa !
- Oui, bien sûr, il n'y a peut-être plus la vigueur mais on sent bien l'expérience acquise au fil de temps, non ?
- Quand même... L'âge de glace... Tout ce qui s'est passé depuis...T'as dû en baver, non ?
- Pas tant que ça. Quand on a un côté boy scout, toujours prêt...Ça te dirait qu'on remette le couvert avant d'y aller ? Tant qu'à faire d'être en retard à la drôle de fête à Prévert, autant avoir une raison valable, non ?
- Si tu veux. Mais alors change le MP3 dans le Gastéro-Ipod.
- OK, après on passera par le jardin du voisin. Cet idiot a encore versé un litre de bière belge dans des pots de yaourt !
- Quel gâchis pour lui, quelle aubaine pour nous ! Surtout que l'info selon laquelle on se noierait dedans quand on est pompette, c'est complètement fictif !
- Eh oui, c'est comme la camomille de Toutânkhamon !
- T'as connu Toutânkhamon, toi ? Ben tu pouvais parler, tout à l'heure, sur mes capacités en matière de bandelettes : t'es pas un perdreau de l'année non plus !
- Allez, tais-toi et garde la cadence ! C'est au pied du murmure qu'on voit le colimaçon.
- OK, je m'applique.

Un long silence baveux puis :

- C'est de qui cette musique ?
- Un nommé Jibhaine.
- Il faudrait leur dire aussi aux humains que jamais la haine ne cesse par la haine : les petites pilules bleues qu'ils sèment à notre intention...
- ...on le sait bien que ce n'est pas du Viagra !
- Nous, l'un dans l'autre, on n'a pas besoin de ça ! Et leur chanter qu'on a pour la vie, et pour eux, les beaux yeux de Chimène : « Va, je ne te hais point ! »

Tou(te)s les deux poussent un long spi-râle d'extase et le lecteur-la lectrice de ce texte comprend pourquoi j'écrivais la semaine dernière qu'il valait mieux ne pas parler de l'homme qui a un ascendant en scorpion !

8 juin 2012

Black et Mortimer (Joe Krapov)

DDS 197 061217_10bisIl prend quelquefois au soleil la lubie de briller, de brouetter, depuis les limbes, sa lumière au travers des brumes.
Ce timbré oblitère tout ! L'Ombrie, Rome, la mer, la Brière et aussi le pays des terrils où, tout môme, j'ai ouvert des mirettes en billes de loto sur ce monde où l'on touille, ou l'on trime, où l'on rouille, où l'on tue, où l'on meurt mais où l'on aime et chante et rime aussi.
 

Contre le feu de l'éclaireur chacun lutte pour ne pas brûler : Robert le couvreur sur le toit mouille sa tête d'un mouchoir, Gribouille dans la rue s'engouffre dans le métro et va cuire chez lui des tourtes dans d'immenses moules en un four déjà préchauffé.
 

DDS 197 060725_251La rivière, sans détour ni retour, roule ses claires eaux où se baigne une loutre.
Elle va en forêt se mettre bien au frais, coincer la bulle dans un coin de verdure, écouter le roitelet qui lance du haut de l'orme un trille dont est ému plus d'un Milou tiré de chez Tim (1).


DDS 197 111020__018Moi je n'oublie jamais d'obéir à ce metteur en scène du spectacle du monde. Papillon attiré toujours par les sunlights, il y a belle lurette que j'aime à le voir luire.
Je vous fiche mon billet qu'au sortir du boulot, la bouille réjouie, je m'en vais militer pour tous les éclats d'or qu'il met à nos automnes, tous les jeux sans limites que son rayon imbu calcule avec le sombre.
 

DDS 197 reflets 2Et c'est dans ces églises, entourées par ici par les tombes des morts, que je viens recueillir sans bruit dans mon béret l'obole d'Ombre et de Lumière.
Brimée par le vitrail qui ne la laisse entrer que fragmentée ou transformée, limitée par le bleu et les autres couleurs sur les manteaux des saints, elle s'embrume et fait son trou au carrelage, moulue d'avoir perdu à cette loterie.

 

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Pour moi, c'est dans la boîte, dans le boîtier plutôt !
Lors je gagne la route au-dehors qui flamboie.
L'intérieur des églises me fout toujours la trouille : on s'y meut en silence sous l'œil des Saintes-mères et des statues d'évêques à la mitre mitée obèrent ma conscience.

 
 

Dehors, illimité, libéré de tout boulet, aux orties, aux bleuets et aux morilles même, alors qu'on a dit « Gare... » (2), d'une voix de rémouleur pas toujours affûtée, je puis lancer mes folles bluettes, me faire ouïr par les louloutes, les brus, les rombières et me brouiller même avec elles au prétexte que je les broute ! Ouille ! Ouille ! Non, les filles, on avait dit « pas les coups de boule » ! C'est malin, vous avez chargé la mule avec vos coups de pieds dans les tibias, maintenant je boite !
 

DDS 197 piliersTrouble troubadour d'outre-tombe, je vais ainsi souvent de l'ombre à la lumière et j'y retournerai, sous la motte de terre que vous appelez tombe.
Mais... à chacun son tour !
Oui, j'ai ça quelque part dans ma ligne de mire mais pour ce genre d'embrouille, pour ce brouet infâme, ce n'est pas demain la veille que j'irai poireauter à la billetterie.


En vérité, je vous le dis ! Fiat Lux, encore et toujours !

Et même, comme dit Florent Fouillemerde, Fiat Panda !
 

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(1) En allemand, Tintin et Milou deviennent Tim et Struppi. J'ai fait un mix des deux, mon objectif caché étant d'insérer dans ce texte plus de cent mots-anagrammes composés avec les lettres de « OMBRE ET LUMIERE ». Et ces deux-là collaient bien. Zut, mon objectif est révélé, je me suis trahi !

(2) « Gare aux morilles », c'est de qui déjà ? Gotlib, encore une fois, sans doute ! Ou Jean Yanne !

18 mai 2011

Vox populi, vox Dei : quand le verni(s) craque (Joe Krapov)

- Encore des photos de fleurs ? Mais enfin, vous y passez votre vie, au jardin du Thabor, ou quoi ? Et Dieu dans tout ça ? Il n’avance plus ! Vous n’êtes plus inspiré ?

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D’habitude l’ordinateur, de sa voix féminine qui sonne plus hall de gare que Hildegarde von Bingen, ne m’adresse la parole que pour me dire : « La base virale VPS a été mise à jour ».

- Eh bien non, je ne suis pas en panne d’inspiration ! J’ai juste le kiki comprimé par le temps, bousculé par les dates, les travaux à rendre, la mémoire saturée, l’enchevêtrement des habitudes et du goût pour les autres qui me tisse des devoirs chronophages !

- Allongez-vous ! Je suis la dame de l’étang noir. Vous serez mieux allongé sur le divan pour m’en glisser deux mots. Allez, soyons fous, on se tutoie pour que tu puisses tuer ton surmoi. Ouvre le capot et chante : « We all live in a yellow Soumarine ».


- OK ! OK ! Chiche, pois chiche ! Inversion des rôles ! M’allonger ? D’accord ! Cela fait une éternité que je n’ai pas écrit au lit et que je ne me suis pas glissé dans les draps avant même 21 heures !


- Oui mais moi, je fais comment, pour te suivre ?


- Toi, tu restes là, bonhomme-bonne femme ! Tu joues « Tamara Drewe » pour notre visiteuse.


- Mais je l’ai déjà vu ! Et puis… elle a essayé toute la journée mais elle n’a pas réussi à lancer le dévédé.


- C’est à cause de ton autorun qui a été désactivé par l’antivirus.


Je bidouille le truc pour ouvrir le disque dans VLC media player, je laisse les deux femmes de la maison scotchées devant leur écran et j’essaie réellement de fuir la voix intérieure en allant m’étendre dans la chambre.

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Du fond de mon lit, je contemple face à moi le tableau représentant un coin d’Avoise, une commune du Sud de la Sarthe, peint par Constant Guilmault. Je n’ai aucune raison particulière d’envoyer Dieu se promener par là-bas, même si les paysages y sont chouettes. J’ai déjà fort à faire pour relier deux pièces de mon roman-puzzle. Qu’est-ce qui s’est passé à l’hôpital de Nantes ? Comment transformer un diaporama sonore déposé sur Youtube en chapitre de roman sur papier qui se termine par « j’ai retrouvé ma pelle » ? Comment faire tenir ces interrogations-là en 23 lignes qui ne fatiguent pas le lecteur internaute (c’est raté, ici on est déjà à la 24e !)

- Tu m’emmerdes avec tes questions, se plaint l’ordinateur psychanalyste de l’étang noir de mes deux. Normalement, dans ce texte-ci, c’est moi qui devais prendre la parole !

- Ta gueule, machine !


110514_Canon__18Cette fois-ci, c’est Dieu qui a parlé. Il est sur une photo que j’ai posée dans l’ordi. Il se tient derrière la porte de sa maison natale, sise au bout du quai Duguay-Trouin à rennes et son joli monogramme AD en mosaïque orne la porte de fer forgé.

- Maison natale d’Augustin Dieu, mon cul ! » rétorque la Lacanienne pas polie. Il nous a déjà fait le coup dans « Rennes-en-délires » avec la maison natale d’Amaury-Duval, l’oncle d’Isaure Chassériau. Il a aussi prétendu que c’était George Sand !

- George Sand, ça fait GS, ça ne fait pas AD ?

- Aurore Dupin, banane ! Ca pourrait tout aussi bien être Alexandre Dumas, André Darrigade, André Dassary, André Dussolier, Antoine Doinel, Albert Dupontel, Alphonse Daudet, Anabelle Dejour, Anne Debretagne ou Adrienne Durand-Tullou  !

Ca suffit ! J’ai posé mon stylo et mon cahier par terre. Impossible d’écrire dans ces conditions. Je vais prendre un livre et lire. Soit « Les nouvelles brèves de comptoir » de Jean-Marie Gourio, soit « Je suis un être exquis » de Jean Yanne, soit « Ca roule ma poule » de Coluche ou alors « La porte » de Simenon. Oui, tiens, le dernier ! Quand on entend des voix et qu'on voit une freudienne à divan déguisée en femme de chambre se pointer dans son plumard, c’est qu’on est vraiment fatigué : on devrait se méfier et prendre la porte.

Les ordinateurs sont insupportables ! Depuis qu’ils ont accès à Wikipédia, on ne peut plus dire ou écrire de conneries chez nous sans qu’ils se mêlent de nous faire des réflexions ! Ils ont commencé par corriger notre orthographe dans nos traitements de texte et maintenant ils se permettent de critiquer notre boulimie photographique, nos recettes de cuisine littéraire et notre rythme de production ! Mais où va-t-on, mon Dieu, je vous le demande un peu !

- Je n’en sais rien, Joe Krapov ! Mais si tu voulais bien me trouver un ascenseur qui me remmène au Paradis, ça m’arrangerait !

28 janvier 2011

C'est-y du Lare ou du cochon ?

100516A_007De la fenêtre où ne pas naître
On peut voir le feu naître
Qui attise la question
Du pourquoi des volets
Sinon pour dérober
Au regard des curieux
Ce que l'on a volé.

De la persienne d'Aragon
Persienne
Persienne
Persienne
Perd sienne
On voit sombreros et mantilles

Et les danseurs de séguedille

Qui ramassent et comptent leurs billes :

Si chacun des quatre perd « sienne »
Les voleurs, as du leurre,

Ont gagné des « leurs »

De valeur.

 

Alors ils tirent le rideau080815_673
- C'est chose A(i)zay aux ladres
Surtout dans l'Indre -
Et laissent rêver le badaud,
Le vagabond pour qui n'abondent
Que les cailloux sur le chemin.

 

Dieu banni de ces intérieurs,
Voyageant dans l'incognito
Sur cette terre incognita,
Je marche et ne m'arrête pas.
S'ils ont laissé les volets clos,
S'ils ont tiré la mousseline,
Baissé les stores, c'est à raison.

 

S'ils abritent dans leur maison
Leur peur de l'autre et leurs vieux crimes
Derrière d'épaisses jalousies
C'est qu'ils n'en sont que les victimes.

 

Ce que je comprends mal
Chez ce drôle d'animal
C'est qu'il se pose alors devant
Un grand ou un petit écran
Qui lui dévore tout son temps.

 

(Extrait de « Dieu s'ennuie le dimanche et s'emmerde les autres jours, sans compter qu'il se fait chier le reste du temps et qu'avec un titre aussi long ça ne va pas être simple de trouver un éditeur pour ce roman-puzzle que je ferais mieux de publier en feuilleton sur le Défi du samedi et/ou ailleurs » par Joe Krapov)

23 octobre 2015

99 dragons : exercices de style. 31, Quasi-tautogramme en D

Diable de Didier ! Dédaigneux de dormir en ce dimanche 12 décembre 2002, Didier danse avec son doudou une java démentiellement déchaînée. Il se démène comme un démon au lieu de défaillir doucement dans les bras doucereux du débonnaire Morphée.

Cela désespère Deborah sa maman mais Daniel, son daddy, a dégoté parmi ses nombreux systèmes D le dérivatif qui va déstresser Didier, dire la fin de la danse, détendre l’atmosphère en douceur et diriger le diablotin vers un sommeil délicieusement réparateur.

Il lui déclame le « Dit du Duché de Damas » où jadis un dragon fut par Dgeorges décapité.
- Dgeorges le découpeur ? J’aimerais davantage Djack l’éventreur ! dit Didier à demi convaincu.
- C’était un drôle de duché que ce duché de Damas, ne se démonte pas Daddy Daniel. Son drapeau était à damier et on y dénombrait dix dominos, deux dadas et un dé. A l’époque de Dioclétien, le fleuve Danube n’y déversait pas encore en un delta sublime les eaux bleues de sa danse à trois temps. Après non plus d’ailleurs. Le Dit du duché de Damas débute quand un dragon nommé Dudule débarque des contrées désertiques et dicte ses desiderata dingos aux dirigeants de ce djebel :
- Petit déjeuner : deux dragons dodus dont dina dit-on Didon
- Déjeuner : deux doux agneaux. Bénédictine en digestif
- Dîner : délicieux desserts décorés de fraises tagada tagada voilà les Dalton il n’y a plus personne.

De fait, face à ce dévoreur peu démocratique, la résistance fait défaut. Du duc lui-même, disons qu’il est dégarni du dessus, décati du dedans et déglingué du dehors. Il descend de Dagobert en débardeur et Deschanel en robe de chambre tombés de charrette et de wagon réunis. Diminué par des dorsalgies, le débris déprimé dilate sa déshérence en débagoulant des fadaises. Il n’a à déballer pour nourrir le débat que des déplorations désolantes. Contre Dudule le dragon, la défense n’existe pas. Tout est à découvert. Le désarmé est désarmant.


Disons à sa décharge que les hauts dignitaires du duché nous désemparent de même : la diaspora des chevaliers à la Du Guesclin, ici, à Damas, c’est que dalle, ça ne xiste pas. On distingue dans ce dancing des dragueurs de drugstore, des damoiseaux doucereux devisant du dodécaphonisme à venir dans les œuvres pour darbuka de Debussy et Vincent D’Indy, des dilet-tantes, des disséqueurs de didascalies, des doux dingues de Freddy Mercury, des drag-queens, des discoureurs délabrés mais pas de duellistes, de doubles-mètres, de durs-à-cuire. Dès qu’il est question de défier Dudule, tous ces demi-sel se débinent.

- De l’audace, de l’audace ! réclame le duc tel Danton avant l’heure.
- Déblaie tes dialogues décadents de dessus le dallage, lui répond-on. Prends donc un drink !

Ces soudards sont si déshydratés qu’ils boivent pour oublier le dilemme et ne dessoulent plus de la journée. Ils ont si peu de détermination qu’à aucun l’idée n’est venue qu’il pouvait profiter du dawa pour devenir despote à la place du despote ! Aucune dextérité, aucune déloyauté, juste du delirium tremens, tout dans la devanture ! On devine dès lors que cette dichotomie va engendrer un drame et surtout un grand deuil. Car, déplorable destin, la déroute est en route ! Pour un peu, cette démonétisation de la chevalerie déboucherait chez moi sur une dermatite au derrière tant ça me troue le derche, des déserteurs pareils ! Désespérant, non ? aurait demandé Desproges.


L’effet domino est tel qu’il faut désormais céder aux dernières lubies du dragon Dudule. Le diplodocus a dicté sa dernière volonté. Il souhaite dévorer la diaphane dauphine.


La descendante du daron ne dépare pas dans le paysage deltaïque. La donzelle Daisy est une décolorée qui joue les divas en discothèque en se déhanchant sur le Darla dirla dada de Dalida. C’est une dissolue dont le dressing dément contient douze cent djellabas brodées, des dizaines de diadèmes, des tonnes de bagouzes en diamant pour les doigts boudinées de la déraisonnable dépensière. Que celui qui n’a jamais déché lui jette la première pierre ! C’est fou comme on dit « lapide » et comme on dilapide dans ce détroit des Dardanelles.


150723 B 098

Evidemment tout cela est dommageables, dostoïevskien, douloureux. Mais on ne va pas en faire un drachme, comme disent les dramaturges Grecs, les trois demi-frères dyslexiques Démocrite, Démocrate et Démacrote. Ne sortons pas encore l’endeuillé dulcimer : je déteste quand cet instrument discordant déblatère en do dièse comme un dromadaire du Dombass.

De toute façon, face à la débandade de cette dynastie, il est temps d’introduire le dynamique Saint Dgeorge, notre David Douillet de Lydda, druide drapé dans sa droiture et dans un duffle-coat duveteux. Le Crocodile Dundee qui va tenir la dragée haute au dragon est dressé sur un destrier diligent et discipliné. Une épée damasquinée donne l’allure d’un Don Juan dionysiaque à ce don quichottesque héros natif du deuxième décan des poissons, ascendant daphnies séchées.

Après, c’est un dézingage démentiel qui débute. Et vas-y que je te défouraille, que je te débroussaille, que je te dégomme à coups de balles dum-dum dans le duodénum, que je te dézingue en trois dimensions. C’est doublé de découpage par Durandal sans discussion de bouts de gras double, de transformation en dolmen du pays de Dol, de déploiement de deltoïdes, de décapitation dinosaurienne et de division par dix-sept du dineur dionysiaque. Bientôt le dragon Dudule douille dur, dur, dodeline, dégouline, dégobille, se dévide, se détricote, dégueule ses tripes puis décède. De profundis ! Deo Gratias !

Et le vrai vainqueur, dans tout ça ce n’est pas la foi du vengeur : c’est la malignité du papa qui grâce à son système D a accompli son dessein dortoiresque. Drôlement efficace le daudogramme : Didier dort à point final fermé !

13 mars 2015

PALINODIES SUR PALIMPSESTE

DDS 341 barbe-bleueL’oubli du donjon

Le château s’étend tellement loin maintenant
Que le donjon se sent
Comme promis aux oubliettes ;
D’ailleurs sa porte est condamnée.
C’est là son triste sort que personne n’y entre,
Pas même sœur Anne à la tour
Mais elle en a tant dans son sac !

 

 

 

DDS 341 Didon-Enee-r1

Ce qui se passait dans la garde-robe

- Tu veux savoir le pire, Enée ?
Quand Madame à sa tour montait,
Quand ta dame était tourmentée,
Pour qu’elle cesse de dédaigner
Les joies et bonheurs de la vie,
Par bouffonnerie je vêtais
Ses habits et elle riait
Elle riait, dis donc, Didon !
Elle riait car, vois-tu,
Eh bien, ses beaux atours m’allaient.
Voilà, tu sais le pire, Enée.

 

 

 

DDS 341 verrou

Les pièces verrouillées

L’itinéraire de délestage
Vous conduit au 3e étage ;
Les gestes
Y sont lestes
Et l’âge
Plutôt volage ;
Bagatelle
Dans la dentelle
Et pourtant
- C’était tentant -
Il y a du lourd
Dans le velours !

 

Le rapport de Tartem-es-pion sur ce qui se passe aux jardins

Il paraît que les jardiniers
Chantent « Sous les palétuviers »
Nous le savons de source sûre,
Informés par Dame Serrure
Epouse Toutencarton,
Pauline de son prénom,
Concierge de son état
Qui nous chanta :
« C’est par le trou
Qu’on connaît tout ! ».

 

Ce qu’en disent les chevaux de retour

Quand le palefrenier par malheur n’est pas là
- Quelquefois il s’occupe de Lady Godiva ! -
Lady Chatterley pâlit.
Les fessiers déprimés n’aiment que l’écurie,
Prince Augias.
Il se passe au palais des choses dégoûtantes.
Appelez Hercule, au moins !
Faites cesser ce foin,
Nettoyez l’incurie,
Dont notre rapière est marrie !


Dans un salon du XIXe (étage, siècle, arrondissement ?)

Sur son divan de moleskine
Sophie, comtesse Rostopchine,
Aide le général Dourakine,
Complètement imbibé de kvas,
A organiser le complot
De la prise de Palavas-
Les-Flots
Afin de voir le bout du bout

Ils sont entourés de lumières
Et l’on rapporte
Qu’a un projet de cette sorte
Certaines lampes adhèrent

 

DDS 341 dubout

 

Réaction royale

Moi, Louis-Philippe XII, roi de France et de Pologne, je déclare ceci : la rumeur selon laquelle, en des parties reculées de mon palais, on ferait subir à mes opposants le supplice du pal, est sans fondement.

 

De la cuisine littéraire

Dans un coin du palais,
Une dame tartine
Tartine,
Tartine…

Et toi, que fais-tu d’autre, Joe Krapov ?

10 avril 2020

Les Aveux d’Haroun El Poussah (Défi du samedi n° 606)

DDS 605 Raymond Kopa

J’étais sur ce sofa quand Kopa écopa d’un méchant pénalty ; l’arbitre s’appelait Coppi, comme Fausto, et c’était à Sofia, chef-lieu d’la Bulgarie.

J’étais sur ce sofa quand Sophie se défit de tous ses beaux habits et fauta un iota.

J’étais sur ce sofa à manger du moka lorsque Mocky tomba dans un méchant coma après avoir commis tant de films très moqués car aucun du niveau de Pépé le Moko.

C’est sur ce sofa là que j’ai lu Modiano, Akim, Kamo (Pennac), Kerouac, Chaval et Gus Bofa (ici la rime est riche !).

C’est sur ce sofa-là que Lagaffe a gaffé et que De Mesmaeker une nouvelle fois ne signa pas contrat.

DDS 605 fox-et-croa-l-emprunt-quotidienSur ce sofa passa tout le gotha : Truffaut, Léaud, Sapho ; ici Nino Rota et Verlaine vomit, Rimbaud gifla Basile Boli et puis lança la tombola du Stromboli. Ont défilé ici Philémon et Baucis rejoints à la coda par Alexandre Lagoya, un joueur de cora des îles sous le vent (en fait Bora-Bora), le directeur des disques Ocora, l’inventeur du Coca-cola, Michèle Cotta, Benoît Dauga, Alice Dona qu’on adora, qui se dopa et répéta toute la doxa du mouvement des bodegas de Mendoza et même aussi Fox et Croa !

Sur ce magique sofa on se gaussa de ces beaux gars, Nicky Lauda, Robert Rocca, Emile Zola, Podalydès, Donatello et Jean Roba.

Sur ce sofa qu’est-ce qu’on a ri de Deborah, de Sorayah, Mona Lisa, Nick et Nora, Rona Hartner, Lotharingen et Konakry ! Du mollah Omar, de Radio-Nova, de l’auteur de la Torah, de tous les ayatollahs et même de Saint-Thomas qui ne voulait pas nous croire quand on lui affirmait que son amour était parti avec le loup dans les grottes de Rocamadour (il en fit un zona par la suite !).

Sur ce sofa on rigola, on caressa des chats, surtout des angoras, on visionna maître Yoda et des vidéos de yoga, on cria « hop-là ! », on yodla au-delà de tout ce qui est permis dans le kama-soutra en matière de cris !

Sur ce sofa on osa tout et jamais on ne mit le holà à quoi que ce soit : on y gueula djobi-djoba, on y joua au jokari, on y chanta du Joe Dassin, on y moqua Michel Jonasz plus chauve qui peut que Charles II à son retour des grandes Jorasses quand il se shootait à la Josacine et voulait jouait de l’ocarina.

Sur ce sofa, la semaine dernière, se donna Lola Rastaquouère !

Sur ce sofa on s’y lova, on ânonna, on y alla à Canossa, on annota Benjamin Stora, on pelota Paula, la cousine Rosa et toutes celles qui voulurent bien nous laisser faire (les autres nous giflèrent, en colère, ou alors nous violèrent, en chaleur). Je me souviens encore de Constance Bonacieux, de Nicole Notat et d’autres audacieuses de la montée aux cieux comme de Fausta Tulmouche, reine des Sainte-Nitouche le tiercé pas dans l’ordre !  Sur ce sofa, on y sauta même des repas ! On dansa la soca sans qu’Iznogoud le sache, on y but du soda et y engloutit des tonnes de gelati Motta aux germes de soja.

Ce sofa sur lequel Aladin me faussa compagnie n’était qu’un vieux tapis volant qu’il me faucha ! Il mérite l'échafaud, ce fâcheux ! Heureusement me sont restés les rêves des mille et une nuits que j’ai rêvés dessus dans l’humble médina où l’on me confina à cause du corona lorsque j’étais pacha.


N.B. Il n'y a ni nota bene ni post-scriptum à cette divagation de calife bonasse !

DDS 605 haroun-el-poussah

3 avril 2020

Le Rastaquouère (Défi du samedi n° 605)

La Renaissance sportive de Libercourt (section ballet) en 1946 01

Voilà : tu es content d’avoir récupéré cette photo de 1946 sur laquelle on voit ta mère, ta grand-mère, ta tante Lucie, sœur de celle-ci, et surtout tes deux autres tantes du côté paternel : Paulette et Marie. Tu reconnais aussi une grande copine de ta mère et de Lucie, Andrée V.

Tu trouves que c’est vraiment dommage d’hériter d’une photo en si mauvais état mais tu es quand même épaté de ce qu’on trouve entre les pliures : une belle absence de grain, une coloration entre le sépia et le noir et blanc, du joli détail sur les visages.

Tu sais qu’il y a Alfred Langlet à droite, tu apprendras bientôt que c'est Fernand Catenne à gauche. Alors tu tapes sur Google «Renaissance Sportive de Libercourt» et tu atterris sur ce site, Histo Libercourt et surtout sur cette page.

En bas de celle-ci qu’est-ce que tu trouves ? La même image et d’autres de cette section «ballet» de la RSL. Mais quel dommage que ces photos soient de si petite taille !

La Renaissance sportive de Libercourt 3 (récupérée sur Histo Libercourt) 68102114


Avec un peu de technique on peut arriver à les agrandir. Et puis tu peux joindre, pour faire un joli billet de blog  à destination de nonagénaires nostalgiques, les autres photos que tu possèdes de ces jolies jeunes filles de 13 ou 14 ans.

Et c’est là que ton unique neurone se remet à fonctionner – on ne remerciera jamais assez le confinement qui lui accorde tout ce repos inattendu – et tu te dis que c’est peut-être par l’intermédiaire des deux jeunes sœurs de ton père que ta mère a connu ton père et que ton père a connu ta mère.

En tout cas tu comprends pourquoi, tous les premiers de l’an, elle ne ratait jamais l'occasion de regarder à la télé le concert de la nouvelle année pour voir exécuter « Le Beau Danube bleu » dans les beaux décors de Vienne !

Et tu comprends aussi que tu es un rastaquouère dans cette famille : tu as lu des tonnes de bouquins, tu écoutes de la musique classique, tu as voyagé, tu écris, tu as épousé la Denise, une fille de la ville, enfin, d’une autre ville mais… Mais… MAIS…

Tu danses comme une patate, le rastaquouère !

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Le cahier de brouillon de Joe Krapov
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